Salut tout le monde !
Voici une nouvelle publication, après un peu de retard. Mais c'est une chose qui arrive, avec le travail et la vie de tous les jours.
Merci à vous, pour le précédent chapitre : elodie pixie B, Shiriliz, choubidou. lily, lena -lna933, bellaeva, ulkan13, vanina63, nini54, tonie, odrey010, aussidagility (quelques états d'Edward peuvent faire penser au syndrome de Peter Pan, surtout comme le fait qu'il reste en permanence très ancré dans son enfance, mais il n'en est pas atteint...), EdwardxBella, katner, Shirley, calimero59, Linaewen'Z, Hera09, Bella Swan Cullen02, mlca66, LolaMiSweetlove, Lullaby126, halay, Maryfanfictions, kikinette11, Imaginaire-de-kiki, soraya2107, Lily-Rose-Bella, Bichok, Tinga Bella, liki0da, vinie65, Anais88, Grazie, sarinette60, Mariefandetwilight, mmccg, aude77, Clairouille59 et Nini Hathaway.
Merci à Marion, pour sa correction.
On se revoit à la prochaine mise à jour, passez un bon week-end !
Tiffany.
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Chapitre 13 : La ressemblance.
Point de vue de Carlisle.
- J'ai préparé de la soupe de légumes, j'en ai mouliné un peu, pour Edward... Je sais qu'il n'aime pas les morceaux dans la soupe...
- Tu es un ange ! Je vais lui monter...
J'embrassai la joue de mon épouse, pris le plateau pour le monter à l'étage. Je toquai contre la porte avant d'entrer, parce que c'était Edward et je savais qu'il n'appréciait pas forcément ma proximité. J'entrai dans la chambre, et le trouvai assis dans son lit. Il était plongé dans les magazines que la fille du chef Swan lui avait amené. En réalité, il ne les quittait plus et les livres étaient étalés sur la couette, même pendant la nuit.
J'ignore comment elle réussit ce miracle, mais tant que cela fonctionne, elle sera la bienvenue ici.
- Edward, fiston, Esmé t'a préparé de la soupe moulinée comme tu l'aimes...
Son visage changea du tout au tout, d'un coup. D'apaisé et curieux, il devint plus dur, et froid. C'est tellement compliqué de gérer ses sautes d'humeur... Il n'a pas changé.
- Je te pose le bol ici, d'accord ?
Il regarda chacun de mes mouvements, d'un air presque intimidant.
- Est-ce que je peux regarder ta blessure ? J'aimerais voir si elle cicatrise bien... Est-ce que tu peux bouger ton épaule ?
Il me fixait, silencieux, et l'ambiance dans la chambre était bien trop pesante.
- Jasper...
- Jasper est à son garage, Edward... Je suis ici, et je peux regarder ta blessure...
- Jasper ! Jasper va le faire ce soir !
- Il ne va pas rentrer ce soir, il dîne avec Alice... Il va probablement rester avec elle cette nuit... Mais je ne vais pas travailler, je vais rester ici pour m'occuper de toi...
Il eut alors un brusque mouvement de recul,comme effrayé.
- Ne t'approche pas !
- Mais... Edward...
- NE T'APPROCHE PAS !
- Edward, je...
- TU VAS FAIRE COMME LUI HEIN ? PAS ALLER TRAVAILLER POUR RESTER ICI ET « T'OCCUPER DE MOI » HEIN ?
C'était toujours pareil, et c'était le même refrain depuis que nous l'avions recueilli. A chaque phrase malheureuse, ou similaire à celles de son père, il se braquait au mieux. Fuyait, au pire. Des années à se lever en pleine nuit, parce que Jasper venait nous dire qu'Edward n'était plus dans son lit. Des années à arpenter les rues de cette ville et la forêt, parce qu'il n'était pas « venu en classe ».
- Edward, je ne te veux aucun mal... Je veux simplement vérifier que ta cicatrice va bien, que ton épaule aussi... Je ne veux pas te frapper, te faire du mal, ni te faire quoi que ce soit d'autres... Je ne suis pas Anthony, tu as ma parole...
- Va-t'en !
- Edward...
- VA-T'EN !
