Hello tout le monde !
Pour commencer ma petite note, j'aimerais remercier plusieurs personnes.
En premier : Vous ! J'ai reçu plus de 110 reviews rien que pour le dernier chapitre (mon petit cœur se met à battre très fort rien qu'en y repensant).
Vous avez vraiment été géniaux ! Sincèrement merci pour tous vos messages toujours très agréables à lire.
Et puis un grand merci à ma bêta, So pour le temps qu'elle a consacré à me corriger. Merci et gros bisous à toi So !
Et pour terminer, je voulais saluer le travail de plusieurs blogueuses qui ont répertorié mon histoire : Lemon-répertoire et Lemon-Fanfiction. Ça fait toujours plaisir de lire des articles sur sa fanfiction (surtout quand ils sont positifs.)
Voilà, je crois que j'en ai terminé avec les remerciements. Maintenant, place à ce nouveau chapitre.
Et comme toujours, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.
Bon dimanche et gros bisous.
Sandrine
Chapitre 9
Je courrai sans relâche, la peur au ventre, slalomant entre les arbres. Je n'osai pas me retourner. Je savais qu'il me poursuivait. Ses pas martelant le sol et ses appels désespérés m'indiquèrent qu'il se rapprochait dangereusement de moi.
La peur et l'angoisse provoquèrent une décharge violente d'adrénaline dans tout mon corps ce qui me permit de me surpasser et de poursuivre cette course effrénée à travers bois.
Même si ma gorge commençait à s'assécher et que mes poumons me brûlaient, je ne perdais pas mon objectif de vue : fuir. Parce que s'il me rattrapait maintenant, j'étais foutue. Dans l'état où il était, je n'imaginais pas de quoi il pourrait être capable et je n'avais franchement pas envie de le savoir.
Alors je continuai, éperdue, ne sachant pas vraiment où j'allais. Peu m'importait à l'heure actuelle. Je souhaitais seulement mettre de la distance entre nous deux et la seule façon de le faire était d'aller au-delà de mes limites.
Au bout de plusieurs minutes, je n'entendis plus ses pas et ses cris derrière moi. J'ignorais s'il avait abandonné l'idée de me rattraper mais j'en doutais. Je commençais à connaître le personnage et j'étais persuadée qu'il ne renoncerait pas aussi facilement à cette traque.
Alors je continuai. Mais plus le temps passait, et plus j'avais du mal à maintenir la cadence que j'imposai à mon corps peu habitué aux efforts physiques. Je n'en pouvais plus, un point de côté commençait à me faire souffrir dans le bas du ventre. Je voulais m'arrêter mais je savais que je ne le pouvais pas ; il en était de ma survie.
Cependant, après tant d'acharnement à essayer de maintenir cet écart entre nous, l'oxygène me manqua cruellement. Je dus m'arrêter afin de reprendre mon souffle. Mon corps tout entier me criait de le faire.
Puis, comme si cela ne suffisait pas, des gouttes de pluie commencèrent à couler sur mon visage. Et bien vite, une averse s'abattit, détrempant le sol et le rendant glissant.
Je faillis tomber à plusieurs reprises, mais par miracle j'arrivais toujours à me maintenir debout.
Après un débat intérieur, je pris donc la décision de me retourner pour m'assurer qu'Edward n'était plus à mes trousses.
Je fus soulagée de constater qu'il n'était plus là. Je ralentis donc l'allure et finalement m'arrêtai. Mon regard erra tout autour de moi. Aucun signe de lui.
Cela pouvait-il être possible ?
Finalement, je m'adossai contre un arbre afin de reprendre mes esprits et surtout mon souffle. Des pleurs hystériques commencèrent à me submerger. Je fermai les yeux et soufflai afin d'évacuer toutes les tensions que mon corps avait accumulées.
Les paupières hermétiquement fermées, je désirais profiter de l'instant.
Je suis libre ! Le suis-je vraiment ? Cela était trop beau pour être vrai.
