Décidément, je ne suis pas très productive en ce moment ... Mais je préfère amplement laisser courir un laps de temps plus ou moins important entre chaque chapitre plutôt que de poster plus rapidement en vous offrant quelque chose de déplorable. Et donc, voici la suite !
Et un grand merci pour les reviews =).
Wilson, bien qu'un instant figé par la scène qu'il venait de mettre au grand jour, se voulut très réactif puisqu'il entra dans un mouvement vif puis referma la porte d'un geste précis.
« Je ... euh ... » balbutia Wilson sans pouvoir articuler.
L'oncologue blêmit sans pouvoir se retenir, la doyenne rougit à n'en plus finir. Seul le diagnosticien parvenait encore à garder sa couleur naturelle.
« Tu ... euh ... viens encore de te fourrer dans une situation délicate ? Mais ça devient une manie ! » se moqua House alors qu'il n'avait pas bougé de sa position.
Ayant immédiatement compris l'implication du médecin dans cette fâcheuse découverte, Cuddy tentait en vain de se libérer de son emprise tandis que Wilson maudit le diagnosticien tout en se tournant pour ne pas rendre la situation encore plus gênante.
« A force de me pousser dans les bras de Cuddy, tu as finis par nous faire basculer tous les deux. Sur son bureau comme tu peux en juger. Et avant que tu ne demandes, non je n'étais pas entrain de m'assurer qu'elle ne s'était pas blessée dans sa chute, j'essayais simplement de me la faire avant que tu viennes nous déranger. poursuivit le diagnosticien tandis que Cuddy se débattait toujours.
_ House, lâchez-moi ... » ordonna t-elle, peu convaincue de l'efficacité de ses propos.
Des lèvres diaboliquement délicieuses l'empêchèrent d'achever ce qu'elle avait à dire en venant pour une énième fois s'abattre sur les siennes. Bien que rapidement tentée de se laisser transporter par la vague d'émotions qui venait de la submerger, elle parvint à garder le contrôle et ne tarda pas à calmer les ardeurs du médecin encore trop entreprenant.
Des lèvres placées à une juste portée, des dents qui se refermaient au détriment de ce que voulait vraiment leur propriétaire.
House, surpris par ce geste douloureux, recula suffisamment pour permettre à la doyenne de s'échapper. Elle ramassa ses affaires ici et là, puis fonça à toute vitesse dans sa salle d'eau. L'homme dont le sang perlé désormais sur sa lèvre antérieure ne demanda pas son reste et tenta de fuir au plus vite. Tentative qui fut rapidement réduite à néant par un certain oncologue, au regard soudainement habité par une lueur qui ne présageait rien de bon.
« BON SANG HOUSE ! s'exclama le gardien de la porte.
_ Rappelle-moi de ne jamais croiser ton chemin le jour où tes yeux arboreront de nouveau cet éclat destructeur. commenta le médecin.
_ T'es vraiment super con ! s'emporta t-il.
_ Ta maman ne t'a jamais appris qu'il fallait frapper avant d'entrer ?
_ Ne joue pas à ce jeu-là avec moi House !
_ Mais je n'ai rien fait … affirma t-il en affichant une mine d'enfant innocent.
_ Ne nie pas, je sais que tu n'es pas innocent dans cette affaire !
_ Si tu pouvais arrêter de me percer les tympans ...
_ NON ! » cria t-il encore plus fort.
House, ayant anticipé cet éclat de voix assez prenant, avait machinalement porté ses mains à ses oreilles. Il ne les retira pas tout de suite et put ainsi admirer Wilson entrain de faire des gestes amples tout en ouvrant violemment la bouche à chaque mot qu'il prononçait. Le sermon le plus reposant qu'il n'ait jamais vu.
