Salut tout le monde,
hum, à la vérité je n'aime pas poster un chapitre à la hâte. Mais le délail de quinze jours est dépassé, et plus important (pour moi en tout cas), ma tante a été victime d'un AVC hier soir, et d'une sirose. Elle est hospitalisée, mais stabilisée. Je poste donc ce chapitre entre deux flottements. Entre deux attentes.
Je vous remercie bien sûr toutes et tous pour vos messages adorables sur le chapitre 10. Le style est un peu différent de ce que je fais d'habitude, c'est une certitude mais je voulais essayer.
Merci à Marion pour sa correction.
Prenez soin de vous, passez un bon week-end !
tiffany.
=X=
Chapitre 10 : La promesse
Point de vue de Bella.
J'étais assise sur le lit de Rosalie. Cette dernière, Alice et moi profitions du dîner chez notre père pour discuter. Charlie était seul au rez-de-chaussée et je me sentais un peu coupable mais j'aimais passer du temps avec mes sœurs, et il comprenait ça. J'ai toujours été l'adulte de la maison, alors être simplement avec les filles à faire ces trucs de nanas comme se passer du vernis, parler shopping et maquillage, c'est agréable !
- Emmett n'est pas venu ce soir ?
- Non, il est de garde au commissariat... soupirait Rose.
Alice souriait.
- T'as l'air blasé...
- Surtout en manque, si tu savais ce qu'il m'a fait cette nuit... Il m'a allongée au bord du matelas, a pris mes...
- Stop !
Je ne veux RIEN savoir !
- Voyons Bella ! Je ne suis pas née dans un chou et toi non plus ! C'est naturel !
- C'est parce qu'elle est seule depuis trop longtemps ! Complétait Alice.
- Non, c'est juste que je ne veux pas avoir à imaginer ma petite sœur faire ça...
- Moi, je ferais bien ces cochonneries avec ton garagiste !
- Ne dis pas ça devant papa... Il pourrait aller cramer le garage, tu sais ?
Alice riait et sortait ses vernis à ongles. Elle en avait autant, sinon plus, que dans une parfumerie.
- À ton avis, il aime quoi ? Le vert pomme, le vert pistache, le vert sapin ? Ou alors je vais dans le sobre, violine... ou un violet un peu plus pep's...
Doux jésus... Cette fille est malade !
- Le violet foncé te va bien !
- Tu vas chercher quand ton vieux tas de ferrailles ?
- Quand il m'aura appelé...
- Et il t'appelle quand ?
- Aucune idée !
- Non parce que, ce jour-là, t'as intérêt à m'appeler... Si tu y vas sans moi, je te promets que je n'ai plus de sœur !
- Sans blague... soupirais-je. Et oui, le violet foncé te va mieux !
- Vendu !
Elle se tartinait les ongles avec grand soin, appliquant une base transparente afin de « faire briller » la couleur. Pourquoi pas, après tout... Je lui empruntais son vernis blanc, et m'en passais une petite couche. Rosalie, elle, tamponnait des petites images sur ses ongles, accomplissant ainsi elle-même sa propre manucure.
On toquait deux petits coups contre la porte et je savais que c'était Charlie. Parce que, déjà, il n'y avait que lui en dehors de nous dans la maison, et surtout parce qu'il attendait toujours d'avoir l'autorisation d'entrer. Il avait vite appris qu'avec trois filles, il fallait qu'il respecte une certaine intimité et une certaine distance. Bien sûr, ça ne gênait aucune d'entre nous qu'il entre sans frapper, mais il nous respectait.
- Entre papa !
Charlie passait sa tête par l'entrebâillement de la porte.
- Les filles, je vais aller me... Oh seigneur ce que ça sent mauvais ! C'est quoi ?
- Du dissolvant, papa !
- Aérez-moi cette chambre ! Tu ne vas pas respirer ça pour dormir, Rosalie !
- Papa... soupirait-elle.
- Tu ne sens pas cette odeur ? C'est affreux ! Aère !
Elle soufflait, mais obtempérait.
- Bella, si tu veux dormir là, ta chambre est faite !
Je lui souriais.
- Je ne sais pas vraiment comment je vais rentrer, sans voiture...
- Reste ici...
- D'accord... Merci papa !
