Update : 21/08/2013 - La seule fanfiction au monde où les reviews valent plus la peine que l'histoire. En fait, vous êtes des Dieux nordiques puissants et charismatiques et personne n'a jugé nécessaire de me prévenir.


Merci, encore et toujours, de continuer à suivre cette histoire, et de la faire vivre par vos merveilleuses reviews. Au chapitre dernier, vous vous êtes surpassés, vous avez été parfaits, et moi, complètement émue, je ne peux pas m'empêcher de penser que j'ai les meilleurs lecteurs de la fanficosphère.

Un merci tout spécial aux anonymes à qui je n'ai pas pu répondre par MP, alors que vous m'avez écrit des mots d'amour, des mots de tous les jours.

C'est le dernier chapitre du livre 1 les amis. J'aurais aimé faire quelque chose de beau, de pertinent ou au moins de drôle, mais j'ai fait ça. En même temps venant de quelqu'un se faisant appelé Samaire vous vous attendiez à quoi ? De la poésie ? Et NTM fait de l'opéra.

Chapitre livré par hibou express pour , ma Fabichon d'amûr, votre Dieu à tous. J'espère que ce chapitre 10 ta plaira ma belle. Et ne m'en veux pas trop pour le temps que je mets à écrire : c'est juste pour pouvoir continuer plus longtemps à te dédicacer des chapitres.

Parole du prophète que je suis –autrement appelé, petite pub en passant : Les gens bien aiment le Zabnott. Les gens bien aiment X-Lilo. Donc les gens bien lisent Black Jesus. 'cause this is f*cking awesome bab'.

Notounette sans grande importance : Il devait y avoir d'autres passages dans ce chapitre, concernant d'autres personnages, mais je les ai retirés au dernier moment, préférant focalisé ce chapitré clé sur la trame principale. Ces passages apparaîtront donc au chapitre suivant.


Chapitre 10 :Accepter

"La mer c'est dégueulasse,

les poissons baisent dedans."

C'est pas l'homme qui prend la mer - Renaud

.

-Olivier ?

La voix de Potter résonna dans le couloir sombre. Il s'écarta pour laisser entrer Théodore, Blaise et Draco, et referma la porte derrière eux.

-Olivier ? répéta-t-il un peu plus fort. T'es là ?

Un bruit de voix étouffée provenant d'une pièce fermée lui répondit.

Potter retira ses chaussures d'un geste nonchalant, désigna aux autres le salon et se dirigea vers la chambre de son colocataire. Il poussa la porte et glissa la tête dans la pièce.

D'où il était, Draco ne pouvait pas voir la personne à qui il parlait.

Il regarda autour de lui, analysant la pièce, et les détails qui la composaient.

Curieusement il n'avait jamais mis les pieds chez Harry. Pendant un long moment il avait pensé qu'il n'avait même pas d'endroit à lui. Qu'il vivait chez les autres, un peu à droite un peu à gauche. Cela lui semblait presque logique et il ne se posait même pas la question de savoir comment il s'en sortait. Harry était le genre de garçon à s'en sortir en toutes circonstances. La preuve : il gagnait sa vie en écrivant de la merde et en faisant passer ça pour de l'art.

En réalité, cela allait très bien à Draco de le voir de temps en temps, de l'allumer en soirée, puis de fuir et de faire comme si de rien n'était le lendemain. Cela lui convenait de voir Potter avec d'autres personnes, dans des lieux neutres, pour être sûr de ne pas déraper. C'était une connerie de l'avoir embrassé. Une connerie de lui avoir envoyé cette photo. Une connerie de lui donner de l'espoir. Une connerie de penser à lui tout le temps.

Toutes les putains de secondes de sa putain de vie.

Ce qui était une bonne chose, c'était d'aller voir un film au MK2 Beaubourg avec Théo et Blaise. Et Potter. Puis de rentrer chacun chez soi, merci au revoir, à bientôt, bonjour chez vous.

Mais comme d'habitude, ce connard à lunettes avait été obligé de tout bouleverser.

