Je ne suis pas particulièrement satisfaite de ce que j'ai fait. Comme je le craignais, mon style d'écriture se dégrade au fur et à mesure que j'avance dans cette histoire et j'espère arriver à la terminer sans trop la massacrer à cause de cela.

Mais comme qui dirait, ce n'est pas à moi de juger. Alors, à vous de lire !

Et je tenais à vous dire un grand merci pour les reviews. Cela me fait extrêmement plaisir et m'encourage à poursuivre même si je suis parfois tenter d'arrêter en voyant ce que j'écris =). Alors, merci !


Il ne passa que peu de temps à réfléchir à sa riposte. Poussé à bout, il ne pouvait avoir recourt qu'à une seule et dernière chose : la solution extrême, bien trop facile à énoncer, mais si peu à appliquer ... Et pour ne pas échouer, il avait besoin de se préparer, pour s'assurer qu'il ne craquerait pas sur cette prochaine avancé. Dans le fond, il savait que cela serait plus difficile que ce qu'il ne pouvait imaginer, qu'il serait lui aussi tenté de mettre le pied sur la ligne d'arrivée. Et pourtant cela n'était pas dans le domaine du possible, pas après ce qu'elle lui avait fait subir aujourd'hui : elle devait au moins payer pour avoir osé porter des coups dignes de ceux qu'elle subissait depuis toutes ces années.

Il sourit. Un sourire interdit qui semblait peuplé de visions douteuses. Et là il pouvait se l'assurer : les apparences étaient parfois trompeuses, mais dans son cas, elles reflétaient parfaitement ses plus sombres intentions.

HHHH

Café en main, Cuddy pressa le bouton de la télécommande pour allumer sa télévision, invitant un fond sonore à laisser libre court à son imagination.

Première scène qui se présenta devant elle : un malfrat abattant de sang froid une jeune femme qui s'était mise en travers de sa route. Elle ferma les yeux. Oh ça oui, House allait la tuer, probablement par un simple regard, sans aucune compassion et ce dès la prochaine fois qu'elle aurait le malheur de croiser son chemin.

Elle appuya au hasard sur un autre bouton et entrouvrit légèrement ses paupières. Un dessin animé cette fois ci et le hasard avait voulu qu'elle tombe sur le moment où l'un des personnages venait de recevoir une bassine d'eau, perchée l'instant d'avant en haut d'une porte, sur la tête. Elle clôt de nouveau ses yeux. Une mauvaise blague en retour ? Certainement, même si elle trouvait l'idée de ce cartoon exagérée pour la réalité. Quoique, connaissant son employé, tout était possible, même une bassine d'eau au dessus de la porte de son bureau ...

Trop peu satisfaite de ces scénarios accoutumés et dénués d'une quelconque originalité, elle éteignit son poste et se laissa bercer par des possibilités beaucoup plus rêvées.

Mais elle fut rapidement sortie de sa rêverie lorsque quelque chose s'acharna à frapper contre sa porte.

En se dirigeant vers cette dernière, elle reconnut ces coups qui retentissaient dans toute son entrée comme étant ceux d'une canne. Elle ouvrit et découvrit, peu interloquée, House qui s'apprêtait à asséner de nouveaux heurts pour se manifester.

Il entra puis partit en direction du salon sans y être invité, dans le silence le plus complet. Abasourdie, mais clairement lucide, elle le rejoignit sans ne plus tarder.

Elle entra dans la pièce faiblement éclairée et le trouva de dos, ne souhaitant pas encore se retourner, comme pour se préparer avant de se confronter. Et elle, pouvait le contempler, sans avoir à se justifier, sans avoir à répondre à ses remarques vouées à la déstabiliser.

« House, que voulez vous ? » demanda t-elle finalement.

Il lui fit face.

« Baiser. commença t-il.
_ Pardon ? s'étonna t-elle.
_ Allons, vous connaissez ce mot ! » affirma le diagnosticien.

Réponse absente.

« Vous m'avez baisé en beauté et je viens donner une juste récompense à cette prouesse. reprit t-il, une lueur perverse logé quelque part dans son regard.
_ Une récompense ? fit-elle écho.
_ Pff. Si vous commencez à répéter tout ce que je dis, on n'est pas rendus. Dans le pire des cas, si vous n'en connaissez plus la signification, elle vous reviendra d'ici moins d'une heure.
_ Pourquoi ? Que va t-il se passer d'ici une heure ? questionna t-elle dans un murmure.
_ Vous posez trop de questions. répondit House tout en se rapprochant.
_ Je vous ai trompé et la seule chose que vous souhaiter me donner en retour, c'est une récompense ? continua t-elle, tout en reculant.
_ Vous ne comprenez pas. Pas encore. » se plaint-il à mi-voix, tout en s'avançant.

