Grâce à un élan d'inspiration, un peu plus de cinq mois après avoir commencé cette fiction, je suis enfin en mesure de vous présenter ce dernier chapitre.

Je remercie tous ceux qui ont suivi cette histoire jusqu'au bout. Je tiens également à dire un merci tout particulier à LittleMissFierce, Spongebob, Huudyy, Niila, Q28.3, estrella'zz, Adema-Rahel-Huddy-Simhona, Huddy in my heart, Kaelity, Josam, sagmig, Fanhouse et CGCath. Bref, merci à tous ces gens qui ont pris le temps de donner leur avis.

J'écrirai peut-être un épilogue, mais au cas où je ne le ferai pas, j'annonce cette fiction comme étant terminée.

Bonne lecture pour ce final, un peu plus long que les autres chapitres !


House se rendit au rez-de-chaussée pour ensuite se diriger vers le fief de sa patronne. L'heure de la confrontation avait sonné. Il y entra sans frapper et s'avança énergiquement jusqu'à son bureau.

« Docteur House; je ne pensais pas vous revoir de si tôt. Votre petit escapade dans le bureau de Wilson s'est-elle bien passée ? s'amusa t-elle, décidée à le pousser à bout.
_ Mis à part des moqueries équivoques, des sarcasmes incessants et une tendance horripilante à pactiser avec l'ennemi, je dirais que ... oui. expédia t-il d'un ton plein de reproches.
_ Ce n'est pas pas votre meilleur ami pour rien.
_ Traître de meilleur serait plus approprié. la corrigea t-il tout en s'asseyant dans un geste habituel sur le siège.
_ A vrai dire, meilleur ami réfléchi conviendrait mieux. surenchérit-elle en se calant contre son dossier.
_ Quand vous aurez finis de lui jeter des fleurs, nous pourrons peut-être trouver un sujet de conversation moins acariâtre.
_ Vous n'êtes qu'un mauvais joueur.
_ Et vous une tricheuse. répliqua t-il d'une voix rauque tout en lui offrant une mine des plus boudeuses.
_ Je n'ai fait qu'utiliser un joker ! se défendit-elle, offensée.
_ M'opposer à une prestidigitatrice aux tendances foutrement perverses, ce n'était déjà pas très équitable. Mais alors, ajouter le coup de l'acolyte surprise que vous appelez si subtilement joker, là c'était franchement déloyal ! Pour quelqu'un qui prône l'égalité des chances, c'est franchement peu reluisant ! »

Elle sourit exagérément, amusée par ses paroles. Il ne blâmait leur alliance que par principe, pour ne pas avoir à avouer que leur petit manège avait été astucieux et terriblement efficace.

« Ne vous avisez plus de l'enrôler pour défendre votre cause ! ordonna le médecin, tout en essayer de se convaincre qu'elle accepterait sa sommation.
_ Embrigader serait bien mieux approprié.
_ Quoi ? Vous l'avez forcé ? lâcha t-il, offusqué.
_ Calmez-vous, je plaisante. Je n'en ai pas eu le besoin.
_ Je le savais. Wilson a toujours été un faible avec les femmes, il leur cède toujours pour de maigres raisons. Quelques compliments, un sourire enjôleur, une apparence potable et il vous mange dans la main. Notez qu'en insistant un peu, il trompera même sa femme !
_ Votre mauvaise foi dépasse l'entendement. Il a simplement jugé bon de m'aider à lutter contre la cause perdue que vous étiez.
_ Admettons ... grogna le diagnosticien. Ça ne retire cependant en rien de la véracité à mes propos !
_ Je comprends votre emportement; le sujet Wilson est encore un sujet sensible ... Nous en reparlerons quand vous aurez digéré notre coopération. En attendant, si vous le voulez bien, concluons le jeu.
_ Enfin une parole sensée ! »

Ils plissèrent tous deux les yeux pour tenter de mieux discerner les intentions de l'autre puis laissèrent peser un long silence à travers la pièce.
Silence que la doyenne décida de briser en première.

