Quand je vois la tête de ce chapitre, je me dis qu'il commence à être vraiment temps que je pense à terminer cette fiction !
Enfin bref, voici (enfin), le treizième chapitre.
Il marchait sereinement en direction de son bureau, un large sourire étiré sur ses lèvres. "Méfiance, vengeance, impuissance."; ces trois mots résonnaient avec force dans sa tête et il savait que cela continuerait jusqu'au dénouement de cette histoire.
« Proche le dénouement alors ... » se surprit-il à penser à voix haute.
Totalement perdu dans ses pensées, il n'avait même pas remarqué qu'il venait de pousser la porte de son bureau. Plusieurs paires d'yeux virent se poser sur lui, toutes autant mêlées les unes que les autres à un sentiment d'incompréhension.
« Quel ... dénouement ? demanda Chase.
_ Wilson est entrain de se faire une infirmière. Je me disais simplement qu'il devait être proche du moment fatidique. »
Foreman leva les yeux au ciel, Thirteen, indifférente, s'évertuait à jouer avec un élastique. Taub, quant à lui, trouva un soudain intérêt à la discussion.
« Quelle infirmière ? intervint Taub pour satisfaire sa curiosité.
_ Vous voulez savoir si elle fait partie de ces femmes avec qui vous avez trompé votre femme ? répliqua House pour le faire taire.
_ Ou prouver que ce qu'il nous dit est complétement faux ? compléta le blondinet.
_ On s'en fout. ajouta le neurologue, un brin agacé.
_ Ecoutez ce monsieur noir, c'est la voix de la raison. conclut le diagnosticien pour définitivement mettre fin à cette conversation.
_ On a un cas ? demanda Thirteen qui n'avait strictement rien suivi de ce qui avait été dit avant.
_ Enfin quelqu'un qui pose des questions utiles ... Prenez-en de la graine ! » dit-il en fusillant du regard ses autres employés.
C'est à ce moment-là que Cuddy décida d'entrer dans la pièce, un dossier en main. Elle s'approcha du diagnosticien qui posa sur elle un regard suspicieux et se crispa légèrement lorsqu'elle posa une main sur son épaule.
« J'ai une annonce à faire. Je dois vous dire ... »
Son rythme cardiaque s'accéléra.
« ... que ... »
Pourquoi diable parlait-elle aussi lentement ?
« ... vous n'avez toujours aucun cas. »
Alors qu'il était entrain de s'imaginer le pire des scénarios, il avait écouté avec une grande attention tous les mots qu'elle venait de prononcer. Rien de compromettant à l'horizon; à quoi pouvait-elle bien jouer ?
« Quoi c'est tout ? Le fessier suprême se déplace pour nous annoncer que nous n'avons pas de cas ? C'est une blague ?
_ Vous avez l'air un peu à cran Docteur House. répondit-elle en adressant un sourire que seul le médecin pouvait apercevoir.
_ Disons que j'ai en ce moment un cas particulier assez prenant. Cas qui ne manquera pas d'être résolu d'ici peu, soit dit en passant.
_ Vous pouvez décoder ? tenta Chase, comprenant qu'il se tramait quelque chose.
_ Fermez la ! » s'exclamèrent House et Cuddy, en cœur.
Convaincu que s'il ne se taisait pas, ils allaient lui sauter dessus il s'enfonça dans sa chaise sans rien ajouter de plus.
« Pourquoi êtes-vous là ? Et je veux la vérité cette fois !
_ Ma vérité ou une de celles que vous attendez ?
_ Ne jouez pas sur les mots !
_ C'est marrant que vous disiez ça ... »
Il sourit nerveusement. N'était-ce pas ce qu'ils faisaient depuis quelques jours ?
« La seule explication rationnelle à cette situation étrange est que vous couchez ensemble. » se risqua Chase, conscient que c'était au péril de sa vie.
