Bonjour !

Je tiens à remercier toutes celles qui suivent mon histoire, c'est vraiment un plaisir de lire vos reviews ! J'espère donc que ce nouveau chapitre vous plaira ! =)

Je tiens à préciser aussi qu'on m'a fait remarquer une faute dans mon résumé : l'hélium ne fait pas partie de l'oxygène et n'est en aucun cas un élément qui permet de respirer. Et voilà, ma nullité pour la physique vient d'être étalée au grand jour… -.-'

Je m'excuse donc pour la faute, mais sauf si j'ai de nouveau des critiques (justes, soit dit en passant! ^^), je ne changerai pas mon résumé que j'aime bien, même s'il est faux ! Voilà je ne vous embête pas plus longtemps !^^ Bonne lecture !


Chapitre 3

-Cary ?

Elle leva les yeux de son dossier. Abby se tenait droite devant elle, un paquet serré fermement contre son torse. Elle était toujours habillée bizarrement, mais Cary aimait ça. Gothique, ils appelaient ça.

-C'est ton anniversaire aujourd'hui, enchaîna la laborantine avec un grand sourire.

Avec brusquerie, elle lui écrasa le paquet contre la poitrine en lui criant un bref « joyeux anniversaire ! », puis sans attendre la réponse elle s'en alla en sautillant joyeusement. Cary resta hébétée un court instant, le paquet dans ses bras. Il sentait bon l'odeur de l'appartement d'Abby.

La jeune agente sourit et posa le paquet devant elle. Elle jeta quelques coups d'œil dans le bureau, mais elle était seule. Elle devait étudier les dossiers financiers de leur dernier suspect tandis que Gibbs, McGee et Tony étaient sur le terrain.

Ziva avait-elle déjà eu un cadeau pour son anniversaire de la part d'Abby ? Certainement. Peut être même de toute l'équipe.

Pour sa part, Cary savait que Tony l'inviterai au restaurant dans la soirée et que McGee lui offrirait quelque chose avant de partir, ce soir. Oui, elle avait vraiment remplacé Ziva David.

Le Fantôme était encore présent en ces murs, et Cary savait qu'Il veillait sur elle. Elle sentait que Ziva David approuvait le fait que ce soit elle, Cary Het, qui la remplace dans l'équipe.

Elle en était sûre. Et Cary en ressentait un grand honneur.


-Mais qu'est ce que tu fais ?

-Du calme, j'ai le droit de me passer les nerfs non ?

Ziva leva les yeux au ciel, excédée.

-Tu ne peux pas rester concentré plus de cinq minutes !

-Tu as tort, ce donut's est excellent.

Ziva lui lança un regard courroucé, mais ne répondit rien. Tony continua de manger son gâteau. Il laissait tomber du sucre sur le siège de la voiture.

-A ton avis, c'est lui ?

Ziva ne répondit d'abord rien. Elle croisa les bras en resserrant son écharpe.

-J'en sais rien, finit-elle par dire.

Tony acheva son donut's, puis la regarda fixement.

-Quoi ?

-Tu es énervée en ce moment, dit son coéquipier.

De la buée s'échappait de ses lèvres. Dehors, la faible lumière d'un réverbère éclairait la ruelle plongée dans le noir.

-Non.

-Si.

Ziva lui jeta un regard glacial, mais l'agent ne se démonta pas et lui adressa même un sourire.

-Des problèmes relationnels ? Demanda-t-il.

-Uniquement avec toi ! Siffla la jeune femme.

Le visage de Tony se fit plus grave.

-Sans plaisanter, Ziva, enchaîna-t-il sans prendre en compte la dernière remarque de l'Israélienne. Quelque chose ne va pas, je le sais. Si tu ne veux pas m'en parler, parle-en au moins à quelqu'un.

-Regarde, là-bas !

La jeune femme n'avait pas écouté, ou en tout cas avait semblant de ne rien entendre. Elle montrait un homme trapu qui sortait par la porte de derrière de la maison qu'ils surveillaient.

-C'est lui, souffla Tony en descendant de la voiture.


-Je ne travaillais pas pour Israël, assura calmement Ziva en posant ses deux mains sur la table comme une statue impassible.

