Update : 02/03/2011
Note d'auteur : Ce chapitre a prit son temps avant d'arriver, et ce pour diverses raisons qui n'intéressent personne. Vous m'en voyez désolé, etc.
Merci à AngellaN pour sa correction.
Et surtout merci à vous tous pour vos reviews qui sont toujours un plaisir. Vous êtes géniaux.
N.B : Ceci est toujours une fanfiction hommage à Dairy's Scribenpenne parce que Paris est encore plus cool avec elle, sisi, je vous assure.
Souvenir de vacances : C. : Je m'ennuie. S. : Moi je fais n'importe quoi. C. : C'est quoi n'importe quoi ? S. : Vomir sur les chaussures d'un mec classe, ne pas travailler du tout, manger n'importe comment, être un grauta flasque et l'assumer. Ce genre de choses. C. : Oh, mais c'est plutôt cool tout ça! S. : Surtout pour les chaussures avoue!
Ma vie est un film comique les enfants.
Rating : NC-18
Disclamer : J.K. Rowling et Fred le Chevalier
Bonne lecture.
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«C'est assez impressionnant de voir que depuis des siècles, l'homme aime écrire sur les murs mais qu'il se retient. Si tu te sens des envies, te retiens pas, mec. Tes parents ont payé des impôts pour que les murs soient construits. T'as bien le droit de les tâcher un peu. » Dairy's Scribenpenne Baba O Riley.
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Chapitre 4 : Affronter la tempête
"Perdus au milieu de l'océan,
les bras tatoués la peau tannée par la mer et le vent,
les matelos sont en mer depuis si longtemps..."
Sexy Sushi - Marin
Il le reconnut immédiatement. Les cheveux blonds et filasses. Le dos droit. La démarche fière. L'air perdu. Il avait été persuadé depuis le début que c'était lui, mais le voir, là, c'était bien plus qu'une preuve.
Harry resserra sa veste en jean usée contre son corps. Depuis une semaine il faisait froid. Il souffla sur ses doigts un moment dans une vaine tentative de les réchauffer. Ce faisant, il observait l'attitude crispée de l'homme devant le mur avec attention. Il avait l'air particulièrement énervé. Au bout de longues minutes Harry quitta le muret sur lequel il avait trouvé refuge et s'avança prudemment. A une trentaine de centimètre à peine des mèches blondes qui frôlaient la nuque blanche devant lui, il se racla la gorge pour signaler sa présence. L'autre sursauta.
Harry sentit son sang battre plus vite dans ses veines. Il avait beau avoir l'air détaché en toutes circonstances, en réalité il avait attendu avec une impatience étrange ce moment. Il ne connaissait pas cette personne. Pendant une semaine, il avait supposé son visage, fantasmé ses réactions, idéalisé ses opinions. A la lecture des deux mots inscrits en dernier sur le mur il avait tout de suite su que la partie deviendrait intéressante. A la manière dont ils étaient écrits. A leur brièveté. Il avait volontairement attendu avant de se manifester. Il avait pensé, à juste titre, que ça ne ferait qu'attiser le feu. Que l'autre l'attendrait.
Il avait eu raison.
Draco tourna lentement son visage vers lui, avec dans les yeux, tout le mépris du monde. Une grimace de dégout déformait ses lèvres, et sans qu'il n'ait besoin de prononcer un seul mot on pouvait deviner qu'il se demandait qui était le crétin qui osait l'importuner.
Harry se força à respirer lentement.
-Salut, dit-il simplement.
Draco fronça ses sourcils blonds en une mimique interrogative. Il étudia son interlocuteur pendant quelques secondes.
-On se connait ? Finit-il par demander.
Harry indiqua d'un signe de tête rapide le mur à côté d'eux.
-Un peu.
Draco avait toujours le même air d'incompréhension sur le visage. Ses yeux passèrent des inscriptions sur le mur au visage de Harry, qui, pendant quelques secondes affreuses, eu peur de s'être trompé. Il eu le temps de se demander ce qu'il allait dire pour se justifier sans passer pour un con.
-C'est toi qui fais cette merde ?
Le ton était monocorde et froid. Aucune trace d'excitation. Aucune envie de se battre. Pas la moindre surprise. Juste une triste constatation dénuée d'émotion. Harry fut déçu.
-Visiblement, ouais.
