Bonsoir tout le monde !
J'espère que vous allez bien ! Moi bien mieux depuis que j'ai reçu des messages très encourageants de certaines d'entre vous. Vous ne pouvez pas savoir à quel point ça m'a fait du bien et reboostée à bloc. Je suis contente de voir que vous me comprenez et me respectez. Gros bisous à vous les filles.
Je voulais également remercier toutes celles qui ont pris le temps de me laisser des reviews. Vous avez été fabuleuses comme toujours. N'hésitez pas à vous manifester, vous savez que j'adore savoir ce que vous pensez de mon histoire. )
Et pour finir, je voulais remercier ma super bêta, So ! Merci mille fois pour tes conseils et tes corrections.
Voilà pour ce qui est des remerciements.
Maintenant, je tiens à vous précisez une chose. Au départ, ce chapitre devait faire plus de 12000 mots. Ce qui pour moi n'est pas habituel. lol Tellement inhabituel que j'ai eu du mal à m'en dépatouiller. C'est pourquoi, j'ai décidé de le scinder en deux parties. Ce qui veut dire, que la deuxième partie est (pratiquement) prête. C'est pas génial ça ?
Allez trêve de blablas, je vous laisse avec ce nouveau chapitre. On se retrouve en bas.
Bonne lecture. )
Chapitre11
J'ai toujours été une grande stressée.
C'est comme ça, et le pire c'est que je ne changerai probablement jamais.
On dit souvent qu'il y a deux types de stress : le bon et le mauvais.
Je ne pense pas avoir déjà connu ce premier. Je ne sais pas ce que c'est que d'être portée par l'adrénaline, l'excitation, celles qui procurent une certaine efficacité. Je ne connais que celui qui vous accable au point de vous faire faire n'importe quoi, qui vous donne envie de vomir, de fuir en courant…
Alors si un jour vous aviez la malchance de me voir ainsi, vous seriez tout à fait en droit de craindre le pire.
Dans la voiture quelques heures plus tôt…
La tension dans la voiture était palpable. C'était à peine si je pouvais respirer tellement je me sentais oppressée à cause d'elle. Mes mains étaient moites de ce trop plein de nervosité et mes lèvres quasi en sang de les mordre. J'espérais presque qu'on arrive pour que ces tics nerveux cessent enfin.
Depuis que nous étions partis, je n'avais pas osé le regarder, j'avais préféré porter mon attention sur le paysage qui défilait devant mes yeux. Ni lui ni moi n'avions fait d'effort pour détendre l'atmosphère.
Pourtant nous aurions dû être confiants. Nous nous étions bien préparés en vue de cette rencontre.
Avant de partir, nous avions longuement parlé de sa famille, du caractère de chacun et sur ce que nous dirions si on nous interrogeait sur notre couple. Il m'avait même assurée que lui seul répondrait aux questions les plus embarrassantes pour ne pas me mettre mal à l'aise.
Alors que nous roulions sur une route où le trafic était peu dense, je me mis à faire le scénario de cette rencontre. Dans mon esprit, tout était parfait. J'ignorais comment cette réunion familiale allait se passer. J'étais sûrement loin de la réalité mais l'histoire que je m'en faisais, atténuait cette sensation désagréable dans mon ventre.
Je soupirai, me trouvant absurde d'agir ainsi et osai enfin jeter un regard dans la direction d'Edward. Il était tendu. Je pouvais voir à quel point il l'était, à ses mains serrées sur le volant, à sa mâchoire crispée et à ses lèvres pincées.
J'étais inquiète de le voir ainsi, mais par expérience, je savais qu'il valait mieux ne rien dire.
Après quelques secondes à le regarder à la dérobée, je reportai mon attention sur la route.
Cependant, à peine l'avais-je fait qu'il commença à marmonner des mots inintelligibles et à souffler fortement. Ce qui s'en suivit était pour le moins inattendu puisque brusquement il tourna le volant et se gara sur la bas côté de la route avant de couper le moteur.
Je le regardai sans comprendre alors que lui fixait le pare brise, ses mains toujours fermement accrochées au volant.
Après d'interminables secondes à l'observer, ne le voyant pas réagir, je me décidai à prendre la parole.
« Mais que fais-tu ? Nous allons être en retard. », fis-je en me redressant sur mon siège.
Il ne réagit pas à mes dires. C'est comme s'il était ailleurs, complètement absorbé par ses pensées.
« Edward ? Ça va ? », m'inquiétai-je.
« Finalement, c'était une mauvaise idée. Nous ferions mieux de faire demi-tour. », lâcha-t-il enfin en secouant la tête.
Désarçonnée, j'ouvris plusieurs fois la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. J'étais incapable de sortir une phrase cohérente tant son attitude était curieuse.
Je ne comprenais pas.
Il tourna vivement la tête dans ma direction et me jaugea.
« Je suis désolé. », fit-il tout simplement.
« Mais…mais pourquoi ? Je ne comprends pas. », réussis-je à articuler.
« J'ai… euh…», bégaya-t-il tout en tirant, avec l'une de ses mains ses cheveux en bataille. « C'est fou de l'admettre, mais je suis plus qu'effrayé par ce qui va se passer. »
Je ne fus pas surprise par ses frayeurs et je pouvais même les comprendre puisque j'avais les mêmes.
Tout doucement, je pris sa main restée fermement accrochée à ses cheveux et la maintins dans la mienne. Cette simple connexion fut un véritable confort pour nous deux. Rapidement, je le vis se détendre.
« Je suis aussi angoissée que toi. Mais tout va bien se passer, Edward. Nous savons ce que nous devons dire et je ne vois pas… »
« Non, ce n'est pas de ça dont il s'agit. », me coupa-t-il en fuyant mon regard.
Je le dévisageai, interloquée.
« Alors que se passe-t-il ? »
Il reposa ses yeux sur moi et ceux-ci étaient tellement éloquents que j'en frissonnai.
