Puisque tout s'est passé comme je le souhaitais, voici, comme précisé dans le précédent chapitre, la suite avant la fin de cette semaine.

En espérant que cela soit à la hauteur de ce que vous attendiez :)


« Quoi ? Vous ?
_ Moi même. » répondit Cuddy.

Elle se planta devant lui, un air victorieux marquant très largement son visage.

« Vous êtes coincé. précisa t-elle, même s'il devait déjà l'avoir remarqué.
_ Les fenêtres ...
_ Barricadées. compléta t-elle.
_ Allons, vous n'êtes pas repoussante au point de me faire fuir par la fenêtre.
_ On sait tous les deux que ça ne sera jamais la raison qui vous poussera à décamper.
_ Vous me paraissez bien sûre de vous.
_ Je sais quels sont vos désirs. » répondit-elle, tac au tac.

Elle avait décidé de jouer franc jeu et n'allait pas se ménager pour enfin parvenir à le faire craquer.

« Je pourrais crier.
_ C'est mon rôle ça, non ? » répondit-elle avec beaucoup d'assurance, un peu trop au goût de son employé.

Elle le laissa un instant sans voix; cette femme qui avait ce don pour savoir comment le prendre. Il venait de tâter le terrain et devait bien se rendre à l'évidence : il n'était qu'une pente glissante où ses chances pour ne pas chuter s'amenuisaient encore et toujours un peu plus.

« Et notre Jimmy national est d'accord avec ça ? s'enquit le diagnosticien.
_ C'est lui même qui m'a soufflée l'idée.
_ J'ai toujours su que lui et la perversité étaient de proches cousins. railla t-elle à son encontre.
_ C'est toujours mieux que vous qui êtes pratiquement son frère jume ...
_ Hey Wilson ! J'espère que tu n'as rien contre le liquide séminal ! » cria t-il en direction de la porte.

Aucune réponse. Il était pourtant sûr qu'il était là, juste derrière la porte, à attendre sagement la fin de leur "entretien" et persuadé que la situation n'allait pas déraper.

« Ni contre le désordre d'ailleurs ... ajouta t-il en jetant un regard malicieux à sa supérieure.
_ Qu'est-ce qui vous fait croire qu'il ...
_ Pour commencer, lorsque vous êtes arrivée, j'ai entendu la porte se fermer à clé, comme pour s'assurer que sous aucun prétexte elle ne pourrait s'ouvrir de nouveau. Cette même clé que Wilson n'a pas pu vous donner de par son manque de confiance en moi et son obsession à croire que je pourrais en faire mauvais usage. Ce qui signifie qu'il était avec vous. De plus, il n'a pas pu repartir puisqu'il n'a tout simplement nulle part où aller : je suis, en toute modestie, la seule personne chez qui il aurait pu aller se réfugier. Mais manque de chance, son sens moral lui interdit de rentrer chez moi alors que je n'y suis pas. Je dirais également que même si ce n'était pas le cas, il serait incapable de forcer ma serrure. Et je finirais par ajouter qu'il fallait bien quelqu'un pour vérifier que, moi qui ai contrairement à monsieur Parfait le pouvoir d'ouvrir une porte fermée à clef, je ne puisse définitivement pas m'échapper. déblatéra t-il sans s'arrêter.
_ C'est bon vous avez finis ? s'impatienta t-elle.
_ Mais je pense qu'il est surtout resté pour s'assurer que nous n'allons pas causer trop de dégâts. Même si vous lui avez assuré que vous meniez la partie. » poursuivit-il, conscient d'agacer sa patronne.

Aucune contestation.

« Laissez moi deviner. Vous pensiez que la situation me déstabiliserait, que la puérilité, qui est mon domaine de prédilection, pourrait avoir effet sur moi, que votre alliance avec mon meilleur ami - que soit dit en passant je vais vous faire payer au prix fort - me ferait définitivement rendre les armes. Vous croyez pouvoir tout maîtriser, me faire fléchir pour m'inciter à réfléchir et simplement me faire plier à vos désirs. »

Un regard peu persuasif.

