Bonjour à toutes !

Avant toutes choses, je tenais à vous remercier le plus sincèrement possible de votre incroyable soutien à toutes depuis quinze jours. Mon grand-père est décédé des suites de sa maladie, et vous m'avez été d'un grand soutien. C'était incroyablement apaisant de lire tous ces messages que vous m'avez envoyée.

Alors, pour tout ça, merci.

Ensuite, un énorme merci à vous de continuer à suivre cette histoire. Autant de délai entre chaque mise à jour ne se reproduira certainement plus. J'espère que vous apprécierez ce chapitre ! Enfin... apprécier... lol, c'te blague !

Je tiens à remercier Marion, qui a été la première bêta et qui, pour des raisons personnelles, ne peut plus assurer la correction. Merci d'avoir été là depuis le début.

Merci à Garance qui prend son relai.

Enfin, un dernier merci à Mary Fanfictions, une amie à elle, et Tiphaine, pour avoir éclairé mes faibles connaissances médicales, afin que je ne vous écrive pas trop de grosses bêtises sur ce chapitre.

Bonne lecture, prenez soin de vous

& n'oubliez pas d'avoir un peu de reconnaissance à la vie en elle-même.

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Chapitre 19 " Le temps qui s'arrête"

Bella.

- Je crois franchement que c'est de la folie, Bella ! Je ne changerai pas d'avis là-dessus ! Vociféra Rosalie.

Je regardai mes deux sœurs, dans le salon chez mon père. En revenant du travail, j'avais décidé de porter un gâteau à mon père encore au commissariat, et avais pensé qu'informer dans un premier temps mes frangines de ma nouvelle histoire de couple, était une bonne chose.

Visiblement, ce n'était pas le cas. Pas le cas du tout !

Jasper, assis avec ma sœur dans le canapé, soupira en passant son bras sur le dossier.

- Ton mépris pour Edward me fait froid dans le dos, Rose ! Siffla-t-il d'une voix basse et menaçante.

Elle le foudroya du regard.

- Pardon, mais il n'y a pas si longtemps que ça il a pris de l'argent à ma sœur avant de partir comme un voleur ! Excuse-moi de me méfier !

J'échangeai un regard avec Alice qui, à mon grand étonnement, parut compatissante.

- Edward était fauché ! Fauché ! Il vivait dans la rue ! Il tombe sur ta sœur, elle lui offre un toit, lui tend la main alors que personne ne l'a fait ! Et il comprend qu'il va devoir repartir dans le froid, sous la neige, sans avoir à manger après avoir été rassasié plus qu'il ne l'a jamais été ! Tu aurais fait quoi toi, à sa place, Blondie ? Grogna Jasper, perdant visiblement son sang-froid.

- Jasper... murmura Alice.

Il sembla perdre patience.

- Non mais quand j'entends ce genre de discours, ça me dépasse !

- Et toi alors ? Avec tes beaux discours ! Tu as fait quoi pendant que ton propre cousin crevait de faim dans la même ville que toi ? Il ne me semble pas que tu aies plus bougé que ça pour le sortir de sa déchéance. Ai-je raison, Blondinet ?

Jasper se leva, prêt à faire un scandale.

- Bon allez j'me tire... Désolé bébé !

- Jasper, attends...

Oh, quelle formidable idée que j'ai eu de passer...

Alice lui rattrapa le poignet.

- Reste ici !

Il se passa quelque chose entre eux, par le regard, parce que quelques secondes après, Jazz retrouva sa place mais seulement debout, bras croisés sur son torse, à toiser Rosalie. Je me levai.

- Ecoutez... Je ne voulais pas vous faire disputer et... Je suis désolée...

- Peut-être devrions-nous simplement écouter Bella, et lui faire confiance...

La tirade d'Alice me retira cet étau autour de mon ventre qui serrait, et serrait encore.

- Peu importe que ce que la famille d'Edward a fait ou n'a pas fait, et peu importe ce qu'il a fait ou pas... Si Bella, qui ne nous a jamais présenté aucune de ses relations, pense qu'il est important pour nous de savoir qu'elle est amoureuse d'un garçon, nous devrions lui faire confiance et croire en sa capacité à savoir ce qu'elle fait. J'ai envie de lui faire confiance... Et si nous voyons que les choses sont mauvaises, nous aurons seulement le droit de le lui dire en dernier recours. Essayons d'être compréhensifs...

- Merci Alice...

Mon cœur se serra avec une force incroyable en observant ce petit bout de femme prendre ma défense. Ma petite sœur qui veille à ce que mes décisions soient respectées.

