Update : 14/03/2013 ~ Je prends du grade sur l'échelle de Steven Moffat –comprendra qui voudra.


Qu'on se le dise je sais bien que le fait de publier une fois toutes les morts –ou démission, de pape ne rendra pas mes écrits meilleurs mais je n'ai rien à dire pour ma défense, d'ailleurs ce chapitre n'a que trop tardé, et le faire tarder un peu plus avec du blabla insignifiant n'est pas très bienvenue.

Cadox pour ma D. que j'aime, mêm...surtout quand elle me menace de mort (c'est bon baby girl, tu peux ranger tes armes et rappeler ton armée personnelle qui campe depuis des mois sous mes fenêtres. J'ai ENFIN fini ce chapitre). D'ailleurs j'en profite pour vous conseiller de courir lire sa fanfiction « Don't be blue » si vous ne l'avez pas encore fait (hérétiques), car c'est une pure merveille, c'est du Zabnott, ça envoie du steak, et c'est la vie. Je m'en vais moi même lire la fin de ce pas.

Note en passant : A part ça, ce chapitre n'a pas été corrigé et je suis une brèle en orthographe (tiens c'est bizarre, pourtant en 7 mois –Wait, il doit y avoir une erreur ça ne peut pas faire si longtemps- on a le temps de se relire normalement).
Du coup si quelqu'un parmi vous se dit « tiens, dans la vie je n'ai rien à faire, je vais corriger ce tas d'immondices » qu'il me le fasse savoir, on parlera affaires vous et moi.

Spécial D10KASSisitavu à Cat' pour heu… être cool, faire partie de la secte du Zabnott (bientôt ce pairing dominera le monde HAHAHAhahum) et avoir des gifs de chatons cools.

Bonne lecture~


(°) Petit hommage à Alain Bashung, qui nous quittait il y'a tout pile 3 ans.


Chapitre 9 : Couler à pic

« Après d'âpres hostilités
tu m'arrivais comme un torrent.
Dans l'estuaire tu me disais :
'c'est des ragots, du fiel…' »

Alain Bashung(°) – Après d'âpres hostilités

.

Luna observa quelques minutes la pluie battre le carreau du velux. Blaise venait de quitter l'appartement. Il y avait laissé une odeur âcre de cigarette et de café, et, sur le dossier d'une chaise, une écharpe en cachemire. Elle était à nouveau seule. Rien n'avait changé entre hier et aujourd'hui. Rien sauf ses certitudes. Les choses auxquelles elle s'accrochait désespérément depuis quelques temps. Et il avait suffi d'une simple discussion. Etait-elle si faible ? Etait-elle si influençable qu'elle ne pouvait pas savoir par elle-même ce qu'elle ressentait au fond d'elle ?

Soudainement, Luna prit la décision de partir. Elle enfila un manteau blanc et des Doc Martens bleues turquoise, attrapa ses clefs et claqua la porte en sortant de chez elle.


Paris. En cette fin de matinée, la pluie torrentielle menaçait de faire déborder les caniveaux. Dans le 18ème arrondissement, les vendeurs de rue n'ont pas renoncé pour autant à alpaguer les touristes en agitant des trousseaux de porte-clefs lumineux à l'effigie de la tour Eiffel sous leur nez. Le Sacré-Cœur affronte courageusement les bourrasques, la coupole perdue dans les nuages. Le temps a rendu les tuileries désertes, à l'exception de quelques passants qui courent jusqu'à l'abri le plus proche. Aux abords de la Seine, aux terrasses couvertes et chauffées des cafés, les parisiens, pour quelques euros, peuvent se permettre de rire de la pluie.

Dans son loft moderne et luxueux, Draco, maussade, tentait vainement de se réveiller à grands renforts de caféine.

Harry, les cheveux en bataille, l'observait depuis un moment.

-Est-ce que ça va ?

Draco affirma silencieusement en fixant le fond de sa tasse de café.

Il savait qu'il aurait dû dire quelque chose, se montrer serviable, mais ce matin il n'en avait pas le courage. L'aurait-il seulement un jour ? L'amertume du café lui donnait légèrement la nausée et il sentait un vague mal de tête s'immiscer dans son crâne. Est-ce qu'il devait en déduire qu'il ne tenait pas l'alcool ?

-Tu préfères que je m'en aille ?

La question n'était qu'un murmure blessé, mais elle le fit sursauter.

