Update : 16/04/2012 ~Tenir les délais ne fait visiblement pas partie des fonctions qu'on m'a attribuées à la naissance.
Note d'auteur : Ce chapitre n'a pas encore été corrigé, car je voulais le poster le plus vite possible suite aux pressions morale et physique de Dairy's Scribenpenne (tu sais que je t'aime mon bichon) qui a dû me menacer de toutes les façons pour que je me décide enfin à sortir de ma léthargie et à vous offrir quelque chose.
Je ferais une mise à jour dès qu'AngellaN sera disponible pour rendre tout ça présentable. En attendant vous m'en voyez désolé.
Message d'amour à destination de toi qui lis ceci : Comme d'habitude vos reviews m'ont comblée et je m'en veux atrocement de ne jamais tenir les délais que je me fixe pour poster les chapitres. Vous êtes tous géniaux. Je ne crois pas avoir encore répondu à toutes les reviews mais je vais essayé de le faire. Si je vous ai oublié vous pouvez toujours me le signaler et je vous offrirai un dessin érotique de Blaise Zabini pour me faire pardonner.
Tentative de justification foireuse : J'ai énormément de travail en ce moment à l'école, d'où mon immense retard. Mais bien évidement, mes petites cailles, vous êtes infiniment plus importants que ma réussite sociale alors je n'ai aucune excuse. Mea culpa.
Rating : NC-18
Disclamer : J.K. Rowling et Fred le Chevalier
Bonne lecture.
Chapitre 5 : Heurter un récif
"Oh chéri tu charries, plus d'oxygène
et tu continues de parler.
J'ai bravé le ciel,
j'ai bravé le temps, plus rien n'a de sens à présent."
Shaka Ponk feat. Bertrand Cantat - Palabra mi amor
L'air de la galerie était irrespirable. Oppressant. Blaise s'efforça de sourire et de paraitre à l'aise. La tête lui tournait.
Harry leva les yeux et le salua d'un signe de la main. Il se fraya un chemin parmi les gens qui se pressaient autour de lui, une jeune fille blonde comme les blés sur ses talons.
-Tu vas bien ? Demanda-t-il sans préambules, et en détournant le regard, comme s'il n'avait pas réellement envie d'être ici.
-Plutôt oui. Tiens, je te présente Théodore et Draco.
Harry ouvrit la bouche de surprise lorsque ses yeux tombèrent dans ceux de Draco, mais il se reprit vite.
-Enchanté. Vous êtes amateurs d'art aussi ? Demanda-t-il, ironique.
-Pas vraiment non, répondit Draco en haussant un sourcil sceptique.
Harry eut un sourire en coin. Blaise se racla la gorge, légèrement mal à l'aise.
-Ce sont des amis. J'essaie de les convertir, en fait. Mais tout le monde ne peut pas avoir mes goûts raffinés et ma culture.
Draco eut l'air faussement outré et Harry rit de bon cœur. Théodore lui resta stoïque.
-Voici Luna, déclara l'artiste en montrant son amie du pouce. C'est une photographe hors pair. Si jamais ça t'intéresse, elle n'a pas encore sa propre galerie, mais je pourrai te filer son site internet.
Luna rosit délicieusement.
Blaise lui trouva l'air fragile. Il se dit qu'on ne devait sans doute pas pouvoir faire de mal à ce genre de personne. Même un enfoiré comme lui.
Elle portait une robe parapluie jaune poussin qui dévoilait ses genoux cagneux, une veste en jean clair et des chaussures à talons compensés bleues ciel. Ses cheveux tombaient de chaque côté de sa tête en deux longues tresses retenues par des rubans de soie.
Elle avait l'air d'être ailleurs, et quelque chose dans cette distance entre elle et le monde fascina Blaise.
Blaise vient s'assoir sur le bord du trottoir aux côtés de la jeune fille, une cigarette incandescente entre les lèvres. Il ne dit rien, plus parce qu'il n'avait pas grand-chose à partager avec elle que par gène. Ce fut elle qui rompit le silence.