Draco fronça le nez.
Ils se toisèrent un moment.
-C'est consternant. T'es tellement…
Harry soupira.
-Merdique ? Pitoyable ?... Lamentable ?
-Nan. Prévisible. Tu ressembles au parfait cliché du mec des rues qui croit qu'il va réussir grâce à sa seule chance.
Harry fit une moue contrariée.
-Ou son talent…
Draco eut un rire mauvais.
-Non, je ne pense pas non.
Il eut envie de lui balancer son poing à la figure et de lui briser son joli nez bien droit. De lui faire mal, physiquement, parce qu'il n'avait tout simplement rien à répondre à autant de mépris. Il voulait se battre contre lui, contre son pessimisme, contre sa vision du monde. Jamais, jusqu'à aujourd'hui, il n'avait éprouvé quelque chose d'aussi violent pour quelqu'un qu'il ne connaissait même pas. Mais ils avaient fais un pari. Harry devait le gagner. Il ne pouvait pas perdre. Pas contre quelqu'un d'aussi prétentieux. Il ne pouvait pas se laisser faire par lui.
Ses yeux faisaient passer toutes les horreurs qu'il aurait voulu hurler mais qu'il garda pour lui.
-Je peux faire quelque chose pour toi, l'artiste ? demanda Draco avec une ironie qu'il ne prenait même pas la peine de contenir.
-Rien. Je voulais juste voir à quoi ressemblait le mec à qui personne n'a appris à nager.
-Et bien, tu vois. Satisfait ?
Harry soupira.
-Il me semble que je devrais te trouver prévisible, moi aussi, mais j'avais du t'estimer, inconsciemment.
Draco eut un sourire surpris, mais il se reprit vite.
-Comme quoi… Mais tu t'en remettras, t'inquiète pas.
Harry détestait son je-m'en-foutisme d'apparence. Il abhorrait cet air faussement détaché. Cette grimace qui déformait le coin de ses lèvres quand il y avait un silence trop long. Ces cheveux trop soigneusement coiffés. Cette façon de laisser sous entendre que la vie, le monde, et tout ce qui le peuplait étaient horribles.
Il avait attendu une semaine ce qu'en cinq minutes il avait réussi à haïr.
Il se demanda ce qu'il foutait là, mais avant qu'il puisse prendre la décision de partir, Draco le tira de ses pensées.
-Visiblement le choc est trop dur… Je sais que ma beauté peut surprendre, mais il ne faut pas que ça te touche à ce point, tu sais.
Harry haussa les épaules mais ne répondit rien. Il le trouvait lamentable.
-Sur ce, je vais aller voir ailleurs si tu n'y es pas. Ta vision me donne la nausée.
Alors qu'il tournait les talons, Harry l'attrapa par la manche de sa veste.
-Attends !
Draco le fusilla du regard.
-Ecoute, mon petit coco, souffla-t-il entre ses dents, je veux bien que ce soit très hype d'avoir l'air de s'habiller aux frais de l'Abbé Pierre, mais ça, c'est ton mode de vie pas le mien. Or, la veste que tu t'évertues à déformer avec application coute plus cher que tout l'argent que tu pourrais gagner en vendant ce que tu oses appeler de l'art, alors si tu ne retires pas tout de suite ta main crasseuse de là je te jure que je te brise les doigts un par un.
Harry retira sa main comme si on l'avait brulé.
-Je préfère.
Devant l'air ahuri de son interlocuteur Draco ajouta :
-Tu voulais quelque chose ?
Harry sembla sortir de sa torpeur :
-Juste savoir pourquoi tu étais là.
-J'ai un ami qui habite à côté. Rien de plus.
-Oh.
-Autre chose ?
-Non.
Draco haussa un sourcil sceptique avant de se retourner.
Harry le regarda s'en aller d'un pas raide. Il observa son dos longuement avant de tourner les talons à son tour et d'aller s'engouffrer dans le métro le plus proche.
Draco saisit son téléphone et pianota sur les touches afin d'envoyer un message à Blaise.
Draco Le Magnifique : T'es chez toi ?
Blaise répondit quasiment instantanément : son Iphone était sa troisième main.
Blaise Zeubini : Non. Ma mère a toujours ses chaleurs, c'est insupportable. Avec Théo on a fuit chez Pansy.