Je soupirai, vaincu. Il avait ce regard fou, ces yeux perdus dans des souvenirs douloureux. Me laissant impuissant face à lui.
Comme si souvent...
- DEGAGE !
- Edward... Il faut que tu te calmes... Maîtrise-toi... Maîtrise tes angoisses... Tu ne risques rien ici... Tu es en sécurité... Tu dois te calmer fiston...
Il se leva de son lit, manquant de trébucher, et se recula.
- Ne m'appelle pas FISTON !
- D'accord, ok... ok...
- LAISSE-MOI ! PUTAIN MAIS LAISSE-MOI !
La porte s'ouvrit derrière moi.
- Qu'est-ce qui se passe ici ? Pourquoi tu hurles, Edward ?
- IL NE VA PAS ME TOUCHER !
- Non... Il ne va pas te toucher... On va laisser tomber cette idée, d'accord ?
- Je dois regarder sa blessure, Esmé...
- Non... Non, laisse-le... Edward, mon chéri, Carlisle et moi allons quitter la pièce, et ne plus te déranger, d'accord ?
Elle me tira en arrière, alors qu'Edward était rivé sur chacun de nos gestes. Il grimaça, probablement à cause de sa blessure.
- C'est moi qui vais venir te monter tes cachets, et nous te laisserons tranquille... Il faudra simplement que tu restes ici, et que tu te calmes... Repose-toi, retourne t'allonger... Viens, Carlisle...
Elle m'entraîna à l'extérieur de la chambre, et referma la porte sur nous.
- Esmé, pourquoi tu...
- Tu prends Edward de front... Il a peur de toi, nous n'y pouvons rien... Il faut qu'il se sente en confiance...
- On a eu des années pour ça ! Il n'a fait que fuir, partir dès que ça l'arrangeait ! Il ne peut pas fuir, s'enfuir, vivre en reclus dès qu'il a peur de quelque chose !
- Il nous faut de la patience... Acceptons qu'il préfère être soigné par Jasper, plutôt que toi... Laisse faire Jasper les premiers temps, il a confiance en lui. Au bout de quelques jours, accompagne Jasper, entre dans son monde sans le bousculer... Il te fera confiance...
Après presque dix ans à tenter de canaliser cet enfant, ses accès de colère et d'angoisses, ses fugues incessantes, quelle nouvelle technique utiliser ? Je les ai toutes essayées. De l'oncle compréhensif et relax, à l'homme plus « ferme » pour tenter de se faire respecter. Et rien. Rien n'a jamais marché avec Edward.
- Il a quand même vingt-cinq ans ! Il ne fera jamais rien en continuant à s'enfoncer dans ses angoisses et...
- Il a été battu, frappé, séquestré par son père... Il a vu sa mère subir le même sort, et se faire tuer... Tu as vu toutes les cicatrices qu'il a sur son torse et dans son dos... Les traces de brûlures de cigarettes... Soyons compréhensifs et patients... Nous ne voulons pas qu'il parte une nouvelle fois sans nous laisser de nouvelles...
- Je dois quand même inspecter sa blessure !
- Appelons Jasper... Il quittera le travail une petite demie-heure seulement...
- Il faut qu'Edward apprenne qu'il peut avoir confiance en moi...
- Alors, donne-lui des raisons d'avoir confiance !
Elle me tendit son téléphone.
- Appelle ton fils !
Convaincu, et surtout à bout de solutions, je composai le numéro de notre fils.
…
Point de vue de Bella.
- Oh bon sang !
- Papa... On le fait pour Alice...
- J'en reviens pas du culot de cette gamine !
Emmett revint de la cuisine, avec deux bouteilles de vin dans les mains, en souriant.
- Oh allez chef ! Fallait bien que la p'tite se trouve quelqu'un !
- Ce n'est pas parce que nous ne sommes plus en service, que je ne peux pas t'en coller une et te mettre dehors, Emmett Mc Carthy !
Mon beau-frère se mit à rire.
- Oh allez Charlie ! Courage ! Vous avez trois belles filles, c'est normal qu'elles fassent chavirer des cœurs...
Charlie se tourna vers moi.
- Je t'en supplie Bella, avant de choisir ton prochain petit-ami, demande-moi mon avis, d'accord ?