« J'ai peur de ce que tu pourrais leur dire, peur que tu leur racontes toute la vérité sur ce que je t'ai fait. », dit-il en baissant la tête quand il eut terminé sa phrase.
Tout d'un coup je devins livide. Je pensais pourtant que nous nous étions mis d'accord sur ça et que mon discours sur le devenir de notre relation avait été assez probant. Rien n'aurait dû perturber cette rencontre. A part, peut-être, la nervosité de voir ses proches.
Bien sûr, le fait d'avoir déjà tenté de m'enfuir n'était qu'une raison supplémentaire pour lui de faire marche arrière. Mais depuis, les choses avaient changé. Enfin, c'est ce que j'avais osé espérer. Il me semblait que nous avions assez parlé de nos doutes respectifs et de la manière dont nous devions nous comporter pour que cela puisse marcher. Je n'étais pas sans ignorer que vouloir changer exigeait bien des efforts et des sacrifices. Bien souvent la volonté, elle-même, n'est pas suffisante. Il était évident que le chemin nous menant vers la sérénité allait être semé d'embuches. Un long et difficile travail à faire sur nous-mêmes allait être nécessaire pour trouver cette paix intérieure dont chacun de nous avait besoin. Aussi difficile soit-il, j'étais sincèrement persuadée que cela en valait la peine.
« Edward, regarde-moi. », fis-je alors qu'il levait la tête et que ses yeux rencontraient les miens. « Je ne leurs dirai rien. », dis-je fermement.
Il resta à me regarder en silence. J'essayai de faire passer, dans mon regard, toute ma sincérité.
« Ce n'est pas toi qui, un instant plus tôt, m'as dit que tu me faisais confiance ! Qu'a-t-il bien pu se passer pour que tu te mettes à douter de mes intentions ? », murmurai-je, dans un souffle trahissant une incompréhension douloureuse.
Il pencha la tête et plissa les yeux.
« Je ne sais pas… J'ai paniqué…», commença-t-il pensif. « J'ai cette image de toi dans ma tête en train de… de… », s'interrompit-il en relâchant la tension qu'il avait sur les épaules. « Je n'arrive pas à me persuader que tu ne tenteras rien. C'est vrai, reconnaissons que l'occasion est trop belle pour ne rien oser. », fit-il en déglutissant.
C'est certainement ce que j'aurais fait il y a plus de deux semaines de cela, mais plus maintenant. Je voulais rester à ses côtés. Mon cœur me faisait mal de l'entendre dire ça.
Les yeux clos, je posai mon front tiède sur le sien. Mes mains glissèrent de sa chevelure indisciplinée pour effleurer ses joues et venir caresser ce cou divin d'où émanait cette fragrance capiteuse.
« Et bien, tu as tort. », fis-je, ma bouche toute proche de la sienne.
Le silence oppressant s'abattit à nouveau entre nous deux, laissant ainsi, les doutes s'installer un peu plus.
Je lâchai cette prise forte et charnelle que j'avais sur lui et le regardai intensément, attendant qu'il daigne en faire autant.
J'esquissai un sourire en pensant à l'ironie de la situation. Ce n'était pas lui qui me rassurait mais moi.
« Pourquoi souris-tu ? », me demanda-t-il alors qu'il me regardait enfin.
« Je me disais juste que la logique voudrait que ça soit à toi de me rassurer et non à moi de le faire. »
Un sourire apparut à son tour sur ses lèvres, décrispant ainsi ses traits. Sourire qui se fana aussi vite qu'il était apparu.
« Pourquoi insistes-tu autant pour y aller ? », me demanda-t-il soudainement.
La surprise m'étreignit une fois de plus. Il avait le don de me désarçonner avec ses doutes et ses interrogations.
Je réfléchis un instant à la question qu'il venait de me poser.
Finalement, je me dis que ses craintes étaient légitimes et qu'il était tout à fait en droit de se questionner sur mes intentions. C'est vrai après tout, pourquoi voulais-je me jeter dans la gueule du loup ?
« J'ai juste besoin de me mieux te connaître à travers ceux qui t'entourent. » et de comprendre pourquoi tu es devenu comme ça, ajoutai-je pour moi même. « Mais je suis certainement inconsciente parce que je ne sais absolument pas ce qui m'attend. Et pour tout avouer, je suis terrorisée. », fis-je en riant légèrement. « Cependant, si tu penses que ce n'est pas le bon moment, que je ne suis pas prête, alors nous pouvons faire demi-tour et retourner à la maison. », proposai-je afin de dissiper tout malentendu.
Lui seul pouvait prendre cette décision. Décision que j'accepterai sans aucune rancœur.
Il se tut un instant, se perdant dans ses réflexions que je pouvais imaginer conflictuelles.
« Non, tu as raison. Nous devons y aller. Alice ne me le pardonnera pas si nous ne venons pas. »
Discrètement, j'expirai de soulagement.
Je me rendis compte qu'il prenait de plus en plus en considération mes avis et que la confiance qu'il avait en moi grandissait un peu plus que le temps passait. Un sentiment de reconnaissance m'envahit.
« Alors, maintenant, si tu le veux bien, nous devrions y aller avant que nous ne soyons vraiment en retard. », dis-je en ponctuant ce que je venais de dire par un sourire que je voulais sincère et rassurant.
Il sourit à son tour, visiblement soulagé et plus calme.
« Tu as raison. Allons-y. », déclara-t-il avant d'embrasser tendrement ma tempe et en donnant un dernier regard affectueux à mon égard.
« J'ai encore du mal à réaliser que tu sois là, à mes côtés, sur le point de rencontrer ma famille. Sais-tu que le fait que tu veuilles les rencontrer signifie beaucoup pour moi ? », dit-il alors qu'il remettait le moteur en marche et regagnait la route. « Et puis tu sais, tu n'as pas d'inquiétude à avoir. Je suis persuadé que, tout comme moi, ils verront la personne incroyable que tu es. »
L'entendre dire ça, élevait en moi une satisfaction certaine et autre chose que je ne sus définir. Tout ce que je sus c'est que mon cœur se gonfla d'un sentiment nouveau. Un sourire fendit mon visage, et lui seul en était la cause.
