Update : 27/04/2012 ~ Il pleut à Paris, encore et toujours.
Note d'auteur : Ce chapitre n'a pas encore été corrigé non plus. Mais il été relu par Auteur Onirique, que je remercie infiniment de perdre son temps à tenter de tirer quelque chose de cohérent et de compréhensible de mon cerveau atrophié. Ton cadeau de remerciement est en train de s'écrire (tout seul, ouioui). Et je précise en même temps à Shooxie qui m'a réclamé son dessin de Blaise, que celui ci est en train de se faire également (tout seul aussi, aaah la magie de la vie).
Message d'amour : Let's talk about Dairy's Scribenpenne, bitch.Parce que c'est la vie. Aussi, je n'épiloguerai pas ici sur son talent et son génie -que certains, qui pourtant n'arrivent pas à hauteur de son petit orteil, ne peuvent pas s'empêcher de piller, haha, je ris de leur médiocrité et je leur crache au visage- mais je me contenterai de souligner qu'en plus d'écrire divinement bien, c'est une amie hors paire. Et ça, c'est du feu en boite. Merci pour tout mon bichon.
Double ration de message d'amour-parce qu'on est vendredi et que c'est un jour saint : Je vous aime tous très fort. Vos reviews sont mon petit bonheur à moi. Vous êtes géniaux. Et vous me comblez de joie.
Et puis, je remercie sincèrement toutes les personnes qui ont mis cette histoire en alerte ou en favoris. Et ceux, également, qui la lisent discrètement sans laisser de trace. Si ça peut permettre de vous distraire pour un instant, alors je suis heureuse. Je suis votre humble serviteur.
Rating : NC-18
Disclamer : J.K. Rowling
Notes de lecture : [0] Il y'a une ellipse depuis le chapitre précédent, alors ne vous étonnez pas trop si certaines choses ont évolué.
[1] Le blue lagoon est un cocktail à base de vodka, de curaçao bleu et de citron. Quand à la vodka tonic, c'est également un cockatil à base de (roulement de tambours) vodka et de (tatatin) tonic, qui est une boisson gazeuse (what did you expect ?), on peut aussi y rajouter du citron parce que c'est fun, fresh, and fashion. Ceci dit, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.
[2] Un black-out est tout simplement, dans ce contexte ci, une perte de mémoire. Quand on vous dis que c'est dangereux pour la santé.
Chapitre 6 : Saboter le bateau
« Est-ce que tu sauras nager loin ?
Est-ce qu'on se prend pour mieux se laisser ? »
Saez – Des marées d'écume
L'eau de la douche coulait depuis un long moment déjà. Draco, allongé sur le dos dans le lit deux places, les bras croisés derrière la tête, se demandait quand elle s'arrêterait. La mince cloison qui séparait la minuscule salle de bain du reste de l'appartement n'étouffait aucun son. Il trouvait cela étrange d'être dans cette pièce, pourtant depuis une quinzaine de jours, il y avait passé le plus clair de son temps, si bien qu'il avait fini par connaitre presque par cœur les photos et les posters sur les murs, l'odeur du café, la lumière diffuse le matin et le bruit de la rue qui l'avait déjà empêché de dormir plus d'une fois. Il se demandait si un jour, il aimerait ces choses à force de les côtoyer. Peut-être, inconsciemment, était-ce déjà le cas. L'appartement de Luna faisait approximativement la taille de sa propre chambre et pourtant, il était infiniment plus chaleureux et agréable. Il s'était rendu compte qu'il venait ici pour fuir la solitude. Avoir quelqu'un avec qui parler, cela empêchait de trop penser et de s'enfermer dans des constatations déprimantes. Il aurait pu aller chez Blaise, ça n'était pas si loin, et il était sensé être son ami, mais depuis quelques temps il était devenu impossible de le voir sans Théodore. Et, sans que Draco arrive précisément à expliquer cela, il avait parfaitement conscience de faire tache lorsqu'il était à côté d'eux.
Il soupira faiblement et chercha à tâtons son paquet de cigarettes sur les couvertures. Il venait tout juste de mettre la main dessus et d'en extraire sa précieuse dépendance lorsque le bruit de l'eau s'arrêta. Draco ne fit aucun geste pour bouger. Pas le moindre sursaut. Il se contenta de ronchonner en constatant qu'il n'avait pas de briquet et de coincer, malgré tout, une Lucky Strike entre ses dents.
