Update : 13/01/2014 ~ En vous souhaitant une bonne et heureuse année, toussa toussa.


Notounette : Cela fait 2 ans que cette histoire existe. Vous êtes déjà 70 à l'avoir placée en alert, et c'est un énorme honneur. Presque 100 reviews toutes plus merveilleuses les unes que les autres. Vous me gâtez. Vous êtes des anges. Je vais faire tout mon possible pour continuer à écrire régulièrement. Merci encore. Je vous aime de tout mon petit cœur atrophié d'auteur de fanfiction.

Cette histoire est toujours pour mon bébé DWould, ma Fabibou, mon bichon, j'espère que ce chapitre te plaira, et te permettra de faire une petite pause dans cette période intense pour toi (j'ai hésité à tuer tous les personnages pour me venger de l'arrêt cardiaque que j'ai eu en lisant le dernier chapitre de NYX, mais bon, bref, n'en parlons plus)!

Disclamer : Merci à JKR d'avoir créé ces personnages et tout l'univers d'HP. Ils n'appartiennent qu'à elle, et n'appartiendront qu'à elle pour toujours.

Bonne lecture les petits chats~


(1) Mrs. Robinson – Simon & Garfunkel. Tous droits réservés. Etc.


Chapitre 2 : Recracher l'eau

« Rien à foutre. Tu sais quoi ?
On va quand même faire comme ça :
On va cracher nos souhaits,
On va donner de la voix. »

Louise attaque – Cracher nos souhaits

.

Harry soupira bruyamment, complétement lassé par l'ordre du jour qui, selon lui, ne méritait vraiment pas tout ce tapage. Cela faisait des heures que la discussion durait. Des heures d'hypothèses et de suppositions. De fausses paranoïas et d'extrapolations absurdes. Des heures qu'il guettait le ciel blanc par la fenêtre en espérant secrètement qu'il se passe quelque chose qui fasse cesser cette situation. Il tira paresseusement sur un fil qui dépassait de son pull. Lorsque Draco était au téléphone avec Blaise, ils devenaient les pires commères à la surface de la planète. Et, ce jour-ci, leur grand sujet de débat était cette nouvelle amitié entre Pansy et Luna. Harry avait beau y réfléchir, il ne voyait vraiment pas l'intérêt de parler de ça pendant si longtemps. Il soupira à nouveau bruyamment pour essayer de rappeler à Draco sa présence, ce qui ne fonctionna pas très bien. Blasé, il s'allongea de tout son long sur le canapé en attendant que Draco raccroche.

Après 82 soupirs, 25 regards suppliants balayés d'un geste de la main, 47 changements de position sur le canapé et 18 parties de solitaire perdues, ce moment tant attendu arriva enfin.

-Pas trop tôt, ronchonna vaguement Harry. Je croyais que tu détestais ce type ?

Draco lui fit un sourire narquois.

-Jaloux Potter ?

-Non. Pas mon genre. Mais je suis venu chez toi pour te voir, pas pour t'écouter parler de choses inutiles au téléphone avec Blaise…

-Sache que je ne parle jamais de choses inutiles.

-Qu'est-ce que ça peut bien vous foutre que Luna soit pote avec Pansy ?

-Potter Potter Potter… Tu ne la connais pas. Tu n'as aucune idée d'à quel point cette nana est une sale petite vipère perfide. Elle ne fait jamais les choses sans raison.

Harry eut l'air soudainement alarmé.

-A ce point ?

-Hmhm. Quand on était au lycée elle tenait un blog à la gossip girl. Elle aurait fait n'importe quoi pour avoir le dernier scoop du bahut avant tout le monde.

-Ce qui n'est absolument pas ton genre, bien évidement.

-Tu apprendras que je me fous grandement de la vie des autres. Je m'intéresse uniquement à moi-même.

-Et c'est pour ça que tu viens de passer un million d'années au téléphone à parler précisément de la vie des autres.

-Oh je t'en prie.

Harry fit semblant de bouder un instant avant de demander :

-Sérieusement tu crois que Pansy n'est pas quelqu'un de bien pour Luna ?

-Eh, calmos papa poule. Je n'ai jamais dis ça.

