Bonjour tout le monde !
Voici la suite de cette fanfiction !
Merci à vous toutes : Sexforlife, Linaewen'Z, Shirley, mlca66, littlemissbelly, Anais88, Loove. T, halai, Imaginaire-de-kiki, vanillejulie, choubidou. lily, tacha vaillant, Mariefanfiction, titemaman, soraya2107, bellaeva, katner, kikinette11, calimero59, LolaMiSweetlove, birginie, erika shoval, Lily-Rose-Bella, veronika crepuscule, Nini Hathway, Mille. Hi, sarinette60, Adore Youu, Mariefandetwilight, Habswifes, caro632, siobhanne et Ptitewam.
Merci à Marion, pour sa correction.
Passez une bonne journée, une bonne semaine.
Prenez soin de vous.
T.
~ :: ~
Chapitre 5 : Le verre brisé
Bella.
Il était déjà presque 22h30 et je peinais à garder le repas au chaud. Edward s'était endormi sur le canapé à 14h et n'avait plus bougé depuis. J'avais déjeuné, fait de l'ordinateur, étais descendue voir Siobhanne pour regarder notre série et quand j'étais remontée, Edward n'avait pas bougé d'un cheveu. Il était serré sous la couette, replié sur lui-même, son nez dépassant à peine du drap. Il semblait paisible mais je n'avais pu m'empêcher de m'inquiéter quand, malgré que je fasse la cuisine et fasse tomber des couvercles de casseroles, il n'avait pas bronché d'un pouce.
Mon médecin n'avait pas pu se déplacer à cause de la tempête qui sévissait toujours. Une énorme épaisseur blanche couvrait le goudron des routes, montant à un peu plus que la moitié de mes pneus de voiture. Le ciel était bas et gris, n'annonçant pas d'amélioration pour l'instant. Il y avait eu une petite coupure de courant dans l'après-midi, fort heureusement après notre série télévisée avec Siobhanne. J'étais contente d'avoir un brûleur à gaz pour le repas, parce qu'ils annonçaient une grande coupure cette nuit.
J'avais quand même contacté mon médecin, parce qu'Edward ne bougeait pas. Qui sait ce qui lui est arrivé ? S'il avait pris des substances avant de venir là ? Je ne sais rien de lui... Le docteur me demandait de vérifier si je percevais sa respiration, ce qui était le cas. Elle était lente et profonde. Il m'informait que je ne devais pas m'inquiéter. Être sans domicile fixe par une température pareille avait fatigué son organisme, et qu'il devait probablement récupérer de nuits rugueuses. Avec cette neige, l'organisme est mis à rude épreuve. Edward, avec ses vêtements troués, sans toit sur la tête, devait sûrement récupérer. Si ça peut lui permettre d'être bien...
Mais à 22h30, je pensais qu'il aurait besoin de manger. Je m'approchais. Dieu que je déteste réveiller les gens. Comment faire ? L'appeler ? Le secouer ?
- Edward ? Edward... Réveille-toi... Edward ?
Mais il ne bougeait pas.
- Ououh... Edward... Il est 22h30... J'ai préparé le dîner...
Je m'asseyais sur le rebord de la table basse, et dégageais un peu la couette de son visage.
- Edward ? Il est très tard, tu vas avoir faim...
Tu dois avoir faim, plus exactement... Je me levais pour aller rallumer le gaz sous la casserole pour réchauffer et je revenais près de lui.
- Edward ?
Je posais ma main sur son épaule par-dessus la couette pour le secouer légèrement.
- Edward... Ououh...
Mais je le vis bondir, littéralement, balançant sa main sur la mienne comme si je venais de l'électrocuter. Je criais et il se repliait sur le canapé, ses yeux hagards, presque fous.
- NE ME TOUCHEZ PAS ! grogna-t-il
Qu...
- Mais... Edward... je...
- Qui êtes-vous ?
- Tu... Tu ne te rappelles pas ?
Il lançait des pans d'œil sur les côtés, observant son milieu.
- Qu'est-ce que vous m'voulez ?!
Instinctivement, je reculais. On dirait un animal sauvage... prêt à bondir...