Harry eut un air surpris lorsque son regard croisa celui de Draco. Ses cheveux encore humides goutaient sur son torse mais il n'avait pas l'air d'en avoir conscience.
-Tu fumes encore ?
-Pas vraiment, puisqu'elle est éteinte.
Draco ne sut pas si Harry n'avait pas entendu sa réponse ou s'il avait préféré l'ignorer. Il se séchait énergiquement les cheveux avec sa serviette sans plus se soucier de lui. Draco remit la cigarette dans son paquet en l'observant finir de s'habiller.
-En général je fume parce que je m'ennuie. Tu faisais quoi là dedans ?
-Je me branlais. On y va ?
-Tu as toujours besoin d'être aussi vulgaire ?
Harry haussa un sourcil. Sans s'en apercevoir, il avait emprunté cette mimique à Draco.
-Je répondais juste à ta question Malfoy. Tu préfères que je dise 'je me masturbais' ?
Le concerné leva les yeux au ciel et consentit à se lever, non sans pousser un énorme soupir largement exagéré.
-Tu as vraiment envie qu'on y aille ? demanda-t-il en trainant les pieds.
-Eh ! C'est toi qui m'as demandé de te faire sortir parce que tu t'ennuyais vraiment trop en ce moment. C'est trop tard pour reculer maintenant.
-Je pensais que tu allais m'emmener au restaurant ou que tu me payerai un ciné… Les gens font ça d'habitude.
Harry éclata de rire.
-Dans quel monde tu vis ? Allez, je suis sur que tu vas aimer. Et la bière n'est vraiment pas chère du tout. Je pourrai même t'en offrir une.
Draco marmonna quelque chose à propos d'alcool de prolétaire mais Harry fit semblant de ne pas entendre.
Ce soir il l'emmenait dans un bar où il était considéré comme un habitué.
-Le Terrier est tenu par Arthur et Molly Weasley, ce sont les parents de Ron, précisa-t-il inutilement. Ils organisent souvent des défis artistiques et bon nombre d'artistes montants ont été repéré là-bas. L'ambiance y est vraiment super tu verras.
Draco fit semblant de bouder encore un peu alors qu'ils affrontaient le vent de la fin du mois de novembre.
-Alors tu vas faire tes… tes trucs ?
Harry retient un rire : il ne voulait pas froisser Draco alors que celui-ci tentait de s'intéresser un minimum à son univers. Cela arrivait tellement rarement. La plupart du temps, il se contentait de dire que ça n'était pas un travail et que ça manquait particulièrement de goût ou de l'insulter avec un sourire en coin. Harry se doutait que c'était de la provocation gratuite, mais dans ce genre de moment, il se demandait sincèrement pourquoi il perdait son temps à fréquenter quelqu'un comme Draco Malfoy.
-Mes graffs ? Ouais. On doit réaliser une fresque à plusieurs sur l'un des murs du bar.
Draco hocha la tête. Durant le reste du trajet Harry tenta de lui donner des informations sur le thème et sur les idées qu'il avait déjà.
Le Terrier était exactement le genre d'endroit où Draco n'aurait jamais songé à mettre les pieds. C'était une grande bâtisse coincée entre deux immeubles d'habitation. De l'extérieur, seul les quelques personnes qui fumaient en sirotant leur bière laissaient deviner qu'il s'agissait d'un bar. Draco aurait plutôt prit ça pour un bazar. A travers la baie vitrée on pouvait apercevoir des tables et des chaises totalement dépareillées et il semblait y régner un désordre qui rivalisait sans aucune difficulté avec l'appartement de Luna. Sur la devanture, un énorme lion sortait du mur. Harry lui précisa d'un air particulièrement sérieux que c'était leur mascotte, ce qui fit beaucoup rire Draco.
-Un lion dans un terrier ? Vous auriez du choisir le lapin.
-Soit pas si conformiste… ronchonna Harry sur la défensive, en poussant la lourde porte du bar.
A l'intérieur, ils furent accueillis par une fille à peine plus jeune qu'eux et qui ressemblait fortement à Ron.
-Harry, susurra-t-elle en remettant ses cheveux derrière son oreille, maman sera contente de te voir. Je vais la chercher.
-C'est Ginny, la petite sœur de Ron.
-Je ne m'en serais jamais douté moi-même.
