Et voici comme promis le quatrième chapitre pour la fin de semaine même si je n'ai pas encore terminé le chapitre 7 (chose qui devrait être faite d'ici dimanche.)

Et merci beaucoup pour les reviews :).


Son plan était fin prêt. Il avait pris conscience que tout allait se jouer sur la surprise, sur les incertitudes de son antagoniste. Si la seule façon pour repartir la tête haute était de perdre ce jeu qui l'opposait à cet être diablement délicieux, alors il avouerait sa défaite et se plierait à ce qu'il lui devrait. Échec était synonyme d'amertume, mais déjà pouvait-il sentir la texture exquise de sa sentence compensant cette sensation déplaisante.

Agir. Il n'était question que d'agissements.

Il venait de quitter son bureau et marchait indubitablement d'un pas assuré vers celui de la doyenne. Il entra sans prévenir dans son domaine, lui soustrayant un "Je vous rappelle" à l'attention de l'interlocuteur qu'elle venait d'avoir au téléphone.

Elle le regardait avec insistance.

Silence.

Il s'avança, souriant comme un enfant et se retrouva précipitamment en face de celle qui venait de se lever.

« House, qu'est-ce que ... »

Il la fit taire, en plaquant sauvagement ses lèvres contre les siennes. Il était aussi las de devoir laisser sa bouche s'exprimer sans ses véritables vertus; la sentant comme prisonnière, il se devait de la libérer.

Elle tressaillit. Il jubila. Elle avait mis le pied sur la ligne d'arrivée, mais la dernière avancé de son employé réduisit son triomphe à une simple et légère satisfaction.

Rupture sans prévoyance.

« Je crois qu'il est temps pour moi de payer ma dette. murmura t-il.
_ Non House. » tenta t-elle de le contraindre.

Un bouton saute.

« Pas ici ... »

Une fermeture éclaire s'abaisse.

« ... Pas maintenant. » essaya t-elle de se convaincre.

Une jupe s'affaisse, pour finalement décamper.

« House ... » supplia t-elle.

Une main se faisait déjà trop aventureuse.

« Oups, trop tard. » constata t-il, sans regret.

Il faisait tous ses gestes dans un élan de délicatesse, des caresses qui allaient au delà de ses espérances, pour atteindre l'objet de toutes ses attentes. Il recherchait ardemment à la soumettre à son emprise, se jouant de son bas ventre, s'amusant du petit organe qui la délectait, sans pour autant s'engouffrer dans ses entrailles.

Le temps était venu.

Un doigt, elle tressauta. Deux doigts, elle se cambra. Il les retira, elle l'interrogea du regard.

« Laissez vous faire. » la rassura t-elle.

Il la força à se rasseoir, la victoire désormais à sa portée. Il s'agenouilla et n'hésita pas à se jouer de ses lèvres tandis que sa langue, elle aussi entreprenante, venait s'immiscer dans son intimité, s'invitant dans ce repère humidifié par un appétit désireux de se retrouver assouvi.

Des coups contre la porte retentirent. House disparut sous le bureau, Cuddy se mordit le coin de sa lèvre inférieure. Le diagnosticien ne voulait pas cesser de la fourvoyer, redoublant ses coups de langue et soignant chacune de ses entrées, aussi inconfortable que sa position pouvait être.

Wilson entra, contre son cri de désespoir.

« Arrêtez ! se plaint-elle.
_ Pardon ?
_ Hum. gémit-elle. Je vous disais de vous arrêter. »

Il n'osait plus bouger et elle, luttait inéluctablement pour ne pas se laisser dépasser, son employé n'étant visiblement pas décidé à calmer ses avances.

« Ca va ? s'inquiéta t-il.
_ Parfaitement. Que voulez vous ? demanda t-elle en tentant de rester impassible.
_ Vous n'auriez pas vu House ?
_ Non, pas vu. s'affola t-elle.
_ Vous êtes sûre que ça va ? quémanda t-il.
_ Sûre et certaine. assura t-elle en portant le téléphone à son oreille. Maintenant si vous pouviez me laisser, j'ai un appel à passer de toute urgence. »

Alors qu'il sortait sans demander son reste, il se retourna rapidement alors qu'elle venait de claquer assez violemment la paume de sa main contre son bureau.

