Update : 23/08/2012 ~J'ai dis à certains d'entre vous via review que je n'avais pas posté depuis 1 mois, mais j'ai minimisé ma faute. Cela fait bel et bien 2 mois. Nous sommes malheureusement déjà en août.


Déclaration de LOVE : Toutes vos reviews m'ont tellement touchées si vous saviez. Je vous remercie sincèrement tous du fond du coeur. Les auteurs qui ne reçoivent pas de reviews de votre part ont une semi-vie. Vous êtes ma came.

Double ration d'amour dégoulinant pour qui-qui ? Je vous le donne en mille : pour D. Would, mon bichon d'amour. Merci pour toutes les belles histoires que tu as écrite et qui continuent de me faire rêver. Celle-ci est juste pour toi, c'est ton offrande parce que tu es une star (bitch plz). J'espère que ce chapitre te plaira.

Merci également à tout ceux qui ont ajouté cette histoire en alert ou en favoris, aux reviewers anonymes, et à ceux qui lisent discrètement sans laisser de traces.

Thank U so much AngellaN pour avoir corrigé ce chapitre instantanément après que j'ai fini de l'écrire et pour m'avoir écouté en parler longuement dans la piscine cet été. Aloviou.

Rating : NC-18 (c'est le rating de l'histoire pas du chapitre)

Disclamer : J.K. Rowling

Au fait, plus que 2 chapitres avant la fin du livre I "Se noyer". Le livre II s'intitulera "Apprendre à nager" et comportera lui aussi 10 chapitres (sauf si la fin du monde arrive avant).

Bonne lecture les amis!


Note de lecture : [1] « Laisse-moi zoom zoom zang dans ta Benz Benz Benz » la femelle Zabini écoute de la bonne musique.


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« – Le pire dans tout ça, c'est que je n'étais pas amoureux.
– Comment tu peux en être aussi sûr ?
– Parce que être amoureux, ça donne le mal de mer à chaque étreinte. T'as envie de vomir par-dessus bord, mais tu te retiens tout le trajet, par politesse. Et finalement, tu te dis qu'il est préférable de quitter le pont et d'admettre que... tu ne peux plus faire semblant. » ROCKRITIC, Les princes des villes

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Chapitre 8 : Se débattre dans les flots

« Dans les flots de nos larmes, où nous vivons en peine,
Âmes sœurs, âmes seules, nous sommes les sirènes.
Loin des rivages des hommes, l'eau salée nous enchaîne. »
Le chant des sirènes, RoBERT

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Harry leva les yeux et observa par-dessus la monture de ses lunettes la forme floue de Draco. D'un geste nerveux il les remonta sur son nez pour y voir plus clair. Draco avait l'air légèrement essoufflé, les joues rosies par sa course, il s'était arrêté net au milieu de la route. Il regardait Harry comme si c'était la première fois qu'il le voyait. Sa silhouette longiligne éclairée par la lumière de la galerie avait quelque chose de fantomatique. A ses côtés Lee Jordan, les mains dans les poches, affichait un sourire goguenard. Il murmura quelque chose à l'oreille de Draco et Harry détourna les yeux, prenant brusquement conscience qu'il les dévisageait depuis un moment trop long pour sembler naturel.

-Tout va bien ? murmura une voix féminine à son oreille.

Il hocha la tête une fois, lentement, et sourit à la jeune fille.

-Peut être qu'on devrait rentrer, tu as l'air fatigué, renchérit Hermione malgré tout.

-Non. Je t'assure que ça va, j'ai juste eu un petit instant d'absence, enfin tu sais...

Hermione lui sourit amicalement mais elle ne put s'empêcher de continuer :

-Avec Ron on va y aller, j'ai encore beaucoup de travail pour demain. Il peut te ramener.

-Je t'assure que ça va Hermione. Et puis c'est moi qui ai demandé à Draco de venir, je ne peux pas repartir sans lui.

-Oh.