La fin de sa phrase se perdit sous l'arrivée en trombe d'une petite femme ronde que Draco identifia immédiatement comme étant Molly Weasley.
-HARRY MON CHERI ! Quel plaisir de te voir ! Mais viens, entre, ne reste pas sur le pas de la porte. Tu sais bien que tu es ici chez toi. Tiens, tu es venu accompagné ? Mais viens donc t'assoir. Ron et Hermione ne sont pas encore là, tu es arrivé tôt. Oh Harry.
Elle le sera si fortement dans ses bras que Draco grimaça de douleur pour lui.
-Molly… Harry s'écarta non sans mal de la mère de son ami. Je vous présente Draco. On va prendre une table là-bas pour être tranquille.
-Aucun problème mon grand, fais comme chez toi.
-Je suis traumatisé, informa Draco une fois qu'ils se furent suffisamment éloigné.
Harry éclata de rire.
-Molly a toujours été un peu… démonstrative.
-Sérieusement je me demande si elle ne me fait pas encore plus peur que la mère de Blaise.
-Elle est adorable. Pour moi elle est un peu comme une mère de substitution. C'est agréable de sentir que quelqu'un vous aime et ferait n'importe quoi pour vous.
-A ce point c'est juste effrayant.
-Elle a toujours su combler le vide laissé par mes parents.
Draco ne posa aucune question, et Harry lui en fut silencieusement reconnaissant.
Ginny s'approcha d'eux timidement et déposa sur la table deux cocktails d'un magnifique bleu.
-Ce sont des blue lagoon[1], informa-t-elle. C'est maman qui vous les offre. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas.
Draco se demanda si elle avait conscience de dévorer littéralement Harry du regard et faisait ça pour l'allumer ou si elle pensait vraiment que personne ne s'en rendait compte.
Petit à petit le bar se remplissait. Ron et Hermione avait fini par les rejoindre et la jeune fille leur paya un verre de punch chacun. Draco pensa qu'au moins, même si la soirée était nulle, il aurait bu à l'œil. Au bout d'un moment un grand métis vêtu d'un baggy kaki et d'un débardeur blanc s'approcha de leur table.
-Alors on la commence cette fresque ?
Harry lui fit un sourire immense avant de se lever pour lui serrer la main.
-Salut Lee. Content que tu sois là.
Ron et Hermione le saluèrent aussi, et Draco fit du mieux qu'il pu pour se faire oublier, ce qui marcha relativement bien.
Harry s'éloigna non sans promettre de payer sa tournée dès qu'il reviendrait. Draco l'observa de loin mettre des gants en latex et couvrir son nez et sa bouche avec un keffieh noir et blanc. Il ressentit une certaine excitation lorsqu'Harry commença à tagguer. Ses muscles roulaient sous sa peau. Il occupait l'espace. Draco essaya de deviner ce qu'il était en train de dessiner mais ce n'était pour l'instant qu'un ensemble d'aplats colorés totalement abstraits.
-Il est doué hein.
L'exclamation de Ron le fit sortir de sa contemplation.
-Je sais pas, j'y connais rien.
-Moi je m'y connais, j'ai grandis dans cette baraque, et je te garantis que des artistes j'en ai vu. Mais des aussi doués que lui, il y'en a peu.
-C'est ton meilleur ami, se contenta de répondre Draco.
Ron haussa les épaules. Hermione avait quitté la table pour aller aider Ginny à faire le service : la performance de ce soir avait attiré pas mal de monde.
-Je vais appeler Blaise, on rigole bien avec lui, finit par dire Ron en ne s'adressant à personne en particulier.
Draco eut l'air surpris mais il ne dit rien.
Il observa Hermione apporter une bière à Harry et le brun s'éloigna de la fresque un instant pour la siroter tout en discutant avec animation avec son amie. Il avait l'air réellement heureux. Un instant, il tourna les yeux vers lui, et Draco soutient son regard. Puis il se détourna et dit quelque chose à Hermione avant de retourner à son travail.
Quelques secondes plus tard la jeune fille leur apportait deux bières :
-C'est Harry qui les offre, dit-elle en faisant un clin d'œil à Draco avant de se tourner vers Ron. Tout va bien mon doudou ?
Draco faillit s'étouffer en buvant une gorgée de bière mais il se reprit vite.
-Non, je m'ennuie ferme sans toi ma puce, mais j'ai appelé un pote qui ne devrait pas tarder.