Draco Le Magnifique : Oh merde. J'étais dans le quartier mais ça devient dangereux là. Je veux pas prendre le risque de croiser ta génitrice. Demande à Pansy si je peux passer j'ai rien à faire.
Blaise Zeubini : Elle dit que tu as cas lui envoyer un message pour connaitre sa réponse.
Draco Le Magnifique : Dis lui qu'elle abuse, j'ai pas que ça à foutre sérieux.
Blaise Zeubini : Je suis pas votre hibou domestique les enfants alors on va se calmer sur les messages là.
Draco Le Magnifique : Attends je viens de capter un truc. Théo est chez Pansy ?
Blaise Zeubini : Ouais. Un problème ?
Draco Le Magnifique : T'es hargneux. Détends-toi. Elle l'aime bien ou quoi ?
Blaise Zeubini : Je sais pas. Pour ce que j'en ai à foutre de son avis en fait…
Draco Le Magnifique : Mouais. Bon j'arrive.
Draco rejeta son portable dans sa poche.
Harry chercha le sien quelques minutes au fond de son sac avant de le dénicher entre deux paquets de gâteaux vides et une bombe de peinture. Il appela immédiatement Ron.
-Ron… C'est moi vieux. Tu fais quelque chose là ? Y'a moyen qu'on se voit ?...
-Je suis dans mon lit mec. Il se passe quoi ? Je croyais que t'avais des choses à faire aujourd'hui ?
-C'est fait. Je t'expliquerai. T'es encore au lit à cette heure ci ? T'es sorti hier soir ?
-Attends je te la refais… Je suis dans mon lit avec Hermione. Tu piges ?
-Oh merde. Tu seras gentil de m'épargner les détails.
-Haha, bon, si je comprends bien monsieur Potter a besoin de compagnie ?
-Pas de compagnie Ronald… de vous.
-Bon, on se rejoint au cupcakes shop, j'ai faim.
Harry raccrocha et s'installa sur un strapontin près de la porte. Il mit son casque, alluma son MP3 et son regard se perdit au delà des vitres du wagon, au son planant de Chinese Man.
Draco décida d'aller à pied jusque chez Pansy. Elle n'habitait pas très loin, mais cela lui prendrait bien une vingtaine de minutes de marche.
Ronald observa longuement la vitrine qui abritait les cupcakes : il y'en avait tellement, et de tant de sortes différentes qu'il ne savait absolument pas lesquels choisir. Dans son dos Luna et Harry parlaient avec animation du prochain concert auquel ils devaient assister. Dans la minuscule boutique aux tons chaleureux le rire de la jeune fille et les exclamations surexcitées de son ami ne passaient pas inaperçus. Le microcosme confiné du magasin était bien loin de l'ultra-tolérance –ou indifférence- des rues de la ville. Paris, c'était cela aussi : passer d'un monde à un autre en franchissant une porte.
Ronald finit par se décider et aller régler la commande à la caisse, salivant d'avance à l'idée de ce qu'il allait manger, puis il rejoint ses amis installés à une petite table ronde entourée de hautes chaises en métal. Ils regardèrent les gâteaux avec des yeux d'enfants et chacun saisit le sien pour mordre dedans. Les conversations avaient pris fin quelques secondes pour laisser place au rituel sacré de la dégustation.
-Hm… Alors ?... Demanda Ron entre deux bouchées.
-Chuper bon ! Lui répondit Harry la bouche pleine, en levant le pouce en signe d'affirmation.
Le rouquin leva les yeux au ciel et Hermione pouffa.
-Je pense qu'il voulait savoir ce que tu avais à nous raconter, ajouta-t-elle après s'être essuyé la bouche.
Luna rit et trempa son doigt dans la crème au dessus du cupcake d'Harry, pour la gouter.
-Oh, il laissa planer le mystère quelques secondes. J'ai rencontré quelqu'un.
Ron eut l'air choqué et Luna fronça les sourcils.
-Quelqu'un ? Demanda Hermione.
Harry effaça d'un mouvement de la main leurs pensées.
-Non, pas ce genre là. Quelqu'un avec qui je parlais via-taggue. Un mec.
Il ne leur laissa pas le temps de dire quoique ce soit et ajouta :
-Tu le connais Ron' ! Souviens-toi au vernissage, ce mec qui critiquait tout.