Après la séance Harry avait dit à la cantonade qu'on avait cas aller chez lui. Que ça n'était pas très loin et qu'au moins il ferait chaud, qu'ils pourraient boire une bière. La cantonade – qui était composée de Blaise et Théodore- avait déclaré que l'idée était bonne. Draco avait suivi. Apathique. Pathétique. Il s'était contenté de marcher derrière eux.

Maintenant, ils étaient là, tous les trois, debout au milieu du salon de Potter, et ils ne trouvaient simplement rien à se dire.

Harry se décida finalement à revenir parmi eux et eut un sourire gêné en les voyant si mal à l'aise.

-Bien, installez-vous, faites comme chez vous, je vais chercher des bières au frigo.

Comme s'il n'avait attendu que cette autorisation pour le faire, Blaise se laissa tomber sur le canapé défoncé en poussant un soupire de satisfaction. Théodore l'imita, avec un peu plus de discrétion. Il tirait sur les manches de son pull en regardant autour de lui. Visiblement, il aurait aimé être partout sauf ici.

Ce constat fit sourire Draco : ça leur faisait au moins un point commun.

Le colocataire de Harry –Olivier apparemment, choisit ce moment pour sortir de sa chambre. Il portait uniquement un pantalon de jogging qui tenait miraculeusement sur ses hanches et ne laissaient absolument rien à l'imagination concernant sa musculature. Draco fit la moue. Il aurait apprécié qu'il soit laid. Ou qu'au moins, il ne dégage pas autant de foutu charisme.

Olivier s'étira et les observa avec un sourire en coin.

-Tu en prends une avec nous ? demanda Harry en ramenant les bières.

-Toujours, lui répondit Olivier, son sourire toujours sur les lèvres et les yeux brillants de malice.

Il désigna à Draco le fauteuil le plus proche :

-Tu ne t'assoies pas ?

Draco haussa un sourcil. Il avait à peine eut conscience d'être resté stupidement debout, mais maintenant qu'Olivier le lui faisait remarqué, il se sentait con.

Il se laissa tomber sur le fauteuil, priant pour que ce moment passe vite.

-Alors… Oliver, c'est ça ? Qu'est-ce que tu fais exactement dans la vie ? demanda Blaise en décapsulant une bière.

-Je suis en master 1 de lettres modernes. Mais c'est juste des études, même si ça me bouffe pas mal de temps. Ma véritable passion, c'est le bmx.

-Le BMX ? interrogea spontanément Théo avant de boire une longue gorgée de bière.

-C'est du vélo, ricana Harry.

-Oui, enfin, pas juste du vélo. C'est surtout un sport acrobatique, qui se pratique avec un vélo spécial. En gros, selon les disciplines, c'est soit de la course sur piste où il faut éviter des obstacles, soit du freestyle où il s'agit de réaliser des figures.

-Hm, ouais je connais, confirma Blaise. C'est plutôt cool.

-Olivier a un sacré niveau, il pratique en compétition.

Draco renifla de dédain en entendant le ton admiratif de Potter.

La conversation continua, allégeant l'atmosphère. Draco se contentait de répondre quand on lui posait des questions, et de boire sa bière consciencieusement.

Cela lui faisait mal de le reconnaitre mais, en plus d'être beau, Olivier était apparemment cool : tout ce qu'il détestait.


Il faisait déjà nuit lorsque Blaise déclara que Théodore et lui allaient rentrer parce qu'il devait absolument faire des courses pour ce soir et que les magasins n'allaient pas tarder à fermer.

-Vous vivez ensemble en fait tous les deux ? demanda Olivier.

-Plus ou moins, répondit Blaise énigmatique.

-En fait, on est ensemble mais on a chacun notre appart'. Mais Blaise a du mal à s'endormir le soir si je ne suis pas là.

Théodore haussa un sourcil et accompagna sa phrase d'un petit sourire suffisant.

Blaise leva les yeux au ciel, mais ne répondit rien.

Lorsqu'ils sortirent, la pièce resta silencieuse quelques secondes.

Draco admirait secrètement la sociabilité de Blaise. Parfois, il aurait aimé être capable d'en faire autant. Mais visiblement, c'était loin d'être le cas.

-Bon, mon petit Potter je vais retourner bosser, soupira Olivier.