« Donc, nous sommes sur la ligne d'arrivée.
_ On dirait bien. se contenta de répondre le praticien.
_ Et nous devons conclure la partie.
_ Vous avez tout compris; bravo docteur Cuddy ! » affirma t-il, d'un ton moqueur.

Nouvelle interruption du son.

« Avant j'aurais quelque chose à dire ! s'exclama le diagnosticien en levant la main.
_ Je vous écoute.
_ Le coup du mariage; c'était ...
_ Très ingénieux. se félicita la doyenne, satisfaite de voir que ce coup l'avait vraiment marqué.
_ Surtout incroyablement cruel.
_ Parce que vous avez cru que venir chez moi pour me border après m'avoir aguichée, c'était plus rutilant ?
_ Vous m'aviez cherché !
_ Je vous retourne le compliment. » le décontenança t-elle, restée totalement impassible face à son accusation.

Un point pour elle.

« Vous n'aviez qu'à ne pas ouvrir les hostilités ! se défendit le médecin, continuant sa réprobation.
_ Quoi ? s'indigna la doyenne. C'est moi qui ai ...
_ ... lancé le jeu. compléta t-il sans lui laisser le temps de finir. Oui, vous avez raison. »

Un point pour lui.

« Proposé serait plus exact.
_ Qu'est-ce que ça change ?
_ Eh bien, vous auriez tout aussi bien pu refuser d'y participer. » continua t-elle, sans se laisser impressionner.

Second point point en faveur de la doyenne.

« Arrêtez d'essayer de vous donner bonne conscience. Vous êtes l'unique fautive dans cette histoire car vous savez pertinemment bien que je ne peux pas résister à ce genre de proposition. En particulier lorsque la personne qui m'encourage à aller vers ces jeux douteux est celle qui habituellement m'empêche d'y participer. »

Deuxième point pour le diagnosticien.

« Je n'ai aucun problème de conscience. Si c'était à refaire, je le referai.
_ Quelle joueuse ...
_ Et je ne pense pas que vous irez vous en plaindre.
_ En effet. »

Un point dans chaque camp.

« Vous savez quoi ? Je déclare match nul. admit finalement House, jugeant qu'elle le méritait vraiment.
_ Je croyais que ce jeu ne pouvait pas rimer avec une égalité. rappela Cuddy en répétant mot pour mot ce qu'il avait dit.
_ En réalité, il ne pouvait tout simplement pas s'accorder avec la précédente égalité que vous m'aviez proposé.
_ Parce qu'elle était trop ... commença la doyenne.
_ Précoce ? Sans intérêt ? Frustrante ? proposa le médecin pour l'aider à compléter sa phrase.
_ Une combinaison de ces termes collerait parfaitement.
_ Alors que celle ci est ... poursuivit-il, en cherchant les mots qui pourraient convenir.
_ Idéale ? Avantageuse ? Jouissante ?
_ Un mélange de tous ces adjectifs devrait faire l'affaire.
_ Dans ce cas, vendu pour l'égalité parfaite. » conclut-elle, mettant ainsi un terme à leur délassement.

Ils soupirèrent d'aise, laissant de nouveau un silence s'installer dans le bureau.

« Je ne vois pas où Wilson voulait en venir. » reprit finalement le diagnosticien.

Cuddy l'interrogea du regard, l'invitant silencieusement à continuer.

« La désignation du gagnant devait, selon lui, poser quelques problèmes. précisa t-il pour éclaircir son esprit.
_ C'est le cas. répondit-elle en un instant.
_ Je ne vous suis absolument pas. informa t-il, définitivement perdu.
_ C'est pourtant très simple.
_ Dans ce cas, expliquez-moi. Même si, connaissant Wilson, il s'agit probablement de quelque chose de très rébarbatif. »

Cuddy inspira une grande bouffée d'oxygène tout en fermant les yeux pour se préparer à ce qui allait suivre.