-Et pourtant, si, accusa Tobias. Après votre retour de Somalie.

A cette annonce, le visage de Ziva se décomposa. Fornell ne sut pas à quoi attribuer ce brusque changement d'attitude : à l'évocation de cette période si noire où à la véracité de ses dires ? Il fit comme s'il n'avait rien remarqué.

-Quand vous avez réintégré le NCIS, quand vous êtes devenue citoyenne Américaine. Quand vous avez juré de renoncer à votre ancien métier, rajouta-t-il.

-Je ne travaillais pas pour Israël, répéta Ziva avec plus de force.

-Vous aviez promis à votre directeur, à votre équipe que vous étiez intègre ! Renchérit Tobias en se levant. Vous leur aviez assuré que vous n'aviez plus rien à voir avec le Mossad !

-C'était vrai !

-C'était faux, et vous le savez très bien !

-Je ne travaillais pas pour le Mossad !

-Ils vous ont sauvée, ils vous ont ramenée ! Ils vous ont délivrée ! C'est comme ça que vous les avez remerciés ? En les trahissant ?

Tobias frappa violemment contre la table, il criait à présent.

Et Ziva pour seule réponse se leva brusquement comme un diable.

-Je ne travaillais PAS pour le Mossad ! Hurla-t-elle.

Ils restèrent haletants, face à face. Le calme retomba, mais ils ne se quittaient plus des yeux. Tobias essayait de trouver en la prisonnière face à lui des réponses. Il n'y lut rien qu'il pu comprendre.

-Asseyez-vous, dit-il finalement au bout d'un long moment.

Lui-même en fit autant.

Encore légèrement tremblante, Ziva consentit à s'asseoir à son tour. L'agent du FBI rangea quelques dossiers qui avaient volé sur la table, puis il joignit ses mains. Enfin, il releva les yeux vers son interlocutrice.

-Je vais vous dire comment je pense que cela s'est passé, après votre retour de Somalie. Vous écoutez simplement, et vous verrez ensuite. D'accord ?

Ziva croisa ses bras maigres.

-Très bien.


-Qu'est ce que tu fais là, Malachi ?

L'officier du Mossad baissait les yeux devant la porte de l'ancien officier de liaison. Ziva resta de marbre malgré la surprise qu'elle éprouvait.

-Si tu es venu en Amérique pour essayer de me ramener…

-Non, non ! S'empressa l'homme en tenant la porte d'entrée d'une main, que Ziva avait tenté de refermer rapidement. Ses yeux étaient suppliants, aussi la jeune femme ne put se résoudre à le laisser là. Elle l'affronta quelques instants pour lui montrer qu'elle ne s'inclinait pas facilement, puis finalement le laissa rentrer.

L'officier Ben-Gidon resta debout, inhabituellement gêné. Ziva lui indiqua le canapé du regard, mais elle ne le perdit pas de vue. Sa présence la mettait mal à l'aise et elle restait méfiante plus que de raison.

Il s'assit. Ziva fit de même.

Le silence était persistant. Ils essayèrent de parler, mais commencèrent leurs phrases en même temps. Ils se stoppèrent. Il n'y avait pas d'amusement, Malachi gardait ses yeux rivés sur le sol en face de lui alors que Ziva ne le quittait pas du regard.

-Commence, intima-t-elle simplement, inflexible.

Sous l'ordre, Malachi Ben-Gidon releva la tête et son visage s'étira d'un petit sourire.

-Comment vas-tu… ?

Sentant la suspension, Ziva comprit qu'il n'avait pas terminé sa phrase. Elle n'en avait pas besoin pour savoir ce qu'il voulait. Cependant, elle voulait l'entendre dire. Elle fronça les sourcils en croisant les bras.

Le maigre sourire de Malachi s'éteignit.

-…Depuis la Somalie ?

Direct et sans fioritures. Ces mots assénèrent un coup de masse sur Ziva qui sentit automatiquement ses épaules s'affaisser. Elle essaya de garder contenance, mais elle savait que c'était inutile. Tout son corps trahissait à l'instant les traumatismes qu'il avait subit.

-Malachi, tout est resté là-bas, dit-elle d'une voix bien trop douce et suppliante. Alors laisse-le là-bas. S'il te plait.

