Bonjooour !

J'avais prévu de faire attendre un peu mais j'ai été vraiment très agréablement surprise de l'accueil que vous avez réservé à cette nouvelle fanfiction ! Un incroyable merci pour ça !

CaRoOtheprincess, mamoure21, Bella Swan Cullen02, littlemissbelly, cauffranc, pounine (Le titre signifie : "Et c'est comme l'océan sous la lune"), callie226, So, Mariefandetwilight, Shirley, kikinette11, erika shoval, Maryfanfictions, Catherine, birginie, Andrea, katner, Lily-Rose-Bella, odrey010 (merci beaucoup pour ta review. Et l'explication du titre prendra son sens au fur et à mesure.), liki0da, LolaMiSweetlove, Coeur2Crystal, PtiteWam, SweetyMarie, aude77, Ilonka, kikou13400, Melle Lyl (tu as la palme de la review la plus fournie en théories rien qu'avec les quelques lignes du prologue =D), Elise-rose-cullen et Butterfly971.

Je vous remercie de l'intérêt que vous avez porté aux premières lignes. Peut-être trouverez-vous un début de réponse dans ce premier vrai chapitre. Concernant le nombre de chapitres à venir, ne me le demandez pas je ne pourrai pas vous répondre. Les points de vue seront sûrement alternés, et il est possible que je passe quelques fois le récit en point de vue externe. A voir !

J'espère que vous passerez une agréable lecture, encore merci pour votre accueil :)

tiftouff19.

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~ Chapitre 1 "Un animal sauvage" ~

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Bella.

Le soleil brillait sur le petit étang, et les oiseaux gazouillaient. L'herbe était coupée à raz, la rosée perlait par petites gouttes sur les tiges vertes. Le fond de l'air était frais, et pourtant le soleil réchauffait déjà l'atmosphère. Quelques joggeurs tournaient autour de l'eau malgré l'heure matinale.

Je n'étais pas vraiment du genre à me lever pour faire du sport, non. En fait, j'aimais juste aller acheter ma viennoiserie lorsque je ne travaillais pas, m'installer sur le banc de la table de pique-nique et la manger. Je pourrais profiter de mon jour de repos, mais non. J'aime juste venir ici, je suppose... Parfois, j'achète le journal pour avoir les dernières nouvelles. Je ne suis pas du genre à suivre les informations jour après jour, et mon père aurait trouvé ça ridicule. Mais j'aimais quand même connaître le monde, pour savoir ce qui allait nous arriver.

Ce matin, comme à mon habitude, je m'installais donc sur la table en béton du parc, dépliais mon papier journal, faisais dépasser mon croissant du papier avant d'en engloutir un morceau. Je me penchais sur le papier à parcourir les nouvelles, me demandant encore comment de telles atrocités pouvaient être commises au vingt et unième siècle.

Mais quelle horreur...

Les gros titres faisaient état de politique, mais ce n'était pas ce qui m'inquiétait le plus. Un politique, ça retombe toujours sur ses pattes. J'avais suivi la sordide affaire de ce petit garçon froidement assassiné en pleine rue sous les yeux de ses parents, touché par une balle perdue. La police savait qu'il y avait eu un règlement de compte, probablement dans le milieu de la drogue, et les coups de feu avaient été échangés, effrayant la poignée de passants. Tous s'étaient couchés à temps, ou éloignés en courant, sauf ce petit garçon. Je n'osais pas imaginer la peine et la détresse que devaient ressentir la famille de ce petit homme de sept ans tout juste. Il aurait dû aller au parc avec ses amis, faire du toboggan, tomber dans des flaques de boue et revenir chez lui le pantalon sale. Sa maman aurait dû le lui laver, peut-être le gronder de ne pas avoir été soigneux, mais elle aurait fini par lui faire son gâteau préféré. Au lieu de cela, ils avaient dû organiser des funérailles, et probablement gérer un avenir qui n'aurait plus lieu d'être à leurs yeux.

L'idée m'était sincèrement insupportable, et j'avais dû me retenir de ne pas pleurer. Travailler avec des enfants, ces petits enfants, est la chose la plus incroyable que je n'ai jamais eu à faire. J'aime mon métier par-dessus tout. Imaginer que l'un des petits que je garde à la crèche puisse mourir si tôt... non...

Ça me coupe l'appétit...

