Bonjour tout le monde, j'espère qu'il y a encore quelqu'un par ici ?
Voici une nouvelle mise à jour, j'aime bien ce chapitre, un chapitre en suspend... Merci à vous qui étiez là au précédent chapitre : Mariefandetwilight, mimi, Loove T., bellaeva, Alizeeb (Et bien je ne sais pas quoi dire devant tous ces compliments et si je devais te transmettre une chose, c'est : lance-toi ! N'hésite pas, fais ce que tu as envie de faire!), entre-ciel-et-terre, Maryfanfictions, choubidou. lily, tilunarou, Lucie, Anais88, erika shoval, halay, vinie65, soraya2107, aude77, tacha vaillant, KristenStewartFans, samystere, ulkan13, canada02, kikinette11, Nini Hathaway, aussidagility, mlca66 (merci beaucoup pour ton soutien), Lily-Rose-Bella, vanina63, Cathie44, calimero59, flopy69, katner, twilight-poison, mmccg, Guest, sarinette60, Ca, miangemidemon02, Mariee .M, Mamanlily, Clairouille59, Grazie et kristen590.
Je vous souhaite une bonne lecture, merci à Garance pour sa correction.
Prenez soin de vous.
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Chapitre 22 : La mort
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{Playlist : Dan Black – Let go}
Bella.
Il est de ces journées, de ces moments que l'on sait dérangeants. De ces instants, frappés par un frisson désagréable dans vos vies. De cette infime seconde que certains appelleront « instinct », d'autres « hasard » et d'autres encore « chances ».
Qu'importe le mot utilisé, l'impact est toujours spectaculaire, explosif. Comme une bombe, ou mille feux d'artifices qui éclateraient en même temps.
Rien ne fut pire que cette sensation étrange et sournoise que quelque chose n'allait pas quand il a fermé la porte de la salle de bains à clefs. Ce minuscule frisson écoeurant qui m'a soufflé de me méfier, d'être attentive. Que chaque seconde qui tournait dans le vide pourrait être fatale.
Pourquoi je l'ai senti ? Je n'en sais encore rien, et je ne veux rien chercher à savoir. Toujours est-il que cette eau coulant depuis trop longtemps, ce bruit spécifique du rasoir bon marché tombant sur le carrelage et résonnant dans l'appartement a été la sirène de cet acte silencieux.
Et mes appels en vain, hystériques, alors que le silence était ma seule réponse.
Je ne sais pas ce qui a fait en sorte que je me mette à crier au moment où Siobhanne montait me voir, par hasard. Et l'idée entêtante qui me persécutait.
Ouvrir la porte. Ouvrir la porte, et rien d'autre.
Aller le chercher, parce que quelque chose ne va pas.
Ouvrir la porte, c'est tout. Ouvrir cette maudite porte. Ouvrir cette maudite porte. Ouvrir... L'ouvrir...
Aller le chercher...
Le ramener d'entre les morts. Car c'était bien ce dont il s'agissait. Aller le chercher, là où personne ne peut aller et revenir à la fois.
Edward. Edward. Aller le chercher, et c'est comme ça. Et c'est tout.
La venue de mes deux voisins d'en face, qui s'échinèrent à enfoncer la porte, pour la briser et dévoiler l'inévitable. Un bain de sang, et ce bras pendant dans le vide, appuyé nonchalamment contre le rebord de la baignoire, le liquide pourpre glissant lentement de ses doigts.
La Mort dansait au-dessus de son visage, qui pleurait aussi doucement que le sang ne s'écoulait. Et je crois que plus jamais je ne pourrai fermer les yeux sans revoir les siens dans le vague, bordés de larmes sans qu'elles ne puissent couler. Perdus vers le haut, fixant un point imaginaire, le souffle court. Inexistant. Il n'était pas trop tard, mais chaque seconde de stupeur laissait échapper de précieuses chances.
La pièce avait une atmosphère surréaliste, et je m'effondrai en apercevant son mot sur le miroir.
Je ne peux plus vivre sans lui, quoi qu'il en pense. S'il revient, si la Mort accepte d'arrêter de lui caresser le visage avec sa plus grande tendresse, je ne pourrai plus jamais être sans lui. Plus jamais.
