Bonsoir tout le monde!

Hé bien que dire, encore une mise à jour tardive ? Je sais, c'est vraiment pas cool. La raison est toute simple : après le décès de mon grand-père il y a deux mois maintenant, on a diagnostiqué un cancer du sein à ma maman voilà une semaine.

Donc voilà où j'en suis actuellement. Un peu paumée, et pas forcément la tête à l'écriture. Les mises à jour n'auront pas un rythme régulier, et ça sera fonction de l'état de santé de ma maman, chose que vous pouvez sans doute comprendre j'en suis sûre.

Je vous remercie de votre soutien, votre patience, vos messages. Merci à Garance pour sa correction.

Bonne lecture (ou pas ^^)

Prenez soin de vous surtout.

~ Chapitre 21 : Mais ça n'arrivera plus ~

Bella.

- Voilà, installe-toi ici... Doucement...

Edward grimaça, une main sur son ventre, alors que son oncle et Jasper l'aidaient à s'allonger sur le lit dans ma chambre. Monter les escaliers de l'immeuble fut une véritable épreuve, et Edward avait serré les dents.

Le docteur Cullen avait obtenu sa sortie hier, et cela me semblait une bonne idée tant l'état moral d'Edward ne semblait pas s'arranger. Physiquement, il allait bien. De mieux en mieux, selon l'équipe médicale. Aucune suite, aucune complication. Mais psychologiquement, et nous pouvions tous le comprendre, c'était une toute autre affaire.

Edward parlait à peine, et le peu qu'il communiquait était bien faible. Ses sourires devenus trop rares. De mémoire, je n'avais certainement plus vu une esquisse depuis trop longtemps. Il passait le plus clair de son temps à dormir, et quand il ne le faisait pas, il pouvait rester immobile pendant des heures, les yeux dans le vague.

D'après Carlisle, j'arrivais à lui faire manifester quelques signes de vie. Les journées au travail devenaient une vraie corvée pour moi, tant il me tardait de quitter cet endroit pour le retrouver même si c'était dans un piteux état. Aussi, quand on me confirma qu'il pouvait revenir à la maison, j'avais saisi l'occasion.

Être dans un lieu familier ne pourra que lui faire du bien.

Jasper tapota l'oreiller derrière son cousin, avant de l'appuyer contre. Edward émit un long soupir de douleur, et ferma les yeux à peine installé. J'aurais aimé avoir une solution pour l'aider à supporter sa souffrance, ou la lui prendre. Réellement. Je veux dire, n'a-t-il pas déjà eu assez de merdes dans sa vie pour en supporter davantage ? Comment fait-il, moralement, pour ne pas craquer ? Ça serait compréhensible si l'irréparable lui traversait l'esprit, sans pour autant espérer qu'il ne le fasse bien entendu ! Des gens meurent pour bien moins que ça. Certaines personnes décident d'en finir pour des bêtises à côté de toute l'horreur qu'il a traversé.

Il survit à l'horreur physique, la torture psychologique, et est encore là après une agression monstrueuse... On pourrait presque le croire immortel...

- Tu es bien, ici...Ce sera toujours mieux que ta chambre d'hôpital...

Esmé se tourna vers moi, son regard inquiet.

- Bella, je serai plus tranquille si vous vous installiez avec Edward à la villa... Vous auriez votre propre salle de bains, votre indépendance et...

Un gémissement d'Edward nous interrompit.

- I... Ici...

Depuis qu'elle avait su qu'Edward quitterait l'hôpital, elle avait vivement insisté pour que nous venions investir la villa afin que son époux puisse au mieux surveiller son neveu. Au début, je n'étais pas forcément contre cette idée, certainement plus tranquillisée par cette idée mais quand Edward l'avait su, il avait fermement refusé cette idée, arguant des « non ». J'avais donc décidé de revenir ici, selon sa volonté.

Même si je n'étais pas forcément rassurée pour autant.

- Bien, Bella, je vous ai noté tous les numéros où vous pourrez me joindre... Le fixe, les portables, le numéro de l'hôpital, la ligne de mon bureau et mon bipper... N'hésitez pas, pour quoi que ce soit ! Mes téléphones resteront allumés de jour comme de nuit...

- Merci Carlisle...

J'attrapai le précieux papier cartonné, espérant ne pas avoir à m'en servir dans l'urgence.

- Je passerai avant d'aller travailler, vers huit heures, puis lors de ma pause déjeuner et en rentrant. Entre temps, Jasper essayera de venir faire un tour...

