Bonsoir les amies ! (Je ne pense pas qu'il y ait de garçons parmi mes lecteurs. Si tel était le cas, manifestez-vous ! lol)

Je sais, je vous avais promis peu d'attente pour ce chapitre et je n'ai pas tenu parole. Je suis vraiment, mais vraiment désolée pour ça. J'ai eu des petits pépins de santé et ma fille vient de tomber malade. Enfin bref, je ne vais pas vous embêter avec mes problèmes mais sachez que je ne me sens pas très fière de vous avoir fait attendre. Suis-je pardonnée ? (*fais les yeux de chat potté*)

Comme toujours un grand merci à vous pour toutes les reviews que vous me faites. C'est du pur bonheur à chaque fois. Merci à Death-Eternity de m'en avoir laissée plusieurs, ainsi qu'à CinDyPLaC, LexyFoxide. Mais aussi à lemon-twii-fic et x-l-twilight-x qui m'ont touchée et bien fait rire, à 35nanou pour ses suppositions plus que pertinentes et toutes les autres personnes qui m'en font depuis le début. Je vous embrasse très fort. Continuez comme ça, vous êtes excellentes et vous êtes sincèrement une motivation pour moi.

Et pour terminer, un grand merci à ma Bêta, So qui corrige plus vite que son ombre. Merci pour ta disponibilité, ma belle. J'aurais vraiment aimé aller à cette convention pour te rencontrer. Ceci dit, je suis sûre que nous aurons d'autres occasions de nous voir.

Voili, voilou, je crois avoir tout dit. Je vous retrouve en bas.

Chapitre 12

Un penseur grec disait "Mieux vaut réfléchir avant d'agir que regretter après avoir agi."

J'aurais sans doute dû me rappeler cette citation avant d'avoir formuler à haute voix mes pensées.

Car effectivement, une fois les mots prononcés, je me sentis vraiment minable (et encore, le mot était faible) d'avoir agi sans avoir considéré comme il se devait l'ampleur de mes propos.

Tu es une imbécile Swan !

Mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?

Oh mon Dieu ! Mais qu'as-tu dit ? Qu'as-tu fait ?

Après mettre auto-fustigée pendant un certain temps, je ne pouvais ignorer les trois paires d'yeux qui me scrutèrent comme si j'étais une créature étrange venue d'un autre monde.

Honteuse, je cachai mon visage avec mes mains. Je tentai de reprendre le dessus. Il fallait que je le fasse pour sauver les apparences et faire bonne figure même si cela me semblait être difficile pour le moment.

Après ce qui me parut une éternité, je les ôtais pour remarquer qu'ils étaient toujours en train de me regarder dans l'expectative.

J'ouvris plusieurs fois la bouche mais aucun son n'en sortit. Je ne savais pas ce qui m'avait pris. Je savais simplement que j'avais été faible durant quelques secondes. Très peu de temps finalement, mais juste assez pour avoir eu la détermination de tout leur révéler. Comment avais-je pu laisser des paroles venant d'une fille que je connaissais à peine, et qui vraisemblablement n'aimer pas Edward, me déstabiliser de la sorte ? Je n'aurais pas dû laisser les propos de Rosalie m'atteindre, j'aurais dû avoir confiance en mon jugement.

Ce constat était affligeant. Bien sûr, notre histoire était peu commune. Les choses qu'il m'avait faites étaient plutôt détestables mais peu m'importait maintenant. Tout ceci faisait partie de notre histoire, le bon comme le mauvais. Cela resterait notre secret, rien qu'à nous. Personne ne devait le savoir.

« Tu voulais nous dire quelque chose ? », demanda Emmett, interloqué par mon comportement.

J'inspirai profondément et fermai les yeux afin de trouver quelque chose à dire de convaincant et surtout de pas trop stupide pour ne pas être plus ridicule que je ne l'étais déjà.

« Euh… En fait, je… », fis-je en frottant nerveusement mes paumes moites l'une contre l'autre.

Bien joué Bella, ça c'est très convaincant !

« Et bien vas-y ! Que veux-tu nous dire ? », insista Rosalie qui visiblement s'amusait de me voir ainsi. « Qu'est-ce que tu voulais nous dire de si important ? Nous sommes tout ouïe, maintenant. », continua-t-elle tout en m'observant de manière condescendante.

Tous ces regards insistants sur moi me désarçonnèrent fortement et me donnèrent le vertige. Je commençai à perdre tous mes moyens et à sentir la panique se répandre une nouvelle fois en moi, et ce coup-ci bien plus forte.

Je devais réagir, et rapidement, avant que mon affolement me fasse faire des choses que je pourrais regretter plus tard.

« En fait, ce n'était pas si important. J'étais en train de penser à quelque chose et je… », soufflai-je.

