Et voilà, déjà, la suite ! En espérant qu'elle vous plaira;
Bonne lecture ! (Et encore merci pour les reviews, bien évidemment.)
House débarqua comme une furie dans son bureau, récoltant sur son passage quelques regards dans sa direction. Il se posa lourdement sur sa chaise, parcourant des yeux ses employés qui ne semblaient pas avoir bougé d'un pouce depuis qu'il était parti.
« A moins d'avoir la mémoire qui déraille, il me semble bien vous avoir envoyés en consultation. Je me trompe ?
_ Non. Mais ... commença Taub, tout en lançant des regards d'appel à l'aide à ses collègues.
_ Mais quoi ? s'impatienta House.
_ Mais après votre départ, Cuddy a appelé, en nous sommant de ne pas bouger d'où nous étions. expliqua Thirteen.
_ C'est tout ? s'informa le diagnosticien.
_ Elle a aussi précisé qu'il était hors de question que l'un d'entre nous fasse vos heures de consultations. continua Thirteen, qui avait pris la peine de retenir tout le message.
_ Je vois ... » répondit-il simplement.
House prit la peine de noter que tout cela n'annonçait rien de bon pour lui. Pourtant, il s'était préparé à cette vengeance. Mais il craignait que la surprise et la puissance du coup porté ne parviennent à lui faire perdre pied. En temps normal, cela ne l'aurait pas dérangeait plus que ça; juste assez pour le faire pester contre la doyenne pendant quelques temps avant de se venger de manière aussi petite que puérile. Mais les conditions ici présentes étaient tout sauf normales : il y avait son équipe. Et il était hors de question qu'il perde la face devant elle.
Perdu dans ses pensées, il en fut rapidement sorti lorsque la porte de son bureau s'ouvrit à la volée, laissant apparaître une Cuddy qui affichait un sourire à son goût un peu trop satisfait. Elle resta quelques secondes dans l'entrée, jugeant le diagnosticien d'un regard passionnel, tout en secouant légèrement la tête, puis se précipita vers lui.
Elle s'assit sur sa jambe valide, noua ses doigts derrière sa nuque tout en plongeant son regard bleuté dans la sien et fit basculer sa tête dans sa direction, plaquant sauvagement ses lèvres sur les siennes. Totalement prit au dépourvu, House ne sut pas comment réagir. Ce qui lui valut de se retrouver, presque contre son gré, une nouvelle fois la langue entremêlée avec celle de la doyenne.
Sans qu'il ne comprenne ni pourquoi, ni comment, elle finit par rompre le baiser et prononcer un mot qui s'infiltra dans sa tête comme un poison.
« Oui. clama Cuddy en reprenant son souffle.
_ Oui ? répéta bêtement House, encore sonné.
_ J'accepte de t'épouser. » déclara la doyenne, sous le regard médusé de toutes les personnes présentes dans la pièce.
Il allait dire quelque chose. Il voulait dire quelque chose. Mais rien ne sortit, pas même ce simple « Non ! » protestataire qui lui brûlait les lèvres.
« Qui aurait pu croire que le grand Docteur House poserait un jour le genou à terre ? » interrogea t-elle, en se retournant vers son équipe.
Non, décidément, aucun mot ne voulait sortir.
« Et ces roses ... Elles étaient vraiment magnifiques ! poursuivit-elle, un sourire enjôleur plaqué sur son visage.
_ Je ... » parvint-il enfin à articuler.
Les autres mots ne suivirent pas et restèrent coincés dans le fond de sa gorge. Après son audition, elle lui faisait maintenant perdre la parole.
En même temps, quelle attitude pouvait-il adopter ? Il analysa rapidement les options.
Option une. Contester. La question était ensuite de savoir si Cuddy était assez peu futée pour avoir oublié de décorer son bureau d'un bouquet de roses.
« Bien sûr que non ! » pensa t-il intérieurement.
