Je m'excuse de ne pas avoir posté ce week-end, mais ce dernier a légèrement était encombré par un *tousse très fort* magnifique commentaire de texte en philosophie. De ce fait, je n'ai donc pas pu écrire le huitième chapitre. Alors aujourd'hui, pour me rattraper, n'allant pas en cours, j'en ai profité pour enfin l'écrire et vous le présenter. Alors voici et comme d'habitude, bonne lecture ! En espérant que cela vous plaise.


Elle restait là, complétement hébétée, encore imprégnée par l'odeur et la chaleur de son compagnon de jeu. Pourtant cette fois elle y avait vraiment cru. Elle avait vraiment pensé qu'il allait succomber, qu'il allait enfin se laisser guider par ses sentiments refoulés depuis tant d'années. C'était bien évidemment sans compter sur sa fierté, son obstination et son refus de reconnaître la défaite. Pour contrer cela, il fallait qu'elle trouve, à travers le jeu, un moyen de la piéger pour l'obliger à se révéler. Même si ce jeu était taillé à sa mesure, conçu pour sa personne et son caractère infantile toujours prêt à utiliser tous les moyens pour arracher une victoire. Elle voyait pourtant mal comment elle allait s'y prendre.

Une solution s'imposa à elle comme une évidence : demander conseil Wilson ...

HHHH

Il s'en allait, complétement satisfait, avec cette impression d'avoir encore sa peau collée contre la sienne. Il avait finalement réussi à ne pas céder à la tentation, pourtant si attrayante devant la détermination et cet étrange pouvoir envoutant dont avait fait part sa patronne. La situation, bien que rêvée, comportée cependant quelque chose de comique. Une étrange mise en scène qu'il n'aurait jamais cru un jour possible et dont il se serait moqué s'il s'était surpris à l'imaginer : lui, Grégory House, déshabiller une femme, la déposer dans son lit et s'en aller. Et ce n'était pas de n'importe quelle femme dont il était question, mais bien de Lisa Cuddy, la doyenne au corps diablement bien sculpté, attirant au point même qu'il ne devrait pas être humainement possible de pouvoir lui résister. Mais dans ce cas, comment avait-il pu s'imposer le devoir de ne pas en profiter ? Pour le jeu, c'est vrai. Mais il n'avait à ses yeux pas assez d'importance pour continuer à se priver de ce qu'il désirait.

Réaliser une analyse clarifiée seul sur ce genre de sujet n'était pas vraiment dans ses capacités. L'aide de ce bon vieux Wilson allait lui être plus que nécessaire.

HHHH

House entra nonchalamment dans le bureau de Wilson, un brin soucieux, totalement perdu dans ses pensées et se posa presque sans violence sur le canapé. Le psychologue, le divan .. tout ce qu'il fallait pour une bonne séance de psychanalyse ...

« J'ai besoin de tes lumières. » déclara le diagnosticien.

Le concerné arqua un sourcil.

« C'est à propos de Cuddy. »

L'oncologue tendit l'oreille pour écouter ce que son ami avait à lui dire.

« Il s'est passé des choses entre nous. » finit-il par dire après une minute de silence.

Son ami déglutit difficilement.

« Je pensais que tu aurais quand même plus de choses à dire. se moqua House.
_ J'encaisse le choc. »

Un « Oh » marqua l'indifférence du diagnosticien. Il se moquait bien qu'il soit ou non commotionné; la seule chose qui l'intéressait, c'était l'entendre le réprimander, lui dire que maintenant, tout allait changer. Il savait que cela l'aiderait à réfléchir. Alors il attendait, en fixant un point imaginaire au beau milieu de la pièce.

Quelques instants passés ainsi, et il perdit sa patience.

« Faut que je me la fasse dans ton bureau pour que tu réagisses ?
_ Heum ... Intéressant.
_ Je rêve là, non ? s'emporta t-il.
_ Heum ... Très intriguant.
_ Tes pléonasmes me laissent perplexe. »

Un nouveau silence pesa.

« Et, soit dit en passant, me gonflent au plus haut point. ajouta t-il, irrité.
_ C'est bon t'as finis ?
_ C'est bon, tu peux commencer ? » répliqua House, bouillonnant.