« Parle plus fort, on ne t'entend pas. », s'agaça Rosalie.

« Hey, Rosalie, arrête d'être comme ça. », dit Jasper avec flegme.

« D'être comme quoi ? », fit Rosalie, outrée et légèrement vexée.

Etourdie, je les regardai sans vraiment comprendre ce qu'ils se disaient. Mon corps était bien présent, dans la même pièce qu'eux mais mon esprit était ailleurs.

« J'ai besoin de… », commençai-je.

Au son de ma voix, leur dispute incessante stoppa et tous les regards se reposèrent sur moi.

Une nouvelle fois, être le centre d'intérêt de toutes ces personnes me fit perdre tous mes moyens.

« Veuillez m'excuser, je dois aller voir… Edward. », balbutiai-je.

Prise de hauts le cœur, je passai une main dans mes cheveux et me détournai d'eux.

« Non mais t'as vu ça ? Je t'avais dit qu'elle était vraiment bizarre. », entendis-je dire Rosalie. « Pas étonnant qu'elle soit avec Edward. », ricana-t-elle.

J'ignorai ses paroles et, d'un pas hâtif, me précipitai vers la porte d'entrée.

Une fois à l'extérieur, je m'assis sur les marches froides du perron et essayai de retrouver un semblant de self-control. J'inspirai et expirai lentement tandis que les larmes me brouillèrent la vue. Je m'en voulais tellement. Comment avais-je pu penser faire ça à le quitter ? J'avais l'impression de l'avoir trahi. Même si je n'avais rien dévoilé, le fait même d'y avoir songé était une déloyauté pour moi.

Nous nous étions fait une promesse. Nous devions rester ensemble pour faire face à nos démons. Nous avions besoin de l'un et de l'autre pour aller mieux. Parce que même si je savais qu'Edward avait des problèmes, je ne pouvais pas ignorer que j'en avais également même s'ils étaient différents et sans doute moins importants.

La perfide solitude venait de me gagner. J'avais mal, j'étais habituée à la douleur, mais aucune n'était comparable à celle que je connaissais à cet instant. Loin de lui, il me semblait que je n'étais plus entière.

C'est pourquoi le besoin de le voir et de le toucher était tellement fort que sans m'en rendre compte, je me levai et me dirigeai vers la porte pour le rejoindre. Je devais être près de lui pour que ce vide, ce mal que je ressentais disparaissent.

Je sursautai et portai une main à mon cœur lorsque je le vis, là, à quelques mètres de moi.

Et le sentir si proche, au moment où j'avais le plus besoin d'être tout contre lui, fit battre mon cœur un peu plus vite. Je ne savais pas si cela était dû à la peur ou à ce que j'éprouvais pour cet être si beau. Ce dont j'étais certaine c'est que j'avais une folle envie de me jeter dans ses bras ; s'en était devenu une nécessité.

Ce désir était tel que je ne réfléchis pas plus et, en quelques enjambées, me retrouvai en face de lui et l'étreignis avec force, mon visage se heurtant à sa poitrine solide.

Je le sentis se raidir. La surprise sans doute le fit réagir ainsi. Mais bien vite, il me serra à son tour fortement dans ses bras.

« Je te cherchai partout. Mais où étais-tu ? », fit-il avec une voix contenant difficilement sa colère et son inquiétude.

Je ne répondis pas et m'accrochai un peu plus à lui.

Il inspira profondément et gémit même légèrement. Je pouvais percevoir son cœur martelait frénétiquement contre sa poitrine à l'image du mien.

Ma peur avait brièvement changé à son contact. Elle faisait place peu à peu à l'apaisement. Cet étrange sentiment faisait son chemin à chaque fois que j'étais avec lui ces derniers temps.

Je me sentais bien là où j'étais. C'était ma place, celle où je voulais toujours être.

Après un temps, il desserra son étreinte et me prit le visage de ses deux mains et le leva.

Son regard était tellement intense, si expressif que je m'y perdis facilement. J'avais besoin de ce regard protecteur et possessif sur moi, de cette familiarité qu'il me donnait à chaque fois que nous étions ensemble. Cette normalité m'apaisait.

« Tout va bien, mon ange ? », demanda-t-il, inquiet et suspicieux.

J'essayai de ne pas faillir et de ne rien laisser paraître malgré son regard intense planté dans le mien.

« Oui, tout va bien. », me précipitai-je de dire en essayant de ne pas fuir son regard.

« Tu en es sûre ? Tu trembles comme une feuille. », s'inquiéta-t-il tout en me frottant les bras alors que ses lèvres frôlaient mon front.

« Oui. », murmurai-je en frissonnant à ce léger effleurement de sa bouche sur ma peau.

Il soupira, peu convaincu.