Pourquoi avais-je tant de mal à y croire ? Et pourquoi ne ressentais-je pas autant de satisfaction ?
Parce qu'il est étrange qu'il est abandonné si facilement. Ça ne lui ressemble pas.
Et comme pour confirmer ce que je redoutais, une main s'abattit brusquement sur mon bras.
« Et bien mon cœur, tu t'es égarée ? », souffla une voix de velours.
Tout mon être se glaça d'effroi lorsque j'entendis cette voix qui m'était devenue si familière et encore plus en voyant son visage tout proche du mien.
Je le savais ! Je savais que tout était trop simple, trop facile. Comment avais-je pu croire un seul instant qu'il ait pu abandonner.
« Je t'en prie ! », le suppliai-je en sanglotant et en essayant de me soustraire de sa prise.
Malgré sa poigne de fer, je réussis à me détacher de lui et me mis à reculer. Malheureusement, je glissai et tombai lourdement sur le sol humide.
Ma maladresse lui profita. Il prit le temps de m'observer et de s'avancer lentement vers moi tel un félin guettant sa proie.
Je levai la tête dans sa direction. Mes larmes mélangées à la pluie coulèrent abondamment sur mes joues ce qui ne me permit pas de voir les expressions de son visage.
« Pardonne-moi ! », réussis-je à dire entre deux hoquets de pleurs. « Je ferai tout ce que tu voudras, mais ne me tue pas ! »
Une pellicule de sueur commença à se former sur mon front malgré le temps qui s'était rafraîchi perceptiblement.
Il pencha sa tête et, une nouvelle fois, m'étudia longuement.
« Je t'en prie ! S'il te plaît ne me fait pas de mal ! S'il te plaît, Edward ! », ne cessai-je de l'implorer désespérément.
Il ne dit rien et tendit sa main vers moi. J'étais apeurée. Je savais qu'il pouvait me faire du mal. Mais plus que la douleur ce que je craignais le plus était qu'il me tue.
Rien que cette pensée me fit haleter de plus belle. Je paniquai sérieusement, l'air me manqua une fois de plus. Des points noirs obscurcirent ma vision.
« Non ! », réussis-je à dire en voyant sa main s'approcher.
Je n'eus pas le temps de comprendre ce qu'il se passait. Je me laissai volontiers emportée par l'inconscience m'évitant ainsi de voir ma mort prochaine.
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Le bruit de la pluie martelant les vitres me sortit peu à peu de mon inconscience. J'ouvris les yeux péniblement. Ils me brûlaient atrocement. Je les battis à plusieurs reprises afin de m'adapter à la clarté de l'endroit où j'étais. Malgré cela, ma vision était toujours aussi floue à cause des larmes que j'avais tant versées.
Combien de temps étais-je restée inconsciente et où étais-je ?
Peu à peu, je réalisai où je me trouvais. J'étais confuse mais bizarrement soulagée de me retrouver dans la chambre d'Edward et non dans un lieu tel qu'un sous-sol où il m'aurait attachée et violentée. Mais au-delà de cela, je me réjouissais d'être encore vivante.
Je me redressai et regardai tout autour de moi, et lorsque je le vis assis dans un fauteuil se situant dans un coin de la pièce, j'hoquetai de peur. Instinctivement, je portai une main à mon cœur qui se serra douloureusement dans ma poitrine en remarquant que son regard vert émeraude était braqué sur moi. D'où j'étais, je pouvais voir distinctement à quel point il était fatigué et abattu. La colère avait apparemment disparu.
« Ne. Refais. Plus. Jamais. Ça. », fit-il en insistant sur chaque mot.
Je baissai la tête et regardai les motifs du drap qui me recouvrait. Je déglutis péniblement en assimilant les mots qu'il venait de me dire.
Brusquement, il se leva et commença à s'acharner sur sa chevelure. Cette soudaineté me fit pousser un petit cri aigu.
