Bonsoir tout le monde !

J'ai plein de choses à vous dire avant que vous ne découvriez ce nouveau chapitre.

Tout d'abord un grand merci à vous toutes. Vous m'avez, une nouvelle fois, gâtée avec tous vos messages. Merci mille fois d'avoir pris le temps de m'en faire. Vous êtes les meilleures ! Surtout que j'ai mis du temps avant de mettre à jour. Je n'ai pas de véritables excuses. J'ai juste pris le temps de lire d'autres histoires et surtout de m'occuper de ma petite famille.

Et pour terminer, je voulais remercier ma super bêta, So pour avoir corrigé ce chapitre en un temps record. Merci à toi So ! ;)

Voilà, je crois avoir tout dit… Ah si, j'allais oublier. Je vous avais déjà parlé du forum « lovelemon-in-fic ». Là-bas, j'y poste mes chapitres mais également des teasers. Je sais que pas mal d'auteurs en font de même. Alors ne soyez pas timides et venez nous rejoindre. :D

Sur-ce, bonne lecture !

Et n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce chapitre. En plus, c'était mon anniversaire il y a deux semaines. Une review de chacune d'entre vous serait un magnifique cadeau. lol

Chapitre 10

Une caresse, un souffle, un baiser délicat… m'aidèrent aisément à m'extirper de mon sommeil pourtant de plomb. Lorsque j'ouvris les yeux, je vis le visage parfait d'Edward tout proche du mien. Il me semblait encore plus beau que d'ordinaire si cela fut possible. Je l'étudiai un bref instant et fut soulager de constater qu'il était tout comme la veille au soir : serein. Un léger sourire se dessinait même sur ses lèvres pleines.

« Bien dormi ? », me demanda-t-il, concerné.

« Oui, plutôt bien. », lui répondis-je timidement, captivée par ses yeux émeraude.

« Je suis désolé de t'avoir réveillée, mais je ne pouvais pas m'empêcher de te toucher. », fit-il en me regardant intensément.

Et c'est tout naturellement que ses doigts caressèrent mes lèvres avant que sa bouche ne les remplace. C'était plus un effleurement qu'un baiser. Mais je pouvais tout de même y percevoir toute cette ferveur qu'il voulait me communiquer et qui me confondait tant.

Après ce bref échange, il se détacha légèrement de moi. Je jetai un coup d'œil vers la fenêtre et me rendis compte que la faible lueur de l'aube filtrait à travers les rideaux. Il était encore tôt.

Après ce constat, je me concentrai à nouveau sur Edward. Je le jaugeai et me laissai transporter par son regard doucereux. J'avais été tellement happée par ses prunelles que je n'avais pas prêté attention aux cernes qui bordaient ses yeux. Il paraissait fatigué. Tellement fatigué. Comme s'il n'avait pas dormi depuis des jours.

« Ça fait longtemps que tu es réveillé ? », lui demandai-je, réellement soucieuse.

« A vrai dire, je ne dors pas beaucoup. Je suis un peu insomniaque. », me dit-il tout en touchant, de son index, la ride qui s'était formée entre mes deux sourcils.

« Vraiment ? », fis-je, surprise.

Je ne l'avais jamais remarqué. Il fallait dire que contrairement à lui, j'avais un sommeil plutôt lourd.

« Oui, mais on s'y fait par la force des choses. »

Je ne sus pourquoi, mais je fus peinée d'entendre cela. Il dégageait une telle vulnérabilité par moment, qu'il était de plus en plus évident qu'Edward avait besoin de quelqu'un pour l'épauler.

Je cessai de le regarder et fixai la lampe qui se trouvait derrière lui.

Soudainement, un sentiment étrange m'envahit. Des bribes de notre conversation, échangées la nuit passée, affluèrent à ma mémoire.

C'était un peu comme un lendemain de grande ivresse. Comparaison bizarre en somme, mais le sentiment qu'on pouvait éprouver le lendemain était assez identique. Cette confusion, cette impression qu'on avait pu dire ou faire quelque chose d'important, qui aurait des conséquences fatales. Ces choses qu'on regrette par la suite lorsque notre esprit est moins embué. Et bien là, c'était un peu ce que je ressentais. Je savais que je m'étais engagée, que je lui avais promis de rester à ses côtés. A l'instant où je lui avais fait cette promesse, je n'avais eu aucun doute. Ça m'avait paru être la bonne décision sur le moment. Mais maintenant, plus j'y pensais et plus les incertitudes m'assaillaient.

