Bonjour mesdames et mesdames (peut-être m'sieurs!).

Je vous livre le nouveau chapitre, grâce à la correction expresse de Marion :)

Merci à : bellaeva, soraya2107, mlca66, Grazie, littlemissbelly, halay, callie226, Guest, caro623 (Edward et Bella ont 25 ans... le rythme de publication c'est quand je peux, environ tous les 15 jours et non, je ne donne pas d'extrait parce que je n'ai pas de chapitre d'avance et en général je poste dès que je finis de l'écrire), ulkan13, aude77, Guest, Shirley, erika shoval, LolaMiSweetlove, Guest (En fait oui, le SDF que croise Bella est bien Edward... Les précédents chapitres n'ont pas lieu pendant la même journée :)), Maryfanfiction (C'est vrai que Jasper n'est pas proche d'Edward), Guest, Imaginaire-de-kiki (Je ne crois pas que ce soit un Dark Edward ici...Il a juste vécu des trucs difficiles, et a une mentalité et un esprit qui iront de paire avec ce qu'il a traversé), Guest, Guest, Guest, Guest, calimero59, sarinette60, Ilonka, Katner, tacha vaillant, Habswifes, Nini Hathaway et mamoure21.

/!\ Petite note pour les lectrices anonymes : s'il vous plaît, signez vos reviews que je puisse plus facilement pour répondre au début des chapitres. Merci =)

Deux choses sont ressorties dans vos précédents commentaires : Edward a effectivement une mentalité bien à lui. Il est illetré, a eu un climat familial plus que désastreux quand il était enfant et maintenant, il n'a pas un entourage très sain. Ceci va expliquer son comportement (que vous comprendrez mieux au fil des chapitres, bien sûr!).

- Jasper et Edward n'ont pas l'air très proches. Vous avez trouvé Jasper distant. C'est effectivement un peu le cas (tenez malgré tout compte du fait que Jasper n'est pas l'habituel garçon calme et raisonnable!).

Je vous souhaite une bonne lecture,

bon dimanche.
Tiftouff19.

..::..

Chapitre 4 : tempête de neige

Bella.

J'ouvrais mes rideaux épais et découvrais avec stupeur une épaisse couche de neige immaculée étendue sur toute la ville.

Il a neigé ! J'adore la neige ! Sauf que je dois ouvrir la crèche avec Siobhanne et que je ne suis pas très téméraire pour conduire sur cette pellicule hivernale.

Je me préparais un café et des tartines, avec la radio en fond musicale. Je me sentais reconnaissante d'avoir chaud, j'aimais ce sentiment de bien-être. Le froid dehors, le confort d'un logement douillet et cosy. De la musique, un bon petit-déjeuner. Tout ce qu'il faut. Si je pouvais rester ici, blottie sous la couette à regarder la neige tomber... devant un bon film, dans mon pyjama à manger des cochonneries...

Le rêve !

Mais la pendule tournait. Presque 7h20. J'allais devoir partir plus tôt pour y être dans les temps, si je veux que ma patronne continue de me garder dans ses petits papiers. Je m'habillais chaudement, quand mon portable vibrait. Charlie.

- Oui papa ?

" - Tu es partie, Bella ? "

- J'allais le faire !

J'entendais mon père soupirer.

" - Bella, il neige et la tempête est annoncée..."

Quelle tempête ?

- Quoi ?

" - Allume ta télévision sur la chaîne météo ! On a reçu l'alerte au central !"

J'effectuais ce qu'il me disait et tombais effectivement sur le bulletin météorologique. Euh oui... c'est très moche...

- Ils ne disent pas quand ça commence ?

" - Vers midi ! Ça risque de durer jusqu'à demain après-midi ! Appelle ta patronne, de toute façon ça m'étonnerait que tu ais des enfants !"

- Tu t'inquiètes trop, Charlie !

" - Je m'inquiète pour ma fille, c'est normal ! Tu veux venir à la maison ?"

Je ne pus retenir mon rire. C'est souvent dur pour lui, il a dû nous élever Alice, Rose et moi sans présence féminine. Alors il en fait un peu trop... mais je n'arrive pas à lui en vouloir... même si j'ai essayé, et j'essaie encore de l'aider pour Alice et Rosalie...

- Je vais rester au chaud...

" - Est-ce que Siobhanne doit travailler ?"

Ah, sa Siobhanne...

- On devait faire l'ouverture ensemble...

" - Qu'elle n'y aille pas, surtout !"

Je ne pus retenir un petit rire.