« Vous niez très mal. » précisa t-il avant qu'elle ne poursuive.

Un mouvement de stress.

« En quatre mots. Petit, naïf, irréfléchi, lamentable. Et vous pourrez remarquer j'y vais crescendo.
_ En quatre mots. Allez vous faire foutre. Vous aurez pu remarquer que je n'y vais pas par quatre chemins. répliqua t-elle avec virulence.
_ La situation vous échappe. Êtes vous sûre que c'est bien pour moi que Wilson est posté derrière la porte ?
_ Vous confondez tout. tenta t-elle, peu convaincue.

_ Savez-vous que le verbe confondre à plusieurs sens ? Il peut être synonyme d'accabler, de ... » s'arrêta le médecin.

Un poing serré, signe qu'il était parvenu à la ...

« Déconcerter. » termina t-il dans un murmure.

Des yeux en fuite.

Il se leva, elle abdiqua. Il avança, elle recula.
Une impression de déjà vu ...

Contre toutes ses attentes, elle se défilait, avançait à reculons et se dirigeait vers la sortie. Elle maudit le responsable; une partie solo lui aurait probablement valut une partie beaucoup plus raisonnable.

« Wilson n'est en général pas de très bon conseil. » répondit-il face à ses questions inaudibles.

Une expression trop exagérée et voilà que maintenant, il lisait dans ses pensées.

Son dos qui venait de se plaquer contre la porte lui arracha un cri de surprise qui s'étouffa entre sa gorge et ne put jamais franchir la barrière de ses lèvres lorsqu'elle sentit son employé venir frôler le dessus de sa main.

Sans cesse cette impression de déjà vu ...

Il posa ses mains de part et d'autre du battant, pour lui signifier en silence qu'elle ne s'en sortirait pas pour cette fois.

« Non ... se lamenta t-elle.
_ Particule négative exprimant le refus, l'indignation ou même l'étonnement. Vous faisiez référence à quoi là ? »

A quoi la surprise lui avait-elle servie s'il pouvait prévoir chacune de ses réparties ?

« Peu importe. Votre bouche dit non, mais vos yeux crient "Mon Dieu, prenez moi !". » reprit-il.

Il la détailla de bas en haut, finissant sa course folle le regard plongé dans le sien.

« Et ne me dites pas que cette tenue n'est pas faite pour me mettre en appétit. » se contenta t-il.

Tout en déposant ses mains sur sa taille, il se rapprocha encore un peu plus. Elle frissonna.

« Arrêtez moi si je me trompe; mais aucune règle ne m'interdit de profiter de l'adversaire.
_ Sens moral ?
_ Qu'est-ce que c'est ? demanda t-il, en tentant de feindre l'ignorance.
_ Quelque chose que vous ne connaissez visiblement pas.
_ Vrai ! s'exclama House. En revanche, je sais ce qui pourrait m'arrêter.
_ Quoi ? s'étonna t-elle.
_ De la franchise !
_ Soyez plus précis. » quémanda t-elle.

Il se pencha vers son oreille tandis qu'elle luttait pour ne rien laisser paraître de son malaise.

« Regardez moi droit dans les yeux et osez répéter ce non mensonger. »

Elle entrouvrit la bouche, mais lorsqu'il se recula pour la regarder fixement, aucun son ne parvint à s'échapper. Il la tenait.

« Je le savais ! » cria t-il, triomphant.

Elle lui résistait pour le moment, mais tous deux savaient que ce n'était qu'une question de temps et qu'elle finirait quoiqu'il adviendrait par craquer.
Il souffla brièvement, affichant un air faussement lassé par cette attente. Et pour définitivement mettre à cran sa frustration, il tenta l'éloignement. Mais les mains qui vinrent se poser sur les siennes l'en empêchèrent, confirmant par la même occasion les idées qu'il s'était déjà fait.