« Pourquoi t'es-tu enfuie ? Pourquoi a-t-il fallu que tu fasses ça ? », me demanda-t-il tandis qu'il s'approchait de moi, gardant tout de même une distance entre nous.
Pourquoi ? Etait-il devenu amnésique ?
« Tu voulais me punir, me faire du mal, Edward. », me précipitai-je de dire d'une voix tremblante, choquée par sa question.
Il me foudroya du regard ce qui calma instantanément mon impertinence.
« Tu le méritais ! », lâcha-t-il, acerbe.
Je sursautai, surprise par l'intonation de sa voix.
Il commença à faire les cent pas, passant à plusieurs reprises la main dans ses cheveux en bataille.
C'était une chose qu'il faisait souvent lorsqu'il était contrarié.
« Tu n'aurais jamais dû me parler comme ça ! Tu as dépassé les bornes ! », fit-il sans me regarder.
Je me mordis très fort l'intérieur de la joue pour ne pas lui dire tout ce que je pensais.
Il était préférable de ne pas en rajouter. J'avais déjà la chance d'être saine et sauve alors je n'allais pas commencer à le défier.
« Je ne veux plus jamais que cela se reproduise. », dit-il tout en continuant sa marche incessante dans la pièce. « Je commence à croire que tu cherches à être punie. C'est ça que tu cherches, Bella ? »
« Non, bien sûr que non. », m'alarmai-je. « Je veux juste… », continuai-je en n'allant pas au bout de ce que je voulais dire me rappelant que je devais me taire.
Il s'arrêta et me dévisagea longuement.
« Et bien continue. Que veux-tu ? », me demanda-t-il, irrité.
Je commençai à trembler le voyant s'approcher de moi. Je m'adossai un peu plus contre la tête de lit afin d'éviter tout contact avec lui.
« Alors ! J'attends ! », s'impatienta-t-il.
Il avait posé ses mains à plat sur le lit et ancré son regard dans le mien. Il était trop proche de moi pour mon propre bien. Je sentais mon périmètre de sécurité s'amoindrir.
Nerveusement, je léchai ma lèvre inférieure, puis commençai à la mordiller.
Il tendit une main vers mon visage, j'eus un mouvement de recul face à cette intrusion.
Sa main s'arrêta lorsqu'il se rendit compte de ce que je venais de faire. Il fronça des sourcils et, bien vite, ses yeux reflétèrent une certaine déception.
« Ne fais pas ça. », dit-il doucement.
Je le regardai, incrédule.
« Ne pas faire quoi ? », demandai-je tout bas.
« Ne plus me permettre de te toucher. », dit-il en me dévisageant.
Je voulais tellement répondre positivement à cela. Cette douceur, cette sensibilité qu'il dégageait en cet instant, c'était tout ce je voulais, que je recherchais de sa part. Mais c'était sans compter sur l'autre Edward : celui que je détestais, que je méprisais et qui pouvait refaire surface à tout moment.
« J'aimerais beaucoup te donner ce que tu souhaites, mais je ne peux pas. », fis-je en évitant son regard.
« Pourquoi ? », me demanda-t-il, affligé.
« Parce que… parce que tu me fais peur, Edward. », dis-je en retenant un sanglot. « Mais au-delà de la douleur physique que tu pourrais m'infliger, ce qui m'effraie le plus c'est l'inconnu dans lequel tu me plonges. Qu'adviendra-t-il de moi dans quelques jours, dans quelques semaines ? »
J'inspirai profondément et poursuivis.
« Admettons que tu veuilles que je reste auprès de toi… Il va bien falloir que tu me parles de toi. C'est vrai, je ne te connais pas. Et le fait que tu ne veuilles rien me dire est effrayant… Que me caches-tu, Edward ? Pourquoi es-tu comme ça ? »
Je levai timidement la tête afin de jauger sa réaction, et ce que je vis me déchira les entrailles. Il avait l'air tellement blessé, dévasté même.