-Mais tu as dis que c'est une vipère…

-Certes. Elle fait rarement les choses sans raison. Mais elle ne ferait de mal à personne. Par exemple au lycée elle faisait exprès de participer aux mêmes ventes privées que ma mère exprès pour se rapprocher d'elle.

Harry grimaça.

-C'est un comportement normal ça ?

-Absolument pas, soupira Draco. C'était devenu infernal. Ma mère l'invitait à la maison sans prévenir. Sérieusement, je les trouvais dans mon salon de bon matin à boire le thé. C'était flippant.

Harry ricana en imaginant la scène en Draco l'embrassa du bout des lèvres, mettant ainsi fin à son rire.

-J'aimerai bien voir chez toi tu sais.

-Tu es actuellement assis sur mon canapé Potter, que te faut-il de plus ?

Harry soupira.

-Je voulais dire, là où tu as grandis. Tu as des tas de souvenir là-bas, et tu en parles de temps en temps, alors, j'aimerai bien visualiser à quoi ça peut ressembler.

-Je n'y suis pas allé depuis des mois…

-Ah oui ? Pourquoi ?

-Je ne sais pas trop en vrai. J'évite juste.

-Tu ne t'entends pas avec tes parents ?

Draco haussa les épaules.

-Ce n'est pas ça. Je les aime parce que ce sont mes parents mais toutes nos discussions finissent toujours en disputes.

Harry éclata d'un rire franc.

-Ah oui ? Etonnant ça dis moi !

-Qu'est-ce que tu sous entends ?..

-Rien rien, honey. (Harry se leva et saisit son manteau sur le dossier d'une chaise) Alors, on y va ?


Ca lui avait pris quelques minutes supplémentaires pour réellement le convaincre, mais Harry savait se montrer persuasif.

Une fois arrivé devant la grande maison il écarquilla les yeux de surprise :

-C'est chez toi, ça ?

-Chez mes parents, corrigea Draco mollement. Bienvenue au fameux manoir Malfoy.

Harry conserva le silence pendant un moment, observant avec fascination la bâtisse, si éloignée de tout ce qu'il connaissait. Tout avait l'air démesurément grand. Et précieux, songea Harry avec une pointe d'amertume. Le lieu marquait, si cela était encore nécessaire, les différences entre Draco et lui. Deux mondes si éloignés dont personne n'aurait pu prévoir qu'ils finissent par ne faire qu'un.

Draco l'invita à entrer, et Harry obtempéra, toujours silencieux, comme si il entrait dans un lieu de sacre. Draco lui jeta un coup d'œil en coin.

-Ca va ? demanda-t-il soudainement inquiet du manque de réaction de Harry.

-… Ouais ouais… C'est…

-C'est quoi ? Tu trouves ça pompeux ?

-Non non. Enfin, si, ça l'est sans doute… Je veux dire… C'est immense. Mais… Ce que je veux dire c'est…

-Respire Potter. Tu deviens bleu.

Harry leva les yeux au ciel et se força à formuler mentalement sa phrase avant de recommencer à parler. Dans ce genre de situation, il s'embrouillait toujours avec ses mots, toutes les idées se chevauchant et voulant sortir de sa bouche en même temps. Il se demanda vaguement pourquoi il avait tant insisté pour venir. Maintenant qu'il se tenait là, dans le hall du manoir où Draco avait grandi, cette situation lui semblait à la fois absurde et irréelle. Evidement il savait que Draco n'avait pas eu le même train de vie que lui. Il savait qu'il était infiniment plus riche que lui. Cependant, jusqu'à présent, il n'avait jamais réellement conceptualisé cela. Il n'avait pas vraiment pris conscience de ce que cela pouvait vouloir dire, et il était bien loin d'imaginer un endroit aussi luxueux. Harry prit une grande inspiration, en regardant attentivement autour de lui.

-C'est vraiment beau, souffla-t-il finalement lorsqu'il fut sûr de ne plus s'emmêler les pinceaux avec ses propres pensées. C'est juste complétement inhabituel. Pour moi je veux dire.

Draco ricana.

-Et ça te surprend ? demanda-t-il nonchalamment en commençant à lui faire faire le tour des pièces.

Harry haussa les épaules.

-Après réflexion, pas vraiment en fait. Je n'ai simplement pas pu m'empêcher de comparer avec l'endroit où moi j'ai grandis…

-Et tu as grandis où ?