Elle n'aurait jamais cru dire ça C'était sortit tout seul. Et elle s'en maudit.

Malachi sembla désarçonné par le ton employé. Ses mains se croisèrent malhabilement et Ziva remarqua qu'il était agité de tics nerveux.

-Je suis désolé, Ziva.

Elle l'avait déjà entendu, mais cette fois-ci c'était dit dans l'intimité. La phrase en prenait une ampleur insoupçonnée. Ziva se sentit trembler. Pas question de dire que c'était un signe de faiblesse, cette fois ci. Elle ne s'en sentait ni l'envie, ni le courage.

-Tu l'es réellement ? Dit-elle d'une voix légèrement tremblante.

Pour toute réponse, Malachi posa une main sur celle de sa coéquipière. Il ferma simplement les yeux et poussa un petit soupir. Au contact de la peau chaude et légèrement rugueuse, Ziva ferma les yeux à son tour. Elle réprima violemment les larmes qui lui montaient aux yeux.

-Merci, dit-elle simplement.

Merci de quoi ? Peut importait, à vrai dire. D'être là, peut être. D'être désolé. De tenir compte de ce qu'il s'était passé là-bas, très loin.


-Franchement, vous croyez réellement que ça s'est passé comme ça ?

-Pourquoi m'interrompez-vous ? S'agaça Tobias.

-On dirait un roman à l'eau de rose, grogna Ziva. Je n'ai jamais revu Malachi après son passage lors de l'enquête sur le Damoclès.

-Et si vous me laissiez vous expliquer la suite ?

-Est-ce que ce sera aussi mielleux que votre précédente prestation ?

-Vous m'épuisez, Ziva.


-Quoi ?

-Je suis désolé, Ziva. Je ne sais pas comment il a su.

-Tu parles !

Ziva passa une main nerveuse dans ses cheveux, elle tournait en rond comme un lion en cage. Elle ne cessait de soupirer.

-C'est lui qui t'a envoyé, c'est ça ? Je n'aurais jamais dû te croire ! Avec tes yeux doux et ta voix suppliante…

-Non, je te jure ! Ziva, crois-moi, je ne sais pas comment il a su que j'étais avec toi.

-Pourquoi veut-il me parler ? Je n'ai plus rien à lui dire !

Malachi posa une main sur l'épaule de son ancienne coéquipière.

-C'est ta famille, chuchota-t-il.

-Il ne fait plus partie de ma famille ! Pesta la jeune femme en se dégageant brutalement.

-Il en fera toujours partie que tu le veuille ou non, annonça gravement Ben-Gidon presque comme une menace. Ziva sentit qu'elle perdait en regardant ses yeux tellement sombres. Elle sut qu'elle parlerait à son père.

Elle resta un moment indécise, changeant sans cesse d'appui sur ses jambes. Finalement, elle poussa un petit cri de rage et arracha le téléphone des mains de l'officier israélien. Puis elle porta lentement, très lentement le combiné à son oreille. Elle redoutait la voix qui allait s'élever.

Elle resta muette. Elle entendait la respiration de son père à l'autre bout du fil, elle supposait qu'il entendait la sienne aussi. Hors de question qu'elle parle en premier. De toutes façons, elle sentait que si elle se mettait à parler sa voix serait dangereusement vibrante. Il fallait qu'elle se calme.

-Ziva, dit finalement la voix rendue nasillarde par le réseau international.

Le cœur de Ziva s'emballa alors qu'un nuage épais de papillons se mettait à voleter dans son ventre, lui coupant la respiration. C'était la première fois qu'elle l'entendait depuis sa mission, depuis le Kidon.

Elle ne répondit pas.

-Ziva, ma fille, je suis tellement content de t'entendre enfin.

Elle le laissa parler, incapable de sortir un mot. Elle se retourna pour éviter le regard ausculteur de Malachi, assis en face d'elle.

-Pourquoi ne répondais-tu pas ?

Ziva passa une main sur son front pour chercher le courage qui lui manquait.

-Ziva, s'il te plait…

Il semblait tellement désespéré, jamais elle ne l'avait entendu aussi désemparé. Elle se mordit le bout du doigt, en proie au doute. Elle ne le croyait pas honnête, mais quelque chose la poussait à lui faire confiance, malgré tout ce qu'elle savait de lui. Pourquoi n'arrivait-elle pas à couper définitivement le lien qui la liait à cet homme ? Pourquoi n'arrivait-elle pas à lui tenir tête ?

