Hop ! Voilà le cinquième. Même si je n'ai pas beaucoup avancé, la faute à la saison 7 qui occupe une bonne partie de mon esprit. Mais bon, courage, plus que quelques jours à attendre ...
Ensuite, je ne savais pas que l'idée de House sous le bureau avait déjà été traitée; je ne l'avais jamais lu. Même si en y repensant, il est vrai que c'est une idée assez ... basique. Enfin tant mieux si cela rend quand même bien.
Bref, bonne lecture !
Il se réveilla, sans n'avoir ne serait-ce qu'une idée de l'heure qu'il pouvait être. La seule chose dont il était sûr, c'est qu'il se sentait légèrement grabataire, avec quelques symptômes qui pouvaient expliquer son état morbide. Il s'amusa à en dresser la liste.
Fatigue, nausées, maux de tête ...
Il jugea la bouteille de bourbon qui se trouvait juste devant lui, constatant avec un léger rire qu'elle était déjà vide. Sa soif avait du être bien étanchée, car d'après ses souvenirs, elle était presque pleine en début de soirée.
Diagnostic simple et concis.
« Légère gueule de bois. » ricana t-il.
Il porta son regard sur sa montre dont les aiguilles s'adonner à des ondulations peu communes et cligna des yeux trois fois avant de pouvoir entrevoir qu'il n'était que 5 heures du matin. Le temps était venu pour lui de regagner le confort de son lit afin d'être plus propice à un sommeil de plomb.
Ce qu'il fit après s'être cogné deux fois contre sa table basse, avoir manqué de chuter, s'être arrêté quelques secondes en appui contre son mûr et pris la peine de faire voler sa canne à travers sa chambre. Il se coucha lourdement avant de s'endormir sans perdre un seul instant.
Quelques heures après, il décrochait son téléphone qui venait sonner une bonne dizaine de fois.
« Quoi ? grogna t-il.
_ HOUSE ! » s'époumona Cuddy.
Il sursauta.
« Ahem. s'éclaircit t-il la voix. Désolé, mais vous avez du composer un mauvais numéro.
_ A mon grand dam, non. Je suis bien chez le Docteur House, emmerdeur de première qui n'est jamais fichu d'arriver à l'heure.
_ Les personnes qui me percent les tympans dès mon réveil ne peuvent être que des doyennes en médecine hystériques en pleine crise de folie qui, pour se décharger, composent le numéro de pauvres praticiens sans défenses. D'accord, vous ne vous êtes peut-être pas trompée de numéro, mais pourquoi toujours moi ? fit-il semblant de se lamenter.
_ Parce qu'elles ont une liste de sales cons retardataires à contacter en cas de nécessité et pas de chance, vous êtes le seul à y apparaître. continua t-elle de crier.
_ Injustice ! clama t-il.
_ Vous êtes loin du compte; il ne s'agit que d'une juste sentence. dit-elle en calmant sa voix.
_ Si vous le dites. En attendant vous pourriez aller dire aux enfants que papa ne va pas arriver tout de suite ? Il a quelques difficultés à émerger. »
Compassion ?
« Vous vous foutez de moi ? » se récria t-elle de plus belle.
Ah non, irritation.
« Vous êtes sûre de vouloir une réponse ? s'amusa t-il.
_ Allez vous faire foutre, bougez vous et ramenez vos fesses à l'hôpital. réprima t-elle sans se ménager.
_ Quelle grossièreté ! fit-il outré.
_ Voyez vous, ce mot, tout comme menaces, prend soudainement tout son sens lorsque je vous parle. Il est d'une utilité démesurée. »
Ils marquèrent un temps d'arrêt et affichèrent tous deux de manière simultanée un sourire des plus radieux.
« Mais encore ? reprit t-il.
_ Et bien, je pourrais vous convaincre de venir en vous menaçant de retenir une partie de votre salaire, de vous sucrer votre place de parking ou bien encore de vous rajouter des heures de consultation, mais j'ai une idée bien meilleure en tête.
_ Qui est ? s'impatienta t-il.
_ Stopper le jeu.
_ Qui vous dit que ça pourrait me faire accourir ? demanda t-il.
_ Il est 11h, vous avez donc suffisamment dormi, et je suis convaincue que vous ne voulez pas que le jeu s'arrête. répondit t-elle, sûre de ce qu'elle disait.
_ Autre chose pourrait me motiver. Vous portez quoi comme sous-vêtements ? Si vous en portez, cela va de soit. bifurqua t-il.