-Chez mon oncle et ma tante. Dans une petite maison, dans un quartier résidentiel. Rien de…

Harry désigna d'un geste du bras la pièce autour d'eux.

-Ca n'est pas forcément un mal tu sais.

-Comment ça ?

-Vivre dans une petite maison. Ca n'est pas forcément moins bien. Ca a surement ses avantages.

Harry le regardait d'un air sceptique alors Draco se sentit obligé de rajouter :

-Enfin, j'aime le luxe. Je ne dis pas le contraire. Mais je ne pense pas que ce soit comparable. C'était sans doute bien aussi, chez toi.

-C'était horrible, répondit Harry en haussant les épaules comme si cela n'avait aucune importance. Mais maintenant je suis bien.

-Tu veux dire, maintenant que tu t'incrustes chez moi ?

Harry rit franchement.

-Eh ! Je ne le fais pas si souvent que ça ! Tu dis ça comme si j'étais un gros squatteur.

Draco eut un petit sourire paresseux.

-Tiens regarde ça.

Il désigna du doigt l'un des murs de la pièce où ils se trouvaient, recouvert d'une vieille tapisserie.

-C'est quoi ?

-L'arbre généalogique de ma famille. Tissé à la main. Mis à jour à chaque naissance depuis des générations. Il vaut une fortune.

-Tu es dessus ?

Draco chercha des yeux une demi-seconde l'endroit exact de l'arbre où l'on avait tissé son nom.

-Ouais, là. Ici, mes parents Lucius et Narcissa. La famille de ma mère, c'est cette branche, là. Les Black.

-Elle a des sœurs, lu Harry.

-Deux. Tante Bella, et Tante Andromeda. Mais Andromeda ne s'entend plus très très bien avec notre famille. Des vieilles histoires.

-T'as une grande famille, murmura solennellement Harry.

Draco frissonna au son de sa voix.

-Ca va… répondit-il sur le même ton révérencieux. On ne s'en rend vraiment compte qu'aux repas de famille pendant les fêtes, tout ça… Enfin. C'est surement la même chose pour toi.

Harry haussa les épaules.

-Et lui qui est-ce ? demanda-t-il en désignant un nom sur l'arbre, plus pour changer de sujet que par réel intérêt.

-Rabastan Lestrange. Le frère d'oncle Rodlphus, qui est le mari de tante Bella, la sœur de ma mère. Il n'a pas de famille a part mon oncle alors il est toujours un peu dans ses pattes.

-Pourquoi est-ce qu'il est resté seul ?

Draco haussa un sourcil et ses lèvres s'étirèrent comme s'il allait rire mais il n'en fit rien. A la place il parla d'un ton extrêmement dédaigneux :

-Ca me semble évident que c'est parce que personne n'a voulu de lui.

Harry poussa un petit cri offusqué.

-Comment tu peux dire ça ?

-Tout simplement parce que je le connais, Harry Potter. Ce mec est barge et c'est tout.

-Et toi alors ?

Draco haussa les épaules, se perdant dans la contemplation de l'arbre généalogique de sa famille.

-Moi je suis tombé sur quelqu'un de plus barge que moi, déclara-t-il finalement sur le ton de l'évidence.

Harry lui sourit tendrement.

-Mais j'ai longtemps cru que je finirai mes jours seul.

Harry ne put s'empêcher de rire et Draco afficha une moue vexée.

-C'est drôle ?

-Bah, c'est simplement la façon dont tu dis ça, en mode drama-queen.

-Eh ! Je t'emmerde.

Cette réplique eut le don de faire encore plus rire Harry. Draco se demanda comment il pouvait tout trouver si drôle. Comme si rien sur Terre n'avait vraiment d'importance, comme si rien n'était si grave. Etre avec Harry, c'était comme un immense bol d'air frais après avoir trop longtemps respiré d'un air affreusement pollué.

-Me regarde pas comme ça, balbutia Harry entre deux hoquets de rire.

-Comment ?

-Je pourrais presque croire que tu es amoureux sinon.

L'atmosphère redevint soudainement mortellement sérieuse.

-Et pourquoi est-ce que je ne le serai pas ?

Harry haussa les épaules. Draco pouvait voir dans ses yeux qu'il s'en voulait de l'avoir lancé sur ce terrain dangereux.