L'événement s'était déroulé voilà presque trois mois et hormis les dix premiers jours où les médias avaient tenté de comprendre, il n'y avait plus eu grand-chose. J'avouais avoir fouillé sur internet pour tenter de savoir, pour essayer de comprendre quel genre de monstre peut commettre un tel acte. Ce n'était pas une curiosité malsaine qui me guidait, seulement l'envie de comprendre pourquoi l'être humain peut en arriver là. Et puis après tout, Charlie a instruit l'affaire. Forks était tranquille et il ne s'y passait jamais rien. Du coup, après le coup retentissant en plein Port Angeles de cet attentat, il avait été convoqué pour donner un coup de main. Il y avait passé les quinze premiers jours, veillant bien à m'appeler chaque soir. Entre chaque sonnerie, je priais de tout mon être pour qu'il n'arrive rien à mon père, pour que ce soit réellement l'œuvre d'un règlement de compte, et non d'une violence gratuite. Je voulais éviter de penser qu'un homme allait semer la terreur dans les rues, pouvant s'en prendre à n'importe qui. Quand l'enquête avait affirmé qu'il s'agissait bien d'une affaire de drogue, je m'étais sentie soulagée pour la sécurité de mon père. Et éventuellement la sécurité d'autres enfants.

La balle avait bel et bien été perdue.

L'article dans le journal était bref. Un rappel des faits, et l'avocat des parents de la victime qui demandait à la justice de faire son possible pour accélérer l'enquête. Mais quelle horreur...

D'après Charlie, et même s'il était soumis au devoir de réserve à cause de son implication dans l'enquête, il n'y avait que peu d'éléments. Ils étaient désormais certains que cet assassinat était l'œuvre d'un gang de drogués qui aurait mal tourné, peut-être même de trafic moins glorieux. Quelques médias avaient fait part d'un éventuel réseau de prostituées, mais Charlie n'y croyait pas. En revanche, son instinct lui soufflait que s'ils trouvaient les meurtriers du petit garçon, ils mettraient la main sur la plus grosse saisie de drogue de l'état. Ils avaient cerné de vieux entrepôts à la sortie de Port Angeles, mais la piste s'était révélée fausse. Ils n'avaient trouvé que des cartons. Soit la police s'était trompée, soit quelqu'un les avait prévenu avant et ils avaient eu le loisir de fuir.

Charlie avait été renvoyé à Forks, mais il continuait de cibler la ville pour Port Angeles. Il était possible que les dealers changent de coin, et viennent dans un endroit tranquille. Les premiers temps, mes sœurs et moi étions complètement angoissées par cette situation. Mais avec deux policiers à la maison, notre sécurité était assurée. Papa, rien qu'à cause de son titre de chef de police, était armé en permanence et Rosalie, ma sœur cadette de vingt ans, sortait avec Emmett depuis presque sept mois, lui aussi policier sous les ordres de mon père. Elle s'était entichée du collègue de mon père de six ans de plus qu'elle un soir, alors que Charlie l'avait invité à dîner. Depuis, ils ne s'étaient plus quittés et si papa avait eu du mal à l'accepter, il était ravi d'avoir Emmett pour gendre. Il faut dire que c'est difficile de détester Emmett.

Mon autre sœur, Alice, a essayé. Elle le titillait, tentait de le pousser à bout. Alice est une pile électrique. Elle n'a qu'un an de plus que moi, mais elle est totalement immature et dingue. Mais Emmett n'avait pas répondu à ses provocations, jusqu'au jour où, un dimanche alors que nous pique-niquions tous au bord du lac, il ne l'attrape d'un bras et la balance dans l'étang. Ça en était fini, elle avait cessé ses enfantillages. avions notre petite routine de filles à papa, et prenions soin de Charlie qui ne s'était jamais remarié après son divorce d'avec maman. Charlie, c'est l'homme le plus noble qui soit et je n'aurais jamais assez de mots pour exprimer toute l'admiration que j'éprouve pour lui.

Maman et lui se sont mariés très jeunes, et presque aussitôt, elle est tombée enceinte d'Alice. Un an plus tard, à peine, je venais au monde. Maman, aussi légère qu'immature, ne se plaisait pas dans la vie typique de l' « American Dream »bien connu. Faire des sourires et des tartes pour les vieilles voisines ne la comblait pas. Elle nous adorait, papa nous l'a toujours dit. Mais maman s'ennuyait. Elle était "la femme parfaite", "la maman parfaite" et tout aussi amoureuse de papa et mère aimante qu'elle était, elle ne supportait plus Forks. Elle a fini par exploser, croiser la route d'un jeune homme bien plus jeune qu'elle, et elle est partie en nous emmenant avec elle. Papa ne s'en est jamais remis. Il n'a d'ailleurs fréquenté personne, et il a encore les photos de son mariage dans le salon.