Draco était doublement choqué. Premièrement par cet étalage de niaiserie qui lui donnait envie de vomir. Ensuite parce que Ron venait clairement d'indiquer que Blaise Zabini alias Monsieur Connard, était son pote. Il se sentait trahit et bafoué. Il se leva pour aller fumer une cigarette, emportant sa bière avec lui.
Il en fuma trois et réussi à ignorer superbement Blaise et Théo lorsqu'ils arrivèrent. Il était fier de lui.
-Tu m'en files une ?
Il tendit son paquet.
-Tu as finis de gribouiller sur les murs ?
-Je sais bien que tu n'as aucune considération pour ce que je fais mais tu pourrais au moins faire semblant…
Draco tourna enfin la tête vers Harry, un sourire narquois sur les lèvres.
-Je plaisantais, dit-il au bout de quelques secondes, j'ai trouvé ça vraiment impressionnant.
Harry fut gêné. Il ne s'attendait pas à un tel compliment. Il baissa les yeux et ne put retenir un sourire.
-Je me suis demandé si tu étais parti, finit-il par avouer.
-Et si j'étais parti, qu'est ce que ça aurai changé ?
Harry haussa les épaules en soufflant sa fumée en l'air.
-Rien sans doute. Je te paye un verre ? Demanda-t-il en écrasant son mégot.
Draco se contenta de hocher la tête.
Ils prirent deux vodkas tonics[1]. Harry s'amusait avec le citron du bout de sa paille. Il racontait des choses que Draco écoutait à moitié. Il chercha du regard Blaise et les autres mais ne les trouva pas. Ginny venait de leurs apporter deux autres verres lorsque Draco demanda à Harry où est-ce qu'ils pouvaient bien être.
-Surement sortis fumer. Ou alors ils dansent à l'étage.
Devant l'air interrogatif de Draco, Harry poursuivit :
-Le Terrier n'est pas constitué uniquement de cette salle ci. Il y'en a encore une autre là haut. C'est une piste de danse. En général elle n'est ouverte que le jeudi, le vendredi et le samedi soir. Ce sont Fred et Georges Weasley qui s'occupent de la musique : des vrais phénomènes.
-Ils sont combien dans cette famille au juste ?
-Officiellement, Arthur et Molly ont 7 enfants, mais en réalité ils en ont bien plus. Hermione et moi par exemple.
Draco bu son verre cul-sec.
-C'est sale. Ron et Hermione sont frère et sœur ?
Harry voulu rire et boire en même temps et il manqua de s'étouffer.
-Ils ne sont pas VRAIMENT frère et sœur. Mais Molly ferait tout pour Hermione comme pour sa propre fille.
Draco fit signe qu'il avait compris. La tête lui tournait légèrement. Il écouta encore Harry parler un moment, se laissant plus bercer par sa voix qu'autre chose. Il hochait juste la tête de temps en temps pour montrer qu'il suivait.
Il ne savait plus très bien combien de verres il avait bu.
-Tu viens danser ? Finit par demander Harry une lueur d'espoir dans les yeux.
Draco accepta à contre cœur.
A l'étage il semblait y avoir encore plus de monde. Le parquet en bois glissait à force d'être poli par les danseurs. Les spots de lumière les firent cligner des yeux quelques secondes. Harry se fraya un chemin parmi les corps en mouvement et Draco l'imita.
Il se sut pas exactement quand il se mit à danser mais il avait l'impression que cela faisait une éternité qu'il se déhanchait lorsqu'il se stoppa net : a quelques mètres de lui, sur la piste, Blaise Zabini roulait la pelle du siècle à Théodore Nott. Draco en resta bouche bée. Il du les observer à peine trop longtemps.
-Tu aimes bien les garçons Draco ? Demanda une voix tout près de son oreille, afin qu'il puisse l'entendre malgré le bruit.
Les vapeurs de l'alcool, le rythme de la musique, et la chaleur de ce corps contre le sien répondirent à sa place.
-Oui, mais j'aime bien les filles aussi, en fait j'aime…
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que déjà une bouche s'emparait de la sienne. Durant une seconde interminable Draco hésita entre cracher sur cette personne et s'enfuir en courant, ou répondre au baiser.
Il choisit la deuxième solution.
Il avait jeté sa dignité aux ordures : c'était déjà ça de bordel en moins.