Puis comme effondré par le poids de mes mots, il s'assit sur le lit et se prit la tête entre les mains.
Je ne pensais pas qu'il réagirait comme ça. Je pensais qu'il serait plus en colère qu'attristé.
Après un moment, je décidai de me rapprocher doucement de lui. Ma culpabilité était telle que je me devais de le faire.
« Tu sais », commençai-je. « que tu me crois ou non, je veux juste apprendre à te connaître et…et je ne comprends pas pourquoi tu es si en colère lorsque je te pose certaines questions. Peut-être penses-tu que je veux te piéger mais ce n'est pas le cas. »
Je m'arrêtai pour voir s'il réagissait à mes dires mais il ne fit rien. Il restait toujours dans cette même posture, tel un homme abattu.
« Tu veux me garder auprès de toi mais tu ne veux rien me dire te concernant. », repris-je. « Ne veux-tu pas que je te connaisse mieux ? N'est-ce pas ce que tu souhaites », osai-je demandé d'une voix brisée, témoignant de ma faiblesse.
Il redressa enfin la tête et fixa le mur qui se trouvait derrière moi avant de braquer ses yeux dans les miens.
« Si tu savais comme j'aimerais tout te dire. Mais je ne peux pas. J'ai fait des choses honteuses, terribles. Si terribles qu'on m'interdit d'en parler. »
On ?
« Mais qui te l'interdit, Edward ? Je ne comprends pas. », dis-je, consternée.
Il se figea et me regarda comme s'il voyait un fantôme.
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? », fis-je surprise par son énième changement d'attitude soudaine.
Précipitamment il se leva et s'excusa.
« Attends, Edward. Ne fuis pas. Parle-moi. »
« Je ne peux pas. Je suis désolé. Il faut que je sorte d'ici. Sinon… Sinon, je… je crois que je vais… », dit-il, paniqué en secouant la tête de droite à gauche.
Il me regarda tristement une nouvelle fois, tourna les talons, ouvrit la porte et disparut en la claquant.
Hébétée, je restai un moment à fixer la porte qu'il avait refermée sur lui.
Je me rendis compte que mon incapacité à le comprendre était à son summum en cet instant.
Il était vrai que je ne savais plus quoi penser lorsque je le voyais ainsi. Je me demandais ce qui avait bien pu lui arriver pour qu'il devienne comme ça.
Edward était véritablement une énigme.
J'essayais vraiment de le cerner. Mais j'avais tellement peu d'éléments qui me permettaient de le faire. Tout ce que je savais de lui c'était qu'il était un être mélangé, fort et vulnérable à la fois et qui, envahi par ses démons, y perdait de sa constance. Car il était clair qu'il n'agissait pas ainsi sciemment, qu'un mal le rongeait forcément.
Il pouvait être un homme bon. Il avait une part de lui qui l'était, j'en étais persuadée et il me l'avait montrée à plusieurs reprises.
Il y a encore quelques minutes de cela, il aurait très bien pu me blesser, voire même me tuer s'il l'avait voulu. Mais il n'avait rien fait, il m'avait épargnée.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, je voulais l'aider mais surtout le comprendre. Comprendre cette ambivalence qui me déconcertait.
Je fus surprise par ma propre réaction. Pourquoi étais-je si débordante de compassion alors qu'il y avait peu de temps encore je voulais le fuir ? Sûrement parce que sa complexité m'attirait.
Cet homme avait le don de me faire perdre la raison.
Une partie seulement car j'étais encore assez lucide pour savoir que le mieux pour le moment était de rester dans la chambre. Même si ma curiosité me poussait à aller le voir, je devais le laisser reprendre ses esprits et son sang froid. Pas besoin de le pousser dans ses ultimes retranchements. Surtout après tout ce qu'il s'était passé.
Et puis je n'étais pas préparée à le voir et à lui faire face dans l'immédiat. Il fallait que je me sente émotionnellement assez forte pour le confronter une nouvelle fois, et pour le moment je ne l'étais pas.