-C'est ça Dubois, retourne donc dans ta tanière, lança Harry amusé.

Olivier lui sourit.

-Pas de bêtises !

Il lança un regard entendu à Harry avant de quitter la pièce. Draco ne connaissait ce type que depuis une heure ou deux mais il l'agaçait déjà. Premièrement parce qu'il avait l'air d'un crâneur beau gosse. Ensuite, parce qu'il semblait qu'il était doué du don de communiquer par la pensée avec Potter, et ce, à ses dépens, ce qui l'irritait particulièrement.

-Bien.

Harry passa une main dans ses cheveux. Il avait l'air complétement stressé. Draco aurait aimé qu'il se détende. Ou au moins qu'il ne montre pas qu'il était mal à l'aise.

-Bien, répéta Harry. Tu veux… une autre bière ?

-Non merci.

Harry eut un sourire désespéré.

-Tu ne comptes pas m'aider n'est-ce pas ?

-T'aider à ?

-Je ne sais pas… M'expliquer comment m'y prendre pour te séduire ?

Le cœur de Draco accéléra dans sa poitrine.

Il sourit sadiquement.

'Nous y voilà' pensa-t-il 'Est-ce que tu as réfléchis à cette phrase tout l'après-midi Potty ?'

-Je te veux.

Draco sursauta. Il ne s'attendait pas à ce qu'il soit si direct.

-Je sais, se contenta-t-il de répondre.

-C'est tout ?

Draco haussa les épaules.

-Que veux-tu que je te dise ?

Harry sourit dangereusement. Draco savait qu'il était en train de le pousser à bout –encore une fois. Et s'il devait être tout à fait honnête il ignorait pourquoi exactement il faisait ça.

-Rien. Je ne te comprends pas. Je ne sais pas ce que tu veux ni ce que tu attends de moi. Je vais être franc Draco : je te désire, ça me rend dingue, mais je ne suis pas masochiste au point de te courir après éternellement.

Draco fronça les sourcils. Potter parlait trop fort, Olivier devait certainement entendre tout ce qu'il disait.

-Je sais : tu me l'as déjà dit.

Harry soupira une fois de plus.

-Bien sûr, tu sais. Est-ce qu'il y'a seulement une chose que tu ignores ?

Il paraissait curieusement blessé, et ce constat mit Draco mal à l'aise.

-Tu as une chambre ? demanda-t-il pour faire dévier la conversation vers un sujet moins dangereux, et ainsi désamorcer la bombe Potter.

Si Harry fut surpris par la question, il n'en laissa rien paraitre. Il hocha la tête positivement et se leva.

La chambre de Harry ne ressemblait pas vraiment à ce à quoi Draco s'attendait. Il aurait cru y trouver tout un tas de choses artistiques, des vieux meubles, ou des trucs ramassés au hasard mais c'était visiblement loin d'être le cas. La pièce était résolument moderne. Les meubles noirs tranchaient avec les murs blancs et vides. Sur le lit simple, dans un coin de la pièce, s'amoncelaient un tas de vêtements qui n'avaient pas l'air très propres. Le bureau croulait sous divers objets que Draco n'identifia pas réellement.

-Ce n'est pas très…

Harry fit un geste vague en désignant l'intérieur de la pièce, une moue de dépit sur le visage.

-Je suis rarement là en fait, alors…

Il haussa les épaules.

-Besoin de se justifier Potter ?

Draco s'avança dans la pièce et il entendit Harry fermer la porte derrière lui.

-Je ne me justifie pas.

-Evidement.

Harry soupira. Draco ne comprenait pas pourquoi il prenait la peine de continuer à le fréquenter puisque visiblement, sa présence l'insupportait mais il ne dit rien et se contenta d'observer des croquis posés en équilibre précaire sur le bureau.

Dans son dos, il entendait Harry s'agiter. Au son, il estima qu'il devait être en train de tenter de ranger ce qui était sur son lit.

-Est-ce qu'on peut parler ?

Draco se retourna, une lueur de défi dans le regard.

-Bien sûr. Je t'écoute Potter.

-Qu'est-ce que tu veux ?

La question avait été posée très doucement, presque tendrement. Draco baissa les yeux.

