Update : 18/12/2013 ~ Et je n'ai pas encore l'ombre d'un sapin de Noël, what's wrong?


J'ai honte de revenir après tout ce temps avec un chapitre bubble gum... Mais disons que c'est la faute de NYX, cette fanfiction me rend tellement nervous breakdown que j'ai besoin de me détendre en écrivant des choses fluffy (et puis, en ce moment, c'est le Xmas break, ce complot international qui fait que mes séries ne reprendront qu'en janvier me laissant seule et désespérée alors bon hein je suis particulièrement vulnérable).

Ce chapitre est, comme tous les autres, pour Fabibou (aka Dwould aka Dieu), qui a prévu de m'adopter, de me nourrir, et de me faire lire tous ses chapitres en avant première : ne soyez pas jaloux.

Merci à ceux qui sont encore et toujours là, merci à ceux qui arrive, merci à ceux qui lisent et qui aiment un peu en silence chez eux, merci aux mises en alert et favoris.

Et je disclame, car disclamer c'est bien, que ce qui est à JKR sera toujours à JKR. Ceci n'est qu'un hommge moisi (dont le véritable but est de semer la graine du Zabnott parmi les irréductibles du Drarry, mais chut).

Bonne lecture les petits~

[edit-magique : Et un gros gros bibisou à TIC (aka The Ice Cat) qui de son œil vigilant a corrigé une grossière et honteuse erreur de ma part. Si vous en trouvez vous aussi n'hésitez pas à me prévenir.]


Livre II

Apprendre à nager

.

Chapitre 1 : Relever la tête

"Where the light shivers offshore

Through the tides of oceans

We are shining in the rising sun

[…]

In the waves I've lost every trace of you

Where are you? » I love you - Woodkid

.

Théodore poussa un gémissement étranglé, bien plus rauque que les autres et donna un mouvement de hanche prononcé. Blaise sourit, le visage enfouit dans son cou. Il ne savait pas bien pourquoi, lorsqu'il sentait que son amant commençait à s'abandonner vraiment, il avait envie de rire. C'était stupide mais incontrôlable et il devait faire des efforts surhumains pour que Théo ne s'en rende pas compte. Il ressentait un tel sentiment d'euphorie à l'idée de parvenir à faire jouir le si propre sur lui Théodore Nott que Blaise en arrivait presque à oublier son propre plaisir. Pour la première fois de sa vie il ne couchait pas avec quelqu'un par désir mais par amour, et putain, c'était bon.

Le lecteur vinyle qu'ils avaient l'habitude d'enclencher avant de faire l'amour avait depuis longtemps cessé de jouer. Seule la symphonie de leurs deux corps emmêlés l'un dans l'autre inondait la pièce. Blaise souhaitait que cela dure éternellement, mais visiblement Théodore n'avait pas l'air de cet avis car il accéléra la cadence, complétement perdu, quelque part aux environs du septième ciel. Les paupières closes et le visage concentré, les bras accrochés à la tête de lit, il prenait son pied. Pourtant, c'était loin d'être leur meilleure baise : Théodore voulait jouir vite et fort alors que Blaise avait envie de quelque chose de plus sensuel. Mais ça ne changeait rien. C'était bon. Et surtout, c'était eux. Blaise trouvait ça incroyable d'avoir pu rencontrer quelqu'un d'aussi extraordinaire, et avec qui son corps fusionne aussi merveilleusement bien. Il songea que vu de l'extérieur, ils devaient avoir l'air de deux êtres parfaits. Des putains de demi-dieux en train de forniquer. Il aurait pu jouir rien qu'à cette idée complétement narcissique, mais ce fut le regard que Théodore ancra brusquement dans le sien qui l'emporta.

Blaise se laissa retomber sur le lit, à peine essoufflé.

-T'étais pas concentré ou quoi ? Souffla Théo en l'enlaçant.

-Pourquoi tu dis ça ?

-J'sais pas, une impression.