- Ne me remercie pas d'accueillir ma fille chez elle !
Je savais que ce n'était pour lui qu'un prétexte. Me savoir en appartement ne le rassurait pas, et il passait son temps à me dire que sa maison était la mienne. Et bon, en même temps, je ne vais pas rentrer à pieds...
- Bonne nuit les filles ! Je vous aime...
- Nous aussi papa !
- Ouais...
Il refermait la porte, certainement plus ému qu'il ne voulait le montrer. Nous n'aurions jamais assez de mots, pour qu'on lui dise à quel point nous l'aimions.
- Au fait, tu as revu le SDF ?
- Non...
- Oh...
J'espérais, même s'il m'avait volé, que rien ne lui était arrivé. Il ne mérite pas de souffrir, une nouvelle fois.
- Qu'il reste loin de toi ! Te voler n'est pas honnête après ce que tu as fait pour lui ! Tranchait Rosalie.
- Je suis contre le vol, mais on ne peut pas comprendre... il vit dans la rue, Rosalie... expliquait Alice.
- Et alors ? Qu'il fasse comme les autres ! Qu'il aille se trouver un emploi et se construise une vie...
- Rose !
Comment peut-elle tenir de tels propos ? Peut-être que ce n'est pas évident pour lui ? Qui voudrait accueillir dans sa boîte un homme qui n'a certainement pas les moyens de se doucher ? Sur la théorie, c'est indigne. Mais en pratique, les patrons ne veulent pas d'un employé barbu qui sent mauvais. C'est comme ça. Malheureusement.
- Quoi ? Il t'a volé, Bella ! Volé ! Et tu le défends ?
- Il est... Il a souffert... Sa mère s'est faite tuer par son père devant ses yeux... Il frappait sa mère devant lui... Tu crois que ça permet à un enfant d'être équilibré, ça ?
- Mais tu ne peux pas avoir pitié de tous les malheurs du monde ! Ce type t'a volé, et ne t'apportera que du tourment ! Si j'étais toi, aucune pitié ! Il ne le mérite pas ! Tu es trop gentille, Bella !
Ce qu'elle peut m'énerver...
- Laisse tomber, Rosalie !
- Ah ben t'as raison tiens...
- Hey les filles, vous disputez pas !
- Je vais me coucher, je suis fatiguée...
Je refermais le vernis, et quittais la pièce pour rejoindre ma petite chambre. Peut-être un peu puérile, mais Rose peut être bornée... Alors, autant s'éloigner avant que ça ne dégénère, avant que ça ne soit plus dur à gérer.
J'enfilais une vieille chemise de nuit qui traînait, et m'installais dans mon lit avec un vieux bouquin. Ce n'est pas toujours simple de vivre avec deux sœurs. Ce sont des conflits en permanence, des disputes plus fortes mais aussi et toujours...
- Je peux entrer ?
- Vas-y Rose...
- Je suis désolée...
Mais aussi et toujours des réconciliations... Rosalie s'asseyait sur le rebord du lit.
- Excuse-moi...
- Ce n'est rien...
- Pourquoi tu es sur les dents quand on te parle de lui ?
- J'en sais rien... Tout ce qu'il a vécu... c'était atroce à entendre, alors à vivre...
Rose s'installait plus confortablement.
- Dis, tu sais que ce genre de profil... peut être dangereux ? Tu ne connais pas grand chose de ce type... Si ça se trouve, il est psychopathe ou...
- Rosalie... Il est gentil... Il est juste... pleins de troubles et perdu...
- Je te demande de te méfier, quand même...
- Promis...
- Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit... Ma mère et mon père sont morts, je n'ai qu'Alice, toi, et Charlie... Je ne supporterai pas de te perdre !
Elle ne parlait pas souvent de Renée et Phil. Moi aussi, j'ai perdu ma mère. Mais j'ai encore Charlie, et même si Rosalie l'a aussi, ce ne sera jamais pareil...
- Je suis et serai prudente, Rose... C'est juré !
- Câlin ?
- Câlin !
Elle m'attirait contre elle et me serrait. Je ne peux pas oublier que je suis sa grande sœur, à elle et Alice. Je suis toujours à les rassurer, les conseiller. Comme une maman, non ?
..
- « Mademoiselle Swan ? »
- Oui ?