Les yeux noisette brillèrent de compréhension et elle chercha quelque chose du regard par-dessus l'épaule de Harry. Lorsque ses yeux s'immobilisèrent, Harry n'apprécia pas du tout l'expression de satisfaction qu'il y lu.

-Très bien, ajouta-t-elle en regardant toujours par-dessus son épaule, dans ce cas peut être que tu devrais le rejoindre. Il a l'air de s'ennuyer ferme.

Harry tourna si brusquement la tête qu'il ressentit une vive douleur dans la nuque. Draco était appuyé contre un mur, seul, et pianotait sur son téléphone portable. Ses lèvres étaient retroussées en une moue ennuyée.

-Peut être... qu'il veut être seul ? suggéra Harry la gorge étrangement sèche.

-Ou peut-être qu'il t'attend. Bonne soirée Harry.

Elle adressa un geste de la main au petit groupe avec lequel son ami discutait avant qu'elle n'arrive et se faufila parmi les gens. Harry la fixa jusqu'à ce qu'elle disparaisse, engloutie par la foule. Il dégluti. Il avait l'impression que son cerveau était étrangement vide. Peut-être qu'il manquait de sommeil.

Il se tourna à nouveau vers Draco et leurs regards se croisèrent. Ce fut le blond qui vient vers lui, et Harry songea qu'il avait peut-être encore raté une bonne occasion d'écouter Hermione.

-Salut Potter, tu t'amuses ? lança le ton trainant de Malfoy.

Harry haussa les épaules, préférant ne pas répondre.

-Tu veux rentrer ? demanda-t-il à la place.

-Non, mais je veux bien partir. Et toi ?

Harry eut un sourire en coin.

-Ok, souffla-t-il, allons-y alors…

Ils marchèrent côte à côte, silencieusement, pendant un petit moment. Draco mena la marche consciencieusement, et, lorsqu'ils passèrent à proximité d'un parc, il jeta un regard soucieux par-dessus son épaule avant de bifurquer dans la direction opposée. Harry aurait voulu parler mais il avait l'impression que tout ce qu'il dirait semblerait pathétique alors il préféra se taire. Petit à petit le bruit des conversations devant la galerie devenait plus faible, jusqu'à disparaitre complétement. Draco soupira bruyamment et Harry se demanda comment il avait pu être assez con pour penser qu'une fois qu'ils seraient seuls tous les deux il n'y aurait pas de malaise.

-Heu… Tu veux t'assoir ? bégaya-t-il maladroitement, pour rompre le silence, en indiquant le perron d'un immeuble à leur droite.

Draco haussa les épaules.

-Ouais si tu veux.

Harry déglutit péniblement. Les paroles de Blaise lui revinrent à l'esprit. « Fais le sourire ». Sur le coup, la mission lui avait paru parfaitement légitime et fort bien payée, maintenant il se demandait plutôt ce qui lui avait pris d'accepter un truc comme ça. Pour un foutu numéro de téléphone. Draco ne se dériderait jamais. Même si Harry devenait soudainement l'homme le plus drôle et le plus subtile du monde, ça ne marcherait pas.

Draco s'assit sur la première marche et Harry s'accroupit face à lui.

-Alors, tu n'es… Pas trop déçu d'être venu ?

Harry se donna un milliard de claques mentales. Parmi toutes les phrases stupides qu'il aurait pu dire pour lancer la conversation, celle-ci remportait de loin le premier prix. Bien sûr qu'il était déçu. Il s'était fait chier toute la soirée, et maintenant, ça avait l'air d'être encore pire.

Pourtant, au lieu de lui rire au nez, Draco eut l'air de réfléchir sérieusement à la question.

-Non.

Harry ne trouva simplement rien à répondre. A la place il plongea son regard dans celui de Draco, comme si il allait soudainement enfin parvenir à le comprendre.

-Je peux t'embrasser ?

