Hey les ami(-e)s !
Voici un nouveau chapitre, tout beau tout frais sorti du four !
Merci à vous : LyraParleOr, Kristen Stewart Fans, Elodie pixie B, kikinette11 (tout aura des réponses au fur et à mesure), frimousse30, LolaMiSweetlove, Anais88, Grazie, Shirley, choubidou. lily, halay, aude77, bellaeva, erika shoval, Loove T., Maryfanfictions (je suis très touchée de tes mots sur le précédent chapitre! merci!), lola-pink, calimero59, Habswifes, katner, paulipopo (je ne connais pas la fic dont tu parles sur Edward SDF), Linaewen'Z, siobhanne (désolée, désormais je publierais une fois par mois mdr), vinie65, shona91, Lily-Rose-Bella, Caro632 (hum... je ne peux pas répondre à toutes tes questions pour l'instant =)), tilunarou, kristen590, sarinette60, soraya2107, mlca66 (on en saura plus sur la vie qu'a eu Edward après la mort de sa mère, dans un chapitre ultérieur), aussidagility, Nini hathaway, tacha vaillant et Nodame.
Je remercie également Marion, pour sa correction aussi express qu'efficace :)
Bonne lecture à tous et bon dimanche !
tiffany.
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chapitre 7 : question de conscience
Bella.
Quand je me réveillais ce matin, engourdie, je sentais un poids sur mon bras. Le blizzard avait cessé, malgré un vent encore présent mais plus lointain. Je me tournais vers Edward, et le trouvais couché sur son flanc gauche, mon bras droit contre lui. Vraiment contre lui. Je ne pus m'empêcher de le trouver craquant, profondément endormi avec ses bras serrant le mien contre lui, sa joue sur ma paume.
Comment peut-il arriver à vivre, avec ce qu'il a déjà traversé durant sa jeune existence ? Si j'avais vécu un tiers de ce qu'il a semblé traverser, je me serais pendue...
Voir sa mère se faire frapper, être frappé à son tour et la voir mourir, puis vivre dans la rue... Alors que je vivais une vie paisible auprès de Charlie, Alice et Rose, lui, comme peut-être d'autres enfants, traversaient l'enfer. Parfois, la vie est injuste...
Edward bougeait, sans relâcher sa pression sur ma main, et se frottait le visage en soufflant. 10H30... On aura bien dormi...
Il ouvrait les yeux, avant d'observer son environnement puis de tourner la tête vers moi. Il me regardait comme si j'étais une extraterrestre, avant de finalement me sourire timidement. Il regardait son bras tenant le mien, avant de rougir et de me le lâcher. Je commencerais presque à avoir mal au bras à l'avoir tordu.
- Oh... Tiens... Je te le rends...
J'eus un petit rire et me tournais sur mon flanc, face à lui.
-Tu as bien dormi ?
- Oui, merci... Je n'ai pas eu peur du vent...
- Tu t'es vite endormi...
- C'est parce que tu étais là... Je ne risque rien...
Mon cœur se serrait et il tendait sa main gauche entre nous. Timide, je posais la mienne contre la sienne. Je voudrais que tout aille bien pour toi... sincèrement...
- Merci Bella...
- De rien...
Il se rapprochait sans que je ne m'y attende, et déposait un léger baiser contre le recoin de ma lèvre. Il jaugeait ma réaction, avant de s'allonger près de moi. Ses lèvres sont douces... Je réprimais un frisson et me laissais aller, le sentant si près de moi. Depuis combien de temps n'ai-je pas eu de contact avec un homme ?
Je fermais les yeux, inspirant profondément. Edward posa sa main sur mon ventre, et je sentais son souffle s'apaiser, pour devenir lent. La chaleur de son haleine caressait ma peau, et je fermais les yeux, profitant de sa présence forte et vulnérable à la fois. Un homme prisonnier avec une tête et une vie d'enfant égaré...
Inexplicablement, je n'éprouvais pas le besoin de bouger, ni de quitter son étreinte. Je voulais rester là, me forcer à croire qu'il n'avait pas vécu cette horreur. Aucun enfant ne devrait vivre une telle chose, pas plus qu'il ne devrait vivre dans la rue. Peut-on envisager l'hypothèse de lui trouver un travail ? Qu'il se bouge, passe une annonce, fasse un apprentissage peut-être ?