Option deux. Approuver. Ou comment passer à coup sûr pour le romantique refoulé qu'il n'a jamais été.
« Jamais ! » s'ordonna t-il en silence.
Option trois, et surement la plus appropriée. Prendre ses jambes à son cou et s'enfuir avant de mourir étouffé. Parce que oui, la quinte de toux qui venait de le prendre commençait sérieusement à lui obstruer ses voies respiratoires !
« Quelque chose passe mal ? » s'inquiéta faussement la doyenne.
Il ne répondit toujours pas, trop occupé à pomper le surplus d'air que son cœur lui réclamait.
« Je comprends. Tu ne t'attendais pas à une réponse positive aussi soudaine ... » continua t-elle, désireuse d'enfoncer le clou encore un peu plus loin.
Et cette chaleur ...
« C'est moi ou il fait affreusement chaud ici ? » demanda le médecin, presque sans s'en rendre compte.
Autre option - qui s'apparenterait étrangement à celle qu'il aurait à tout prix voulu éviter. L'ouvrir et sortir l'énormité du siècle.
« Température ambiante. Il ne fait ni trop chaud, ni trop froid. C'est l'amour, le bonheur, cette sensation de plénitude inébranlable qui te donne cette impression, rien de plus. »
Il observa son équipe, guettant le moindre signe avant-coureur de sa défaite. La plus cuisante de toutes ses défaites ...
Chase et Foreman étaient partis dans un fou rire insurmontable. Taub, à deux doigts de les rejoindre, jetait des regards compatissants dans sa direction. Thirteen quant à elle affichait un sourire béat qui eut ce don tout particulier pour l'exaspérer.
L'épée de Damoclès qui flottait au dessus de sa tête vint douloureusement s'abattre sur lui. C'était le coup de grâce qui l'empêchait de pouvoir dignement se relever. Lui faire perdre toute sa crédibilité, l'empêcher de pouvoir répliquer ou bien encore le priver de toute défense existante; peu importe qu'elle avait été son but, mais elle l'avait sans nul doute atteint avec brio.
Comment une femme pouvait-elle le mettre dans un tel état ?
Alors que le regard du médecin virevoltait sans pouvoir se poser, il croisa le regard provocateur du diable réincarné. Et cette extinction de voix qui persistait ...
Sans comprendre ce qui lui arrivait, il sentit une main féminine parcourir son visage, faisant hérissé le poil de sa barbe à chacun de ses passages. Un fin sourire se dessina sur les lèvres de sa propriétaire, rendant le diagnosticien encore plus mal qu'il ne l'était déjà.
Sa victoire, pourtant si reluisante, ne lui suffisait-elle donc pas ?
« Je tenais juste à t'annoncer la bonne nouvelle. Je ne vais pas te déranger plus longtemps. »
Elle déposa un baiser sur ses lèvres entrebâillées avant de se déloger de sa position. Il ne bougea pas d'un centimètre, implorant son subconscient de pouvoir enfin lui permettre de placer quelques mots. Mais rien n'y fit; elle disparut de son champ de vision sans obtenir de réponse.
« Eh merde. finit-il enfin par lâcher.
_ Ouaw. s'étonna Chase sur un ton qui sonnait faux. Vous parlez ?
_ Bien sûr qu'il parle. Surtout lorsqu'il s'agit de faire une demande en mariage. » répondit Foreman, sans laisser au diagnosticien le temps de saisir le sens de la question.
Retrouvant peu à peu ses esprits, il percuta qu'on venait allégrement de se payer sa tête.
« Je n'ai jamais fait de demande en mariage. marmonna t-il suffisamment fort pour que tout le monde l'entende.
_ Cuddy semblait dire le contraire. commenta Taub.
_ Et elle a su nous convaincre. argumenta le neurologue.
_ Allez vous faire foutre. Tous ! » contre-attaqua House.
