Bonsoir tout le monde !

Histoire de terminer le week-end tranquillement, voici une nouvelle mise à jour. Je vous remercie toutes : Elodie pixie B, tilunarou, aussidagility, halay, soraya2107, Anais88, bellaeva, kikinette11, mlca66, Lily-Rose-Bella, erika shoval, nini54, vinie65, calimero59, katner, Mariefandetwilight, sand91, samystère, Linaewen Z', Cathie44, Grazie, paulipopo, vanina63, Pattenrond1, aude77, twilight-poison, ulkan13, sarinette60, Maryfanfictions, Mariee1, Guest, Clairouille59, Tinga Bella et lisouarras.

Je remercie beaucoup Garance pour sa correction rapide, et Tiphaine pour les détails sordides médicaux :)

Prenez soin de vous, merci pour tout ce que vous êtes, et ce que vous faites par vos messages, vos reviews, vos MP.

Tiffany.

~ Chapitre 20 : Au réveil ~

Bella.

Le docteur Cullen venait d'inspecter pour la cinquième fois en une heure l'état de santé de son neveu. Il n'était pas en blouse, n'ayant pas l'autorisation de s'occuper médicalement de lui pour garantir un meilleur suivi. Mais l'ambiance était encore plus lourde, plus pesante à voir cet homme aux traits tirés qui n'avait pas dormi depuis l'opération, en pantalon et en chemise simples, arpenter la pièce de long en large, à vérifier chaque constante, à contrôler que le monitoring fonctionnait bien.

Le bruit des battements du cœur d'Edward rythmaient la chambre, dans un son régulier à la fois angoissant et rassurant.

Vivant. Il est vivant.

Edward n'avait toujours pas ouvert un œil depuis son retour d'opération, muet, endormi. J'avais tenté de ne pas regarder la plaie derrière son crâne, causé par l'hématome de son traumatisme crânien. Un énorme bandage protégeait l'endroit, ne laissant apparaître que quelques mèches de cheveux de mon compagnon.

- Le matériel fonctionne... murmura encore, une nouvelle fois, le médecin.

Esmé soupira, assise sur un des fauteuils laissés à disposition, bras croisés sur sa poitrine, visiblement affectée.

- Bien sûr qu'il fonctionne Carlisle... Viens t'asseoir...

Elle tapota l'espace à côté d'elle et l'oncle d'Edward, résigné, s'installa à ses côtés. Je restai à la droite d'Edward, sa tête tournée vers moi, à tenir sa main et caresser sa joue inlassablement. Comme depuis des heures, en fait.

Réveille-toi... Reviens...

Jasper et Alice vinrent nous rendre visite deux fois, et Jazz soupira en ne constatant aucune amélioration dans l'état de santé de son cousin. Avec son père, ils discutèrent médecine un joli moment, dans des termes compliqués dont je n'étais pas sûre de vouloir connaître la définition et après une étreinte avec ma sœur, ils quittèrent la petite chambre, préférant « attendre dehors ». Quelque part, je pouvais comprendre leur angoisse, et j'aurais aimé moi aussi sortir de cette petite pièce blanche et marron, triste comme l'Enfer, mais je ne voulais pas manquer une seconde de son réveil.

Parce qu'il allait finir par se réveiller, pas vrai ? Carlisle me l'a promis...

Le temps passait, inlassablement, lent, comme si quelqu'un avait décidé de l'arrêter juste pour me narguer. Le temps défilait, et Edward avait toujours les yeux clos. Fermement clos. Même le fait que Carlisle vienne lui soulever les paupières pour contrôler sa pupille ne l'éveillait pas et je commençais à désespérer. A sentir le poids de cette dernière journée dans chaque membre de mon corps. J'aurais pu tuer pour m'allonger, ne serait-ce qu'une minute et techniquement j'aurais pu le faire sur le petit sofa de la pièce mais je savais que si je m'installai, le sommeil m'emporterait en une minute et je ne voulais pas être endormie alors que lui se réveillerait.