Alors je décidai de me recoucher. Après tout ce qui c'était passé durant ces dernières 24 heures, mon corps et mon esprit avaient bien besoin de repos.
Peut-être allait-il me rejoindre plus tard.
Je m'allongeai sur le lit et essayai tant bien que mal de me rendormir. Mais mon esprit tourmenté m'en empêcha. Je ne faisais que ressasser tout ce qu'il m'avait dit et essayai de décortiquer chaque parole prononcée. Finalement, après de longues minutes à me torturer les méninges, je parvins à me rendormir.
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Lorsque je me réveillai la seconde fois, je me trouvais encore seule dans le lit. Visiblement, il n'était pas venu se coucher.
Qu'avait-il bien pu faire pendant tout ce temps ?
Je me frottai les yeux avec mes paumes et regardai le réveil qui affichait 18 heures passées. Même si cela faisait plusieurs heures que je dormais, je ne me sentais pas pour autant plus reposée. Un léger mal de tête commençait à se faire ressentir.
Je m'assis sur le lit et regardai tout autour de moi. Rien ne m'indiquait qu'Edward était venu dans cette pièce et ça commençait à devenir inquiétant.
Une boule dans le fond de ma gorge se forma en imaginant ce qu'il avait bien pu faire pendant toutes ces heures.
Même s'il lui était arrivé de me laisser seule pendant un long moment durant les journées cela n'excédait pas plus de 2 ou 3 heures.
Là, je trouvai troublant qu'il ne soit pas venu me voir après tout ce temps.
Avant d'aller à sa rencontre, je décidai de prendre une douche pour me détendre.
Lorsque je me vis dans le miroir, je grimaçai en remarquant mes yeux gonflés et rougis. Une douche était vraisemblablement ce qu'il me fallait histoire d'atténuer tout ceci.
Lorsque cela fut fait, j'enfilai ma chemise de nuit et mon peignoir et descendit les escaliers.
Arrivée au rez-de-chaussée, j'entendis un bruit de verre brisé qui me fit sursauter.
Le bruit provenait du bureau d'Edward. Manifestement, il s'y trouvait. Prudemment, je m'y rendis. Je tendis l'oreille lorsque j'arrivai à la porte, mais ne discernai rien.
Je soufflai pour me donner du courage et toquai. Il ne répondit pas. Je commençai à m'inquiéter de l'absence de bruit. Alors, sans plus attendre, je tournai la poignée et entrouvris la porte.
La vision d'un Edward, le visage enfoui dans ses mains, déclencha en moi un frisson.
Il ne releva pas la tête lorsque je m'avançai vers lui.
Tandis que je m'approchais prudemment, je remarquai les bris de verre sur le sol ainsi qu'un cadre photo. Je me baissai et le saisis. Dessus, on pouvait voir plusieurs personnes : six au total. On aurait pu penser qu'il s'agissait de trois couples.
L'un d'entre eux paressait un peu plus âgé que les deux autres.
Je me demandais qui ils étaient et ce qu'ils avaient bien pu faire pour que ce cadre mérite pareil traitement.
Après l'avoir observé, je le posai sur le bureau et me concentrai sur l'homme qui était assis sur une chaise.
« Edward ? », fis-je alors en posant une main tremblante sur l'une de ses épaules.
Il releva vivement la tête dans ma direction et écarquilla les yeux en me voyant.
Son regard était si triste à cet instant.
« Bella. », dit-il d'une voix enrouée prenant ma main qui se trouvait sur son épaule.
Il la porta à ses lèvres et, rien qu'à son toucher, un frisson me parcourut l'échine.
Après un moment, il abandonna ma main. Puis tout en m'enserrant la taille de ses deux bras, il vint poser son visage tout contre mon ventre et inspira bruyamment.
Il me serrait tellement fort que je pouvais à peine bouger.
« Edward… », commençai-je me sentant quelque peu oppressée.
