Bonjour tout le monde !
A l'aube de ce week-end frileux, voici une nouvelle mise à jour. Merci à vous pour votre patience, votre gentillesse et votre soutien : Charlotte, tacha vaillant, Shirley, nini54, babynovici (Oui, j'ai bien reçu ta review et je t'en remercie beaucoup :)), Guest, halay, Grazie, Shiriliz, Elodie pixie B, Rosie, bellaeva, samystère, pounine, mmccg, MHGW, Charlotte x2, ulkan13, Linaewen Z' (Hum et bien, Edward est très attaché à Bella, il la respecte et l'aime beaucoup pour tout ce qu'elle lui apporte. Elle lui tend la main, il lui est reconnaissant de toute son aide. Quant à Bella, elle est aussi perdue que toi sans doute lol elle est également très touchée par l'histoire d'Edward, par sa vie. Elle le trouve gentil, doux, tendre. Et beau, ce qui ne gache rien. Je crois qu'elle ressent un peu tout ce que tu as énuméré : de l'amitié, une relation "d'enseignante à élèves", et certainement des sentiments plus profonds...), choubidou. lily, Pattenrond1, aussidagility, Maryfanfictions, katner, calimero59, Anais88, kikinette11, Ptitewam, Lily-Rose-Bella, ca, aude77, vinie65, erika shoval, twilight-poison, Mariefandetwilight, tonie, sarinette60, mlca66, amlove, nini hathaway et Clairouille59.
Concernant Jasper et son histoire, je vous rappelle que j'avais déjà évoqué son histoire dans le chapitre 2. Je rafraîchirai sans doute les mémoires au fil des chapitres, si cela démontre un intérêt dans le récit.
Merci à Marion pour sa correction,
A très vite.
Tiffany.
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Chapitre 16 : La protéger
Bella.
Je terminai le ménage de mon appartement, dépoussiérant mes meubles et bibelots. Avoir Edward à la maison était facile : il mangeait de tout, était discret et souriant. Il prenait très à cœur son apprentissage de la lecture et de l'écriture, tant et si bien que je m'étonnais de la facilité avec laquelle il assimilait toutes ces choses. En peu de temps, il avait compris et appris beaucoup d'éléments, s'exprimait un peu mieux.
Il était agenouillé devant la table du salon, un stylo bic à la main avec un de mes vieux cahiers. Il tentait d'écrire des mots courant, comme « lait », « sucre », « pâtes », « farine » et ce genre de choses. Il était très appliqué, malgré son bras en écharpe à cause de sa blessure, sa langue pointant entre ses lèvres. Je posai ma serpillière et me dirigeai vers lui.
- Alors ?
- J'ai presque fini ! M'annonça-t-il, triomphant.
L'écriture était maladroite et grossière, mais il s'était très nettement appliqué et je ne pouvais que louer sa volonté et son envie d'apprendre.
- C'est bien comme ça ?
- Oui, vraiment super !
- Ah, je suis content ! Sourit-il, avant de se remettre à l'ouvrage.
Il termina sa ligne, et reboucha le stylo avant de le poser. Il agita ses doigts pour les faire craquer.
- Tu vas finir par attraper une crampe ! Souris-je.
- Je sais... On peut les lire ?
- Vas-y...
Il fronça les sourcils, décomposa le mot « farine » et me le lut sans accrocs.
- Super !
- Et ça, c'est « su-cre » !
- Oui, exactement ! Je suis vraiment contente, tu progresses très vite mais ne vas pas te saturer de lire et écrire...
Il s'appuya, dos contre le canapé.
- J'aime lire !
- Oui, ça se voit !
- Maintenant je reconnais les lettres à la télé, mais parfois ça va trop vite !
- Tu arriveras à déchiffrer plus rapidement avec le temps !
Il opina.
- Mon père voulait pas que j'aille à l'école, il disait que c'était mieux que je reste à la maison, que les autres allaient me faire mal. Il disait aux autres que maman m'apprenait des choses mais il la laissait jamais faire... Mais en fait, ils pouvaient pas me faire plus mal que lui... Il disait que de toute façon j'étais un bon à rien, un bâtard et que j'apprendrai jamais rien !