« C'est Rosalie, c'est ça ? Qu'est-ce qu'elle a encore fait celle-là ? Je vais aller lui parler. », dit-il, l'air furieux, en commençant à s'éloigner.

« Non, attends ! », l'arrêtai-je en lui saisissant le bras. « Elle n'a rien fait. », mentis-je.

« Alors quoi ? Qu'est-ce qui ne va pas ? », fit-il, irrité.

Je me rapprochai de lui et pus le voir s'adoucir alors que j'encerclai sa taille de mes bras.

« Rien, je t'assure. », murmurai-je.

Nous restâmes longuement enlacés dans les bras l'un de l'autre, tranquilles. Je me sentais vraiment bien lorsque j'étais près de lui. Il était mon remède lorsque je me sentais démunie de force et d'assurance.

Cette paix intérieure s'évapora lorsqu'il reprit la parole.

« Tu me le dirais si quelque chose n'allait pas, n'est-ce pas ? », souffla-t-il à mon oreille. « Plus de secret entre nous, tu te souviens ? », fit-il en insistant sur le mot secret.

« Oui, je m'en souviens. », dis-je, en me tendant.

Les lèvres pincées et le regard dur, il me jaugea.

« Alors pourquoi ai-je l'impression que tu me mens ? », fit-il un peu trop rudement.

A quoi bon le nier. Il commençait à bien me connaître, maintenant.

« D'accord, tu as raison. », abdiquai-je.

« Comment ça ? », me demanda-t-il en prenant mon visage entre ses mains, assurément inquiet.

« Il n'y a rien de grave, je t'assure. J'ai juste un peu… paniqué. »

« Paniqué ? », dit-il sèchement. « As-tu dit quelque chose ? Quelque chose qui… »

« Non non, rien de tout ça. », le coupai-je. « Je me suis affolée parce que... parce que j'étais seule. Tu étais parti et… »

Je soupirai et fermai les yeux.

« Mais je te promets que je ne leur ai rien dit. »

Il m'analysa quelques instants, le regard impénétrable.

« Et maintenant, comment te sens-tu ? », me demanda-t-il en caressant mes cheveux.

« Bien mieux maintenant que tu es là, avec moi. », avouai-je sans une once de gène.

J'inspirai un bon coup, me rendant compte que j'avais instinctivement bloqué ma respiration d'appréhension.

Il me sourit. Et je pus voir dans ses yeux, une certaine émotion que je n'avais jamais vue auparavant.

« Si cela se reproduit, j'aimerais que tu ne tardes pas à venir me voir. Pour ma part, je ne te laisserai plus jamais seule sauf si cela est nécessaire. C'était une erreur de l'avoir fait. »

J'hochai vivement la tête dans l'affirmative, partagée entre le soulagement et la tristesse. Disait-il cela pour m'éviter une autre crise de panique ou par peur que je fasse quelque chose d'insensée ?

Quoi qu'il en soit, j'étais soulagée qu'il n'insiste pas plus sur ce qu'il s'était passé dans cette salle à manger. Maintenant tout ce que je souhaitais c'est que ses proches ne lui parlent pas du comportement étrange que j'avais eu un peu plus tôt.

Cependant le regard qu'il posa sur moi me terrifia. Je ne savais pas pourquoi il me regardait ainsi, si durement et pourquoi l'émotion que j'y avais vue, quelques secondes plus tôt, n'était plus. Ce dont j'étais certaine, c'est que pour un bref instant cela me désarçonna.

Ce malaise dura peu de temps puisqu'Edward me serra contre lui et enfouit son visage dans mon cou. Ce geste tendre contribua à m'ôter tout cet inconfort que je venais de ressentir.

Bien vite, je sentis sa bouche sur ma peau et frissonnai de plaisir. J'étais toujours aussi étonnée de l'emprise qu'il avait sur moi. Je ne pouvais pas faire autrement que de ressentir et d'apprécier tout ce qu'il me faisait et me donnait. J'étais prête à tout accepter quand j'étais dans ses bras. C'est ainsi que je réalisai que mes sentiments envers Edward étaient de plus en plus profonds et sincères. La simple idée que l'on me sépare de lui était presque une souffrance.

Mon erreur m'aurait causée bien des tourments et les conséquences auraient été désastreuses pour lui comme pour moi. J'aurais été malheureuse qu'on me sépare de lui.

Il continua à déposer des baisers dans mon cou et sans crier gare, ses dents mordillèrent la chaire tendre qui se trouvait là. Une douce plainte sortit de ma bouche. Les légers picotements que je ressentais ne faisaient qu'exacerber la nécessité physique intense que j'avais pour lui.

