Salut tout le monde !

Voici le nouveau chapitre, après le dernier qui vous a un peu interpellé avec un Edward qui s'enfuit comme un voleur.

Merci à vous : littlemissbelly, Shirley, choubidou. lily, Fo7, erika shoval, vinie65, Imaginaire-de-kiki, aussidagility, ulkan13, halay, Anais88, Grazie, Soraya2107, annso601, bellaeva, olivia59350, pounine, Elodie pixie B, mlca66, paulipopo, tacha vaillant, katner, Maryfanfictions, liki0da, Lily-Rose-Bella, ambre (c'est certain que les MaJ de fanfictions deviennent plus rares maintenant, tout a une fin), Laura, Lisa1905, Caro632, sarinette60, Vanessa, Mariefandetwilight, aude77, twilight-I-love-you, calimero59, Nini Hathaway et fan de twilight.

Je vous souhaite une bonne lecture !

Passez une bonne semaine, prenez soin de vous.
Tiffany.

=X=

Chapitre 8 : La rose

Edward.

Il fallait bien que je parte de chez Bella. Elle ne voulait pas me le dire, parce qu'elle est douce et gentille mais son père, lui, il l'a voulu. Il a crié bien assez fort quand ils étaient dans la cuisine, et j'ai tout entendu. J'aurais bien voulu dire au revoir à Bella, mais elle m'aurait dit de rester et son père n'aurait pas été content.

Un père qui n'est pas content, ça fait toujours du mal et je ne veux pas que Bella ait mal...

Si c'est ce que le père de Bella veut, alors je pars. C'est toujours comme ça, de toute façon. On veut que je m'en aille, je m'en vais. Anthony n'a jamais voulu que je reste, et il a tout fait pour que je parte. Il a tué maman, pour que je m'en aille. C'est mieux en prison, qu'avec moi. C'est toujours mieux quand je ne suis pas là... donc, c'est mieux pour Bella, aussi...

Même si elle disait que le temps était meilleur et que la neige avait fondu, il faisait encore vraiment très froid dehors. Je n'aurais plus le chauffage, ni sa couette, ni à manger. La faim, tout le temps le grognement dans mon ventre et l'envie de vomir. Bella ne connaît pas ça, et tant mieux parce que ce n'est pas une vie pour une jeune femme belle comme elle, et douce aussi. Rien que de penser à partir, mon ventre s'était mis à gargouiller, ma tête à tourner violemment et je me sentais mal, l'eau à la bouche à penser que mon dernier vrai repas serait celui de midi avant un long moment.

Et Esmé ne pose plus beaucoup de sandwichs aux endroits habituels...

Jasper me donnera un peu à manger, mais il finira par s'agacer comme d'habitude et me dira de dégager. La cave va être humide, et la mauvaise odeur va persister encore. Peut-être même que je ne pourrai pas y rentrer. Au-dessus de la porte, il y a une canalisation qui fuit et qui goutte sur la poignée. Parfois, ça gèle et je ne peux pas y rentrer. De toute façon, il y fait trop froid...

Je sentais les billets dans ma poche. J'ai pris l'argent, que Bella met dans sa petite boîte au-dessus de la cuisinière. Je suis si désolé, mais il fait froid dehors...

J'aurais voulu lui dire merci, ou même ne pas du tout partir de chez elle mais heh, il le fallait. Son père était furieux. Je voulais faire quelque chose pour elle, parce que j'ai aimé qu'elle me serre contre elle, me console et me fasse venir avec elle sans me juger quand il y a eu le vent.

Je marchais le long de la grande rue, sans me retourner parce que je savais que j'apercevrais encore la fenêtre de l'appartement de Bella. Maman me disait souvent que les anges existent mais sont rares. Que quand on les voit, il fallait rester près d'eux. Je suis sûr qu'elle en est devenue un, et qu'elle a fait exprès de placer Bella devant moi pour me sauver. J'entends souvent que des SDF meurent de faim et de froid. Elle m'a sauvé la vie. Je sais que ce n'est pas honnête de lui voler son argent, maman n'aurait pas été contente mais je n'ai pas d'argent pour lui dire merci.