Il se mit à réfléchir, aussi vite que son cerveau - encore secoué par les récents événements - le lui permettait.
« Vous allez faire ça à l'église ? demanda Chase, ouvertement moqueur.
_ Fermez-là. Je réfléchis. » objecta t-il, un brin énervé.
Son cerveau avait beau tourner à toute vitesse, il ne voyait pas comment se sortir de ce pétrin.
« Eh merde ! blasphéma t-il pour se soulager.
_ On est invités ? » questionna Thirteen, en toute innocence.
Foreman et Chase éclatèrent de nouveau de rire. Taub lutta un bref instant, mais céda finalement devant le fou rire qui avait envahi ses deux collègues. Thirteen se mordit les lèvres pour ne pas faire de même, regrettant un instant la question qu'elle venait de poser. En vain.
Ces quatre rires ne tardèrent pas à irriter le diagnosticien. Il se leva, décidé à sortir pour pouvoir profiter d'un peu de calme.
« Il n'y aura pas de mariage ! » assura t-il, tandis qu'il se dirigeait vers la porte.
Il ne prit pas la peine d'écouter les réponses à la dernière phrase qu'il venait de lancer, haussant la voix sur diverses sons pour couvrir celles de ses employés, jusqu'à ce qu'il parvienne enfin à refermer entièrement la porte.
Il partait désormais vers le bureau de Wilson, même s'il n'était pas vraiment sûr d'y trouver autre chose que du rire. Il pénétra brutalement dans ce dernier et se posta en face de son ami en lui jetant des regards assez énigmatiques.
« J'ai un problème » débuta le diagnosticien.
L'oncologue leva un sourcil.
« De taille ! » poursuivit-il.
Puis l'autre.
« Qui, j'en ai conscience, risque de te faire rire aux éclats.
_ Il y a du Cuddy dans l'air ...
_ Et pas qu'un peu ! » jugea t-il bon de préciser.
House redevint soudainement silencieux.
« Bon, t'accouches ? » affligea Wilson pour en savoir plus.
Il ouvrit la bouche, puis se ravisa.
« Je crains le pire ...
_ Cuddy a dit qu'elle acceptait de m'épouser. Devant toute mon équipe. le coupa House, dans un élan de courage.
_ Tu ... Tu l'as demandé en mariage ?
_ Mais non sombre crétin !
_ Alors, pour .. Pourquoi ? parvint à demander l'oncologue, se sentant partir dans un fou rire incontrôlé.
_ M'emmerder et me désarçonner, je présume. »
Ne pouvant se retenir plus longtemps, son ami rit à n'en plus finir.
« Excuse moi House, c'est plus fort que moi. » réussit-il à dire, entre deux crises de rire.
Ce dernier se contenta de répondre par un haussement d'épaules et attendit patiemment que son ami se remette de ses émotions. Une fois que cela fut fait, il reprit :
« Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir été prévenu.
_ Oh oui, qu'est-ce que ça aurait été sinon ... répondit l'oncologue, les larmes au bord des yeux.
_ T'es sensé m'aider là, pas m'enfoncer ! s'énerva le médecin.
_ Ok ... dit-il en adoptant de nouveau un air sérieux. Que t'avait-elle dit au juste ?
_ Méfiance, vengeance, impuissance. »
Incapable de luter, Wilson repartit l'espace de quelques secondes dans un fou rire avant de reprendre.
« Je veux bien essayer de ne pas me moquer, mais là, très franchement, tu ne m'aides pas vraiment.
_ Par pitié, dis moi quelque chose d'utile !
_ Va directement lui parler. Je ne suis pas bien sûr de pouvoir t'aider sur ce coup là.
_ Merci Jimmy. Tes conseils sont toujours aussi précieux. » rétorqua House sur un ton sarcastique.
Finalement, il se leva et sortit, tandis que l'oncologue allait repartir dans une crise de rire dévastatrice.
TBC...