Étonnamment, je me sentais beaucoup moins brave que la veille.

J'avais l'impression, que même une personne avec une force intérieure remarquable, aurait du mal à faire face à tous ses démons.

Avais-je cela en moi ?

« Tu le regrettes ? », me demanda-t-il, soucieux et coupant, ainsi, court à mes pensées troubles.

« Pardon ? », lui dis-je en rencontrant son regard soucieux.

« Ce regard apeuré et fuyant, cette pâleur qui a envahi ton visage… sont des signes qui ne trompent pas. Tu regrettes ce que tu m'as promis. », fit-il, l'air contrit.

Je soupirai et fermai brièvement les yeux. J'essayais ainsi de gagner quelques précieuses secondes afin de trouver, tant bien que mal, les bons mots. Ceux qui ne le fâcheraient pas, ceux qui ne feraient pas réapparaître l'autre Edward, celui qui m'effrayait tant.

Mais par-dessus tout, je ne voulais pas le décevoir ou l'attrister plus qu'il ne l'était déjà. Ce n'était absolument pas mon intention. Je n'avais plus cette volonté vengeresse à l'heure actuelle. Cet état d'esprit m'avait bel et bien quittée.

« Et bien, dis-moi. », insista-t-il.

Pour l'heure, je ne savais pas si je devais lui dire ce que je ressentais. Cela me semblait risqué.

Alors, je le regardais intensément et espérais voir enfin en lui un signe qui me permettrait de faire disparaître tout malentendu.

« Non, ce n'est pas ça. Je ne regrette pas. C'est juste que… », éludai-je.

« Alors quoi ? », fit-il en prenant ma main posée sur mon oreiller.

« Je me rends compte maintenant de ce que je t'ai dit… de tout ce que ça engendre. Ce n'est pas le fait de rester ici qui m'effraie. Non, c'est pas ça. J'ai juste peur de… de dire le mot ou la phrase de trop. Tu es tellement… imprévisible par moment. Je n'ai pas envie d'avoir toujours l'impression de… marcher sur des œufs. »

Il baissa les yeux et sa mâchoire se crispa.

J'avais osé dire le fond de ma pensée. C'était certes audacieux mais autant être honnête.

« Je comprends que tu sois inquiète. Mais n'oublie pas ce que je t'ai dit hier. Sur ce que je t'ai promis. »

J'acquiesçai et me concentrai sur nos mains jointes.

Après tout, il ne s'agissait que d'une promesse. Et lui seul pouvait décider de la tenir ou non.

Pouvais-je me fier à un être aussi torturé ?

« C'est avec la tête qu'on promet et c'est avec le cœur qu'on oublie ses promesses. », dis-je tout bas, me souvenant de cette citation.

« Qu'as-tu dit ? », me demanda-t-il en fronçant les sourcils.

« Rien d'important. », marmonnai-je.

« Si, dis-moi. J'ai tellement de mal à savoir ce que tu penses ou ce que tu ressens. Alors si tu ne me parles pas… », dit-il laissant la phrase en suspend avant de soupirer.

« En fait, j'ignore totalement si tu vas tenir cette promesse. Je n'ai aucune garantie. Rien. »

« Tu as raison. Tu es en droit de ne pas me croire. Ce sont juste des paroles après tout… Mais je n'aurais jamais dit ce genre de choses sans en penser chaque mot. C'est véritablement un engagement que je te fais... Je te demande juste de me faire confiance comme moi je le fais. D'accord ? »

Pourquoi était-il si difficile de lâcher prise ? Pourquoi ne pouvais-je pas lui faire confiance ?

Des flashs de moi attachée et maltraitée par lui me rappelèrent pourquoi j'étais aussi dubitative et craintive.

« Bella ? »

Je levai la tête et l'étudiai. Il avait l'air sincère. Rien en lui ne m'indiquait qu'il me mentait. J'avais terriblement envie de le croire et de lui donner une chance.