Il y avait la dame qui vendait des fleurs dans la rue. J'aimais bien passer devant chez elle, parce que ça sentait toujours bon et qu'il y avait une sorte de petit chauffage qui projetait une température agréable. Elle était toujours gentille avec moi, et me donnait un peu à manger parfois. Elle avait toujours de très jolies fleurs, et sa tante tenait déjà le magasin quand maman et moi on se baladait ensemble quand l'autre n'était pas là. Maman s'arrêtait toujours devant les roses, multicolores. Elle disait qu'elles étaient très jolies, et elle me faisait sentir la fleur. Mais elle ne voulait jamais s'en acheter, parce que sinon papa crisait et elle prenait encore des coups.

- Bonjour Edward !

- Bonjour Rebecca.

Rebecca. Elle s'appelle Rebecca.

- Je ne t'avais pas vu depuis longtemps, je m'inquiétais...

- J'étais chez une gentille fille, qui m'a sauvé. Elle m'a pris chez elle un moment...

- C'est extrêmement noble de sa part...

Oui, elle a été gentille et moi je lui ai volé l'argent...

- Comment s'appelle-t-elle ?

- Elle s'appelle Bella...

Rebecca souriait, et ramenait contre elle les pans de sa veste.

- C'est très joli, Bella !

- Elle est très jolie aussi...

- Je n'en doute pas...

- J'ai volé son argent...

Elle soupirait.

- Oh... Edward...

- Mais je vais avoir faim... Peut-être pas ce soir, mais demain soir, ou après-demain...

- C'est mal de voler Edward...

- Je sais...

Rebecca avait toujours ces jolies roses qui plaisaient tant à maman.

- Je voudrais dire pardon à Bella, mais elle va être furieuse...

- Elle aurait de quoi, sincèrement...

- Je veux lui acheter une fleur... est-ce que c'est bien ? Maman aimait ces fleurs...

Elle me souriait. Je sais que ça ne sera pas vraiment un cadeau puisque c'est son argent... Mais Carlisle offrait souvent des fleurs à Esmé et elle avait toujours l'air contente.

- Ce serait bien... je suppose... Quelle fleur tu veux ?

Il y avait des jaunes, des roses, des rouges, mais des plus originales aussi. Des violettes, des blanches aux bordures rouges, des oranges...

- La violette est jolie...

- D'accord... Tu veux y mettre un mot ?

- Oui... « Pardon »... Mais je ne sais pas écrire...

- Je vais le faire...

Elle marquait ce qui devait être « pardon » et emballait la fleur. Et ma pauvre maman qui aimait ces fleurs tellement...

- J'en veux une autre aussi... Pour maman...

Elle prenait la violette, et me la tendait.

- Je te l'offre celle-là...

- Merci Rebecca... Tu es gentille...

- Toi aussi, tu es touchant...

Et maman aura au moins une rose comme elle voulait, maintenant... ça faisait longtemps que je voulais lui amener une fleur...

- Est-ce que tu veux que je lui envoie la fleur ?

- Oui, ça serait bien... Si j'y retourne elle va être en colère...

- D'accord... Tu as de quoi manger ? J'ai un sandwich que je n'ai pas voulu manger ce midi, tu le veux ?

Ne jamais dire non à de la nourriture...

- Oui, merci...

Elle revenait avec un sandwich épais et me le tendait.

- Merci...

- De rien...

Une cliente s'approchait des fleurs, mais elle m'observait de bas en haut. Il faut que je parte, je dois toujours partir...

Je saluais Rebecca, et elle s'approchait de la cliente. Je reprenais la route, avec un peu d'argent et un sandwich. Je le mangerai demain dans l'après-midi, comme ça je n'aurai pas faim demain soir, et je ne gaspillerai pas le sandwich à midi... Il faut toujours réfléchir... Un repas par jour, je le faisais avant Bella quand j'avais de la chance.

Mon ventre gargouillait déjà, mais ce n'était pas le moment de le manger. La salive remplissait ma bouche, je voulais déjà sentir le fromage du sandwich.