- « Ouais c'est Jasper du garage ! Votre voiture est prête ! »
- Ah, super ! Je passerai ce soir ! Merci !
- « De rien ! »
Il raccrochait. Je quittais la crèche et Siobhanne me déposait devant chez mon père.
- Tu ne veux pas que je t'emmène ?
- Non, Charlie veut me suivre pour vérifier « que je ne me fais pas arnaquer » !
Ma meilleure amie pouffait.
- Ce Charlie !
- M'en parle pas ! Et Alice veut absolument revenir au garage...
- Oh, encore son béguin ?
- Oui, ça lui tient cette fois !
- Elle est si frivole !
- Comme tu dis... on se voit demain ? T'es d'ouverture ?
- Non, de fermeture !
- Oh merde... Bon, je te vois à l'appart !
- Passe manger...
- D'accord ! À ce soir !
Je rentrais dans la maison, et fus surprise de tomber sur Alice avec son sac à main, vêtue comme un mannequin.
- On y va ?
- Oui... Tu permets que je boive un verre d'eau ?
Elle courait à la cuisine, et revenait avec la bouteille.
- Bois !
J'éclatais de rire, et Charlie descendait.
- Je ne la tiens plus depuis que tu m'as prévenu ! Il faut qu'elle se calme...
- Courage, papa !
- Ça te va si je la mets en pension chez toi ?
Je pouffais, et Charlie nous embarquait dans sa voiture. Au bout d'un quart d'heure, Charlie se garait devant le garage et j'apercevais ma camionnette dehors, toute rutilante et brillante. J'entrais dans le garage, suivie par ma sœur, et entendis alors une voix masculine.
- Mais j'en sais rien moi ! Heureusement que j'suis arrivé à temps, il était là ce tocard et Edward avec lui !
Edward ? Alice et moi échangions un regard. Jasper était dos à nous, assis sur son bureau.
- Si je savais papa, je te le dirais... non ! Non, Edward est parti en courant... Et Anthony m'a souri, salué comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes... Sauf qu'Edward a pris une trouille bleue et s'est tiré en courant... Aucune idée, mais il est parti vers les bois et...
Jasper se retournait, et nous apercevait.
- Oh... j'te laisse, j'ai une cliente !
Il raccrochait.
- Bonjour !
- Salut... Bon, j'vous ai tout remis à neuf, et j'ai fait un petit lavage. Cadeau de la maison !
- Merci...
- La batterie avait bien lâché, et votre démarreur aussi était en train de rendre l'âme alors j'ai...
Alice s'avançait, lui tendant la main.
- Bonjour ! Je suis Alice, la petite sœur d'Isabella ! Ravie de faire votre connaissance...
Le garagiste la regardait de haut en bas, un sourcil haussé.
- B'jour...
Charlie arrivait, façon G.I Joe, et Jasper levait les yeux au ciel.
- Alors, cette voiture ?
Jasper l'accompagnait à la camionnette, et lui expliquait tout ce qui avait été fait.
- Regarde-moi ces muscles ! S'extasiait Alice.
- Non mais ça va pas bien, toi...
- Mais regarde !
- Je m'en fiche, Alice...
Ce type connaît un Edward... Quelle probabilité y a-t-il pour que ce soit l'Edward de la rue ? Et encore pire, qu'est-ce que cet Anthony ? Son père ? Son tocard de père ?
- Tu crois qu'il connaît Edward ?
- Je ne sais pas, Bella... Bon, excuse-moi mais son dos est beaucoup trop sexy pour son propre bien...
- Bella, on y va ? Me demandait mon père.
- Oui, je paie et j'arrive !
- Bien ! Alice, tu viens ?
- Non, je reste avec Bella !
- Comme tu veux... Je t'appelle demain, Bella ?
- Oui papa ! À demain !
Je l'embrassais et retournais régler le montant de ma facture à Jasper. Il fallait que je sache...
- J'ai une petite question... un peu indiscrète...
- Allez-y...
Mais je le sentais méfiant.
- Vous... Vous connaissez Edward ?
Il fronçait les sourcils.
- Edward ?
- Oui... En fait c'est un SDF que j'ai hébergé il y a quelques temps et...
Jasper soupirait.