Ses doutes dissipés, le reste du trajet fut plus serein. Edward mit même un peu de musique, ce qui contribua considérablement à détendre l'atmosphère.
Bien vite, nous arrivâmes devant une immense et magnifique maison en pierre. Elle était assez semblable à celle d'Edward si ce n'est qu'elle était plus grande.
Ma bouche forma un 'O' de surprise.
« Cette maison est magnifique. », fis-je.
Il me regarda, surpris.
« Euh, oui. Elle l'est. », dit-il, blasé.
Il sortit de la voiture et m'ouvrit la portière avant de me saisir la main.
Je m'extirpai de l'habitacle rassurant et me postai à ses côtés.
Il me regarda, incertain ses doutes avaient repris le dessus.
« Allons-y. », déclarai-je en lui souriant avant qu'il ne change d'avis.
Il ferma brièvement les yeux et hocha la tête.
Nous nous dirigeâmes vers l'immense bâtisse qui nous surplombait et nous stoppâmes devant la porte.
Voilà, nous y sommes.
Mon cœur cogna fort contre ma poitrine lorsque je me rendis compte de l'imminence de cette rencontre. Je tentais tant bien que mal d'ignorer cette pénible sensation de malaise diffus qui furtivement enflait et se propageait dans tout mon être.
Il posa encore une fois ses yeux remplis d'incertitude sur moi.
« Prête ? », murmura-t-il en me serrant la main un peu plus fort.
J'acquiesçai.
Soudainement, il lâcha ma main et prit mon visage en coupe. Son souffle saccadé balaya mon visage. La surprise me fit haleter à mon tour.
« Oh Bella… », dit-il en fermant ses yeux et en posant ses lèvres fermement sur les miennes. « Ma douce et belle Bella… »
Sous l'effet de la passion qui nous consuma, je pris fermement ses cheveux et me rapprochai encore plus de lui. Il enveloppa ses bras autour de moi me faisant ainsi profiter de sa douce chaleur apaisante. Bien vite, nos langues se rencontrèrent et se savourèrent. Nous gémîmes à l'unisson tant l'émotion et l'envie nous dévoraient. Nous oubliâmes où nous étions et laissâmes libre court à notre exaltation.
« Ah ben enfin ! Vous voilà ! Il me semblait bien que… », fit une voix proche de nous qui nous fit sursauter et rompre notre étreinte.
« Oh, désolée. », fit la voix avec une pointe d'amusement. « Si j'avais su, j'aurais attendu que vous frappiez à la porte. », dit-elle en riant franchement.
Je détournai mon visage cramoisi de celui d'Edward et vis enfin la personne qui nous avait interrompus.
Je la reconnus instantanément. Il s'agissait d'Alice. Edward me l'avait montrée sur la photo qui était dans son bureau. J'avais pu ainsi mettre un visage sur celle qui était apparemment la plus proche de lui selon ses dires.
« Allez, ne restez pas là, entrez. », dit-elle, surexcitée.
Elle ouvrit plus largement la porte et nous laissa pénétrer à l'intérieur de la maison.
Une nouvelle fois, je fus époustouflée par la splendeur des lieux. L'intérieur était magnifique. Le hall que nous empruntions, pour nous rendre dans le salon, était vaste et décoré avec goût. Je reconnaissais, là, le même style que chez Edward. Cependant des photos qui ornaient, par-ci par-là, les murs et les meubles, apportaient un supplément d'âme à cette maison.
« Oh, je suis tellement contente d'enfin te rencontrer, Bella ! », s'enthousiasma la jeune femme. « J'espère que tu vas mieux depuis la dernière fois. »
« Euh… oui bien mieux, merci. En fait, je n'avais pas grand chose, j'étais juste un peu… fatiguée. », fis-je, me rappelant qu'Edward lui avait donné cette excuse lorsqu'elle était venue le voir.
« Je suis ravie de l'entendre. », dit-elle, sincèrement concernée. « C'est fou, tu es exactement comme je me l'imaginais. Et Edward a raison, tu es très belle. », déclara-t-elle avec toujours cette même verve.
Je baissai la tête et rougis à ses paroles plus que flatteuses.
Par politesse, je marmonnai un « merci ».
Je sentis les yeux d'Edward se poser sur moi avec insistance. Je n'arrivais pas à détourner le regard du sol pour lui faire face.
« Tu vois Alice, je ne t'avais pas mentie. », fit-il me rendant un peu plus mal à l'aise.
Il encercla fermement ma taille et posa ses lèvres sur mon front.
Alice rit. Etait-ce de mon embarras ou de ce que venait de dire Edward, je ne saurais le dire.
« Comme tu dois déjà le savoir, moi c'est Alice. Et voici Jasper, mon mari, », dit-elle en le désignant et en le regardant amoureusement.
Celui-ci était posté dans un coin de la pièce et d'un bref signe de tête me salua. Jasper m'avait tout l'air d'être quelqu'un de très énigmatique mais, toutefois, observateur. Ses yeux me sondaient comme s'il essayait de voir jusqu'au plus profond de mon âme. Cette façon de m'analyser était pour le moins dérangeante.
« Enchantée. », fis-je simplement.
Je m'attendais à un sourire de courtoisie en réponse mais qu'elle ne fut pas ma surprise de la voir s'avancer vers moi et me prendre dans ses bras.
Je gelai sur place face à cette démonstration d'affection venant d'une quasi inconnue.
« Je sens qu'on va réellement bien s'entendre toi et moi. », dit-elle tout en me dégageant de son étreinte.
Je lui souris timidement, sceptique par cette certitude quant à notre entente. Je la connaissais à peine mais je me sentais déjà à des années lumières d'elle, de sa personnalité affirmée. Je n'étais pas sûre d'avoir assez d'atomes crochus avec elle pour m'en faire une amie.