Le peu d'audition qui lui restait étant rapidement brouillée par les vagues sons qu'émettait la voix de l'oncologue, il n'avait pas remarqué que la doyenne était sortie de sa cachette. Il ne s'en rendit compte que lorsqu'il sentit une main lui tapoter sur l'épaule. Une autre vint lui retirer ce qui l'empêchait d'écouter, un visage se rapprocha dangereusement de son oreille et un hurlement strident, en total désaccord avec ses traits si fins et délicats, s'en échappa.
« VOUS VOUS FOUTEZ DE MOI ? » hurla Cuddy aussi fort que cela était possible.
Un sifflement désagréable se propagea dans son oreille, le rendant, pour son plus grand bonheur, partiellement sourd pendant quelques secondes. Lorsqu'il se dissipa et que son ouïe redevint parfaitement claire, il regretta qu'elle ne soit pas parvenue à lui faire définitivement perdre l'audition.
« J'attends des explications ! exigea la doyenne sur un ton qui se voulait toujours élévé.
_ Moi aussi ! ajouta l'oncologue.
_ Oh vous ça va, vous n'êtes pas vraiment mieux placé ! lâcha t-elle en se tournant vers ce dernier.
_ C'est lui qui a tout manigancé !
_ C'est vous qui êtes entré dans mon bureau sans frapper !
_ On m'a dit qu'il y avait une urgence. A propos de House justement ! se justifia t-il.
_ On ? » s'empressa t-elle de demander.
House, qui était alors parti s'installer sur le siège de la doyenne, se cala bien au fond de ce dernier en attendant les plaintes qui allaient fuser à son encontre.
« Brenda ! » s'égosilla Wilson, en manquant pour un peu de s'étouffer.
Cuddy se retourna, à une vitesse lente et déconcertante, et posa un regard meurtrier sur le diagnosticien qui s'enfonça encore un peu plus dans son siège. Il feint alors le malaise afin d'éviter une confrontation qui allait à coup sûr lui coûter la vie. Il entendit quelques bruits, mais ses yeux, toujours clos, ne purent jamais lui dire quelle était leur nature exacte. Cependant, la chaussure à talon qu'il reçut en pleine face ne tarda pas à finalement lui faire deviner leur provenance ...
Bien que sonné sur le coup, House ne manqua pas de retrouver ses sarcasmes habituels.
« Hey ! Pour les jeux masochistes, on avait dit à la maison ...
_ Je crois que je vais vous laisser ... » le coupa Wilson avant qu'ils ne poursuivent leur conversation.
Il sortit aussi discrètement que possible sans obtenir de réponse puis referma la porte sans aucun bruit.
« Si vous deviez définir votre état : en colère, furieuse, ou carrément hors de vous ?
_ Hors de moi. répondit-elle sur un ton trouble.
_ Je vois ... » se contenta de répondre le médecin.
Un silence s'attarda dans la pièce. Elle marcha en direction du médecin et se posta juste en face de lui.
« Wilson doit certainement être entrain de prier pour le salue de mon âme ...
_ Mauvaise approche.
_ Non, tentative désespérée pour détendre l'atmosphère.
_ Le silence vous était plus favorable.
_ C'est un point de vue. Pour moi, il était synonyme de mise à mort longue et douloureuse.
_ C'était l'idée. » affirma t-elle.
Un nouveau silence pesa et ne trouvant pas comment tourner la situation en sa faveur, il voulut se lever, mais son tortionnaire, lui, ne l'entendait pas de cette oreille. Il s'attendait à de nouveaux cris, mais au lieu de cela, elle plaça ses mains sur les épaules du médecin. Il eut ensuite la surprise - tout d'abord agréable, puis inquiétante par la suite - de la voir poser son genou droit au milieu du bord de la chaise, pouvant ainsi appuyer sur son entrejambe.
House prit la peine de noter que le regard troublant qu'elle lui lançait ne présageait rien de bon pour ses parties intimes.
« En trois mots : méfiance, vengeance, impuissance.
_ Mais encore ? l'incita t-il à poursuivre.