House le foudroya du regard, lui suggérant silencieusement de ne rien ajouter. Cuddy quant à elle se contenta de balancer sa tête de gauche à droite et tout en tapotant l'épaule sur laquelle sa main était toujours poser déclara :
« Pas encore assez mature pour moi. »
Tout le monde, sans exception, reporta son attention sur la doyenne, la bouche à moitié entrouverte et la machoire à deux doigts d'être décrochée. Et alors que House s'apprêtait à répliquer, elle lui tendit le dossier qu'elle tenait dans sa main depuis son arrivée et ajouta :
« En vérité, j'étais juste venue vous apporter ceci.
_ Qu'est-ce que c'est ? demanda t-il d'un air méfiant.
_ Une pièce manquante pour votre puzzle.
_ Je le savais bien que ce cas était un vrai casse-tête !
_ Il n'est complexe que parce que vous avez bien voulu qu'il le soit.
_ Comment pouvez-vous l'affirmer ?
_ Vous êtes le protagoniste de cette histoire.
_ Vous oubliez que je ne suis pas le seul à avoir un rôle important. Certaines décisions, qui ne viennent en aucun cas de moi, influent aussi sur l'évolution de la situation.
_ Ces dites décisions dépendent de celles que vous avez prises auparavant.
_ Intéressant ... fit-il, pensif.
_ Et logique. compléta t-elle, tout en l'imitant.
_ Autre chose ?
_ Pas dans l'immédiat.
_ Parfait ! conclut-il sur un ton sec.
_ Parfait ! » acheva t-elle sur un même ton.
Ils se défièrent du regard, sous le regard perplexe de leurs employés. Après quelques secondes passaient dans cette position, la doyenne se redressa et quitta finalement la pièce d'une marche ralentie, marquant sa sortie avec un déhanché qui fit pâlir d'envie le diagnosticien.
« Elle me provoque là, non ?
_ Non seulement elle vous provoque, mais en plus elle se joue de vous. enchaîna Chase, sans pour autant l'interrompre.
_ Merci de confirmer ce que je pensais. Vous êtes tout aussi perspicace que Wilson, félicitations. Quoique je ne suis pas bien sûr que ce soit un compliment. »
Il fronça les sourcils en faisant mine de réfléchir.
« Mais j'y pense ! s'exclama t-il, un air de satisfaction sur le visage. Pour vous remercier de cette perspicacité, je tiens à vous offrir deux de mes heures de consultations.
_ Ne vous sentez surtout pas obligé ... répondit l'australien sur un timbre de voix qui se voulait ironique.
_ J'y tiens, ça me fait plaisir. » rétorqua t-il, tout aussi ironiquement.
Se réjouissant de l'air indigné que venait d'adopter son employé, il décida de concentrer son attention sur le dossier qui lui avait été remis. Il l'ouvrit d'un geste peu rapide, soudainement envahi par une certaine appréhension, en priant il ne savait quelle force supérieure pour que ce ne soit qu'un simple bout de papier sans importance. Au lieu de cela, il y trouva une clé scotchée à l'intérieur, avec un mot signé de la main de la doyenne.
"Je vous rends le double de votre clé. Rassurez-vous, j'en ai fait bon usage.
Cuddy."
« Il y a quoi dans ce dossier ? quémanda innocemment Taub.
_ Un ticket VIP pour accéder au string de Cuddy.
_ Impossible, elle a dit pas assez mature. se moqua Chase.
_ Quatre heures de consultations pour notre australien préféré. Quatre ! Qui dit mieux ?
_ Six ? suggéra timidement Taub.
_ Va pour six. Commencez maintenant si vous voulez avoir finis avant demain. » dit-il en s'adressant de nouveau à Chase.
Il se leva, avec la ferme intention de voir quels dégâts sa patronne avait causés chez lui.
« Bon, les enfants, soyez sages. Papa a un léger problème à aller régler. déclara le médecin en se tournant pour se diriger vers la sortie.
_ Et nous on fait quoi ? demanda Thirteen, toujours aussi détachée de la conversation.