Ron réfléchit sérieusement mais fit signe qu'il ne voyait pas.
-Peu importe. Bon, le fait est que je me doutais que ça ne serait pas une partie de plaisir, mais je ne pensais pas qu'il serait à ce point détestable.
-C'est-à-dire ? Demanda Hermione sceptique.
-Et bien, il a l'air de me haïr alors même qu'on ne se connait pas. En fait il a l'air de haïr tout et tout le monde.
-Et ça t'affecte ?
Il hésita un peu.
-Non. Non je ne crois pas. C'est juste qu'on a fait un pari et que ça m'embêterait de le perdre.
Personne n'était dupe : ils connaissaient tous l'hypersensibilité de leur ami. Cependant, ils firent tous semblant de le croire et ne firent donc aucune remarque.
Hermione le poussa à continuer :
-Quel genre de pari ?
Harry soupira.
-Je ne sais pas trop en fait. Je crois que qu'on a parié que j'arriverai à le faire se jeter à l'eau alors qu'il ne sait pas nager et que tout se passerait bien.
-Arrête le shit mec.
Ron lui jeta un regard compatissant.
-C'est une métaphore je pense mon chéri, cru bon de préciser Hermione.
-Ce qui t'affecte, c'est le fait qu'il semble ne pas t'apprécier ou bien le fait qu'il ne t'accorde pas plus t'importance qu'aux autres ?
Tous les regards se tournèrent vers Luna, toujours très à propos.
Harry hésita à répondre.
-Deuxième solution je crois, avoua-t-il, sincère.
Il eut un sourire contrit.
-Et puis, c'est peut être un peu lamentable mais je crois aussi que j'aimerais bien lui faire avouer que le monde n'est pas si nul que ça.
-Toujours à vouloir sauver la veuve et l'orphelin. Tu t'ennuies à ce point ? Se lamenta Ron.
-Peut être oui.
Harry ne put se retenir de sourire.
-C'est vrai que c'est ce genre de défi qui me motive à me lever le matin.
-Et à te faire arriver à l'heure ?
Luna et Hermione rirent et une mamie qui était en train de payer à la caisse leur jeta un regard outré.
-Ça, je crois que c'est peine perdue.
L'air froid lui avait brulé les doigts. Il sonna deux fois avant que Pansy ne vienne lui ouvrir.
-Bonjour, qui êtes vous, que puis-je faire pour vous ?
-Tu es tellement drôle, je me demande pourquoi je ne me roule pas par terre de rire…
-Parce que tu es frigide ?
Draco leva les yeux au ciel, et son amie s'écarta pour le laisser entrer.
-Tu pourrais donner de tes nouvelles de temps en temps…
-Hm. Je fais mieux : je viens te voir !
Il lui fit l'honneur d'un sourire rayonnant et parfaitement hypocrite.
-Non, tu viens voir Blaise qui a trouvé refuge ici. Ne me prends pas pour une conne Draco.
Blaise était affalé dans un gros pouf noir et Théo se servait de ses jambes comme d'un dossier. Ils parlaient de l'Italie et d'un endroit à Florence où il faudrait qu'ils aillent ensemble.
-Salut les nazes.
-Malfoy ! Toujours aussi chaleureux ! Ça fait plaisir de te voir en aussi bonne forme.
Draco se laissa tomber sur le lit de Pansy et elle lui tendit un paquet de chips à l'ancienne dans lequel il piocha allègrement. Les deux autres avaient repris leur discussion comme s'ils étaient seuls au monde. Pansy s'y intéressa et se mêla à la conversation sans mal. Draco finit le paquet de chips en quelques minutes, ne les écoutant que d'une oreille. Il avait mis des miettes partout.
Il avait pensé, innocemment, que voir ses amis lui ferait du bien, et pourtant il se sentait encore plus seul avec eux.
- Ça ne va pas Draco ? Finit par demander Théodore comme si ça l'intéressait.
Le concerné marqua un temps anormalement long avant de répondre.
-Si, si.
Un silence plana sur la pièce, contenant toutes les choses qu'ils auraient voulu se dire.