Le grand mur du cimetière apparaissait sur le côté de la rue, et je voulais aller porter la rose à maman. Elle sera contente, j'en suis sûr ! Je n'aimais pas trop venir là, parce qu'avoir juste le droit de voir une tombe avec du marbre gris à la place de ma mère, c'était injuste... Et c'était injuste qu'elle soit dessous. James disait que ça ne sert à rien de venir là, qu'elle n'est plus qu'un sac d'os maintenant... un sac d'os brisés... mais je m'en fous, elle ne méritait pas ça...

Je déposais la fleur sur la tombe, qui était vide ou presque. La dernière fois je lui ai amené un petit bouquet de fleurs des champs, mais le bouquet s'était sûrement envolé avec le vent... J'aimerais que ça reste...

Il faut que je cale la rose, pour qu'elle ne s'envole pas. Mais bon, un pauvre caillou ne fera rien... Il y avait une tombe pas très loin qui n'avait qu'un bouquet fané depuis très longtemps. Plus personne ne venait voir la personne morte, alors je me levais et prenais le vase. J'y mettais la rose, et la calais avec des caillasses.

- Tiens maman, j'espère que ça te fait plaisir...

Je m'asseyais face à la tombe. Comment c'est là-haut, maman ? Est-ce que tu as une meilleure vie ? J'espère que personne ne te fait de mal... comment es-tu montée tout en haut ? Est-ce que tu me vois, assise sur un nuage ? Je n'ai plus rien sans toi, maman... Comment as-tu fait pour aller tout là-haut ? Comment ça se passe, après ? Ça fait quoi, de mourir ?

Quand j'étais petit, elle répondait à toutes mes questions... Maintenant, j'ai beaucoup de questions mais plus de réponses...

..

- Salut Jazz !

Il sursautait et se retournait.

- Putain Edward merde ! Tu m'as fichu une de ces trouilles !

- Pardon...

Il faisait chaud dans son garage.

- T'étais où ces derniers temps, bordel ? Tu sais qu'Esmé et Carlisle t'ont cherché partout ? Ils ont failli se planter en voiture à plusieurs reprises, parce qu'ils te cherchaient pour que tu ne crèves pas de froid !

- J'étais chez Bella...

- C'est qui, Bella ? Encore une de tes copines camées ?

- Non, c'est une gentille fille et elle ne prend pas de la drogue... Elle m'a même fait soigner parce que j'étais malade...

Jasper eut un petit rire.

- C'était une inconsciente alors !

- Elle était gentille !

- Et pourquoi tu n'es plus chez elle, alors ?

- Parce que son père ne veut pas...

- Ah ben ça... Faut pas que ça t'étonne... Pousse-toi !

Il attrapait des clés et des outils derrière moi, et s'agenouillait avant de se coucher sur sa planche à roulettes et de passer sous une voiture.

- T'as vu Esmé et Carlisle ?

- Tous les jours Edward ! Ce sont mes parents !

- T'es resté chez eux quand il a neigé ?

- Evidemment que oui ! D'ailleurs, tu pourrais être au chaud chez eux toi aussi ! C'est uniquement parce que tu as voulu te barrer que tu n'as pas de toit ! Tu ne peux t'en prendre qu'à toi même ! Tes putains de fugues ont eu raison de leur patience !

- Ils ne m'ont pas cherché hein...

- Putain arrête de dire ces conneries ! Ils t'ont cherché partout TOUT LE TEMPS ! Tu ne sais pas à quel point ça a bouffé papa et maman ! Le commissariat les appelait toutes les semaines parce qu'ils te voyaient errer le long d'un pont ! Pourquoi tu leur as fait ça ?

- Carlisle ressemble trop à Anthony...

- Ils sont frères !

- Carlisle me criait dessus !

Tout le temps, comme Anthony.

Jasper sortait de sous la voiture, le visage plein de cambouis.

- Mais parce que tu te barrais, bougre d'idiot ! Tu partais de cette maison alors que tu avais tout pour te retaper ! On aurait pu être heureux tous les quatre, tu aurais pu aller à l'école, apprendre à lire et rattraper tout ce que ton con de père ne t'a pas fait faire parce qu'il était aussi bête que ses pieds ! Mais toi non, tu ne voulais pas ! Tu n'en as jamais rien eu à foutre !