Le corps froid, encore plus que jamais. Ses yeux, prêts à mourir. Chaque seconde assassines, qui se demandent si tout va s'achever lorsqu'il fermera les paupières. Quand il le fera...
Hey... Hey toi... Ne ferme pas les yeux. Je t'en supplie. Je t'en supplie... Garde-les ouverts, autant que tes forces te le permettront.
Je viens te chercher. Je ne te laisserai pas partir, jamais !
- Ne ferme pas les yeux... D'accord ? Est-ce que tu peux faire ça pour moi ? Je t'en supplie Edward... Je t'en prie... Ne ferme pas les yeux... Surtout pas...
Sa propre voix mourut avant lui, s'évanouissant dans ses entrailles sans jamais parvenir à franchir ses lèvres sèches et froides. Mon pull n'était plus blanc, et serait à jamais imbibé du rouge de son sang. De l'essence de sa vie, que j'aspirais par le tissu, comme la Mort venait le chercher.
Pas tant que je serai là...
- Je t'aime Edward... On va aller à l'hôpital... Tu ne peux pas partir maintenant, d'accord ? Je te l'interdis, tu m'entends ? Ne me laisse pas toute seule ! T'en as pas le droit, c'est clair ?!
Un son presque inaudible, pourtant guttural, sortit de sa gorge, trop primitif pour signifier quoi que ce soit. Une larme perla sur sa joue, dans un ultime battement de paupière.
- Non... Non ! NON ! Edward... non ! NON ! Je suis là... Edward ? Edward ! EDWARD ! Ne fais pas ça ! Tu ne PEUX PAS ! Je te promets qu'on va partir tous les deux... Ne pars pas avant moi ! EDWARD ! EDWARD !
Ne pars pas sans moi...
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Emmett.
- Impossible de localiser ce con de James ! Gronda Charlie.
Nous savions qu'il ne serait pas chose facile de mettre la main sur ce type, souvent dénoncé par nos derniers témoins, dans le cadre de notre enquête sur l'assassinat de ce petit garçon. Il avait été reconnu par plusieurs personnes, mais tous ou presque intégraient dans leur récit un deuxième type qui aurait été avec lui, sans pour autant porter le coup fatal.
Mais il a été complice, et pouvait prendre au moins aussi cher que ce salopard qui a tiré ! Que ce soit ce fameux « James » ou un autre, ceci dit ! Prendre la vie d'un enfant, c'est le pire crime qui soit.
- Le dernier dossier que l'on a sur lui nous remonte du Nouveau Mexique. Il y est resté presque trois mois, dans une cave d'un immeuble dans les quartiers pauvres... Il y a eu plusieurs descentes de flics, pour bagarres, tapages nocturnes, trafics de drogue... Il en a toujours réchappé, et il a filé au Mexique... Après quoi, plus rien... récapitulai-je.
Charlie soupira, appuyant ses bras sur mon bureau. Cette affaire lui tenait vraiment à cœur, ému par la détresse des parents de cet enfant.
Et aussi parce que c'était certainement l'une de ses dernières en tant que shérif. Prendre sa retraite était une chose qui le travaillait souvent ces derniers temps, et il m'en avait parlé un peu, envisageant de me promouvoir à sa place... Être shérif, lui succéder... Le rêve inaccessible de tout policier ici... Devenir shérif, c'est essayer de lui faire honneur du mieux possible.
- Je comprends pas... Ce mec ne s'est pas volatilisé quand même ?
- Est-ce qu'on doit envisager qu'il se soit foutu en l'air ou soit tombé dans un règlement de comptes ? Il n'a pas l'air net...
- Il faut effectivement que tu prennes toutes ces options dans ta réflexion, même si ce genre d'individu est relativement rusé et aussi volatile que l'air... Tu vas me contacter la police au Mexique, et tacher d'en savoir un peu plus...
- La police au Mexique ?
- Oui, parfaitement !
Je m'exécutai, tentant de joindre mes collègues internationaux durant de longues minutes. Mon portable sonna dans ma poche de chemise.
- Allô ?
- « Emmett ! Emmett ! »
La voix de ma Rose, au bord des larmes, me surprit.
- Qu'est-ce qui se passe chérie ? Tu es blessée ?
- « Bella... »
Le chef Swan refit son apparition à ce moment-là.
- Quoi Bella ? Qu'est-ce qu'elle a, Bella ?
Charlie fronça les sourcils.