_ A tout de suite House. » conclut t-elle.
Elle venait de raccrocher sans même lui avoir laissé le temps de répondre. Mais s'il avait pu, il aurait prétendu que l'intimidation n'avait aucun effet sur lui, qu'il se foutait totalement du jeu et qu'elle pouvait si elle le voulait y mettre un terme à partir du moment où il pouvait continuer à flâner chez lui. Même s'il en n'était rien. Après tout, il avait le mérite d'occuper ses journées, et malgré sa virulence, il consentait quand même à continuer de s'y perdre. Certainement son coté un peu masochiste.
Il secoua légèrement la tête; elle visait quand un peu trop juste en sachant quel coup pourrait le déstabiliser, quelle offensive pouvait être utilisée pour le faire déchanter. C'était comme une partie de poker où votre adversaire aurait perçu de manière intentionnelle les cartes de votre main. Dès lors, il prenait le contrôle de la partie, abaissant ou conservant les siennes au gré de ce qu'il possédait. C'était comme si Cuddy avait triché, alors qu'elle savait simplement comment bien les manipuler, lui et ses cartes à jouer.
Soit il régressait, soit elle était encore plus habile qu'il ne l'avait imaginé. La deuxième option semblait la plus probable.
HHHH
11h30. Le diagnosticien entra dans l'hôpital, clamant que le grand Docteur Grégory House faisait son entrée et que de ce fait, tout le monde se devait de l'acclamer.
« Docteur House ! » hurla une voix derrière lui.
Il tendit l'oreille. Dieu qu'il était bon de l'entendre crier son nom.
« Docteur Cuddy ! l'imita t-il.
_ Consultation !
_ J'ai oublié ce que ça veut ...
_ J'allais justement vous le rappeler. » le coupa t-elle.
Elle le prit par le bras et le traîna jusqu'à une salle d'examen où se trouvait déjà un homme âgé et une femme plus jeune de vingt ans environ.
« Une minute je vous prie. » s'excusa Cuddy en s'adressant à eux.
Elle se tourna vers House.
« Bien. Patient, symptômes, diagnostic. Ce vocabulaire vous convient ?
_ Hum m'oui. marmonna t-il.
_ Parfait. Ça c'est un patient. commença t-elle en pointant du doigt le vieil homme. Vous devez lui demander quels sont ses symptômes et poser un diagnostic à partir de ces derniers.
_ Mais m'maaaan ! supplia t-il.
_ Est-ce clair ?
_ J'ai une question !
_ Laquelle ? s'inquiéta t-elle.
_ Ces fameux patients, je peux leur faire tout ce que je veux ? demanda t-il d'une voix rauque , une légère étincelle dans le regard diabolique qu'il venait de lui lancer.
_ Ne me dites pas que c'est lui qui va s'occuper de mon père ? s'énerva la femme.
_ Vous la coincée, on ne vous a rien demandé. répliqua House.
_ Mais je ne vous permets pas !
_ Peut-être, mais d'un autre côté je n'ai pas besoin de votre permission, je peux me permettre tout seul. railla t-il à son encontre.
_ Docteur House ! le rappela Cuddy.
_ Vous n'avez pas répondu à ma question. lui répondit-il.
_ Faites ce que vous estimez nécessaire. Je vous laisse, j'ai du travail.
_ On va s'éclater. » l'entendit-elle en refermant la porte.
HHHH
De retour à son bureau, Cuddy lâcha un long soupir de soulagement.
Elle se réinstalla pour travailler mais se surpris à se laisser submerger par ses pensées; éprouvant le besoin de reconsidérer les récents événements.
Le jeu prenait une tournure beaucoup trop éloignée de ses principes, de toutes ses règles qu'elle appliquait depuis ces nombreuses années. Elle avait en l'espace une journée transgressé la plupart de ses interdits, la majeure partie de ce qu'elle ne se serait jamais cru capable d'accepter.
Parmi les plus déplorés, se trouvaient jouer et succomber. Et dissimulés dans ce qu'elle n'aurait jamais pu imaginé se trouvaient recommencer et foncer tête baissée. Que pouvait t-elle bien imaginer, attendre de cet homme qui ne savait que se défiler ?
Elle sursauta : la femme qui avait eu l'altercation avec House venait de débouler sans prévenir en pleurant.
« Vous et le Docteur House allaient avoir de mes nouvelles ! » assura t-elle avant de repartir aussi vite qu'elle était arrivée.