Théodore ne parlait jamais pendant qu'ils faisaient l'amour. Il avait dit un jour à Blaise qu'il détestait ça, que ça le bloquait. Qu'il avait besoin de se focaliser entièrement sur ses sensations, et que le langage de leurs corps était largement suffisant. Mais après, lorsque la tension retombait lentement et qu'ils profitaient, dans les bras l'un de l'autre, de l'état post-orgasmique, Théodore avait pu lui livrer les parcelles de lui les plus enfouies. C'était un moment que Blaise adorait.

Théodore laissa courir ses doigts sur le torse de Blaise en une sensuelle caresse aérienne.

-Tu m'as pris par surprise, déclara Blaise un sourire aux lèvres.

-Ah ?

-Ouais, je m'attendais pas à ce que tu me regardes brusquement comme ça. Tu m'as limite fusillé du regard.

Théodore éclata de rire.

-Désolé. J'avais la sensation que t'étais ailleurs, genre, j'sais pas… Pas avec nous quoi.

C'était on ne peut plus loin de la vérité. Blaise sourit en coin, complétement attendrit par les yeux ensommeillés de Théo.

-Et où est-ce que je voudrais bien pouvoir être, quand je peux être ici, murmura-t-il en désignant d'un geste de la main leur lit.

Théodore eut l'air songeur un instant.

-J'avoue. Un point pour toi.

Il tendit le bras par-dessus le corps de Blaise et attrapa le cendrier et leur paquet de tabac.

-Drogué, ricana Blaise.

-Tu peux parler Zabini. Je t'en roule une ou bien tu as décidé d'arrêter sans m'en parler?

-Roule.

-Mot magique ?

-S'il te plait mon bébé.

Théodore grimaça au surnom mais roula quand même soigneusement une cigarette pour son petit ami.

-Est-ce que Draco a appris à rouler depuis le temps ? demanda-t-il lorsqu'il eut fini.

Blaise ricana.

-Pourquoi ?

-Je sais pas, il faisait ça tellement mal avant… Je pense toujours à lui quand je roule une cigarette.

Blaise afficha un air profondément choqué.

-Pardon ?

-Quoi ?

Théodore alluma une des deux cigarettes et la tendit à Blaise qui tira dessus.

-Alors… Tu penses toujours à mon meilleur pote à chaque fois qu'on vient de faire l'amour ?

Théodore le regarda du coin de l'œil comme si il était complétement débile.

-Non. Je viens de te dire que/

-Je sais ce que tu viens de dire. Mais tu roules une cigarette à chaque fois qu'on vient de faire l'amour. Alors c'est la même tu vois.

Théodore fronça les sourcils, visiblement en proie à une réflexion intense puis il éclata d'un rire si bruyant que Blaise sursauta.

-Pourquoi est-ce que c'est drôle ?

-J'imaginais juste ce que dirait Draco si il savait que je pense à lui dans des moments comme ça. Il serait teeeeellement outré.

Théodore recommença à rire frénétiquement et entraina finalement Blaise dans son euphorie.

-Enfin, je crois que je vais quand même le mettre en garde. On ne dirait pas comme ça mais je suis jaloux moi hein.

Blaise attrapa son smartphone sur la table de nuit à sa gauche et pianota un instant à la recherche de sa conversation avec Draco. Théodore en profita pour lire par-dessus son épaule, comme si Blaise avait été capable de lui cacher quelque chose. L'écran affichait les messages les plus récents.

« Draconnard Malfoy hier à 23 :15: Mec Harry est sur le point de rentrer chez lui je sais pas si je lui propose de rester cette nuit. Aide moi Ô Dieu du sexe.

Draconnard Malfoy hier à 23 :17 : Vite connard. Pour une fois répond.

Draconnard Malfoy hier à 23 :18 : Il est parti et de toute façon je m'en branle, il baise même pas bien. P.S : t'es vraiment qu'un gros con, je te hais. »

-Il est accro ou quoi ?

-Mh. Un peu ouais, répondit distraitement Blaise en tapotant sa réponse.