-Dis-moi… murmura Harry avant de s'assoir au bord du lit.

Draco se donna quelque seconde pour faire en sorte que sa voix ne tremble pas.

-En vrai… En vrai, j'en sais rien.

-C'est impossible. Tu sais forcément. Ne pas vouloir te l'avouer à toi-même c'est une chose, mais tu sais forcément ce que tu veux…

Draco admira secrètement Harry pour la patience dont il faisait preuve : lui-même se serait déjà foutu à la porte. Peut-être parce qu'il ne voulait pas que cette situation finisse par arriver, peut-être parce que les légers effets de la bière se faisaient sentir ou peut-être parce qu'une part de lui avait envie d'essayer de faire confiance à Harry, Draco prit la décision de lui répondre sincèrement pour une fois.

-Je ne sais réellement pas ce que je veux. Mais je sais que je ne veux pas… que tu t'en ailles comme l'autre fois.

Harry le regarda, légèrement surprit, puis il sourit.

-Si tu ne joues pas à me rendre fou, je ne partirai pas tu sais.

-Je sais, souffla Draco.

-Est-ce que j'ai la moindre chance ?

Harry avait un sourire désabusé qui fit mal à Draco. Comme si il se savait déjà vaincu. Comme si il n'avait plus vraiment envie de se battre pour lui. Et ça, Draco ne permettrai jamais que ça arrive.

-Oui, répondit-il simplement, en fixant de ses yeux gris ceux du garçon assis sur le lit en face de lui.

-Comment je dois faire ?

Draco ricana.

-Si je te donne toutes les solutions, ça n'a plus vraiment d'intérêt n'est-ce pas ?

Draco s'approcha doucement de lui, d'une démarche qu'il aurait voulue sensuelle, mais qu'il imaginait aisément mal assurée. Harry lui attrapa le bras et le tira vers lui tendrement. Il se laissa faire, docile. Il ne savait plus s'il voulait vraiment fuir.

Il ne savait plus s'il pouvait fuir.

Il avait peur. Peur de ne pas être à la hauteur. Peur que Potter s'en aille sans demander son reste après avoir eu ce qu'il voulait. Peur d'être déçu. Peur d'être allé trop loin. Peur d'avoir trop attendu. L'alarme dans son esprit lui hurlait de s'enfuir. Elle lui disait qu'il allait s'attacher, et que personne ne voulait ça.

Mais Draco ne réagit pas parce qu'au fond de lui il savait. Il savait que c'était trop tard : il était déjà complétement foutu.

-A quoi penses-tu ? Chuchota Harry en frôlant son oreille des lèvres.

A toi ! Hurla la voix dans la tête de Draco. A toi, bordel je ne pense qu'à toi !

-Je peux t'embrasser ? demanda-t-il à la place, pour ne pas répondre.

-Cela dépend, répondit Harry avec une moue amusée.

-Dépend de quoi ?

-De toi.

-Explique Potter.

Visiblement, il avait l'air de s'amuser. Grand bien lui fasse.

-Est-ce que tu es prêt à assumer ce que ça engendrera ?

-Tu crois que j'ai peur ?

Cette fois-ci Harry rigola franchement.

-Bien sûr que c'est ce que je pense.

-Tu te trompes.

-Ah oui ?

Draco détestait cette façon de hausser un sourcil interrogatif.

-Oui.

-Très bien. Tu es au courant de ce qui se passera cette fois, si tu m'embrasses ?

Draco n'avait pas vraiment envie de rire. A dire vrai, il ne savait pas si il était en train de prendre la bonne décision. Mais Harry, lui, avait l'air de s'amuser follement, un délicieux sourire illuminant son visage.

-J'en veux à ton corps tu sais, chuchota-t-il en léchant ses lèvres de façon suggestive.

Le cœur de Draco semblait vouloir s'enfuir de son corps. Est-ce que Potter venait réellement de dire ça comme si c'était… Une sorte de blague ? Il se força à reprendre le contrôle de lui-même.

-Je sais Potter.

-Très bien. Tu viens de faire un serment inviolable.

Draco fit la moue.