- Edward, je...Tu étais dans la rue, il y a une tempête de neige... tu étais au supermarché et j'ai appelé le foyer du pasteur Webber pour t'héberger mais c'était complet... Je t'ai fait venir chez moi... Tu as pris un bain et tu t'es endormi...
Ses yeux naviguaient de droite à gauche, comme fous, indomptables. Ses paumes se crispaient sur la couette, qu'il observait.
- Quand ? grogna-t-il.
- Quand quoi ?
- Depuis quand j'suis là ?
- Depuis ce midi... je... tu es venu, tu as pris un bain, Siobhanne t'a amené ces affaires et...
Il baissait le regard sur ses habits.
- Je ne te veux aucun mal j'ai... je t'ai préparé à manger... Il est 22h30 et je pensais que tu aurais faim... J'ai préparé des raviolis pour le dîner... j'espère que tu... tu aimes ça...
Il me regardait, hésitant. Perdu. Qu'est-ce qui a bien pu se passer pour qu'il semble si... décalé ?
- Je t'ai préparé une assiette... Tu peux...
Son regard me troublait, à la fois attirant mais effrayant.
- Aller manger...
Il me fixait, sans ciller, et au bout de longues minutes se levait enfin. Je le guidais dans la cuisine et lui désignais son assiette. Je sortais les raviolis de la casserole fumante et les lui versais devant lui. Je sortais également le fromage râpé du frigidaire et le lui donnais, avec une tranche de pain.
- Bon appétit !
Il regardait les denrées posées devant lui, et effleurait le pain du bout de l'index. Peut-être n'aime-t-il pas les raviolis ?
- Est-ce que tu veux manger autre chose ? Je dois avoir du jambon, des épinards... des haricots...
Il faisait naviguer ses yeux entre son assiette et moi, avant de prendre sa fourchette et de la planter dans les raviolis et de goûter. J'attrapais la bouteille d'eau pour lui verser un verre et attrapais une banane que je dépliais pour manger.
Si Edward mangeait précautionneusement au début, il finit par dévorer littéralement son assiette, enfournant trois ou quatre raviolis dans sa bouche et prenant à peine le temps de mâcher qu'il en rajoutait. J'essayais sincèrement de ne pas me focaliser sur ce spectacle peu... appétissant... et lui proposais du fromage.
- Tu veux du fromage râpé dessus ? Tu peux les finir...
Il opinait, imprégnant son pain de sauce tomates et le dévorait. Je le resservais et à peine ai-je mis du râpé sur son plat qu'il l'avala à une vitesse impressionnante. Je posais la moitié de ma banane restante. Je peux comprendre qu'il ait faim... mais bon... Il relevait alors la tête vers moi et me fixait, avant de reposer sa fourchette et de s'essuyer la bouche avec du sopalin.
- Pardon... marmonna-t-il.
Je lui souriais poliment.
- Tu veux du fromage ?
Il acquiesçait et je sortais la boîte. Il se coupait un morceau de camembert, avant d'en reprendre un deuxième, puis un troisième.
- Un dessert ?
Je lui tendais une pomme et il accepta un yaourt au chocolat. Je pense que s'il osait, il en prendrait un deuxième puis un troisième...
- Tu en veux un autre ?
- Non... M... Merci...
Je lui souriais et lui versais un nouveau verre d'eau qu'il but d'un trait.
- Est-ce que tu as bien dormi ?
Il me regardait, appuyé contre la chèvre, et observait la cuisine.
- Oui...
Il restait silencieux.
- Est-ce que...la neige...
- La tempête fait rage dehors... La neige est bien là et elle tient... Ils annoncent une coupure de courant...
Je me dirigeais vers la baie vitrée de l'appartement, pour observer l'évolution. Rien de mieux, malheureusement... Je sentais Edward derrière moi. Je me tournais vers lui, il avait les mains dans son dos et regardait.
- M... Merci de... pas me laisser... dans la rue...
Je lui souriais.
- Le foyer n'avait plus de places disponibles...
Il fronçait les sourcils.
- D'accord...
Je baissais les stores et tirais les rideaux.
- Tu veux regarder la télé ?
- Non je...
Quoi faire ? Veut-il discuter ? Je ne connais pas cet homme après tout...
Il frissonnait et baillait. Je regardais le canapé.