Il se détacha juste un peu de moi et sans aucun avertissement, ses lèvres s'écrasèrent sur les miennes. Il m'embrassa avec tellement d'ardeur et d'émotion que j'en fus surprise. Ce que nous ressentions était si réel, si profond que je ne pus m'empêcher de gémir dans sa bouche. Il m'était impossible d'occulter ce sentiment, cette connexion intense que nous avions.

Edward était la seule personne à m'avoir jamais fait ressentir ces émotions. Et si j'étais honnête avec moi-même, je n'ignorerais pas que toutes les décisions que j'avais pues prendre étaient entièrement dues à ça : à ce qu'il me faisait ressentir, à comment il me faisait sentir importante. C'était peut-être pourquoi j'étais allée au-delà des apparences. J'étais sûre que s'il avait été quelqu'un d'autre, j'aurais refusé tout ça, toute cette douleur. Il était tout ce que j'avais et tout ce qui comptait.

Il détacha ses lèvres des miennes et enfouit son nez dans mes cheveux. Je l'entendis soupirer de contentement avant qu'il ne me dévisage. La luxure pure que je voyais dans ses prunelles devait être semblable à la mienne.

J'avais tellement envie de lui, de ses mains sur moi, de son corps chaud contre le mien que j'étais prête à ne pas terminer ce repas pour que nous puissions rentrer à la maison et de laisser libre cours à nos envies.

Ses mains emprisonnèrent fortement mes hanches et les attirèrent vers les siennes. Ainsi je pus sentir le fort désir qu'il avait pour moi. Il frotta son bassin contre le mien et la sensation que je ressentis me fis haleter.

Ses mains abandonnèrent mes hanches pour mieux s'agripper à mes fesses afin de nous rapprocher encore plus l'un de l'autre.

Nous étions à bout de souffle, perdus dans notre désir réciproque.

Cependant, un raclement de gorge nous fit sursauter et ramener à la réalité.

« Désolée de devoir 'encore' vous déranger mais nous allons servir le… 'dessert'. », fit Alice tout sourire.

Avant que nous ayons pu répondre, elle s'éclipsa tout en sautillant.

Embarrassée, je posai ma tête contre le torse d'Edward. Je l'entendis rire alors qu'il se sépara légèrement de moi.

Finalement, je me demandais si la gêne que j'avais ressentie quelques instants plus tôt devant Rosalie, Jasper et Emmett était aussi forte que celle que je ressentais maintenant. Pour qui allaient-ils me prendre ? Une folle dévergondée, sans nul doute.

« Génial ! Que va-t-elle penser de moi ? »

C'était la deuxième fois qu'elle nous surprenait dans une situation compromettante. On ne pouvait pas dire que je lui donnais la meilleure des impressions.

« Ne t'en fais pas pour ça. C'est une adulte, elle sait ce que c'est. »

Je levai les yeux en l'air et sentis mes joues se chauffaient.

Et comme si cela ne suffisait pas, avant de regagner la salle à manger, Edward en rajouta une couche en me promettant qu'il allait déguster son dessert préféré un peu plus tard dans la soirée.

Mon embarras bien vite envolé, ses paroles arrivèrent à me troubler et m'exciter. J'en aurais presque gémi d'anticipation.

Bien vite, le dîner se termina et ceci pour mon plus grand soulagement. Même si cette fin de repas avait été pour le moins placide, elle me parut cependant maladroite.

Cependant, je fus soulagée que personne ne reparle de l'attitude plus que douteuse que j'avais eue. Même si par moment, je sentais les regards insistants d'Emmett mais surtout de Jasper posés sur moi.

Nous nous levâmes afin de nous rendre dans le petit salon et de continuer à discuter.

Edward s'assit sur le canapé et me prit par la taille afin que je m'asseye sur ses genoux. Dire que j'étais mal à l'aise était un euphémisme. J'étais pire que ça. Tout le monde nous regardait comme des bêtes curieuses. Mais cela ne sembla pas gêner Edward qui n'hésitait pas à fouiner son nez dans mon cou de temps à autre. Dans ces moments là, il m'était difficile de penser à autre chose qu'à ce qu'il me faisait.

« Bella ? Est-ce que ça te dirait de venir avec moi dans la véranda. On pourrait discuter entre filles et laisser les gars entre eux. »

« Bien sûr. », fis-je en déglutissant péniblement.

Oh Seigneur ! De quoi veut-elle qu'on parle ? Pourvu qu'elle ne me parle pas de ce qu'elle a vu ! Ça serait tellement embarrassant !

Au moment où je voulus me mettre debout, le bras d'Edward resserra la prise qu'il avait sur ma taille.

Je tournai la tête vers lui pour voir ce qu'il se passait. Ses yeux montrèrent une grande incertitude et un profond désarroi.

Qu'a-t-il ?

M'avoir vu si paniquée un peu plus tôt avait sans doute élevé en lui des doutes.