Il releva la tête dans ma direction. Ainsi, si proche de moi, je voyais nettement son chagrin. Ses yeux étaient bordés de rouge comme s'il avait pleuré. Mon cœur se serra en le voyant si accablé.
« S'il te plaît, Bella, laisse-moi te prendre dans mes bras. Ne me rejette pas. Pas maintenant. »
Pouvais-je réellement le repousser lorsqu'il me suppliait ainsi ? Non. Alors, j'hochai simplement la tête et le laissai faire.
Son visage enfoui tout contre moi, je n'arrivais qu'à distinguer sa chevelure aux reflets de bronze. J'avais maintes et maintes fois voulu la toucher. Et cette envie à l'heure actuelle était plus forte encore.
Je ne réfléchis pas plus longtemps et, d'une main tremblante, je la lui caressais telle une mère le ferai pour son enfant, avec tendresse.
Nous restâmes longuement dans cette position : lui les bras autour de moi et moi en train de lui caresser tendrement les cheveux.
J'imaginais que vu de l'extérieur cela pouvait paraître idéal.
Alors que je cessai de le toucher, il se mit à parler d'une voix voilée par l'émotion.
« Tu sais, lorsque tu t'es enfuie, j'ai bien cru t'avoir perdue. », commença-t-il. « Cette douleur… Celle que j'ai ressentie à ce moment-là, c'est comme si on m'avait arraché une partie de moi. Je ne veux plus ressentir ça, plus jamais. C'est pourquoi, j'aimerais que tu me fasses une promesse. »
A ces mots, je fermai les yeux en attendant fébrilement ce qui allait suivre.
« Promets-moi… promets-moi que tu ne me quitteras plus. », lâcha-t-il.
Je me raidis. Il dut le sentir car il renforça sa prise autour de ma taille.
« Promets le moi et en retour, je te fais le serment de ne plus jamais te faire souffrir. », déclara-t-il. « S'il te plaît, Bella. On pourrait être tellement heureux si tu nous le permettais. »
Une plainte m'échappa. Je le regardai avidement et admirai la courbe de chacun de ses traits, pour finir par me plonger une fois encore dans ce regard envoûtant qu'il m'accordait. J'étais perdue aussi. Oui, perdue dans cette horde de sentiments contradictoires. Mais le plus dominant était sans nul doute, la faiblesse. Par ses paroles, il avait réussi à me toucher plus profondément. Et comme pour le lui faire comprendre, je pris son visage et abaissai le mien afin de l'embrasser.
Ce fut la première fois que je prenais l'initiative de le faire.
Ses lèvres sur les miennes étaient désespérées. Nos respirations devinrent laborieuses par le manque d'oxygène. Nous nous séparâmes et nous contemplâmes inlassablement. Son regard était empli d'ardeur et d'attention à mon égard.
Durant ce moment, j'avais tout oublié. La façon dont il m'avait traitée, sa colère, ses punitions, sa déraison… Tout. Je ne gardais en mémoire que ce que je voyais dans ses prunelles vertes.
Je voulais seulement lui faire du bien, l'apaiser de ses peines. Il s'agissait d'un homme enlisé dans une terrible souffrance, et mon seul but était d'essayer de le sauver.
« Tu me le promets ? », me répéta-t-il.
Je déglutis et m'humectai les lèvres. La réponse pour moi devint de plus en plus évidente.
« Oui… Oui, je te le promets. », répondis-je tout bas.
Je fus étonnée par ma propre réponse. Avais-je vraiment pris toute la pleine mesure des mots que je venais de formuler ? Certainement pas, mais c'était tout ce que je pouvais et voulais dire.
Il souffla et un sourire franc se dessina sur ses lèvres.
« Merci. Merci de m'accorder ta confiance. », dit-il.
J'ignorai s'il allait tenir sa promesse mais le voir heureux était tout ce qui m'importait pour le moment.