-C'est pas chaud de se faire tout le temps insulter par son pote sinon ?

Blaise haussa les épaules.

-Draco et moi on a construit notre amitié comme ça c'est tout. C'est sa façon d'exprimer son amour et son admiration pour moi. Comme quand il m'appelle Zeubini, c'est juste parce qu'il complexe de la petite taille du sien, tu vois ?

Théodore leva les yeux au ciel, désespéré. Il ne voyait pas du tout mais ça n'avait pas une grande importance parce que Blaise venait d'envoyer son message et l'embrassait avec passion.

« Pourrais-tu apprendre à rouler des cigarettes de façon à ce que mon petit ami ne pense plus à toi ? Bisous ma grande. » venait de s'ajouter à la liste des messages envoyés et le téléphone de Blaise vibra une fois, accusant bonne réception.


Draco, assis en tailleur sur le parquet de sa chambre, adossé contre le mur blanc, grignotait des minis sandwitchs en consultant d'un œil distrait son smart phone. Il songea qu'il fallait qu'il pense à prévenir Blaise que quelqu'un lui avait sans doute piqué le sien vu le message absurde qu'il venait de recevoir. Le poste radio –qui, si on voulait son avis, avait l'air de dater d'après-guerre- crachotait un morceau de Supertramp. Draco monta le son nonchalamment tout en répondant à Blaise qu'il était cinglé (juste au cas où le message serait vraiment de lui). Son regard s'égara un instant sur l'homme debout sur un escabeau bancal au milieu de sa chambre. Son pantalon trop grand lui tombait sur les hanches d'une façon que Draco ne put s'empêcher de trouver sensuelle.

Accroché à son pinceau, Harry dessinait une aurore boréal avec autant d'application que si il était Michel-Ange en train de peindre le plafond de la chapelle Sixtine. Cela faisait quelques jours qu'il était dessus, et que Draco dormait dans le salon pour échapper aux entêtantes odeurs de peinture.

-Tu pourrais venir dormir chez moi, prononça Harry comme s'il lisait dans ses pensées.

Draco eut l'air scandalisé mais Harry ne le regardait pas alors cela n'eut aucun effet.

-Ton lit est simplement minuscule.

Harry eut un rire sarcastique.

-Pas plus que ton canapé sweet heart.

Il avait pris la fâcheuse habitude de lui donner tout un tas de surnoms que Draco trouvait détestables, d'autant plus lorsqu'il les prononçait de cette façon presque ironique, comme s'il s'agissait d'une sorte de blague entre eux.

-La différence étant que je ne suis pas obligé de partager mon canapé avec toi.

Harry pouffa effrontément.

-Dis plutôt que tu meurs si tu n'as pas ton double Nespresso le matin.

-En fait c'est parce que tu ronfles.

Harry fit mine de lui jeter son pinceau dessus, scandalisé.

-Tu mens !

Draco lui offrit un sourire sarcastique.

-Va savoir. Tu n'as pas faim ?

Il désigna le plateau de mini-sandwitchs d'un geste du pouce et Harry lorgna dessus avec envie.

Cela faisait un petit moment que leur histoire durait maintenant. Un petit moment que Draco avait cessé de fuir les avances répétées de Harry et qu'il passait son temps avec lui. Évidemment, ça n'était rien de sérieux. Pas comme Théodore et Blaise qui avait l'air d'avoir envie de se passer la bague au doigt, songea amèrement Draco. Mais ça durait depuis assez longtemps pour que des fringues de Harry trainent dans ses placards, qu'il ait une brosse à dent à lui dans sa salle de bain et qu'il sache parfaitement où chaque chose était rangé dans la cuisine (mais ça, c'était surtout parce qu'il était sa nouvelle cuisinière personnelle).