« Mal de crâne assez prenant. s'empressa t-elle de lui signifier. Ca va passer. »

Il disparut* enfin tandis que House assénait magistralement un dernier coup de langue.

Jouissance.

« Mon Dieu, House ! » se lamenta t-elle en retenant sa voix du mieux qu'elle put.

Satisfait de son acte, il se redressa ne cherchant pas un seul instant à dissimuler son contentement et vint se placer en face d'elle, ses poings fermement calés sur sa table de travail.

« Vous avez raison, mon ouvrage était divin.
_ Ostentation ? le questionna t-elle, dans un souffle court en se rhabillant.
_ Connais pas. siffla t-il. Et vous non plus ! Soyez bonne perdante.
_ D'accord, je ne connais pas. avoua t-elle. Mais je n'ai pas perdu !
_ Dans ce cas, je demande une revanche. s'offusqua t-il
_ Accordée. » le provoqua t-elle.

Un haussement d'épaules accompagné d'un "Cool" assez bref marquèrent la fin de ce conciliabule.

«_ Et c'est tout ? » s'empressa t-elle de demander.

Dès lors, elle le dévisagea sans se retenir, comme un interrogatoire mené en silence par un simple regard, comme pour essayer d'interpréter son mutisme devenu beaucoup trop oppressant.

Soupir peu loquace.

« Patience. » s'amusa t-il.

Il avait repris les rênes et écourté cet échange pour clairement s'en assurer, chose qui maintenant faite, lui garantissait une sortie des plus réussie. Et même s'il avait été défaitiste, perdre la victoire n'avait jamais été parmi ses choix et il s'arrangerait pour que la suivante ne lui file plus entre les doigts.

A peine avait il finis de refermer la porte qu'il apercevait déjà son entremetteur préféré le fixer avec cet air qui annonçait un long moment de justification. Il tenta de le fuir, mais trop tard.

« Je rêve ou tu viens de sortir du bureau de Cuddy ?
_ Heum, tu rêves. se fouta t-il de lui.
_ Ahah, très spirituel. Tu étais où exactement ? poursuivit-il.
_ Dans ses toilettes.
_ Quoi ? s'étonna t-il.
_ Et bien, j'avais besoin de me soulager - si tu vois ce que je veux dire. lui dit-il en lui attribuant un léger clin d'œil.- mais je ne trouvais pas l'endroit approprié pour me libérer. J'ai alors pensé ...
_ Arrête de te foutre de moi. le coupa t-il.
_ Bah si tu veux on peut aller voir, y'a peut-être encore des traces ...
_ STOP, t'es répugnant. Laisse tomber, oublie ce que je viens de dire. trancha t-il finalement.
_ Sage décision.
_ Ne crois pas pour autant que je vais te laisser t'en tirer. le prévint t-il.
_ J'en parlerai à mon pénis, il sera surement très intéressé. »

ll partit en émettant une légère plainte; l'échange avait finalement était de courte durée.

« A plus Wilson ! » cria House.

Il trouvait cette journée agrémentée de ces délectations peu ordinaires plus que plaisante. A se l'imaginer un peu plus pimentée, davantage exagérée, un sourire vint bêtement éclairer son visage. Croisant cette face pour une de ces trop rares fois égayée, n'importe quel individu qui serait alors passé à sa proximité l'aurait cru jouissant de bonheur, alors qu'il n'était que prospère.

Sur ce, en cruel manque des apitoiements de ses larbins qui avaient très probablement achevé leurs tâches dévaluantes, il regagna son bureau.

« Alors les enfants, votre après-midi s'est bien passée ? » fit House après une entrée fracassante.

Ils étaient tous sans exception lamentablement affalés sur la table de différentiel et aucun d'eux ne daigna relever les yeux vers lui.