C'est toujours de ma faute.

Jasper repassait sous le véhicule.

- D'ailleurs, à propos de ton père, il est sorti de taule...

Il est sorti... Il a réussi... Il est là, en ville.

- Quoi ?

- Carlisle a tout fait pour qu'il ne t'approche pas, mais le chef de police a dit que tu devais aller les trouver toi-même.

- Où il est ?

- J'sais pas et j'veux pas savoir ! Ton père est un tocard !

Jasper continuait de réparer la voiture, sans rien dire de plus. Alors, Anthony est hors de la prison... Et s'il me cherche ? S'il veut m'éliminer comme il l'a fait pour maman ? Est-ce que je retrouverais maman là-haut ? Et comment on fait pour y aller ?

Il va falloir que je me cache alors. Des fois quand j'étais petit, maman m'achetait des jouets et je m'amusais avec. Mais quand elle entendait les freins dans l'allée, elle me disait d'aller me cacher, et de mettre les jeux dans les petites boîtes sous mon lit. Souvent, je restais caché sous le lit aussi.

- Jasper ? J'peux rester ici ?

- Pourquoi faire ?

- Il fait froid encore...

- Hum...

Il ne me répondit pas de suite.

- Et si tu retournais voir Carlisle et Esmé, plutôt ?

- Non... Anthony sait où ils sont et Carlisle ressemble trop à Anthony !

- Arrête avec ça ! Carlisle n'a RIEN à voir avec ton père, et tu le sais !

- Je peux rester ici ? J'ai de l'argent maintenant, je peux payer un peu si tu veux...

Il se relevait et soupirait.

- Mais c'est pas vrai ! Tu te fous de moi ou quoi ?

- Quoi ?

Des fois, je ne comprends pas toujours Jasper... Il est gentil, mais des fois il est méchant...

- Tu vas pas me payer, t'as pas un rond ! T'es mon cousin, bordel !

- Alors, j'peux rester ?

- Oui ! Mais seulement tu te lèves avant que les clients n'arrivent et tu vas te balader ! Tu sais bien que ta présence les fait partir !

- J'suis pas méchant pourtant !

- Moi j'le sais, mais voir un SDF traîner ça fait toujours fuir les clients !

- Ok !

Je passais une longue partie de l'après-midi à le regarder travailler, passer des coups de fil. Ce n'était pas un métier facile, mais il était doué. Vraiment doué.

- Quelle heure il est ?

- 19h, je vais fermer le garage...

J'entendais une voiture se garer dans l'allée, et comme Jasper le voulait, je me planquais dans son bureau. Cet endroit était vraiment désordonné, et je détestais le désordre. Il y avait des papiers étalés partout, des stylos, des trombones. De nombreuses notes sur le mur, et je ne savais pas à quoi elles correspondaient mais j'aurais aimé être en mesure de les lire. Je connais quelques lettres, quelques mots, mais jamais assez pour faire une phrase.

- Non, il est là...

C'est Anthony, il est venu me chercher... Mon cœur battait à toute vitesse. Jasper ne le laisserait pas s'approcher quand même, si ? Mais je n'avais aucune façon de partir, sans me montrer. Autant y aller maintenant. En finir... Dans le coin de la pièce, il y avait une matraque que Jasper conservait si jamais quelqu'un venait lui chercher des noises. Je l'attrapais et la glissais derrière mon dos, ouvrant la porte.

Je m'attendais à voir Anthony, mais j'apercevais mon oncle et ma tante. Esmé se jetait sur moi, me déstabilisant et manquant de me faire tomber.

- Oh Edward mon chéri ! Nous t'avons cherché partout ! Tu vas bien ?

Carlisle s'approchait.

- Edward... fiston... Rentre avec nous !

Je n'aimais pas les yeux verts de Carlisle, parce qu'ils étaient pareils que ceux d'Anthony. Un vert froid et dur, qui ne me plaisait pas du tout. Je n'aime pas me regarder dans la glace, parce que je vois toujours Anthony dans le miroir.