Harry écarquilla les yeux de surprise. Il aurait voulu répondre quelque chose de très spirituel mais visiblement il était juste capable d'ouvrir et de refermer la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Il sonda Draco, cherchant à définir s'il plaisantait ou non. Il avait l'air mortellement sérieux, comme si il s'apprêtait à faire une expérience particulièrement complexe.

-Je voudrais juste qu'on soit à égalité, déclara-t-il finalement en faisant un geste de la main comme pour écarter les pensées du brun. Tu sais quel goût ont mes lèvres mais moi je ne me souviens pas de celui des tiennes.

Harry ne put s'empêcher de sourire d'un air canaille. Quelque part, il assimilait Draco à un enfant en mal de sensations fortes, qui voudrait voir jusqu'où il peut aller avant de se faire remettre à sa place.

Il avança son visage jusqu'à ce que leurs deux souffles se mêlent.

-Ok, murmura-t-il simplement.

Ce fut Draco qui combla le vide entre eux et Harry cru que son cœur allait exploser tant il le désirait. Avant cette seconde, il n'en avait même pas vraiment conscience.

Au début Draco déposa juste sa bouche contre la sienne. Il attendit quelques secondes avant de bouger les lèvres. Harry le laissa faire. Le baiser se fit lent et suave. Il était à des années lumières de leur premier échange, enivré et brutal. Draco jouait avec ses lèvres intensément. Harry laissa échapper un soupire de plaisir et glissa sa langue dans sa bouche. Draco s'accrocha à ses épaules comme s'il avait soudainement eut peur de tomber ce qui fit sourire Harry contre ses lèvres : ils étaient assis. Le blond mordilla doucement sa lèvre inférieure ce qui lui arracha un pitoyable gémissement.

Puis ce fut finit.

-Wahou…

Le souffle visiblement plus rapide que d'habitude Harry essayait de ne pas perdre pied.

-Alors ? Questionna Malfoy comme si c'était Harry qui avait voulu ce baiser.

-Je ne sais pas si on est réellement à égalité, souffla-t-il.

-Ah bon ?

Harry lui en voulut d'être aussi calme après ça. Lui avait juste envie de recommencer.

-Ouais. C'était un milliard de fois mieux que la première fois. T'embrasses sacrément mieux quand t'es sobre.

Draco eut un sourire suffisant et Harry regretta aussitôt son compliment.

-Dur Potter ?

-Il m'en faut plus Malfoy. Je disais juste que c'était moins nul.

La moue vexée de Draco le fit rire, et il eut envie de capturer ses lèvres, encore. Mais il se cramponna de toutes ses forces à sa dignité.


-Ouais ?

-Salut c'est Harry.

-Je sais. Tu veux quoi ?

-Je voulais entendre ta voix. Juste ça.

-Tu as conscience qu'il est 2 heures du matin putain ?

-Je t'ai réveillé ?

-Nan. Je t'aurais défoncé bordel.

-T'es vulgaire…

-Et toi t'es chiant. Tu le sais ça ? Ça te prend souvent d'appeler les gens avec des prétextes à la con comme ça ?

Harry se mordilla la lèvre en observant le plafond.

-Plutôt rarement en fait.

Draco soupira lourdement dans le combiné. Harry prit violement conscience qu'il voulait être près de lui. Maintenant. Il ne l'avait pas vu depuis la soirée du vernissage deux jours auparavant.

-Tu fais quelque chose ce soir ?

-Ouais : je dors.

-Et demain ?

Le nouveau soupir de Draco serra le cœur de Harry bien plus qu'il ne l'aurait souhaité.

-Je ne sais pas. Que proposes-tu ?

-On pourrait aller boire un verre au Terrier par exemple ?

-Honnêtement, je ne me souviens plus vraiment du dernier alors ça me donne moyennement envie de recommencer…

Le silence s'éternisa entre eux. Curieusement, ce fut Draco qui le rompit.

-Tu aimes la nuit hein ?

-Plus que tout.

-Pourquoi ? Je veux dire… La nuit, ça m'évoque les cauchemars, la peur, la solitude… L'obscurité. Pourquoi tu l'aimes tant ?