Wilson riposta par un sourire et eut la désagréable impression que le regard foudroyant que venait de lui lancer son ami annonçait sa mort pour un moment proche de maintenant.

« Ok, ok. capitula t-il finalement. Toute cette histoire est une bonne chose.
_ Une ... bonne ... chose ? Tu te fous de moi ?
_ Non, je t'assure.
_ T'es encore plus nul que d'habitude. » le blâma t-il sans se gêner.

Résigné, il se levait, déterminé à ne plus être confronté à l'inutilité de ses propos lorsque la voix de son interlocuteur résonna dans ses oreilles et le stoppa net dans son mouvement.

« Attends. Ne sors pas maintenant, j'allais expliciter.
_ Pas trop tôt. grogna t-il en se laissant de nouveau tomber sur le canapé.
_ Par où commencer ? »

House poussa un long soupir. Devant l'inactivité horripilante de son ... ennemi, il entreprit d'ouvrir le bouton de son jean.

« Que ... que fais-tu ?
_ Je m'ennuie, tu m'ennuies. Donc, je m'occupe ... expliqua t-il.
_ STOP, arrête. »

Abandonnant l'idée farfelue qui lui avait un instant traversée l'esprit, il reporta toute son attention sur l'oncologue.

« Bien. Tu as fait des choses avec Cuddy. Mon opinion sur ce fait ? Sans savoir ce que sont ces ... choses, je peux d'ors et déjà te dire que c'est constructif. Pourquoi ? Parce que vous avancez et même si vous ne savez pas où tout cela vous mènera, vous êtes, sans forcément le vouloir, entrain de bâtir une nouvelle forme de relation.
_ Continue. s'impatienta le diagnosticien.
_ Ensuite, ce système relationnel totalement inédit, pour toi comme pour elle, te perturbe beaucoup. Vraiment beaucoup si j'en juge par ta venue, tes aveux et ton emportement. Ce qui rend cet événement encore plus positif. poursuivit-il.
_ N'importe qu ...
_ J'ai oublié de préciser "même si tu ne veux pas l'admettre". s'amusa Wilson sans lui laisser le temps de finir.
_ Et donc ? Un pronostique ? Des conseils ?
_ Wow. Ça doit vraiment énormément te travailler. Tout du moins bien plus que ce que je ne pensais. Tu rames durement, c'est ...
_ Pathétique, je sais. Garde tes idioties et remarques d'arriéré pour toi. reprit House, un brin d'énervé.
_ Non, plutôt génial. Je n'ai jamais dit que ramer était une mauvaise chose. Si tu te sentais à l'aise et que tu naviguais sans te soucier des caprices de la mer, sans craindre le vent et la tempête, je m'inquiéterais. A ce moment là, je brandirai le drapeau noir pour que tu quittes le navire avant de le faire couler, lui et son équipage. tenta t-il de se rattraper.
_ Hum. fit-il songeur. N'en dis pas plus, j'ai saisi l'idée.
_ Bien. dit-il à voix basse, soulagé.
_ Donc ton conseil, c'est de continuer sur ma lancée, tout en prenant bien en considération les problèmes qui pourraient se présenter ? »

L'oncologue approuva d'un hochement de la tête.

« Alors c'est tout ? C'est aussi simple que ça ? s'empressa t-il de demander.
_ La réponse n'est parfois pas aussi compliquée que tu ne le penses House.
_ Possible ... »

Un nouveau silence s'attarda dans la pièce. Wilson remua brièvement la tête, comme s'il attendait une suite à cette conversation.

« House ?
_ C'est bon, j'ai ma dose ! siffla t-il en se levant.
_ Que vas-tu faire ? quémanda t-il.
_ Même si je voulais te le dire, je ne te le dirais pas, parce que ton avis sur ce cas ne m'intéresse pas. »

Au moment où il s'apprêtait à sortir, il adressa un léger clin d'œil à l'intention de son ami, pour au moins lui annonçait que son plan serait déplacé.

Il ouvrit la porte et tomba nez à nez avec le centre de la discussion qu'il venait d'avoir quelques instants auparavant.

Il se pencha un peu vers elle, elle eut un bref mouvement de recule.

Elle le dévisageait tandis que lui humait une délicate odeur qu'il identifia comme étant ...