- Jasper est gentil, papa... Et Alice tient à lui...
- Mais c'est si... rapide...
- Ils verront bien, pas vrai ? Mais sois sympa avec lui, il compte pour elle...
Nous venions de terminer de mettre la table, avec un Charlie qui pestait dans sa moustache, quand Alice et Jasper entrèrent dans la maison.
- Ohé ! On est arrivés !
- Tant mieux, j'commençais à avoir faim ! Grogna mon père.
- Excusez-moi, j'ai été retardé... Une affaire familiale...
J'amenai les apéritifs avec Rose. Jasper avait pris place face à Charlie, à côté d'Alice. Emmett accaparait déjà le petit-ami d'Alice, faisant sa connaissance.
- Comment vont tes parents, Jasper ? Demanda Charlie.
Il connaissait en effet bien le médecin, pour avoir déjà sollicité son avis à plusieurs reprises lors d'enquêtes diverses.
- Bien...
- Ton père est toujours en congés ?
- Oui... Un souci à la maison...
- Rien de grave, j'espère ?
- Quelques tracas avec un cousin... Rien d'important...
Sans doute Charlie ne remarqua rien, mais je vis clairement la poigne de Jasper broyer la fourchette à sa gauche.
- Bon alors... Ma fille t'a mis le grappin dessus, si je comprends bien ?
Ils eurent un petit rire, et je servais les alcools, ainsi que les toasts. Espérant malgré tout avoir quelques minutes avec Jasper, pour parler d'Edward... Jasper sut se faire apprécier par Charlie, après quelques minutes seulement. Il ne mâchait pas ses mots, et n'hésitait pas à rembarrer Emmett poliment. Ce qui plaisait visiblement à papa, qui avait du mal à supporter les « aventures nocturnes » de Rose et de son petit-ami.
Alors que nous étions en plein milieu du plat principal, un rôti avec des pommes de terre sautées, le bippeur de papa se manifesta.
- Excusez-moi, je dois appeler le commissariat ! Continuez de manger les enfants !
Il s'éloigna dans le salon, et j'en profitai.
- Comment va Edward ?
- Il a fait une crise d'agressivité cet après-midi...
- Une crise d'agressivité ?
Comment ça « une crise d'agressivité » ? Il est si gentil et calme...
- Carlisle a voulu vérifier sa blessure, voir son épaule mais il a pris peur et s'est reclus dans sa chambre pendant trois bonnes heures... Il voulait absolument que ce soit moi qui le regarde... Le temps que mon père m'appelle, Edward s'était enfermé à clé dans la chambre... J'ai passé tout mon après-midi à essayer de le faire ouvrir...
- Edward, comme le SDF de chez toi ? Demanda Rose.
- Bon sang Bella ! Tu le vois encore ? Tempêta Emmett.
Jasper ne fit pas cas de leurs remarques.
- Et tu sais ce qui a foutrement marché ? Quand je lui ai dis que je dînais avec Alice et toi ! Que s'il continuait à faire ses enfantillages, j'arriverai en retard ici ce soir et que ça ne se faisait pas de se faire attendre...
- Et il t'a ouvert ?
- Oui, comme ça ! Alors que j'étais à deux doigts de péter la porte pour aller lui passer un savon phénoménal. Rien. Niet. J'ai juste dit : « je ne dois pas faire attendre Bella, parce que ce n'est pas galant » et paf. Il m'a ouvert !
Incroyable...
- Mais, à quoi se résument ses crises ? Est-ce qu'il...
Mais Alice se racla la gorge, nous faisant un discret signe vers Charlie qui revenait du salon. Et fin de la discussion.
.
.
A cause de la présence de Charlie, je n'avais pas pu en savoir davantage. Mais pourtant, malgré les mots de Jasper, je savais que je devais aller voir Edward.
Simplement parce que je le lui ai promis, et qu'un ami tient ses promesses...
Je conduisais prudemment sur le petit chemin forestier. Sur le côté droit, j'aperçus le docteur Cullen de dos, qui semblait revenir de la boîte à lettres, avec un grand manteau et les mains dans les poches. Je me fis connaître par le chef de la sécurité, qui ouvrit le portail pour me laisser passer.