-Tu as remarqué : on voit la lune ce soir, claironna-t-elle de sa voix chantante.
Blaise leva les yeux vers le ciel pour constater qu'elle avait raison.
-C'est plutôt rare à Paris. En général, elle est cachée par les nuages.
-Ah. J'ai jamais vraiment fais attention à ça alors je vais te croire sur parole.
-Moi j'aime bien l'observer quand elle est là. Elle me tient compagnie. Souvent j'ai l'impression qu'elle me sourit. C'est rassurant lorsqu'on est seul.
Elle tourna vers lui ses grands yeux bleus et Blaise se demanda si elle était sérieuse ou bien si elle voulait le taquiner. Dans le doute il choisi la première option.
-On fait plus bavard qu'un astre comme compagnie non ?
Elle sembla réellement réfléchir à la question, les yeux perdus loin dans le ciel.
-Sans doute. Mais la nuit, les bavards, ça dérange.
Il ne trouva rien à répondre à ça, alors il leva une fois de plus les yeux vers la lune pour essayer de voir si elle avait l'air de sourire ou pas. Elle n'était pas tout à fait ronde, et il avait juste l'impression que c'était une petite balle de ping-pong qu'on aurait un peu écrasé par inadvertance. Ça n'avait strictement rien de rassurant.
Ils restèrent un long moment silencieux, l'un à côté de l'autre, lui fumant et elle jouant avec les graviers du bout des doigts, mais cela n'avait rien de gênant. Le silence en disait bien plus long que n'importe quels mots, sur leur besoin de compagnie.
Une fois de plus, ce fut elle qui parla en premier.
-Tu tiens beaucoup à Théodore n'est-ce pas ?
La question le prit au dépourvu, et il en oublia d'être snob.
-Oui, je crois. Pourquoi ?
- Ça se voit à la manière dont tu le regardes.
-Et je le regarde de quelle manière ?
-Tu le cherches des yeux souvent. Comme pour vérifier qu'il ne soit pas parti.
Comme pour lui donner raison, Blaise jeta un regard par-dessus son épaule en direction de la galerie et il aperçu Théo qui écoutait attentivement Harry et Draco parler. Il trouva le tableau incongru.
-Tu es en couple Luna ? demanda-t-il après quelques secondes.
-C'est une proposition ?
Blaise émit un rire sincère, grave et masculin.
-Non, un simple renseignement.
-Un renseignement pour savoir si tu peux me parler de la difficulté d'être en couple ?
Il eut l'air surpris mais approuva d'un signe de tête.
-Tu peux m'en parler. En ce moment, je suis toute seule, mais j'ai déjà eut des histoires assez sérieuses.
-Moi non. Je ne sais pas trop ce que c'est une « histoire sérieuse ». Il y a juste eut une fille, une fois, mais on était jeune et puis quand ma mère a déclaré qu'elle était ma future femme idéale, elle m'a larguée. Ma mère m'a fait la gueule pendant un mois. Elle m'avait coupé les vivres, c'était atroce. J'étais obligé d'aller mendier chez Draco : t'imagines le désastre ?
Luna rit.
-J'ai jamais vraiment su assumer la vie de couple. C'est sans doute pour ça qu'elle est partie. J'étais obligé de la tromper pour m'assurer que je plaisais encore.
-C'est un comportement de quadragénaire ça normalement non ?
-Sans doute. Je dois être vieux avant l'âge. Et je commence à parler comme Draco, c'est très mauvais signe.
Elle lui fit un sourire sincère.
-Et maintenant ?
-Maintenant je ne sais pas quoi faire. C'est un peu compliqué.
-Ça l'est toujours non ?
-Ouais. A certains moments plus qu'à d'autre.