« Ehhh ! Mais c'est notre Eddie ! », s'exclama un homme aux cheveux bruns et à la carrure imposante qui se matérialisa dans l'encadrement d'une porte. Il devait s'agir d'Emmett, le frère d'Edward.
« Ne m'appelle pas comme ça ! », l'avertit Edward, véritablement agacé.
Eddie ? J'aimais bien même si je ne me voyais pas l'appeler comme ça. Il y avait dans ce diminutif quelque chose de puéril qui ne correspondait pas du tout à Edward.
« Oh ça va, ça va… Et que vois-je ? Mais tu dois être Bella, celle dont on entend tellement parler en ce moment ! Salut Bella ! Moi, c'est Emmett. », fit-il tout sourire en me saluant de loin.
« Euh, salut Emmett. », fis-je à mon tour, confuse.
« Rose ! », cria-t-il. « Ils sont arrivés ! »
Le bruit de talons martelant le sol, nous avertit de son arrivée. Une magnifique blonde, un torchon à la main, pénétra dans le salon.
Et ce que j'avais vu d'elle sur la photo n'était pas comparable à ce que je voyais maintenant. Elle aurait pu être mannequin que cela ne m'aurait pas étonnée outre mesure. Cependant, au-delà de sa beauté indéniable, une certaine froideur semblait émaner d'elle.
« Mais c'est notre cher Edward avec une nouvelle petite amie ! Oh mais, tu n'es déjà plus avec... Comment s'appelait-elle déjà ? », fit-elle, simulant la déception.
« Rosalie ! », la coupa-t-il sèchement.
« Ben quoi ? J'ai bien le droit d'être déçue, je m'étais attachée à elle. », déclara-t-elle, pince sans rire.
Charmant ! Ça commence bien !
Finalement, mes préjugés et mes craintes s'avéraient être fondés. Edward m'avait brossée rapidement le portrait de chacun. Mais il avait omis de me dire que cette Rosalie pouvait être aussi sournoise. Bien sûr, j'ignorais beaucoup de choses sur leur passé, les conflits qui les opposaient, mais j'avais du mal à supporter autant de mesquinerie.
« Et bien quel accueil, Rose ! Vraiment, je n'en attendais pas moins de ta part. Je suis à peine arrivé que tu m'agresses déjà ! Je suis surpris, d'habitude tu attends le moment du dessert pour te manifester et me lancer tes piques acerbes. », railla-t-il, les poings serrés.
Visiblement, Edward prenait sur lui pour ne pas laisser éclater sa colère. Je savais, maintenant, en reconnaître les signes annonciateurs.
« Désolée, mais là je ne pouvais pas attendre. », fit-elle, désinvolte. « Et qui serai-je pour ne pas prévenir la jeune femme qui t'accompagne qu'Edward Cullen ne s'attache jamais. Je lui fais sans doute gagner du temps. »
« Rosalie, arrête ça ! Tu peux me dire ce que tu veux mais pas devant elle. », fit-il, véritablement irrité.
Pourquoi n'étais-je pas étonnée par ça ? J'imaginais bien que la liste de ses conquêtes devait être impressionnante. Etais-je une fille de plus ? Bizarrement, cette pensée me fit mal.
Une douleur aiguë et accablante commença à se tisser à chaque fibre de mon être, envoyant un frisson involontaire à tout mon corps.
Je tentais tant bien que mal de retenir les larmes qui se formaient dans mes yeux. Je ne savais pas pourquoi j'étais touchée. Etais-je jalouse ? Peut-être. Blessée ? Certainement.
J'inspirai un bon coup et me ressaisis avant qu'Edward ne s'aperçoive de quoique ce soit.
« Est-ce qu'on pourrait éviter de se massacrer avant de passer à table ? », fit le compagnon d'Alice qui était resté très discret depuis notre arrivée. « Et puis, c'est vrai Rose, pourquoi l'agresses-tu ? On ne se voit pas souvent. Alors si on pouvait au moins être respectueux le temps d'une soirée, ça serait fantastique. », fit-il, lassé.
Elle le regarda sans réponde et puis finalement sortit de la pièce la tête haute.
Quelque chose dans l'attitude de Rosalie m'échappait, mais quoi ? A moins qu'elle ne soit une fervente militante des droits de la femme, je ne comprenais pas pourquoi elle avait autant d'animosité envers Edward. En quoi sa vie amoureuse pouvait-elle bien la concerner ? C'était curieux cette façon d'être.
« Bon, et si on passait à table ! », proposa Alice afin de passer à autre chose.
Tout le monde se dirigea vers la salle à manger. Avant que je n'y parvienne, Edward me saisit le poignet et me fit tourner vers lui. Maintenant face à face, il me prit le visage entre ses deux mains et posa ses lèvres tout contre ma joue.
« Je suis désolé que tu ais eu à entendre ça. », commença-t-il en me caressant les pommettes. « Tu le sais. Tu sais que tu n'es pas n'importe qui pour moi, n'est-ce pas ? », fit-il en étudiant mon visage avec une légère pointe d'inquiétude.
« Ne t'en fais pas. Ce qu'elle a dit n'a pas d'importance. », dis-je en baissant les yeux, évitant ainsi qu'il ne voie en eux cette contrariété et ce petit doute qui m'avaient envahie.
J'essayais de me libérer de son étreinte et de poursuivre mon chemin avant que les larmes, que j'essayais tant bien que mal de contenir, ne coulent. Mais avant que je puisse le faire, il me retint par la main.
« Bella, Attends. », me demanda-t-il gentiment avant de m'enlacer et d'ancrer son regard dans le mien. « Si. Bien sûr que si, que cela a de l'importance. J'ai bien vu que cela t'avait touchée. Tu ne peux rien me cacher, tu le sais. »
Ses mains passèrent sous mon pull. La chaleur de sa peau sur la mienne me fit, pour quelques secondes, tout oublier. Un soupir de contentement s'échappa même de mes lèvres. L'attraction entre nous était indéniable : forte et déstabilisante.