Je me garai, un peu impatiente de revoir Edward, et attrapai les magasines que j'avais acheté aujourd'hui pour lui. Il a l'air d'aimer regarder les paysages sur papier glacé... Je sonnai à l'entrée et le docteur Cullen vint m'...
Le docteur Cullen ? Mais il était à la boîte aux lettres il y a une minute à peine... Faut que j'arrête les somnifères, moi...
- Bonjour Isabella ! Soyez la bienvenue !
- Bonjour docteur... C'est marrant, j'étais certaine de vous avoir vue remonter le chemin il y a une minute... Vous n'avez pas un médicament contre les hallucinations visuelles ?
- Moi ? Non... Je n'ai pas quitté la maison...
- Pourtant, vous étiez au niveau de votre boîte aux lettres, avec un long manteau et...
Le docteur Cullen devint subitement bien pâle.
- Comment était cette personne ?
- Je ne l'ai vu que de dos, et mal dans mon rétroviseur intérieur mais... ça semblait... vous...
- Oh non... J'étais certain qu'il tenterait de venir ici !
- Qui ?
Il se précipita sur le téléphone mural dans la cuisine. Esmé, qui semblait quitter les fourneaux un plat à gâteaux dans les mains, regarda son époux.
- Carlisle ?
- Anthony arrive !
Elle lâcha soudainement le plat au sol, dans un grand fracas. Attends... Anthony... Anthony comme... comme l'Anthony d'Edward ? Son père ? Mon cœur se mit à battre.
- C'est le père d'Edward ?
Mais le médecin était déjà au téléphone avec son service de sécurité, leur ordonnant de ne pas laisser passer cet homme sur le domaine. Il appela deux autres personnes, pour leur demander de faire le tour de la parcelle de forêt leur appartenant.
- Isabella, je vous en prie, montez à l'étage avec Edward et même si je doute qu'il ne quitte sa chambre, faites en sorte qu'il ne le fasse pas ! S'il apprend que son père tente de rentrer ici, il... S'il vous plaît, il vous écoute... Faites en sorte qu'il ne regarde pas par les fenêtres... Occupez-le à l'intérieur...
- Mais je...
- Vous ne risquez rien ! Ayez confiance ! J'ai déposé un recours judiciaire pour qu'il n'approche pas la maison, je vais appeler la police dès que j'ai la confirmation qu'il s'agit bien d'Anthony...
Comme dans un mauvais film, on me précipita à l'étage, et peu tranquille je devais le reconnaître, je grimpai jusqu'à la chambre et toquai contre la porte avant d'entrer.
Edward, à mille lieues de l'agitation du rez-de-chaussée, était assis dans un fauteuil confortable à la droite du lit.
- Bonjour Edward...
Il se leva vivement, et s'avança vers moi.
- Bella ! Tu es venue me voir ?
Son bras valide entoura ma nuque, et il me serra contre lui, autant que son attelle ne le permettait. Je fus surprise de cet accueil. Surprise, mais apaisée. Cette chambre, c'est comme être coupé du monde... Être en paix... Mais une porte claquant en bas me ramena à la surface.
- Bien sûr que je suis venue... Tu croyais que je n'allais pas le faire ?
- Tu es occupée, avec les enfants ! Alors, je sais pas...
- Non, j'ai du temps pour toi... Regarde, je t'ai amené de nouveaux journaux... Tu veux bien qu'on les regarde ensemble ?
Il acquiesça.
- J'ai regardé tous ceux que tu as amené déjà ! Et c'est vraiment joli hein !
Il tournait déjà les pages, cherchant fébrilement ses paysages préférés.
- J'aime celle-là !
L'image représentait une mer bleue claire divine, avec du sable blanc, et un immense palmier en coin.
- Moi aussi... J'imagine un hamac entre deux palmiers, et me faire une bonne sieste au soleil !
Il eut un petit rire.
- Je voudrais toujours me baigner dans cette mer ! C'est trop beau, je pourrai voir mes pieds en me baignant !
- Oui, ça serait vraiment bien...
- Et toi ? Tu voudrais te baigner aussi ?
- Oh oui ! Il doit y faire très chaud, alors je pense que se baigner est une bonne solution !
- Tu voudrais te baigner avec moi, aussi ?