En même temps, je pouvais le comprendre. Mon comportement n'était pas des plus rassurants.

Ne m'avait-il pas promis qu'il ne me laisserait plus jamais seule sauf si cela devait être nécessaire ?

J'avais presqu'oublié cette promesse. Peut-être avais-je pensé, à tort, qu'il s'agissait de paroles en l'air. Je savais pourtant qu'Edward n'était pas le genre de personne à en faire.

J'étais prête à dire quelque chose mais Alice ne m'en laissa pas le temps.

« Oh, Edward ! Laisse-la un peu souffler. Tu as peur qu'elle s'échappe ou quoi ? », dit-elle en rigolant.

Edward se figea et m'enserra un peu plus fort la taille. Ce qui aurait dû être une blague, fut finalement un dur rappel de ce qu'il avait fait.

« Non. Bien sûr que non. », se précipita-t-il de dire. « C'est seulement que je n'aime pas être loin d'elle. », dit-il en souriant faiblement.

« Ça, c'est parce que c'est le début de votre relation. Attends de voir dans quelques années, tu ne diras plus ça. », fit Emmett.

Réflexion peut-être pertinente mais qui lui valut tout de même une baffe derrière la tête de la part de Rosalie.

« Aïe ! Mais je plaisantais, bébé. », fit-il, tout penaud.

Je ne pus m'empêcher de sourire face à cette remontrance.

« Tu viens, Bella ? », me demanda Alice.

J'hochai la tête. Finalement, Edward me laissa me lever, non sans m'avoir embrassée chastement et regardée intensément.

Timidement, je lui souris et rejoignis Alice dans la véranda.

Lorsque j'y arrivai, je la vis assise à côté de Rosalie. J'aurais préféré qu'elle ne soit pas là, celle-là, mais que pouvais-je dire ?

Elles étaient déjà toutes les deux installées dans des fauteuils en osier et discutaient en chuchotant. Rosalie n'avait pas l'air très convaincue par ce que disait Alice.

Elles se stoppèrent lorsqu'elles me virent.

« Ne vous arrêtez pas de parler pour moi. », fis-je tout en m'asseyant dans un petit canapé.

« Oh, ne te méprends pas, Bella. C'est juste que nous nous étonnions de voir Edward si… différent.

« Pas différent du point de vue de son caractère, ça non, hélas. », la reprit Rosalie.

Alice leva les yeux au ciel.

Etrangement ou pas, la révélation faite par Alice me rendit heureuse et satisfaite.

« Je ne devrais pas te le dire. Et d'ailleurs ne prends pas mal ce que je vais te révéler mais… Edward n'est pas du genre démonstratif. Ce que je veux dire c'est qu'avec ces précédentes petites amies…

« Et Dieu sait qu'il en a eu. », railla Rosalie. « Enfin bref… Continue, Alice. »

« Donc je reprends. En fait ce que j'essaie de te dire c'est qu'avec elles, il n'a jamais semblé être aussi… attaché ? », fit Alice. « Votre relation a l'air tellement singulière. »

Mes joues rougirent de l'entendre dire ça. Je ne rougissais pas seulement parce que j'étais flattée mais aussi parce que je réalisais qu'elle avait raison. Notre relation était surprenante même si Alice n'imaginait pas à quel point elle l'était.

« Ça fait deux semaines que vous êtes ensemble, et on a l'impression que ça fait des mois. Te rends-tu compte de la forte alchimie qu'il y a entre vous ? »

« Oui… enfin, je pense. », fis-je, en repensant à l'échange que j'avais eu avec Edward un peu plus tôt.

Pourvu qu'elle ne me parle pas de ce qu'elle a vu. Pourvu qu'elle ne me parle pas de ce qu'elle a vu, me répétai-je tel un mantra.

Mes joues rosirent en me remémorant ces moments exaltants que j'avais partagés avec lui.

Je n'avais vraiment pas besoin qu'elle en rajoute une couche, j'étais déjà assez mortifiée comme ça.

Cependant, l'expression de son visage changea. Une certaine tristesse émanait de lui. Je savais alors que la conversation que nous allions avoir serait tout autre que celle à laquelle je m'attendais.

« Tu sais Edward a tellement changé depuis… depuis le décès de maman. », fit-elle des sanglots dans la voix. « Chacun gère la douleur à sa façon. On essaye tous d'avancer malgré la souffrance qui est là, bien présente, chaque jour que Dieu fasse. On pleure moins mais on souffre toujours, tu sais. »

« Oui, j'imagine très bien ce que vous pouvez ressentir. », dis-je en baissant les yeux.

« Vraiment ? Qu'en sais-tu, toi, dis-moi ? », s'exclama Rosalie, réellement outrée.