Draco aurait voulu leur raconter qu'il avait parlé avec quelqu'un tout à l'heure, et que ça l'avait complètement déprimé. Parce qu'il avait, comme d'habitude, été parfaitement détestable. Parce que cette personne avait l'air de vivre dans un monde beaucoup plus intéressant que le sien mais qu'il savait parfaitement que c'était le genre d'endroit où il n'aurait jamais sa place. Parce qu'il ne s'était pas attendu à le voir là, comme ça. Il avait attendue toute une putain de semaine un signe de vie quelconque, mais il ne s'était pas préparé à le voir. Il voulait leur dire qu'il en avait marre de se sentir comme un étranger avec eux parfois. Que ça l'énervait cette manière qu'ils avaient de le mettre à l'écart de leur petit bonheur.
Théodore voulait savoir pourquoi Draco avait toujours l'air aussi énervé. Il avait sans cesse l'impression que c'était à cause de lui et pourtant il n'osait jamais vraiment poser la question. De toute façon il était persuadé qu'il n'aurait obtenu aucune réponse. Ou alors elle n'aurait pas été sincère. Il se demandait pourquoi il le détestait autant. Il se demandait aussi, mais il ne l'avouerait jamais, ce qu'il y avait bien pu avoir en réalité entre Blaise et lui. Ils avaient l'air d'avoir été tellement proches.
Blaise s'inquiétait. Il avait beau ne rien laisser paraitre et conserver un masque de dédain en toute circonstances, il connaissait assez Draco pour savoir qu'il s'autodétruisait lentement, soigneusement, et parfaitement consciemment. Pourtant que pouvait-il dire ? Ils avaient l'un comme l'autre trop de fierté pour laisser tomber le masque. Ils tournaient en rond. Il y avait trop de non dits. Trop de choses que tout le monde savait mais que personne ne prononçait à voix haute. Comme le fait que Draco allait mal. Comme le fait, aussi, que Blaise et Théodore n'étaient pas seulement des amis.
Pansy les observa tous à tour de rôle et soupira faiblement. Elle avait été amoureuse de Draco très longtemps, au lycée, et puis elle avait compris que son cœur était entouré d'une épaisse couche de glace qui l'empêchait d'éprouver quoique ce soit. Elle avait compris que ça ne servait à rien d'espérer. Elle ne lui en avait pas voulu. Elle l'aimait sincèrement. Aujourd'hui encore, elle l'aurait protégé s'il le lui avait demandé. Mais il ne demandait rien. Il était juste là, et il leur renvoyait au visage tout le malheur de ce monde et leur disait que c'était leur unique faute et que personne ne pouvait rien y faire. Elle le trouva maigre. Il avait trop de cernes.
Personne ne dit rien. Le malaise persista jusqu'à ce que la porte d'entrée claque.
Théodore interrogea Pansy du regard. Elle haussa les épaules.
-Ma mère, répondit-elle.
-On va peut être y aller, proposa Théo en regardant Blaise.
Celui-ci se leva sans un mot et attrapa leurs deux manteaux posés dans un coin.
Draco fixait ses pieds les lèvres pincées : s'il croisait leurs regards, il allait craquer.
Blaise embrassa le front de Pansy.
-Merci pour l'aprem' c'était sympa.
Avant de quitter la chambre, Théodore sur ses talons, il ajouta en désignant Draco de la tête :
-Bonne chance avec lui, parce que quand il est comme ça…
Dehors, enveloppés par le froid, Théodore attrapa les doigts de Blaise et les serra entre les siens. Ils marchèrent silencieusement un moment, une cigarette coincée entre les lèvres.
-Qu'est-ce qu'il a, au fait ? Finit quand même par demander Théo au bout de longues minutes.
Blaise haussa les épaules.
-Je sais pas trop. Il n'a jamais vraiment finit sa crise d'ado' je crois. Il se cherche encore mais il ne trouve personne et ça l'angoisse. J'imagine qu'il a peur de passer à côté de son existence et c'est pourtant ce qu'il s'évertue à faire.
Théo se resserra contre lui.
-Et on ne pourrait pas l'aider ?
Blaise lui sourit et lui caressa tendrement les cheveux.
-Qu'est-ce que tu veux faire ? Si on lui tend la main il nous crache dessus, si on ne fait rien il nous accuse de non assistance à personne en danger. Il est dans un cercle vicieux et, pour pouvoir en sortir, il faut déjà qu'il ait la volonté de le faire. On ne peut pas choisir ça à sa place.
-Peut être… Mais ça ne te fait pas mal de le voir comme ça ?