- Qu'est-ce qui se passe Emmett ? Est-ce que Bella est blessée ? Si ce petit imbécile a osé la toucher je...
- « Emmett ! Elle est à l'hôpital avec Edward... Il a tenté de se suicider... »
Ce mec est foutrement perturbé ! Qu'est-ce qu'elle lui trouve ?
- « Les médecins lui ont administré un calmant, elle était hystérique, les secours n'arrivaient pas à la canalyser... On est à son chevet... »
- Oh bon sang... Bon on arrive !
Je raccrochai mon portable et mon beau-père paraissait plus pâle que jamais. Sa Bella c'était sacré. Son trésor précieux, sa première fille. Charlie aurait pu donner sa vie à ses trois filles, sans hésiter. Elles étaient tout ce qu'il possédait, si l'une d'elle disparaissait de sa vie, il en mourrait de chagrin. J'en étais à peu près certain.
- Venez Charlie, on doit se rendre à l'hôpital... Bella y a été admise dans un état d'hystérie, son petit-ami a tenté de se suicider...
Malgré son âge, malgré sa presque décadence physique, il fut plus rapide que moi pour atteindre la voiture de patrouille, allumer le moteur et la sirène, puis foncer à toute allure à travers la ville.
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- Quand va-t-elle se réveiller ?
Elle dormait depuis déjà deux longues heures, Charlie à son chevet lui caressant la main avec dévotion et délicatesse. Je pris soin de ma compagne et d'Alice, toutes deux très inquiètes. Elles pouvaient parfois avoir des différents, mais elles restaient très unies malgré tout.
Il était vrai que voir cette jeune femme frêle et pâle allongée sur ce lit d'hôpital dans sa tenue quotidienne était impressionnant.
- Il finira par la tuer...
- Ne dis pas ça, Papa... murmura ma compagne, entourant les épaules de son shérif de père avec tout l'amour qu'elle éprouvait pour lui.
Tous deux entourant une Bella endormie, sereine, loin de toute cette agitation affreuse autour d'elle. Je restai en retrait avec Alice, qui ravalait son chagrin de façon plus sobre, plus discrète, et Siobhanne, qui avait aidé aux secours.
- Ce sont seulement des calmants... Les effets se dissiperont bientôt...
- S'il lui fait subir encore quelque chose comme ça, il n'aura pas à essayer de se suicider ! Je m'en chargerai pour lui ! Gronda-t-il, la voix basse.
Charlie est une sorte d'homme bipolaire. Flic calme, maître de lui-même, serein et patient même là où je pouvais m'emporter, il devenait comme un chien affamé et enragé quand on touche un cheveu de ses filles. Je me souviendrai certainement toute ma vie de notre rencontre « fortuite ». C'était après un après-midi joyeux chez ma Rose, passé le plus clair du temps dans le lit de ma jolie blonde. Nous devions être seuls, je dis bien « devions ». Nous nous en étions donnés à cœur joie, de façon certainement bruyante et elle s'était éclipsée après quatre heures pour prendre une douche alors que j'avais décidé de descendre chercher des en-cas pour notre journée sportive.
Nu comme un ver, j'étais tombé nez-à-nez avec le chef Swan qui était assis d'une façon très particulière dans son fauteuil fétiche, le dos bien droit, les bras suivants un angle parfait avec les accoudoirs, le regard rivé sur les escaliers.
Sur moi, nu.
« - C'est absolument amusant, je me demandais à l'instant quel genre de crétin pouvait se manifester aussi bruyamment dans la maison du shérif de Forks... »
Souvenir cuisant, toujours aussi honteux, fort heureusement bien atténué depuis le temps.
- Pourquoi s'obstine-t-elle avec ce type ? Pourquoi ?
- Elle est amoureuse, siffla Alice, presque haineuse.
Rosalie se tourna vers elle, et la foudroya du regard. Mais le petit lutin brun à mes côtés était décidé à ne pas baisser les yeux, maintenant son attention avec tout son fort caractère.
- J'espère qu'il crèvera !
- PAPA ! S'exclama Alice, prête à en découdre.
Mais la porte s'ouvrit sur son petit-ami, le regard sombre.
- Comment va-t-il ?
Jasper s'échinait à faire des allers-retours entre les deux chambres, distantes d'un étage, glanant çà et là diverses nouvelles pas forcément rassurantes.