Je fermai les yeux afin de rassembler mes idées. Mais soudainement, ses lèvres se posèrent sur les miennes ce qui m'empêcha de réfléchir plus longtemps.

« S'il te plaît, laisse-moi te monter que je peux être quelqu'un de bon pour toi, même si pour l'instant, je ne te l'ai pas prouvé. Laisse-nous une chance. », fit-il tout contre ma bouche.

Je sentis sa main trembler sur la mienne.

J'ouvris les yeux tandis que ses lèvres étaient toujours sur ma bouche. Je pouvais clairement voir la douleur sur son visage.

Il continua à m'embrasser avec une soif proche du désespoir et dans cette continuité, je sentis sa langue venir caresser la mienne. Un long soupir de bien-être m'échappa. Ce baiser était avide, suave, passionné et pour la première fois, il me semblait impossible d'y mettre une quelconque fin.

Ce fut d'ailleurs lui qui le rompit. Il s'éloigna légèrement de moi tout en continuant de me caresser les cheveux.

L'un en face de l'autre, nous nous regardâmes longuement. Ses pupilles étaient dilatées et j'imaginais que les miennes devaient être similaires aux siennes.

J'essayai de ralentir les battements frénétiques de mon cœur en inspirant et en expirant par le nez. Même si l'idée de me donner une nouvelle fois à lui était plus que tentante, je n'oubliais pas pour autant que nous devions discuter, afin d'avancer et de consolider mes espérances.

« Je me rappelle aussi que tu m'as dit qu'on parlerait. »

« Je sais ce que je t'ai dit. », dit-il avant de déglutir.

Il haletait. Pas à cause du baiser que nous venions d'échanger mais bel et bien à cause de l'angoisse qui l'envahissait.

« Qu'aimerais-tu savoir ? », s'enquit-il.

Enfin ! Le moment de vérité était arrivé. Je me redressai vivement.

« Vraiment ? Je peux tout te demander ? », dis-je précipitamment, en essayant, tant bien que mal, d'atténuer le contentement qui s'emparait de moi à cette perspective.

Il se redressa aussi et me jaugea.

« Je suppose que oui. Même si je crains que cela fasse pencher la balance en ma défaveur. », fit-il, las.

« Tu me parlais de confiance tout à l'heure. Si tu veux que quelque chose soit possible entre nous, il va falloir que tu m'expliques certaines choses. »

« J'en suis bien conscient. », fit-il préoccupé.

Nous restions silencieux pendant plusieurs secondes. Et plus les secondes s'égrenaient et plus je réalisais que la vérité était toute proche. La peur et l'excitation étaient de même intensité quand j'y pensais.

J'avais un peu peur de connaître le fin mot de l'histoire. Mais en même temps, je n'attendais que ça. Combien de temps avais-je patienté dans cette ignorance angoissante ? Je me demandais comment j'avais pu ne pas perdre la tête ou faire quelque chose d'insensée, car n'importe qui dans ma position, aurait pu se laisser aller par facilité ou par négativité. Bien sûr, j'avais commis des erreurs. Mais finalement peut-être m'avaient-elles permis de me trouver dans la situation actuelle.

La vérité allait me permettre d'avancer, de faire mon propre jugement et peut-être allais-je pouvoir ainsi le comprendre et l'apaiser de ses souffrances.

C'était sans doute naïf de ma part de penser cela mais je ne pouvais pas envisager autre chose. Il avait besoin de quelqu'un et pourquoi ne serais-je pas celle qu'il lui fallait ?

Tout son corps transpirait le mal être. Il avait dû tellement souffrir pour être devenu ce qu'il était. Qu'avait-il subi pour être ainsi ? Peut-être que des personnes proches de lui étaient responsables de ce qu'il était devenu. Cela me ramenait à la photo malmenée que j'avais ramassée dans son bureau.

« Parle-moi de cette photo. », lançai-je, songeuse.

Je le regardai attentivement afin de déceler le moindre signe qui m'alerterait que cette question n'était pas la bienvenue.

Il passa nerveusement une main dans ses cheveux et souffla.