Je levai vivement la tête dans sa direction et la foudroyai du regard. Je ne perdis pas contenance. Elle pouvait m'impressionner par moment mais pour l'heure, ce n'était pas le cas. Son comportement commençait à m'agacer sérieusement. Elle reprochait beaucoup de choses à Edward mais finalement c'était elle qui était la cause de beaucoup de tourments depuis que nous étions arrivés. Je voulais lui faire ravaler ce sourire de pimbêche et qu'elle comprenne que malgré les apparences, Bella Swan était forte et savait se montrer incisive. J'en avais bavé durant ma vie, ce n'était sûrement pas elle qui allait m'impressionner et me faire douter même si peu de temps avant elle y était parvenue. Oui mais maintenant, j'avais repris le dessus et je savais que je ne plierai pas.

« Ce que j'en sais ? Je le sais tout simplement parce que… parce que j'ai moi-même perdu des gens auxquels je tenais plus que tout au monde. Il y a quelques années, mes parents sont décédés. Mon père s'est noyé alors qu'il pêchait seul à bord de son bateau, un jour de mauvais temps. Il aurait dû mieux savoir que quiconque que pêcher seul alors que la météo est mauvaise n'est franchement pas raisonnable. Mais mon père n'en a toujours fait qu'à sa tête, alors. », fis-je avant de faire une brève pause afin de me reprendre.

« Cette tragédie a complètement dévasté ma mère. Tellement dévasté qu'elle a commis l'irréparable. Elle… elle s'est suicidée peu de temps après, préférant aller le rejoindre plutôt que de rester à aimer et à s'occuper de sa fille. N'est-ce pas pathétique ? », dis-je, amer, essuyant avec l'une de mes manches les larmes qui, finalement, avaient inondé mes joues. « Alors Rosalie, penses-tu que ce que j'ai vécu est une raison suffisante pour comprendre votre peine ? »

En plus d'être méprisable avec Edward, Rosalie m'avait également prise pour cible en touchant là où ça faisait mal. Je ne savais pas ce qui me retenait de la gifler. Peut-être le fait que je ne voulais pas faire d'esclandre. Même si j'avais l'impression que ça ne changerait pas grand chose à l'affaire. La soirée était belle et bien un gâchis.

« Oh, je suis tellement désolée, Bella. », dit Alice en se levant et en me prenant dans ses bras, véritablement chagrinée. « J'ignorai que tu avais vécu tout ça. »

Mes parents me manquaient terriblement. Ces dernières années n'avaient pas été faciles sans eux. Je ne les oubliais pas et ne les oublierai jamais, mais ressasser tout ceci était tellement difficile et le faire pour me justifier auprès de cette garce me donnait la nausée.

Rosalie parut désarçonnée et très confuse.

« Désolée. Je… je… », bégaya Rosalie tout bas avant de se lever. « Je vais voir si les garçons n'ont besoin de rien. »

Rosalie quitta la pièce sans un regard pour nous, assurément embarrassée.

« Ne fais pas attention à elle. Tu me crois si je te dis que Rosalie est une fille adorable ? Je t'assure qu'elle l'est. Elle n'est pas tout le temps comme ça. », fit Alice en se détachant de moi.

J'acquiesçai et baissai les yeux sur mes mains jointes.

« Je veux bien te croire. Cependant il y a quelque chose à propos d'elle que je ne comprends pas. Me permets-tu de te poser une question à son sujet ? »

« Bien sûr, vas-y. », m'encouragea-t-elle, très intriguée.

« Je ne la connais pas bien, c'est vrai. Mais plus qu'une impression, je suis convaincue qu'elle a une dent contre Edward. Je la trouve très agressive avec lui. Ce que j'aimerais savoir c'est… pourquoi autant de rancœur ? »

Alice sembla réfléchir quelques instants, pensive.

« Je n'en sais trop rien. Tout ce que je sais c'est qu'avant l'accident qu'il a eu avec maman, ils semblaient plutôt bien s'entendre. Je ne dis pas qu'ils étaient les meilleurs amis du monde mais ils arrivaient à être présents dans la même pièce sans se chercher des poux. Mais depuis plus d'un an maintenant, elle se montre envers lui très belliqueuse. Je ne pense pas que cela à un quelconque rapport avec ce qui s'est passé. En fait peut-être que si mais pas directement. Personne n'en veut à Edward même si lui pense le contraire ou alors il aimerait que cela soit le cas pour avoir une raison supplémentaire de se punir. Je pense que Rosalie en assez de le voir ainsi, aussi… 'ravagé'. », dit-elle, méditative. « Je crois qu'elle déteste ce qu'il est devenu. Le fait qu'il se laisse aller dans la douleur, comme s'il était le seul à souffrir, l'agace. Ce n'est pas comme si nous l'avions laissé tomber. Nous lui avons proposé notre aide mais il semble qu'il ait préféré l'ignorer. Ça m'attriste beaucoup. J'adore mon frère mais des fois, j'ai du mal à le suivre… Il a tellement changé… », fit-elle, attristée.