Je rouvrais les yeux quand il gémissait, et me serrait davantage contre lui, sans pour autant se réveiller. Je l'observais, calme et serein, à mille lieues de tout son malheur. J'aurais au moins la satisfaction de lui avoir offert un peu de paix.
.. ::..
Le mauvais temps avait duré une journée de plus, mais depuis ce matin le soleil refaisait une timide apparition. Il n'y avait plus eu de vent, et la neige fondait doucement. Le cabinet médical m'avait contacté ce matin, pour m'informer que le remplaçant du docteur Cullen allait se déplacer dans la journée pour examiner Edward. Il mangeait, et avait repris du poids depuis son arrivée ici même s'il restait parfois fébrile et frissonnant. Sa fièvre partait et revenait, sans explications.
Edward sortait de la douche, fraîchement lavé.
- Le médecin doit arriver...
Il s'appuyait contre le mur de la cuisine, en acquiesçant.
- Est-ce qu'il est gentil ?
- C'est un remplaçant, je ne le connais pas...
- D'accord...
La doctoresse frappa à la porte une demi-heure plus tard, alors que nous rangions la vaisselle. Je la fis entrer, et elle examina Edward dans ma chambre, avant de me rejoindre dans la cuisine.
- Alors ?
- Votre ami semble avoir un organisme très fatigué... Il a la grippe. Je lui ai prescrit des antibiotiques, ainsi que des vitamines.
- Docteur ?
- Oui ?
- C'est un SDF, il m'a avoué prendre des drogues...
Elle opinait, sans le juger et j'appréciais son professionnalisme.
- Bien... Nous allons faire une prise de sang, pour détecter d'éventuelles maladies...
- D'accord...
Elle me fit une ordonnance, et je réglais son déplacement avant qu'elle ne parte. Edward revint, un peu pâle.
- Elle va me faire une prise de sang ?
J'opinais.
- C'est pour vérifier que tu vas bien...
- J'aime pas les piqûres...
- Moi non plus, mais c'est mieux pour toi...
- Tu resteras là ?
- Bien sûr, Edward... Je vais appeler l'infirmière à domicile, et elle viendra demain matin... Il faudra que tu restes à jeun pour ça... Ne pas manger...
Il eut un petit rire.
- Ce n'est pas très difficile, je suis plus souvent à jeun que le ventre plein...
Mon ventre se nouait, et pour changer de sujet je prenais mon téléphone pour contacter l'infirmière. Elle vint faire la prise de sang le lendemain matin, à 8h tapantes. Edward était pâle, et tenta de se dérober mais je m'asseyais près de lui, pour lui tenir la main. Je détournais mon regard de l'aiguille, pour me plonger dans les yeux vert d'Edward. Je n'avais jamais vu de vert aussi profond et puissant. Chaque paire d'yeux verts me paraîtraient bien fades maintenant...
C'était un vert intense, mais doux. Parfois dur, mais toujours viril. L'infirmière m'extirpait de ma contemplation, en retirant l'aiguille.
- Et voilà !
Après son départ, Edward se postait près de la fenêtre, les mains dans le dos.
- La neige fond...
- Oui, les routes vont se dégager...
- Et je vais rentrer chez moi, pas vrai ?
Nous n'avions pas abordé ce détail...
- Attendons les résultats de ta prise de sang d'abord...
Il va gagner un jour ou deux, tout au plus... Et il posera de nouveau la question... Mais que pouvais-je faire ? Héberger un total inconnu, bien qu'il soit parfaitement calme et posé, chez moi sans aucune garantie ? Payer un loyer pour deux, de la nourriture pour deux, faire des déplacements et des démarches pour deux ?
Avant la tempête, je ne le connaissais pas du tout.
Et maintenant, nous sommes quoi ? Une fille qui a hébergé un SDF, et lui le SDF drogué en question, au passé plus que lourd ? Est-ce une raison suffisante pour moi de le garder ici? Dieu sait dans quoi il a trempé, s'il prend de la drogue...