Elle ne prit pas la peine de refermer la porte et croisa dans sa course folle une personne qui lui était malheureusement devenue familière.
« Soignez vous bien. ria House dans sa direction.
_ Pauvre con. » blasphéma t-elle sans prendre le temps de s'arrêter.
Il s'invita dans le bureau de Cuddy et referma la porte derrière lui.
« Non mais vous l'avez entendue ? tenta t-il de s'outrager.
_ Qu'est-ce que vous lui avez fait ? demanda t-elle, l'air agacée.
_ Vous voulez dire à part lui avoir fait avaler un médicament contre la constipation après qu'elle ait cru que c'était pour soulager sa gorge irritée et finalement lui avouer que c'était pour contrer son air constipé ? Rien. » déclara t-il.
Elle leva les yeux au ciel, exaspérée.
« Retournez en consultation, comportez vous bien ou j'arrête le jeu. lui ordonna t-elle.
_ Vous en n'avez pas marre de toujours utiliser la même menace ? la brava t-il.
_ Tant qu'elle fonctionnera ? Non, je ne m'en lasserai pas.
_ Trouble-fête !
_ Que devrais-je dire à votre propos. se moqua t-elle.
_ Je vous rappelle néanmoins que vous ne m'aviez pas précisé que ce genre de pratique était interdite. réprima t-il.
_ Consultation est synonyme d'éthique, je pensais que vous aviez suffisamment de jugement pour savoir ça. le déprécia t-elle.
_ Vous n'êtes pas sans savoir que je ne rentre pas dans la norme sociale. Alors de là à deviner les règles et coutumes du monde d'hypocrites dans lequel vous vivez, il y a une sacrée marge.
_ Oh c'est vrai, j'oubliais que le petit Grégory House n'était pas assez grand pour se comporter de manière adulte et s'occuper de lui dans un même temps.
_ Peut-être. Mais en revanche, je peux concilier satisfaction de votre plaisir et assouvissement du mien. C'est quand même plus fructueux. se glorifia t-il.
_ Vantardise ! expédia la doyenne.
_ Non, professionnalisme. Il y a quand même une énorme disparité entre les deux. rectifia t-il.
_ Votre ego vient encore de prendre de l'ampleur. Calmez le ou il n'y aura bientôt plus assez de place pour vous deux.
_ Mauvaise foi ! blâma t-il.
_ Non, vous vous méprenez. Simple constatation. répondit-elle avec un sourire moqueur.
_ Harpie !
_ Venant de vous, je prends ça comme un compliment. » chanta t-elle en le regardant.
Il s'appuya contre son bureau, plongea dans ses yeux bleus enivrant.
Confrontation. Aucun d'eux ne voulait céder, ne souhaitait se détourner. Alors chacun s'évertuer à ne rien relâcher.
Elle se leva; contourna ce qui les séparer, sans jamais quitter son regard.
Insufflation. Elle était plantée juste devant lui; il s'était redressé, l'affrontant de toute sa hauteur.
« Vous ne m'aurez pas une deuxième fois. certifia House.
_ Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. » s'innocenta Cuddy.
Elle plaça innocemment une main avertie sur son bras droit en lui offrant sur sa lancée un troublant sourire.
« Je rêve ou vous me provoquez ? » reprit-il.
Pour simple réponse, elle se pencha vers lui. Elle était proche, beaucoup trop proche.
Et elle dévia, au dernier instant, y trouvant soudainement un appui pour atteindre son bureau. Elle y attrapa des papiers, un stylo, un succès.
Désenchanté, dépité, complétement trompé. Cette femme avait ce don pour le rendre fou allié.
Elle se redressa, sa main désormais posée sur son torse, son visage toujours illuminé par un sourire aux intentions trompeuses.
« Je vous provoque. » chantonna t-elle, sans un répit.
Elle le dévisagea. Un regard à la visée douteuse, aux reflets rigoureux.
Elle s'éloigna.
« Maintenant si, vous permettez, j'ai des papiers à signer, à remplir et tout un travail administratif que vous ne comprendriez pas à faire. »
Il s'en va.
« Je n'irai pas en consultation ! » claironna t-il en claquant la porte.
Fin de cette partie.
« Je n'y comptais pas. » répondit-elle alors qu'il était déjà parti.
Après tout, le succès avait un prix. Même s'il était amoindri, car pleinement mesuré.
TBC...