- Non...

- Où étais-tu alors qu'il a fait si froid ?

- J'étais à l'abri...

Esmé caressait ma joue, mais je n'aimais pas trop ça. Ce n'est pas à elle de le faire, elle n'est pas ma mère !

- Chéri, rentre avec nous au moins le temps que ça se calme...

- Non !

- Tu ne peux pas rester dans le froid, Edward ! Sois raisonnable !

La voix de Carlisle tonnait dans le garage. Je n'aime pas ses yeux, et je n'aime pas sa voix non plus. Elle est dure et sans âme. Comme Anthony.

- Ton père est sorti de prison, il vaudrait mieux que tu évites de le croiser. A la maison, tu seras en sécurité...

Eviter de le croiser. Ce n'était peut-être pas une mauvaise chose de le croiser finalement.

- Je connais mieux la rue que lui, je pourrai toujours lui échapper !

- Dieu sait ce qui se passerait s'il te croisait...

- Il faudra que je le croise un jour...

Et ce jour-là, je saurais quoi faire.

Je pourrais en finir avec lui, le balancer contre un mur à son tour, le laisser tomber et mettre des coups de pieds jusqu'à entendre le plus minuscule de ses os craquer. Le voir se briser, pisser du sang jusqu'à ce qu'il ferme les yeux pour que je ne voie plus jamais le vert de son regard. Crever comme un chien !

=X=

Bella.

- J'ai du mal à croire qu'il ait fait ça...

- C'était un SDF, Bella ! Tu t'attendais à quoi, sincèrement ?

Siobhanne me ramenait un chocolat chaud et me le tendait.

- Tiens !

- Merci...

- Ton père avait raison ! Tu n'aurais pas dû l'héberger...

Je sais...

- Il était gentil pourtant, et tellement perdu...

- Si perdu qu'il s'est tiré comme un voleur, parce que c'est un voleur, avec tes économies ! Tu vas porter plainte, j'espère ?

- Quoi ?

Porter plainte contre un homme qui n'a AUCUNE ressource ? Un homme que j'ai hébergé sans contrepartie ? Si Charlie l'apprend, il va m'égorger !

- Non...

- Tu es cinglée...

- Merci Siobhanne !

- C'est la vérité, et tu le sais !

Même si je le détestais pour avoir pris mon argent, je ne pouvais que « tenter » de comprendre. Seul, sans argent, repartir dans le froid sans toit ni nourriture. J'aurais certainement fait pareil si j'avais été à sa place...

- Il a dû entendre Charlie me parler dans la cuisine, et aura pris peur...

- Ne lui cherche pas d'excuses ! Il t'a pris ton argent !

On sonnait à la porte de mon appartement.

- Entrez !

Rosalie fit son apparition, suivie d'Alice. Mes deux sœurs m'embrassèrent.

- On a reçu ton texto, qu'est-ce qui se passe ?

- Où est ton SDF ?

- Il est parti après la venue de papa... avec mon argent...

- Quoi ? Oh mon dieu ! Tu dois porter plainte ! S'exclamait Rosalie

- Mais arrêtez avec ça !

Alice soupirait.

- Ton bon cœur te perdra, grande sœur...

- Tu veux que j'en parle à Emmett ? Il pourra le rechercher, et récupérer ton argent sans que papa ne le sache...

- Non ! Emmett est comme cul et chemise avec papa ! Il ne sait pas tenir sa langue ! Il est flic, et Charlie est son supérieur ! S'il veut devenir sheriff à la retraite de papa, il ne tiendra pas sa langue sur une histoire pareille !

Alice fouillait dans son sac.

- Tu as besoin d'argent pour finir la semaine et toucher ton salaire ? Je peux te prêter un peu...

- J'avais quelques courses à faire...

- Je vais te prêter 100$, si ça te suffit !

- Largement, c'est juste pour faire des courses... je dois toucher mon salaire vendredi ! Je te les rendrais tout de suite !

- Y'a pas de souci, Bella ! Tu m'as souvent dépannée !