-Parce que tu ne l'es pas, prononça Harry du bout des lèvres.

Draco ne répondit rien, mais quelque chose de sourd grondait au fond de sa gorge. Une envie de hurler. Alors, pour la faire taire, et parce qu'il n'avait pas le courage d'avoir une discussion à propose de cela aujourd'hui, il prit Harry par la main, détourna le regard, et l'entraina dans le manoir pour continuer la visite. Une autre fois, ils se parleraient. Une autre fois il assumerait. Mais pas aujourd'hui. C'était trop tôt. Pas le moment. Pas le lieu.

Une autre fois, promis, songea Draco en se mordant la lèvre.


-Et ici, c'est ma chambre. Enfin… C'était.

Draco observa avec attention Harry qui étudiait tous les éléments constitutifs de son ancienne chambre, sans doute en espérant qu'ils lui apprendraient des choses sur son passé.

Et c'est le cas putain, songea-t-il en suivant le regard de Harry qui s'était posé sur une photo de Blaise et lui plus jeunes.

-Avoue, c'est juste pour ça que tu voulais venir, prononça-t-il d'une voix froide avant même d'avoir pu penser à ce qu'il disait.

Harry sursauta.

-Pour « ça » quoi ?

Pour toute réponse, Draco désigna la chambre d'un geste de la main.

-Pour voir ta chambre ? Entre autre, oui.

-Surtout pour voir tout ce que le gamin que j'étais à bien pu y laisser nan ? Tu crois que tu me comprendras mieux avec ça ?

Harry eut un sourire très doux.

-Tu penses que je ne te comprends pas du tout n'est-ce pas ?

Draco haussa les épaules et détourna le regard.

-Je ne suis pas stupide au point de croire que la personne qui a vécu ici et la personne que je connais sont strictement les mêmes Draco. Je me doute que tu as du… cha nger.

Draco haussa les épaules une seconde fois.

-Pas tant que ça en fait, murmura-t-il.

-Si j'ai voulu venir ici c'est juste parce que ça me fait plaisir de découvrir de nouvelles choses sur toi. Pas pour… collecter des informations bizarres à ton sujet. Ça c'est un truc que tu ferais toi, rigola Harry. J'aime juste bien que tu me fasses découvrir là où tu as vécu.

Tout en parlant Harry s'était approché de lui, de façon, à se retrouver tout contre son corps.

-OK, souffla Draco, en le regardant dans les yeux cette fois. Message reçu Potter.

Harry approcha ses lèvres des siennes et murmura, avant de l'embrasser doucement :

« Tu sais, tu comptes beaucoup pour moi. »

Et Draco ne répondit rien parce que, une fois de plus, il avait l'impression d'avoir quelque chose de coincé dans la gorge (peut-être qu'il couvait une angine ? Il faudrait qu'il pense à aller voir le médecin). A la place il l'embrassa encore, et encore. Jusqu'à ce qu'il n'ait plus de souffle. Jusqu'à ce qu'Harry le pousse délicatement sur le lit. Jusqu'à ce qu'ils fassent lentement l'amour, sans un mot, comme si c'était la chose la plus naturelle qui soit.

Et peut-être qu'effectivement, ça l'était.


Faire ça avec un garçon dans sa chambre d'adolescent, chez ses parents : malgré tous les trucs qu'il ait pu faire pour les rendre fous de rage, il n'y aurait jamais pensé. Draco cacha son sourire dans le cou de Harry, mais il ne pu retenir un ricanement.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Chuchota son amant, le souffle encore court.

-Rien, t'inquiète.

-Si : tu rigoles. Qu'est-ce qu'il y'a ?

Draco soupira et s'écarta un peu de Harry pour s'allonger sur le dos, son regard fixant le plafond.

-Je pensais à la gueule que feraient mes parents si ils savaient… ce que je fais avec un mec.

Harry pouffa.

-Tu crois qu'ils seraient complétement contre ?

-Je ne crois pas, Potter, je suis sûr qu'ils seraient complétement scandalisés et qu'ils me déshériteraient.