_ Après le coup que vous venez de mener, vous n'êtes pas sans savoir que je m'apprête à riposter. Alors vous allez développer une méfiance démesurée face à ma personne, cherchant vainement à trouver quel pourrait être mon prochain coup fourré. Vous jèterez des coups d'œil suspicieux partout où je serais passée, vous étudierez longuement chaque chose que je pourrais vous donner, et surtout, vous analyserez chaque geste que je serais amenée à réaliser. Ma vengeance achevée, la vôtre deviendra absente, inapte à pouvoir se réaliser. Vous serez alors dépité, soumis à une certaine impuissance et vous ne vous chercherez alors non plus une contre-offensive, mais simplement une réponse. Fuir ou assumer ? Car lorsque le jeu s'arrêtera, vous devrez décider. »
Le message paraissait clair, mais puisqu'il était House et qu'il devait le rester, il risqua l'endommagement de ses atouts masculins.
« Vous pouvez répéter ? Je ne vous ai pas écoutée.
_ Je note de légères tendances suicidaires.
_ Vous insinuez que je ne peux pas vivre sans mon pénis ? Outrage ... »
Il parvint à lui arracher un large sourire.
« ... véridique. acheva t-il. Remarquez, vous non plus vous ne pouvez plus vous en passer.
_ Présomption ... Ô combien vraie. »
Elle prit la tête du diagnosticien entre ses mains et, tout en prenant bien soin d'avancer son genou toujours placé à une position stratégique, elle se pencha vers lui pour s'emparer de ses lèvres. Un baiser passionné qui se voulait sauvage et rempli de sentiments profonds et sincères.
Lorsqu'elle se recula, il en éprouva presque un certain regret. Mais il le fallait, pour que le dernier round puisse enfin se jouer.
« Je ne vous indique pas la sortie Docteur House. dit la doyenne, un sourire au coin des lèvres.
_ Vous m'allumez et vous m'éjectez ! Vous êtes le Mal Docteur Cuddy ...
_ Je n'ai jamais eu l'intention de faire quoique ce soit avec vous dans mon bureau. fit-elle en levant les yeux au ciel.
_ Mensonge !
_ Je connais ce mot. C'est une notion que vous utilisez sans cesse mais que vous osez condamner lorsqu'il n'est pas dans votre intérêt.
_ Deux options. Option un, nous demandons à Wilson de réfuter votre théorie. Option deux, je vous frustre à un tel point que vous me supplierez de vous faire des choses dans votre bureau.
_ Bien que la deuxième possibilité soit des plus alléchantes ... »
Il la regarda avec des yeux ronds. Décidément, cette femme le surprendrait toujours.
« Je pense que nous allons en rester là. »
Elle se pencha de nouveau vers lui et lui susurra dans l'oreille une fois qu'elle s'était suffisamment rapprochée.
« Pour cette fois.
_ L'audace vous va si bien. s'exalta le médecin, non sans un rire.
_ Presque aussi bien qu'à vous. » répondit-elle en s'éloignant.
Elle s'arrêta, restant volontairement à sa proximité.
« Bon eh bien, je ne vous retiens pas plus longtemps. » conclut Cuddy.
Il se leva, déposa un baiser furtif sur ses lèvres gonflées tout en étirant son sourire et se pressa pour sortir. En ouvrant la porte, il manqua pour un peu de percuter la tête de Wilson, qui devait très certainement être entrain d'espionner ce qu'il se passait dans la pièce. Le diagnosticien passa rapidement dans l'ouverture et referma la porte.
« C'est mal d'écouter aux portes Docteur Wilson. se moqua House.
_ Alors ? s'impatienta l'oncologue.
_ J'ai failli perdre un membre cher. Et ma virilité à laquelle je tiens aussi beaucoup par la même occasion. Mais au final, je m'en tire plutôt bien.
_ Que t'a t-elle dit ? le pressa t-il.
_ Des choses que tu n'imaginerais pas venant d'elle et que tu n'apprendras jamais. Reste donc dans l'ignorance. »
Et il partit sans rien ajouter de plus.
TBC...