-Ouvre la bouche, marmonna Potter contre ses lèvres.
Draco obéit. Il laissa cette langue venir se loger avec avidité contre la sienne. Il les laissa se mêler, se découvrir, se gouter. A cet instant, il n'en avait rien à foutre que ce soit Potter ou un autre, que tout le monde puisse le voir, ou que le gémissement contre lui soit celui d'un homme : il se sentait juste infiniment désirable, et pour ça, il aurait pu bander. Mais un Malfoy savait se tenir en publique, même avec quelques grammes dans le sang.
Ce fut cette maudite pluie qui le réveilla brusquement. Il avait un mal de crâne atroce et des lutins qui dansaient la java dans l'estomac. Il mit quelques secondes à savoir où il était.
Black out[2].
Draco se maudit. Il n'avait pourtant pas l'impression d'avoir autant bu que ça.
Quelqu'un bougea dans le lit à côté de lui, et en apercevant la tignasse de Potter des souvenirs de la veille lui revinrent brusquement. Il se leva, comme si les draps l'avaient brulé.
Il avait dormi habillé. Dieu merci.
Luna était assise sur le plan de travail de ce qui lui servait de cuisine et lisait un magasine en tournant les pages à l'envers et en grignotant des radis. Elle releva la tête et lui fit un petit signe de la main avant de l'ignorer à nouveau.
Draco rassembla ses affaires le plus silencieusement possible.
-Où tu vas comme ça ? Marmonna une voix ensommeillée.
-Faire les poubelles : je dois retrouver ma dignité.
-Sans vouloir me mêler de ce qui ne me regarde pas, il me semble que les éboueurs sont déjà passés, chantonna une voix rêveuse dans son dos.
-C'était une métaphore, soupira-t-il, je ne vais pas REELEMENT faire ça, je ne suis pas encore tombé aussi bas.
-J'avais compris.
Luna eut un sourire énigmatique avant de se replonger dans son magasine.
Draco fronça les sourcils et décida de ne pas chercher à savoir ce que la jeune fille avait bien pu vouloir dire. Il claqua la porte derrière lui.
-BLAISE ! OUVRE TOUT DE SUITE.
Draco tambourinait du poing contre la porte de l'appartement des Zabini depuis dix bonnes minutes. Lorsque la porte s'ouvrit enfin son poing resta levé de surprise.
-Et bien… Autant d'ardeur à me voir mon petit Draco…
-Madame, pardonnez mon intrusion si matinale.
Il lui fit un baisemain en grimaçant.
-Blaise est là ?
-Affirmatif. Mais il me semble qu'il dort encore. Il est juste neuf heures passé tu sais.
Draco la remercia et se dirigea l'air furieux vers la chambre de son meilleur ami.
-FOUTU BLAISE ZABINI, depuis quand es tu aussi sourd ? Ca fait des heures que je cogne à la porte.
Seul un grognement étouffé lui répondit.
Il se dirigea dans le noir jusqu'à la fenêtre et ouvrit violement les volets.
-On peut savoir ce qui te prend ? demanda la voix flegmatique de Théodore.
Draco se stoppa brusquement et se retourna au ralentit.
-Qu'est ce que tu fous là ? Susurra-t-il.
Théo soupira et jeta un coup d'œil vers Blaise qui avait enfouit sa tête sous un oreiller et semblait bien décidé à se rendormir. Il consentit à se lever et les yeux de Draco s'agrandir d'horreur lorsqu'il constata qu'il était nu.
-Tu n'as donc jamais vu un sexe d'homme Malfoy ? Marmonna Théo en cherchant ses vêtements.
-Je suis un homme sombre crétin.
-Tu es venu ici uniquement pour nous insulter ou ta visite avait un autre but ?
-Je suis venu pour parler avec mon meilleur ami, sal parasite.
Théodore lui indiqua la porte.
-Allons parler dehors dans ce cas.
Draco haussa un sourcil.
-Mon meilleur ami est la chose flasque qui dort dans ce lit. Pas toi, Nott.
-Peu importe, car comme tu l'as si bien fais remarquer, Blaise dort. Allons parler dehors.
Il le poussa vers la sortie d'une main autoritaire et saisit un paquet de cigarette sur la table de chevet au passage.
A l'extérieur, il pleuvait toujours, alors Draco et Théodore s'assirent sur les marches à l'entrée de l'immeuble. Un silence s'éternisa entre eux, durant lequel Théodore alluma une cigarette et la fuma lentement.