« Non, je t'assure. », fis-je en essayant d'être la plus convaincante possible et de ne pas me laisser déborder par les émotions. « Tu n'as pas de compte à me rendre sur les femmes que tu as pu fréquenter. Je te promets que je vais bien. Vraiment. »
Même si la jalousie s'infiltrait en moins insidieusement tel un venin, cela me coûtait de le lui avouer. Je m'étonnais d'avoir ce genre de sentiment. J'avais beau étouffer cette sensation douloureuse, elle était pourtant bien présente, voire même écrasante.
La jalousie me faisait penser à des choses peu avouables. Pourquoi fallait-il que je sois ainsi ? Il avait eu des petites amies, certes. Il avait pris du bon temps avec elles, certes. Mais maintenant, j'étais celle qu'il avait choisie et j'en ressentais paradoxalement une certaine fierté malgré les circonstances.
Il avait raison, je n'étais pas n'importe qui, j'étais celle qu'il avait voulue. J'étais sûrement bien plus estimable que toutes ces filles à ses yeux.
« Vraiment ? », fit-il en cherchant en moi la vérité.
« Oui, vraiment. », lui affirmai-je.
Il voulut rétorquer, j'en étais certaine. Mais à la place il me dévisagea, sceptique, et finalement, se pencha vers moi pour m'embrasser tendrement, me montrant par ce baiser ce qu'il aurait voulu exprimer par des mots.
Il me regarda une dernière fois intensément avant de me serrer fort dans ses bras. Ce pouvait-il qu'il ressente, tout comme moi, l'allégresse de cette étreinte ?
Après ce moment de tendresse échangé, il me prit la main et nous guida vers l'immense salle.
Une fois installés l'un à côté de l'autre, je constatai qu'il restait une place inoccupée.
« Papa n'est pas là ? », demanda Edward comme s'il avait lu dans mes pensées.
« Non. Il aura du retard. Il a été retenu à l'hôpital, une urgence de dernière minute... », fit Alice en haussant les épaules.
« Pourquoi ne suis-je pas étonné ? », dit Edward avec un léger rire ironique.
« Allez, c'est reparti... », soupira Rosalie.
« Oh, Edward ne commence pas, veux-tu. Tu sais bien qu'il n'a pas le choix. », dit calmement Alice.
« Je suis désolé mais on a toujours le choix. », enchaîna-t-il.
Pourquoi sentais-je que cette discussion allait mal tourner ? Peut-être parce je voyais Edward très agité.
« Tu peux bien parler, Edward. Tu es le plus à même de le comprendre avec le métier que tu exerces. Tu as des responsabilités, tout comme lui. », répliqua-t-elle.
« Quand on veut vraiment trouver du temps pour ses proches, on le trouve. La preuve, je suis ici avec vous ce soir. », fit-il, acerbe.
« Alors d'accord, tu as raison ! Ce soir, tu es peut-être parmi nous, mais combien de fois as-tu manqué nos soirées ? », intervint Emmett.
« Oh, vous savez très bien ce que je veux dire. », s'agaça-t-il. « Et puis pourquoi faut-il que vous le défendiez sans cesse ? Il ne mérite pas votre compassion. », vociféra-t-il.
« Arrête d'être si parano et agressif avec nous, Edward ! Nous ne le défendons pas, nous essayons juste de te faire comprendre à quel point ce que tu lui reproches est absurde puisque, que tu le veuilles ou non, tu es pareil que lui. C'est indéniable, c'est comme ça. », fit-il.
Je suivais cette altercation de ma place comme si je suivais un match de tennis. Ma tête ne cessait de bouger d'une direction à l'autre.
L'ambiance ne pouvait pas être plus électrique qu'à l'instant même. Après la légère dispute entre Rosalie et Edward, je ne pensais pas que la situation pouvait aller plus mal mais de toute évidence, j'avais tort. Maintenant, nous avions le droit à une belle confrontation entre frères et sœur. D'ailleurs, je ne comprenais pas ce qui avait bien pu se passer pour que cette famille en arrive là et soit si désunie alors qu'elle aurait dû être solidaire pour mieux faire face à la tragédie qui les avait touchée.
Mes pensées furent interrompues quand j'entendis Edward respirer fortement. Un seul regard me permit de constater qu'il était proche de la rupture. Il allait trop loin, et je savais qu'il allait sûrement le regretter s'il continuer à s'acharner sur eux.
Et ce que je craignais le plus arriva. Il se leva d'un bond, ne maîtrisant plus sa colère et son indignation. Sa respiration était saccadée et son regard menaçant. Lorsqu'il tapa du poing sur la table, je sursautai et hoquetai de peur.
« Vous avez tort, je ne suis pas comme lui ! », hurla-t-il. « Je vous interdis de me comparer à lui ! »
Pour un bref instant, je revis l'Edward qui m'avait tant faite souffrir. Et face à lui, je me sentais démunie de toute bravoure.
« Edward ! Qu'est-ce qui te prends ? Tu vas te calmer et maintenant ! », fit Jasper d'un air menaçant en se levant à son tour. « Si tu as un problème avec ton père, règle-le mais ne nous mêle pas à ça. »
Toute la situation m'échappait. La peur m'empêchait de réfléchir convenablement. Je devais faire quelque chose mais quoi ? Alors comme je le faisais souvent, je lui saisis la main délicatement afin de l'apaiser un peu.
Il sursauta et mit fin au contact visuel qu'il maintenait depuis un moment avec Emmett. Il tourna vivement la tête vers moi, et nos regards se soutinrent pendant un temps. Différentes émotions passèrent dans ses yeux si beaux. Et comme souvent cette connexion charnelle lui permit de s'apaiser véritablement.
« Edward, assois-toi, s'il te plaît et calme-toi. », lui soufflai-je, incertaine.
Il me regarda intensément. C'était comme s'il venait de saisir l'absurdité de la situation et à quel point son agressivité avait été excessive.
« Tu ferais bien d'écouter ta petite amie, Edward. », fit Jasper en se rasseyant.