Il avançait, elle reculait. Enfin la situation tournait.

Les deux voix s'éteignirent, seuls leurs pas résonnaient encore dans la pièce. Un bruit sourd vint s'ajouter à cette marche incessante.

Cuddy venait de heurter un mûr. Elle ne pouvait plus se replier, même si House ne cessait de progresser, se rapprochant par de prompt avancés.

« A quoi vous jouez ? parvint-elle à expirer.
_ Non pas jouer, mais contre-attaquer.
_ Répondez. » ordonna t-elle.

Il amoindrit encore un peu la distance qui les séparait. Son visage n'était plus qu'à quelques millimètres du sien, si bien qu'elle pouvait désormais sentir le poil de sa barbe venir délicatement picoter le bord de ses lèvres.

« Objection. se lamenta Cuddy.
_ Refusée. »

Elle avait décidé de lui résister ... et pourtant, elle ne put s'empêcher de succomber.

Et il l'embrassa. Langoureusement, passionnément, et assez violemment.

Elle entrouvrit la bouche, pour l'inviter à se rapprocher davantage mais décidant d'ignorer sa requête, il parsema de baisers la partie inférieure de ses lèvres qui ne voulait plus cesser de se mouvoir.

Il parvenait à se maîtriser, à ne pas se laisser emporter par son élan même s'il devait bien admettre que ce projet était des plus alléchants. Dans tous les cas, il savait qu'elle ne pourrait pas lutter longtemps contre l'indéniable envie de prendre possession de sa bouche.

Elle perdait sa patience, se lamentait face à ce tact dont il l'avait trop souvent dispensée et c'était le jour où elle aurait voulu en être privée qu'il décidait de se raviser, comme pour obéir à un ordre qu'elle ne lui avait pourtant pas lancé.

Puis soudainement, il cessa tous ses gestes puis recula un peu sa tête, attendant non sans impatience la réaction qu'elle pourrait avoir.

« Mais ce n'est pas possible. Vous le faite exprès ?
_ Excessive la réaction ... nota t-il.
_ Bougez-vous bon sang ! s'emporta Cuddy.
_ Impatience !
_ House ...
_ Supplications maintenant ! Vous faites fort. s'amusa t-il.
_ Stoppez ce jeu, maintenant. commanda t-elle.
_ Alors là, il s'agit clairement d'un abus de pouvoir. Profiteuse !
_ Et vous, allez au Diable. »

Sans lui laisser le temps de répondre, imprévisible, elle l'embrassa à son tour, faufilant subtilement sa langue entre ses lèvres. Et lui se laissa faire, convaincu qu'il ne se laisserait pas submerger par ses caresses, persuadé que la main qui venait gracieusement toucher ses cheveux n'aurait jamais raison de lui. Tout du moins, pas aujourd'hui.

Il s'autorisa à passer ses deux bras autour de sa taille et à la ramena brutalement un peu plus contre lui. Il pouvait maintenant sentir son sourire, son envie. Son désir contre son visage.

En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, ils avaient migré jusque la chambre et Cuddy s'apprêtait désormais à le débarrasser de son blouson de moto qui ne tarda pas à se retrouver propulsé à l'autre bout de la pièce. Et sa chemise ne tarda pas à le rejoindre.

Sa main qui venait de quitter ses cheveux parcourait désormais son bras qu'elle sentait frisonner sous le poids de son toucher. Son autre main, jusque là encore agrippée à sa nuque, descendit le long de son dos et vint lentement se perdre sous son tee shirt. Elle frôla de ses doigts chaque partie de son dos avant de plaquer violemment sa paume contre sa peau, de s'essayer à planter faiblement ses ongles dans sa chair, comme pour s'assurer que lui, Grégory House, était bien là, présent entre ses bras.

Il la laissa faire, se contentant de l'embrasser et simplement parfois, de la regarder.

Elle continuait son exploration, sur ces espaces qu'elle avait si peu eu l'occasion d'explorer, sur ces vastes étendus qu'elle s'était souvent permise de visiter dans ses rêves les plus osés. Mais désormais bien ancrée dans le réel, elle avait découvert, ou redécouvert chaque parcelle de son torse et s'apprêtait maintenant à lui retirer ce dernier tissu léger. Chose qu'il lui refusa, saisissant son poignet pour la stopper dans son mouvement. Alors contre sa volonté, elle quitta la douceur de ses lèvres pour l'interrogea du regard, mais n'obtint pour simple réponse qu'un de ses sourires imprécis. Peu disposée à en savoir davantage à cet instant, bien trop pressée de continuer ce qu'elle venait d'arrêter pendant ce moment; elle fondit de nouveau sur lui, au moins pour lui faire comprendre qu'elle ne le laisserait pas sortir d'ici.