-Non, répondit-il en constatant avec horreur que sa voix était beaucoup moins forte qu'il ne l'aurait cru. Café ? Proposa-t-il en désignant la machine à expresso du pouce.

Harry s'approcha doucement, prudemment, et s'assit près de lui.

-Est-ce que ça va ? répéta-t-il comme pour se rassurer lui-même.

Draco soupira bruyamment.

-Ecoute, je suis pas du matin d'accord ? Est-ce que c'est compliqué de juste me laisser le temps de me réveiller ?

Contre toute attente, Harry ricana et cessa de tenter de discuter.

-J'empreinte ta salle de bain, déclara-t-il alors que Draco jetait un comprimé effervescent dans sa tasse de café en espérant que ça ferait cesser la douleur qui lui martyrisait les tympans.


-DRACO !

Il se réveilla en sursaut et c'est seulement à ce moment qu'il se rendit compte qu'il s'était endormi sur le canapé. Les lendemains de soirée, il était toujours une loque humaine, et passait des heures à errer sans but et à s'endormir n'importe où. Il aurait dû dire à Harry de partir tout à l'heure. Il espérait qu'au moins il n'avait pas ronflé.

Groggy Draco jeta un regard interrogatif à Harry, penché au dessus de lui. Ses cheveux humides lui gouttaient sur le visage. Il lui tendait ton téléphone, un air scandalisé sur le visage.

Draco mit un moment avant de comprendre qu'il voulait qu'il lise le message qui y était affiché.

« Harry, il y'a une chose que j'aurais dû te dire il y a un moment déjà. Tu me plais. Enfin, plus que ça. Je sais bien que te dire ça maintenant ne mènera à rien, mais j'en éprouve le besoin. Me jeter à l'eau et voir ce qu'il se passe. Je te le dis aussi pour justifier mon départ. Ce matin, je suis partie. J'ai besoin de faire le point. Je reviendrai sans doute bientôt, mais en attendant, s'il te plait, ne t'inquiète pas. Je vais bien.

Luna. »

Draco soupira longuement, et pivota légèrement sur le canapé pour s'installer plus confortablement.

-Et alors ? demanda-t-il avec tout le tact dont il était capable.

-Je viens de recevoir ça… Qu'est-ce que ça veut dire tu crois ?

Draco se redressa pour faire face à Harry et haussa les épaules d'un air nonchalant.

-T'as fini avec la salle de bain ? demanda-t-il au lieu de répondre à la question qu'on lui posait.

-On s'en fout là, Draco. Y'a plus important tu crois pas ? Ça veut dire quoi ce message ? Ça veut dire quoi « partie » ?

Draco soupira une énième fois.

-Je lui réponds quoi moi ? A quoi est ce qu'elle s'attend d'ailleurs ?

Il se dirigea vers sa chambre où il tenta de rassembler des vêtements propres. Le monologue de Harry lui parvenait légèrement étouffé mais il en entendait assez pour comprendre vaguement ce qu'il disait. Il finit par se décider pour une tenue sobre et décontractée. Il ne voulait pas avoir l'air d'en faire trop : on était tout de même en lendemain de soirée, pas de quoi sortir les vêtements du dimanche. Mais avec Harry dans l'appartement hors de question qu'il mette son jogging ultra confortable spécial loque humaine.

-Faire le point sur quoi ? Sur moi ? Nous ?

- Tais-toi.

-« Ne t'inquiète pas »… Elle en a de bonnes. Bien sûr que je m'inquiète.

- Tais-toi Harry bordel ! Ce message, c'est juste une putain de déclaration d'amour. T'es simplement trop con pour le voir. Alors arrête de te lamenter comme un pauvre gamin débile. Ressaisis toi merde. Luna, elle n'attend rien de toi. Elle te prévient juste qu'elle a besoin de prendre ses distances. Elle veut que tu ne t'inquiètes pas pour elle. Mais toi, t'es trop occupé à te poser des milliards de questions débiles et à essayer de lire entre les lignes au lieu de te contenter de voir l'évidence. Maintenant fais-moi plaisir : plains toi dans ta tête et laisse-moi aller prendre une putain de douche.

Un silence pesant accueilli ses paroles et Draco se rendit compte qu'il avait parlé comme s'il était énervé.

Harry avait un air de chien battu pris en flagrant délit de pisse sur le tapis, et cela donne envie à Draco de le gifler pour qu'il se secoue enfin.