Comment peut-on trouver la force de continuer à vivre, dans de telles conditions ?
- Carlisle a voulu que j'y aille à l'école, quand j'ai été chez eux...
- Et tu y as été ?
Il fit « non » de la tête.
- Au début je prenais le car avec les autres, et y a deux types très grands qui se sont battus et qui m'ont dit de dégager... Alors je suis parti... Et après, l'école a appelé Carlisle parce que je venais pas. Carlisle était furieux, il était très mécontent contre moi. Il m'a emmené devant l'école tous les jours, je faisais semblant de rentrer et je partais quand il allait travailler... Je me cachais dans les toilettes...
Passer sa vie à fuir...
- L'école a encore appelé mon oncle, et quelqu'un venait me chercher dès que j'arrivais... Le monsieur me faisait peur, il était grand et sévère... Dans la cour, certains élèves disaient qu'il t'emmenait dans son bureau et tu devais récupérer les chewing-gums sous les tables en guise de punitions... Je voulais pas, le chewing-gum c'est dégoûtant ! Mais j'étais obligé de rester à l'école... Au début, je suis encore parti à la récréation, pendant trois fois. Carlisle est rentré « dans une rage noire », comme il m'a dit. Il m'a forcé à voir des gens qui voulaient que je parle de mon père...
- Des psychologues ?
Edward répondit par l'affirmative.
- Mais je voulais pas leur dire, parce que maman disait qu'on devait pas dire ce qui nous arrivait... Que des policiers viendraient et que papa serait encore plus en colère... Esmé a fini par dire à Carlisle qu'elle pourrait peut-être me faire l'école à la maison. Mais j'y arrivais pas, je comprenais pas. Et puis elle avait son travail, et des choses à faire. Je voulais pas avoir un prof chez eux... Quand elle partait travailler, j'avais toujours un peu de temps avant que le prof arrive. Je partais me balader, en pensant que ça faisait dix minutes et quand je rentrais le soir, Carlisle et Esmé étaient fâchés...
- Et où allais-tu ?
- En ville, partout... Je prenais un bus, et un autre, et un autre et pour revenir je demandais où c'était. Je me suis souvent perdu parce que les gens ne me répondaient pas toujours. Une fois, Carlisle m'a récupéré après Port Angeles. Il a dit que c'était vraiment très loin de Forks pour moi. Que je ne devais plus quitter la maison. Alors, ça revenait comme avant, j'étais prisonnier comme avec papa !
Monsieur et Madame Cullen ont sans doute voulu gérer la situation complexe et instable de leur neveu... qui l'a interprété comme un nouvel emprisonnement.
- Et un jour, Carlisle a dit à Jasper que maintenant, je pouvais faire ce que je voulais, qu'il ne pourrait plus m'empêcher de partir parce que je n'étais plus mineur. C'est quand j'ai eu dix-huit ans. J'ai eu un beau gâteau, des cadeaux. Et comme il pouvait plus m'interdire de partir... Et puis j'ai connu James comme ça, il m'a présenté des copains à lui, et des filles et je trouvais ça bien d'avoir des amis. Ils me disaient pas que ce que je faisais était bien ou mal. Ils m'ont aidé, me donnaient à manger...
- Et de la drogue...
- Mais je me sentais bien... On rigolait beaucoup... On avait du sexe avec les filles !
La pente fatale, celle du garçon sans repères, sans éducation qui part à la dérive. Histoire tragique, qui ne devrait pas exister. Et pourtant, qui se reproduit trop souvent. Des mauvaises rencontres, et c'est terminé.
- James m'expliquait des tas de choses, la vie comment ça se passe, qu'il fallait toujours se défendre pour pas être battu et que la drogue enlevait la douleur...
- Oh, Edward...
- Au début j'étais bien, mais après ça me rendait malade alors j'en prends plus trop...
- Il ne faut plus en prendre, Edward ! Le fait que la drogue fasse du bien est un mensonge...
- C'était une bêtise, encore... J'ai fait que ça depuis que je suis né ! Anthony me le disait toujours que j'étais une bêtise, une erreur, un « truc moche »... Je voudrais faire des choses bien, mais je n'y arrive pas ! Je ne sais rien faire ! Je savais prendre la drogue, tenir l'arme de James, séduire des femmes, et il disait que c'était suffisant...