Le fils du docteur opina, soudainement sérieux.

- Et ici, je vous ai rajouté le numéro de mon plus proche collègue. Nous partageons un emploi du temps relativement commun. Si quoi que ce soit se produisait, vous pourrez l'appeler et si je suis dans l'impossibilité d'agir, il a accepté de se déplacer également...

- Merci beaucoup...

Carlisle se pencha vers Edward, dans une attitude très protectrice et affectueuse.

- Tu es en sécurité mon garçon... Bella va veiller sur toi, et j'ai toute confiance en elle pour t'aider...

Mon cœur se serra à ses paroles.

- Et si tu ressens le moindre malaise, la moindre gène, n'hésite pas à en parler. Bella nous appellera...

Edward acquiesça, en fermant les yeux. A son tour, Esmé se pencha vers lui.

- Prends soin de toi mon chéri... Reviens-nous vite... Ne laisse pas ce monde t'avaler... Surtout pas... Sois fort...

Mais il sembla qu'Edward s'était endormi, parce qu'il ne réagit pas aux paroles de sa tante, les yeux clos et la respiration apaisée. Nous quittâmes la chambre doucement, pour nous retrouver au salon. Le médecin me distilla de nouveaux conseils, et c'est avec une boule au ventre douloureuse que je les observai quitter mon domicile.

L'appartement me parut soudainement bien trop silencieux, sans vie. Comme lorsque l'on veille un mort, ou que la souffrance terrasse toute une famille. Être sorti de cet hôpital rendait les choses étranges. Moins mécaniques, moins cadrées aussi. Plus angoissantes. Dans l'enceinte médicale, il était surveillé. Nous ici, seuls, s'il lui arrivait quoi que ce soit, je n'aurais certainement pas la patience ni les capacités pour réagir correctement.

Si mon chez-moi avait été plus grand, j'aurais invité le docteur Cullen à vivre ici le temps de la guérison d'Edward...

Je décidai de m'occuper, parce que le silence, et l'inactivité allaient sans doute finir par me tuer. Je m'attaquai aux bagages d'Edward, à ses habits qui avaient sur eux l'odeur particulière de l'hôpital. Je plaçai le tout dans la machine à laver, défaisant par la même occasion mes propres vêtements qui empestaient aussi. Je me faufilai discrètement jusqu'à la commode, presque rassurée d'entendre le très léger ronflement d'Edward dans la pièce.

Vivant. Il est vivant.

Je m'attaquai ensuite à la monstrueuse pile de repassage dans la salle de bains, afin de faire en sorte que la trotteuse de la pendule ne continue son travail plus vite. Mais à peine deux heures s'étaient écoulées depuis notre retour, et Edward dormait encore profondément.

Je me préparai un repas rapide, repliant une tranche de jambon dans du pain de mie avec un peu de beurre. Je lavai une pomme en guise de dessert, et m'installai devant la télévision. Tant bien que mal, je parvins à me plonger dans le film qui défilait sous mes yeux, oubliant le calme trop pénible, quand la porte de la chambre s'ouvrit sur Edward. C'était la première fois que je le voyais debout depuis son opération, seul, et mon cœur se serra en voyant son visage décomposé par la souffrance de son geste.

- Edward ? Est-ce que ça va ?

Il s'appuya contre le chambranle de la porte, se tenant le ventre de la main droite.

- Si tu avais besoin de quelque chose, tu aurais pu m'appeler, retourne te coucher... Je vais t'aider, attends...

Je m'avançai et passai mon bras autour de son dos.

- N... non... veux... veux... ici... je veux rester ici... avec... avec toi...

- Bon... D'accord... Sur le canapé si tu veux !

Je l'aidai à me rejoindre.

- Je vais te préparer à dîner... Des pâtes aux lardons. Tu aimes ?

Il opina, portant son attention sur ma pile de livres sur la table basse du salon. Je préparai rapidement son repas, et lui servis une assiette fumante. Il la dévora aussi vite que je ne l'avais préparé, visiblement affamé.

- Tu avais faim ? Souris-je, devant son regard satisfait.

Il opina, faisant racler les pics de sa fourchette contre la faïence pour récupérer les filaments de fromage râpé fondus. Je lui proposais une pomme pour finir, qu'il accepta volontiers. Il la dévora, presque jusqu'au trognon, comme un mort de faim. Comme quand je l'avais récupéré dans la rue. Sauf que les choses semblaient si différentes maintenant, si étranges.