Blaise s'assura que personne ne les écoutait avant d'ajouter à voix basse:
-J'ai vraiment rien du mec homo, sincèrement. J'étais même pas gay friendly, avant. Je m'en foutais de leurs causes, de leurs problèmes, et de ce que le monde pouvait bien penser d'eux. Et puis il a fallu que ça m'arrive à moi. Parfois quand je suis seul et que j'y pense, j'ai juste envie de partir en courant. De me trouver une nana bien, et de faire ma vie avec elle, pour oublier que je suis passé du côté obscur.
-Tu dramatises un peu. Harry est homo, répondit Luna comme si ça réglait la question.
Blaise fronça les sourcils.
-Oui mais c'est un artiste. Il a des amis tolérants. Et puis on ne vient pas du même monde.
-Tu penses que Draco n'est pas très tolérants ?
Ils observèrent tous les deux le blond qui semblait prit dans un débat interminable avec Harry. Ils n'entendaient pas ce qu'ils se disaient, mais ils pouvaient voir Draco gesticuler beaucoup plus qu'à son habitude, son légendaire sang-froid en congés forcés, et Harry lui répondre les joues légèrement rougies.
-J'imagine que je n'ai pas vraiment besoin de répondre à cette question Luna.
-Et Théodore, qu'est ce qu'il en pense ?
Blaise ne lui répondit pas tout de suite.
-C'est bien avec Théodore que tu es non ?
-Oui. C'est bien avec lui. Mais je ne sais absolument pas ce qu'il en pense, en fait. Pour te dire je ne sais strictement rien de ses pensées quel que soit le sujet. Il n'est pas très bavard comme garçon.
-Tu as l'air de bien aimer parler, toi, pourtant. Qu'est ce qui t'a plu chez lui alors ?
-Peut être le fait qu'il ait été là dans un moment où j'en avais besoin.
- Raconte-moi.
-C'est un peu long. Et toi, tu n'as rien à raconter ?
-Je t'ai dis que j'étais toute seule.
-Et personne ne te plait ?
-Si.
Blaise garda le silence mais il incita du regard la jeune fille à en dire plus.
-Mais ça n'est pas réciproque, alors peu importe, non ?
Il lui sourit.
-Qu'en sais-tu ?
-Il y'a des choses qui se savent sans que personne n'ai besoin de les dire à voix haute. Et d'autres qui sont des évidences.
-Par exemple ?
-Je suis une fille.
Blaise eut envie de rire, mais les sons restèrent bloqués dans sa gorge lorsqu'il comprit où elle voulait en venir. Il jeta à nouveau un regard par-dessus son épaule en direction de la galerie. Théodore fumait une cigarette à l'extérieur, appuyé contre la baie vitrée et les observait silencieusement. A l'intérieur Harry défendait une idée bec et ongles et Draco, les bras croisés et le nez en l'air semblait lui signifier que c'était peine perdue. Il lui semblait qu'il n'avait pas vu son ami aussi vivant depuis longtemps.
-Qu'est-ce qui te plait chez lui ?
Elle mit un moment avant de répondre. Lorsqu'elle le fit, ce fut d'une petite voix triste.
-Peut-être le fait qu'il soit là dans les moments où j'en ai besoin.
Blaise lui caressa les cheveux tendrement. Elle lui fit un sourire qui valait tous les remerciements du monde. A ce moment, Théodore vient s'assoir près d'eux sans un mot.
-Ça va ? Demanda Blaise en attrapant la cigarette qu'il avait entre les lèvres pour tirer dessus.
-Et toi ? Répondit Théodore.
-Plutôt bien oui. On parlait de toi, avec Luna.
-Ah oui ?
-Hm. Tu as remarqué qu'on voyait la lune ce soir ?
Théodore haussa un sourcil surprit et leva les yeux vers le ciel.
-Ça n'est pas vraiment surprenant : il fait nuit.
Blaise et Luna rirent devant son air consterné et Théodore fit la moue, ne comprenant pas ce qu'il y avait de drôle.
-On va boire un verre chez moi ? Proposa soudain la jeune fille, comme si c'était la suite logique des événements et qu'il était très surprenant que personne n'y ait songé avant. Blaise, va chercher Harry !