« Tu es sûre que tu veux vraiment que je t'en parle ? N'as-tu pas d'autres questions que tu aimerais me poser avant celle-ci ? », me demanda-t-il, tout en se tordant les doigts.

Sans doute espérait-il que je lâche l'affaire. Mais malheureusement pour lui, je voulais vraiment savoir ce que les personnes présentes sur cette photo avaient bien pu faire pour le rendre si furieux.

« Si, mais je te les poserai plus tard. », dis-je.

Il attendit quelques instants et inspira profondément.

« Très bien. Si c'est ce que tu souhaites. », fit-il enfin. « Sur cette photo, » commença-t-il tout en évitant soigneusement mon regard. « …il y a ma sœur, mon frère et leurs conjoints respectifs. Et il y a également mes parents… »

Il marqua une pause. Visiblement le sujet épineux les concernait. Je lui laissai le temps dont il avait besoin.

« Mon père se prénomme Carlisle. Il est médecin dans un hôpital de Chicago. Ma mère… », fit-il la gorge serrée, « …ma mère était décoratrice d'intérieur. D'ailleurs, une bonne partie des meubles qui sont ici a été choisie par elle. Elle adorait ce qu'elle faisait. C'était plus une passion qu'un travail pour elle. », continua-t-il dans un sourire attendri.

Il évitait toujours mon regard, préférant s'intéresser aux motifs des draps du lit.

« Un soir, », reprit-il « elle m'avait demandé de passer la prendre à son bureau. Sa voiture était en réparation et pour quelques jours, nous nous étions arrangés entre nous. Nous la déposions ou allions la chercher à tour de rôle. Mon père aurait dû le faire ce soir-là mais une urgence de dernière minute l'en a empêché. », lâcha-t-il avec rancœur. « J'avais travaillé très dur cette journée là. D'ailleurs, depuis plusieurs jours, j'avais été débordé et stressé, je dormais mal. Mais ceci n'excusait pas tout. J'aurais dû refuser d'aller la chercher. J'aurais dû demander à Emmett de le faire ou à Alice. »

J'osai à peine respirer de peur qu'il arrête son récit. Je sentais que ce qui allait venir allait être difficile pour lui à raconter.

« J'allais la chercher comme convenu, et je me rappelle parfaitement de quoi nous avions parlé. Mon travail était l'une de ses préoccupations. Elle s'inquiétait de me voir, ainsi, si submergé par les responsabilités. J'avais essayé tant bien que mal de la rassurer en lui disant que j'aimais ce que je faisais, que tout ce surplus de travail n'était que temporaire, que c'était le prix à payer pour maintenir mon entreprise en haut de l'échelle… Ce qui s'est passé par la suite est plus flou dans mon esprit… Tout ce dont je me souviens, c'est d'une voiture fonçant droit sur nous. Après ça, c'est le trou noir. Je ne me rappelle de rien. Je me suis réveillé sur un lit d'hôpital avec de multiples fractures, et… », dit-il d'une voix brisée.

Un sanglot s'échappa de sa gorge. Ses yeux étaient brillants de larmes contenues. Le chagrin le submergeait, je le sentais.

« …ma mère… ma mère n'a pas survécu. Elle est morte peu de temps après avoir été transportée à l'hôpital. »

Il baissa la tête et tira frénétiquement sur ses cheveux.

Je m'avançai vers lui lentement. Je n'avais qu'une envie : le prendre dans mes bras et le consoler. Je me sentais fautive de lui avoir fait repenser à tout ça. Je posai une main sur son visage. Il leva vivement la tête dans ma direction, puis posa sa main sur la mienne et ferma les yeux. Une larme roula sur l'une de ses joues. J'approchai mon visage du sien et capturai ce liquide salé avec mes lèvres. Il rouvrit les yeux et ancra ses prunelles dans les miennes.

« Je l'ai tuée. Elle était tout pour moi et je l'ai tuée. », dit-il durement.

Je saisis son visage avec mes deux mains.

« Non ! Ce n'est pas de ta faute ! C'était un accident. », fis-je.

Il secoua la tête et se dégagea de moi.