« Tu sais, je ne te connais pas beaucoup mais je sais ce qui est bon pour Edward et je sais que tu es celle qu'il faut pour lui. Tout comme Rosalie, j'étais sceptique quand au fait qu'Edward puisse avoir une relation sérieuse avec une femme. Maintenant que je t'ai vue, je pense tout le contraire. Rosalie est encore méfiante. Il s'agit d'une question de temps avant qu'elle ne le comprenne. Ce qu'elle a dit quand vous êtes arrivés tout à l'heure n'est pas vrai. Pas entièrement du moins. Edward a eu quelques conquêtes avant toi. Surtout depuis le décès de maman. Mais parmi ces femmes, il nous en a présenté qu'une seule : toi. C'est pourquoi, je sais que tu es spéciale pour lui. Je suis sûre qu'avec ton soutien, il s'en sortira. Il a besoin de toi, c'est tellement évident. La façon dont il te regarde et le fait qu'il veut rarement se séparer de toi sont des signes qui ne trompent pas. Il est fou de toi. », fit-elle en me souriant sincèrement.

J'acquiesçai à tout ce qu'elle disait, saisissant chaque mot, chaque parole qu'elle prononçait. L'entendre dire ça était tout bonnement rassurant. Même si elle ignorait certains éléments et que par conséquent sa perception des choses pouvait être erronée, j'étais heureuse qu'elle pense ça.

J'aimerais tellement qu'elle ait raison et que je sois celle qui lui enlève cette douleur immuable.

Finalement, je me rendis compte que mon jugement était infondé et tenait sur peu d'éléments que j'avais en ma possession. Je m'étais fiée seulement sur des attitudes et non sur des faits. Alice et peut-être même Rosalie se souciaient d'Edward même si tout cela semblait maladroit.

« Je suis contente qu'on ait pu discuter toi et moi. D'ailleurs si tu as besoin de parler de n'importe quoi ou si tu as d'autres questions à me poser, sache que je serai là pour t'écouter. »

« Je te remercie, Alice. »

Alice était une personne épatante. Je ne pense pas qu'en temps normal, je serais devenue amie avec elle. Peut-être à cause de son côté exubérant. Mais il est indéniable que j'aurais eu tort de ne pas lui donner un second regard. Je pensais sincèrement qu'Alice était un sacré personnage qui valait le coup d'être connu.

Confiante, je voulus lui poser d'autres questions notamment sur leur père, la relation difficile qu'Edward entretenait avec lui… mais l'occasion me manqua puisqu'elle me devança.

« Tu sais ce qui serait génial ? », me demanda-t-elle avec verve.

« Non. », répondis-je, incertaine.

« C'est que nous fassions une journée shopping entre filles la semaine prochaine. Oh oui, du shopping ! Ça serait super ! Avec mon travail, je n'ai pas vraiment eu l'occasion d'en faire, ces derniers temps. », fit-elle, enthousiaste. « En plus, je connais tout un tas de magasins très branchés où on trouverait notre bonheur. Aimes-tu faire les boutiques, Bella ? On te trouverait sans doute une robe pour le bal de charité annuel qui aura lieu le week-end prochain. », débita-t-elle en tapant des mains, toute excitée.

Un bal de charité ? Quel bal de charité ?

J'ouvris la bouche pour lui répondre mais Edward qui nous avait rejointes le fit.

« Je pense que faire du shopping pour cette soirée ne sera pas nécessaire, Alice. », fit-il tout en avançant vers moi et me prenant la main.

« Mais pourquoi ? », demanda-t-elle, déçue.

« De un, parce que nous ne nous rendrons pas à ce bal et de deux… »

« Quoi ? », le coupa-t-elle. « Comment ça, vous n'irez pas ? Nous nous y rendons tous les ans. Les gens vont se poser des questions si tu ne viens pas. », fit-elle, choquée.

« Tu sais bien pourquoi, Alice. Et puis je me fiche de ce que pensent les gens. »

« Mais c'est stupide ça ! Tu sais que papa compte sur notre présence. »

« Je ne suis pas certain qu'il se soucie de savoir si j'y suis ou pas. »

« Tu te trompes, Edward ! Et puis ce n'est certainement pas comme ça que tu vas arranger les choses avec lui. »

Edward souffla d'exaspération.

« Tu sais que c'est important pour lui mais également pour toute la famille. Ne sois pas égoïste pour une fois, Edward ! », dit-elle en haussant légèrement le ton.