Mon Dieu...
Je m'assis à côté de lui au sol, le forçant à me regarder. Il faut recadrer les choses !
- Edward, écoute-moi bien... Le fait d'apprendre à lire et à écrire est une excellente affaire ! C'est une très grande preuve de volonté de ta part. Pour le reste, l'alcool, la drogue, les armes et toutes ces choses que tu as pu voir avec ce James dont tu me parles, je ne veux jamais voir ça chez moi ! Et d'une façon générale, je ne veux jamais te voir avec une arme ou de la drogue dans la main. Et encore moins te voir faire des actes illicites ! Je serai inflexible là-dessus...
Il me fixait, sans ciller.
- Je ne veux pas te décevoir !
- Je me fiche de ce que tu as fait par le passé, tant que cela ne se reproduit pas actuellement. Tu as des tas de capacités entre tes mains, tu as de la volonté... Ne gâche rien des dons entre tes doigts. Et les armes, la drogue, l'alcool sont des poisons en puissance...
- D'accord !
- Tu me jures que je ne te verrai jamais avec de l'alcool ?
- Oui...
- De la drogue ?
- Oui !
- Et ton arme ?
- Je ne l'ai plus...
- J'ai ta parole ?
Il opina et s'approcha.
- Oui, Bella ! Je ne veux pas être injuste avec toi... Tu es gentille...
- Mon père est shérif, il n'hésitera pas à faire appliquer la justice s'il te prend en train de faire une erreur... Je ne veux pas te perdre, tu es gentil et doux. Tu mérites de te bâtir une jolie vie, d'avoir un bel avenir. Alors, si c'est dur pour toi, compliqué à gérer... Si la dépendance est trop dure à supporter, je préfère t'offrir toute l'aide médicale, psychologique, médicamenteuse nécessaire plutôt que de te voir sombrer dans toutes ces affaires sordides...
- Alors, avoir une arme n'aide pas à défendre ?
Et bien, comment lui expliquer la différence entre se défendre, et faire des choses mauvaises ?
- Avoir une arme peut t'aider à te défendre, mais je ne suis pas certaine que ce James qui t'offre son aide, s'en serve de la meilleure des façons...
- Il en a volé, quand Laurent et sa bande ont commencé à nous chercher des poux comme il a dit...
Donc, règlement de comptes et compagnie... Jusqu'où a-t-il été? Qu'est-ce que j'ignore encore sur lui ? Surtout, ai-je réellement envie d'apprendre ce que je ne sais pas ? Parfois, l'ignorance est la meilleure des paix.
Je soupirai.
- Arrêtons de penser à tout ça, tu veux bien ?
Il fit « oui » de la tête, avant de se rapprocher de moi. Avec une grande tendresse, il appuya sa tête contre mon épaule.
- J'aurais voulu que tu sois là quand Élisabeth est morte, pour m'expliquer comment ça s'est passé pour elle... J'ai cherché des réponses, et personne n'a jamais pu me dire ce qui lui est arrivé... Comment c'est la vie maintenant, pour elle... Où elle est exactement, et si elle a encore mal... Est-ce que c'est écrit dans les livres ? Je veux lire, pour savoir.
Si c'était si simple...
- Je crains que ce ne soit pas le cas... Personne n'a de réponses à ce sujet-là...
- J'ai vu un garçon mourir, mais j'ai pas pu voir où il partait lui aussi...
J'eus envie de le protéger de toutes ces questions qui devaient torturer son esprit déjà perverti par des choses malsaines.
- Tu n'as pas besoin de te demander tout ça... Ta maman ne voudrait pas que tu te focalises sur ces questions.
Je passai ma main sur sa joue doucement, pour l'apaiser. Il entoura ma taille de ses bras, et je fis pareil autour de sa nuque, tentant de ne pas appuyer contre son épaule blessée.
- Allez ! Si on allait dîner ?
- Oui ! J'ai super faim ! Sourit-il.
- Raison de plus !
Après le repas et une bonne douche, je me glissai dans mon pyjama et retrouvai mon canapé. J'avais cédé le lit à Edward, le temps que son épaule se remette. Je m'étais installée un campement douillet avec d'épaisses couettes et un gros oreiller moelleux. Edward, qui avait pris ma place à la douche, revint les cheveux mouillés.