Draco ne disait pas que Harry était « son petit ami » lorsqu'il parlait de lui, il disait plutôt « son ami », ce qui voulait dire tout et n'importe quoi. Mais il y'a quelques jours lorsque Astoria lui avait demandé pour la énième fois si ils pourraient se revoir il lui avait répondu qu'il était déjà avec quelqu'un donc ça ne l'intéressait pas (pourtant, habituellement, ça n'était pas forcément incompatible). Il ne savait pas vraiment ce que Harry en pensait parce qu'ils n'en avaient jamais parlé. Mais ils ne se prenaient pas la main dans la rue (Jesus soit loué) et ils partageaient l'addition au resto (et au cas où quelqu'un se poserait la question, non, il n'avait absolument aucun remord à partager l'addition avec un pauvre, merci de s'en inquiéter). Par contre Harry lui avait déjà offert deux tableaux peints juste pour lui (un à Noël et un autre sans raison particulière), et il re-décorait actuellement le plafond de sa chambre. Draco de son côté lui avait acheté quelques fringues –parce que c'était vraiment une catastrophe- et l'avait emmené une fois par surprise en week-end dans une maison en Bretagne que sa famille louait aux vacanciers, et qui était vide à ce moment là.

Lorsqu'il faisait le point sur la situation Draco se félicitait intérieurement : le mois de février approchait et il avait réussi avec brio à éviter de prononcer le mot « couple » ou encore « avenir ». Un exploit si on voulait son avis !

Harry embrassa le coin de sa mâchoire avant de saisir un sandwich.

-Alors… T'en penses quoi pour l'instant ?

Draco haussa les épaules.

-Ce sera génial.

Le sourire de Harry valait de l'or. Draco avait parfois l'impression qu'il était un enfant qui n'attendait que de se faire féliciter.

-C'est seulement le deuxième plafond que je fais, c'est hyper particulier. Les pigments prennent différemment.

Draco hocha la tête comme si il comprenait tout à fait ce que racontait Harry.

-J'ai eu des nouvelles de Luna au fait.

-Ah ouais ?

-Hm…(Harry farfouilla dans son sac à dos défoncé à la recherche de son téléphone et relu le message de Luna) Elle nous invite chez elle un soir dans la semaine, pour fêter ta réussite aux partiels, résuma-t-il avant de rejeter le téléphone dans son sac. Ça te dit ?

-Bah, ouais, ça peut être sympa. Est-ce qu'elle va inviter du monde ?

-Je pense ouais, mais pas trop. C'est quand même minuscule sa piaule.

-Hm clair. Tu crois qu'il y aura Blaise et Théodore ?

Draco fit une moue légèrement contrarié.

-C'est certain : Luna adore Blaise.

-Ils me gavent en ce moment…

Harry éclata d'un rire franc.

-Je ne vois pas ce qui te fait rire, marmonna Draco, vexé, en repoussant l'assiette de sandwich loin de lui.

-Rien. J'ai l'impression que tu dis ça tout le temps, mais tu passes ta vie à envoyer des messages à Blaise.

-C'est faux !

-A qui tu veux faire croire ça ?

-Je t'assure que c'est faux !

Harry le fixait dans les yeux l'air canaille, et, si Draco était certain qu'il préparait un mauvais coup, il ne fut cependant pas assez rapide pour réagir : Harry bondit et lui arracha son téléphone des mains avant de partir en courant.

-Alooooors, voyons ce qu'il y'a la dedans…

-Rends moi ça putain !

-« Blaise Zeubini » , s'étrangla à moitié Harry, t'es sérieux ?

-C'est tout sauf drôle rend moi ce truc !

-Dernier message, attentiiooon : il n'y a pas une heure ! « Pauvre cinglé, fais toi soigner ! » Bon on est d'accord que ça respire pas l'amour et la joie de vivre mais quand même.

-Arrête, grinça Draco mortellement sérieux, en réfléchissant à toute allure afin de savoir ce qu'il avait envoyé à Blaise récemment. Il était incapable de s'en souvenir précisément et se maudissait pour ça.

Visiblement Harry, lui, l'avait découvert, parce qu'il venait d'arrêter de rire et lisait les messages les sourcils légèrement froncés mais un demi sourire étirant sa bouche.