Deux ans après son départ, maman et son nouveau compagnon, Phil, ont décidé de faire un bébé. Charlie nous avait pour les vacances de noël cette année-là, alors que maman venait d'accoucher le dix-neuf décembre. Pour qu'elle récupère mieux, et parce que nous étions deux très jeunes enfants de trois et deux ans, papa avait voulu nous avoir à Forks auprès de lui. Son choix nous a sauvé la vie. Vraiment.

Le 23 décembre, alors que Phil ramenait Renée et Rosalie à la maison, un chauffard ivre a perdu le contrôle de son véhicule et a percuté le côté avant gauche de la voiture, tuant notre beau-père sur le coup. Renée est décédée dans l'ambulance. Rosalie, par on ne sait quel miracle, a survécu alors qu'elle n'avait que quelques jours. Charlie en a été bouleversé. Il a enterré maman dans la plus grande dignité et a fait le nécessaire pour que Rose connaisse sa famille. Il a adopté notre demi-sœur, comme si elle avait été sa propre fille et celle de Renée. D'ailleurs, il lui disait toujours qu'elle serait sa fille, et qu'elle le serait toujours. Bien sûr, elle sait tout de son adoption, mais elle aime Charlie comme nous. D'ailleurs, elle l'appelle "papa".

Cette histoire, aussi terrible que cruelle, me revient sans cesse quand je lis des nouvelles de ces familles déchirées par un décès. Je n'ose pas imaginer ce que peuvent vivre les parents de ce petit garçon qui a été tué par accident...

Je fermais le journal, l'appétit coupé par ces souvenirs. Je pliais le journal sous mon bras, ramassais le papier de ma viennoiserie et le jetais à la poubelle. Je comptais passer à la maison d'ici une petite heure pour voir comment se portent Alice et Rosalie. J'avais quitté le domicile paternel voilà trois mois, pour m'installer au plus près de la crèche dans laquelle je travaillais. J'avais loué un petit appartement aux Newton, certes ce n'était pas un palace mais j'y avais le nécessaire : un coin cuisine, salon/salle à manger, une petite salle de bains avec une baignoire, des toilettes et une chambre. J'avais eu du mal au début, mais avec mes longues journées entourées par des petits monstres, je m'étais vite fait au plaisir de trouver un appartement calme sans avoir deux sœurs qui se battent pour la salle de bains, avec de la musique techno à fond les ballons.

Charlie a du courage d'avoir élevé trois filles. Vraiment ! Surtout trois comme nous...

Je marchais vers ma voiture quand j'entendis deux joggeuses passer en râlant, transpirantes. Elles étaient manucurées et totalement siliconées, mais leur discussion peu discrète m'interpelait.

- Il faudrait appeler la police...

- C'est inadmissible de voir ça ici ! Ça va qu'il dort, mais tu imagines le nombre de jeunes filles qui peuvent croiser son chemin ?

De qui parlaient-elles ? Je suivais leur regard, et apercevais un tas de cartons de déménagement derrière un petit bosquet. Et il semblait y avoir... Quelqu'un dessous ?

Je m'approchais et découvrais en effet un homme sous les cartons, dont le visage était en partie vêtu d'un bonnet en laine bleu marine. Il dormait paisiblement, recroquevillé sur lui-même. Mon dieu... peut-être était-il mort ? Les nuits sont encore relativement fraîches...

- Monsieur ? Vous m'entendez ?

Je m'approchais et m'agenouillais, prenant tout de même soin de me tenir un peu à l'écart. Je devrais appeler Charlie...

- Monsieur ? Ououh ?

Pas de réponse. Merde.

- Hé... Vous dormez ?

La silhouette se redressa violemment, me faisant sursauter et crier. Le type bondit littéralement, se tournant à genoux face à moi. Deux yeux verts profonds me fixaient, comme un petit animal traqué. On aurait dit un animal sauvage, perdu, apeuré et sur le point de mordre. L'homme, qui devait être à peine plus vieux que moi était marqué : de larges cernes se dessinaient sur ses deux joues, et il avait une barbe de plusieurs jours.

- Qu'est-c'que vous voulez ? grogna-t-il.

- Je...