Il eut un sourire surprit mais s'exécuta sans poser de questions.
Harry parlait toujours avec Draco. Il ne l'avait pas lâché d'une semelle. Lorsque Blaise arriva à leur hauteur Draco se moquait ouvertement de la façon dont Harry était coiffé. Il se racla la gorge pour les interrompre.
-Luna propose qu'on aille boire un verre chez elle. Elle m'a dit de venir te chercher.
-Oh. D'accord. Oui, bonne idée.
Harry tourna brièvement les yeux vers Draco.
-Qui « on » ?
Blaise haussa les épaules sans répondre.
-Ecoute, il faut que je ferme la galerie avant, je dois attendre que tout le monde soit parti. Mais allez y, on vous rejoindra.
-Parfait. A tout à l'heure.
Blaise reparti.
-Tu viens ? Demanda brusquement Harry à Draco.
-Il ne me semble pas que je sois invité.
-Et bien, je t'invite moi.
-Ça ne se passe pas chez toi, je crois.
-C'est tout comme. Je passe mon temps là-bas.
Draco eut l'air choqué une demi-seconde.
-Tu es réellement un sans abris alors Potter ?
Harry eut un ricanement effrayant.
-J'aime bien la rue, c'est vrai. Eh Ron !
Le concerné qui parlait avec un groupe de personnes non loin se retourna et lui jeta un regard noir. Harry s'approcha en souriant.
-On va boire un verre chez Luna, tu viens ?
-Je suis visiblement occupé à parler de ton travail, mais si tu tiens à ce point à rester un illustre inconnu, ouais pourquoi pas.
-Allez détends-toi ! Je m'occupe de fermer la galerie, on se rejoint là-bas.
Ronald leva les yeux au ciel et s'excusa auprès de ses interlocuteurs pour l'impolitesse de son ami. Ceux-ci lui assurèrent qu'ils comprenaient très bien et lui laissèrent une carte de visite pour qu'il les contacte ultérieurement, puis ils sortirent.
-Tu as été particulièrement accueillant ce soir mon petit Harry.
Draco rit très fort à la remarque de Ron qui le fusilla du regard en soupirant.
-Bon on se retrouve chez Luna, sois poli quand tu diras aux gens que la galerie ferme et demande leur numéro s'il faut.
-Oui maman, répondit Harry en le poussant vers la sortie. A tout de suite.
-C'est pour toi que je dis ça, lança Ron par-dessus son épaule en s'en allant.
Harry s'efforça de respecter la volonté de son meilleur ami et d'être le plus poli possible en expliquant aux quelques personnes qui flânaient encore devant ses dessins que la galerie allait fermer. Draco faisait mine d'observer une toile, mais ne perdait pas une miette des efforts du jeune artiste pour paraitre le plus courtois possible. Bientôt, il ne resta plus qu'eux deux.
-Et bien, monsieur, nous fermons, il me semble, prononça Harry en s'approchant de la nuque blonde qui lui tournait obstinément le dos.
-C'est bien ce que j'ai cru comprendre oui. Tu aurais du faire hôtesse, pas peintre.
Harry haussa les épaules.
-Je ne suis pas vraiment peintre en soi.
-Peu importe : tu gribouilles.
-Je ne gribouille pas, marmonna-t-il entre ses dents.
Cela fit ricaner Draco.
-Bon, tu viens avec nous, alors ?
-Je crois bien que je n'ai pas vraiment le choix.
-On a toujours le choix.
-Non. Mes affaires sont chez Blaise qui est chez ta copine.
-Tes affaires sont plus importantes que ta liberté d'action ?
-Absolument Potter. Et sache qu'elles pourraient te payer un loyer si tu les revendais.
-Matérialiste.
-Clochard.
-Je préfère ma situation que la tienne.
-C'est ton droit le plus stricte, même si je dois avouer que c'est assez incompréhensible.
Harry ne répondit rien et se contenta de mettre son manteau et d'éteindre la lumière. Draco sorti et alluma aussitôt une cigarette. Il en proposa une à Harry qui refusa.