Pourtant, son visage paisible semblait m'appeler également au repos dans les bras de Morphée, hypnotique. Sa respiration légère, presque faible, frôlait mon visage, comme un refrain lancinant. Il dort, il se coupe de toute cette douleur. Carlisle ne cesse de dire qu'à son réveil, les douleurs se réveilleront avec. Alors c'est peut-être mieux qu'il dorme le plus possible.

Peut-être que si je ferme les yeux juste une seconde... Juste une seule... Il...

- Bella...

Je sursautai, en sentant une main sur mon épaule. Le visage d'Edward me faisait face, ses yeux verts perçants avec une lueur éteinte dans son regard et...

Il est réveillé ! Il est réveillé !

- Edward ?! Tu es réveillé !

Je sentis une main sur mon épaule, celle d'Esmé, le regard doux et maternel. Mais plus rien ne comptait qu'Edward, réveillé.

- Edward... Oh mon dieu je suis si contente...

Il n'avait pas bougé, sa tête toujours tournée vers moi, son regard ancré au mien. Je caressai sa joue du bout de mon index et de mon majeur, espérant avoir un signe.

- Vous vous êtes endormie dans une position inconfortable... J'ai préféré vous réveiller mais Edward a commencé à manifester des signes de réveil.

Elle se pencha vers son neveu et passa sa main sur son bras gauche.

- Mon chéri, Carlisle est parti chercher une infirmière... Tout va bien, tu es en sécurité...

Elle embrassa sa joue et tapota mon épaule.

- Je vais aller prévenir Jasper par téléphone... Lui et Alice doivent être encore dans le parc...

Elle quitta la petite chambre, nous laissant seuls.

- Oh mon dieu Edward... J'ai eu si peur... Si peur quand je t'ai vu dans cet état-là...

Je me rapprochai de son visage, espérant sentir son odeur, sentir son souffle mais je ne perçus que la fragrance écoeurante de l'hôpital et de l'opération qu'il venait de subir. Je déposai un léger baiser sur ses lèvres qui étaient un peu froides et je tentai de ne rien laisser apparaître de ma surprise. Elles vont se réchauffer... Elles vont se réchauffer...

Je l'embrassai encore doucement, une nouvelle fois.

- Je t'aime... Si tu savais comme je t'aime...

Il ne répondit pas, et si ses paupières ne clignaient pas, j'aurais pu m'inquiéter. Il a subi une lourde opération, et je dois avoir de la patience avant de le retrouver comme avant.

- Tout va bien se passer maintenant... Tu es en sécurité, tu es sauvé...

Je fermai les yeux, mon nez contre son épaule, cherchant à me réchauffer contre son corps.

- J'ai eu tellement peur pour toi... Ne me quitte plus... Plus jamais...

Alors, je le sentis. De l'eau qui roula sur mon front, chaude, légère, au goutte à goutte. Je relevai la tête, pour découvrir le visage en larmes de mon compagnon. Mon cœur se brisa, faisant jaillir la peine que j'avais tant bien que mal contenue jusque là.

- Edward... Est-ce que tu as mal quelque part ?

Je me redressai légèrement, mon cœur s'emballant.

- Edward... Parle-moi... Edward ?

Ses larmes continuèrent de rouler, sans que je ne puisse plus les arrêter.

- Je vais chercher un médecin...

Mais alors que j'allai m'éloigner, je sentis sa main fraîche se resserrer sur la mienne, comme pour m'en empêcher. Son regard était plein de souffrance, mais une souffrance certainement pas physique. Une souffrance morale. Alors, je décidai de me pencher vers lui, de le rassurer.

- Je suis là... Je reste avec toi... Tout va bien, tu es en sécurité... Il ne t'arrivera plus rien...

Sa respiration eut un spasme sanglotant, ses lèvres s'entrouvrirent sans qu'il n'en fasse jaillir de mots. Alors, je me penchai un peu plus et l'embrassai doucement. Je caressai de ma bouche la sienne, espérant le rassurer. Elles sont un peu plus chaudes... Je sentis sa lèvre se refermer avec hésitation contre la mienne, et je rompis avec lenteur le baiser, quand la porte s'ouvrit sur Carlisle et l'infirmière.