Après quelques effleurements le long de mes flancs, il prit mes hanches et les attira vers le bas, me faisant comprendre ainsi qu'il voulait que je m'asseye sur lui.
Je ne résistai pas et le fis.
Il posa son front contre le mien et ferma les yeux.
« J'ai tellement besoin de toi. », susurra-t-il.
De ses deux mains, il prit mon visage et m'embrassa tendrement, sensuellement.
Il gémit tout contre ma bouche. Il avait envie de moi comme j'avais envie de lui.
Ses lèvres se déplacèrent lentement vers mon cou en passant par ma mâchoire. Il le suçota, l'embrassa. Je savais que j'allais être marquée. Mais cela ne me gênait pas, au contraire. L'instant était tellement intense que je me laissai faire.
Après s'être longuement attardées sur cette partie, ses lèvres descendirent vers ma clavicule et lui infligèrent le même supplice ce qui me fit gémir.
Ses mains me lâchèrent afin de dénouer mon peignoir. Il le fit glisser sur mes épaules et me regarda avec envie. Le regard qu'il posa sur moi était dévorant. Je me consumai littéralement sous ses yeux et ma respiration devint rapidement erratique. J'avais envie de tellement plus que ce qu'il me donnait maintenant.
Alors portée par mon désir, je remuai mon bassin lascivement contre le sien afin de lui faire comprendre ce que je désirais et portai son visage vers le mien. Dans une brève démonstration de mon affection, j'embrassai tour à tour ses paupières closes, pour ensuite descendre avec douceur sur l'une de ses joues puis sur sa mâchoire carrée, où je posai un ultime baiser avant de briser notre étreinte, surprise par ma propre audace. Mais ceci passa bien vite quand je remarquai comment réagissait Edward à cela.
Il respirait fortement et lorsqu'il rouvrit ses paupières, je pus voir ses prunelles obscurcies par le désir.
Cette vision m'électrisa davantage.
Je passai mes mains dans ses cheveux, sur son cou me délectant de cette sensation divine.
Il grogna et avec hâte passa ma chemise de nuit par-dessus ma tête.
Bien vite, il déposa un sillon de baisers impétueux sur ma poitrine nue. Ses doigts vagabondèrent également sur celle-ci. Je me laissai consumer par cette tendresse que j'avais tant désirée, par ce besoin viscéral qu'il me touche.
J'avais décidé de m'offrir à lui toute entière et sans retenue.
Comme s'il l'avait compris, il me souleva et me posa sur le bureau. Le contraste entre le bois froid et ma peau échauffée fut saisissant.
Il continua son ballet de baisers, s'attardant sur mes mamelons dressés.
J'arquai mon corps vers le sien, à la recherche de toujours plus de touchers, toujours plus de frictions.
Il enleva ses vêtements avec hâte, sans détacher ses iris assombris des miens.
Le désir que nous ressentions était intense, plus qu'il ne l'avait jamais été.
Après avoir enlevé son dernier habit, il se pencha vers moi et son corps entra enfin en contact avec le mien. C'était comme si ce corps était une pièce manquante de mon propre être. Et c'est donc tout naturellement que nous nous imbriquions parfaitement.
Et c'est tout aussi spontanément, qu'il entremêla nos doigts et enfouit son visage dans ma chevelure.
Cette proximité me permit d'apprécier son odeur capiteuse, exaltante qui m'était devenue si familière.
Après un temps, il redressa sa tête et plongea sur mes lèvres férocement. La tendresse faisait place peu à peu à la bestialité.
Avec cette même rudesse, il ôta ma culotte, écarta mes jambes et me demanda de poser mes talons sur le bord du bureau ce que je fis volontiers.
Il embrassa minutieusement mon ventre, mes cuisses et enfin mon sexe luisant.
J'adorais sentir sa langue tourbillonner autour de mon clitoris, le mordillant légèrement avec ses dents. Il était véritablement doué pour ça. Mes gémissements devenaient toujours incontrôlables quand il le faisait.