-Je ne pense pas… (Draco lui jeta un regard en coin qui disait très exactement « tu ne sais pas de quoi tu parles » mais Harry ne le regardait pas, donc ça n'eut aucun effet) Je veux dire… Ce sont tes parents. Les parents veulent toujours le meilleur pour leur enfant. Et même si ça va contre leur idée de ce qui est bien ou mal, si tu leur dis que c'est ce que toi tu veux, ils l'accepteront. Même si ça doit prendre un peu de temps. C'est comme ça les parents…. Eeeh arrête !

Harry venait enfin de tourner les yeux vers Draco et de remarquer l'air consterné avec lequel il le regardait. Il lui donna un petit coup sur l'épaule pour étayer ses propos.

-Arrêter quoi ?

-Ce truc que tu fais là. Tu me juges avec ton sourcil !

Draco ricana sournoisement.

-Mais non. Je ne te juge pas. C'est très… mignon comme vision des choses. Mais alors, totalement, complétement, en dehors de la réalité.

-Est-ce que tu savais que le mot « mignon » sonne comme une insulte dans ta bouche ?


Blaise éclata de rire d'une façon si soudaine et si bruyante que Théodore sursauta violement, puis se leva pour aller s'assoir un peu plus loin, l'air outré.

-Nan mais t'es malade ? Ca va pas de… de rire comme ça sans prévenir ?

-Excuse… La prochaine fois je tweeterai avant, répondit Blaise en continuant de rire compulsivement.

-Pourquoi est-ce que tu sors avec ce mec Théodore ? demanda Draco avec la même grimace de dégout que quelqu'un qui viendrait de croquer dans un fruit pourri.

Ils étaient tous les trois avachis dans le lit de Blaise, occupés à fumer des cigarettes en écoutant un vieux disque de Simon & Garfunkel qui susurrait mélancoliquement dans la pièce. "We'd like to know a little bit about you for our files We'd like to help you learn to help yourself Look around you all you see are sympathetic eyes Stroll around the grounds until you feel at home"(1). C'était un de ces moments que Blaise et Draco avaient beaucoup partagé par le passé, mais qui se faisaient de plus en plus rares maintenant qu'ils grandissaient, chacun dans leur direction.

-Heu. Honnêtement (Théodore fit mine de réfléchir, mais de façon tellement exagérée que ça n'était définitivement pas crédible) c'est, entre autre, parce que c'est un Dieu du sexe. Tu vois il est genre/

-Je ne veux pas savoir en fait.

Blaise arrêta brusquement de rire pour regarder Théodore avec amour.

-Oooh tu trouves vraiment que je suis un Dieu Théo' ?

-Du sexe oui. C'est ce que je pense. Je ne te l'avais jamais dis ? J'ai jamais couché avec quelqu'un d'aussi génial que toi.

-Je suis toujours là et je ne veux toujours pas savoir. Merde on parlait de moi là. On parlait de ma vie. Pourquoi faut-il que ça dérape de façon aussi salement pathétique sur vos histoires de cul ? Certaines personnes dans cette pièce voudraient conserver leur intégrité mentale !

Théodore et Blaise lui jetèrent un même regard empli de pitié.

-Conserver quoi ? questionna Théodore sournoisement. Tu ne parles quand même pas de toi j'espère…

Draco le fusilla du regard.

-Bien, si vous avez fini, peut-être que je pourrais reprendre mon explication ? (Comme ni l'un ni l'autre de ses supposés amis ne répondit, Draco prit ça pour un encouragement à poursuivre, puisqu'après tout « qui ne dit mot consent ») DONC, j'ai emmené Harry chez mes parents, putainBlaisesiturigolesencorejetejurequejetecasselesdents, parce qu'il voulait voir la baraque. Enfin c'est un de ses trucs à lui ça. Il dit tout le temps qu'il a besoin de « visualiser », Blaise s'il te plait ça devient vraiment lourd de t'avoir en train de ricaner dans mon champ de vision… Je peux savoir ce qu'il y a de drôle ?

Blaise essuya une larme imaginaire au coin de son œil avant de répondre :

-C'est rien, je… j'imagine la fin de l'histoire et je rigole d'avance en fait. Désolé. Tu peux reprendre.

-DONC. Nous étions chez mes parents, ils n'étaient pas là, je lui ai fait visiter tout ça.