Ils se toisèrent un moment et Harry se décida à parler d'une toute petite voix d'enfant :

-C'est horrible de te rendre compte… de réaliser que t'es pas là pour les gens que t'aimes. Que t'es simplement pas à la hauteur parce que t'as pas les couilles de l'être. Parce que tu préfères fuir. Ou juste … ne pas voir que t'es pas le seul à avoir besoin d'aide.

-Au moins t'es lucide.

Harry soupira bruyamment.

-Je plaisante pas Draco. Je crois que tu ne peux pas réaliser à quel point je m'en veux.

-Arrête Harry. Juste, arrête. Tout le monde s'en fout de tes excuses, de ta pitié, ou que tu t'en veuilles d'avoir pensé de telle ou telle manière. T'es pas un héros, ou un foutu sauveur. T'as pas de comptes à rendre. Tu ne dois aider personne et de toute façon, je vais te dire, personne ne veut aller mieux. Le désespoir c'est comme un ami. Est-ce que tu comprends ça ? Si tu leur enlèves ça, les gens désespérés n'ont plus rien. Qui tu es pour décider à la place des autres si ils doivent aller bien ou non, et de quelle façon ?

-Je voudrais juste qu'elle soit heureuse.

-C'est faux. Tu veux être heureux, toi. Et égoïstement tu te dis qu'en aidant les autres tu te sentiras mieux. Mais je vais te dire : tu te trompes complétement.


Lorsqu'il sortit de la salle de bain, Draco fut assailli par une vague odeur de cuisine mexicaine. Il se rendit compte qu'il avait faim.

-Je me suis permis de me servir dans les placards, commenta Harry.

-Ouais. Fais donc.

Draco souleva le couvercle d'une poêle pour en analyser le contenu.

-Ca à l'air bon.

-C'est un des rares trucs que je sache faire à peu près correctement.

-La bouffe mexicaine ?

Harry haussa les épaules.

-Nop, la cuisine en générale, répondit-il en goutant sa préparation.

Draco s'accouda au bar en inox' et attrapa le portable qu'Harry avait laissé là. Le brun lui tournait le dos, occupé à surveiller sa cuisson, alors Draco se permit de fouiner dans son téléphone.

-J'ai grandi chez mon oncle et ma tante et ils ne sont pas vraiment du genre à rendre service gratuitement. Faire la bouffe et m'occuper des tâches ménagères c'était un peu ma façon de payer mon loyer.

-Ah ouais, c'est vrai que t'as pas de parents toi, répondit Draco, complétement absorbé par la lecture des messages que Harry et Ron s'envoyaient.

Harry se retourna brusquement l'air légèrement choqué.

-J'ai des parents mais ils sont morts ça n'est pas… HEY ! Qu'est-ce que tu fous ?

Draco haussa un sourcil.

-Je regarde les actualités, je sais pas où est le mien.

L'air septique de Harry laissa deviner à Draco qu'il ne le croyait absolument pas. Pourtant, étrangement, il ne dit rien.


-Désolé pour hier soir…

-Désolé de ?

-D'avoir été tout nul.

-T'es jamais nul. T'es merveilleux.

Théodore ricana.

-Le pire c'est que je me souviens de tout. J'ai honte. Je préfèrerais encore faire un vieux black-out à la Draco…

Ce fut au tour de Blaise de rire.

-Allez, arrête. Je suis désolé moi aussi.

-Désolé de ?

-De pas m'être comporté comme tu l'aurais souhaité. J'ai été un gros égoïste, et je m'en rends compte maintenant.

Ils soupirèrent tous les deux.

-C'est rien. Juste que parfois, j'aimerai qu'on puisse simplement être un couple normal.

-C'est quoi un couple « normal » ?

-Bah, tu sais bien… Se tenir la main dans la rue. Danser ensemble. Et puis te présenter mon père, même si tu le détesterai… Que tout le monde sache que t'es à moi.

-Je suis à toi.

-Moi, je le sais. Mais parfois j'aimerai que personne ne l'ignore. C'est purement égoïste.

Blaise l'embrassa tendrement, comme pour le rassurer et Théodore se laissa faire.

-Je suis à toi, répéta-il.

Théodore lui sourit.

-Je ne pense pas qu'il y ait une façon d'être en couple. Des règles ou des modèles à suivre. Moi je suis simplement bien avec toi. Vraiment. Mais tu sais, je suis prêt à accepter tes règles du jeu.