Edward s'asseyait sur le rebord du canapé, et tenait un magasine dans ses mains. Il traçait le contour des lettres du gros titre, les yeux dans le vide.
- Bella ?
- Oui ?
Je vins m'asseoir à ses côtés.
- Parle-moi de ta famille...
- Hum... Et bien j'ai un père Charlie qui est shérif... J'ai aussi deux sœurs, Alice et Rosalie... Alice est ma vraie sœur, mais Rose n'est que ma demie-soeur...
- Pourquoi ?
- Et bien, mon père Charlie, a épousé ma mère Renée très jeune. Je suis née, puis il y a eu Alice... Ma mère s'est vite lassée, et elle est partie avec un homme plus jeune qu'elle, Phil... Ils ont eu Rosalie, mais ils ont eu un accident de voiture à son retour de maternité et Phil et maman sont morts sur le coup. Rosalie a survécu, et comme elle n'avait plus de famille et que Charlie était toujours profondément amoureux de Renée, il a adopté Rosalie et l'a élevé avec nous deux...
- Toi aussi tu as perdu ta mère, comme moi...
- Oui, c'est vrai...
Il me souriait et attrapait ma main.
- Est-ce que tu es triste, parfois ?
- Hum... C'était il y a longtemps, et je n'ai pas bien connu ma mère... mais je suppose que parfois, oui, je suis triste de ne pas avoir ma mère pour m'aider... m'encourager... Quand je me marierais, elle ne sera pas là pour me voir... mais j'ai mon père et mes sœurs...
- Tu vas te marier ?
- J'espère, un jour...
- Moi aussi, mais c'est foutu !
- Pourquoi ?
- Parce que je ne connais pas de filles, et personne ne m'aime... des fois quand je vois des jolies filles dans la rue j'essaie de leur dire des choses gentilles mais elles changent de trottoir...
Que répondre à cela ? Que c'est dur pour lui, mais que je peux « comprendre » la réaction de ces femmes, à cause du climat actuel ?
- Je ne sais pas quoi dire aux garçons, moi...
Il me souriait.
- Mais tu es gentille, ils doivent le voir...
Je ne pus m'empêcher de rire.
- Beaucoup de garçons ont de la peau de tomates devant les yeux !
Edward fronçait les sourcils.
- Pourquoi ?
J'éclatais de rire, bien malgré moi.
- C'est une expression pour dire qu'ils ne voient pas bien... et qu'ils ne s'aperçoivent peut-être pas que je suis « gentille » comme tu dis...
- Pourtant, ça se voit...
Sa main se serrait sur la mienne.
- Tu es gentil toi aussi...
- Moins gentil que toi... parce que tu me prends chez toi, et tu n'es pas méchante !
- Tu vas me faire rougir... souriais-je.
Sa paume se posa sur ma joue.
- Rougis... c'est beau le rouge...
Je fermais les yeux en sentant son pouce balayer ma joue, et sentais le feu me monter aux oreilles. J'interrompais ce moment gênant, où mon cœur battait un peu trop vite, pour reprendre contenance.
- Tu as envie qu'on fasse un jeu ? Un pendu ? Un scrabble ?
Il me regardait, comme perdu.
- C'est quoi ?
- Le pendu ? C'est un jeu où ton adversaire écrit la première et la dernière lettre d'un mot, tu dois deviner les lettres du milieu. Si tu trouves la mauvaise lettre, on dessine petit à petit un bonhomme pendu. Il faut trouver le mot avant que le bonhomme ne soit complet...
- Et l'autre truc ?
- C'est un plateau avec des lettres, il faut écrire le plus de mots possibles avec ces lettres, et gagner le plus de points...
Il semblait hésitant.
- Alors ? Tu préfères quoi ?
- Euh... T'as pas un autre jeu ?
- Hum... des cartes, sinon... La bataille...
- Je ne connais pas trop...
- Je vais t'apprendre... Pas de pendu ou de scrabble alors ?
- Non...
Il se tassait dans le canapé, et je sortais mon jeu de cartes. J'expliquais les règles à Edward, et nous entamions notre partie.