_ Vous pouvez toujours suivre l'exemple de votre camarade et me décharger de quelques heures de consultations. » répondit-il avant de sortir.
Il se dirigeait désormais à pas de course vers l'ascenseur. Après avoir utilisé ce dernier pour se rendre jusqu'au rez-de-chaussé, il partit en direction du bureau de la doyenne dans lequel il fit par la suite une entrée fracassante.
« Qu'est-ce que vous avez fait dans mon appartement ?
_ Moi ? Rien.
_ Vous mentez.
_ Très bien, je mens. »
Elle referma le dossier qu'elle avait devant elle, sachant pertinemment que continuer à travailler lui serait désormais impossible.
« J'écoute. s'impatienta House. Vous avez repeint ma chambre couleur rose bonbon tout en éparpillant des pétales de roses un peu partout ?
_ Je ne suis pas si cruelle.
_ Vous rigolez ? Vous êtes une vraie mégère ...
_ Oui je sais, frustrée et insatisfaite.
_ Ces adjectifs ne vous correspondent plus depuis quelques jours !
_ Prétentieux ! » le blâma t-elle.
Ne désirant plus lui répondre sans avoir obtenu de réponse, il s'avança simplement jusqu'à son bureau sur lequel il posa ses mains tout en la regardant avec insistance.
« C'est bon, vous avez gagné, je vais tout vous dire. »
Alors qu'il affichait un long sourire de satisfaction, elle lui fit signe de se rapprocher. Au moment où elle jugea qu'il était assez près, elle se leva pour combler la distance qui les séparait encore et effleura de ses lèvres l'oreille qu'il lui tendait. Seulement alors elle se décida à parler.
« JE N'AI RIEN FAIT ! » s'égosilla t-elle, parlant aussi fort que cela était possible.
Il recula d'un coup sec, surpris par ce haussement de voix qui fit une nouvelle fois siffler son oreille.
Seconde perte d'audition partielle de la journée. Si le but de cette femme était de le rendre complétement sourd, au rythme où allaient les choses, alors elle y parviendrait sans trop de difficultés.
« Comme dirait Wilson, "Deux fois dans la même journée, ça commence à faire beaucoup.". »
Sourire moqueur peu réjouissant pour celui à qui il était adressé.
« Vous savez que vous allez finir par me rendre définitivement sourd ? Quoique notez que ça présente certains avantages, et pas des moindres : ne plus vous entendre me crier dessus, ne plus écouter Wilson me faire la morale ou même ne plus avoir à entendre les plaintes de mes patients. Le super pied ! » commenta t-il, voyant qu'elle n'avait rien à dire.
Il la laissa lever les yeux au ciel avant de reprendre.
« Et je ne vous crois toujours pas. Je ne sais pas encore ce que vous trafiquez, mais je ne vais très certainement pas tarder à le découvrir ...
_ Méfiance House ...
_ Je pense que ... Quoi méfiance ?
_ Rappelez vous ce que je vous ai dit, vous allez comprendre. » lui conseilla t-elle.
Il ne mit pas longtemps à trouver où elle voulait en venir et tiqua lorsque trois mots lui revinrent à l'esprit.
« Méfiance, vengeance, impuissance ... énuméra t-il, une fois le souvenir revenu.
_ Cherchez encore, vous y êtes presque. »
C'est à ce moment-là qu'il comprit.
« Étape une : aiguiser ma méfiance ... Quelle mesquinerie !
_ Moi j'appelle ça de l'ingéniosité.
_ Et quelle est la prochaine étape ?
_ Appliquer ma vengeance. l'informa t-elle sans hésiter.
_ Hum. Tout bien réfléchi, vous êtes pire que Satan lui-même. » conclut-il en se dirigeant vers la porte de sortie.
Elle sourit de bon cœur, tandis que la porte qui se refermait derrière le médecin annonçait le début de la seconde étape.
TBC...