« Je me demande vraiment combien de secondes vous pourrez encore tenir. Puisque, ne nous mentons pas, tout n'est qu'une question de secondes. »

Une seconde; elle ne voulait rien lâcher.
Deux secondes; ses traits la trahissaient.
Trois secondes; son regard s'attendrissait.
Quatre secondes; son corps lui soufflait de céder.
Cinq secondes; elle se sentait trépasser.

« Cinq secondes ... » l'affligea son bourreau.

En sentant son souffle chaud venir délicatement picoter sa peau, elle tressauta et son cœur s'emballa, la suppliant de stopper ses douloureux battements.

Six, sept, huit secondes; elle posa ses mains sur son visage, se mit à sa hauteur puis se rapprocha.
Neuf secondes; elle frôlait le bord de ses lèvres, fermait ses paupières.
Dix secondes; et leurs bouches pouvaient enfin s'épouser.

Elle avait finalement craqué, puisque c'est comme cela que tout devait se passer.

Cinq secondes s'étaient de nouveau écoulées et déjà leurs langues, se rencontraient, se touchaient, dansaient à un rythme effréné. Un ballet à n'en plus finir.

Des coups retentirent; Wilson avait finalement décidé de se manifester, toujours au moment où il aurait mieux fait de se dissiper.

Leur baiser se figea. House se décolla, juste un peu.

« Wilson, tu m'excuseras, mais madame semble être pressée d'être satisfaite par mon corps d'Apollon et je ne veux pas qu'elle soit dans une position d'inconfort. Alors non tu n'entreras pas, non je ne sortirai pas et oui nous allons faire ce que nous avons à faire dans TON appartement. »

La seconde qui suivait, il reprenait avec autorité possession de ses lèvres. Elle s'accrochait à lui, comme si sa vie désormais en dépendait tandis que lui approfondissait son baiser, comme s'il n'avait tout simplement pas pu s'en empêcher.

Un manteau fut saisi, puis retirer à son propriétaire pour se retrouver à voler à travers la pièce. Un bruit sourd marqua son atterrissage.

Plus les secondes s'écoulaient, plus les vêtements volaient, plus des objets diverses valsaient.

Un jean rencontra un vase, qui se renversa sous son poids, se brisant avec grand fracas en se retrouvant à terre. Une veste trouva un verre, qui éclata lorsque ce dernier vint brutalement rencontrer le sol d'un peu trop près. Une main balaya une table de ce qui l'encombrait, accueillant par la suite une doyenne en médecine qui semblait plus qu'éprise par son employé.

Partout des sons venaient briser le silence qui régnait dans la pièce, chaque seconde égayée par un nouveau bruit.

Une seconde; un bois écorché.
Deux secondes; une respiration saccadée.
Trois secondes; un claquement de langue contre le palet.
Quatre secondes; un léger gémissement.
Cinq secondes; un geste stoppé.

Silence. Le calme avant la tempête; le déchainement de deux êtres qui prennent le temps de se contempler.

« Encore ... » expira t-elle entre deux bouffées d'air.

Un soutien-gorge atterrit à l'autre bout de la pièce.

Les secondes s'enchaînaient pour ne plus jamais se ressembler. Mais soudain, le temps s'accéléra, les sons s'arrêtèrent et les gestes se pressèrent pour venir les remplacer.

Cinq secondes; des coups de langue avisés.
Dix secondes; une prise se resserre de plaisir.
Quinze secondes; un téton s'affermit.
Vingt secondes; un membre se durcit.
Vingt-cinq secondes; elle saisit l'attrait de tous ses désirs.

A cet instant, une main professionnelle ne cessait de se mouvoir, se jouait de ce qui lui était offert, arrachant un râle de plaisir à celui qu'elle tentait de combler.