« Si j'en juge par votre niveau de concentration, la complexité de ses propos doit vraiment atteindre des sommets. commenta le diagnosticien, hilare en voyant sa patronne se retourner le cerveau pour si peu.
_ Pour une personne normale, non. Pour vous, c'est une autre toute autre histoire. Alors je cherche les mots appropriés pour ne pas vous voir prendre vos jambes à votre cou.
_ A noter que cette manœuvre risque d'être difficilement réalisable étant donné que je suis infirme.
_ Fermez-la ! » exigea t-elle en affichant un air foncièrement menaçant.

Il s'enfonça dans son siège et obéit, sans trop savoir pourquoi.

« Bien. Wilson est en possession - et je pense que cela va décupler ces envies que vous avez de lui pourrir la vie - de données que vous n'avez pas.
_ Vous permettez que j'aille verser du poil à gratter dans ses vêtements ? quémanda t-il, feignant être l'enfant avide de vengeance qu'elle lui décrivait.
_ Et donc, poursuivit-elle en accordant aucune importance à sa remarque, ce sont ces données manquantes qui font que vous ne comprenez pas.
_ Vous avez raison, c'est très simpliste. commenta le diagnosticien.
_ Et probant. ajouta la doyenne.
_ Assurément ! Continuez.
_ Wilson connait les motivations qui m'ont poussée à jouer. avoua t-elle, un tantinet gênée.
_ Elles ne me sont pas inconnues non plus.
_ Vraiment ? fit-elle, surprise. Dans ce cas, nous parlerons de données habilement évitées.
_ Arrêtez de m'analyser et donnez moi votre perception du véritable gagnant. » exigea t-il d'une voix rude et colérique.

Il se pencha un peu pour prêter une attention toute particulière à ce qu'elle allait dire.
Interdite, elle le regarda avec des yeux ronds, cherchant à desceller quel piège il était en train de lui tendre.

« Pas de piège, juste une écoute. Je suis - pour une des rares fois dans ma vie - disposé à vous entendre. Sans vous interrompre, sans vous envoyer de remarques désobligeantes et sans faire de sortie théâtrale. Alors ne vous faites pas prier car l'offre risque de ne pas tenir très longtemps. » déblatéra le diagnosticien sans s'arrêter.

Comprenant qu'il était sérieux, Cuddy ne perdit pas une seule minute.

« Il y a deux façons d'être gagnant dans ce jeu. Une première qui consiste évidemment à remporter une victoire et une deuxième, qui elle se résume à atteindre le but que nous nous étions fixés en acceptant le jeu. » commença t-elle, accompagnant ses paroles avec des gestes.

Il ne disait rien, se contentant d'être attentif, comme il lui avait promis.

« Si votre objectif est d'imposer votre supériorité et d'écraser tous ceux qui oseront vous affronter, perdre vous vaudra donc une double défaite. » poursuivit-elle, en plongeant son regard dans le sien.

Elle marqua une légère pause.

« Mais si comme moi, votre but est d'avoir un autre retour du jeu, la première victoire devient totalement dérisoire et sans importance. »

Nouveau temps d'arrêt.

« Mon ambition était de nous donner la possibilité de vivre quelque chose de nouveau. Pendant et après le jeu. »

Elle sourit, en pensant à ce qu'elle allait dire. Tout lui paraissait tellement irréaliste.

« J'ai clairement réussi à tout changer tant que le jeu perdurait. Qu'en est-il maintenant qu'il est finis ? Allez vous retourner à vos perpétuelles occupations comme si de rien n'était ? acheva Cuddy, sachant que c'est maintenant que tout se jouer vraiment.
_ Et vous refusez l'accès à mon corps, alors que maintenant que vous avez goûté à ses bienfaits, vous ne pourrez plus vous en passer ? expira le médecin pour détendre l'atmosphère.
_ Présomptueux ! lâcha t-elle en riant.
_ Jamais ! » répliqua t-il en lui offrant une moue exagérée.

Il porta ensuite sa main à sa barbe et d'une voix rocailleuse lui demanda.