Presque resté impassible jusque maintenant, House décida qu'il était temps de réagir et faire les choses comme il l'avait prévu. Tout en approfondissant son baiser, il la fit reculer, pour finalement la plaquer sans prévenance contre le mûr. Un geste si rude, mais si tendre à la fois. Il attrapa sa cuisse et la fit lentement remonter le long de sa jambe.

Constamment pouvoir la rapprocher un peu plus, toujours vouloir la sentir davantage proche de lui. Mais même avec cette proximité, il aurait encore voulu s'avancer, comme pour ne plus faire qu'un avec elle et ne plus jamais avoir à la laisser s'envoler.

Pourquoi ce désir étrange ?

Qu'importe, il savait parfaitement ce pourquoi il était venu ce soir.

Il reposa délicatement sa jambe, lui retira tour à tour sa veste, son tee shirt, son jean. Lisa Cuddy était désormais là, juste devant lui, dans une tenue souvent de mise lorsqu'il rêvait qu'elle était à ses cotés. Aujourd'hui plus que jamais il ne la reluquait pas, ne s'attardait pas sur certaines parties de son corps. Il se contentait de la contempler, purement et simplement, sans ne penser une seule seconde à l'affliger avec une quelconque remarque déplacée.

Il se courba, plaça un bras au derrière de ses jambes, cala l'autre dans le haut de son dos. Elle s'accrocha à lui, comme si elle était vouée à ne plus jamais s'en détacher. Il la souleva, comme s'il était destiné à ne plus jamais la laisser s'échapper.

Il se redressa, prenant soin de ne pas s'appuyer sur cette jambe meurtrie par la douleur. Il décida d'ignorer sa souffrance : ce soir, rien ne pourrait entraver ses plans devenus à son goût beaucoup trop parfaits.

Il se dirigeait comme il pouvait en direction du lit, avançant à l'aveuglette et priant pour que rien ne vienne obstruer son chemin. Mais alors qu'il ne lui restait que quelques pas à faire, il ralentit la cadence : la doyenne venait de saisir son visage et lui donnait désormais un baiser comme il en n'avait jamais reçu, comme pour lui faire une promesse dont il ne connaissait même pas la nature.

Il la déposa, tout en restant encore et toujours suspendu à ses lèvres. Il tendit son bras, attrapa les draps et le rabattit délicatement sur son corps dévoilé. Il éloigna son visage de quelques centimètres, et dans un souffle court parvint à murmurer.

« Bonne nuit Cuddy. »

Il s'éloigna et partit ramasser le peu d'affaires qui lui avaient été retiré, sous le regard totalement sidéré de sa patronne.

« Bonne ... nuit ? parvint t-elle à articuler.
_ Le sens du mot récompense vous est-il revenu ? Et quand je dis sens, je parle bien évidemment de celui que je lui ai donné en conséquence de la situation qui s'offrait à moi. » s'amusa t-il.

Elle ne savait que répondre.

« Je vous aide. D'une certaine façon, récompense est synonyme de sanction. Je continue ?
_ J'aurais du m'en douter ...
_ Vous ne pouviez pas, c'était un coup royal, totalement imparable ! s'exalta t-il.
_ Vous savez pourtant qu'en me punissant, vous vous punissez vous même. fit-elle en se redressant, laissant le drap couler le long de son buste.
_ Mauvaise joueuse, vous essayez de me faire fléchir. l'accusa t-elle en finissant de se rhabiller.
_ Et ?
_ Et si je ne sors pas d'ici moins d'une minute, je vais littéralement vous sauter dessus et vous offrir cette victoire que j'ai pourtant eu du mal à obtenir. Donc sur ce ...
_ Vous n'allez quand même pas ...
_ Je vais vous laisser. » termina t-il.

Il se rapprocha de nouveau d'elle et tout en déposant un léger baiser sur son front chuchota.

« On se voit demain pour le dernier round. »

Elle voulut lui répondre, entrouvrit la bouche mais les mots qu'elle souhaitait asséner ne franchirent jamais la barrière de ses lèvres.

Mais alors qu'il s'apprêtait à sortir, il entendit une voix presque lointaine lui crier.

« Avouez quand même que vous n'avez jamais été aussi frustré ! »

Il sourit. Frustré ? Plus que jamais ? Bien sur qu'il l'était mais ce qui lui permettait d'outrepasser cela, c'était la fierté et la satisfaction qu'il éprouvait face à ce qu'il venait d'accomplir, face à la victoire qu'il venait d'acquérir.

TBC...