Elle s'autorisa enfin à prononcer un « allô » peu distinct, mais qui arracha un soupir de soulagement dans le combiné.

-Ziva, Dieu merci. Comment vas-tu ?

-Arrête, coupa immédiatement la jeune femme avec force. Arrête de faire semblant de t'intéresser à moi.
Elle ne pouvait pas le laisser parler, chaque mot lui ferait perdre petit à petit le discernement et l'impartialité qu'elle avait. Elle tomberait à nouveau dans le piège, comme elle l'avait toujours fait.

Nouveau soupir.
-Je suppose que je récolte là le fruit de toutes ces années que j'ai passées avec toi, dit-il d'une voix lourde.

Ziva ferma les yeux, priant pour ne pas écouter.

-Qu'est-ce que tu veux ? Pourquoi tu ne me laisse pas tranquille ? S'entendit-elle dire.

-Pourquoi es-tu retournée là-bas ?

-Je suis Américaine, se justifia Ziva. Elle se maudit. Chaque réponse qu'elle apportait prouvait à son père qu'il avait de l'emprise sur elle, elle le savait. Mais comment faire autrement ?

-Je sais, soupira Êli David.

-Laisse-moi, répéta Ziva. Elle s'apprêtait à mettre un terme définitif à la conversation en terrain minée, mais son père lui aboya quelques mots secs pour l'en empêcher. Impossible qu'elle ne déroge à cet ordre, son cerveau était bien trop conditionné. Elle n'arrivait plus à raccrocher, cette voix-là était la voix de son supérieur.

Elle serra les poings de rage, pourquoi était-elle si faible ? Êli David n'était plus son père, et encore moins son supérieur.

-Tu savais ! Siffla son père en colère. Tu savais les espoirs que j'avais mis en toi ! Tu le savais, et pourtant tu m'as trahi !

-Qui des deux a trahi l'autre ? S'emporta à son tour Ziva. Qui a envoyé l'autre se faire descendre ?

-Tu faisais partie du Kidon, tu avais le devoir d'accomplir ta mission !

-Ecoute, non mais écoute-toi ! Voilà ce que j'ai supporté pendant toutes ces années, ces longues années à te servir !

-Tu étais mon dernier espoir ! Depuis la mort d'Ari, il n'y avait que toi pour devenir directeur du Mossad. Tu savais que c'était ton poste, ta place ! Et voilà que tu te fais naturaliser Américaine, que tu oublies ta famille !

-Nous y voilà ! C'est ça qui te déplais le plus, c'est ça ? Que je te tourne le dos ! Mais qui est venu me sauver en Somalie ? Hein ? Certainement pas ma famille !

-Nous avons essayé, Ziva. Nous avons réellement essayé.

Il s'était radoucit brusquement, aussi brusquement qu'il s'était mit en colère.

-Et bien, ça n'a pas été suffisant visiblement.

Il y eu un long silence pendant lequel ils restèrent immobiles à s'écouter. Puis Êli murmura :

-Je suis content de te parler enfin, ma fille.

-Je ne ferai pas ce que tu veux que je fasse, continua Ziva, inflexible. Je ne pourrai pas être directrice du Mossad. A présent je n'en ai plus la possibilité.

-Mais tu regrettes, remarqua le directeur. Tu regrettes d'avoir dû abandonner ta nationalité d'origine.

-Je suis fière d'être américaine.

-Mais tu regrettes.

-… Et même si c'était vrai, qu'est-ce que cela changerait entre nous deux ?

-Tu as raison, ma fille. C'est trop tard pour nous. J'aurais voulu qu'il en soit autrement.

-Tu n'as jamais rien fait pour.

-Tu vas me manquer, Ziva.

Elle resta un moment silencieuse, puis finalement elle raccrocha sans rien rajouter.


-Où allez-vous pêcher tant d'imagination, Fornell ? Demanda Ziva. Comment pouvez-vous me donner tant de détails, c'est incroyable. Vous y étiez ?

-Donc, c'est vrai ?

