Voici le neuvième chapitre et j'ai en tête les idées principales pour la suite et fin de cette histoire. Je peux donc vous dire qu'il devrait en tout y avoir 12 chapitres si tout se passe comme je le veux. Je pense également pouvoir écrire le dixième chapitre d'ici mercredi et si cela se fait; je le posterai avant la fin de la semaine.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Bonne lecture et merci encore pour les reviews :).


« Vous n'êtes pas sérieux ? réprima Cuddy.
_ Confrontation. Tout n'est qu'une question de confrontation. argumenta l'oncologue.
_ Avant de dire que je ne connaissais personne d'aussi puéril que House, j'aurais du penser à vous. dit-elle en émettant un léger ricanement.
_ Vous savez comme moi que pour le coincer, il faut hélas se mettre à son niveau. »

Wilson venait de la mettre au parfum. Et de quel parfum ne s'agissait-il pas ... Ce n'était pas une odeur agréable, mais bien une de ces senteurs peu communes, à l'apparence à la fois si piquante et si tentante à fuir.

Son plan n'était pourtant pas à proprement parlé mauvais, malgré cette étrange difficulté qu'elle éprouvait pour s'avouer que tout cela pouvait marcher. C'était osé, déplacé, mesquin, enfantin, incongru, inattendu. C'était tellement ... House.

L'échec pouvait peut-être être évité, même si elle ne parvenait pas à se projeter, à s'imaginer les réactions qu'il pouvait avoir, les réparties qu'il pourrait lui venir, ses tentatives désespérées pour tenter de la déstabiliser.

Et au moment où une pensée se hasarda à lui traverser l'esprit, l'assurance qui commençait alors à se dessiner sur son visage se transforma en de sombres et profonds doutes.

« Un problème ? demanda suspicieusement Wilson.
_ Et s'il parvenait à me faire fuir ?
_ Cela n'arrivera pas. tenta t-il pour la rassurer.
_ Vous savez comme moi que House est imprévisible.
_ A l'heure actuelle, ce dont je suis sûr, c'est que vous ne devez en aucun cas reculer.
_ Sans doutes ... » avoua la doyenne.

Après tout, pourquoi pas : quitte à avoir cheminé, autant ne pas renoncer.

« Dans ce cas, on fait comme on a dit. en conclut l'oncologue.
_ Je vais lui parler.
_ Bon jeu. » souhaita t-il sans cacher son sourire.

Elle sortit d'une marche assurée, plus que jamais persuadée que sa patience allait enfin payer.

HHHH

Elle poussa la porte du bureau du diagnosticien, à son tour sans avoir pris la peine de frapper, d'un geste d'une violence qui lui était si peu commune.

Il était avachi dans son fauteuil, à moitié endormi et jeta un regard vitreux à l'encontre de l'intrus qui venait de se permettre d'entrer sans prévenir.

« On ne vous jamais appris qu'il fallait frapper avant d'entrer ? bougonna le diagnosticien.
_ C'est vous qui me parlez d'éthique ? railla la doyenne.
_ Non, c'est ma façon de vous dire que vous me dérangez.
_ Vos habitudes ont du finir par déteindre sur moi. » justifia t-elle en un instant.

House posa ses yeux sur sa patronne tout en se redressant.

« Mensonge. asséna t-il.
_ Tout le monde ment. répliqua t-elle.
_ Usurpatrice ! blâma t-il. Que voulez-vous ?
_ Des réponses.
_ Les réponses impliquent des questions. se moqua joyeusement son employé.
_ Où en sommes nous ?
_ Égalité. Le jeu continue. affirma t-il en ignorant le sens réel de sa question. Tous les coups sont permis, c'est bien ça ?
_ Dans la limite du raisonnable, oui.
_ Petite joueuse !
_ Profiteur !
_ Je ne profite pas, je m'adapte. rectifia t-il.
_ Vous ne pourrez pas éternellement vous adapter. »

Un sourire illumina le visage du diagnosticien.