Rosalie, elle, resta froide et implacable mais ne prononça pas un mot supplémentaire. Alice me sourit, et vint m'enlacer.

- Prends soin de toi, surtout... Si tu crois qu'Edward est celui dont tu as besoin, je suis avec toi. Nous sommes avec toi, même si elle fait sa tête de cochon ! Rit-elle, en désignant Rosalie d'un coup de tête.

Cette dernière, dans un geste de la tête très snob, se leva et renifla, avant de grimper à l'étage. Je m'éloignai d'Alice.

- Laisse-lui un peu de temps... Ses arguments sont valables malgré tout, et j'espère que tu sais ce que tu fais...

Être avec Edward. Oui. C'est ce que je veux. Ne plus le voir partir dans un avenir trouble, mais lui offrir ce qu'il mérite. Lui offrir une véritable vie. Donner à cet homme doux, un avenir tendre.

- Je l'aime, Alice... Et il m'aime aussi...

Elle embrassa ma joue.

- C'est tout ce que j'ai besoin de savoir...

Jasper, toujours debout et en colère, m'observa sans sourciller.

- Mais il y a autre chose...

- Quoi donc ?

Je regardai le petit-ami de ma sœur.

- Nous avons eu une... une altercation... avec... Anthony...

Jasper pâlit soudainement et se rapprocha de moi.

- Quoi ? Mais pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ?

- Je l'ai rencontré par hasard dans la rue... Edward était au coiffeur et j'étais partie à la petite épicerie chercher quelques courses... Il m'a reconnu, et m'a suivi... Il voulait voir Edward, seulement Edward et a commencé à devenir violent... Il m'a entraînée dans une petite rue...

Alice écarquilla les yeux.

- Mais tu vas bien ?

Elle prit mes mains.

- Oui... Edward est arrivé à temps...

- Edward ?

- Par chance, il avait fini au coiffeur et a voulu venir me rejoindre... Il a trouvé mon sac par terre et m'a entendue crier... Il l'a attrapé, et a essayé de lui faire peur ou...

Je me rappelai de son regard, de sa voix forte et grave, sans appel. De ces lourdes menaces qui auraient probablement été mises à exécution s'il n'avait pas été en ma présence. Cette lueur, pratiquement assassine, dans ses yeux.

- Edward a fait ça ?

J'opinai.

- Il l'a coincé contre le mur, l'a soulevé de terre rien que par le col, et l'a menacé de le tuer lentement... De le tuer comme il a tué sa mère...

Alice et Jazz échangèrent un regard inquiet.

- Il l'a lâché, et m'a emmené... Et il n'a fait que dire qu'il nous protégerait... Qu'il ferait tout pour...

- Ça sent pas bon... ça pue même... Faut que j'essaie de le raisonner... Il ne peut pas être comme lui... Il ne peut pas être un assassin... Où est-il ?

- Chez moi...

Jasper attrapa sa veste en cuir.

- On y va !

Edward ? Vouloir passer à l'acte ? Pour nous ? Pour nous protéger... non... non... Et pourtant, son ton sans appel, sa voix menaçante. Ce n'était pas l'Edward avec qui je partageais mon toit qui avait parlé dans cette petite ruelle.

Jasper ne me laissa pas tergiverser, et roula en trombes dans son véhicule, alors que je peinai à le suivre jusqu'à chez moi. Lorsque j'ouvris la porte, j'eus à peine tourné le loquet que Jazz entra dans l'appartement comme un fou.

- Edward ? Edward ! C'est Jazz ! Edward ?!

Pas un bruit, pas un son. La télévision était éteinte, les cahiers d'écriture et de lecture d'Edward laissés fermés. Mon cœur se compressa, comme s'il savait déjà que quelque chose clochait.

Edward ne sort jamais quand je ne suis pas là. Au mieux, il descend dans le hall, mais ne franchit jamais la porte sans être accompagné. Et ses livres et cahiers fermés...Pas normal... Pas normal du tout...

- J'appelle Carlisle ! Faut espérer qu'il ait eu envie de leur rendre visite...

Mais la réponse fut « non », et c'est ce qui nous décida de prendre trois véhicules pour arpenter les rues de la ville. Pour le retrouver. Le médecin et Jasper empruntèrent deux voitures différentes, Alice avec son petit-ami. Mrs Cullen décida de faire des allers retours entre mon immeuble et sa maison, au cas où Edward fasse sa réapparition.

Mais il ne se trouvait à aucun endroit connu.

Il a disparu... Il a disparu...