- Tu peux me remettre mon atèle ?
- Oui, bien sûr ! Fais voir...
- Merci...
Il s'assit sur le rebord du lit et je réinstallais le bandeau bleu marine. Il arrivait à mieux bouger son bras, et grimaçait moins.
- Et voilà !
- Merci Bella !
Il se pencha et déposa une légère bise sur ma joue.
- Je vais faire quelques courses demain, tu veux me suivre ? Je pense que ça te ferait du bien de prendre l'air, de ne pas rester enfermé ici...
- Tu sais, j'ai pris l'air pendant des années en dormant dehors...
- Oui, j'imagine...
Je suis maladroite, parfois...
- Mais ça ne sera pas long... J'ai juste besoin de quelques ingrédients pour faire un gâteau...
- D'accord... Je viendrai...
- Super ! Je suis contente !
- Tu n'as pas honte de sortir avec moi ?
- Pourquoi aurai-je honte ?
- Parce que j'ai traîné dans la rue, que j'ai fait des mauvais trucs...
- Non, je n'ai pas honte de ça... Tu es mon ami !
Il se rapprocha de moi et m'enlaça doucement. J'aimais sa tendresse, sa délicatesse. Sa paume frôlait mon bras avec légèreté, me faisant frissonner. Je n'étais pas certaine de savoir ce que je ressentais exactement quand il me prenait contre lui. Il était à la fois plein de générosité et si touchant, et pourtant j'ignorais tout de lui.
Et ce dont j'ai eu connaissance n'est pas « glorieux », pour ainsi dire. Mais il est là, authentique et sincère. Probablement attaché, aussi. Il mérite une chance dans la vie. Il mérite de donner tout cet amour qu'il contient, tapi au fond de son coeur. Un coeur qui a l'air de tant vouloir aimer...
..
.
- Tu aimes le steak haché ?
- Oui !
- Je vais en prendre quatre... Allez, on va y aller, ton oncle va passer te voir pour inspecter ton épaule...
Il me suivit aux caisses, sous le regard malveillant du vigile. L'homme avait failli faire des histoires en le voyant entrer, reconnaissant le SDF qu'il avait souvent mis hors de la boutique. Mais lorsqu'il m'avait vu avec, il n'avait rien osé dire. Se contentant de nous suivre à distance.
Edward avait passé ses courses à essayer de déchiffrer les mots sur les boîtes de conserves, sur ma liste de courses. Il y parvenait plutôt bien, malgré quelques hésitations. Je me sentais fière de ses progrès, sans pouvoir expliquer pourquoi. Peut-être que le fait d'avoir pu le lui apprendre, moi, était une source de fierté.
Nous quittions le supermarché, portant trois sacs de courses. Un peu de neige était encore tombé, blanchissant les bords des trottoirs.
- Je vais faire un gratin de macaronis aux légumes ce soir, et... Edward ?
Je m'arrêtai, réalisant qu'il ne me suivait plus.
- Edward ?
Il était immobile, dix mètres en arrière.
- C'est lui...
- Qui ?
- Faut qu'on s'en aille, dépêche-toi !
- Qui ?
- Anthony !
Il me désigna un homme en imperméable marron clair, qui arpentait la rue face à nous d'un pas nerveux. Il avait son regard rivé sur le sol, et remontait l'avenue. Merde, merde, merde...
- Viens, on s'en va !
Edward se mit à courir, soutenant une allure que je n'avais pas. Alors que je me tournais une dernière fois, le cœur battant avant de prendre ma rue, il me sembla apercevoir le regard du père d'Edward rivé sur nous deux. Nous grimpions dans mon immeuble et mon appartement, et Edward claqua la porte et enclencha le loquet de sécurité. Je peinai à récupérer mon souffle, espérant que l'homme ne nous avait pas suivi. Edward se dirigea vers la fenêtre, scrutant les allées et venues.
- Oh non !
- Quoi ?
- Il est dans la rue...