- Oh putain... Vous êtes Bella ? Celle à qui il a volé de l'argent ?
Je sentais le feu monter à mes joues. Pourquoi aurais-je honte ?
- Oui...
Il fit le tour de son bureau, et fouillait dans un tiroir avant de me tendre des billets.
- C'est pour vous rembourser. J'suis désolé qu'il ait fait ça.
Alors, il le connaît.
- Non... Enfin je ne veux pas que vous me remboursiez forcément, mais...
- Prenez ça !
- Est-ce... qu'il va bien ?
- C'est mon cousin... Mais je n'ai pas de nouvelles...
- Je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre votre conversation de tout à l'heure, et...
- Je ne peux pas vous en dire plus. Edward est parti après avoir passé quelques jours ici et...
- Est-ce que son père est sorti de prison ? Est-ce que le Anthony dont vous parliez est son père ?
Il soupirait.
- Ecoutez... Pour votre propre santé mentale, restez loin de cette affaire...
- Mais je...
Il se levait et plantait ses yeux gris acier dans les miens.
- Restez loin de tout ça ! Ce sera mieux pour vous ! C'est une affaire sordide, et vous êtes une gentille femme.
- Je...
- Croyez-moi... Vous ne savez pas à quel point c'est sordide... Vraiment...
Son ton était sans appel. Presque suppliant. Sordide ? À ce point ? Mais s'il ne veut pas me dire, je ne pourrais pas le forcer.
- Bien... On s'en va, Alice ?
- Oui attends...
Elle fouillait dans son sac, et lui tendait une carte de visite. Elle est sérieuse, là ?
- Si vous avez besoin d'une robe sur mesure, je serai ravie de travailler pour vous !
Elle. Est. Dingue !
- Mais je suis un homme...
- Et alors ? Je n'ai pas de voiture et vous n'aimez sans doute pas la mode... Il faut bien qu'on commence quelque part, non ?
Le garagiste écarquillait les yeux, avant de sourire d'un air entendu et amusé.
- D'accord...
- Allez viens Bella ! On y va !
- Non mais t'es gonflée ma vieille ! Merci Jasper !
- De rien !
Je n'eus pas dépassé le tournant que le téléphone d'Alice sonnait. Un texto.
« Demain 20h au pub irlandais !
Ne sois pas en retard, je déteste ça.
Jasper »
Et Alice se remit à hurler.
.. ::..
Point de vue d'Edward.
Je détestais le regard d'Anthony. Il me faisait froid dans le dos, il était vert puissant comme Carlisle et quand Anthony fronçait les sourcils, je savais que j'allais passer un mauvais quart d'heure. J'avais réussi à ouvrir la porte de la cave, et m'asseyais sur le canapé.
« EDWARD ! EDWARD ! OÙ IL EST PASSÉ CE FOUTU GAMIN ?
- Anthony... s'il te plaît...
- PUTAIN LES GODASSES PLEINES DE BOUE SUR LE CANAPÉ ! JE VAIS LE TUER ! EDWARD !
Rester sous le lit, parce qu'il ne peut pas y atteindre.
- EDWARD !
Ses pas étouffés par la moquette grise et odorante. Je détestais être sous le lit, mais j'y étais en sécurité.
- ENCORE SOUS LE LIT ESPÈCE D'IDIOT !
- ANTHONY ARRÊTE LAISSE LE ! CE N'EST QU'UN ENFANT ! IL A QUATRE ANS !
- TU LA FERMES !
Et puis le lit a volé. Littéralement. Il m'a attrapé, ma tête a cogné contre le pied en bois du lit qui était renversé.
- ANTHONY ! NON !
Et après, je sais plus... »
Il ne pouvait pas être sorti. Parce que taper des enfants, c'est mal hein ?
« - Maman ? C'était qui la dame chez Lucie ?
- C'est une dame qui va l'emmener chez une nouvelle maman...
- Pourquoi ?
Je me rappelle de Lucie qui est partie de la maison en face de celle d'oncle Carlisle.
- Parce que la maman de Lucie ne s'occupe pas bien d'elle. Tu comprends ? Lucie ne mange pas à sa faim. Sa nouvelle maman va lui donner à manger.
- Pourquoi j'ai pas un nouveau papa ? Le mien il est nul !