Je débarrassai son assiette et ses couverts, et revins m'asseoir près de lui. Il fixait ses mains sur ses cuisses, comme un petit enfant honteux.

- Est-ce que tu vas bien, Edward ?

Il ne me répondit pas. Instinctivement, je posais ma main contre les siennes et il la serra plus fort.

- Tout ira maintenant... Tu es en sécurité ici, à la maison...

Je passais ma main sur ses épaules, sentant bien qu'il lui faudrait plus que des mots pour comprendre, pour m'entendre réellement. Pour se remettre, surtout.

- C'est fini, Edward... Nous sommes ensemble maintenant... Je ne te laisserai plus jamais seul... Mais j'ai besoin de comprendre... Pourquoi as-tu été seul dans cette cave ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que tu te souviens de quelque chose ? J'ai eu si peur quand on t'a trouvé dans cet état...

Il mit un certain temps avant de lever son regard vers le mien. De me montrer sa vulnérabilité, par des larmes fines roulant sur ses joues.

- Edward... Ne pleure pas... S'il te plaît, ne pleure pas...

Je l'attirai dans mes bras et longtemps, il ne dit rien. Il resta contre moi, stoïque, sans forces.

- Je veux pas...

- Tu ne veux pas quoi ?

J'embrassai sa joue et caressai sa nuque avec douceur.

- Je veux pas... que t'ai peur...

- Non... Non Edward, je n'ai pas peur... C'est juste que te voir dans cet état... c'était terrifiant... Mais je n'ai pas peur... Je veux que tu guérisses vite maintenant... On va être bien ensemble... Tu vas voir...

Il releva son visage vers moi, sourcils froncés, et je me penchai pour déposer mes lèvres contre les siennes avec douceur. Il répondit à mon baiser, sans fougue, et quand je reculai, il appuya son front contre le mien.

- Tout ira bien, c'est derrière nous... Je vais t'aider... Mais si tu te rappelles de quoi que ce soit, il va falloir en parler aux autorités compétentes, d'accord ? Nous ne pouvons pas laisser celui ou ceux qui t'ont fait ça, en liberté...

Nous restâmes serrés l'un contre l'autre de longues minutes, presque une heure, quand Edward se redressa et se leva.

- Où tu vas ?

Il se dirigea vers mes étagères pleines de livres, et en extirpa un roman. Il me tendit la main et je me levai, pour le suivre jusqu'à ma chambre. Il s'allongea sur le lit et me passa le livre.

- Tu veux bien... le lire... pour moi...

Il appuya sa tête contre l'épais oreiller moelleux, proche de moi, et ferma les yeux. J'ouvris le livre et commençai ma lecture. Durant trois chapitres, il resta éveillé, mais au début du quatrième, il referma les yeux pour la dernière fois de la soirée, quittant le monde des éveillés pour rejoindre Morphée. Son léger ronflement me rassura, et j'embrassai son front avant d'aller passer mon pyjama et de revenir au lit. Je remontai la couverture sur nous deux, me calant contre lui sans pour autant appuyer contre son corps, par peur de le blesser.

..

Il était plus de neuf heures quand la sonnette de l'appartement me réveilla. Je sursautai, alors qu'Edward dormait toujours du sommeil du juste. Je passai un tee-shirt et me précipitai sur mon interphone.

- Oui ?

- Bella, c'est Emmett... Faut que j'te parle...

- Oui vas-y, monte !

Emmett à cette heure-ci ? Ne devrait-il pas être déjà au commissariat ? J'ouvris l'entrée et le copain de ma petite sœur fit son apparition, habillé en policier. Il me fit la bise.

- Salut Bella !

- Emmett ! Je suis surprise de te voir, entre !

Je le fis entrer au salon et lui proposai un café qu'il accepta. Je m'installai sur le sofa à ses côtés et il m'observa un petit moment.

- Tu ne travailles pas, ce matin ?

- Si, en fait je suis un peu en mission... Officiellement, ton père voudrait que je ré-interroge Edward...

- Oh...

Charlie se destituait donc de sa mission envers Edward... Il doit vraiment m'en vouloir...

- On a su qu'il a quitté l'hôpital, il devrait donc être en mesure de me répondre...

- Il dort, il est très fatigué, il a subi de lourdes opérations et une agression traumatisante et...

- Bella, pourquoi tu te places toujours entre lui et la justice ? Est-ce qu'il cache des choses que tu connais ? Des choses illicites, par exemple ? Drogue ? Trafic de stups ?

Foutu instinct de flic ! Emmett, comme papa, ont cette capacité à appuyer là où ça fait mal...