Sa question me désarçonna un instant, me faisant oublier que son affreux « géniteur », à défaut de pouvoir l'appeler papa, rodait autour de la villa des Cullen.
- Oui... Pourquoi pas ? A condition que tu n'essaies pas de me noyer ! Ris-je.
Mais son regard devint bien plus sombre, subitement.
- Je ne suis pas un assassin, moi ! Je ne voudrais jamais te faire de mal !
Son ton fut froid, sans aucun signe de gentillesse ou de pardon. Et flûte... Boulette...
- Non Edward, je... Je n'ai pas voulu dire ça... Je sais que tu ne me ferais pas de mal...
- Je ne suis pas comme mon père hein ! D'accord ? Ne redis jamais ça ! JAMAIS ! hurla-t-il.
J'acquiesçai, un peu choquée. Est-ce là le début de ses crises d'agressivité, comme mentionnées par Jasper ? Devais-je craindre ? Mais par-dessus tout, je devais rester ici, pour l'empêcher de savoir qu'Anthony est tout proche. Très proche. Trop, en fait.
- Pardon, Edward... Je ne voulais pas dire ça, je suis maladroite !
Il me jaugea un instant, avant de visiblement se détendre.
- Je ne veux pas être méchant ! Pas être méchant comme lui !
Sa voix était désormais un supplice.
- Je sais que tu ne l'es pas...
Je m'avançai vers lui, et tendis ma paume vers la sienne. Après une brève hésitation, il s'en empara.
- Je ne veux pas être méchant ! Non... Je ne veux pas !
- Je sais, et tu ne l'es pas... Tu es gentil, Edward.
Sa main, moite, se serrait autour de la mienne, comme s'il voulait la broyer.
- James dit que si mon père a tapé, je vais taper aussi ! Il dit que c'est dans les gènes...
- Ça peut arriver, mais pas avec toi...
- Pourquoi ?
Pourquoi ? Pourquoi y croire... pourquoi et comment savoir ce genre de choses ?
- Parce que tu as... comment dire ? Choisi, d'être gentil... Tu m'envoies une fleur, et c'est une chose gentille. Tu achètes une fleur à ta maman... tu es gentil, Edward. Ce sont des choses gentilles...
- Et je fais quoi d'autre, de gentil ?
- Beaucoup de choses... Ta façon de parler, de serrer ma main,... Quand je te vois, tu es souriant et tu me fais des bises... C'est gentil...
Il fronça les sourcils.
- Alors, pourquoi des fois je deviens méchant, je sens que ça monte et j'ai envie de frapper... Tout devient rouge, et je tremble et...
- C'est normal... Les accès de colère, ça peut arriver... Mais si tu sais te retenir, ça veut dire que tu n'es pas méchant...
Son pouce se mit à caresser mes doigts dans un geste hypnotique. Comme s'il réfléchissait. Comme s'il cherchait à ancrer ces mots en lui.
- Je voudrais bien être normal... Je voudrais apprendre à lire et à écrire... Juste pour comprendre ce que tu me ramènes, ces livres hein ! Je voudrais ça... Je voudrais lire les articles, pour te dire l'endroit que je préfère et pourquoi je le préfère...
- Tu ne sais pas... du tout lire ?
- Si, un peu... Quand mon oncle m'a ramené chez lui, il m'a mis à l'école mais j'y allais pas trop... J'attendais que Carlisle me pose à l'arrêt de bus et j'en prenais un autre et je partais... Il était toujours en colère après moi ! Je connais un peu quelques mots, mais pas tout...
- D'accord...
- Et je voudrais lire ! C'est mieux, comme ça je saurai quand Anthony reviendra en prison ! Ça sera marqué dans le journal... Il sera loin de moi et ne me fera plus de mal !
Mon cœur s'accélérait brutalement. Rester calme... Continuer de le faire parler...
- Je peux t'apprendre à lire, si tu veux...
- Tu voudrais bien ?
- Oui... Si c'est ce que tu veux...
Ses yeux s'illuminèrent d'un coup. Il est si changeant... D'une humeur à l'autre...
- Merci Bella ! Je suis content que tu veuilles bien le faire ! Ça sera chouette quand je saurai lire !
- Tu veux commencer tout de suite ?
- Oui !