Ils marchèrent en silence. Au bout de la rue, sur un mur sale, s'étalait la conversation qui les avait confrontés. Ils prenaient conscience du côté improbable de cette situation.
-Comment tu as connu Blaise ? Finit par demander Draco d'un ton anormalement calme, qui surprit Harry.
-Il m'a acheté une toile il y'a quelque temps. Après ça on a parlé et on s'est plutôt bien entendu. Il passe de temps en temps à la galerie.
-Il n'habite pas loin.
-Je sais.
La démarche droite et fière de Draco contrastait avec la nonchalance de Harry. Le reste du chemin se passa dans le silence le plus complet.
Draco eut le temps de fumer encore trois autres cigarettes.
Luna habitait au dernier étage d'un vieil immeuble comme on en voyait souvent à Paris. Son appartement aurait pu servir de placard à balais à Blaise. La porte d'entrée était restée ouverte, Harry la claqua derrière lui. Entassés à l'intérieur, assis directement sur le sol, Ronald, Hermione, Blaise, et Théodore apprenaient à se connaitre. Luna préparait du café en chantonnant.
-Salut vieux, claironna Ron à l'adresse d'Harry, j'espère que tu as été sage pendant mon absence.
-T'inquiète pas, je suis grand.
-Il ment. Sans moi, ce garçon est perdu.
Blaise rit si fort que Hermione s'écarta légèrement de lui en se frottant l'oreille. Elle partit se réfugier dans les bras de son petit ami.
Harry se laissa tomber sur un coussin qui trainait par terre.
-Qu'est ce que tu fais Luna ? Demanda-t-il. Je croyais que ton médecin t'avait interdit d'en prendre ? T'as replongé ? Droguée.
Luna eut un sourire indulgent.
-C'est pour vous. Je me suis dis que la soirée avait du vous fatiguer. Surtout toi Harry.
Ron émit un sifflement indigné et Blaise décréta qu'il était son nouveau comique favori.
-Je suis sensé me réjouir ? Ronchonna le rouquin.
Théodore haussa les épaules : « Vaut mieux ça qu'être son ennemi, crois moi. »
Harry se leva pour farfouiller sous l'évier et en sortit une bouteille de vodka presque vide : « Mieux que le café et en plus tu pourras consommer avec nous comme ça ! »
Ronald et Blaise approuvèrent comme un seul homme. Hermione leva les yeux au ciel.
Draco était retombé dans son mutisme. Il observait les autres s'apprivoiser et se mettait volontairement en retrait. Il n'avait même pas prit la peine de retirer son blouson.
Ronald avait saisit la bouteille et se chargeait de remplir les verres.
- Si vous voulez mon avis, ce n'est pas avec ça qu'on va tenir la soirée.
Harry se releva vivement.
-T'as raison, je vais aller en racheter.
-Merci esclave.
Harry haussa un sourcil sceptique.
-Qui a des sous ? Demanda-t-il en tendant la main.
-Je retire mon merci. Quand tu dis « je vais aller en acheter » en principe c'est avec ton argent.
Draco ne pu retenir un sourire narquois à la remarque de Ron.
-Malfoy, au lieu de te foutre de ma gueule, montre nous à quel point tu es riche.
Il retroussa la lèvre d'un air dédaigneux et finit par se lever.
-Je t'accompagne.
Harry eut l'air surpris mais ne dit rien.
Dehors l'air froid de la nuit les pris en traitre. Draco frissonna.
-Et tu comptes acheter à boire où à cette heure ci au juste ?
-Ce qui est fantastique à Paris, c'est que tu peux trouver tout ce que tu veux quel que soit l'heure, quand tu sais où chercher.
Harry avait l'air de savoir où il allait. Draco le suivit sans poser d'avantage de questions.
Il marchait quelques pas derrière lui, sans tenter de le rattraper mais sans mettre plus de distance entre eux.
-Il faut que tu m'expliques une chose.