- Je transmettrai ! Il serait temps que tu prennes son numéro de téléphone, papa...

" - Qu... Quoi ? Mais voyons Bella non je... Oh ! Tu me prends pour qui ? Je l'aime bien parce que tu la connais depuis longtemps et qu'elle est comme ma fille, mais..."

- Oui bien sûr papa ! Bien sûr...

" - Sois prudente, chérie !"

- Promis papa, toi aussi !

" - Comme toujours !"

Il raccrochait. J'allais composer le numéro de Lucinda mais elle me devançait. Elle avait été obligée de fermer la crèche, sur ordre du maire de la ville qui avait ordonné la fermeture des écoles et de toute structure. Je vais rester chez moi au chaud sous la couette ! Je passais mon pantalon en coton et un petit pull et aérais un peu l'appartement. Le froid rentrait immédiatement, me faisant frissonner et je refermais vite les fenêtres. Brrr... je vais me faire une bonne soupe à midi...

J'ouvrais mes placards. Bon ok. Pas de soupe. Juste une boîte de haricots verts. Moi qui comptais faire des courses après le boulot... Et cette tempête qui menace vers midi. Hum. Tant que la couche de neige est surmontable, je devrais aller faire des courses. Je me rhabillais de vêtements chauds et descendais. Je toquais chez Siobhanne, pour savoir si elle avait besoin de quelque chose.

- Je vais te suivre, je devrais faire un petit plein aussi, histoire de tenir... On prend ta camionnette ?

- Elle est bien stable !

Je nous conduisais prudemment jusqu'à la supérette à cinq minutes sans trop de dégâts, excepté les deux plaques de neige verglassantes qui avaient failli m'envoyer sur le côté droit un peu trop brutalement. La neige commençait déjà à tourbillonner, pas forcément rassurante. Le supermarché était pris d'assaut par les habitants paniqués. Je remplissais mon caddy de divers vivres, et de quelques paquets de gâteaux au chocolat pour parer à mon congé imprévu. Siobhanne avait fait un bon plein et je payais mes courses quand une vieille dame vint voir le vigile.

- Monsieur le vigile !

- Que puis-je faire pour vous, madame ?

- Il y a un SDF devant le magasin, sous l'abri des chariots ! Il n'a pas l'air en bonne forme...

- Je vais le faire partir !

- Pourquoi ne va-t-il pas au foyer du pasteur ? Bon sang ! Ce qu'ils sont têtus ces clochards, marmonnait la vieille dame.

Le clochard ? Comme celui de l'autre fois ?

Nous quittions le magasin et rejoignions la voiture. Siobhanne entassait les poches sur le plateau, et je l'aidais à tendre la bâche protectrice. Le clochard de l'autre fois était bien là. Celui-là même qui avait fouillé dans le local à poubelles de ma résidence. Il était replié sur lui-même, debout mais semblait tenir à peine droit, tant il était affalé contre l'abri. Il portait des vêtements miteux et un bonnet troué. Siobhanne me suivait avec son caddy. Le sans domicile, qui semblait sur le point de s'endormir, nous regardait comme s'il ne nous voyait pas. Sa tête tournait, littéralement. Il semblait avoir du mal à la stabiliser. Il grelottait, et ses doigts étaient presque violacés.

- Monsieur ?

- Qu'est-ce que tu fais, Bella ? demandait Sio.

Mais je ne l'écoutais pas. Personne ne devrait être dehors par un temps pareil !

- Allez au foyer du pasteur Webber, à côté de l'église... Monsieur, vous m'entendez ?

Il ouvrait les yeux et me souriait, d'un sourire sans âme, froid. Presque inquiétant. Mais qu'est-ce qui lui est arrivé à cet homme ? Il ne doit pas être guère plus vieux que moi...

- Monsieur ? Ohé ?

Je m'approchais et il reculait, se cognant le dos contre les barrières en fer. Il grimaçait.

- J'appelle le foyer...

Je sortais mon portable et composais le numéro du père d'Angela, une amie d'enfance.

" - Révérend Webber à l'appareil..."

- Bonjour mon Révérend, ici Bella Swan...

" - Oh Bella ! Que puis-je faire pour toi ? "

- Je suis à la supérette et j'ai un jeune homme face à moi, sans domicile fixe. Je peux vous l'amener ?

" - Hélas Bella, je crains de ne plus avoir de lits disponibles... Une jeune femme de vingt-deux ans est arrivée avec ses bébés, parce que violentée par son compagnon... Toutes les couches sont occupées... Tant de malheur et si peu de place... "

Quelle poisse...