Théodore l'enlaça. Il ne trouvait simplement rien à répondre.

-J'ai peur que subitement, tu te lasses de moi, et que tout s'arrête.

-Ca ne s'arrêtera pas. Ce qu'il y a entre nous, Théodore Nott, c'est éternel.

Théo lui jeta un regard de défi.

-T'as dit ça à combien de plan cul avant moi ?

-Aucun. Fais-moi confiance un peu.

Ils se toisèrent un moment.

-Ok, concéda finalement simplement Théodore.

Blaise l'embrassa à nouveau.

-On fait l'amour ? demanda-t-il d'un air faussement innocent.

Cette fois ci Théodore rit franchement.

-T'es un tel pervers, murmura-t-il tout contre ses lèvres.


-C'était bon, déclara Draco en empilant les assiettes dans l'évier. Tu pourras revenir. Ça me coutera moins cher en resto et ce sera plus sein que la nourriture toute prête.

-Je suis un investissement financier ?

Draco plissa les yeux, les bras croisés, comme s'il réfléchissait réellement à la question.

-Si on veut ouais. Y'a pas de petits profits.

-T'es un mec horrible en vrai.

-Certes, mais je te fais bander.

Harry haussa les épaules.

-Ca…

-Ose dire le contraire.

-Je ne dis pas le contraire. Mais tu pourras en avoir la certitude uniquement quand t'auras les couilles de venir chercher tes informations à la source.

Draco grimaça.

-Charmante image mentale.

Harry sourit en coin.

-Tu sais, je suis plutôt un mec patient, mais un jour j'en aurai marre d'attendre que tu te décides.

-Je ne te retiens pas Potter, c'est toi qui t'incrustes chez moi.

-Ne fais pas l'innocent Malfoy. Tu m'allumes, tu m'embrasses, et tu fais comme si de rien n'était. Je ne te pensais pas si prude.

Draco le fusilla du regard.

-Faut croire que tu te trompais. En réalité, je suis puceau Potter : j'attends le mariage.

Harry eut l'air surpris et Draco éclata d'un rire moqueur.

-Je plaisantais, murmura-t-il en s'approchant tout prêt de Harry.

Celui-ci recula d'un pas, instinctivement.

-Mais t'es la première personne à me faire la cour comme si j'étais une foutue princesse.

Leur deux visages étaient si proches l'un de l'autre, que Draco pouvait sentir la respiration de Harry sur sa joue.

-Je trouve ça excitant.

Sa voix n'était désormais plus qu'un souffle déposé au creux de l'oreille de Harry.

-Embrasse-moi.

C'était plus un ordre qu'une demande mais Draco ne s'en formalisa pas. Comme si il avait attendu ce moment pour bouger, il s'exécuta, et s'empara des lèvres de Harry brusquement.

Il sentit les ongles du brun s'enfoncer dans son dos, et sourit contre sa bouche.

Sentir à quel point Harry le désirait, et toute l'emprise qu'il avait sur lui, était une chose merveilleuse. Il se demanda vaguement comment il avait pu, avant ça, se contenter des avances fades d'Astoria.

Il en voulait plus.

Encore plus.

Il voulait le faire attendre jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Il voulait le rendre fou. Il voulait être le seul de ses sujets de préoccupations. Passer avant tout le reste. Devenir le monde. Et à cet instant, il sentait que c'était possible.

Harry passa ses mains sous ses vêtements et caressa son corps, en continuant de l'embrasser.

Draco le laissa faire.

Il voulait qu'il le désire plus fort qu'il n'avait jamais désiré. A un point qu'il croyait impossible avant de le rencontrer. Il voulait être important. Plus que les autres. Etre dans chacune de ses pensées jusqu'à ce qu'il en devienne dingue. Jusqu'à ce qu'il ne puisse plus faire autrement que venir ramper devant chez lui pour avoir un peu d'attention.

Harry déboutonna son pantalon et Draco attrapa ses mains.

-Non, murmura-t-il en continuant de l'embrasser.

Harry poussa un gémissement plaintif.

-T'es un monstre.

-Je sais.

-Tu me tortures.

-Dis-toi que ça n'en sera que meilleur à l'arrivée.

Harry avait encore les mains accrochées à la ceinture de son pantalon, celles de Draco l'empêchant de bouger.