« J'aurais dû être plus attentif et peut-être… peut-être que… », commença-t-il d'une voix étranglée par l'émotion. « Ce n'est pas juste ! »

« Pourquoi es-tu si dur avec toi-même ? Vous étiez au mauvais endroit, au mauvais moment… »

« N'essaie pas de me trouver des excuses. », dit-il, fébrile. « Je suis un monstre. J'ai fait souffrir tant de gens. Je me souviens du regard que m'a porté mon père lorsqu'il m'a appris la nouvelle. Il était… »

Je lui saisis la nuque fermement. Il se débattait légèrement essayant d'échapper à mon étreinte. Je réussis tout de même à ramener son visage tout contre ma poitrine et ainsi à le bercer.

Mon cœur se serra de le voir si éperdu. Je ne pouvais décemment pas l'abandonner. Il avait besoin de moi. Tout doute s'évanouit rien qu'en sentant cette souffrance, ce mal dévorant qui l'habitait. Qui resterait insensible à ça ?

Je n'avais pas pitié de lui, ça non. Toute forme de compassion avait disparu. Il s'agissait de bien plus que cela. Je m'en rendis compte à l'instant même. Je voulais le rendre heureux et quand bien même je prenais des risques, je voulais les prendre.

Sa peine me rappela la mienne. J'étais la mieux placée pour savoir ce qu'il pouvait éprouver. Cette souffrance qui nous tenaille, qui ne semble jamais vouloir nous quitter, était à tous points de vue identique.

Je laissai échapper un sanglot brisé comme je le serrai contre moi, frustrée de ne pouvoir m'approcher suffisamment près. Mes mains fourrageaient tendrement ses cheveux.

« Je ne veux plus faire de mal, Bella. », dit-il tout contre mon cou. « Crois-moi, lorsque je te dis que je ne te ferai plus souffrir. Je ne sais pas pourquoi je t'ai fait tout ça. C'est comme si on avait pris possession de mon corps et de mon esprit. Je suis tellement désolé. »

Je restai silencieuse et essayai de saisir ce qu'il venait de me dire. Ce signe qui me manquait, quelques instants plus tôt, était là, aussi palpable que sa peine. Ses regrets, ceux qu'il m'avait formulés ne faisaient que renforcer mon intime conviction et plus encore : j'avais besoin de lui comme lui avait besoin de moi.

« D'accord... D'accord... Je te crois. Tout va bien aller, maintenant. », fis-je finalement, en le serrant un peu plus fort contre moi.

Et c'est ainsi que nous restâmes : accrochés l'un à l'autre.

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Le bruit strident d'une sonnerie nous réveilla en sursaut. Edward se redressa vivement, se frotta les yeux et regarda tout autour de lui à la recherche de la source de tout ce tapage. Il tendit la main vers la table de chevet et prit son téléphone portable. Il le regarda et fronça les sourcils.

« Oui Alice ? », dit-il d'une voix ensommeillée.

J'arrivais à percevoir une voix féminine provenant du téléphone. Elle avait l'air assez enjoué.

« Et bien, si tu veux tout savoir nous dormions. », reprit-il après qu'elle eut parlé.

« Comment ça, il est plus de 11 heures ? »

Il regarda le réveil et parut stupéfait.

« Nous étions tout bonnement fatigués, Alice. Bon sinon, quel était le sujet de ton appel, Miss "Je-suis-bien-trop-curieuse-pour-mon-propre-bien" ? », fit-il, blasé.

Il passa une main dans ses cheveux. Il était nerveux, voire même agacé.

« Ce soir ? »

Il posa enfin son regard sur moi. Il semblait réfléchir. Que lui avait-elle demandé ?

De sa main libre, il replaça une mèche de mes cheveux derrière l'oreille. Une fois fait, il maintint cette main sur mon visage rougi d'embarras et commença à le caresser tendrement.

Ses iris ne quittèrent pas les miens tandis qu'il continuait d'écouter sa sœur.

« Je sais que je te l'ai promis. », soupira-t-il.

« Tu pars demain ? », dit-il, réellement surpris.

Il ferma les yeux brisant ainsi notre contact visuel et expira bruyamment.

« Alice ! N'essaye pas de m'attendrir. »

« Très bien, très bien. Tu as gagné. Nous viendrons. », dit-il en souriant faiblement.