- Quand aurez-vous une place ?

" - Cette femme doit partir dans trois jours, si la tempête de neige est terminée. Sa mère doit venir la chercher... Qu'il vienne à ce moment-là !"

Dans trois jours ?

- Trois jours ? Révérend, le temps est vraiment... N'avez-vous pas la possibilité de réquisitionner des lits de camp à la boutique de sport des Newton pour en réserver un à ce jeune homme ? Il va mourir de froid !

" - Mes pouvoirs ne vont malheureusement pas jusque là... Je suis désolé..."

- Pas autant que moi !

Je raccrochais. Alors quoi ? On laisse cet homme dehors ? Avec ce froid polaire ? Certainement pas !

- Il t'a dit quoi ?

- Il n'a plus de place...
Face à moi, le SDF se recroquevillait sur lui-même, pour essayer de se réchauffer. Son jeans est troué. Bon sang !

Le vent se levait, s'engouffrant sous l'abri. L'homme n'y était pas du tout à l'abri, et rien que de sentir la brise glaciale caresser ma joue, j'avais l'impression que ma peau se figeait.

- Bella ! Le temps se gâte, il faut qu'on rentre... murmurait Siobhanne.

Il va mourir de froid...

- Monsieur ? Venez avec moi !

- Tu l'emmènes où ?

- Il va venir chez moi !

Mon amie ouvrit de grands yeux. Je me rapprochais du type.

- Monsieur ? Je suis Bella, venez avec moi. Vous allez venir chez moi le temps que la tempête se termine... Vous serez au chaud... Venez !

Il fut pris d'une mauvaise toux. Non... Il ne restera pas dehors !

- Venez ! J'ai un canapé-lit et de quoi manger ! Ne restez pas ici, vous allez mourir de froid ! Suivez-moi...

Il me jaugeait du regard, presque sauvage, et regardait Siobhanne qui ne semblait pas du tout d'accord avec moi.

- Ton père sera furieux !

- Son devoir de chef de police est de veiller sur ses concitoyens ! Il ne pourra pas me reprocher de faire pareil...

Je tendais ma main vers l'homme qui, après un moment à hésiter apparemment, ou à divaguer peut-être, l'accepta. Il tanguait, semblait déséquilibré et je me tenais proche de lui pour l'accompagner à ma voiture.

Il sera mieux chez moi... Bien mieux !

::..

Je le guidais jusqu'à mon appartement, portant tant bien que mal mes quatre gros sacs de courses. J'ouvrais la porte et il me suivit, difficilement.

- Venez vous asseoir sur le canapé ! Posez vos chaussures et vos habits...

Il s'affalait sur le canapé, sans toutefois oser retirer ses habits. La chaleur de l'appartement nous enveloppait doucement.

- Vous êtes mort de froid... Allongez-vous... Voilà... Je vais vous préparer un bon déjeuner... Retirez votre blouson...

Son manteau était complètement humide. Il retirait ses chaussures en mauvais état et s'allongeait. J'attrapais ma couette du lit et la ramenais pour lui. Je le couvrais, et glissais des oreillers sous sa tête. Il était couché sur son flanc gauche, face à moi, ses jambes repliées vers lui, ses mains entre ses cuisses. Il me fixait, et grelottait comme s'il ne parvenait pas à se réchauffer.

- Ça va mieux ?

Je m'agenouillais devant lui. Sans son bonnet, il semblait faire jeune. Très jeune. Tout au plus vingt-cinq ans. Comme moi.

- J...

- Oui ? Vous avez faim ?

Bien sûr qu'il doit avoir faim, idiote !

- Vous allez rester ici le temps des intempéries !

Dehors, le vent battait des records, sifflant dans un bruit désagréable. Nous étions rentrés à temps.

- Quel est votre prénom ? Moi, je suis Bella !

Il semblait peiner à garder ses yeux ouverts.

- J... j'ai... f... froid...

Sa voix n'était qu'un murmure. Il fermait les yeux, respirant fortement. Je posais ma main sur son front. Brûlant. Il doit être malade... Il avait une mauvaise toux, aussi je décidais d'appeler mon médecin. Après tout... Le docteur était bloqué à son cabinet, mais allait tenter de passer. Il me conseilla en attendant de lui faire couler un bain tiède, puis d'en augmenter progressivement la température pour le réchauffer afin d'éviter les chocs thermiques. Il était sûrement dans le froid depuis longtemps...