Alice me tendait les cent dollars, et je la remerciais.

- Combien t'a-t-il dérobé, au juste ?

- Presque 200$...

- Quand même...

- J'ai été idiote de les mettre dans ma boîte !

- Emmett t'a toujours dit de te trouver autre chose que ta petite boîte en aluminium... Mais ceci dit, ne cherche pas d'excuses à ce type ! Il t'a volé ton argent !

Je me sentais déçue, à vrai dire. Déçue et humiliée. Je lui ai ouvert mon appartement, et il me remercie en me volant mon argent... Je l'ai nourri, soigné. J'ai même dormi avec lui !

Quelque part, Charlie avait raison. Je ne connaissais pas cet homme, et c'était de l'inconscience pure et dure. Mais Edward a vécu tellement de choses affreuses... Il méritait une seconde chance...

Siobhanne soupirait.

- Je crois que ça te servira de leçon, on ne va pas t'accabler davantage...

- D'accord... merci les filles !

Rosalie fouillait aussi dans son sac.

- Tiens, j'ai cinquante dollars... ça te fera un petit supplément...

- Non Rose, ça suffit...

- Tu me les rendras quand tu pourras, ce n'est rien !

- Vous êtes gentilles les filles !

J'aimais mes sœurs, du plus profond de moi-même. Elles étaient généreuses et gentilles, la main sur le cœur. Un peu moins naïves que moi.

- On va se mater un film entre filles, pour oublier...

Rose et Alice fouillaient dans mes DVD, pour finalement tomber d'accord sur je-ne-sais-quel-film. Je n'arrivais pas à me concentrer sur les images, repensant sans cesse à ce qu'Edward avait fait. Me prendre mon argent, partir comme un voleur sans un au-revoir et encore moins sans retenue.

Mes sœurs et Siobhanne se disputaient une priorité sur l'acteur principal.

- Il est à moi ! Il est sexy !

- Il a dit dans une interview qu'il aimait les blondes, je suis toute indiquée dans ce cas-là !

- Tu as Emmett ! Nous sommes célibataires Rose !

- Hey ! Mais c'est tant pis pour vous mes grosses, décolorez-vous et on en reparlera ! Quoi que ça se verra toujours que vous n'êtes pas des vraies blondes !

Elles éclataient de rire. Mon dieu seigneur... bande de folles !

On sonnait à ma porte et je me levais. Une jeune femme d'une trentaine d'années se tenait sur le palier.

- Je peux vous aider ?

- Bonsoir, excusez-moi de vous déranger, je cherche Bella...

- Je suis Bella !

Elle me tendait une rose d'une couleur violine absolument magnifique, emballée dans un papier transparent élégant, accompagnée d'une petite carte.

- Je suis Rebecca, gérante de La Petite Fleur... Je dois vous livrer cette rose...

- Une rose ? Pour moi ?

J'entendais clairement les filles baisser le son de la télévision.

- Oui...

J'inspirais la douce odeur parfumée de la fleur, fermant les yeux. Divine...

- Merci, mais...

- C'est de la part d'Edward, pour s'excuser... Il est désolé de vous avoir...

- Vous l'avez vu ? Vous le connaissez ?

Elle m'adressait un petit sourire.

- Je le connais un peu, oui... Je le vois de temps en temps devant mon magasin. Il y passe souvent, il venait déjà du temps de la gérance de la boutique par ma tante quand il était enfant...

- Oh...

- Il est sincèrement désolé...

- D'accord...

- Bonne soirée, Bella...

- Merci beaucoup !

Je refermais la carte et les filles bondissaient sur moi.

- Il t'offre une rose ? S'excitait Alice

- Avec son argent, je te rappelle... sermonnait Rose.

- Fais voir ! Il y a une carte...

J'attrapais la petite carte élégante, où était inscrit un simple mais néanmoins touchant« pardon ».

- Qu'est-ce que tu vas faire ? Me demandait Alice.

- Je n'en sais rien... La mettre dans un vase, pour commencer...

Je prenais un vase fin, et le remplissais, avant d'y mettre la jolie fleur. Pourquoi as-tu fait ça, Edward ?