Anthony... Et s'il est parti à la recherche d'Anthony... Pour le tuer... Edward va devenir un assassin. Il va tuer, comme son père a tué avant lui.

S'il ne se fait pas tuer avant d'avoir le temps de se défendre...

Le docteur Cullen me retrouva au parc, l'air affolé.

- Il n'est nulle part, j'ai arpenté toute la partie sud de la ville, je suis même allé dans les petits sentiers forestiers... Rien... Nous devons prévenir la police... Avec Anthony dans les parages, je ne suis pas tranquille...

Edward... Edward... Où es-tu ? Alors que Carlisle appelait la police avec son mobile, Jasper et Alice arrivèrent, l'air inquiet.

- Rien dans l'Est, je suis allé jusqu'à la casse... Je suis passé au garage trois fois, à la villa, chez toi... Rien...

Rien... Nulle part... Il s'est évanoui dans la nature... Il a disparu... Et s'il est mort ? Si Anthony a été plus rapide que lui, et l'attendait ? Et si...

- Bella...

Ma sœur m'étreignit longuement.

- On va le retrouver, ne t'en fais pas... Il n'a pas pu aller bien loin...

- J'espère, je...

- Shh... T'en fais pas... Essayons de raisonner logiquement... On a fait la maison des Cullen, la forêt, ton appartement, le garage de Jasper, les magasins où il avait l'habitude d'aller, la casse-auto... On a arpenté tous les ponts...

Jasper et Carlisle échangèrent un regard.

- Il avait une planque, mais où...

La cave. La cave, juste en face de ce parc. Bon sang, mais bien sûr ! Le seul endroit où l'on n'a pas été... Où personne n'aurait pensé à le trouver... La petite porte sur le côté de la ruelle, la petite fenêtre à barreaux qui donne sur le trottoir...

- La cave !

- Quoi ? Bella, attends !

Mes jambes ne furent pas assez rapides, et peu importe à quel point les voitures devaient freiner pour m'éviter et klaxonnaient comme des dingues.

Edward... Edward...

- Bella ! BELLA !

La porte sur le côté était entrouverte, et je m'y faufilais facilement. Edward... Edward... J'ouvris une première porte, pour tomber sur un ballon d'eau chaude. Merde... Merde...

- Bella ! Est-ce que c'est sa planque ?

Jasper était sur mes talons, mais je n'en avais cure. Je devais ouvrir toutes ces portes. Et plus j'avançai le long de ce couloir sentant toutes les odeurs possibles et imaginables, plus la possibilité qu'Edward soit dans cet endroit, en mauvaise posture, me frappait.

Il ne serait jamais revenu là. Pas maintenant. Pas après m'avoir dit qu'il m'aimait.

Il ne restait plus que deux portes, et j'ouvris l'avant-dernière.

Edward... EDWARD !

- EDWARD !

Il était là. Allongé au sol, dans un marre de sang. Son sang... Mon cœur voulut sortir de mon torse, mon sang bouillonnant dans mes veines alors que je découvris le corps de mon petit-ami. Sa tête baignant dans du sang.

- NON ! NON EDWARD !

Mort... Il est mort... Non... Non... NON ! Son corps, sa peau étaient froids. Son pull, que je lui avais offert, trempé de sang. Son sang. Son sang...

- Bella, laisse passer Carlisle... Lâche Edward... Bella !

Je sentis seulement qu'on me tirait en arrière, alors que ma vue était brouillée.

- Edward... Allez ! Allez !

Le médecin déchira le pull, qui était déjà troué, avant de s'acharner sur lui. Sur son neveu. Mort... Il est mort...

- Il faut faire vite...

Il appelait déjà une ambulance, et effectua des manœuvres médicales avec l'aide de Jasper. Il est mort... Il est mort...

Alice me maintenait contre elle. Jasper aidait son père, dans des manipulations que je ne comprenais pas.

- Il faut contenir l'hémorragie... La rate est touchée...

Un groupe de secouristes entra, nous bousculant, et Alice m'entraîna en retrait de la pièce. M'empêchant de voir ce qui se passait.

Hémorragie... Produit coagulant... Ablation de la rate... Possibilité d'hématome sous-dural...

- A trois on y va... Un, deux,... trois !

Ils portèrent la civière, tentant de le laisser stable.

Il peut mourir... Il va mourir... L'ambulance était garée devant l'immeuble, la sirène enclenchée, et deux secouristes se précipitèrent sur Edward pour l'installer dans le véhicule médicalisé.

- Je vous suis !

Le trajet se passa dans un brouillard total. Carlisle, au-dessus de son neveu, se mit à crier.

