Voilà donc la fin de mon histoire. Un très court chapitre qui clotûre donc l'aventure!

Je n'ai réellement que deux choses à vous dire:

1: Merci à celles (ou peut être ceux) qui m'ont laissé des commentaires auxquels je ne peux pas répondre, je parle bien sûr de Tali et Firesey! Merci beaucoup! =)

2: Et surtout, s'il vous plaît, ne me tuez pas... On peut, peut être, s'arranger? Hein? Je veux dire, rien n'est acquis, n'est-ce pas? * pars se cacher en courant *

Et bonne lecture pour ce dernier chapitre d'Hélium! Merci d'avoir suivi avec tant d'enthousiasme! ^^


Chapitre 6

Georgia soupira en quittant des yeux l'écran de télé où passait sa série favorite. C'était l'heure de sa ronde, et si elle était en retard sa chef de service lui passerait encore un savon. Elle soupira une nouvelle fois et jura en buttant contre la poubelle. Elle quitta enfin la salle de repos en s'étirant, saisit sa casquette et son arme et s'engagea dans les couloirs de la maison correctionnelle.
Ces rondes étaient incroyablement longues et ennuyantes. Il ne se passait presque jamais rien, de toute façon, la nuit dans cette aile.

Elle dépassa les premières cellules où les détenues dormaient visiblement profondément. La lumière blafarde renvoyait des reflets verts sur les murs nus. Georgia ne pu réprimer un bâillement.

Bientôt, elle allait atteindre la cellule de Ziva David. Elle la connaissait bien, pour lui avoir plusieurs fois fournit (illégalement, entendons-nous) des doses. Georgia n'aimait pas vraiment vendre de la drogue, mais si cela pouvait arrondir ses fins de mois tout en soulageant ces détenues, alors pourquoi pas ? Tant qu'elle ne se faisait pas attraper.

Elle arriva devant sa cellule. Elle y jeta un œil distrait, mais soudain elle sursauta et poussa un cri puissant.

Il y eu un brouhaha quand les détenues, mécontentes d'être réveillées par le cri, sortirent de leur lit pour protester fortement.

Georgia quand à elle ne pouvait détacher son regard du corps inerte qui pendait d'un barreau du lit, un drap noué autour du cou. Le visage de la jeune femme était violacé, légèrement penché sur le côté et ses membres ballaient comme de vulgaires chiffons.

Georgia renouvela son cri, mais cette fois-ci pour appeler du secours.

C'était de toute façon bien inutile Il y avait longtemps que plus une goutte de vie ne coulait dans ces artères-là.


Tobias Fornell se gratta pensivement la barbe épaisse qui lui garnissait le menton. Il leva les yeux vers la grande façade grise et les fenêtres aux verres teintés du bâtiment de la Navy Yard, siège du NCIS.

La lumière hivernale transformait le bâtiment fédéral en établissement pénitentiaire, tellement il était strict et triste. Bientôt, il pleuvrait.

Fornell serra plus contre lui sa chemise remplie de dossiers, et cette situation lui rappela familièrement quelques mois plus tôt. Il secoua énergiquement la tête pour chasser ces pensées.

Il remonta son col de sa main libre en forçant l'allure pour atteindre la porte d'entrée et échapper au froid. Il sentait le poids des précieux documents dans ses bras, et les serra plus de peur de les perdre.

Il pénétra dans le bâtiment, passa la sécurité et prit l'ascenseur. Ici, il faisait bon. Il s'ébroua, le cœur battant. Des gens se pressaient contre lui, dont l'odeur lui chatouillait les narines. Un « ding » bien connu lui rappela qu'il était arrivé à destination.

Il sortit enfin à l'étage où se trouvait le bureau de Gibbs.

L'ambiance était agréable, il faisait chaud et les gens allaient et venaient comme des fourmis affairées dans un bourdonnement incessant. Cette ambiance, Tobias savait que Ziva s'y était sentie bien. C'est pourquoi il s'y sentait bien, lui aussi. Un peu comme si la jeune Israélienne, penchée tout contre son épaule, lui insufflait ce bien-être qu'elle-même ressentait à cet instant.

Il sourit, mais finalement se ravisa. Qu'il devait être niais à sourire bêtement devant les portes de l'ascenseur en regardant de bêtes bureaux !