- Il n'a toujours pas repris connaissance... Les saignements sont stoppés, heureusement... Il en a perdu une jolie quantité... L'entaille est relativement longue... Bella l'a sans doute trouvé à temps... Juste à temps...
Charlie se leva d'un bond, pour faire face à son gendre.
- Ton con de cousin bousille la vie de ma fille !
Les mains dans le dos et un sang-froid à toute épreuve, Jasper s'avança vers lui.
- Personne n'a jamais demandé à Bella de le laisser entrer dans sa vie ! Ils sont responsables l'un et l'autre de leur propre vie !
- Si toi et ta famille aviez été foutu de vous occuper de ce gosse, ça ne serait jamais arrivé et ma fille serait tranquille !
Jasper perdit alors toute mesure de lui-même, empoignant Charlie par le col sans qu'on ne puisse le voir arriver.
- HE OH ! ON SE CALME !
- Je vous préviens que flic ou pas flic, si j'ai envie de vous en décoller une Charlie, je ne m'en priverai pas !
- Charlie !
- TU TE PRENDS POUR QUI ? HEIN ?
Je m'interposai dans ce flot de testostérone alors que la porte s'ouvrit sur le docteur Cullen.
- Qu'est-ce qui se passe ici ?
- Jasper, laisse tomber, ok ? On est à l'hôpital et tous très agacés et très fatigués !
Je rabattis les poings de Jasper dans son dos pour l'éloigner du chef Swan, alors que Siobhanne s'approchait de mon beau-père.
- Charlie... Restez tranquilles... Bella n'a pas besoin d'une bagarre dans sa chambre...
La brune plantureuse parvint à calmer l'esprit bouillonnant du père de Bella, sans heurts supplémentaires. Je relâchai Jasper, qu'Alice entoura de tout son amour. Son souffle lourd et saccadé emplit la pièce redevenue à peu près calme.
Carlisle Cullen s'approcha de Jasper et lui fit un signe de la tête en direction de la porte.
- Va voir ta mère...
Après une brève hésitation, le blond quitta la chambre, en compagnie d'Alice. Le respectable professionnel de santé se tourna vers le lit de Bella.
- Je suis venu prendre de ses nouvelles...
- Elle dort toujours, docteur... murmura Rosalie, en caressant les cheveux de sa sœur d'un geste tendre.
Carlisle s'approcha et prit le pouls de ma belle-soeur.
- Elle ne devrait pas tarder à se réveiller... Dormir l'empêche de penser...
- Ce sera encore long ? Demanda Siobhanne.
- Non, je ne pense pas... Qu'on la laisse se reposer, c'est sa meilleure façon de ne pas penser...
Le silence retomba sur la pièce, rendant l'ambiance lourde, suspendue à un fil. Comme si le couperet était prêt à tomber, sans que l'on ne sache pourquoi.
- Comment va votre neveu ? Demandai-je.
Le docteur ravala sa bile.
- Il n'est pas encore sorti d'affaires... murmura-t-il, sans rien dire de plus. Charlie ?
Il se tourna vers mon beau-père, l'air soucieux.
- Je suis extrêmement désolé que votre fille, votre famille subisse tout ceci... Mais Edward est un bon garçon... Il n'a simplement jamais eu la chance d'avoir quelqu'un pour lui tendre la main... Ne le condamnez pas...
- Vous avez vu ce qu'elle encaisse par sa faute ?
Le docteur acquiesça, l'air désolé.
- J'en suis navré, mais elle survivra. Elle est simplement endormie, Charlie. Et ne gardera aucune séquelle physique !
- Non c'est vrai, à part voir sa vie pourrir, elle ne subira aucun dommage !
- Mon neveu est entre la vie et la mort ! Je préférerai qu'il soit simplement endormi ! Vous devriez faire preuve de plus d'indulgence à l'égard d'Edward. Il est celui que Bella a choisi.
- Que Bella l'ait choisi ou non ne changera rien !
- Edward n'est pas un criminel !
- Et tant mieux ! Mais soyez sûr d'une chose : amoureux ou pas de Bella, si je trouve quelque chose de douteux sur lui, quoi que ce soit, il aura la peine qu'il mérite ! Et je m'en chargerai personnellement...