- Rien, d'accord ? Edward a changé...

Mon beau-frère but tranquillement une gorgée de son café. Je me levai, mal à l'aise d'avoir son regard sur moi. De le sentir, là, à traquer la moindre de mes réactions. Le moindre rictus nerveux qui vendrait Edward sur son ancienne vie.

- Il a changé, il n'a rien à voir avec un possible trafic ou une enquête ou...

- Bella ? Relax, je n'ai pas le magnéto pour t'enregistrer... Et je crois qu'il vaut mieux, parce que je me verrai mal expliquer à Charlie qu'il doit te convoquer pour une garde à vue afin que tu parles, d'accord ?

La propre voix du flic, de mon presque frère, me glaça le sang. Je sais des choses du passé d'Edward. Je sais qu'il a touché à la drogue, et certainement vu d'autres choses dont je n'ai pas idée et que je ne veux pas connaître. Je pourrai être une complice. Une complice de quoi ? Je l'ignore.

- J'ai parlé à Charlie...

Voilà donc l'objet de sa visite.

- Je ne veux pas en entendre parler pour l'instant...

- J'ai surtout prétexté récupérer l'enquête, parce qu'il avait besoin de se reposer... Votre dernière rencontre l'a... légèrement secoué...

- Parce que ça ne m'a pas secoué moi, peut-être ? Mon propre père qui désapprouve ma relation... Je n'aurais jamais imaginé ça...

- Mets-toi à sa place, Edward a traîné dans la rue, on ne sait rien de lui, et la première fois que tu le recueilles chez toi, il te vole ton argent avant de s'enfuir... Excuse-nous mais oui, on se méfie c'est normal... Avec tout ce qu'on voit dans le métier...

Etrangement, quand Emmett me présentait les choses de son point de vue, cela me paraissait plus « logique » même si j'étais toujours furieuse d'entendre ces mots-là. Je me rassis près de lui. Parce que je connais Emmett depuis si longtemps, et qu'il a toujours été le grand-frère que nous n'avons jamais eu.

- Je voudrais que ça se passe bien...

- Je sais, et je sais que tu tiens à Edward même si je ne comprends pas pourquoi... Rose est très méfiante, et ça ne m'aide pas mais Alice a l'air enthousiaste et si tu es heureuse, même si je vais rester plein d'interrogations, je vais m'efforcer d'être content pour toi et de te soutenir, tout ça au péril de mon propre couple, sourit-il.

- Merci Emmett...

- Mais ceci dit, j'ai réellement besoin d'interroger Edward...

Il extirpa son magnétophone de sa poche de veste.

- Officiellement...

- Emmett... Il dort...

- Bella... C'est ce qu'on doit faire... C'est la procédure... C'est lui qui s'est fait agresser... Il est la victime et non le coupable...

L'interrogatoire serait inévitable, même si je faisais tout pour l'en empêcher.

- Je vais voir s'il est réveillé...

.. ::..

Edward.

Il fallait tenir debout, pour répondre au policier. Emmett, Bella m'a dit. Emmett, le fiancé de Rosalie. Parce qu'il faut lui répondre, sinon Charlie va venir et va revenir encore et il va savoir. Il va trouver que c'est James, et quand James le saura il reviendra. Il va savoir que je suis pas mort, parce qu'il voulait me tuer hein, et il va revenir. Il va même s'en prendre à Bella.

Si Anthony le fait pas avant.

Alors il ne faut rien dire. Rien. C'est comme ça, rien. C'était la loi, dans la rue. Si tu vois quelque chose de bizarre, tu dis rien. Si on te fait quelque chose de bizarre, tu dis rien. C'était la loi à la maison, aussi. Maman disait que si j'étais pas content, je ne devais rien dire aussi. Parce que si je disais quelque chose, l'autre il reviendrait encore et il nous frapperait encore plus fort. Elle avait peur, maman, qu'il nous tue. Elle avait raison d'avoir peur.

Il faut toujours avoir peur, parce que ça peut te sauver la vie. Ça « grise ton instinct », comme elle disait. Et ça t'aide à avoir les bonnes réactions, parfois. Alors, il faut rien dire, sinon c'est la fin. Je veux pas que James revienne, et veuille me tuer parce qu'il veut pas laisser de témoins derrière lui. Je sais qu'un jour il voudra faire ça, vérifier que je suis bien mort, que j'ai rien dit. Il reviendra, et Bella ne sera jamais tranquille. Je veux qu'elle soit bien, qu'elle soit heureuse. Elle peut pas l'être avec moi, parce que je passe mon temps à la faire pleurer, à la faire s'inquiéter.