« L'odeur de la défaite. »

Il se déporta sur sa droite, se frayant ainsi un chemin pour pouvoir s'en aller et frôla délicatement sa main sur son passage.

Elle frissonna; sachant pertinemment que désormais, chaque contact avec lui lui procurera cette étrange sensation. Un mouvement rapide, retardé par la surprise, pour se retourner et pouvoir répliquer, mais trop tard. Il était déjà loin.

Elle émit un râle de colère et se décida enfin à rentrer.

Wilson, qui semblait prêt à se laisser partir corps et âme dans un fou rire, affiché un sourire étiré jusqu'aux oreilles. Ce qui n'était pas du goût de Cuddy qui se permit de le corriger.

« Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de drôle.
_ Vous devriez pourtant. » répondit-il en explosant de rire.

Cuddy elle aussi, se surprit à soudainement sourire. Il est vrai que la situation était plutôt hilarante.

« Mais je vous en prie, asseyez-vous, la place est encore chaude. » reprit Wilson d'une voix faussement sérieuse.

Sans comprendre pourquoi, elle s'exécuta et demanda alors qu'elle venait à peine de prendre place.

« Il vous a ... parlé ?
_ A ca on peut le dire. assura t-il en regagnant doucement son calme.
_ Et alors ?
_ Et alors j'aurais du faire psychologue plutôt qu'oncologue. J'aurais au moins eu deux patients fidèles !

_ Et je n'ai pas pour habitude de divulguer le dossier de l'un de mes patients ... ajouta t-il, conscient qu'elle n'allait pas tarder elle aussi à le foudroyer du regard.
_ Vous me dites quand vous avez finis. s'impatienta la doyenne.
_ Pff. Ça ne vous réussi vraiment pas de vous côtoyer de trop près; vous devenez tout de suite beaucoup trop irritables.
_ Wilson ... supplia t-elle.
_ Mais enfin c'est évident, il est perturbé ! » dit-il en haussant la voix.

Il s'était presque emporté et plus aucun sourire ne venait s'affichait sur son visage.

« Finalement vous avez bien fait de faire oncologue. se moqua Cuddy.
_ Il est vrai qu'avec des patients comme vous, j'aurais moi même finis chez un psychologue. Voire même dans un asile. ria t-il de lui même. »

Un cours temps d'arrêt marqua le début de la séance.

« Donc, il s'est "passé des choses" avec House. Ça vous inquiète, soit. Maintenant, dites moi en quoi je puis vous être utile. »

Elle le regarda avec des yeux ronds, cherchant à déchiffrer sa répartie.

« Je vais m'expliquer avant que vous ne vous dirigiez vous aussi vers la sortie. lâcha t-il avant qu'elle ne réponde quoique cela soit. Vous n'êtes pas comme lui, vous savez parfaitement où vous en êtes, vous savez ce qu'il en est. Vous n'avez donc pas besoin d'un discours sur le bien ou le mal de ce qu'il se passe. Vous êtes également persuadée que vous voulez continuer, que vous irez jusqu'au bout de l'aventure. Sinon pourquoi vous y seriez-vous lancée ? En somme, ce n'est pas vraiment d'une séance d'analyse dont vous avez besoin. J'ai raison ?
_ En effet. se contenta t-elle de répondre.
_ En fait, vous piétinez et vous cherchez en vain une façon d'avancer. Manque de chance, House n'est bien évidemment pas là pour vous faciliter la tâche. » continua t-il.

Elle acquiesça.

« Un jeu avec House, c'était vraiment une excellente idée; cela nous a permis de nous lancer. Mais maintenant, je ne vois vraiment pas quoi faire. Le plus simple serait de stopper le jeu, mais cela serait prendre le risque inconsidéré lui faire faire prendre la fuite ... confessa la doyenne.
_ Ce qui peut-être facile à éviter.
_ Comment ? questionna Cuddy.
_ En lui fermant toutes les portes de sortie. solutionna instantanément l'oncologue.
_ Vous avez un plan ?
_ Oh que oui ... affirma t-il, une lueur sournoise passant dans son regard.
_ Dites m'en plus. »

Il se pencha vers elle et entreprit de lui faire part de son plan qui, bien que puéril, restait excessivement génial.

TBC...