Avec avidité, je saisis fermement ses cheveux et levai mon bassin. Il continua à me laper, me mordiller, m'aspirer jusqu'à ce que j'atteigne le summum du plaisir.
Il ne me laissa pas vraiment le temps de reprendre mes esprits ; il fouilla dans l'un des tiroirs et prit un sachet en aluminium. Il le déchira et déroula le préservatif sur son sexe tendu à l'extrême.
Après que cela fut fait, il reporta son attention sur moi et reprit ses caresses et ses baisers.
Puis nous sentant aussi désireux l'un que l'autre, il plaça son sexe contre mon entrée et me pénétra en un seul coup de reins. Sa tête bascula en arrière, tandis qu'un râle de plaisir sortit de sa bouche.
Je ne pouvais pas m'empêcher de contempler cet être singulier, à la beauté si édifiante.
Mes hanches fermement saisies, il commença à aller et venir en moi. Chaque coup me fit faire des gémissements de plus en plus sonores.
Bien vite, il m'agrippa une jambe et la mit sur l'une de ses épaules avant d'accélérer la cadence.
Je gémis de plus en plus fort face à ses coups de butoirs incessants. Et nos souffles mêlés devinrent rudes et erratiques.
« Oh… Edward. », gémis-je en soulevant mon bassin afin qu'il aille plus loin en moi.
Il accéléra encore un peu. Il n'en fallut pas plus pour que mon orgasme me saisisse.
A son tour, il atteignit le plaisir ultime et grogna.
Il s'écroula sur moi et m'embrassa tendrement. Nos langues se caressèrent tandis que nos corps étaient toujours soudés l'un à l'autre.
« Dorénavant, je veux que tu te donnes toujours à moi de cette façon, sans retenue. Je ne veux plus que tu ais honte ou peur du plaisir que je te donne. », fit-il son front reposant sur le mien.
Je fermai les yeux afin de cacher mon trouble. Je ne voulais pas qu'il voie en moi une quelconque émotion et qu'il me la balance à la figure. J'étais assez gênée comme ça par cette véracité.
« Hey… Bella ? », dit-il en me caressant mes joues rougies d'embarras.
Je rouvris les yeux et me plongeai dans les siens.
« Souviens-toi de ce que je viens de te dire. Ne sois pas gênée par ce que tu ressens. »
J'acquiesçai seulement. Il posa un baiser chaste sur mes lèvres et se retira de moi. Je frissonnai à la perte de contact.
Il m'aida à me redresser et à enfiler mes vêtements avec douceur profitant, par la même occasion, de me frôler aux bons endroits.
Main dans la main, nous allâmes dans notre chambre sans un mot.
La quiétude dans laquelle nous étions enveloppés était apaisante.
Arrivés dans notre chambre, nous nous allongeâmes l'un en face de l'autre et nous contentâmes de nous observer.
Il posa une main réconfortante sur mon visage. Instinctivement, je fermai les yeux profitant de cette douceur.
« Dors, mon cœur. », dit-il avec tendresse.
Alors, tout doucement, je me laissai envahir par le sommeil qui s'était abattu sur moi sans crier gare.
« Tu sais que nous allons devoir parler, Edward », réussis-je tout de même à marmonner.
Il ne répondit pas. Je pensais qu'il s'était endormi. Alors, tout doucement, je me laissai tomber dans les bras de Morphée.
Mais avant que le sommeil ne m'emporte totalement, je l'entendis finalement murmurer les paroles que je voulais désespérément entendre depuis plusieurs jours.
« Je te dirai tout ce que tu veux savoir si cela me garantit que tu resteras toujours auprès de moi. »
Je voulais aussi vous parler d'un forum qui a ouvert ses portes depuis peu et qui s'appelle lovelemon-in-fic. Je vous conseille vivement de vous y inscrire. L'ambiance là-bas est très sympa. En plus vous pourrez discuter avec plusieurs de vos auteurs préférés.
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