Il posa son regard sur ce dernier, confus.
« Je suis désolé, je n'aurais pas dû réagir ainsi. Je me suis laissé emporter. » dit-il en regardant sa sœur et son frère à tour de rôle. « Mais s'il vous plaît, arrêtez de me dire à quel point papa et moi nous nous ressemblons parce que c'est… faux. Je ne suis pas comme lui. », dit-il plus calmement.
« D'accord. Si tu veux, Edward. », fit-elle, visiblement chamboulée. « J'en ai assez de me disputer avec toi à chaque fois qu'on se voit. », fit-elle, en essayant de contrôler les tremblements de sa voix.
Toute la joie de vivre qui la caractérisait disparut l'espace d'un instant.
« C'est bon. N'en parlons plus. », fit à son tour Emmett.
« Je n'en crois pas mes yeux ! Non mais dites-moi que je rêve ! », fit Rosalie, outrée. « Je vous trouve bien trop conciliant avec lui. Il suffit qu'il s'excuse et on passe l'éponge. Que faut-il qu'il fasse pour que vous lui en teniez rigueur ? », s'étonna Rosalie. « Vous savez, plus le temps passe et moins j'arrive à vous comprendre. »
Ils baissèrent tous la tête, comme l'aurait fait un enfant pris en faute.
« Tu es vraiment le roi des emmerdeurs, Edward. Tu te rends compte que tu es à l'origine de cette ambiance merdique ? Non ! Parce que si personne n'ose te le dire moi, je ne vais pas me gêner. », vociféra-t-elle en pointant un doigt dans sa direction. « Et le pire c'est que c'est toujours pareil. Tu ne changeras donc jamais ? »
Je fus choquée que personne ne relève cette remarque, pas même Edward. Il est probable qu'il ne voulait pas envenimer les choses et lui donner raison par la même occasion.
D'ailleurs, comme pour éviter de dire quelque chose de regrettable, il s'occupa en pliant et dépliant, avec l'une de ses mains, sa serviette tandis que l'autre était toujours fermement maintenue dans la mienne.
Le silence qui suivit cette dispute était révélateur d'une grande incompréhension.
Je m'attendais à tout en venant ici, mais ce que je découvrais dépasser tout entendement.
Edward était véritablement différent d'eux, tellement à part et surtout si seul et incompris. Enfin, c'est ce que je ressentais.
Bien sûr, il avait tort sur bien des points. Il semblait toujours agir sous le coup de la colère et d'exprimer tout son ressenti à travers elle. Cette colère, cette rage qu'il semblait toujours avoir en lui et qui se manifestait si violemment n'était pas censée être aussi fréquente et intense. Chaque personne qui peuple ce monde a connu, un moment ou un autre, ce sentiment la traduisant de différentes façons. Toute colère est émotionnellement justifiée. Elle est saine et indispensable pour notre survie. Derrière elle, il y a parfois la peur. Peur de ne pas être reconnu, peur de ne pas être respecté, entendu, compris.
Edward faisait parti de cette catégorie. C'était sûrement pour cette raison que la violence chez lui prenait le dessus.
Edward m'avait seulement racontée une partie du drame qu'ils les avaient touchés. Il y avait beaucoup de choses que j'ignorais comme par exemple ce qui s'était passé après l'accident, la raison exacte du conflit qu'Edward entretenait avec son père et Rosalie…
Etais-je objective lorsqu'il s'agissait d'Edward ? Probablement pas. Mais pour l'heure, je ne faisais que constater l'évidence. J'étais indignée qu'on le méprise de cette façon.
C'est vrai ça, comment pouvait-on l'ignorer alors que la souffrance qu'il éprouvait était si flagrante ? Je ne disais pas que ses proches ne souffraient pas mais il semblait évident qu'ils arrivaient à y faire face.
Bien sûr, chacun gère la douleur à sa façon lorsqu'un décès survient. Pour l'avoir affronté à deux reprises, je savais qu'on ne pouvait pas s'en sortir seul. On a besoin d'aide : celle de spécialiste et surtout celle de sa famille. Le soutien de cette dernière est indispensable pour ne pas s'effondrer et remonter la pente. Encore plus quand le poids de la culpabilité est trop lourd à porter.
Mais avait-elle seulement essayé de le comprendre et de l'aider à sen défaire ?
Je n'en avais pas vraiment l'impression.
Une douleur incommensurable m'étreignit la poitrine quand j'y pensais.
Ceci eut pour effet de me conforter dans le choix que j'avais fait. Rester à ses côtés était sans nul doute une décision difficile à prendre mais pas regrettable. J'en avais la certitude, maintenant.
En cet instant, le voyant si isolé et incompris des siens, une envie irrésistible de le prendre dans mes bras, bercée par son odeur douceâtre et sucrée m'accapara. Aussi forte fut l'envie, je dus me retenir.
Alors que j'étais toute à mes réflexions, Rosalie se leva visiblement agacée et s'éclipsa pour revenir, quelques minutes plus tard, les bras chargés de plats.
Nous commençâmes à manger dans une atmosphère plus que tendue. Mais cela ne dura pas longtemps, puisqu'Alice réussit l'impensable : nous distraire en nous faisant partager quelques anecdotes concernant son métier. Puis elle nous parla du vol qu'elle devait prendre le lendemain matin pour New-York afin de réaliser son rêve : faire un défilé avec ses propres créations. Elle nous avoua que tout ceci ne s'était pas fait sans mal. Au contraire. Cela avait été le fruit d'un long travail dur et fastidieux. Le monde de la mode était un milieu difficile où il fallait se battre chaque jour pour s'imposer et être reconnu.
Mais Alice avait assez de volonté et de passion en elle pour aller au bout de ses ambitions.
Elle aimait véritablement ce qu'elle faisait et était fière d'elle.
L'euphorie l'étreignait quand elle parlait de son travail. Elle était vraiment passionnée et, à dire vrai, passionnante.