Harry respira lentement avant de répondre. Il aurait voulu être près de lui et le serrer dans ses bras tant sa voix semblait fragile. A la place il se contenta de serrer le téléphone dans ses doigts à s'en faire pâlir les phalanges.

-C'est que… Le jour, on est ce qu'ils veulent, bons élèves, enfants modèles, amis fidèles… On branle les apparences. Mais la nuit, elle est à nous. La nuit, dans la pénombre, on est exactement ce qu'on a toujours voulu être. On est des brigands, des truands sans attaches, des héros aux rêves de liberté, des valets de pique ou des dames de cœur. La nuit, tu peux être absolument ce que tu veux Draco, personne ne sera assez fou pour venir s'assurer que tu dis la vérité. Et petit à petit, tu apprends à être cette personne le jour aussi.

Sa voix résonnait dans la pièce comme s'il venait de se parler à lui-même. Puis, au creux de son oreille, Draco murmura :

-Ok pour demain alors.

Harry ne put retenir un sourire.

-Dac… A demain, chuchota-t-il à son tour dans le combiné.

Il était persuadé que rien qu'au ton de sa voix on pouvait deviner à quel point il était bêtement content mais présentement, il n'en avait strictement rien à foutre.

-Mh.

-Bonne nuit.

-Toi aussi…


Draco pensait à la mort et à combien elle serait douce et libératrice, Théodore se demandait ce qui lui avait pris d'accepter cet énième guet-apens, et Blaise cherchait du regard un moyen de fuite rapide et discret. Madame Zabini, quant à elle, se sentait parfaitement à son aise au volant de sa Mercedes-Benz, et, si elle s'était écouté, elle se serait même laissée aller à chanter [1]. Cependant, la tension plus que palpable dans sa nouvelle voiture l'en dissuada.

-Alors les garçons, on va chasser le mâle ? demanda-t-elle pour détendre l'atmosphère, en adressant un clin d'œil aguicheur à Théodore dans le rétroviseur.

Blaise s'étouffa avec sa salive.

-Oh je t'en prie mon chéri, j'ai très bien compris que tu étais homo. Mais ça ne change rien je t'assure. Au contraire. On pourra draguer ensemble. Je t'apprendrai deux ou trois trucs.

-Mais bien sûr, et après on se mettra du vernis en pouffant comme des dindes dès qu'on prononcera le mot bite ?

Théodore se mordit violement l'intérieur des joues pour ne pas rire.

-Enfin Blaisou ! Ce n'est pas parce que tu aimes les hommes que tu dois virer misogyne. Respecte donc ta mère qui se donne tant de mal pour toi.

-Mais merde ! J'aime les chattes putain arrête avec ça. Je te respecterai quand tu respecteras mon intimité. On aurait dû venir en métro bordel.

-On n'aurait pas dû venir ouais, grogna Draco à l'arrière.

Théodore, lui, pinça les lèvres d'un air contrarié.

La Mercedes-Benz se gara sur un emplacement interdit de stationner et les trois garçons se précipitèrent hors de la voiture comme si elle brûlait.

-A plus, marmonna Blaise à l'intention de sa mère.

-Je viens avec vous, répondit celle-ci tout sourire.

Draco jeta un regard de pur panique à son, une fois de plus ex, meilleur-ami. Il tenta désespérément de lui envoyer un message télépathique qui disait précisément « retiens ta folle de mère ou je te jure que je pourris le reste de ta misérable existence » mais visiblement ça n'avait pas l'air de très bien marcher car madame Zabini s'accrocha à son bras et le déshabilla du regard.

-Alors Draco, tu vas me montrer où tu danses ? susurra-t-elle sans attendre de réponse en retour.

Théodore eut de nouveau la furieuse envie de rire, envie qui redoubla lorsqu'il aperçut le visage décomposé de Harry sur le trottoir d'en face. Il cacha maladroitement son visage dans le cou de Blaise pour dissimuler son sourire moqueur.