- Je t'aime, Edward... Je t'aime...

La professionnelle de santé s'approcha de lui, suivie comme son ombre par Carlisle. Elle m'adressa un sourire compatissant.

- Je vais prendre les constantes, mademoiselle, sortez s'il vous plaît...

Sortir, alors qu'il se réveille à peine. Carlisle me fit un petit signe de la tête rassurant, et je me penchai vers Edward.

- L'infirmière va vérifier que tout aille bien pour toi, je suis juste dans le couloir, d'accord ?

Sa main serrait la mienne doucement, mais de plus en plus fort. Une larme coula à nouveau sur sa joue, et je l'effaçai bien vite.

- Elle fera vite, et je reviens aussitôt ! D'accord ?

Carlisle s'approcha et posa sa main sur l'autre bras de son neveu.

- Je reste avec toi... Bella reviendra immédiatement c'est juré !

Edward tenta de tourner la tête vers son oncle, mais un rictus de douleur brisa son si beau visage. Je me détournai de ce spectacle désolant, quittant la pièce rapidement pour qu'il ne me voit pas pleurer. Malheureusement, je l'entendis émettre une plainte sourde et insupportable à entendre. Je refermai la porte, me sentant coupable d'un tel acte...

Il est réveillé... Mais dans quel état ? Dans un état léthargique, sans doute plein de douleurs... Il va souffrir, tellement souffrir et je ne pourrai rien pour lui... Je lui ai promis qu'il ne souffrirait plus, et je ne tiens pas ma promesse...

Qui a pu lui en vouloir à ce point ? Le tabasser et le laisser pour mort ? Anthony, sans aucun doute. Il le cherchait quand nous l'avons croisé. Clairement. Est-ce qu'il veut régler ses comptes avec lui ? Le punir, pour avoir sans doute assisté et témoigné à sa condamnation ? Et il est sans doute encore dans la nature... A errer... Sans doute satisfait... Mais s'il apprend qu'il n'est pas mort ? Qu'est-ce qui va se passer ? Et si...

- Bella !

Je reconnus le parfum de lavande de ma sœur Alice, qui m'étreignit le plus fort possible. Esmé et Jasper étaient derrière, un regard désolé sur le visage. Je laissai alors les larmes rouler dans les bras de ma sœur. Tant que nous sommes ici, nous sommes en sécurité. Mais après? Si Anthony a décidé de nous traquer ? Nous allons mourir...

- Laisse monter, Bella... Laisse monter, ne retiens rien...

Elle caressa mes cheveux, rassurante, sa main calant ma tête contre la sienne. Les larmes roulèrent, nombreuses, trop nombreuses.

- Voilà c'est bien... Laisse toi aller... Shh... Tu n'es pas toute seule... Il va bien...

La porte se rouvrit pour laisser sortir l'infirmière, un sourire plus franc sur le visage. Je sentis Carlisle derrière nous, et je me reculai d'Alice sans pour autant la lâcher.

- Alors ?

J'essuyai mes yeux dégoulinants, pour qu'Edward ne me voit pas dans cet état. Le docteur échangea un regard avec son fils, avant d'opiner.

- Il va bien, Bella... Les constantes sont bonnes, sa tension aussi... On a pu évaluer sa douleur, et il souffre beaucoup mais ça va aller de mieux en mieux... Une radio va être programmée pour vérifier que tout est ok... Tu devrais aller le voir...

Je m'éloignai de ma sœur, alors que Jasper et Carlisle se mirent à parler de « dextro », de « palpation de l'abdomen », de « saturation en oxygène » et d'autres termes sur lesquels je préférai ne pas m'attarder.

Dans la chambre, Edward était toujours parfaitement immobile, la tête tournée sur sa gauche cette fois-ci. Sa respiration était forte, et sa main droite posée sur son torse. Ses paupières semblaient bien trop lourdes pour lui, mais elles s'ouvrirent quand j'avançai vers lui. Je m'assis à ses côtés, attrapant sa main dans la mienne.

- Carlisle dit que tout va bien... Tu es tiré d'affaires...