Carlisle fronça les sourcils, mains sur les hanches. Charlie n'oserait pas faire ça...
- Si Edward ne s'en sort pas, vous serez débarrassé ! J'espère que vous trouverez les bons mots pour expliquer votre joie à votre fille !
Il quitta la pièce, claquant la porte.
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Carlisle.
- Je ne peux pas m'engager à pronostiquer son futur état, Carlisle... J'espère que vous le comprenez...
- Merci Peter...
Le comprendre, oui, bien sûr. L'entendre, beaucoup moins. Plus de médecin, plus de praticien respecté et lucide ce soir. Juste moi, face à la mort. Ou face à celle de mon neveu. Avec l'impuissance des familles que je rencontre chaque jour, cherchant à adopter le ton le plus condescendant possible. Moi, à leur place. Assis à attendre que la Mort ne se décide, dans ses habits noirs. A attendre de savoir si elle décide à le prendre, lui aussi. Incertain de la bonne décision.
Vivre, ou mourir.
Dans les deux cas, Edward a passé une grande partie de sa vie à mourir à chaque seconde. Est-ce là sa fin ? La fin de sa vie ? La fin de l'histoire... Juste parce qu'il l'a décidé dans une salle de bains...
- Pourquoi l'a-t-on laissé dans cette merde ? On aurait dû le forcer, le...
Esmé soupira. Comme toujours. Comme si c'était la solution... Soupirer, et repartir. Soupirer, parce que de toute façon, nous n'y changerons plus rien... Soupirer, parce que c'était sans doute son destin, même si nous aurions dû être plus acharnés à le sortir de la rue. Nous aurions dû barricader la maison, payer des services de garde pour veiller à ce qu'il ne parte pas. Peut-être même fermer la porte de sa chambre à clés. Déménager, encore et encore.
Aussi, aurait-il sans doute fini par vouloir nous écouter... Venir avec nous au psychologue, et redevenir un enfant « normal »...
- Les choses sont ainsi, Carlisle...
- S'il meurt, je ne nous le pardonnerai jamais... Elisabeth nous aurait détesté si elle avait su avec quelle maladresse nous avons tenté de gérer la chose et...
- Stop ! Carlisle ! Stop...
Sa voix chavira, comme son triste regard marron.
- Ne l'accompagnons pas avec nos désolations... S'il part et que... s'il ne s'en sort pas, nous pourrons nous détester pour le restant de nos jours... Mais pas tant qu'il est encore là... Même si nous avons tout manqué à son sujet, trop acculés à regarder nos nombrils suffisants, il n'est pas encore trop tard pour le sortir de là... Il s'est déjà remis sur le bon chemin tout seul... Soyons fiers de lui, et de ce qu'il a accompli auprès de cette fille... Je ne peux pas croire qu'il abandonne la partie maintenant, alors que le soleil commence à peine à se lever...
Elle passa sa main d'un geste tendre, maternel, dans les cheveux de notre neveu. Entourer un mort de son amour... d'un geste si beau, mais si désespérant à la fois...
La porte s'ouvrit, après un temps interminable. Le temps qui tourne, et tourne, en nous narguant. Les secondes devenant des minutes, puis des heures. Et elle fit son apparition, pâle et faible, soutenue par ses sœurs. Venant elle-même réclamer un sursis à la Mort.
Le regard noir du chef de police derrière ses enfants en signifiait long sur son état d'esprit, mais je m'en fichais. Elle était celle qui était allée combattre la décision ultime de mon neveu, s'échinant à le maintenir en vie alors qu'il venait de décider de basculer. Et rien que pour cela, elle aurait ma reconnaissance éternelle, même s'il ne survivait pas.
Sans un mot, sans un bruit, presque inexistante, plus blanche que jamais et nettement affaiblie, elle s'installa sur le fauteuil occupé jusque-là par mon épouse, une épouse bienveillante et respectueuse. Elle posa sa main gauche sur celle blessée d'Edward, serrant plus fort à chaque seconde, à chaque fois qu'elle parvenait à mobiliser ses faibles forces. Et malgré les protestations de son père lui demandant de revenir s'allonger, elle restait en place, silencieuse, sans bouger d'un pouce. En respirant à peine. A attendre, réunissant deux camps.
Et la Mort, flottant au-dessus de l'âme de mon neveu, continuait de nous narguer...