-Bien sûr que non, coupa brutalement Ziva. Êli David ne m'a jamais recontactée. Combien de fois vais-je devoir vous le répéter ?

-Jusqu'à ce que j'y croie, ironisa Fornell en appuyant son dos au dossier de sa chaise et en croisant ses bras. Allez-y, j'ai tout mon temps.

-Je ne pense pas avoir la patience pour ce genre de chose, murmura gravement Ziva en scrutant son interrogateur avec méchanceté.

-Alors, me laisserez-vous continuer ?

-Par pitié, combien de temps cela va-t-il durer ? J'en ai marre, moi.

-Vous attendrez patiemment que j'ai terminé, trancha Tobias.

Elle resta silencieuse. Finalement, elle décroisa les bras et son genou se mit à trembler, trahissant un certain stress.

-Votre raisonnement, qui est faux, ne tient même pas debout. Mon père, me faire Directrice du Mossad ? C'est ridicule.

-Est-ce si ridicule ? Demanda Fornell en se frottant les mains, pour se les réchauffer.

-C'est ridicule, trancha Ziva.

-C'est ridicule, répéta Tobias.

-C'est ridicule, approuva encore la prisonnière.

-C'est ridicule ! s'exclama Tobias en partant dans un fou rire étrangement dérangeant. Ziva haussa les sourcils en le voyant se jeter en arrière en se tenant les côtes.

-C'est ridicule ! Répétait-il entre deux rires francs.

Ziva resta silencieuse, un peu gênée de tant de bonne humeur soudaine.

-Vous êtes fou, murmura-t-elle, assez peu rassurée.

Tobias se calma avec difficulté. Il s'essuya une larme au coin de l'œil. Il était encore rougeaud.

-Et pourquoi… D'après vous… Serait-ce ridicule ?

A ces mots, il faillit repartir dans un fou rire, mais Ziva frappa la table du plat de la main.

-Assez avec vos bêtises ! Grogna-t-elle, légèrement vexée qu'il la prenne si peu au sérieux.

-Excusez mon hilarité, dit l'agent en se massant les tempes, un sourire incroyablement ironique vissé à son visage énervant. Je ne voulais pas vous vexer, mais vous êtes tellement drôle quand vous mentez.

-J'en ai vraiment assez, s'énerva Ziva en se levant d'un coup. Elle se dirigea d'un pas décidé vers la porte. Elle faisait cliqueter les chaînes qui l'enserraient.

Tobias lui agrippa brusquement son bras, l'obligeant soudainement à s'immobiliser. Il n'était plus du tout à l'hilarité, son regard exprimait quelque chose d'incroyablement violent. Il serrait l'avant bras maigre de Ziva dans sa main tellement fort qu'il en tremblait.

La prisonnière ne se laissa pas intimider, bien qu'elle soit tout de même désarçonnée.

-Lâchez-moi, agent Fornell, grinça-t-elle sans desserrer les dents.

-Asseyez-vous, intima-t-il sans aucune once de gentillesse dans la voix. Il en était presque méconnaissable.

Ziva baissa les yeux sur la main de l'agent qui lui tenait le bras.

-Vous me faites mal.

-Asseyez-vous.

-Je ne veux pas.

-J'en ai marre de passer pour un guignol, alors pour la dernière fois, David : asseyez-vous.

Ils s'affrontèrent du regard, comme si de l'électricité passait dans le fil invisible de leur conversation muette. Un calme incroyable pressentant un tumulte violent.

Pourtant, Ziva finit par plisser les yeux.

-Je ne…

Il y eu un grand bruit qui coupa toute tentative de résistance. Ziva ne comprit pas de suite ce qu'il se passait. Elle se vit soudain plaquée, dos contre la table, le bras en angle droit collé contre elle.

Tobias Fornell la tenait brutalement contre le fer froid, son visage de dément tourné vers celui de sa prisonnière. Il semblait respirer difficilement tellement il était étouffé par une rage incontrôlable.

Ziva aurait voulu pousser un gémissement, mais il n'y avait rien. Le coin de la table lui rentrait douloureusement dans les côtes et sa tête devait avoir tapé fort car elle la faisait souffrir. Elle essaya de se dégager, mais n'y arrivait pas.