Je pris un petit article simple, et tentais de voir ce qu'il maîtrisait. Et même s'il connaissait beaucoup de sons, cela ne paraissait qu'un simple souvenir lointain enfoui dans la brume... Je procédai syllabe par syllabe. Son par son.
- Un « B » et un « A », font « BA » ensemble...
- « B » et « A », ça fait « BA »...
- On va essayer de l'écrire...
J'attrapai une feuille sur le bureau, un feutre, et traçai un A et un B. Il eut quelques difficultés, mais une réelle envie. Au bout d'une demie-heure, on frappa à la porte et Edward cacha violemment les feuilles sous ses cuisses.
- C'est un secret, d'accord ?
- D'accord... souris-je.
Esmé fit son apparition, un faible sourire sur le visage.
- Isabella, vous resterez dîner ? Il est plus de 19H...
- Oh non, je regrette... C'est gentil, mais j'embauche tôt demain matin... Je ne pensais pas qu'il serait si tard...
Je me levai, mais Edward attrapa mon poignet.
- Tu resteras quand, dîner ?
- Oh euh...et bien... si ta tante veut bien... bientôt...
Esmé s'avança dans la petite chambre, et me fit un discret signe positif de la tête, que j'interprétai comme le fait qu'il n'y avait plus de danger.
- Peut-être que Bella pourra rester vendredi ?
- Dis oui !
Alors, devant les yeux pleins d'espoir d'Edward, je ne pus que céder.
- D'accord... Avec plaisir !
- Alors, elle restera dîner avec nous ! Tu feras l'effort de descendre au salon, pour son dîner ?
- Oui...
- Merci mon chéri...
Elle caressa avec tendresse les cheveux de son neveu, qui se laissa faire contrairement à la présence de Carlisle. Après quoi, elle quitta la pièce en me souriant.
- Tu reviens demain, Bella ?
Oh non... Mes rendez-vous en ville...
- Je regrette... J'ai plusieurs rendez-vous...
- OH... d'accord... dommage...
- Je viendrai après-demain...
Je me penchai vers lui et déposai mes lèvres contre sa joue.
- Je ferai vite... essaie de réviser ce qu'on a appris aujourd'hui ? D'accord ?
Il opina en souriant, et entoura ma nuque de son bras valide. Il resta ainsi, de longues minutes.
- Reviens vite me voir... Je vais travailler dur !
- Je sais, j'ai confiance en toi... Tu vas vite apprendre !
- Et comment ça s'écrit "Bella" ?
- Un B, un E, deux L et un A...
- Tu peux me l'écrire ?
Je griffonnais mon prénom sur la feuille. Edward le regardait comme s'il s'agissait d'un précieux trésor.
J'allais me relever, quand je sentis la prise d'Edward se raffermir sur moi, et ses lèvres rencontrèrent la commissure de ma bouche doucement.
- Merci Bella ! Merci beaucoup !
Je sentis le feu monter à mes joues, et me relevai rapidement pour masquer mon trouble. Jamais personne n'a semblé m'être aussi reconnaissant... c'est tellement étrange...
Je quittai sa chambre, tentant de digérer tout ce flot d'émotions auprès d'Edward. C'était comme si, malgré le fait qu'il m'ait volé mon argent, je ne pouvais pas m'empêcher de m'inquiéter pour lui, de vouloir l'aider. Et je voulais vraiment qu'il apprenne à lire.
En sachant lire et écrire, de nouvelles perspectives pourraient s'ouvrir à lui. Peut-être travailler... Reprendre une vie digne.
Je croisais Carlisle et Esmé au salon. Ils vinrent me saluer.
- Merci Bella...
- Est-ce qu'il est...
- Oui... J'ai anticipé, je suis allé le voir...
- Et ?
- Il est parti... Mon service de sécurité a ordre de ne jamais le laisser entrer...
- Bien...
- Évidemment, Edward devrait ignorer sa venue le plus possible...
- Je serai muette...
- Merci... Prenez soin de vous, Isabella... Et enfermez-vous à l'intérieur de votre véhicule, le temps de franchir le chemin forestier... Sans vouloir vous affoler... On ne sait jamais...
Ah... d'accord... Sans vouloir m'affoler, hein ?