- Il convulse !

- Il va passer un scanner cérébral en urgence ! Monsieur Cullen, asseyez-vous, on s'occupe de lui...

Et ce corps convulsant sur le brancard, maintenu à peine par les secouristes alors que le véhicule traversait la ville à toute allure.

Et puis l'hôpital, les médecins, le brancard traversant les couloirs avec Carlisle sur ses talons en direction du bloc opératoire.

Et la pendule, qui semblait s'être arrêtée.

Sans jamais vouloir reprendre son travail. La trotteuse qui semblait faire du surplace, et le brouhaha inexistant autour de moi des dizaines de patients. Tous vivants, venant se plaindre pour des broutilles.

Alors qu'Edward est mort...

.. ::..

Carlisle.

- Il devrait s'en sortir...

Merci mon dieu... Bradley me tapa l'épaule, après avoir retiré ses gants de chirurgien. Il a opéré mon neveu... Je n'aurais pas pu le sauver en étant si impliqué... Si paniqué...

- Ton neveu a eu beaucoup de chance... Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Passé à tabac...

Parce que je n'en sais pas plus, et que je ne veux pas qu'il fouille. Sans doute ce dealer avec qui il a traîné un temps... J'ai tout fait pour l'empêcher de le voir ce James... Tout...

- Il devrait s'en remettre... Si tu as besoin de quelque chose...

- Merci Brad... Merci d'être intervenu si vite... Tu as toute ma reconnaissance...

- J'en doute pas... Allez, courage vieux !

Il quitta la salle de réveil, me laissant seul avec Edward. Trop pâle, trop froid. Trop endormi. L'arrière de son crâne rasé à cause de l'intervention. Mort, ou presque.

Il revient de loin...

J'attrapai sa main.

- Accroche-toi mon garçon... Bella t'attend... On a tous besoin que tu sois avec nous...

Je pressai sa main inerte dans la mienne. J'aurais dû tout tenter. Déménager de cette ville, l'emmener avec nous de force dans un nouvel endroit pour qu'il refasse sa vie. Qu'il ait une meilleure existence... C'est de ma faute... Entièrement de ma faute.

J'ai été responsable de lui, et je n'ai pas su entendre sa souffrance. Je n'ai pas su aller jusqu'au bout, me montrer sévère quand il en avait besoin. Parce que j'avais peur qu'il le vive comme une terreur, et pas une aide. Alors je n'ai jamais tenté de reprendre les choses en main. A part m'énerver contre lui, lui crier après sans tenter de le comprendre. Le forcer à aller voir un psychiatre, alors qu'il n'y était pas prêt.

J'ai été un mauvais oncle. Un mauvais soutien. Je n'ai été que le frère de son père. Et non le père que j'aurais dû devenir pour lui.

- Je t'aime Edward... Je suis si désolé... Je vais rassurer Bella, elle est si inquiète et choquée... Reviens, au moins pour elle...

Je quittai la pièce, inspirant un peu d'air. L'odeur si particulière, si dérangeante de l'hôpital me frappe. Mais je n'étais plus au bloc, avec l'odeur du sang de mon neveu. Avec l'odeur si spéciale du corps humain ouvert. Ce mélange à la fois écœurant et indescriptible.

Bella était toujours sur le même siège, dans la même position qu'il y a quatre heures. Toujours là, le pull plein de sang. Du sang d'Edward. Je savais que désormais, je ne pourrai plus fermer les yeux sans voir cette jeune femme traversant la rue à toute vitesse, manquant de se faire renverser par des voitures, pour retrouver le corps de mon neveu et se jeter sur lui, pleurant toutes les larmes de son corps.

Sa jeune sœur l'étreignait encore, sa tête appuyée contre son épaule.

- Bella ?

Elle sembla comme électrocutée, sortant de sa léthargie.

- Carlisle...

Elle se remit à pleurer, et je l'attirais contre moi.

- Il va bien... Il est en salle de réveil...

- Qu'est-ce que...

- On a dû traiter en urgence un hématome sous-dural, au cerveau. Il a eu aussi une plaie profonde à la rate, on a fait une ablation... Il a un drain à l'endroit où on l'a opéré à la tête... On va le surveiller de très près, mais il va bien...

Le visage de Bella sembla se libérer, comme si elle détendit instantanément ses muscles, et sans que je ne m'y attende, elle s'évanouit dans mes bras. J'eus le temps de la rattraper avant qu'elle ne tombe au sol, et de l'asseoir pour la réveiller.

- Bella... allez Bella, c'est rien, ça va aller...Il va bien... Il est vivant...