Il entrouvrit sa bouche et une bouffée d'air y entra, comme s'il voulait me dire quelque chose.

- Je t'écoute... Dis-moi, tu as besoin de quelque chose ?

Sa respiration se fit haletante, et mon cœur se serra, espérant qu'il puisse sortir ce qui le tracassait.

- S... soi... soif...

- Oui... Attends, je vais te chercher un verre d'eau...

Je pris la carafe qui trônait sur la petite tablette en formica, et remplis le verre. Je le portai à ses lèvres, mais la moitié se renversa sur sa chemise blanche d'hôpital.

- Doucement...

J'attrapai une serviette et épongeai tant bien que mal son col, reportant le verre à ses lèvres plus doucement. Il put déglutir et avaler le liquide à moitié, rallongeant sa tête comme s'il venait de faire un effort surhumain.

- Est-ce que tu as assez bu ?

Il acquiesça et ferma les yeux.

- Repose-toi maintenant...

Ses doigts bougèrent légèrement vers moi, et je lui pris la main dans la mienne.

- Je suis là... Shh... Je veille sur toi...

Je déposai un baiser à la commissure de ses lèvres.

- Dors...

Il orienta légèrement sa tête vers moi, et mon prénom mourut sur ses lèvres.

- Bella...

..

.

Voilà deux jours qu'Edward avait été opéré. Il dormait beaucoup, presque toute la journée, mais je restais à l'hôpital au cas où. Il parlait peu, sauf pour exprimer un besoin immédiat ou répondre aux médecins pour évaluer son seuil de douleur. Le hurlement de ses membres se trahissait tout le temps, tant et si bien que le moindre mouvement le terrassait. Il se plaignait de maux de tête et à l'abdomen, chose normale selon Carlisle et Jasper. Les choses devaient se tasser sous peu.

D'après sa dernière radiographie, tout allait bien. Aucune complication passée ou à venir. Sa sortie ne ferait plus de doute d'ici quelques temps.

Le médecin qui s'était occupé de son opération avait été dans l'obligation de signaler son agression, et j'appréhendai la venue de la police pour interroger Edward. Le corps médical avait donné son feu vert pour les questions, mais je continuai de penser que c'était bien trop tôt pour y procéder.

Esmé et Carlisle étaient présents chaque jour, du début à la fin des visites. J'avais reçu exceptionnellement l'autorisation de dormir dans la chambre, après qu'Edward m'ait fait appeler une nuit à cinq heures du matin, en pleine crise d'angoisse.

Edward se contentait de me regarder la plupart du temps, et j'étais souvent la seule à faire le jeu des questions et réponses mais il écoutait, attentif, parfois esquissant un sourire discret. Et quand je l'embrassai, comme à chaque fois que je le voyais s'endormir, il refermait ses lèvres contre les miennes, y mettant de plus en plus de force.

On toqua contre la porte, et Carlisle se leva.

- C'est sûrement la police...

Je me penchai vers Edward.

- La police va te poser quelques questions mon amour... Réponds comme tu le sens... Je reste avec toi...

Les yeux d'Edward reflétèrent son inquiétude, et j'essayai de le rassurer.

- Tu n'es pas tout seul...

- Oh... Bonjour Charlie !

Je sursautai en entendant la voix de Carlisle, et me retournai, pour faire face à mon père qui découvrit, avec stupeur, ma présence.

Oh, oh...

.. ::..

Charlie.

Ma fille. Quand on m'avait appelé ce matin pour me dire que le neveu des Cullen était apte à communiquer à propos de son agresseur, je n'aurais pas imaginé tomber nez à nez avec elle, avec ma fille.

Et encore moins découvrir que le SDF qu'elle avait accueilli chez elle était ce garçon.

Et encore encore moins voir qu'elle le fréquente encore.

- Bella ?

-Salut Papa...

- Qu'est-ce que tu...

Mais l'éminent docteur Cullen m'invita à avancer d'un geste amical. Je remarquai alors leurs mains liées, solidement, et l'attitude protectrice de ma fille. Se peut-il qu'ils...