Et puis après, je sais juste que maman s'est mise à pleurer.
- Ton papa est... malade, tu comprends ? Il faut être gentil avec lui, et... être très sage, ne pas faire de bruit... et ça ira... Je te promets que ça ira... Je suis désolée mon cœur... »
Et j'ai essayé d'être gentil, comme maman l'avait dit mais même gentil comme ça, comme un cœur comme elle voulait maman, ça n'a pas marché.
« - ELLE BOUGE PLUS ! ELLE EST MORTE !
Je suis tombé le nez dans le sang de maman, et ça me faisait peur.
- TU LA FERMES OU TU VAS MOURIR TOI AUSSI ! TU VAS RESTER ICI ! JE NE VEUX PLUS JAMAIS T'ENTENDRE ! BATARD ! JE TE PROMETS QUE SI TU ME FAIS CHIER, JE TE TUE AUSSI !
Je suis resté avec maman, parce qu'elle avait sûrement très mal. Et je ne savais pas trop ce que ça voulait dire « être morte ». J'ai mis une couverture sur elle, parce qu'elle devenait de plus en plus froide. Elle devait avoir froid, très très froid. La couverture est devenue toute rouge. Mais quand j'ai vu qu'elle ne se réveillait pas, c'était dur. Et puis, les hommes sont arrivés avec des gendarmes et oncle Carlisle. Je me rappelle de ses sourcils froncés et de son regard comme papa.
- Edward !
J'ai eu peur qu'il crie, qu'il tape comme Anthony.
- Tu vas vivre avec ton oncle, mon garçon... Tout ira bien, c'est promis !
Et puis après, je suis parti. Maman est restée par terre, entourée de son sang. Les messieurs l'ont couverte avec un drap blanc. »
Elle est morte. Parce qu'il l'a tuée ! Parce qu'il l'a tapée, frappée, brisée ! Et y a un abruti qui a décidé que mon père pouvait aller dehors, revenir en liberté.
- Papa ! Allez !
- J'ai dit « non », Gary !
- PAPA !
- Non ! Et tu vas te calmer un peu ! Qu'est-ce que c'est que cette comédie ?
Et pourquoi ce type crie après son fils dans la rue ? Les enfants ne sont pas heureux quand on crie. Est-ce qu'il sait ce que ça fait d'entendre quelqu'un crier ?
Et puis, il était partout. Je ne pouvais plus aller chez Jasper, parce qu'il m'avait vu là-bas alors il reviendrait sans doute. N'a-t-il pas promis de me tuer ? Et Carlisle n'a pas déménagé alors il saura où le trouver. Et s'il lui prend de passer devant la cave, de se pencher ? Il va voir par l'ouverture que je suis dedans, parce que la fenêtre donne sur le trottoir. Alors il viendra, et me tuera.
Parce qu'il l'a promis ! Il va me tuer ! Il me cherche, il va me tuer !
Si ça se trouve, il m'a déjà suivi. Il m'a vu venir ici. J'ai bien coupé par la forêt, mais je suis tombé à cause d'une branche et je me suis fait mal alors j'ai pas couru aussi vite que je voulais. Je courrais au ralenti. Peut-être qu'il m'a vu venir là... Peut-être qu'il cherche déjà quelle fenêtre donne sur la cave ? Faut que je ferme la fenêtre. J'attrapais la couverture du canapé, et la posais devant la fenêtre. Il y avait des vieilles punaises rouillées, alors j'accrochais la couverture au montant en bois de la petite lucarne qui donne sur le trottoir mais ce n'était pas assez parce qu'il y avait un trou et qu'on peut voir à travers. Alors, j'ai replié un peu la couverture. Et puis, je savais que James a une arme sous le vieux meuble... James m'a toujours dit que si on menaçait de me tuer, je devais me défendre. L'arme était bien là, et toujours chargée parce que James disait qu'on aurait pas le temps de la charger si quelqu'un venait nous chercher ici. En la tirant, en plus de la poussière, je trouvais une large bande de carton. Je la posais derrière la couverture, pour la rendre encore plus sombre. Maintenant je n'y voyais plus beaucoup mais ce n'était pas très grave.
C'est pas grave si j'ai pas de lumière et si j'ai froid. Tant qu'il ne me voit pas...