- Je jouais des fois avec ma mère aux cartes quand l'autre n'était pas là !
Je lui souriais et posais mon 9. Il remportait la mise quand on toquait contre la porte.
- Entrez !
Sans que je ne réalise, Charlie entrait dans mon salon, et s'arrêtait net en voyant Edward. Merde... Oh, merde, merde ! Je me relevais rapidement.
- Oh... Je te dérange peut-être...
- N... non... Salut papa...
Je l'embrassais mais il ne quittait pas Edward des yeux.
- Je passais voir comment tu allais, les routes redeviennent praticables... Mais je vois que tu es en charmante compagnie...
Je m'approchais d'Edward.
- Oui, c'est Edward, mon ami... tu sais, je t'en ai parlé au téléphone... Mon ami d'école...
Charlie fronçait les sourcils.
- Je ne m'en rappelle pas...
Il s'avançait vers Edward, que je voyais clairement terrorisé devant mon père en uniforme.
- Bonjour fiston...
- B... b... Bonjour...
Edward me regardait, clairement effrayé.
- Hum papa, je te sers un café ?
Il fallait que j'éloigne Charlie, avant qu'il ne devienne trop bavard. Trop shérif, surtout.
- Oui, volontiers...
Il lançait un dernier regard à Edward, avant de me rejoindre dans la cuisine. Je préparais le café, tentant de ne pas paraître fébrile. Je ne sais pas mentir.
- Il est encore là ?
- Oui... C'est... La route, pas trop praticable, tu vois...
- Je vois oui...
Le silence de papa ne me disait rien de bon, mais je tentais de ne pas le laisser paraître.
- Et il vit où ?
- Oh euh... en banlieue je crois...
- En banlieue... à Forks ?
Merde, merde, merde...
- N... Non Seattle... tu sais, la banlieue de Seattle...
- Mouais...
Je versais le café dans la tasse, avec son sucre.
- Tu me prends pour un idiot, Bella ?
- Quoi ?
- J'en ai pas l'air, mais je sais me servir d'un portable tactile et tu as une sœur qui est très désordonnée et qui laisse trainer son téléphone partout...
ROSALIE ! Garce !
- Je vais t'expliquer, papa...
- Un SDF Bell's ! Bon sang ! Es-tu à ce point inconsciente ?
- Mais il mourrait de froid papa, et le pasteur Webber n'avait plus de place pour l'accueillir au foyer !
- Est-ce le SDF dont tu m'avais parlé ?
- Oui...
Il soupirait.
- Je ne t'imaginais pas inconsciente à ce point ! Tu ne sais RIEN de lui ! Rien !
- Papa, il a vraiment eu un début de vie déplorable... Son père a frappé sa mère à mort, il l'a frappé aussi... Il vit dans la rue, dans un milieu mauvais, et néfaste ! Il ne peut pas passer sa vie à souffrir... Il est malade, il a la grippe... Sois gentil...
- Mais s'il...
- Charlie... Papa... Il est très correct depuis qu'il est ici... Ce qu'il a vécu... Mon dieu, tu ne peux pas imaginer... Tu ne voudrais pas de sa vie pour une de tes filles, crois-moi !
Je savais que c'était bas de taper sur ses filles, mais après tout c'est la vérité...
- Il n'a pas une mine réjouissante, Bella ! Ni réjouissante, ni qui inspire la confiance !
- Et c'est quoi, pour toi, une mine qui « inspire la confiance » ? Porter un uniforme et se battre à tes côtés, comme Emmett par exemple ? Un salaire confortable et un corps body buildé ?
- Emmett n'a rien à voir là-dedans, et tu le sais !
- Tu travailles pour le public, papa ! Edward en fait partie, même s'il ne vit pas dans une grande maison confortable et ne mange pas à sa faim... Si tu savais ce qu'il a vécu... la façon qu'il a de te le raconter...