-Tu passes ton temps à l'insulter, décréta-t-il finalement d'une drôle de voix.

-Evidement, c'est parce qu'il m'insupporte.

Draco était secrètement soulagé.

Cela ne dura pas.

-Tu passes aussi ton temps à parler de moi.

-Non.

Harry ricana, mais ses yeux étaient dangereusement sombres.

-Tu sais, si tu veux que je reste dormir, tu n'as pas besoin des conseils de ton pote, tu peux me demander directement.

-Je ne vois pas de quoi tu veux parler.

-Mauvaise foi.

-Quelqu'un a peut-être pris mon téléphone, baragouina Draco tout en se rendant compte de l'absurdité de ce qu'il disait.

Il aurait voulu disparaitre. Mourir. Jeter Harry hors de chez lui. Lui effacer la mémoire grâce à un sortilège. N'importe quoi. Mais il ne voulait pas affronter cette discussion qui le mettait si peu à son avantage. Il ne voulait surtout pas que Harry sache que, lorsqu'il pensait à eux, ses jambes devenaient si molles qu'il avait l'impression d'être un pauvre collégien. Draco fixait obstinément ses pieds comme si c'était la chose la plus passionnante et le silence de Harry le stressait tellement qu'il avait envie de vomir. Il aurait préféré qu'il se moque de lui.

Soudain, la bouche de Harry fut contre la sienne. Ses mains dans ses cheveux. Sa peau tout contre lui. Et son odeur, mêlée à celle de la peinture, partout.

Draco se sentait tellement faible, et à la fois tellement pathétiquement bien bordel, qu'il avait envie de pleurer. Son estomac se contracta violement pour aucune raison et il frissonna si fort que Harry dut le sentir, et le serra contre lui un peu plus.

-Putain.

Draco ferma les yeux, laissant Harry l'enlacer tendrement et lui mordiller l'oreille. Il soupira, se laissant aller contre son épaule. Lorsqu'il releva la tête, Harry souriait encore de cette drôle de façon d'enfant joyeux. Draco leva les yeux au ciel et débarrassa l'assiette qui trainait sur le sol.


Draco passa une main nerveuse dans ses cheveux coiffé-décoiffés avec art (il avait piqué l'idée de cette coupe dans un magazine de mode homo qui trainait sur la table basse de chez Harry il y'a quelques jours, et il mourrait de honte à la simple idée que quelqu'un puisse s'en rendre compte). A ses côtés, Harry tambourinait à la porte –lui était d'ailleurs plutôt dans un style naturellement décoiffé, ce qui fit soupirer Draco. Il avait seulement à moitié envie d'être là, surtout parce qu'en ce moment, il n'avait envie de rien faire à part être avec Harry, mais ça, plutôt crever que de l'avouer. Lorsque la porte s'ouvrit sur une Luna rayonnante Draco se força à sourire. Elle les serra tous les deux dans ses bras.

-Allez, entrez, il ne manquait plus que vous !

Draco manqua de s'étouffer en entrant dans la pièce.

-PANSY ?

-Eh, moi aussi ça me fait plaisir de te voir, comment vas-tu ?

-Je vais bien. Pourquoi t'es là ?

-Moi aussi ça va, merci. Salut Harry, enchantée.

-Ne m'ignore pas vipère, pourquoi t'es là ?

Draco avait un don du ciel pour rendre l'ambiance des pièces dans lesquelles il entrait absolument bizarre.

-J'ai visiblement été invitée.

Harry, plus qu'habitué à ce type de changements d'humeurs, décida de les ignorer et attrapa Luna par les épaules. Dans le petit salon, assis sur des coussins, Théodore, Blaise, Ron et Hermione le saluèrent.

-En réalité, moi aussi ça m'a surpris qu'elle soit là, déclara Blaise en désignant Pansy du pouce.

-On s'est rencontrées devant chez toi un jour, expliqua Luna. On s'est simplement croisées et on a fini par discuter. Je l'aime bien. Je me suis dis que l'inviter serait une bonne idée.