-Et qu'est-ce que c'est que ce truc ?

Harry haussa les épaules.

-Une invention de Luna : un serment inviolable lie deux personnes en une promesse de telle sorte que, si l'un des deux la brise, il meurt.

-Glauque. Et qu'est-ce que j'ai promis, histoire que je sache comment éviter de mourir ?

Harry approcha ses lèvres tout contre celles de Draco, leurs deux souffles n'en faisant plus qu'un.

-Tu m'as offert ton corps bien sûr.

- Je ne crois pas non.

-Si je te le dis.

-Tu es malade.

-Essais de me résister, tu verras bien ce qu'il se passe.

-Tu es fou.

-Vas-y repousse moi Malfoy.

-Tu es dangereux Potter. Je t'assure.

-Je te veux, prononça Harry pour la deuxième fois en bien trop peu de temps.

Puis il posa délicatement ses lèvres sur celle de Draco, et celui-ci se laissa faire.

Abdiquer. Rendre les armes. Cesser de se battre contre soi-même en une guerre sans fin et sans merci. Enfin se laisser porter par la vague qui inonde, qui submerge, qui emporte tout sur son passage et vous laisse vide, démuni, seul, perdu.

Draco tenta une demi-seconde de se raisonner. De trouver un issu de secours. Quelque chose à quoi se raccrocher. Mais il n'y avait plus rien à l'horizon. Rien que l'immense océan de son désir. Et Potter. Alors il s'accrocha à lui.

-On a peur de mourir Malfoy ? Chuchota Harry en le poussant sur le lit et en glissant impudiquement ses mains sous les vêtements de Draco.

-Ta gueule, lui répondit Draco en l'embrassant à nouveau. Harry rit contre ses lèvres.

Draco se demanda comment il pouvait être aussi insouciant.

-Dis-moi ce que tu veux, demanda Harry contre son oreille.

-Tu poses trop de questions Potter.

Draco entreprit à son tour de découvrir Harry avec ses mains, parcourant son torse.

-Dis le moi.

Draco grogna.

-Toi. Je te veux toi.

Visiblement, il avait trouvé la bonne réponse. Harry l'attrapa sans douceur par les hanches et colla leurs deux bassins. Draco se tendit imperceptiblement au contact du sexe dur de Harry. Il bougea les hanches lentement, mimant l'acte sexuel. Harry gémit sans pudeur et finit de les déshabiller. Draco admira son calme. Ses mains ne tremblaient pas. Elles savaient parfaitement ce qu'elles faisaient. Draco, lui, était fébrile. Il mordillait l'oreille de Harry avant d'attraper ses lèvres puis de descendre lécher sensuellement son cou. Il ne pouvait plus attendre, mais plutôt mourir que de l'avouer.

Draco poussa un gémissement plaintif en sentant Harry s'éloigner de lui. Il se déplaça jusqu'au bureau et farfouilla dans ses affaires, laissant une vue imprenable sur son corps nu.

-Inspiration soudaine Potter ? demanda Draco la voix légèrement rauque.

Pour toute réponse Harry lui balança un carré d'aluminium.

-Ouvre ça.

Draco haussa un sourcil amusé.

-Pas de risque hein ?

-Jamais… Répondit Harry mortellement sérieux en le regardant dans les yeux.

Draco eut un élan de culpabilité en repensant à toutes les fois où il avait pris des risques inconsidérés.

-Ça vaut mieux : j'ai pleins de maladies, ricana-t-il.

-Je croyais que tu étais puceau… répliqua Harry en lui prenant le préservatif des mains.

Il l'embrassa tendrement. Draco décolla sa bouche brièvement, juste le temps de marmonner « ne crois pas ce que les garçons te racontent Potter, ce sont des ruses pour t'avoir dans leur lit ». Harry ricana.

Draco le trouvait doux et attentionné derrière ses répliques cinglantes. Trop pour son propre bien. Cela le rendait, lentement mais surement, complétement fou. Sa peau contre la sienne. Ses caresses. Ses regards chauds. Son souffle.

Lorsqu'Harry le pénétra Draco se retient de grimacer. Il se contenta de se mordre la lèvre sans jamais quitter son regard, une lueur de défi brillant dans ses yeux.