- Charlie, parlons d'abord de cette agression... Edward est extrêmement fatigué...

- Oui... Bien sûr...

Je sortis mon calepin et mon stylo bic, et m'installai, mal à l'aise, sur la chaise la plus proche.

- Bien... Edward... Je vais essayer d'être rapide... Est-ce que tu te rappelles de quoi que ce soit concernant ton agression et/ou ton agresseur ?

Bella et le garçon échangèrent un regard, et elle opina. Si elle sait quelque chose... Qu'elle se retrouve mêlée à cette affaire sordide... Sans doute un coup d'Anthony... S'il s'en prend à elle... S'il me prend ma fille...

- Je...

La voix du jeune homme, éraillée, grave, me tira de mes pensées sordides.

- Non...

- Tu ne te rappelles de rien ? Peux-tu me dire où cela s'est produit ? Ils t'ont retrouvé dans une cave d'un immeuble du centre-ville. Est-ce là que l'agression a eu lieu ?

Carlisle intervint.

- Probablement... Le sang était en grande partie sur le sol de cette cave... Pour moi, ça ne fait aucun doute qu'il s'est fait agresser ici...

- Qu'est-ce que tu y étais venu faire ? Est-ce que tu as l'habitude de fréquenter cet endroit, ou l'on t'y a attiré, comme un piège ?

Edward fit « non » de la tête, son visage se peignant d'une touche d'incompréhension.

- « Non » à quelle question ? Est-ce que tu connais cet endroit ?

Il chercha ma fille du regard, comme s'il allait céder à la panique.

- Il a vécu là-bas un certain temps, répondit Bella.

Comment sait-elle tout ça ? Est-ce que je vais devoir mettre ma propre fille en garde à vue pour en savoir plus ?

- Est-ce que c'est vrai, Edward ?

Après une certaine hésitation, il opina enfin. Connaît ce coin. Y a vécu selon Isabella Swan. Information confirmée par la victime Edward.

- Est-ce que tu peux identifier ton agresseur ?

Là encore, il sembla se perdre dans le regard de ma fille, et avec une tendresse qui me fit détourner les yeux, elle caressa sa joue du revers de ses doigts.

- Dis-lui si tu sais quelque chose...

Le regard du jeune homme s'embua et il ferma les yeux, faisant couler au passage de nouvelles larmes. Elle les effaçait une à une, elle aussi visiblement affectée.

- Est-ce que tu peux revenir une autre fois, Papa ? Me demanda-t-elle sans me regarder.

Elle le protège. J'ignore pourquoi, mais elle le protège. De qui, de quoi je n'en sais rien. Mais elle le protège. Un peu trop à mon goût.

Et elle sait des choses !

- D'accord... Je reviendrai plus tard...

- Merci Papa...

Elle se pencha, et embrassa la joue de ce garçon. Lorsqu'elle releva le regard, elle sut qu'elle devait me suivre dans le couloir. Je saluai le docteur et son épouse, et Edward d'un bref signe de la tête.

Mon gendre est un SDF...

Ma fille me rejoignit dans le couloir, et referma la porte derrière elle.

- Merci de revenir plus tard Papa... Il est très affecté et...

- Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

Je me tournai vers elle, pour la voir rouge. Timide, comme quand elle prenait des gâteaux dans le placard petite alors que je venais de lui dire qu'on mangerait dans pas longtemps.

Ma petite fille...

- Je... Ce n'était pas facile Papa et... et vu la réaction de Rose, je...

- Ha ! Parce qu'en plus ta sœur le sait et ne me dit rien ?

- Alice aussi... bafouilla-t-elle.

Oh seigneur... Parfois je déteste avoir trois filles et être seul au milieu de cette meute... Autant elles peuvent être garces entre elles, autant quand elles décident de se liguer contre moi, peu importe comment mais je ne peux pas lutter contre ça.

- Bon sang Bella ! Un SDF ! Je t'avais mise en garde !

Elle se mit à trembler et baissa la tête.

- Je suis... Il est gentil, doux... Il a vécu trop d'horreurs et...

- Est-ce que tu sais que son père a tué sa mère devant ses yeux ?