-Est-ce que tu fais ça à toutes les personnes qui ont le malheur de s'approcher de toi ?

-Nan. Je suis quelqu'un de très gentil habituellement. Faut croire que tu réveilles mes instincts sadiques.

-C'est ton trip les trucs SM ? Fallait le dire plus tôt.

Draco grimaça. Il lâcha Harry et s'éloigna un peu de lui.

-Nan. Je trouve juste qu'il serait très mal venu de s'envoyer en l'air alors que ta pote Luna vient de te faire une déclaration d'amour.

Harry ouvrit de grands yeux choqués.

-T'es vraiment un mec horrible.

-Tu l'as déjà dit Potter, change de refrain, lança Draco en lui offrant son sourire le plus séducteur.

-Tu me dégoutes.

Harry commença à rassembler ses affaires, bouillonnant de rage.

-Ben voyons, à qui tu veux faire croire ça.

Draco ne reçut, pour toute réponse, qu'un énième regard noir.

Harry se dirigea vers la sortie d'un pas furieux.

-Je sais même pas pourquoi je m'obstine putain, lança-t-il en s'adressant plus à lui-même qu'à Draco.

Il claqua la porte derrière lui, ce qui fit sursauter Draco.

L'appartement était à nouveau vide.

Il était à nouveau seul.

Soudainement, il regretta de l'avoir laissé partir. D'avoir joué avec le feu. De l'avoir provoqué, encore une fois.

Il ne put s'empêcher de se demander si il allait se soulager avec une autre de ses conquêtes. Un mec plus docile qui se laisserait faire. Qui lui ferait des compliments. Qui le rassurerait.

Draco ressentit un étrange sentiment de jalousie plutôt inhabituel. En règle générale, il s'en foutait de ce que pouvaient bien penser les autres.

Il entreprit de ranger la cuisine pour penser à autre chose, mais c'était visiblement peine perdue.

Il en voulu à Harry de s'être incrusté dans sa vie et se permettre de le faire douter.

A cet instant, il n'était sûr que d'une chose : il ne voulait pas que Harry aille voir quelqu'un d'autre maintenant.


Harry était presque arrivé à la galerie lorsque la sonnerie lui indiquant qu'il venait de recevoir un nouveau mms retentit. Il avait décidé de profiter de sa colère du moment pour y puiser de l'inspiration et voulait aller graffer malgré la pluie. Il trouverait bien un tunnel qui n'attendait que lui.

Harry attendit d'être à l'intérieur pour regarder son téléphone.

Nouveau MMS de Draco Malfoy

Il hésita quelques secondes à l'ouvrir, encore rageux du comportement que l'autre avait eu à son égard.

Sur l'écran de son Samsung Galaxie s'afficha une photo de Draco vêtu uniquement d'un boxer noir. Le cœur de Harry rata un battement.

Sous la photo, le texte disait : « Pour te branler en pensant à moi. Bisous. »

Harry sourit stupidement. Il observa la photo un moment, le regard vague, avant de répondre.

« Petite pute. Je me demande ce qui me retient de diffuser cette photo sur le net. »

La réponse ne tarda pas à venir.

« Peut-être le fait que le net regorge déjà de photos de moi nu. Je pensais que tu te serais renseigné.
P.S : prends ça comme un cadeau d'excuse pour être une salope. La prochaine fois, je t'en ferai une avec écrit 'Potter' sur les pecs… »

« Je me suis renseigné : je sais que tu bluffs.

P.S : Je savais que tu étais bien foutu et que j'avais bien fais d'attendre. La prochaine fois, laisse toi juste faire. Je ne me toucherai pas en pensant à toi indéfiniment. »

« Iknow. »


Draco se laissa tomber sur le lit, à moitié nu, et posa son téléphone à côté de lui. Il avait à nouveau mal au crâne.

Il avait l'impression de n'avoir rien fait de la journée.

A part Potter.

Se disputer avec Potter. Parler avec lui. L'embrasser. Le chauffer.

Et quand il était enfin parti, il fallait encore qu'il pense à lui.

Draco soupira, parfaitement conscient qu'il était en train de se laisser prendre à son propre piège.

Il relu leur conversation SMS comme si il allait y apprendre quelque chose de nouveau.

Harry n'avait pas répondu au dernier.

En même temps, il n'y avait sans doute rien à répondre. Un jour ou l'autre, il faudrait bien qu'il se décide à arrêter de fuir.