« Bon, assez parlé de moi. Et toi Bella, que fais-tu dans la vie ? », m'interrogea-t-elle alors qu'elle piquait un aliment avec sa fourchette.
On y était. Ce que j'appréhendais le plus était en train de se produire. Parler de moi était tout de ce que je détestais.
« Je suis à la recherche d'un emploi. »
« Vraiment ? Et dans quel domaine ? »
« Dans le milieu littéraire. »
« Oh, mais c'est génial ça ! Une passionnée de livres ! J'imagine qu'Edward t'a montrée sa bibliothèque impressionnante qui regorge de magnifiques œuvres dont certaines très rares. »
« Euh, oui. C'est vraiment incroyable tous les livres qu'il peut avoir. J'en suis très jalouse. »
« Et le plus incroyable c'est qu'il les a tous lus. »
Je me tournai vers lui pour, une fois de plus, rencontrer ses yeux. Il semblait mieux à présent. Je sentais que cette conversation lui avait permis de se changer les idées.
« C'est quelque chose que Bella et moi avons en commun. Nous aimons, tous deux, beaucoup lire. », fit-il en captant mon regard tout en embrassant le dos de ma main.
« Oui, c'est vrai. », répondis-je, rougissante.
« J'imagine. », dit-elle en souriant niaisement de nous voir ainsi. « Et sinon, ça fait longtemps que tu as commencé tes recherches ? »
« Un peu plus de trois mois. Malgré mes diplômes et l'expérience que j'ai pu acquérir, je n'ai eu, pour l'instant, que des refus. »
« Ça viendra. J'en suis persuadée. J'ai comme un sixième sens pour ces choses là. »
Tout le monde autour de la table se mit à rire.
« Alice et son sixième sens… Tout un sujet auquel il faudrait des heures pour en parler. », se moqua Rosalie en levant les yeux au ciel.
« Non mais rigolez pas. Je pense réellement avoir un don. Je me trompe rarement lorsque je prédis quelque chose. », fit Alice très sérieusement.
« Mais oui, nous te croyons, mon ange. », dit Jasper en déposant un baiser sur la joue de son épouse.
Quelques personnes pouffèrent de rire mais Alice ne releva pas.
J'aurais aimé qu'Alice ait raison. Edward me laisserait-il la liberté dont j'avais besoin pour exercer mon métier ? Pas sûr. Je n'étais pas quelqu'un d'ambitieux mais pour moi, ne pas travailler était inconcevable. Cependant, je restais lucide il allait falloir que je sois extrêmement persuasive pour arriver à mes fins.
« Et sinon, tu es originaire de Chicago ? », demanda cette dernière.
Je sentais bien que cet interrogatoire était loin d'être terminé. Bien au contraire. Après ces quelques questions légères, j'imaginais que les choses sérieuses allaient commencer.
De temps à autre, je lançais des regards furtifs et inquiets en direction d'Edward pour voir si tout était ok. Ne voyant rien d'inquiétant, je répondis à ses questions plus ou moins personnelles.
« Et comment vous êtes-vous rencontrés ? », demanda Emmett la bouche pleine, en nous désignant Edward et moi.
Ah, question délicate.
Edward me scruta et appliqua une petite pression sur ma main.
« Ce sont des amis que nous avons en commun qui nous ont présentés. », mentit-il superbement.
« Des amis ? Et lesquels ? », s'étonna Alice.
« Tu ne les connais pas. », dit-il un peu trop sèchement.
« Je connais tous tes amis, Edward. », s'exaspéra-t-elle.
« Il faut dire qu'il en a peu. », ajouta Emmett en ricanant. « Hein, mon Eddie ? C'est ça quand on travaille trop. »
Edward soupira d'agacement.
« Il faut croire que non, Alice. Et Emmett, lâche-moi, tu veux ! »
« Oh, ça va, ça va… », fit ce dernier. « Pas besoin d'être si susceptible ! », bougonna-t-il.
Alice eut l'air dubitatif. Les sourcils froncés, elle nous observait attentivement, comme si, en faisant cela, la vérité apparaitrait sur nos figures.
J'essayai d'afficher un visage impassible afin de la convaincre un peu plus de notre mensonge et qu'elle passe à autre chose.
A ma grande surprise, elle haussa les épaules et posa une énième question.
« Et depuis combien de temps êtes-vous ensemble ? », demanda-t-elle avec ce sourire qui semblait rarement la quitter.
« Un peu plus de deux semaines. », répondit Edward.
« Deux semaines ? Vraiment ? », s'étonna-t-elle.
« Oui, deux semaines. Qu'est-ce qui t'étonnes ? », fit-il.
« Non non, rien. », dit-elle en balayant l'air avec sa main.
Je ne comprenais pas pourquoi cela la surprenait autant. A vrai dire, tellement de choses me paraissaient si flous et étranges. Je n'aurais pas dû être surprise par ça, j'aurais même dû être habituée, maintenant.
Bien vite, Edward posa des questions à son frère pour ne plus être le centre de toutes les attentions, supposais-je.
Après quoi, Alice commença à débarrasser la table et à se diriger vers la cuisine avec les assiettes. Edward s'excusa auprès de moi et la suivit.
Je me sentis bien seule tout d'un coup.
Après un temps, je sentis un regard s'attarder sur moi. Je tournai la tête et vis Rosalie m'étudier avec insistance. Après un long moment, elle se leva et vint s'assoir à mes côtés.
Cette proximité me rendait mal à l'aise.
Je priais intérieurement pour qu'Edward revienne le plus rapidement possible.
« Tu m'intrigues beaucoup, tu sais. », fit-elle.
« Ah bon ? », dis-je, méfiante.
« Oui. J'ai vraiment du mal à te cerner. Tu es tellement différente de toutes les filles avec qui Edward sort habituellement. »
Je déglutis péniblement.
« Oui... », fit-elle, pensive. « Votre relation est très… étrange, et ton comportement est vraiment bizarre par moment. »
« Je… je ne vois pas ce que tu veux dire. »
Un léger sourire se dessina sur ses lèvres parfaites.