Un nouveau baiser échangé et les secondes qui continuaient de s'envoler. Un nouveau geste était stoppé; il voulait maintenant avancer.
Il la saisit et la porta dans ses bras; sa douleur était atténuée, sa présence valait bien quelques comprimés de Vicodin.
Elle frémit en sentant sa virilité venir se presser contre son corps déjà secoué par d'innombrables émotions.
Ensemble; ils avançaient.

Nouveau bruit. Un pied venait de heurter une lampe qui se retrouve maintenant elle aussi gisant sur le sol; laissant place à une obscurité beaucoup plus prononcée.

Nouveau son. Un lit s'affaisse sous le poids de deux personnes.
Et de nouvelles secondes venaient rythmer leurs moindres faits et gestes.

Dix secondes; une main vient toucher le mont de Vénus.
Vingt secondes; des doigts s'appliquent à soigner chacune de leur entrée.

Et les secondes passaient, et ne se ressemblaient pas; chaque instant passé comprenant un nouveau gémissement d'une femme totalement comblée.

Un autre geste stoppé, le moment étant arrivé. L'homme se surprend à laisser glisser ses doigts dans la chevelure de sa compagne; un geste attentionné qu'il n'aurait jamais pu imaginer.

Elle l'embrasse encore, réclamant en silence l'accès au 7ème ciel, la montée divine avec celui qu'elle voulait dans sa vie. Il ne lui en fallait pas plus et ne se fit pas prié un instant de plus; il attendait depuis trop longtemps. Un sourire aux lèvres, une seconde s'écoulant de nouveau et il accéda à sa requête.

Et enfin le temps décéléra.

Une seconde; il s'avança.
Deux secondes; il recula.

Et l'instant d'après tout recommençait.

Mais ses avancés et ses reculs n'avaient plus rien de semblables à ceux qui leur avaient précédées. C'était ici le genre de coups qu'ils pourraient jouer pour l'éternité.

Un ultime mouvement et ils franchirent ensemble les portes du Paradis. Un baiser passionné et il se retira; retombant sur les draps, la respiration encore haletante.

Elle vint se blottir dans ses bras; il ne la repoussa pas, il n'en avait ni le pouvoir, ni la force, ni la volonté.
Le temps semblait s'être arrêté; plus rien ne devait exister.

De nouveaux coups retentirent, leur arrachant un nouveau sourire. Les secondes recommençaient à s'enchainer comme à l'accoutumé, comme un difficile retour à la réalité.

Ils se levèrent contre leur gré et chacun entreprit de se rhabiller; constatant non sans un rire le chaos qu'ils avaient causé.

« J'en connais un qui va être content. Wilson tu es autorisé à rentrer ! » brailla le diagnosticien contre la porte.

Une porte s'ouvrit à la volée.

« Merci House, trop aimab ... »

Il ne put jamais finir sa phrase, jugeant tout ce désordre dont ses amis s'étaient rendus responsables.

« Mais qu'est-ce que ... » parvint-il à articuler.
_ Une tornade est passée. se moqua le diagnosticien.
_ Vu les dégâts, ce n'est pas une tornade, mais carrément un cataclysme !
_ Appelle ça comme tu veux. lâcha le médecin, marquant son indifférence. J'ai en revanche omis de vérifier l'état de ta chambre ... »

L'oncologue déglutit difficilement, Cuddy pouffa discrètement.

« Sur ce, nous allons te laisser !
_ C'est ça, partez et par pitié, ne revenez jamais. supplia Wilson.
_ La prochaine fois, ne nous invites pas si tu n'es pas content de nous voir. railla tout naturellement son ami.
_ J'essaierai de m'en souvenir ... »

House se retourna vers Cuddy qui observait la scène d'un regard qui se voulait toujours moqueur.

« Chez moi ? demanda t-il d'un ton calme.
_ Chez toi. » répondit simplement la doyenne.

Ils sortirent en cœur et lorsque Wilson referma enfin la porte, il prit la décision la plus censée de la journée : dormir pour cette nuit sur son canapé ...

TBC...