Il ne pouvait pas croire que ce qui était en train de se passer était réel. Qu'il ne maitrisait –enfin- plus la situation et laissait son corps choisir pour lui.

Il ne pouvait pas croire que Harry était là, contre lui, en lui, alors Draco se laissa simplement porter, comme au creux de la vague.


Draco écrasa sa cigarette dans le cendrier et se retourna vers Harry qui fixait le plafond sans sourciller, dans un état post-orgasmique.

-Pourquoi t'as écris ça là au fait ?

Devant l'absence de réponse Draco continua.

-Tu peux pas savoir comme ça m'a fait chier. Je me suis dit que le type qui avait balancé cette connerie sur le mur était vraiment un idiot fini.

Harry se retourna du mieux qu'il put dans le lit pour faire face à Draco : ils étaient pratiquement collés l'un à l'autre.

-Je sais, tu me l'as dit la première fois qu'on s'est vu, tu t'en souviens ?

-Ouais. Je ne savais pas que c'était toi.

-En fait je rentrais chez moi après avoir passé la soirée à la galerie. Il n'y avait plus de métro et comme j'avais du temps devant moi j'ai décidé de marcher. Ca me faisait traverser la moitié de Paris à pied, mais on ne peut vraiment connaitre une ville qu'en la visitant la nuit alors…

Draco eut une moue dubitative et se retient de lui dire qu'il répondait à sa question avec plusieurs phrases de retard.

-Je trainais un peu, je cherchais l'inspiration à travers l'architecture parisienne. Et puis j'ai vu cette fille. Je sais pas si… Si elle habitait là ou bien si elle s'est retrouvée là par hasard comme moi. Mais en pleine nuit c'est rare de croiser du monde dans ce genre de quartier. Et elle, elle était là en train de marcher en face de moi. Et elle pleurait. J'ai voulu m'arrêter et lui demander ce qui se passait mais je crois qu'elle ne me voyait même pas. Elle était toute entière à son désespoir. Elle avait l'air tellement… fragile et… seule. Et puis je me suis dit que j'avais tort de penser comme ça. Une fille qui marche en pleurant seule dans la nuit, elle n'est pas fragile. Elle est forte. Je ne sais pas ce qu'elle a vécu pour se retrouver dans cet état mais je me suis dit que, peut-être que ses larmes, au lieu de juste couler sur ses joues, peut-être qu'elles allaient lui faire un bouclier pour affronter le monde. Peut-être que c'était ça, sa force. Et que demain, quand moi je me réveillerai, rien dans ma vie n'aurait changé. Mais elle, elle aura mal au crâne d'avoir trop pleuré, et mal aux pieds d'avoir trop marché. Mais elle sera tellement plus forte. Tellement plus prête à affronter le monde…

Un silence plana un moment dans la chambre, ni l'un ni l'autre ne sachant vraiment quoi dire. Ce fut Harry qui le rompit.

-Et du coup j'ai écrit cette connerie sur le mur. A ce moment là c'était comme une révélation pour moi tu vois. Ça venait de me sauter aux yeux. Et je me suis dit que si trois paumés dans ce quartier de bourges pouvaient lire cette phrase et être d'accord avec moi, j'aurai au moins servi à quelque chose sur cette Terre. Et que les larmes de cette fille n'auront pas été veines parce que… Parce qu'elles auront rendu plus forts des inconnus. Elles nous auront appris à nager.

Draco sourit. Il se surprit à penser que ce garçon était dingue et qu'il avait envie de l'embrasser. A la place il dit juste : « Ça doit être fatiguant de penser autant ».

Harry eu un rire clair et se redressa dans le lit, il ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose et la referma aussitôt. Il se leva.

C'était le début du mois de décembre. Ce matin, il s'était fait la réflexion qu'il avait rencontré Draco il y'a un mois et qu'il l'avait tout de suite trouvé beau.

Harry se dirigea vers la fenêtre et l'ouvrit, insouciant de sa nudité qu'il dévoilait ainsi.