-Tu es venu accompagné ? attaqua Harry dès qu'ils se furent approchés.

Draco se retient à grand peine de le gifler pour lui passer l'envie de dire des conneries, mais Blaise fut le plus rapide :

-On dit bonsoir quand on a été bien élevé Potter. Tes parents ne t'ont pas appris la politesse ?

-Ils n'ont pas eu le temps de le faire.

Il avait l'air réellement furieux.

-Oups, marmonna Blaise avec un sourire cruel, pas le moins du monde désolé. En tous les cas je te présente ma mère.

Les yeux d'Harry s'agrandirent de stupeur.

-Ta mère ?

-Répartie très pertinente Potter.

-Mais… Qu'est ce que…

Son regard passa de Draco à la femme plantureuse pendue à son bras, dans un signe de totale incompréhension.

-Ouais, il m'appelle beau-papa, railla Draco.

Madame Zabini hulula de rire et Blaise grinça des dents.

-Dans tes rêves…

Harry décida qu'il valait mieux ne pas chercher à comprendre et entraina cette joyeuse troupe en direction du Terrier. Lorsqu'il leur tint la porte pour les laisser entrer il vit distinctement la mère de Blaise mettre la main aux fesses de Draco, et se jura d'anéantir cette famille du diable.

Théodore se précipita vers le bar dès qu'il fut à l'intérieur et commanda un gin tonic. Blaise le suivit mollement et s'accouda près de lui en mâchouillant un chewing-gum. Il observait de loin sa mère qui tentait de parler avec Draco. Comme la communication semblait ne pas vraiment marcher entre eux elle l'attrapa par le bras et le traina vers le bar. Derrière, Harry suivait avec l'air de quelqu'un qui préférerait être n'importe où du moment que ce soit ailleurs.

-Ce soir c'est moi qui paye, susurra madame Zabini en glissant dans la main de Blaise un petit lot de billets, prenez ce que vous voulez.

Elle fit un clin d'œil à Draco qui lui offrit une moue de dégout en retour. Elle ne sembla pas s'en formaliser et se dirigea d'un pas prédateur à l'étage.

-Sers-moi donc quelque chose de fort, grogna Draco.


Blaise ne savait pas exactement à quel moment la soirée avait totalement échappé à son contrôle. Peut-être était-ce au moment où Théodore lui avait demandé de danser ce à quoi il avait subtilement répondu « pas devant ma mère crétin ». Ou bien lorsque Théodore avait commandé son dixième verre. Ou encore lorsqu'il avait surpris Harry et Draco en plein slow langoureux au milieu d'une piste de danse survoltée.

A la réflexion, il ne savait pas vraiment quand il avait perdu le contrôle de la soirée, mais il avait complétement perdu le contrôle de ses nerfs lorsqu'il avait vu Théodore se frotter de manière indécente contre un mec qui devait avoir pas loin de 40 ans. Exactement au même moment, en arrière-plan, il avait aperçu sa mère qui dansait debout sur une table avec l'un des jumeaux Weasley pendant que l'autre se chargeait de balancer des remarques, qu'il croyait surement très drôles, au micro. Ce deuxième fait lui paru infiniment moins problématique que le premier, même lorsque Fred, ou George il ne savait pas trop, glissa sa main sous la jupe de sa mère.

Blaise avait désormais complétement oublié qu'il était son fils, il avait d'ailleurs aussi oublié qu'il était venu ici pour – pour quoi déjà ? « Soutenir moralement ton meilleur ami dans un moment difficile de sa vie » ? C'est bien ça qu'avait dit Draco ? Visiblement il n'avait pas du tout besoin de soutien pour se faire peloter par Potter devant tout le monde, merci pour lui.

Blaise décida donc qu'il était temps de rentrer et se dirigea d'un pas déterminé vers Théo.

-ON Y VA, hurla-t-il pour couvrir le bruit, en tirant Théo par le bras.

Celui-ci au lieu de protester comme Blaise s'y attendait, s'accrocha à son cou comme s'il allait tomber.