« Si je ne vous connaissais pas si bien, je dirais que vous me cachez quelque chose.
_ Je ... Oui ... Non ! bafouilla t-elle dans la précipitation.
_ Lapsus révélateur.
_ Conclusion beaucoup trop hâtive.
_ Faux. Je ne perds jamais à ce jeu là. » s'exalta t-il.,

Ils se fixèrent avec insistance, aucun bruit ne vint fendre les airs tandis que le silence régnait à travers la pièce.

« Hier, vous avez tellement été ...
_ Brillant ? Surprenant ? Bluffant ? » se vanta t-il.

Un rire s'échappa.

« Insolent je dirais plutôt.
_ Votre manière bien à vous de me dire que mon audace a porté ses fruits.
_ Or, vous savez que toute insolence entraîne systématiquement une punition. poursuivit-elle en ignorant la réplique de son employé.
_ Fesse gauche ou droite ? Main ou fouet ? Quoique les deux en même temps, ça peut être terriblement excitant ...
_ La punition physique ne fait pas partie de mes désirs.
_ Je sais quels sont vos désirs. dit-il en lui adressant un léger clin d'œil.
_ Dans ce cas vous ne serez pas surpris de m'entendre dire que je désire arrêter le jeu.
_ N'avez vous jamais entendu dire qu'il ne fallait jamais prendre ses désirs pour la réalité ? Si tant est qu'il s'agisse bien de désirs.
_ N'avez vous jamais entendu dire que les désirs devenaient parfois réalité ? »

Une grimace se dessina.

« Ce ne sont pas des désirs, mais de simples caprices totalement voués à m'emmerder. »

Il en perdait sa répartie.

« Vous visez juste. s'exalta t-elle.
_ La défaite vous effraie. tenta t-il pour la désarçonner.
_ La victoire vous obsède. Qui est en position de force ? réprima t-elle, toujours remontée.
_ Ce jeu ne peut rimer avec égalité. se justifia le diagnosticien.
_ Aucune règle ne dit que cette rime ne peut exister.
_ Mes règles le crient pourtant haut et fort.
_ Je le sais; je les entends dépérir depuis tout à l'heure. Mais leurs cris me laissent dans l'indifférence la plus totale.
_ Vous luttez pour ne pas leur céder, tout comme vous luttez pour ne pas me céder.
_ Illusions House ... fit-elle tout en inspirant.
_ Le monde n'est qu'un pauvre mirage qui un jour disparaitra. Tout n'est qu'illusions puisque tout est éphémère. répondit-il tout en expirant. »

A les voir, chacun aurait pu se dire que l'un était complémentaire à l'autre. Une inspiration pour s'imprégner d'un nouvel ère; une expiration pour expier le passé et tous ces excédents beaucoup trop souillés.

« Vous délirez.
_ Ma lucidité n'a jamais été autant sollicitée. » rectifia t-il dans un murmure.

Il gagnait du terrain; elle se devait de pouvoir enfin marquer des points.

« Elle a donc dans ce cas pu vous souffler que c'était toujours bel et bien moi qui menais la danse.
_ Mais si je vous offrais ce slow dont vous avez toujours rêvé, la tendance pourrait rapidement être inversée.
_ Analysez, spéculez autant que vous voudrez; ce n'est pas ce qui vous permettra de gagner. » lâcha t-elle pour enfin le faire taire.

Un point marqué, elle voyait la sortie se rapprocher.

« Je vous laisse pester contre cette égalité dont je suis la seule à pouvoir rompre l'éternité.
_ Prétentieuse ! s'exclama t-il.
_ Pour une fois que cet adjectif ne vous qualifie pas. »

Elle afficha un sourire enjôleur, capable de mettre à mal le plus assuré des hommes.

« Le jeu est terminé mais vous continuez la provocation. remarqua t-il.
_ Tout est relatif ... »

Deuxième point marqué, son coup avait été remarquablement lancé.

Elle le quitta sur cette répartie qui le laissait à réfléchir, en espérant que même après l'avoir étudiée sous tous ses aspects, il ne parviendrait jamais à la déchiffrer.

Il restait là, hébété par cette scène qui pour un peu, avait presque réussi à lui faire perdre pied. Il était tiraillé entre l'envie de croire ce qu'elle venait de dire et celle de remettre en cause tous ses propos à son goût insensés.