Oh merde... Merde, merde... Effectivement, sa silhouette arpentait ma rue, regardant les immeubles. Fort heureusement, il ne s'éternisa pas devant le mien, examinant celui d'en face. Il s'éloigna au bout d'une dizaine de minutes. Edward reculait, et heurtait le mur.
- Il me cherche...
- Il ne sait pas où nous sommes, il ne connaît pas mon nom... Tu ne risques rien ici...
- Il faut pas que Carlisle vienne ! S'il rode, il va le voir !
- Je vais l'appeler...
Je composai le numéro du médecin, et l'informai de la situation. Monsieur Cullen m'expliqua qu'il allait partir déposer une nouvelle plainte au commissariat. Mon propre père avait enregistré la précédente, promettant d'interpeller Anthony pour l'interroger sur ses activités.
Edward paraissait nerveux, s'agitant dans tous les sens, allant vérifier sans cesse si la porte était bien verrouillée. Je raccrochai, après m'être assurée que Carlisle ne viendrait pas. C'est atroce de se cacher... J'ai l'impression de tenter d'échapper à un serial killer !
- Je veux pas qu'il vienne ici ! JE VEUX PAS PUTAIN !
Il mit un grand coup de pied dans le mur, me faisant sursauter.
- Tout ira bien... Il n'a pas prêté cas à l'immeuble, il n'enquêtera pas dans tous les bâtiments. Sois tranquille.
Même si je n'en étais pas moi-même certaine. Que peut-il lui vouloir ? Mais dans le pire des cas, mon père est shérif. Il viendra dans la minute si j'ai un souci. Mais Edward semblait ne plus maîtriser quoi que ce soit, tremblant de tous ses membres. Il se laissa glisser contre le mur, recroquevillé. Rester calme, pour ne pas l'affoler.
- Edward... Je t'en prie, calme-toi... Ton père n'est pas là, et ne viendra pas te chercher ici...
- Il va me retrouver ! IL VA NOUS TROUVER !
- Non, non, tu es en sécurité ici et ton oncle fait le nécessaire. Mon père a enregistré une plainte contre lui, et je sais que si nous avons le moindre souci, il viendra tout de suite ! Sois rassuré, je t'en prie...
Il m'attira contre lui, enfouissant son visage contre ma poitrine.
- J'ai peur... J'ai plus d'arme pour me défendre...
Je caressai ses cheveux doucement.
- Tu n'en auras pas besoin, ne t'en fais pas...
- Je ne veux pas qu'il te voit, qu'il décide de te faire du mal... Il n'aime pas les femmes, il a tué ma mère ! Il a détruit tout ce que j'aime... S'il sait que je t'aime, il voudra te faire du mal...
Je déglutis, tentant de contrôler mon cœur qui s'emballait à nouveau.
- Il ne m'attrapera pas, d'accord ? Nous serons prudents, nous ne sortirons pas. Quand il ne nous verra plus, il partira ailleurs...
Edward releva son visage vers moi.
- Je veux te protéger, Bella ! Comme tu l'as fait avec moi !
Il semblait déterminé, mais suppliant.
- Je tiens à toi, Bella !
Oh...
- Moi aussi Edward, et c'est pourquoi nous allons rester ici tous les deux sans sortir pendant quelques jours. Charlie fera ce qu'il faut, ais confiance en mon père...
- James disait qu'on devait pas faire confiance aux flics.
- Ce James est un abruti ! Je ne veux plus jamais entendre ses idées, et je veux que tu les oublies, tu m'entends ? La police est là pour protéger les citoyens, pour s'assurer que chacun d'entre nous est en sécurité. Mon père est un policier très sérieux, qui aime ses compatriotes. Il prendra soin de toi, si cela s'avère nécessaire ! D'accord ?
Edward acquiesça, et je l'aidai à se redresser.
- On peut... Baisser les volets ?
- Je suis au troisième étage, il ne nous verra pas d'en bas...
- S'il te plaît...
- D'accord...
Il relâcha ma main, et j'abaissai les volets, ne laissant filtrer qu'un peu de fin de jour. Il vint me rejoindre, après avoir ré-inspecté pour la trentième fois la solidité de la serrure. Nous passions la soirée à regarder des films à la télé, et à lire. Vers 23h30, alors qu'Edward était déjà dans ma chambre pour dormir et que je terminai un roman passionnant pour me distraire de cette sordide situation d'otage dans mon propre appart', Edward fit son apparition.