-Ah Blaise t'es là, je me sens pas très bien, susurra-t-il dans son oreille.

-Et bah retiens toi de vomir encore un instant, si on peut t'éviter une humiliation publique c'est pas plus mal, marmonna Blaise en fusillant du regard l'homme avec lequel Théo dansait un instant auparavant.

En le maintenant fermement par la taille, il entraina Théodore à l'extérieur. Sa mère et Draco rentreraient plus tard, et, si possible, séparément.

Le froid lui mordit instantanément la peau mais il retira son manteau pour en couvrir les épaules de Théo. Celui-ci se mit soudainement à pleurer sans que Blaise ne comprenne pourquoi. En marchant le long de la rue il tenta tant bien que mal de le consoler, mais cela ne marchait visiblement pas très bien.

-Eh. Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il le plus doucement possible.

Du bout du doigt il essuya les larmes sur les joues de Théo, puis le prit par la taille pour le serrer contre lui.

- Calme-toi… Ça va aller t'inquiète pas. Je te ramène chez toi d'accord ?

Théodore fut juste capable de renifler bruyamment et de se laisser entrainer.

Son appartement n'était pas très grand, mais il y habitait seul, et le mobilier dénotait un certain niveau de vie. Blaise, après avoir refermé la porte derrière lui, entraina Théo dans la salle de bain et le déshabilla lentement. Il ne parlait toujours pas, mais au moins, il avait arrêté de pleurer. Blaise lui nettoya le visage soigneusement, et lui embrassa les lèvres tendrement. Puis, ils se dirigèrent tous les deux dans la chambre, et Blaise l'allongea dans le grand lit à baldaquin. Il le borda comme s'il s'agissait d'un petit enfant, et embrassa son front à plusieurs reprises.

-Ca va aller ? demanda-t-il contre ses lèvres.

Théodore hocha la tête.

-Je vais te laisser alors, d'accord ?

-Pars pas encore… murmura Théodore.

Alors Blaise resta. Parce qu'il était tout simplement incapable de lui refuser ça. Parce qu'il ne voulait, de toute façon, pas partir. Parce qu'il aurait aimé rester près de lui tout le temps. Parce qu'il avait l'air si faible tout seul dans ce grand lit. Et parce qu'il l'aimait, aussi, vraisemblablement.

Il resta près de lui à lui caresser les cheveux jusqu'à ce que Théodore s'endorme. Il aurait voulu lui demander pourquoi il avait pleuré tout à l'heure, aussi soudainement, mais il ne s'en sentait pas la force ce soir, et de toute façon il doutait qu'il lui réponde. Alors à la place, il lui dit qu'il l'aimait, et il attendit que sa respiration soit régulière pour s'en aller sans bruit.


-Ça ne sert à rien de lutter contre son désir n'est-ce pas ?

-En fait, c'est un truc que je n'ai jamais eu à faire, quand je désire je prends.

Blaise surfait sur internet depuis son Iphone comme si la conversation ne l'intéressait pas mais Luna savait que c'était faux. Quand Blaise venait chez elle, quand ils se retrouvaient seuls, c'était toujours pour parler. Parler de lui, un peu, mais surtout l'écouter, elle, lui raconter sa façon de voir le monde. Luna le savait et, intérieurement, elle le remerciait d'être là pour ça. Elle ignorait ce qu'il pouvait tirer de ces discussions, mais elle en sortait toujours les idées beaucoup plus claires.

-Parfois on ne peut pas.

-Pourquoi ?

-Parce que c'est interdit. Que c'est mal vu. Ou simplement parce qu'on a honte…

Blaise haussa un sourcil.

-On vit seulement pour soit. A partir du moment où tu trouves tes envies légitimes, te pose plus de questions. Maintenant, si t'as pas les couilles d'assumer qui tu es et ce que tu veux dans la vie, tu peux toujours rester enfermée chez toi à chialer mais sérieusement personne n'en aura jamais rien à foutre. Et tu seras malheureuse toute ta vie.