Pourtant, c'est bien d'être contre elle, quand elle me raconte des histoires qu'elle lit dans les livres. Je voudrais bien lire aussi, mais je suis très fatigué par l'opération. Et j'aime encore plus l'entendre me lire des gros romans. Elle lit toujours beaucoup, et je m'endors souvent avant. Quand je dors comme ça, je ne rêve pas de James ou d'Anthony. Je rêve juste que personne ne nous embête, qu'on est loin tous les deux et qu'on peut s'aimer. Je voudrais qu'elle soit heureuse, que j'ai un travail, que le soir je rentre avec un bouquet de fleurs pour elle et qu'on puisse sortir se balader, ou manger au restaurant. Qu'on puisse se marier, un jour, et avoir des enfants.

Je les aimerais comme ma mère m'aimait. Ils auront tout ce qu'ils voudront, et ne seront jamais punis. Je ne les enfermerai pas dans un cabanon pendant une tempête, déjà on aura pas de cabanon. Je serai toujours content d'eux, même quand ils auront de mauvaises notes à l'école parce qu'ils auront essayé de faire de leur mieux. Je leur apprendrai à lire, parce que maintenant je peux le faire. Ils seront beaux. On en aura deux, une fille et un garçon. Ils seront tous les deux très beaux, et ressembleront à Bella. Ils me ressembleront peut-être un peu, aussi. Mais pas beaucoup, parce que je ne veux pas voir Anthony en eux. Ils n'auront pas les yeux vert, mais marrons. Ils seront très beaux. Bella fera des jolies coiffures à notre fille, et moi j'emmènerai mon fils au sport, au baseball ou au rugby ou au foot, comme il voudra.

Notre fille fera de la danse, elle sera toute belle avec un joli tutu rose et elle aura le plus beau sourire du monde. Et on les emmènera toutes les vacances à la mer, comme Bella le veut. Habiter au bord de l'océan. On verra les vagues, on regardera des couchers de soleil et peut-être que quand les enfants seront couchés, on fera l'amour sur le sable et on fera un autre bébé. Je me fiche si c'est un garçon ou une fille, même si je préfère une autre fille.

- Edward ?

Tout se brisa, parce que je n'étais pas à la plage avec Bella et nos enfants, mais j'étais tout seul avec Emmett. En tenue de policier. Alors je ne dirai rien. Parce que je veux aller à la mer avec Bella et nos enfants.

- Est-ce que tu te souviens de ton agresseur ?

Me taire, et c'est tout.

- Non...

- Sûr ?

- Oui...

Bella caressa mon dos et son beau-frère la regarda.

- Bien... Et l'endroit où tu t'es fait agresser ? Tu le connais ?

- C'était... Là où je dormais quand... quand j'étais dehors...

- Ok... Tu y vivais avec quelqu'un d'autre ?

Bella sait que James me suivait. Mais elle ne dira rien.

- Un autre SDF...

- Comment s'appelait-il ?

- Je sais pas...

- Tu ne sais pas ?

- Non...

- Edward ? Et ce James dont tu m'as parlé...

Non... Il fallait te taire... Il va revenir sinon...

- James ? Qui est ce James ? Est-ce l'autre SDF ?

J'étais perdu. Piégé. Il enregistre tout.

- Oui...

- Bon... Pourquoi tu m'as dit ne pas savoir son prénom ?

- Il... Je me rappelais pas bien...

Le flic ne dit rien, puis acquiesça.

- Bon... ok... On va dire que l'opération n'aide pas la mémoire... Est-ce que c'est lui qui t'a fait ça ?

- Non...

Si je l'innocente, il ne s'en prendra pas à moi peut-être.

- En es-tu sûr ?

- Oui...

Ne pas le regarder, sinon il comprendra.

- Bon... Merci d'avoir répondu à mes questions... Si quoi que ce soit te revient en mémoire, n'hésite pas !

Il se leva, arrêta son magnétophone et le rangea. Je me levai à mon tour, et Bella m'y aida.

- Merci Emmett...

- Ouais... Pas de quoi...

Il y avait quelque chose dans son ton, qui me déplaisait. Mais je savais pas quoi. Peut-être ce « truc », dont James me disait de me méfier. Bella le raccompagna à la porte et il lui murmura des choses que je n'entendis pas.

Elle revint en soupirant.

- Emmett dit qu'il va ouvrir une enquête sur James...