Quoi ? Qu'est-ce que cela voulait dire ?

« 19 heures. C'est noté. Nous serons là. A ce soir, Alice. »

Il coupa la communication et me jaugea longuement. Je n'osais rien dire. J'attendais qu'il prenne la parole le premier.

« Nous sommes invités à dîner ce soir. »

« Oh ! », réussis-je seulement à dire.

Il se rapprocha de moi et posa ses lèvres tout contre mon cou. Je pouvais sentir son souffle caresser ma peau, ce qui ne manqua pas de me donner la chair de poule.

« Tu vois, je te prouve une nouvelle fois à quel point j'ai confiance en toi. », dit-il. « Tout se passera bien, n'est-ce pas ? », me demanda-t-il avec une once d'inquiétude.

J'acquiesçai seulement. Les mots restèrent bloqués dans ma gorge.

« Je n'aurais pas accepté si je ne te faisais pas confiance et si je ne te savais pas prête. », dit-il d'une voix légèrement plus rauque que d'habitude.

Je ne pus que gémir. Ses paroles alliées à la sensation de sa bouche sur moi m'électrisèrent.

« Tu vas rencontrer ma famille. », fit-il tout en continuant ses baisers.

« Alice est très impatiente de te connaître. Elle est très intriguée par la femme qui accapare mes journées et qui m'éloigne de mes responsabilités. »

Ma respiration était de plus en plus haletante alors que sa bouche se déplaçait vers ma mâchoire, puis ma pommette et enfin mes lèvres. Automatiquement, j'ouvris la bouche l'invitant ainsi à y pénétrer sa langue. En réponse, il ramena ma taille contre son buste solide, serrant vivement mes hanches de ses deux bras.

Je soufflai doucement sous le poids du désir qui m'envahissait. Ses doigts explorateurs s'enfoncèrent un peu plus encore dans la chair de mes courbes. Il me souleva légèrement pour m'étendre sur les draps. M'allongeant avec délicatesse, il se laissa glisser au dessus de mon corps étendu pour venir effleurer ma peau brûlante de la sienne.

Nos langues se retrouvèrent et menèrent une danse sensuelle.

J'avais plus que jamais envie de lui ; de son corps, de sa peau échauffée contre la mienne.

Il dut le comprendre car bientôt ma chemise de nuit se retrouva dans l'un des coins de la chambre avec ses propres vêtements.

Je soupirai de bien être lorsque son corps nu fut enfin sur le mien. Je pouvais maintenant apprécier sa peau si douce.

Ses mains commencèrent alors à explorer mon corps. Je ne restai pas en reste, je le couvris de baisers délicieux, enivrée par la passion qui me consumait littéralement.

« Oh ma Bella, qu'as-tu fait de moi ? », dit-il, ému, ses yeux ancrés dans les miens.

En réponse, je lui saisis les cheveux afin que son visage soit proche du mien, et l'embrassai avec toute la ferveur dont je pouvais faire preuve.

« Ne me laisse pas. Jamais. », gémit-il comme si cette simple pensée était douloureuse.

Je restai silencieuse mais lui montrait par mes gestes ce que je ressentais. Bien vite, il prit la relève et calqua ses gestes aux miens.

Cependant, je n'avais jamais assez de ses baisers, de ses caresses… Je le voulais maintenant en moi. Je descendis alors ma main et me frayai un chemin entre nos deux corps allumés par notre désir commun. Je saisis son sexe et commençai à le frictionner.

Il émit un râle de plaisir.

« Je te veux en moi, Edward. », lui dis-je entre deux baisers.

Je ne savais pas que des mots pouvaient faire autant d'effet à un homme. Car aussi vite mes paroles prononcées, il glissa un préservatif, qu'il avait eu je ne sais où, sur sa verge tendue.

Nos bas-ventres nus se frôlèrent, et nous gémîmes à cette sensation dévorante.

Je m'agrippai à lui, éperdue et implorante.

« Maintenant, Edward. »

Il s'exécuta et grogna lorsqu'enfin son sexe pénétra le mien.

Il n'y avait plus de honte, plus de conflits intérieurs à l'heure actuelle. Il n'y avait que deux êtres avides d'un plaisir similaire et partagé.