Il s'infligea deux claques mentales pour se remettre à marcher vers la destination tellement habituelle.

Ils étaient tous là, toute l'équipe au complet à leurs bureaux, le visage sérieux plongé dans la paperasse.

Cary Het, la jeune recrue (pour McGee et Tony, elle resterait éternellement « la bleue »), leva son nez quand elle le vit arriver. Son regard, comme aimanté, fixa presque immédiatement la sacoche que Tobias tenait à la main. Celui-ci se sentit un instant mal à l'aise Cary lui avait toujours fait cette impression. Ses grands yeux avaient une façon étrange de vous regarder, une telle intensité que c'en était dérangeant.

Il lui fit un signe de tête poli, puis passa devant son bureau pour aller se planter devant celui de Gibbs.

L'intéressé releva des yeux fatigués vers son acolyte, avec cet air interrogateur qu'il lui connaissait si bien. Tobias piétina quelques secondes sans rien dire, puis finalement il se tourna comme pour embrasser l'open-space du regard.

Ils le regardaient tous sans comprendre. Gibbs dû bien lui dire quelque chose, mais Fornell ne l'écoutait pas. C'était comme s'il revoyait la silhouette un peu féline de Ziva David se mouvoir dans cet espace, aller du bureau à l'écran et de l'écran aux étagères. Il avait la gorge serrée.

Bien sûr qu'ils étaient au courant du récent suicide de leur ancienne collègue. Dans l'état actuel des choses, impossible de dire s'ils en étaient peinés ou pas. En son fort intérieur, Tobias savait qu'ils étaient profondément touchés par cette perte. Mais extérieurement, ils étaient comme naturels, et cela achevait de rendre l'agent du FBI indécis.

Respecter sa promesse ? Respecter un mauvais choix ? Qu'aurait-elle voulu, d'abord ?

Tobias secoua la tête.

Ziva David était morte, de toute façon. Ce qu'elle voulait ou non n'avait vraiment plus d'importance. Aujourd'hui, il fallait penser à eux, à lui : serait-il soulagé de dévoiler enfin la vérité au grand jour ? Serait-ce judicieux de montrer aux agents du NCIS qu'ils avaient abandonné leur collègue et amie, pour qu'ils le regrettent jusqu'à la fin de leurs jours ?

A dire vrai, Tobias Fornell avait marché comme un automate en ce jour de décembre, raide dans ses chaussures, jusqu'aux bureaux de la Navy Yard. Il n'avait rien eu précisément en tête quand il avait amené la sacoche avec lui.

Ou peut être avait-il pensé ça facile.

Maintenant, tout de suite, il avait une boule au fond de l'estomac et il se sentait fébrile.

Une force intérieure le poussait à tout raconter. Etait-ce la sienne, ou bien celle, mortuaire, de Ziva ? Peut être perdait-il aussi tout simplement la tête.

Finalement, il préféra tout lâcher et suivre son intuition. Parfois, l'instinct ne dicte pas toujours la solution qui parait la plus sage.

Alors il se tourna à nouveau vers Gibbs, et posa d'une main décidée la sacoche sur son bureau.

L'agent senior du NCIS la fixa sans comprendre, avec un plissement de sourcils intrigué.

-Et ? Dit-il simplement, attendant la suite.

A nouveau, Tobias se retourna, mais cette fois-ci pour faire signe aux membres de l'équipe de se réunir.

-J'aurais besoin de tout le monde, dit-il d'une voix un peu rauque, une de celles qu'on a quand on n'a pas prononcé un mot depuis longtemps.

Ils restèrent surpris, et interdits.

Tobias Fornell reporta son attention sur la sacoche de cuir usé sans rien rajouter.

Surtout, trouver le courage de bouleverser tout ce qu'ils avaient mit tant de temps à accepter, dévoiler ce qu'il s'était réellement passé six ans plus tôt. Ressusciter de vieux fantômes et enlever, enfin, le lourd fardeau qui pesait sur ses épaules depuis trop longtemps.

Oui, il en avait l'envie, et le courage. Il ouvrit la bouche et commença une longue, très longue histoire qui avait commencé il y avait six ans, et qui s'était achevée récemment dans les larmes, et dans le noir.