- Bella ?
- Oui ?
Je fermai le livre, et il me rejoignit sur le canapé déplié. Il s'installa sous la couette, allongé, et je lui fis face.
- Je veux pas te laisser toute seule ici...
- Mais enfin Edward, je ne suis pas seule... Nous sommes à même pas dix mètres l'un de l'autre...
Sa main navigua sur mon visage doucement.
- Je ne veux pas qu'il te fasse du mal... Tu es la femme la plus gentille et la plus douce que je connaisse... J'ai de la chance d'être avec toi ici. Que tu prennes soin de moi...
Mon cœur se mit à battre plus fort. Il est tellement touchant... J'avais parfois envie de me fondre dans ses bras, de le rassurer, lui dire que je serai toujours là pour l'aider... D'aller plus loin...
- Je veux rester avec toi ce soir...
- Alors, allons dans la chambre, ça sera plus confortable pour ton épaule...
Il me suivit et ne me lâcha pas d'une semelle. Je restais contre lui toute la nuit, serrée de son bras puissant dans un geste protecteur. Je me serrais au plus possible contre lui, sentant son cœur battre sous mon oreille. Il caressait mon dos doucement, me faisant sentir toute petite dans son étreinte. Petite et à la fois le centre du monde. Il déposa de nombreux baisers sur mon front, me faisant soupirer. Étrangement, je m'y sentais bien. Sécurisée, rassurée. Presque à ma place... Et si cela devait continuer plusieurs nuits, ça ne me gênerait pas plus que cela...
-::-
Point de vue d'Edward.
Avoir Bella dans mes bras, c'était comme la protéger. La tenir contre moi, qu'elle se laisse faire, était un cadeau inestimable. Elle me faisait presque oublier ce cinglé lâché dans la rue. Le fait qu'il me cherche, parce qu'il me cherche hein. Je le sais.
Je n'avais pas beaucoup dormi, parce que les bruits dans l'immeuble étaient trop forts par rapport à d'habitude. Il y avait eu beaucoup de mouvements, et j'avais peur qu'un imbécile oublie de bien fermer la porte en bas. Elle ne devait jamais être en danger, jamais ! Je voulais seulement la protéger et je le ferai, même si ça impliquait de me battre avec Anthony comme il a battu ma mère.
Elle fait toujours les choses bien avec moi, Bella. À moi de m'occuper d'elle ! C'est ce que font les gentils garçons, non ?
Toute la nuit, l'avoir contre moi, ça me rappelait quand James m'emmenait voir les filles pour que je m'amuse comme il disait. Sauf qu'aucune n'a jamais été aussi belle que Bella. Aucune n'a voulu s'occuper de moi comme elle le fait. Et je n'ai jamais voulu m'occuper d'une comme je voudrais m'occuper de Bella. Je m'en fiche si Anthony tombe sur une de ces filles, tant qu'il ne croise pas le regard de Bella.
Quand j'ai ouvert les yeux, Bella n'était plus dans le lit et j'ai eu très peur, parce que je ne voulais pas qu'un abruti ait laissé l'entrée ouverte en bas et qu'Anthony soit venu.
- Bella ?
Elle n'était pas dans le salon, et pas non plus dans la cuisine. Dans la salle de bains. Je l'entendis gémir.
- Outch...
- Bella ?
J'entrai, et observai sa belle jambe appuyée contre le rebord de la baignoire, qui saignait un peu. Bella était habillée avec une simple serviette blanche, le corps encore mouillé... Et merde... Bon sang, elle est trop belle...
- Edward ?
- Je t'ai cherché... Tu n'étais pas avec moi dans le lit...
Elle se mit à rougir, et j'aimais ça parce qu'elle était encore plus belle en rougissant comme ça.
- Tu t'es fait mal ?
- Je me suis coupée en me rasant... Ce n'est rien...
- Je veux te soigner !
- Edward, je peux m'en charger...
Je veux m'occuper d'elle. Je veux la soigner, je veux qu'elle aille bien. C'est tout ! Elle avait découpé un petit pansement, mais je lui pris des mains pour le mettre sur sa blessure.
- Voilà...