-Abrège, marmonna Théo et se roulant une cigarette. Viens en au fait putain, on s'en fout que tu lui aies fait visiter ta baraque. A part, Blaise qui trouve ça drôle pour une raison connue de lui seul.

-Ouais. Bon donc on était dans ma chambre, tranquille, quand j'ai entendu la porte d'entrée s'ouvrir.

Cette fois ci le rire de Blaise fut encore plus violent que la première fois.

-Putain je le savais !.. J'en étais sûr ! Attends, attends. Vous faisiez quoi dans ta chambre, je veux les détails mec. Bordel c'est génial.

Draco pinça les lèvres.

-Nous étions allongés sur mon lit, dans ma chambre.

Théodore haussa un sourcil sceptique.

-Tu veux dire que vous veniez de faire crac-boum en fait ?

-Ca ne vous regarde pas.

-Donc ça veut dire oui.

-Théodore tu es l'être le plus exécrable de la planète.

-Tu viens réellement d'employer le mot « exécrable » ? Je croyais que c'était réserver à mon père ce genre de phrase.

-Je t'emmerde.

Blaise, qui aimait bien voir Draco et Théodore se chamailler, mais qui aimait encore plus entendre une histoire au cours de laquelle Draco se retrouvait dans une situation humiliante, compromettante, ou les deux à la fois, décida de couper leur conversation :

-Et donc, est-ce qu'on peut savoir ce qu'il s'est passé après ?

Draco soupira, en proie au cruel dilemme qui résumait son existence : raconter la suite de son histoire afin de parler de lui et pouvoir se plaindre tout son saoul, ou bien se taire pour le simple plaisir de faire payer à Blaise sa façon si peu courtoise d'oser se moquer de lui ? Il opta finalement pour la première solution, non sans se promettre à lui-même de se venger plus tard, d'une façon ou d'une autre.

-Bon. C'était mes parents.

-Naaan ? Surprenant ! se moqua Blaise avant de se mordre la lèvre pour s'empêcher de rire, encourageant Draco à continuer d'un regard.

-Bref. Du coup je suis descendu avec Harry. Ma mère était genre folle de joie à l'idée que je sois venu avec « un ami » comme si j'étais un pauvre bizu' de primaire qui a jamais eu de copains, mais elle a tellement jeté un regard de pur mépris à Harry quand elle a vu ses fringues… (Blaise fit un son étranglé qui ressemblait fort au bruit de quelqu'un essayant de s'empêcher de rire, mais il masqua ça avec une quinte de toux) Du coup je savais pas si j'avais honte parce que ma mère se comportait comme ça avec moi devant Harry ou si j'avais honte parce que Harry était comme ça devant mes parents. C'était la première fois qu'ils se voyaient…

-Et, c'est très important pour toi ? demanda Théodore, en voyant l'air affreusement dépité de Draco.

Ce dernier se contenta de hausser les épaules.

-Parce que tu sais, continua Théodore, moi, mon père déteste le fait que je sois homo', et il détestait déjà Blaise au lycée alors qu'on se parlait jamais et qu'il ne le connaissait même pas. Genre… Juste sa gueule ne lui revenait pas. Mais je m'en balance. Sérieusement on vit pour nous. Si on doit commencer à faire les choses pour faire plaisir à nos vieux…

-Déjà on se droguerait pas, renchérit Blaise.

-On boirait pas, sauf du vin supra cher du coup ça nous couterait une blinde pour se bourrer la gueule, ajouta Théodore.

-Et tu aurais épousé Pansy ! déclara solennellement Blaise pour compléter le tableau.

Draco pouffa.

-Ouais vous avez raison, mais bon…

-Mais bon quoi ?

-Quand on est parti, Harry et moi, mon père m'a retenu par le bras et m'a dit « nous allons avoir une discussion toi et moi Draco »…

Un lourd silence plana sur la pièce.

-Ha merde, déclarèrent Blaise et Théodore d'une même voix en regardant Draco avec une infinie compassion.

-Désolé, ajouta Blaise, mortellement sérieux.

-Ouais, courage vieux, ajouta Théodore. On sait tous comment est le vieux Lucius quand il est contrarié…


OhOhOh. Merci d'avoir lu ce truc, vous êtes pleins de courage. Vous êtes (presque) la communauté de l'anneau.

Sam, votre vilain hobbit jouflu personnel.