Il va savoir, alors... Merde... Il va venir me chercher ici, s'en prendre à Bella. Et ça va mal finir. Très mal finir. Elle peut pas rester dans tout ce chantier...

Qu'aurais-tu fait, maman ? Toi qui étais si belle dans le noir des ténèbres, là, à me tendre la main...

- J'espère que tout ira bien... J'ai confiance en Emmett...

Pas moi, c'est un flic. Et quand tu découvriras la vérité, quand tu sauras que j'étais là quand il a tué ce gosse, tu ne voudras plus de moi. Sauf que je t'aime, et que je ne veux pas que tu sois malheureuse avec moi.

Vivre est trop dur... Trop lourd... Dans la crainte, l'angoisse, le mensonge... Plus que la crainte de mourir, la crainte de la perdre ou pire, de la voir mourir, elle.

- Je t'aime...

Elle m'enlaça avec tendresse.

- Moi aussi je t'aime Edward...

- Je vais... je veux que ça... aille bien pour toi...

- Je sais que ça ira bien...

Pas tant que je serai dans ta vie, ma belle. Pas tant que deux psychopathes seront en liberté, à nos trousses. J'ai pas été très bien pour toi, mais je vais tout faire pour que tu ailles bien. Maman m'aurait dit de te protéger, comme elle a tout fait pour me protéger.

Ce jour où elle est morte, c'est parce qu'elle a pris les coups à ma place. Parce que j'avais cassé sa statue préférée, et elle a dit que c'était elle. Elle a tout pris, et il l'a tué. C'est moi qui aurais dû mourir, dès le début. Parce que tout ce que je fais autour de moi, ce n'est que du mal et rien de plus. Je fais souffrir tout le monde, c'est comme ça. Mais ça n'arrivera plus...

Ma tête me faisait encore mal. J'aurais dû mourir quand James m'a agressé, c'est ce qu'il voulait. C'est ce qu'Anthony voulait, que je meure. Tout le monde le veut, et je sais pas pourquoi je m'en sors à chaque fois.

Mais ça n'arrivera plus.

- Je vais me... me doucher...

Bella me regarda, et elle avait les plus beaux yeux du monde. Je voulais m'en souvenir pour toujours. Du moins, pour le temps qu'il me reste. Ça fera mal au départ, Bella. Mais tu trouveras quelqu'un de mieux. Rien ne dure toute la vie, pas même la souffrance. Alors tu seras heureuse, et je veillerai à ce que tes enfants soient très très beaux.

- Prends plutôt un bain, ça te relaxera... Fais confiance à Emmett, d'accord ?

Je fis « oui », parce que c'est ce qu'elle voulait. Elle m'accompagna dans la salle de bains, et me sortit le gel douche.

- Mets celui-là, il sent bon et il fait plein de mousse...

Elle commença à faire couler l'eau et vida un long jet de bain moussant dedans. Presque immédiatement, une montagne blanche se forma. J'aurais bien aimé prendre un bain avec toi, un jour... Elle m'embrassa sur la joue.

- Je t'aime, Edward... Prends soin de toi, d'accord ?

- Oui...

- Je vais faire un peu de ménage en t'attendant, et ensuite on passera notre journée tous les deux, à lire des livres... Ok ?

- Ok...

Elle me fit un joli sourire, et embrassa ma joue avant de quitter la petite pièce. Je sais écrire, et j'aurais voulu écrire pour elle. On avait vu un film un jour tous les deux, où le mari il écrivait un mot au rouge à lèvres à sa femme sur le miroir. Bella en a un beau, violet prune.

Je sais encore un peu comment c'était écrit...

« Je t'aime toujours B »

Je t'aime toujours, mais t'es pas en sécurité avec moi et tu le seras jamais. Merci pour ce que tu es, et ce que tu m'as donné. Je te rends ta vie tranquille d'avant que tu prennes chez toi ce SDF. Tu auras mal, sans doute, mais je le fais pour toi. Tout ira bien, après, t'en fais pas.

Sauf que j'ai pas la place, pas le temps, et pas la force d'écrire tout ça.

La lame de son rasoir brillait avec la petite lumière du plafond. Ça sera rapide...

Je fermais la porte à clé. Histoire que personne n'entre avant un petit moment, pour être sûr que cette fois, personne ne rompe la connexion de ma main avec celle de ma mère.

Tu seras malheureuse un peu Bella, mais c'est la dernière fois. Après je te jure, je te promets, que je veillerai de là-haut à ce que ça n'arrive plus.