- J'imagine que tu dois être épuisé... Tu devrais te recoucher... Est-ce que tu veux dormir dans mon lit ? Ça sera peut-être plus confortable...
Il fit "non" de la tête de façon virulente et reculait.
- Non... Non pas le lit...
- D'accord... Le canapé alors...
Il y reculait sans me lâcher du regard et s'y asseyait. Je pris place dans le fauteuil et il me regardait fixement.
- Si tu as faim, sens-toi libre de prendre à manger quand tu veux... Il y a des biscuits dans le placard de la cuisine, des tisanes, des yaourts et tout ce que tu veux... Pareil si tu as besoin d'aller prendre une douche...
Il acquiesçait. Sans un mot.
- Ça fait longtemps que tu es à la rue ?
Il perdit son regard sur le mur face à lui, et se mit à compter sur ses doigts.
- Oui... Beaucoup de temps... murmura-t-il d'une voix enrouée.
Il a peut-être perdu la notion du temps... Sûrement même...
- D'accord... Est-ce que je peux... te demander... Pourquoi tu es dans la rue ?
Il fronçait les sourcils, avant de faire "non".
- D'accord...
Il a peut-être vécu des choses compliquées, traumatisantes...
- Et tu n'as pas de famille chez qui aller ?
Là encore, son regard se perdait sur le mur face à lui, avant qu'il ne fasse "non" de la tête.
- J'imagine... si tu avais de la famille, tu serais avec eux...
Il baillait une nouvelle fois.
- Je vais te laisser dormir... Je suis ici, dans ma chambre, si tu as besoin de quoi que ce soit...
Il acquiesçait et je me levais. Il se serrait sous la couette comme tout à l'heure, et me regardait.
- Bonne nuit Edward...
- Merci...
Je me dirigeais vers la salle de bains pour prendre une douche chaude.
Honnêtement, je ne sais pas quoi faire avec lui... Quoi dire... La cause de son existence dans la rue semble ne pas être à aborder... Il n'a pas l'air très à l'aise, ni très loquace.
Je fermais les robinets, me séchais et passais mon pyjama. Je regagnais ma chambre et rangeais des vêtements quand j'entendis le couinement de la porte. Bien malgré moi, je me mis à crier et je me retournais, voyant Edward qui reculait d'un pas.
- Oh pardon ! Tu m'as fait peur...
Mon cœur battait à toute vitesse. Pourquoi sa présence m'intimide ? Pourquoi je ne me sens pas à l'aise à l'idée d'être seule avec lui ici ? Qui sait ce qui pourrait se passer... Je ne le connais pas... Mais je ne peux pas lui dire de partir.
- Tu as besoin de... de quelque chose ?
- J'ai mal à la tête !
- Oh... d'accord... Je vais voir dans la pharmacie...
Il me suivit, aussi silencieux qu'un chat, et je trouvais du paracétamol. Je lui tendais un cachet et lui servais un verre d'eau.
- Tiens...
Il avala le médicament et l'eau d'une traite, avant de s'essuyer la bouche et de renifler. Je retournais lui chercher des mouchoirs.
- Ça va ?
Je le vis poser sa main sur son front. Il fit une grimace et je tendais ma main pour toucher sa peau mais il reculait, comme si je l'avais piqué. Deux fois...
- Non je veux seulement voir si... si tu as de la fièvre...
Il me regardait, semblait me jauger, avant de faire "oui". Je tendais ma main et touchais sa peau. Il était brûlant.
- Tu as effectivement de la fièvre... Il faudrait prendre ta température...
- Non... Non pas ça !
Et ben...
- Bon... D'accord... Avec le cachet ça devrait passer... Tu as besoin de repos...
Il se recouchait et se couvrait.
- Bonne nuit Edward...
Je l'entendis marmonner sans distinguer ce qu'il me disait, et rejoignais ma chambre. Instinctivement, je fermais la porte.
Mon portable vibrait. Un texto de Sio.
"Toujours vivante ?"
N'importe quoi.
"Il s'est réveillé pour manger,
il est bouillant de fièvre.
Il s'est recouché et ne m'a pas encore agressée..."
Elle mit deux minutes pour me répondre.