- Merci...
Sa voix était presque muette, parce que je l'entendis à peine. Elle posa sa magnifique jambe blanche au sol, tenant sa serviette contre elle. Je me relevais pour mieux la voir. Il y avait plein de buée sur le miroir, et j'aurais voulu faire comme dans ces films de filles où le mec écrit des mots à la nana qu'il aime.
- Edward, je... je vais finir de m'habiller et j'arrive, d'accord ?
Mais je ne pouvais pas bouger. Elle était là, belle dans sa serviette. Magnifique, même. Je ne voyais qu'elle, et tout ce qu'elle me donnait tous les jours. Je sais qu'elle ne veut pas de moi comme je voudrais, mais je ne peux pas m'en empêcher.
- Je fais des efforts Bella. Je sais que c'est mal de penser à toi comme ça, mais j'peux pas m'en empêcher...
- Edward...
Elle posa sa main sur ma joue, et dieu je voulais aller au Paradis avec elle pour ne plus jamais avoir des merdes dans ma vie, et juste profiter d'elle.
- Je sais que tu veux pas, mais tu es tellement belle... Encore plus comme ça, quand tu sors de la douche et que tu te prépares...
- Edward... Il faut que tu arrêtes de me parler comme ça, parce que je ne suis pas certaine de pouvoir supporter tout ça...
Je fais mal les choses. Elle ne veut pas. Elle ne veut pas. Elle ne voudra jamais. Elle me l'a dit qu'elle ne veut pas ! Pourquoi je peux pas arrêter de penser à elle ?
- Je te demande pardon...
- Edward, je... je ne peux pas supporter ça, tu es si doux et généreux... et beau... et tendre... J'ai l'impression que c'est mal ce que je vais faire...
Elle m'embrassa doucement, avec sa bouche contre la mienne, me procurant une nouvelle sensation de plaisir. Je voulais que sa serviette tombe, et avoir du sexe. Mais pas comme avec ces filles. Je voulais que ça soit long, doux. Pas violent ni brutal ni avec de la drogue pour que ça « soit mieux ». Je voulais juste être normal, sans alcool ni rien, pour en profiter, pour m'en souvenir. J'aimais pas trop ça quand je prenais de la drogue, parce que je ne me rappelais de rien. Pour sentir tout ce que ça procurait, parce que le physique c'est quelque chose d'important quand on aime sa femme. Mais il faut faire du bien à la personne en face, sinon ça sert à rien. C'est ce qu'Amy m'a répété quand je la voyais avec James.
C'était elle que je préférais, parce qu'elle était gentille et qu'elle m'a appris pleins de choses sur le sexe. Elle voulait que je me sente bien aussi, elle voulait pas de drogue mais James m'en donnait toujours.
Et puis un jour, je suis allé la voir mais elle n'était pas là. Et je l'ai plus jamais revu. James m'a dit qu'elle était partie en voyage, et qu'elle ne reviendrait pas. Quand j'ai demandé si elle était morte comme maman, il a juste rigolé.
La main de Bella est venue jusqu'à ma nuque, et elle caressa mes cheveux, me faisant frissonner de tout mon corps. J'avais mal, mal au cœur et plus au sud, parce que je voulais lui faire du bien. Je voulais qu'elle soit aimée comme elle le méritait mais je savais pas si je pouvais le faire. Et puis, la langue de Bella est venue chercher la mienne, et j'ai cru que j'allais exploser tant ça me faisait du bien.
Il fallait que je l'approche de moi, que je la sente contre mon corps. Sa peau était douce, humide, et son cou tentant. Je l'embrassai, goûtant l'eau sur sa peau. Il n'y avait rien de meilleur, même si ce n'était que de l'eau sur elle. Elle se mit à gémir, et à tirer sur mes cheveux. Son corps était tout contre le mien, et j'avais très envie que cette serviette tombe. Qu'elle soit nue, que je vois comme elle est belle.
- Edward, viens...
Alors, on est allés dans sa chambre, et elle s'est assise sur le lit, me faisant prendre place à ses côtés. Sans interrompre notre baiser. Alors, sa serviette est tombée. Et j'ai cru m'évanouir tellement elle était encore plus belle que ce que j'imaginais.