-Alors ? Tu avais des choses à dire ?
-Mouais… Mais pas à toi… Ronchonna Draco.
Théodore haussa les épaules.
-Je suis ton seul interlocuteur pour le moment, alors il faudra faire avec. Cigarette ?
Draco accepta.
-Je ne me souviens pas de la fin de la soirée d'hier, avoua-t-il finalement à contre cœur.
Théodore ne pu s'empêcher d'éclater de rire et Draco songea que c'était la première fois qu'il assistait à ça. Habituellement, il riait avec beaucoup plus de retenu.
-Et donc tu es venu demander à Blaise de t'éclaircir la mémoire ?
-Plus ou moins. Enfin. Non. En réalité je suis venu ici pour lui demander pourquoi il t'a embrassé comme si tu étais une foutue gonzesse hier.
Théodore eut un sourire énigmatique qui énerva Draco.
-Et bien tu vois que tu te souviens de certaines choses. Quoi d'autre ?
-Je me suis réveillé chez Luna.
-C'est tout ?
-Non. Il y avait Potter avec moi.
Théo ricana.
-Evidement, c'est lui qui t'a ramené, tu n'aurais jamais pu rentrer tout seul.
Draco tourna brusquement la tête vers lui.
- Dis-moi ce que tu sais, susurra-t-il.
Le regard de Théodore brillait d'une malice que l'on pouvait difficilement ignorer.
-Tu te souviens avoir embrassé Harry ?
Draco voulu rester de marbre mais échoua lamentablement.
-Ouais… C'était pas… C'est lui qui est venu vers moi… J'ai vraiment pas réfléchi à ce qui se passait. Je me suis juste laissé faire. Je me fiche de ce type.
-Pas la peine de te justifier. C'est Ronald qui a attiré notre attention sur vous. Sinon, je crois que personne ne s'en serait rendu compte. Du coup tu lui as dis de s'occuper de sa copine qui faisait le service toute seule en bas au lieu de vous faire chier, ou quelque chose du genre. C'était plutôt joliment balancé je dois dire. Ensuite tu as dansé avec Harry. C'était hot. Moins que Blaise et moi, mais hot quand même.
Draco fronça les sourcils. Il avait vraiment du boire plus que de raison, pour se donner en spectacle à ce point. Intérieurement, il maudissait Potter d'avoir abusé de sa faiblesse passagère.
-Je ne m'en souviens pas.
-Ce sont des choses qui arrivent, banalisa Théodore en rallumant une cigarette. Quand le bar a fermé tu as voulu rentrer tout seul mais tu as raté le trottoir et tu t'es étalé sur la route.
Draco eut un gémissement de pure souffrance et Théodore lui jeta une œillade compatissante.
-Qui a vu ça ?
-Potter et moi avons vu la chute. Les autres t'ont juste vu allongé par terre. Avant ça on n'avait pas réellement prit conscience que tu étais saoul à ce point. Tu caches plutôt bien ton jeu. Du coup Potter a dit qu'il te ramenait chez toi, et tu lui as fais tout un cinéma parce qu'il ne fallait pas que ton père te voit sinon il te déshériterait. Comme si tu habitais encore chez tes parents. Il a été d'une patience extrême.
-C'est une catastrophe, murmura Draco d'une voix blanche en regardant droit devant lui.
Théodore lui souffla sa fumée au visage.
-Tu dramatises. En réalité tu t'en es plutôt bien sorti. Je pensais que tu te souviendrais de tout.
Draco gémit comme un animal blessé.
-Je me sens souillé, pleurnicha-t-il.
Théodore haussa les épaules sans répondre.
-Et… Pour Blaise et toi ? Demanda finalement Draco.
Théodore réfléchit à tout ce qu'il aurait pu répondre. Il finit sa cigarette et en ralluma une autre avant de dire :
-On sort ensemble.
Il ne donna pas plus d'explications, parce qu'il aurait eut l'impression de se justifier, et qu'il estimait qu'il n'avait pas à le faire. Il se doutait bien qu'un jour il serait forcé d'avoir cette discussion : on dormait rarement complètement nu collé à l'un de ses amis.
-Comment un truc comme ça a pu arriver ?
-Le plus naturellement du monde : j'ai toujours préféré les garçons, si c'est ce point là qui te gène.
-Blaise non.