« Donc, si je vous suis bien, vous voulez savoir si vous avez cette seconde victoire pour conclure définitivement le jeu ? »

Elle acquiesça d'un mouvement bref de la tête.

« Vous voulez poursuivre le rapprochement que nous avons commencé ? » l'interrogea t-il, même s'il connaissait déjà la réponse.

Elle secoua une nouvelle fois la tête dans un mouvement vertical.

« Je resterai insupportable.
_ Je sais.
_ Je continuerai de vous pourrir la vie à l'hôpital.
_ Je n'en doute pas une seule seconde.
_ Je ne suis absolument pas démonstratif !
_ J'en ai conscience. »

Il fit mine de réfléchir un instant.

« Très bien. Si vous bannissez le mot mariage de votre langage, je vous attribuerai très volontiers cette victoire !
_ Je vous ai traumatisé à ce point-là ?
_ Vous n'imaginez même pas ! » s'exclama House en adoptant un air apeuré.

Elle rit aux éclats.

« Très bien, j'accepte d'oublier ce terme.
_ Dans ce cas, considérez votre but comme étant atteint. » l'informa le diagnosticien, la désignant ainsi gagnante pour cette partie.

Elle lui offrit un sourire des plus radieux.

« Apprenez également que vous êtes conviée à venir dîner chez moi ce soir.
_ J'accepte cette invitation avec grand plaisir. annonça t-elle avec beaucoup d'entrain.
_ Je ne cuisinerai pas ! jugea bon de préciser le médecin.
_ Je ne viens pas pour vos talents culinaires. Vous aurez bien d'autres occasions pour me les montrer.
_ Parfait. Réservez toute votre soirée et la nuit complète. Je ne suis pas bien sûr de consentir à vous laisser repartir après.
_ La question est de savoir si vous parviendrez à me retenir. »

Le praticien décida de ne pas répondre par la parole. Il préféra laisser ses actes parler pour lui. Il se leva, fit passer une lueur provocatrice dans son regard puis contourna le bureau de la doyenne.

Cuddy ne le quitta pas des yeux, jusqu'au moment où il se retrouva planté devant elle. Elle le vit prendre un appui sur son siège, un autre sur son bureau et fondre en direction de ses lèvres. Il y a plaqua possessivement les siennes, y mêlant à la fois douceur et passion.
Elle voulut instinctivement approfondir le baiser, mais lui se contenta de mordiller la partie inférieure de ses lèvres et finit par se reculer sans prévenir, lui arrachant un râle de frustration.

Il se redressa tout en déclarant.

« J'ai bien d'autres arguments, mais je pense que celui ci suffira pour vous convaincre.
_ Étrange pour quelqu'un qui dit ne pas être démonstratif. se moqua t-elle, un sourire espiègle étiré sur les lèvres.
_ Enlevez moi ce sourire de satisfaction et arrêtez de me contredire ! » s'écria le diagnosticien, faussement outré par l'attitude de sa patronne.

Il lui offrit son dos et se dirigea vers la sortie avant de reprendre sans se retourner.

« 20 heures tapantes chez moi. lui signifia t-il. Tâchez d'être à l'heure ! »

Alors qu'il avançait sa main pour ouvrir la porte, elle abandonna définitivement le jeu pour déclarer de sa voix la plus sincère.

« Merci de nous donner une chance. »

Il haussa nonchalamment les épaules, feignant l'indifférence face à ce trop plein de gratitude.

« Et pour répondre à votre question, non, je ne pourrai plus vous laissez vous passer de mon corps. Mieux encore, vous venez d'y gagner un accès exclusif ! Félicitations docteur Cuddy. » affirma le diagnosticien, décidant d'ignorer sa dernière réplique.

Elle maintint son sourire. Il venait de lui dire qu'elle avait gagné sur tous les points.
Et surtout, c'était sa façon bien à lui de lui signifier que le jeu était vraiment finis.

Fin.


N'hésitez pas à me faire part de vos remarques. Qu'elles soient bonnes ou mauvaises, elles seront lues, relues et grandement appréciées.

A bientôt.