-Si. Mais je lui ai déjà énormément donné. Maintenant j'ai quelqu'un d'autre à protéger.
Théodore dissimula son sourire en tournant la tête de l'autre côté.
Ils se lâchèrent la main en entrant dans l'immeuble. Blaise salua d'un signe de tête un voisin qui sortait.
Dans l'ascenseur Blaise appuya sa tête contre l'épaule de Théodore et déposa un baiser sur sa mâchoire. Ça le fit rougir.
Ils entrèrent dans l'appartement plongé dans l'obscurité sur la pointe des pieds.
-Maman ? Risqua Blaise.
Seul le silence lui répondit, et avec lui le sourire en coin de Théodore qui contenait son lot de promesses. Leurs regards se croisèrent furtivement. Ni l'un ni l'autre ne voulait dire à voix haute ce qu'ils pensaient, de peur que cela brise le charme de l'interdit.
Ils n'allumèrent pas la lumière : leurs corps incandescents suffisaient. L'un entraina l'autre le long du couloir jusque dans la chambre. Blaise prit le temps de mettre en route un vinyle, Théodore de déposer cendrier, cigarettes et briquet pas trop loin du lit. Rituel sacré. La danse pouvait commencer. Quatre mains s'affairaient retirant les vêtements et caressant la chair sensible. Le souffle coupé et les lèvres occupées plus personne ne parlait. L'église non loin sonna vingt heures et le matelas s'affaissa légèrement sous le poids de leurs corps. Les mains blanches sur la peau noire marquaient leur territoire. Plus rien n'existait. Ni la logique. Ni la peur. Ni la raison. Juste leurs respirations erratiques et leur jeu érotique. Ils ne perdaient pas de temps, ils laissaient l'envie et la frustration guider leurs mouvements. Précipités et saccadés, ça n'étais pas beau. Mais putain, c'était bon.
Lorsque madame Zabini rentra en faisant claquer ses talons aiguilles sur le carrelage, le vinyle avait cessé de jouer depuis longtemps, et la fenêtre ouverte de la chambre avait remplacé l'odeur de l'amour par celle de l'hiver. La tête enfoncée dans les oreillers, le cendrier bancal sur le matelas entre eux, Blaise et Théodore fumaient leur énième cigarette.
Théodore se souvenait de la première qu'ils avaient partagée. A l'époque, ça lui avait semblé totalement improbable, maintenant, il ne pourrait plus s'en passer.
-A quoi tu penses ? Chuchota Blaise en se tournant vers lui.
Théodore tira sur sa cigarette et cela fit un point rouge incandescent dans l'obscurité.
-Et toi ? Demanda-t-il au lieu de répondre.
-Je pensais que j'étais bien avec toi. Et que c'étaient les meilleures cigarettes que je n'avais jamais fumées.
Théodore rit en écrasant son mégot dans le cendrier déjà plein. Puis il se leva, complètement nu, pour aller fermer la fenêtre.
-Ta mère est rentrée.
-Je sais, j'ai entendu aussi.
Il vient se rassoir sur le bord du lit.
-Je vais y aller.
Blaise attrapa sa main et déposa un baiser au creux de sa paume.
-Ok…
Théodore se rhabilla, et trop vite, il fut dehors, comme si ce moment de sa vie n'avait pas existé. Parenthèse dans sa routine.
Il ne savait pas vraiment pourquoi il n'avait pas répondu à la question de Blaise. Quand il devait parler de ce qu'il éprouvait, il fuyait, constamment.
Pourtant il en ressentait, des choses. Sinon il ne serait pas là.
Il ressentait ce sentiment d'être enfin lui, là où il devait être, lorsqu'il était simplement assis dans la pièce qu'il venait de quitter. Il n'avait pas besoin de parler, et de toute façon, il n'était pas bavard. Il pouvait juste se tenir là. Partager une cigarette. Ecouter les bruits de la rue qui pénétraient dans l'appartement par la fenêtre ouverte. Rire à ses blagues doucement. Le regarder parler.
Théodore sourit du coin des lèvres en fixant le bout de ses chaussures.
C'était idiot la vie : il suffisait d'un rien pour qu'elle semble géniale ou que tout foute le camp.
Merci d'avoir lu mes bichons. J'attends vos avis avec impatience!
Sam'