Théodore tourna les yeux vers Draco.
-Il a changé d'avis visiblement.
-Merci pour ta perspicacité. Je répète ma question : comment c'est arrivé ? Je ne vous juge pas, je veux juste comprendre.
Théodore soupira longuement. Il n'était pas sur d'avoir envie de raconter ça à Draco, mais il se doutait que c'était inévitable.
-Tout d'abord, il faut que tu saches que ça fait un moment.
-Combien ?
-Plus ou moins six mois.
Draco s'étouffa de surprise.
-Six mois ! Mais comment vous avez pu me cacher ça si longtemps ?
-On a passé notre été ensemble. Tu étais en Grèce. Et puis ensuite, on se voyait rarement. Beaucoup moins que maintenant je veux dire. Ça a été assez facile en réalité. Tu te souviens de cette fois ou tu avais rendez vous avec Blaise et où j'étais là aussi ?
-Ouais.
-Et bien, il a fait exprès. Cela faisait un moment qu'il y pensait : il en avait marre de te cacher ça. Tu comptes beaucoup pour lui. Il sentait que tu t'éloignais et ça lui faisait du mal. Je crois qu'il a essayé de nous avoir tout les deux en même temps. De ne pas avoir besoin de faire un choix.
-Ne me mets pas dans le même sac que toi : je ne veux rien avoir à faire avec le pénis de Zabini.
Théodore rit franchement.
-Bien sur que non. Je parlais d'affection, de sentiments. Il tient à toi, sincèrement.
Draco ne trouva rien à répondre. Il attrapa le paquet de cigarettes de Théodore et en alluma une pour se donner une contenance.
-Après le lycée je n'ai plus revu Blaise. Ni personne d'ailleurs. Je n'avais pas vraiment d'amis à cette époque.
Draco hocha la tête pour l'encourager à continuer.
-Je pensais que je m'en fichais et que je n'en avais pas besoin mais en réalité, c'est important de ne pas être seul. Je devenais aigri avant d'être jeune. Avec le recul je me rends compte qu'à l'époque j'ai souffert de cette solitude mais que j'avais trop de fierté pour me l'avouer.
Il marqua une pause, comme pour laisser à Draco le temps de bien tout assimiler.
-Au début du mois de juin donc, j'ai recroisé Blaise. Je l'ai reconnu immédiatement, pas lui. Il était à la terrasse d'un café vers les invalides. Seul. Je suis venu m'assoir à sa table. A la réflexion ça a tout du scénario de film pourri.
Draco ricana.
-Je ne sais pas pourquoi j'ai fais ça. Je me sentais seul sans doute et je me suis dis que cette personne avait partagé un moment de ma vie. On avait connu des personnes en commun, on avait forcément des choses à se dire. J'en avais marre d'être seul. Alors je me suis assis. Il m'a regardé derrière ses lunettes de soleil et il m'a dit le truc le plus cool que j'ai jamais entendu de ma vie. Je crois que je suis tombé amoureux instantanément.
-Il a dit quoi ?
-« En principe je n'aime pas les hommes, mais si tu mets des talons aiguilles, du rouge à lèvre, et que tu fermes ta gueule, je veux bien faire une exception et te payer un verre ».
-C'est nul et macho…
-Peut être, mais sur le coup je l'ai trouvé génial. Il dégageait tellement de classe et de mépris. On voyait qu'il… Qu'il s'estimait lui-même. Qu'il se trouvait bandant. Et qu'il ne doutait pas une seule seconde du fait que n'importe qui était forcement de son avis. J'ai trouvé ça si classe.
-Tu t'es fais avoir comme une brêle quoi.
-Sans doute. Mais sa tête quand je lui ai dit que je m'étais simplement assis là parce que je l'avais reconnu valait un million. « Je ne me savais pas si célèbre » il a dit. « Si tu connais vraiment mon nom, je te payerai ce verre même sans talons et sans maquillage ». Et j'ai eu mon verre.
-Il voulait juste montrer qu'il avait des thunes si tu veux mon avis. Enfin bref. Et ensuite ? Tu lui as dis que tu faisais des pipes d'enfer et il a voulu tester ?