"Tu sais que ton père a raison quand il te dit de te méfier, pas vrai?"
Elle ne va pas s'y mettre elle aussi?
"Ne t'en fais pas, j'ai ma lacrymo dans la table de nuit,
le téléphone à portée de mains.
Je hurle s'il me fait quoi que ce soit !"
"Parfait ! Je vais tendre l'oreille !
Envoie-moi un texto quand tu te réveilles,
histoire que je ne m'inquiète pas trop...
Bonne nuit !"
Je lui souhaitais une bonne nuit et éteignais ma lampe. Il n'a pas l'air méchant... Juste... perdu...
..
Un fracas assourdissant me réveilla. 8h30. J'entendis un crissement identique à celui d'une personne qui marche dans du verre. Qu'est-ce que c'est que cette merde ? Je me levais à toute vitesse, et entrouvrais la porte de ma chambre. J'apercevais Edward agenouillé en train d'essayer de retirer des morceaux de verre par terre. Il a cassé un verre... Je m'approchais doucement.
Il observait son doigt. Evidemment, il se l'était entaillé.
- On va faire un pansement... Viens...
Il sursautait et m'observait. Agenouillé devant le tas de verres, à me regarder les yeux vers le haut, on aurait pu dire qu'il était un animal sauvage, apeuré. Animal est le terme qui lui convient le mieux... Pourtant, je déteste dire ça des humains...
- Ne bouge pas, je vais te soigner...
J'allais dans la salle de bains pour récupérer le nécessaire de secours, et revenais. Il n'avait pas bougé d'un pouce. Je l'attirais jusqu'au canapé où il s'asseyait. J'imbibais la compresse de Bétadine, et lui appliquais sur toute la longueur du doigt. Il ne s'est pas raté...
- Pardon... J'ai... je...
- Ça ne fait rien, Edward...
- Je voulais... ranger le verre et l'assiette d'hier qui étaient dans la cuisine mais... Mais j'ai cassé...
Il avait l'air réellement inquiet...
- Ce n'est rien Edward...
- Mais je voulais ranger...
J'observais la plaie afin de vérifier qu'il n'y avait pas de bout de verre et attrapais un grand pansement.
- Est-ce que tu peux plier le doigt ?
Je n'étais pas certaine que la coupure n'ait pas touché un tendon. Heureusement, il pliait le doigt sans difficulté.
- Parfait... On va mettre un pansement et tout sera effacé !
- Je voulais t'aider... pour...
- Je sais que tu voulais m'aider, et je ne t'en veux pas... souriais-je.
Il me fixait et après un instant hésitant, il me rendit son sourire.
- Je t'ai... réveillé...
- Ça ne fait rien... Est-ce que tu veux un petit-déjeuner ?
Il acquiesçait vigoureusement et je tentais de ne pas rire. Il doit avoir faim...
Je lui servis des céréales, deux petits pains au lait tranchés avec de la confiture, et du chocolat chaud. Je me contentais de déguster des céréales et du jus d'orange. Edward dévorait littéralement.
- Tu as bien dormi ?
Il opinait très rapidement, la bouche pleine. Je le vis déglutir.
- Oui... Merci...
Il est attachant à tout le temps dire "merci".
- Tu n'as pas à me remercier de tout ça... Si tu avais pu, tu aurais accueilli quelqu'un chez toi, j'en suis sûre !
Il laissait tomber ses bras le long de son corps, assis face à moi, et me fixait.
- Tout le monde s'en va quand j'arrive... murmura-t-il. C'est parce que je vis dans la rue, que je sens mauvais... c'est comme ça...
C'est si triste d'entendre quelqu'un de mon âge dire ça...
- Les gens sont méfiants... Souvent stupides... Avec la situation actuelle, tout le monde se méfie de tout le monde... tentais-je.
- Je préfère boire, après je vois pas quand les gens font des grimaces quand je suis pas loin...
Seigneur...
- Et tu...bois... Beaucoup ?
- Pas trop, James préfère la poudre !
La poudre... Un drogué... Mon dieu... Cet homme est un drogué...
- Q... qui est James ?
Mais Edward posait sa main sur la table devant moi. Je constatais qu'il tremblait un peu. Ses ongles étaient rongés.