-Tu vois c'est drôle la vie, marmonna-t-il toujours en regardant à l'extérieur, je ne sais vraiment pas qui était cette nana, et elle ne saura sans doute jamais l'influence qu'elle a pu avoir sur ma vie, mais là, je la remercie.

-Ah ?

Draco, fatigué, remonta les couvertures sur lui et ferma les yeux.

-Hm. Quelque part c'est un peu grâce à elle que t'es là.

désignait son lit et Draco le savait mais il ne s'en formalisa pas plus que ça, surtout parce qu'il avait la flemme.

-Fais-moi rêver et dis-moi que c'est le destin, ricana-t-il la voix ensommeillée.

Harry mit de longues secondes avant de répondre :

« Que veux-tu que ce soit d'autres ? »


Draco se glissa dans l'eau chaude en soupirant. Il avait dormi presque 10 heures mais il se sentait encore curieusement épuisé.

Il alluma une cigarette et essaya d'imaginer qu'Harry était avec lui, dans son bain. Il imagina son rire et ses yeux.

Est-ce qu'il était prêt à ça ? A tenir à quelqu'un ? A lui être fidèle ? A partager sa cigarette du matin ? Et à devoir répondre honnêtement à la question « comment ça va » ?

S'il fermait les yeux, il pouvait presque sentir le contact du sexe dur de Harry contre lui.

Draco frissonna.

Il fantasmait éveillé.

Personne ne parlait de couple, de fidélité ou de quoi que ce soit d'autres. Évidemment, il avait conscience que, en ce qui le concernait, ça n'avait pas été que du sexe. Pas cette fois.

Mais il n'avait rien promis.

Draco resta longtemps dans l'eau, tentant de détendre chacun de ses muscles. Lorsqu'il sortit de la baignoire, l'eau était froide et la peau de ses doigts était parsemée de petits plis. Il fit exprès de prendre son temps pour se sécher, choisir ses vêtements et s'habiller.

Il se prépara un café, puis, n'y tenant plus, saisit frénétiquement son téléphone sur le comptoir de la cuisine.

Rien.

Draco grogna de frustration. Il s'était attendu à recevoir au moins un message de la part de Potter après ce qu'il s'était passé entre eux (y repenser le faisait fantasmer à nouveau et il se détesta). Habituellement ses ex' étaient toujours très collantes et il devait déployer des trésors de subtilité pour s'en débarrasser sans déclencher une guerre mondiale.

Draco revérifia quand même son téléphone au cas où. Putain, en fait il voulait recevoir ce message. Il le voulait tellement que ça lui donnait mal à la tête (ou alors c'est juste parce qu'il s'était levé trop vite, pour ce qu'il en avait à foutre de toute façon).

Draco se pinça l'arête du nez et se força à faire des exercices de respiration pour tenter de se calmer.

Il était pathétique. Sa dignité n'était plus qu'un lointain souvenir, et le pire, c'est qu'il arrivait presque à ne pas trouver ça trop grave. Parce qu'il voulait tellement ce mec qu'il était juste devenu incapable de penser à autre chose.

Il était perdu.

Après de longues minutes d'auto torture psychologique et de flagellation mentale, Draco se décida à envoyer lui-même un message.

« Pourquoi n'es-tu pas dans ma cuisine maintenant ? »

Voilà, maintenant, il avait vraiment touché le fond.


.

Ok mes bichons, la boucle est bouclée, le livre I se ferme et nous allons pouvoir entamer le livre II. Je vais faire mon possible pour ne pas trop tarder dans ma rédaction, et pour faire quelque chose qui vous fasse plaisir aussi (mais je sais bien que vous n'avez plus aucun espoir me concernant *lamentation*).

Si vous avez des remarques, des suggestions, et surtout, des désirs, concernant cette histoire, n'hésitez pas à m'en faire part, je transmettrais au père noël et qui sait (et puis je vous dois bien ça)…

Note (de la plus haute importance) à l'intention des adeptes du Zabnott : Pour ce chapitre, même si tout mon corps voulait parler d'eux, j'ai préféré me concentrer sur la relation entre Harry et Draco et poser la trame du second livre. Pour me faire pardonner, le chapitre I du livre II s'ouvrira sur du Blaisodore en bonne et due forme.

Sam