-Pas vraiment. Mais ça aurait pu marcher. Non. En réalité on a parlé longuement du lycée. De lui, principalement. De ce qu'il était devenu. De sa mère qui était parti à l'étranger avec son mec du moment. De toi qui étais en Grèce. De lui qui se retrouvait seul et qui s'ennuyait ferme. De lui qui n'avait pas besoin de travailler pour vivre donc il ne voyait plus personne. De lui qui était tellement à plaindre dans ce monde si cruel. Moi je fumais ses cigarettes et je buvais ses paroles : il était tellement égocentrique que ça me fascinait. Je lui ai proposé qu'on se revoie si ça pouvait lui éviter d'être seul et il a accepté.
-Tu as des tendances masochistes ?
-Non : il était bandant. Je me suis dis qu'avec un peu d'effort je pourrai le mettre dans mon lit.
-Pourtant il ne jurait que par les femmes, t'as pas froid aux yeux.
-Peut être, mais j'ai eut raison finalement non ?
-Sans doute. Je me passerais des détails croustillants si tu veux bien.
-Donc. On s'est revu le lendemain, et les jours suivants. Il m'a dit des trucs comme quoi j'étais génial parce que moi au moins je l'écoutais parler. Quand j'ai essayé de l'embrasser un peu plus tard il s'est laissé faire. En fait, ça n'a pas été si compliqué que ça : Blaise s'aime et moi je l'aimais déjà. Il a du voir ça en moi et ça a du le satisfaire. Le reste c'est fait naturellement. Je pensais qu'il me jetterai dès qu'il en aurait assez, mais je dois lui convenir. Avec lui, je crois que j'ai passé le plus bel été de ma vie.
Draco hocha la tête.
-Alors c'est vraiment sérieux ?
Théodore décida qu'il n'avait pas besoin de répondre à ça.
-C'est cool, finit par avouer Draco. C'est bien qu'il t'ait trouvé. J'aurai juste bien aimé l'apprendre… Différemment.
-C'est tout ?
-Quoi c'est tout ?
-Pas de discours comme quoi Blaise finira par trouver une jolie paire de nichon bien docile et me laisser tomber ?
-Nan. Si ça doit arriver, ça arrivera. C'est pas à moi de faire des prédictions là-dessus. Et puis, honnêtement, j'en ai un peu rien à foutre. Je crois que je suis même un peu rassuré en fin de compte.
-A quel sujet ?
-Je reste son meilleur ami. Ceci dit, j'ai été con d'en douter : comme si tu pouvais rivaliser avec moi.
Théodore éclata de rire.
-T'as raison va. Il n'a pas deux amis comme toi.
-Heureusement pour lui.
Un silence apaisant s'installa entre eux jusqu'à ce que Draco se lève.
-Il pleut un peu moins, je vais en profiter pour rentrer.
-A plus.
-Ouais. Salut Blaise pour moi.
-De la plus délicieuse des façons.
Draco grimaça.
-Merci pour l'image mentale mec.
Théodore le regarda partir sous la pluie en fumant une énième cigarette. Il faudrait qu'il aille en racheter. Il resta assis là un long moment à rejouer dans sa tête les souvenirs qu'il venait d'évoquer. L'église venait de sonner 11 heures quand quelqu'un sortit de l'immeuble.
-Salut, homme de ma vie.
-Salut. Bien dormi ?
Blaise passa son bras autour des épaules de Théo en s'asseyant à côté de lui.
-Ouais. Désolé de t'avoir laissé avec l'autre timbré au fait…
-Pas de soucis. Je crois qu'on avait besoin de se parler.
Blaise tourna la tête et fit une moue faussement contrariée.
-Ah oui ? Tu lui parles à lui ?
-Eh ! Qu'est ce que tu insinues ?
Blaise déposa un baiser sur sa joue.
-Rien, je te taquine. Enfin, tu dois bien reconnaitre que tu n'es pas très bavard.
-Je sais. J'essayerai de faire des efforts d'accord ?
Blaise eut l'air surpris.
-Je ne te demandais pas ça, mais j'accepte. Ceci dit, je ne te reproche rien. J'aime le Théo taciturne et énigmatique.
Théodore eut un sourire qui donna envie à Blaise de capturer ses lèvres.
-Tu l'aimes pour l'instant mais il finira par te lasser et je veux éviter ça. Je ferais tout pour que ça n'arrive jamais.
-Je te fais confiance.
A très bientôt pour la suite, si l'aventure vous intéresse toujours. Je l'espère. N'hésitez pas à me faire part de vos remarques.
Votre dévouée,
Sam'