Deux possibilités s'offraient à lui.

Soit elle avait dit vrai. Dans ce cas elle l'avait royalement bien désillusionné, une de ses épopées qu'il n'aurait jamais pu imaginer. Et cela incluait un final dont il ne pouvait se remettre, une fin de partie improbable et tellement peu recommandable. Dans le fond, une sortie de scène presque trop parfaite, outrepassé le fait qu'elle aussi se priver de ce qu'elle avait trop longtemps convoité. Mais à la vue des récents événements, des agissements inaccoutumés de sa patronne, cette idée saugrenue apparaissait pour lui comme un dénouement des plus que probants.

Soit elle avait menti. Dans ce cas elle avait remarquablement bien bluffé, un de ses coups incroyablement bien joués. Si son but avait été de parvenir à le faire douter, alors sa mission avait été particulièrement bien menée, ce qui rendrait la surprise de sa prochaine avancé encore plus prononcée. Une sortie de piste pour pouvoir mieux se relancer et pouvoir lui montrer qu'elle aura toujours le pouvoir de l'étonner quand l'envie lui prendra. Une seconde débouchée qui était tout autant probable que la première, toujours à en juger par l'audace dont elle avait fait preuves ces derniers jours.

Deux solutions, et il devait bien avouer qu'il ne savait pas sur laquelle jeter son entier dévolu. En revanche, il connaissait parfaitement la personne à aller ennuyer pour l'aider à pouvoir tout clarifier. Il se mit à sa poursuite au pas de course et tomba directement face à lui en ouvrant la porte de son bureau.

« J'ai encore besoin de tes lumières. déclara le diagnosticien.
_ Deux fois dans la même journée, ça commence à faire beaucoup. se moqua l'oncologue.
_ Épargne moi tes élucubrations. grogna t-il devant les railleries de son ami.
_ Déclare lui ta flamme une bonne fois pour toute et tu pourras les éviter. poursuivit-il dans un sarcasme.
_ Tu ne m'aides pas vraiment là.
_ J'ai du travail. » finit-il en se contournant.

Et il passa son chemin. Si rapidement qu'il ne laissa même pas la possibilité à House de le rattraper. L'oncologue laissa cependant fuir un sourire lorsqu'il entendit au loin un "Je te poursuivrai jusque chez toi s'il le faut", émanant de la direction où se trouver son ami : le plan allait bon train; il fonçait tête baissée droit dans les filets.

House jeta un coup d'œil en direction de sa montre; 16h, l'heure pour rentrer était enfin arrivée et ce n'était pas Cuddy qui allait le persuader du contraire. Un détour pour ramasser ses affaires, une marche rapide vers sa moto, un aller jusque chez lui, un téléphone à débrancher et il pourrait se prélasser sans qu'on ne puisse venir l'importuner.

Une fois chose faite, il décida qu'il était désormais temps de se rendre chez son cher ami Wilson; qui devait attendre avec impatience le récit des aventures de lui et de sa sulfureuse patronne. Ou peut-être pas. Mais il se fichait pas mal de savoir si la conversation qui s'annonçait aller lui plaire ou non. Il avait simplement besoin, comme à son habitude, de son moraliste favori pour mettre au clair les derniers événements en date.

Il eut la chance d'arriver juste avant qu'il ne rentre; ce qui allait probablement lui valoir d'être réprimandé avant même d'avoir commencé à raconter quoique cela soit. Il bidouilla la serrure, qui ne lui résista pas longtemps puis entra et partit s'asseoir confortablement dans la pénombre, sans ne prêter ne serait-ce qu'un minimum d'attention à ce qui l'entourait.

Peu de temps après, entendant la clenche s'abaisser et la porte s'ouvrir de nouveau, il choisit de rapidement jouer sur l'effet de surprise.

« WILSON ! Tu ne devineras jamais ce que Cuddy a fait ! s'exclama t-il pour tenter de lui faire peur.
_ Non, quoi ? » demanda une voix familière.

Une porte se referma, une clef s'enserra et tourna à deux reprises dans une serrure, une personne resta sans voix.

TBC...