Je m'exécutais, et remplissais la baignoire d'une eau tiède mais correcte, avec plein de bain moussant.

- Venez... Il faut prendre un bain pour vous réchauffer...

Il se releva difficilement, avant de me suivre. Il regardait l'eau, immobile.

- Vous allez vous réchauffer... Le médecin m'a dit que vous rajouteriez un peu d'eau chaude au fur et à mesure... Je vous ai sorti des serviettes chaudes ici, et Siobhanne doit me monter quelques affaires de son ex-compagnon qui est un peu plus grand que vous, mais guère plus... Je vous les amènerai dès qu'elle sera là ! Faites comme chez vous...

Il me regardait toujours, ses yeux vert brillants.

- J'aimerais savoir votre prénom...

- E... Edward...

Edward... J'aime beaucoup...

- Prenez votre temps, Edward...

Je refermais la porte derrière moi, espérant qu'il puisse en profiter. Siobhanne me monta plusieurs pantalons et sweats de son ex.

- Garde-les ! Il ne repassera pas les prendre maintenant ! Comment va-t-il ?

- Il est frigorifié... J'ai appelé le médecin, j'espère qu'il pourra venir... Il prend un bain...

- Tu sais que ton père peut te tuer pour héberger un inconnu...

- Je sais, mais tu l'aurais laissé dans la rue, toi ?

Elle fixait la porte close de ma salle de bains.

- Non...

Elle redescendait à son appartement, et j'attrapais les vêtements chauds. Elle les avait sûrement repassé avant de me les amener. Je toquais contre la porte et entrouvrais, comme je n'obtenais pas de réponse.

Edward était dans le bain, l'eau considérablement plus haute. Il y avait de la buée sur le miroir, et l'air était suffoquant mais il semblait bien dedans. Il tournait la tête vers moi et je me sentais rougir. Un homme nu, dans ton appartement Bella ! Je déposais les habits sur le plan à côté du lavabo.

- Voici les habits, Edward... Sortez quand vous voulez !

Je lui souriais et quittais la pièce. Je commençais à préparer à déjeuner. De la soupe, des steak hachés, des pommes de terre sautées et un yaourt. J'espère qu'il aimera...

Alors que je préparais les patates, j'entendis la porte de la salle de bains s'ouvrir. Edward en sortait, vêtu des habits propres. Le jeans était un peu grand, mais rien de trop choquant. De toute façon, je suppose qu'il ne fera pas la fine bouche... Je devais bien admettre que propre et bien habillé, il était extrêmement beau. Ses cheveux étaient mouillés, il avait dû se les laver. Il avait toujours une barbe de plusieurs jours, qui mettait en valeur ses yeux d'un vert particulier. Très foncé. Le sweat de la même couleur aidait à ce que son regard captive le vôtre. Bien rasé et bien habillé, cet homme doit faire des ravages... Le rouge me montait de nouveau aux joues.

- Est-ce que ça va mieux ?

Il me fixait, sourcils froncés, avant d'acquiescer.

- Bien... Je prépare à déjeuner...

Il regardait derrière moi, d'un air intrigué.

- Soupe, steak, patates et yaourt...

- M... Merci...

Je lui souriais.

- Allez vous allonger, je vous appellerai quand tout sera prêt.

Je l'accompagnais jusqu'au canapé où il se rallongeait. Je réajustais la couette sur son corps et alors que je la calais sur son épaule correctement, il attrapa ma main. Je sursautais sous l'effet. Qu'est-ce qu'il fait ?

Il me regardait intensément.

- M... merci Bella...

Je lui souriais.

- Repose-toi...

Je venais de le tutoyer, probablement parce qu'il paraissait de mon âge. Et vulnérable.

- Merci...

- De rien...

Il lâcha ma main quelques secondes plus tard, et il fermait les yeux. Je mis la radio en sourdine dans la partie cuisine pour ne pas le déranger. Mais quand les pommes de terre furent cuites, je constatais qu'il était profondément endormi. Apaisé.

Il a sûrement besoin de se reposer...

Je l'observais dormir. Comment a-t-il pu en arriver là à son âge ? Qu'a fait sa famille, ses amis ? Jamais je ne laisserai un de mes proches en arriver à ce point. Jamais. Pourquoi, eux, l'ont fait ? Il a forcément quelqu'un... Même un voisin, un tuteur, un cousin, que sais-je ? On ne naît pas seul... On le devient... La véritable question est de savoir pourquoi et comment on en arrive là ?

Pourquoi et comment Edward en est arrivé là ?