« Vraiment ? », demanda-t-elle, sceptique. « Enfin bref, passons… Puis-je te donner un conseil, Bella ? »
« Si tu veux. », dis-je, soupçonneuse.
« Si j'étais toi, je ne m'attacherais pas trop à Edward. Comme je l'ai dit tout à l'heure, il n'est pas du genre à s'éprendre d'une femme, quelle qu'elle soit. Il aime séduire mais n'éprouve aucun sentiment pour personne. C'est un être égoïste qui se fiche éperdument des autres. Tu verras, une fois lassé, il te jettera comme il l'a fait avec toutes les autres. Et ça m'embêterait beaucoup que tu souffres à cause de lui. »
Elle se leva brusquement et rejoignit sa place. Mais avant qu'elle ne parte, je pus voir dans ses yeux bleus une certaine tristesse.
Je joignis mes mains et les posai sur mes cuisses.
Je me mordis nerveusement la lèvre inférieure tout en réfléchissant à ce qu'elle venait de me dire.
Et bizarrement, tout ce qu'elle avait pu exprimer ne m'étonna pas mais me fit mal quand même. Je n'aurais pas dû laisser ses mots m'atteindre mais c'était comme si le brouillard que j'avais dans mon esprit se dissipait peu à peu et que par conséquent tout devenait de plus en plus clair.
Ses paroles résonnèrent en moi inlassablement. Et si je devais être honnête avec moi-même, certains points qu'elle avait évoqués étaient sans doute vrais.
Avais-je été assez naïve pour croire que je n'étais pas n'importe qui pour lui ? Je m'étais sûrement voilée la face. Et maintenant je me trouvais stupide.
Mon regard erra sur les deux hommes et Rosalie.
Il n'y avait personne d'autre que nous quatre dans cette pièce.
Edward ne s'était sûrement pas rendu compte de ce qu'il venait de faire en me laissant seule avec eux.
La confiance qu'il avait en moi avait grandi considérablement en l'espace de quelques heures. On pouvait même dire qu'elle l'avait aveuglé au point de ne pas voir le danger arriver. Me laisser seule avec des personnes susceptibles de m'aider était un gros risque.
Depuis notre arrivée, je n'avais pas une seule fois songé à faire une chose pareille. Je ne pensais qu'à Edward, à sa douleur, à mon attachement grandissant pour lui. Et puis durant ces dernières heures, j'avais assez débattu avec moi-même pour comprendre l'évidence : je voulais le bonheur d'Edward et le mien.
Mon bonheur, ma félicité… était-il plus important que le sien ? Avant j'aurais sans doute dit oui. Alors pourquoi la réponse ne me paraissait plus aussi évidente, maintenant ?
C'était comme si quelque chose au fond de moi essayait de m'alarmer que tout ceci n'était pas normal, que je ne devrais pas être aussi attachée à un homme qui m'avait séquestrée, battue.
Mon estomac se souleva en repensant à ces deux dernières semaines. Il y avait eu des moments heureux certes mais les moments difficiles avaient plus de poids que tout le reste.
Des images que j'aurais voulu oublier inondèrent mon cerveau.
Je ne voulais plus souffrir autant physiquement que mentalement.
J'oubliai tout : ses promesses, ses paroles rassurantes… Vraiment tout.
Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Les paroles de Rosalie avait été comme un électrochoc pour moi. Et à dire vrai, j'étais paniquée par ce que mon esprit me sous entendait. Que devais-je faire ? Devais-je suivre ma raison et me laisser porter par elle.
Il est vrai que maintenant, alors que j'étais seule avec quelques membres de sa famille, sans entraves pour m'arrêter, l'idée faisait son chemin dans ma tête.
Aurais-je d'autres occasions comme celles-ci ? Probablement pas. Etais-je prête à le trahir pour arriver à mes fins ? Certainement.
Cette évidence fut comme une douche froide, glaciale se répandant rapidement dans tout mon corps et mon cœur meurtri.
Je passais les mains sur mon visage comme si en faisant cela je parvenais à chasser toutes ces mauvaises pensées.
Je fermai très fort les yeux et essayai de réfléchir calmement.
Cependant, mon esprit était trop embrouillé avec toutes ces réflexions pour que je puisse le faire posément.
Finalement, je ne savais plus où j'en étais.
Cette clairvoyance que j'avais eu, il y a à peine quelques minutes, n'était plus.
Je commençais à haleter et à trembler face à ce constat désolant. Je fermai les yeux afin de me raisonner mais rien n'y fit.
Bella, reprends-toi. Tu ne peux pas faire ça. Tu ne peux pas lui faire ça, tu lui as promis.
L'envie de pleurer, d'hurler étaient tellement forte que je dus me mordre la langue pour ne pas le faire.
Ce fardeau était trop lourd à porter. Je n'arriverai pas à y faire face. Je n'en serai pas capable.
Je ne savais pas, je ne savais plus ce que je devais faire. Tout était confus dans ma tête.
J'avais l'impression de n'avoir plus aucune maîtrise sur mon corps, sur mon esprit.
Alors telle une automate, je me levais et prononçais les mots qui ne devaient pas être dits. Ceux que je m'étais interdite de dire un jour.
« Je ne peux plus me taire, maintenant. », déclarai-je reconnaissant à peine ma voix. « J'ai quelque chose d'important à vous dire. »
Oui je sais, cette fin n'est pas sympa. Mais souvenez-vous, la seconde partie est pratiquement prête.
J'avais oublié de vous faire partager mes coups de cœur du moment en matière de fics. Alors voici :
The dominant's creed, fic traduite pas eliloulou
Complicated Love de Nana-hime21
Collisions de Drinou
Service schizo pour votre plaisir de caro30-spuffy92
Vous trouverez les liens dans mes histoires favorites.
Il y en a plein d'autres que j'aime et que je listerai au prochain chapitre.
Merci de m'avoir lue et à très vite.
Bisous
Sandrine