D'un geste sec de son autre main, Tobias remonta la manche de la combinaison orange. Le bras de Ziva apparut en plein jour, frêle et blanc comme celui d'un cadavre.

L'intérieur du coude était violacé, abîmé, la peau était parsemée de stries rouges ou blanches. La colère de Fornell explosa comme une tempête. Ziva resta muette, les yeux écarquillés.

-Vous vous prenez pour un héros ? Cria-t-il en poussant violemment le bras nécrosé sous le nez de la prisonnière stupéfaite. Vous vous croyez intéressante ? Vous n'êtes plus qu'un déchet, Ziva, un déchet qui cherche désespérément encore un morceau de peau sain pour se piquer dans le fond de sa cellule, comme un rat ! Comme un rat ! C'était ça ? C'était ça, vos espoirs ? C'était ce que vous escomptiez quand vous vous êtes inculpée vous-même ? Quand vous avez trahis vos amis, vos amis, Ziva David ! Et vous osez encore me mentir ? Vous n'êtes même plus lucide ! Vous croyez vous échapper ? Foutaises ! Vous êtes devenue pitoyable, comment un être aussi bien équilibré que vous a-t-il pu tomber aussi bas ? Hein ?

Il agitait avec de plus en plus de force le bras martyrisé, et Ziva restait paralysée comme une poupée de porcelaine. Ses yeux regardaient avec frayeur ceux, démentiels, de son tortionnaire.

Il y eu un silence pendant lequel on entendit la respiration saccadée de l'homme en colère. Et puis, tout tomba comme c'était venu. Il n'y eu plus aucune rage dans les yeux de l'agent, il relâcha avec douceur le bras de Ziva dont la chair était devenue rouge. Elle ne bougeait toujours pas, seul son torse qui se soulevait à un rythme irrégulier témoignait d'une vie quelque part derrière ces prunelles vidées.

-Vous ne pouvez même plus faire le poids face à moi, dit-il avec douceur. Vous n'êtes plus que l'ombre de vous-même. Et pour quoi ?

Tobias écarta les bras.

-Pour ça ? Pour toute cette misère ?

Le visage de Ziva se tordit dangereusement. Elle saisit son bras meurtri dans sa main valide, et descendit de la table avec lenteur. Ses épaules se mirent à trembler et elle se jeta contre le mur, dos à Tobias. Un long gémissement se mit à retentir, d'abord tout doux, puis de plus en plus fort.

Et elle explosa finalement en sanglots. Son visage était déformé, elle s'était recroquevillée sur elle-même et ses cheveux la cachaient à moitié. C'étaient des pleurs nerveux, elle tremblait comme lors d'une crise. C'était un spectacle pitoyable.

Fornell s'agenouilla près d'elle, sans l'ombre d'un regret pour son geste.

-Vous voyez où vous en êtes ? Demanda-t-il doucement, en essayant de capter un regard de sa part. Ziva David, agent du NCIS, n'aurait jamais agit de la sorte. D'ailleurs, Ziva David m'aurait cassé le bras si je l'avais plaquée contre la table, pour autant qu'elle m'en ait laissé le temps. Alors, qui êtes-vous ?

Le visage de Ziva apparut soudain au milieu de la mêlée de cheveux bruns. Elle envoya un bras rageur, poing serré, en direction de l'agent du FBI. Tobias recula légèrement pour éviter le coup tellement maladroit.

-Laissez-moi ! Hurla-t-elle d'une voix déchirée, désespérée et enrouée par des pleurs saccadés. Laissez-moi !

Comme un animal blessé, elle se recroquevilla dans un coin, le plus loin possible du tortionnaire. Tobias se releva, massa ses genoux douloureux et se rassit à sa place.

Une nouvelle fois, le silence retomba comme une chape de plomb sur les deux protagonistes.


Voilà!

Une petite précision tout de même qui me tient à coeur, même si ça n'est pas évident à voir dans mon histoire: j'adore Êli David! Enfin, j'adore le personnage. Je trouve la relation entre lui et sa fille passionnante! Donc voilà, juste pour dire, quoi... C'était un peu inutile, mais pour ne pas que vous croyiiez que je déteste le personnage vu ce que je lui fait faire...