Draco ferma les yeux.

Petit à petit il se laissa aller dans le sommeil. Il espérait vaguement qu'au moins, il n'irait pas jusqu'à rêver de Potter : ça lui ferait des vacances.


Porte de Saint-Ouen. Luna avait pris le métro, elle était descendu à cette station et depuis, elle marchait vers l'extérieur de Paris en longeant la route. Elle était trempée jusqu'aux os, et ne cherchait même pas à se protéger de la pluie. De temps à autre elle levait le pouce en espérant que quelqu'un s'arrête. Mais, au fond, elle s'en fichait. Ce qu'elle voulait, c'était juste se vider l'esprit. Se retrouver elle-même. Et pouvoir revenir plus forte.

Elle était restée enfermée si longtemps qu'elle avait fini par oublier qu'un ailleurs existait. Quelque part où ses problèmes semblaient dérisoires.

Elle avait passé tant d'heure à ne penser qu'à une seule chose – à lui – qu'elle avait oublié comment penser à autre chose. C'est ce qu'elle voulait retrouver. Et elle était résolue à rentrer seulement une fois qu'elle aurait réussie.

Personne ne pouvait comprendre l'obsession qui lui enserrait les entrailles, et à quel point elle était douloureuse. Personne, sauf peut-être les camés. C'est l'effet qu'elle se faisait à elle-même.

Une camée.

Avec ces cernes qui lui déformaient le visage.

Luna sursauta lorsqu'un petit camion ralentit à sa hauteur avant de la dépasser et de s'arrêter quelques mètres plus loin.

La portière côté passager s'ouvrit alors elle accéléra le pas et s'engouffra dans la cabine.

-Merci monsieur…

-Flitwick, répondit en souriant le petit homme trapu assis derrière le volant. Où est-ce que tu vas toute seule sous la pluie comme ça ? demanda-t-il en redémarrant doucement.

-Oh. Par là.

Luna indiqua vaguement une direction devant eux.

-Je n'ai pas de destination précise.

Flitwick ricana mais ne posa pas plus de questions.

Le poste de radio crachotait de la musique expérimentale. Au rétroviseur central était accroché un gri-gri fait de plumes d'aigle et de perles en bronze. Une odeur étrange et désagréable flottait dans l'air.

-Vous êtes le conducteur du magicobus ? demanda Luna avec une lueur d'espoir dans le regard.

Flitwick toussota et lui demanda de bien vouloir répéter, de sa voix haut-perchée.

Luna l'observa un instant. Il était assis sur des coussins multicolores et il devait étirer les jambes au maximum pour toucher les pédales. Pourtant son siège était vraiment très rapproché du volant. Elle songea qu'il devait être vraiment minuscule. Il avait une étrange tête de petit lutin et des cheveux très blancs.

-Le magicobus. Celui qui apparait quand on a besoin d'aller quelque part. Vous savez bien ! Il est très connu. Mon père m'a raconté que, pour leur voyage de noce, avec ma mère, ils ont fait le tour du monde en magicobus. Ça devait être fantastique.

Flitwick lui jeta un coup d'œil en biais

-Sans nul doute. Mais mon camion n'est pas le magicotruc. Moi je transporte juste des poulets. Désolé pour l'odeur au fait.

Luna lui sourit.

Il avait l'air gentil.

Un silence s'éternisa entre eux.

-Alors… Tu quittes Paris c'est ça ? demanda le petit homme pour faire la conversation.

-Hm, pas pour très longtemps. Disons que j'ai simplement besoin de m'éloigner un peu.

Flitwick se concentra sur la route un moment si bien que Luna ne sut pas s'il l'avait entendue.

-Peine de cœur ? demanda-t-il finalement.

Elle sourit à nouveau.

-Ouais… Si on veut.

-Ah, au fait ! Il y a des biscuits dans la boite à gant. Prends-en si tu veux.


Au-dessus de Paris, un rayon de soleil traversa les gouttes de pluie et forma un arc en ciel.


Merci d'avoir lu, vous êtes également en droit de me flageller via review/MP/colis piégés pour le retard excessif de ce chapitre. A votre place je me gênerai pas.

J'embrasse le sol où vous marchez tant votre patience est remarquable.

Votre fidèle et dévouée Sam (oui c'est un nom de chien, je sais, on me l'a déjà dis, bisous quand même).