Luna haussa les épaules.

-Et tu as eu parfaitement raison, renchérit Hermione, tu peux quand même inviter qui tu veux chez toi. Ce n'est pas de ta faute si Draco est timbré.

-Eh (Harry se sentait obligé de le défendre, mais il avait du mal à trouver des arguments convaincants, il en resta donc à l'onomatopée, ça au moins, c'était universel).

Théodore ricana.

-De toute façon, la première fois que Blaise nous a invité tous les deux en même temps, il a aussi eu une réaction excessive du même type. T'inquiète Luna, il est juste dingue.

-Mais arrêtez ! Il est parfaitement sain d'esprit…

Draco, lassé de se chamailler avec Pansy, se laissa tomber sur un coussin à côté de Harry.

-Tu parles de qui ? Parce que tu n'as pas l'air super sûr de toi, sans vouloir t'offenser.

-Je ne parle de personne.

-Il parlait de toi, en fait, précisa Blaise avec un air parfaitement détaché qui fit beaucoup rire Ron.

-Eh ! C'est ma fête, vous n'avez pas le droit d'être méchants avec moi.

Pansy fit semblant de s'étouffer d'indignation pendant que Blaise aboyait d'un rire moqueur.

-Excuse-nous, minauda Ron, on a oublié l'espace d'un instant que tu ne venais pas aux soirées si elles n'étaient pas organisées en ton honneur.

-Ce mec est une putain de princesse, renchérit Théo, blasé.

Draco leva les yeux au ciel. En fait, il savait que c'était vrai, et, étrangement, il arrivait presque à trouver les remarques de ses amis drôles. « Presque », parce qu'en réalité, il se vengerait, mais pas ce soir. Ce soir il avait juste envie de passer un bon moment et, pour une fois, de ne pas faire la gueule toute la soirée. Il avait juste envie de profiter de l'instant. En réalité, réalisa-t-il, il se sentait bien.

Draco soupira et envoya un coup dans l'épaule de Blaise (juste parce qu'il était à portée de sa main) plus pour la forme qu'autre chose.

Tout irait bien désormais, songea-t-il, presque inconsciemment, en laissant le vacarme que faisaient ses amis le porter.


Draco ancra ses yeux dans l'aurore boréal qui dévorait son plafond. Il se perdit dans la contemplation des nuances colorées et des éclats lumineux. Allongé sur le dos dans son grand lit, il se sentit soudainement seul et perdu sous cette voute céleste fictive. Il imagina Harry debout sur son escabeau en train de peindre, et son cœur s'emballa tout seul. Draco grogna et se tourna dans le lit, fixant obstinément la fenêtre où miroitait la lueur orangé d'un réverbère, pour forcer son cœur à reprendre un rythme normal. Il aurait apprécié que Harry soit avec lui en ce moment, pourtant il ne se sentait pas particulièrement excité. Draco se concentra sur ce qu'il ressentait. Il était fatigué et avait envie de dormir. Mais toutes ses pensées focalisées sur un seul être –Potter encore et toujours- l'empêchaient de se laisser aller. Il aurait aimé qu'il soit là simplement pour s'endormir en l'entendant parler à propos de rien. Il se sentait particulièrement bien quand Harry faisait semblant de le prendre pour un gamin et de lui raconter une histoire qu'il inventait de toutes pièces. Même s'il grognait toujours qu'il n'était pas « un foutu morveux » en réalité Draco adorait ça. La voix rauque et basse de Harry dans le noir lui envoyait des fourmillement à l'arrière du crâne et des picotements dans la cage thoracique. Draco ferma les yeux et sourit paresseusement à cette évocation.

Mon Dieu, je l'aime, réalisa Draco avec horreur, de cette façon si brusque qu'ont les évidences d'apparaitre soudainement, au moment où l'on si attend le moins.


OMG ne convoquez pas le conseil pour demander à ce que je sois brûlée sur le bûcher, dites vous que le gnagnagna c'est bien aussi, et on est en période de Noël.

Le Sam-Noël.