- Bella, peu importe... Tu sais combien de citoyens se sont faits agresser pour avoir laissé rentrer un inconnu chez eux ? Je ne veux pas qu'il t'arrive la même chose. Je ne veux pas te voir blessée, ou pire. Ce que tu as fait est extrêmement noble, généreux et altruiste de ta part et je n'ai pas de mots pour te dire à quel point je suis fier de toi... Mais Bella, c'est aussi de l'inconscience... Tu devrais appeler le pasteur, pour lui trouver une place au foyer. Si tu veux rendre service à ce garçon, c'est la meilleure solution !
- Mais papa...
- Il doit repartir, Bella... Les températures remontent, la neige fond. Aussi horrible que sa vie a déjà été, tu ne peux pas prendre de risques toi-même.
- C'est ce qui était prévu au départ, mais...
- Il n'y a aucune raison qui justifie que tu le gardes ! Tu n'as pas à prendre à ta charge, qu'elle soit financière ou morale, un parfait inconnu qui n'a pas l'air clair dans ses chaussures ! Il doit partir ! Des températures correctes arrivent dans deux jours, je passerai pour l'emmener au foyer. S'il faut, on ira à Seattle avec lui, il y a un foyer plus grand, ils ont des places. Je ne veux plus que tu prennes de tels risques !
- Papa...
- Non, Bella ! Tu sais que j'ai raison...
Il avala son café, en me regardant d'un air sans appel.
- Tu sais qu'il doit partir, Bella...
- Je sais, mais...
- Ne sois pas stupide, tu veux...
Je soupirais et vidais mon café dans l'évier, écœurée. Je peux « comprendre » son raisonnement, mais Edward est gentil, et si malheureux... Comment puis-je lui dire « écoute, j'aime t'avoir ici, mais tu dois repartir dans la rue, à avoir froid et sans toit » ?
Charlie rouvrait la porte de la cuisine, et toisait Edward qui regardait la pièce où nous avions disparu. Mon père passait sa main dans sa veste, et en sortait des lettres.
- Je suis passé à la poste te récupérer ton courrier !
- Merci... marmonnais-je, un peu en colère et vexée à la fois.
- Je repasserai dans deux jours, pour voir comment tu vas... Je t'appelle ce soir !
- Ok...
- Je ne le raccompagnais pas, et il dut comprendre qu'il avait prononcé les mots de trop. Nerveuse devant Edward, j'ouvrais mon courrier pour me donner une contenance. Facture, facture, facture, magazine... facture...
- C'était ton père ?
- Oui... Désolée, il est un peu... il est chef de police... Je suis désolée s'il t'a... effrayé ou...
Il ne répondit pas, et se tournait vers la fenêtre. Il fut silencieux une bonne partie de l'après-midi, et j'aurais beaucoup donné pour avoir le fond de ses pensées. J'espère qu'il n'a rien entendu...
Edward mangea peu ce soir-là, et j'écourtais ma discussion téléphonique avec Charlie. Dans ma chambre, j'envoyais un joli texto à ma sœur.
« Rose, la prochaine fois tu peux garder ton portable dans ta poche !
Papa a fouillé dans tes sms et a vu notre échange, génial !
Merci ! »
Sa réponse ne se fit pas attendre.
« Dis donc, j'y suis pour rien !
Comment je pouvais savoir que papa savait se servir
d'un téléphone tactile ? »
J'étais énervée, même si j'avais tort. Après tout, d'habitude elle a toujours son téléphone greffé à sa poche, à tel point que ses jeans ont la trace blanche ! Elle ne pouvait pas le garder, pour une fois ?
Je souhaitais une bonne nuit à Edward, alors qu'il se couchait dans le canapé. J'allais éteindre la lumière du salon, quand je l'entendis.
- Bella ?
- Oui ?
- Merci pour tout ce que tu as fait pour moi... Tu es quelqu'un de bien !
- Je t'en prie...
Inexplicablement, je trouvais sa phrase acide. Une mauvaise sensation m'envahissait, me faisant tourner la tête. Plutôt que de dormir, je restais éveillée toute la nuit, de peur d'entendre Edward partir, ou de l'entendre venir me dire qu'il s'en allait. Je prétextais avoir soif, pour me lever plusieurs fois. Mais non. Il dormait profondément, comme un enfant et je restais là, à l'observer.
Il ne mérite vraiment pas tout ce bazar autour de lui...