Mon corps commença à trembler par ses va-et-vient de plus en plus soutenus. Je pouvais désormais sentir les prémices de l'orgasme. La chaleur que je percevais dans mon bas-ventre était un bon indicateur.

Nos souffles se mêlèrent comme nos prunelles se rejoignaient. J'avais l'impression que mon cœur allait décoller de ma poitrine, tant notre désir était brutal. Je n'avais rien connu de tel, même lors de nos précédents rapports, même celui que nous avions eu la veille. Peut-être était-ce dû au fait qu'il s'était confié à moi et que mes incertitudes s'étaient envolées.

Je m'agrippai encore un peu plus à lui et enfouis mon visage dans le creux de son cou afin d'étouffer mes gémissements. De ma langue, je goûtai sa peau délicieuse et légèrement salée.

Le dénouement était de plus en plus proche, je le sentais. Ainsi mue par ma soif de lui, je levai mon bassin belliqueusement afin de le sentir encore plus profondément. Il ne m'en fallut pas plus pour m'emporter et crier ma jouissance.

Quant à lui, ses grognements avaient atteint des sommets jusqu'à ce que son orgasme lui apporte à son tour la délivrance. Il s'effondra sur moi. Sa peau moite sur la mienne n'était pas déplaisante, au contraire. Il s'agissait d'un doux rappel de notre union.

Je resserrai mon étreinte protectrice. Attendant que nos respirations se calment.

Après un moment, il se détacha légèrement de moi, décolla quelques mèches humides de mon visage et me dévisagea.

« Est-ce que je t'ai déjà dit à quel point tu étais belle ? »

Je levai les yeux au ciel.

Belle ? Moi ?

« Tu ne me crois pas ? », fit-il tout en frôlant ma bouche de son index. « Tu as raison… Tu n'es pas belle… Tu es bien plus que ça. Tu es la femme de mes rêves. », dit-il en me souriant sincèrement.

Mon cœur rata un battement. Je baissai les yeux face à l'importance de cette révélation. Etait-ce vrai ? Etais-je son idéal ? En y regardant d'un peu plus près, il en avait pris des risques pour m'avoir. Même si pendant un temps, j'avais pensé qu'il avait fait tout ça par pure obsession ou par jeu, mais aussi dans le but de satisfaire et de distraire son esprit plus que perturbé.

Il avait réussi à me persuader du contraire. Maintenant, j'avais l'intime conviction qu'il tenait à moi. Je n'étais pas qu'une personne qu'il possédait. Il avait de l'estime pour moi.

Ceci me ramena aux questions que je n'avais encore eues l'occasion de lui poser. Et bien, soit. J'avais attendu, je pouvais bien attendre encore un peu. Le moment était bien trop beau pour être gâché. Il avait l'air tellement tranquille que cela aurait été vicieux que de le provoquer avec mes interrogations.

Il sourit et roula sur le côté, m'ôtant ainsi de sa chaleur réconfortante.

« Nous devrions nous préparer. Ce soir va être un grand soir. », dit-il, faussement ravi.

Je n'en doutais pas. J'étais partagée entre l'angoisse et l'excitation. Mais la peur était bien plus dominante que tout le reste.

Comment les membres de sa famille me percevraient-ils ? Peut-être se poseraient-ils des questions en constatant la rapidité de notre relation. Que répondrai-je à leurs interrogations ?

J'espérais pouvoir y répliquer et être à la hauteur de leurs espérances. Bizarre que je puisse penser ça. Avais-je peur de décevoir ? Sans doute. Même s'il y a quelques jours, je m'en serais moquée. J'aurais même essayé de leurs dévoiler toute cette mascarade et supplier de m'aider.

Je regardai le réveil et calculai. 7 heures. Dans 7 heures, j'affronterai les regards inquisiteurs de sa famille. Il m'avait dit quelques instants plus tôt que j'étais prête pour ça. L'étais-je vraiment ?


Alors ! A votre avis, comment va se passer cette rencontre ? Moi, je sais ! Moi, je sais ! lol

Vous avez pu constater qu'Edward nous montre une nouvelle fois son côté sensible. Mais est-ce que ça va durer ? Ça, nous le verrons par la suite. ;)