Mon coeur battait à toute allure, à m'en faire mal aux côtes.

- Rien je... je voulais m'assurer que vous alliez bien... Est-ce que v... vous avez dormi ici ?

Mais il reculait, me fixant comme s'il craignait un quelconque danger.

- Vous n'avez pas de toit ? De maison ?

Il se redressait, et semblait vaciller mais il se rattrapa in-extremis et reculait. Egaré.

- Vous voulez que je vous amène quelque part ? Un foyer ou...

- Ne m'approchez pas... gronda-t-il.

Il ramassait ses cartons et s'enfuyait, sans cesser de se retourner pour vérifier si je le suivais. Il trébuchait et se rattrapait encore de justesse, avant de passer le petit ponton qui enjambait la rivière, et de disparaître de mon champ de vision.

Les deux blondes oxydées me regardaient.

- Allez vous laver les mains !

- Vous êtes folle ? Il aurait pu vous faire du mal...

Je ne pris pas la peine de leur répondre, un peu troublée. Les sans domiciles fixes n'étaient pas monnaie courante à Forks, et les quelques âmes perdues que j'avais déjà croisé ne ressemblaient en rien à cet homme-là.

Je ne sais même pas s'il était un homme... il semblait si... craintif et... primitif... presque... un animal sauvage...

Lorsque j'arrivais chez Charlie, sans m'être souvenue du trajet que j'avais parcouru en pensant à cet homme, j'eus la surprise de voir la voiture de police garée dans l'allée. Papa était là, probablement avec les filles. Effectivement, quand j'entrais, la techno endiablée qu'écoutait Rosalie résonnait dans toute la maison.

- ROSE ! BAISSE LE SON ! ROSALIE ! ROSALIE !

Je souriais à voir papa descendre les escaliers en grommelant.

- Fichues hormones féminines, fichue jeunesse qui... Ah, Bella !

- Salut papa...

Je l'embrassais sur la joue.

- ROSE ! TA SOEUR EST LA ! Ro... et puis zut !

- Qu'est-ce qu'elle fait ?

- Elle est dans la salle de bains... encore... Un café ?

- Oui, mais je vais le faire...

Je me dirigeais vers la cuisine et préparais les tasses. La musique résonnait en sourdine de l'étage.

- Alice est là ?

- Non, elle est en cours, elle avait un oral ce matin sur ses travaux manuels !

- Elle n'était pas stressée ?

- Alice ? Stressée ? Tu rêves !

Charlie souriait et je versais la boisson brûlante dans les tasses. Je soufflais sur la mienne doucement, savourant la chaleur entre mes mains.

- Au fait papa, tu savais qu'il y a un SDF en ville ?

- Où ça ?

- J'étais au parc ce matin et...

- Bon sang Bella ! Tu sais que je n'aime pas que tu ailles dans ce parc toute seule si tôt ! Il est à peine 8h30, tu as encore dû y passer une heure, avec ce trafic de drogue, je ne suis pas...

- Papa...

Il soupirait et fronçait les sourcils.

- Je suis sérieux Bell's ! Ecoute... J'ai déjà perdu ta mère, ça me suffit...

Evidemment, dit comme ça...

- Papa...

- Je pense à votre sécurité ! Tes sœurs et toi vous êtes tout ce que j'ai, d'accord ?

- Bien chef...

Il prenait une gorgée en opinant.

- Alors, ce SDF... Est-ce qu'il t'a fait du mal, ou...

- Non, mais il a dû y dormir... Il était sous des cartons...

- Quel âge ?

- Je ne sais pas trop... vingt-cinq ans peut-être, vingt-sept...

- Si jeune ?

- Il paraissait jeune... il avait l'air... sauvage...

Charlie haussait les épaules.

- J'irai faire un tour... Il doit y avoir des places au foyer du pasteur Webber, j'irai voir s'il lui reste des capacités d'accueil et j'irai voir ce type...

- D'accord...

Je terminais ma tasse, et ma soeur apparaissait.

- Oh Bella !

- Salut Rosalie...

Elle m'embrassait sur la joue.

- Tu ne travailles pas, aujourd'hui ?

- Non, repos !

- Super ! Ça te dit qu'on aille au ciné cet après-midi ?

- Si tu veux oui...

- Et on ira...

- Manger des glaces ! criais-je en même temps que ma sœur.

Nous éclations de rire. Des glaces... mon paradis ! Charlie soupirait, mais je vis son sourire dissimulé derrière sa tasse de café.