Ce matin, je fus réveillée par le téléphone fixe. Je me précipitais au salon, pour qu'il ne réveille pas Edward. Ma patronne.
« - Bonjour Bella, je te réveille ? »
- Non Ilona, c'est bon...
« - Les conditions météo s'améliorent nettement, nous réouvrirons la crèche demain matin à 7h30 ! »
- Très bien...
« - Tu feras l'ouverture avec Siobhanne... Tu peux lui transmettre ? »
- Bien sûr...
« - Merci Bella ! Bonne journée ! »
- Vous aussi, Ilona !
Je raccrochais, et Edward se réveillait.
- Désolée, c'était mon boulot...
- C'est pas grave...
- Je dois aller prévenir Siobhanne pour demain, ensuite j'irais faire quelques courses... Tu voudras venir si tu te sens mieux ?
- Je crois que j'ai encore de la fièvre...
Je touchais son front. Il était encore un peu chaud, mais nettement moins depuis qu'il prenait son traitement que j'avais été chercher à pieds après la visite du docteur.
- Tu devrais prendre un bain encore... ça te fait du bien...
Il opinait et je lui souriais.
- Je vais voir Siobhanne, j'en ai pour une minute...
- Ok...
- Sers-toi pour déjeuner !
J'enfilais ma veste épaisse, et descendais toquer chez mon amie. Elle m'ouvrait, les cheveux en bataille. Je transmettais l'information, et la laissais m'offrir un café.
- Edward est encore avec toi ?
- Oui, Charlie est venu il m'a passé un savon...
- Je sais...
- Comment ça tu sais ?
- Il est passé en descendant de chez toi pour voir si j'avais besoin de quoi que ce soit...
- Ohhh !
Je ne pus m'empêcher de rire, et Siobhanne me tapait le bras.
- Sans commentaire s'il te plaît !
- Tu lui plais vraiment !
- Il est gentil, c'est tout !
- Tu vas devenir ma belle-mère je sens !
- Sors d'ici atroce fille !
J'éclatais de rire et partais voir si ma boîte aux lettres était pleine. Il y avait les résultats d'analyses de sang d'Edward. Fébrile, je l'ouvrais. Tout a l'air ok pour lui, rien d'anormal à part un petit taux un peu au-dessus des normes, mais rien d'alarmant. Pas de maladies contagieuses ou autres...
Je grimpais chez moi pour l'en informer.
- Oh, tant mieux ! C'est bien alors ?
- Oui, pour toi et ta santé c'est très bien !
Je lui tendais le papier.
- Je vais me doucher, et aller faire les courses... Les routes sont praticables et le temps reprend une allure normale. Les températures sont correctes ! Tu viens avec moi ?
- Je... non... je ne crois pas...
- Oh... D'accord, c'est pas grave... Tu aurais pu choisir ce que tu aimes manger mais...
Il me souriait timidement.
- Fais comme pour toi...
Je lui souriais, et m'éclipsais dans la salle de bains pour prendre ma douche chaude. Rien de mieux... Je me sentais soulagée qu'Edward n'ait pas de maladies contagieuses, ou mortelles. Il a déjà assez souffert dans sa vie comme ça...
J'étais en train de me sécher, quand j'entendis l'entrée s'ouvrir et se fermer.
- Edward ? C'est qui ?
Je n'ai pas entendu sonner pourtant...
- Edward ?
Prise d'un mauvais pressentiment, je me rhabillais rapidement et ouvrais la porte. Edward n'était plus sur le canapé.
- Edward ? Tu es là ?
Je me précipitais dans ma chambre, le cœur battant à toute vitesse. Personne. Personne non plus aux WC ni dans la cuisine et...
Mon placard ouvert... La boîte où je mets mon argent ouverte et vide...
Et Edward qui n'est plus là.
Je courrais en bas, en l'appelant mais il avait déjà disparu. Merde, merde ! Merde !
- Bella ? Pourquoi tu cries ?
Siobhanne apparaissait en bas. La bile remontait dans ma gorge, me donnant envie de vomir devant l'évidence.
- Edward s'est tiré avec mon fric !