« Merveilleusement bien Docteur House. D'ailleurs, si nous pouvions recommencer dès demain, nous vous en serions très reconnaissant. tenta t-il d'imiter Chase.
_ Hors de question que je fasse un toucher rectal de plus. râla Taub.
_ Vous, vous ferez ce que je vous dis de faire. corrigea House.
_ C'est bon, vous avez finis ? On peut rentrer chez nous ? s'impatienta Foreman.
_ Pourquoi ? Vous avez des impératifs ?
_ Il est 17h30, on est fatigués et on voudrait se reposer avant de continuer à se plier à vos lubies les plus extravagantes. finit par dire Thirteen.
_
C'est presque touchant. répondit-il avec une mine d'enfant attristé. Ai-je droit à quelques larmes pour accompagner vos sollicitations ? »

Ils lâchèrent en cœur un long soupir d'irritation.

« Pff. lâcha t-il devant si peu de distraction. Allez oust. Je suis de bonne humeur, vous avez de la chance.
_ Vous parlez d'une chance ... bougonna Chase.
_ Dit-il dans l'espoir d'être envoyé en consultation. le reprit t-il.
_ Merci mais ça ira. se résigna t-il avant de sortir.
_ J'aime être compris. s'adressa t-il à lui même. Bon les jeunes, rêvez bien de selles. Papa s'en va, il a eu une dure journée. »

Il marqua un temps d'arrêt.

« Et celle de demain s'annonce bien plus éreintante. » conclut t-il avant de partir.

HHHH

Il était rentré chez lui. Quelques verres de bourbon et cachets de Vicodin plus tard, son esprit était suffisamment limpide et assaini pour déprécier ses erreurs de la journée passée.

La première avait été d'avoir lancé un jeu aux conséquences clairement inadaptées pour sa personne. Il s'y était pourtant risqué, inconscient qu'il a toujours été, beaucoup trop aventureux, mais si peu soucieux de tous les enjeux. La victoire aurait pu être aussi saisissable qu'un malheureux comprimé de Vicodin, si le jeu par lui même, des plus alléchants, n'avait été si peu consolidé, parsemé de pièges totalement voués à le déstabiliser. Et au cœur de ces pièges, il en était un des plus mortels, plus néfaste que le plus inimaginable d'entre eux : Cuddy; le seul qu'il ne pouvait déjouer.

La deuxième, simplement d'avoir mal évalué celle qu'il devait affronter, s'assurant la victoire comme déjà acquise alors qu'elle ne lui était pas encore remise. Il avait pourtant tout minutieusement calculé : il avançait, elle reculait; il exultait, elle déchantait. Il n'avait jamais prévu de la voir s'élancer d'un pas si rassuré, en tentant si peu de l'endoctriner, de le rallier à ses propres mesures. Assujettie à bien plus de jugeote, elle apercevait déjà la case manquante à son succès, bien déterminée à ne pas la laisser lui échapper.

Et la dernière, c'était d'avoir céder, même s'il ne voyait pas autre chose pour mettre un terme à son échappée solitaire. Il l'avait rattrapée d'un simple lancé de dès, la coupant dans son élan en se rendant perdant tandis qu'elle se retrouvait triomphante sans avoir à porter de coup gagnant. C'était cependant l'unique ruse pour en finir avec cette phase qui n'était qu'un prélude. Car il ne s'agissait que de cela; un jeu décomposé où seules les prochaines devancées allaient peut-être importer. En réalité, tout restait encore à jouer.

Finalisant cette analyse, il se leva, tituba, et bascula, se retrouvant écroulé sur son sofa. Si elle avait été là, elle aurait expédié avec violence un "Abus !" poignant en le redressant.

« L'abus a du bon. » s'exalta t-il.

Quoiqu'en fait, il ne savait pas ce qu'elle aurait fait.

« Imprévisible. » murmura t-il inconsciemment.

Finalement il s'allongea et plongea dans un profond sommeil réparateur. Dans le fond, le repos lui aussi avait du bon.

TBC...


* Oui je sais, Wilson qui entre et sort sans voir House sous le bureau, c'est un peu gros. Mais bon, dès que l'idée m'a traversée l'esprit, je n'ai pas pu m'empêcher de la retranscrire ... Honte à moi (ou pas). Vous êtes autorisés à m'écharper pour ça.