Luna fut trop soufflée pour répondre. Il lui parlait rarement aussi sèchement.

-Demande toi ce qui est le plus important : être heureuse ou correspondre aux normes de gens que tu méprises ?

-Ça c'est ce que tu te demandes, toi, non ? Je méprise rarement les gens tu sais. Souvent je les plains.

-Peu importe, c'est la même chose : tu ne les aimes pas. Au fond, on est pareil toi et moi. Sauf que j'accepte le rôle du méchant alors que tu préfères te cantonner à celui de la figurante. Deviens l'héroïne de ta vie, Luna. Ne laisse pas les autres décider pour toi.

-Je vois mal où tu veux en venir…

Blaise soupira lourdement.

-Ce que je veux te dire c'est que tu t'enfonces volontairement dans toutes ces choses qui te rendent malheureuse. Comme ton amour pour Potter. Tu t'accroches à ça en balançant des trucs du style « on ne peut pas fuir son désir » mais à côté, tu ne fais rien pour que la situation se débloque. Et tu sais quoi ? Je ne suis même pas sûr que tu l'aimes vraiment. Sinon tu te battrais pour lui. Mais tu te bats pour quoi, au juste ?

Luna écarquilla les yeux. Elle avait envie de se mettre à pleurer, mais une partie de son esprit lui disait que Blaise n'était pas sérieux et c'est ce qui l'empêchait de craquer.

-Tu as eu une mauvaise soirée ?

Blaise leva les yeux au ciel.

-Non. Je voudrais que tu sois heureuse, c'est tout.

-Oh.

Luna fut réellement touchée. Elle ne connaissait pas Blaise depuis longtemps, mais quelque chose en elle lui disait qu'il n'avait pas dû dire ces mots à beaucoup de personnes avant.

-Tu sais, quand on désire vraiment, vraiment très fort, c'est comme un raz-de-marée. On se débat autant qu'on peut contre ça, parce que ça fait peur, parce que c'est plus fort que nous et qu'on voudrait toujours rester le maître, mais ça ne sert à rien. La vague, elle est toujours plus forte. Elle nous submerge. On peut fuir autant qu'on veut, ça nous rattrape, et, quelque part, ça nous bouffe de l'intérieur. Il y'en a qui comparent le désir à un incendie qui nous consume. Je ne crois pas que ce soit le cas. Pour moi, c'est un tsunami. Ça a l'air innocent. Ça a l'air d'une vague qui va juste nous porter un moment. Mais c'est tellement immense. Ça ravage tout sur son passage, et, quand soudain ça s'en va, il ne reste plus rien. Plus de vie. Plus d'espoir. Plus rien.

Luna voulu le prendre dans ses bras pour le consoler tant il avait l'air triste, sans qu'elle parvienne à déterminer pourquoi.

-Je crois que je préférerais me noyer éternellement. Je veux jamais que la vague se retire merde…

-Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? chuchota-t-elle si doucement que ce n'était peut-être qu'une voix dans la tête de Blaise. Comme une conscience, ou une morale qui lui faisait trop souvent défaut.

-Ouais, répondit-il sur le même ton, sans la regarder dans les yeux.

Elle ne posa pas plus de questions, et il ne donna pas d'explications. Ils laissèrent juste le vent s'engouffrer dans l'appartement de Luna par la fenêtre ouverte et jouer dans ses longs cheveux blonds. Ils laissèrent le froid de l'hiver leur mordre délicieusement la peau. Et Blaise laissa enfin deux gros sillons de larmes se dessiner sur ses joues.

-Parfois, se débattre, ça ne sert à rien. Il vaut mieux se laisser porter par le courant jusqu'à l'endroit où il doit nous amener, finit par décréter la jeune fille au bout de longues minutes de silence.


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Merci d'avoir lui sweet heart, je serai ravi(ollis) d'avoir votre avis via review alors n'hésitez pas.

Poutoux,

Votre dévouée Sam.