- J'en ai pas, hein...
- De quoi ?
Il prend de la drogue... Cet homme se drogue... Je risque gros... Seigneur, qu'est-ce qui m'a pris de lui dire de venir chez moi ?
- De la poudre... J'en ai pas... J'en ai plus depuis longtemps...James est parti en chercher il a dit...
Est-il inconscient à ce point ? Depuis si longtemps à la rue qu'il est déconnecté ?
- Edward... Tu sais que la poudre... la drogue est... enfin c'est mal...
- ça tient chaud l'hiver !
Je ne connais pas ce James, mais c'est un gros idiot !
- Non Edward ! Ecoute... Ce n'est pas la drogue qui tient chaud l'hiver, c'est... c'est d'avoir une maison, un lit, des couvertures et du chauffage... La drogue, pas plus que l'alcool, ne tiennent chaud...
- Oui, mais j'ai pas de maison ! grogna-t-il avant de se lever brutalement.
Il quittait la cuisine et je l'observais rejoindre la baie-vitrée. Il regardait la neige tomber, observant l'horizon. Je le rejoignais. J'ai manqué de tact...
- Je suis désolée Edward... J'ai...
Il haussait les épaules, laissant son regard courir sur l'horizon blanc et gris. La ville avait revêtu sa parure d'hiver, romantique et captivante. Ravissante. J'aime vivre ici. Mon appartement n'est pas grand, ni luxueux, mais j'ai une vue imparable pour ce genre de panorama.
Bien sûr, si je pouvais vivre sur une île avec un hamac entre deux palmiers et du soleil toute l'année, je n'irai pas me plaindre non plus...
- J'avais une maison avant... murmura-t-il, d'une voix douce et éraillée.
Il avait les mains dans son dos, et fixait droit devant lui.
- Mais j'aimais pas ma maison...
Il me semblait le voir frissonner.
- Après j'ai eu une autre maison, mais elle ne me plaisait pas... Alors je suis parti !
A-t-il choisi volontairement d'aller dans la rue ?
- Quel âge avais-tu quand tu es parti de ton autre maison ?
Il fronçait les sourcils, comme s'il réfléchissait.
- C'était y'a longtemps...
- Tu as quel âge, Edward ?
- J'ai arrêté de compter...
- Tu n'as pas l'air plus vieux que moi...
- Quel âge as-tu ?
- Vingt-quatre ans !
Il se tournait vers moi un instant, avant de me regarder et de me sourire.
- Alors j'ai vingt-quatre ans aussi ! Comme toi...
Je lui souriais. A-t-il réellement vingt-quatre ans ? Je n'en sais rien, mais sa remarque est plutôt mignonne...
Nous restions silencieux face à la neige de longues minutes.
- As-tu encore mal à la tête ?
Il se posait la main sur le front et j'en fis de même.
- Ça a l'air d'avoir chuté un peu, mais tu es un peu chaud... Tu devrais te reposer...
Il avait fermé les yeux.
- Ta main est douce...
- Merci...
Je la retirais, comme dérangée par sa remarque.
- Va te reposer... Tu es au chaud...
Il me regardait.
- Est-ce que je vais partir quand la neige aura fondu ? me demanda-t-il.
Oh...
- Le foyer du pasteur Webber aura bientôt des places disponibles... Dans deux jours... Mais tant que la neige est à cette hauteur, tu resteras ici... Il fait trop froid pour que tu ailles dehors !
Il s'éloignait de la fenêtre et se rasseyait sur le canapé. Je crus l'entendre grogner. Evidemment, le foyer du pasteur ne sera certainement pas aussi chaleureux qu'un appartement... Mais je ne connais pas Edward et... même s'il a l'air... bon sang ! Il se drogue !
- C'est toujours pareil...Tout le monde me dit toujours de partir... Elle est pareille... marmonna-t-il.
Je pris le parti de ne pas me retourner, ne pas relever. Il ne sait pas ce qu'il dit... Il vit depuis longtemps dans la rue visiblement... Il se méfie de tout... Je ne peux pas lui dire de partir, après lui avoir dit de venir. Sauf s'il devenait trop agressif. Mais la vérité, c'est qu'il ne l'est pas. Il est juste... perdu...