Draco ne pouvait pas voir son visage, mais il devina au ton que la conversation était devenue sérieuse.
-Je t'écoute.
-Pourquoi es-tu revenu ? Je veux dire… Tu détestes tout ce que je fais, tout ce que je représente, et tu n'es visiblement pas à l'aise du tout dans ce qui fait mon monde. Alors pourquoi tu es venu ce soir ?
Draco haussa les épaules, puis, prenant conscience qu'Harry ne pouvait pas voir son geste, il consentit à répondre.
-J'en sais rien, marmonna-t-il.
Il eut quelques secondes de silence puis Harry se retourna brusquement.
-T'en sais rien ? C'est impossible.
-Si j'te l'dis.
-C'est impossible que tu ne saches pas. Peut être que tu ne veux pas le dire ou tout simplement que tu trouves que ça ne me regarde pas, mais il y'a forcement une raison et tu dois la connaître. On ne fait pas les choses comme ça.
-Tu te prends beaucoup trop la tête Potter. Je suis revenu parce que Blaise m'a invité et que je n'avais rien de précis à faire ce soir. C'est tout.
Harry fronça les sourcils mais ne répondit rien.
-Je ne te connais pas Potter, et je me fiche de ce que tu fais et de ce que tu représentes. Je n'aime pas certaines choses que tu as pu dire, c'est un fait, mais garde bien présent à l'esprit que tu n'es rien pour moi. Alors venir dans ta foutu galerie ce soir ou aller me toucher ailleurs : quelle différence ?
-Je t'emmerde Malfoy.
-Ta répartie m'émeut.
Harry soupira avant de reprendre sa marche. Il avait l'impression de n'arriver à rien. Lorsqu'il pensait avoir réussi à fissurer la carapace du blond c'était pour tomber sur une autre couche de protection encore plus coriace. Leurs discussions étaient stériles et ne menaient à rien. Pourtant, il devait bien avoir un minimum d'intérêt pour lui, sinon il n'aurait pas passé la soirée à lui parler n'est-ce pas ?
Dans la rue déserte, emplie de l'écho de leurs pas sur les pavés, un insigne lumineux clignotait encore. Harry pénétra dans la boutique sans un mot et se dirigea directement au rayon des alcools. Il choisit des bouteilles et se dirigea vers la caisse où l'attendait Draco, et un homme d'âge avancé à la peau basanée.
Draco paya.
-Je te rembourserai, marmonna Harry en sortant.
-Je t'en pris, achètes toi plutôt des fringues décentes.
- Je ne veux pas de l'argent d'un mec pour qui je ne suis rien.
- Dis-toi que c'est pour les autres, tu ne fais que la livraison.
Harry grogna quelque chose que Draco n'entendit pas.
Dans l'appartement minuscule de Luna, les sept personnes faisaient presque autant de bruits que s'ils avaient été vingt. Leurs conversations animés s'échappaient par la fenêtre ouverte et allaient emplir le boulevard. La musique jouait fort. Luna tentait de leur apprendre une danse typique indienne. Théodore avait refusé de se prêter à l'exercice et fumait à la fenêtre en compagnie de Draco. Ils ne cessaient de faire des commentaires sur les muscles de Blaise. Le corps de Blaise. Le cul de Blaise. Ron riait si fort en les écoutant qu'il ne parvenait pas à faire un seul mouvement. Harry exposait à Hermione sa théorie comme quoi Luna avait enchanté les tapis et les coussins pour qu'ils attaquent ses chevilles et le fassent tomber régulièrement. Les vapeurs de l'alcool avait finit de rompre les dernières barrières entre eux. Sous les toits parisiens, la nuit avait des saveurs de rencontre. De ces moments dont on se souvient quelques temps plus tard, en imaginant comment aurait été la vie s'ils n'avaient pas eut lieu. Qu'est-ce qui aurait été différent ?
Merci d'avoir lu, j'espère que l'aventure vous plis toujours. N'hésitez pas à me laisser vos avis, qu'ils soient positifs ou négatifs.
Sam