- Oui... balbutia-t-elle. Il m'a tout raconté...

- Et cet homme est à moitié cinglé ! Je l'ai reçu dans mon bureau, il a failli se battre avec son frère ! Crois-moi Bella, je ne sais pas ce qu'il trame mais je ne veux pas que tu te retrouves au milieu de toute cette merde !

Elle regarda ses chaussures, exactement comme elle était une enfant. Ma Bella... Ma toute petite... Je ne supporterai pas de te perdre, toi aussi...

- J'aime Edward...

- Quoi ?

Elle l'aime ? Non, elle ne sait pas ce qu'elle dit ! Comment peut-on volontairement embrasser un tel destin ?

Elle releva la tête.

- J'aime Edward, Papa...

Son regard s'ancra au mien, et elle n'était plus cette enfant, mais la femme décidée et têtue. Au moins autant que sa mère. Et bien malgré moi, je me retrouvai projeté plus de trente ans en arrière quand j'avais franchi le palier des parents de Renée. Son père, un ancien général aigri et sévère, avait vu d'un mauvais œil mon arrivée et mes ambitions de shérif.

« - Un shérif ? Pourquoi faire, Renée ? Pour qu'il se fasse tuer à la première embuscade et te fasse veuve avec, un peu de chance, des gamins sur les bras ? Veux-tu rater ton avenir à ce point ? »

Finalement, c'est elle qui a fait de moi un veuf, avec trois enfants sur les bras. Mais pour rien au monde, et même si j'aurais tout donné pour que Renée reste vivante et ne soit pas tuée dans cet accident de voiture, je ne regrettai rien et j'élevai mes trois filles comme je l'aurais fait avec leur mère. Et Rosalie certainement encore plus qu'Alice et Bella, elle qui ne m'appartenait pas de sang.

Aucun être au monde, aucun homme ne viendra faire du mal à mes filles. Aucun.

- Sais-tu dans quoi tu t'embarques ? Si son père décide de le trouver et le tuer pour une raison ou pour une autre, je ne le supporterai pas ! Je ne vais plus jamais fermer l'oeil de la nuit maintenant !

Elle pâlit.

- Je suis en sécurité avec Edward...

- Quoi ? Il a été salement amoché... Comment peux-tu être en sécurité avec un blessé ?

- Il m'a déjà sauvé de son père...

Mon cœur lâcha, mais je n'étais pas certain d'avoir entendu sa phrase, murmurée.

- QUOI ?

Elle sursauta, et recula d'un pas.

- Il... Anthony le cherchait et il m'a... il m'a trouvé et... Mais Edward est arrivé au bon moment et il l'a … fait partir...

La sueur envahit mon front, ma nuque, me faisant trembler.

Il connaît ma fille...

- Tu ne dois pas rester avec Edward ! Ecoute Bella, je...

- Papa... Non !

- Je sais que le côté bad boy peut avoir un côté attirant et tout mais... enfin Bella ! Tu viens me dire comme ça que tu t'es faite agresser par un meurtrier, et tu veux que j'accepte que ce soit le père de ton petit-ami ? Mais tu es folle ma fille ! Complètement folle !

Des larmes roulèrent sur ses joues, et je fermai mon esprit pour ne pas craquer.

- Papa...

- Moi vivant, tu ne l'approcheras plus !

Elle s'avança alors vers moi.

- Je l'aime ! Je suis majeure ! Tout flic que tu es, tu ne m'empêcheras pas d'être avec lui ! Je vis dans mon propre appartement et je décide de qui j'y héberge ! Tu m'as toujours dit que j'étais la plus adulte, une personne de confiance...

- J'aimerais que ça reste comme ça !

- Alors fais-moi confiance ! Edward mérite une vie meilleure !

- Avec son père qui vous court après ? Certainement pas !

- PAPA !

Jamais ! Jamais je ne laisserai ma fille faire ça !

- Je ne changerai pas d'avis, Bella !

Elle tourna les talons en direction de la porte.

- Alors tu n'as plus de fille !

Et elle entra dans la chambre, me claquant la porte au nez.