Une Alice en colère était tout aussi impressionnante qu'une Alice enthousiaste.

Il m'étudia un instant et se tourna vers sa sœur.

« Je ne sais pas… Je vais y réfléchir. Je t'appellerai pour te faire part de ma décision. »

« C'est vrai ? », dit-elle en sautillant.

« Je n'ai pas dit oui, Alice. », s'empressa-t-il de dire.

« Je ne te lâcherai pas jusqu'à ce que tu dises oui. », le menaça-t-elle.

« Tu as oublié que tu pars demain pour préparer ton défilé. Tu auras sûrement autre chose à penser que de me harceler. »

« Je suis vexée. Tu me connais, je ne lâche rien tant que je n'ai pas obtenu gain de cause. Alors afin d'éviter de perdre du temps inutilement, tu vas dire oui, maintenant. », fit-elle en croisant les bras.

« Oh Alice ! », commença-t-il en souriant. « Je sais comment tu es. Et rien que de penser à ce que tu pourrais faire, j'en ai des frissons dans le dos. Mais je n'en démoderai pas, je t'appellerai lundi sans faute pour te donner ma réponse. »

« Très bien, j'attendrai. », abdiqua-t-elle en levant les mains en l'air.

« Te voilà plus raisonnable, petite sœur. », fit-il en ébouriffant les cheveux d'Alice.

Les voir interagir de cette façon était drôle. On sentait une grande complicité les unir. Et puis découvrir Edward ainsi, sans son côté rigide, était pour le moins surprenant. Il était rare de le voir si ludique.

« Bon, nous allons rentrer à la maison. », déclara Edward en replaçant l'une de mes mèches de cheveux.

Il m'enlaça prêt à partir mais Alice nous interpela.

« Attendez ! », cria-t-elle à notre attention. « Je reviens mercredi, Bella. Et que vous veniez ou pas à la soirée ne doit pas nous empêcher d'aller faire du shopping. », dit-elle en tapant des mains.

Edward se raidit à mes côtés.

« Peut-être une autre fois, Alice. Nous allons avoir une semaine assez chargée. »

« Bella ne peut-elle pas répondre ? Elle en est capable que je sache. Arrête de l'étouffer comme ça. A force d'agir ainsi tu vas la faire fuir, crois-moi. »

« Tu as entièrement raison. », concéda-t-il en resserrant la prise qu'il avait sur ma hanche. « Bella, voudrais-tu aller faire les boutiques avec Alice la semaine prochaine ? », me demanda-t-il, ses yeux assombris par l'inquiétude plongés dans les miens.

Je savais très bien que cette possibilité de répondre librement n'en était pas une finalement. Il s'agissait plus d'une question rhétorique qu'autre chose. Alors pour ne pas le blesser en m'opposant à sa volonté, une seule réponse s'imposa à moi. Et puis si je devais être honnête, décliner cette invitation m'arrangeait. Faire les magasins n'était franchement pas une activité qui me passionnait.

« Edward a raison, nous allons être très occupés. Mais ce n'est que partie remise. », dis-je avant de me mâchouiller nerveusement la lèvre inférieure.

« Ok. », fit-elle visiblement déçue. « Une prochaine fois alors. Promis ? »

« Bien sûr. », affirmai-je en souriant.

« Alors à très vite, Bella. J'ai été très heureuse de faire ta connaissance. », fit-elle en me prenant dans ses bras frêles.

« Moi de même. A bientôt et merci pour ce repas. »

Elle serra également Edward dans ses bras et lui chuchota quelque chose à l'oreille tout en m'observant.

Je regardai le bout de mes chaussures, attendant qu'elle le libère pour que nous puissions partir.

Edward rit doucement de ce qu'elle venait de lui dire.

« Je sais ça, Alice. », fit-il simplement.

« Alors fais attention, Edward. C'est juste un conseil que je te donne. »

« Ne t'en fais pas. Fais-moi confiance. »

Ne pas savoir de quoi ils parlaient et surtout de les voir discuter comme si je n'étais pas là, était très frustrant, voire même désagréable.

Il embrassa sa sœur sur la joue et me rejoignit.

Nous dîmes au revoir rapidement à tout le monde quelque peu maladroitement. Nous n'avions pas eu droit, cette fois-ci, aux remarques désobligeantes de Rosalie. Elle s'était montrée plutôt discrète depuis qu'elle avait quitté la véranda. Et je ne m'en portais pas plus mal.

Une fois dans la voiture, je soufflai évacuant ainsi toutes les tensions que j'avais accumulées depuis le début de la soirée.

« Soulagée que ça soit terminé ? », fit Edward avec son sourire en coin qui m'éblouissait à chaque fois.

« Un peu pour être honnête. »

« Moi aussi, c'est toujours une épreuve que de venir ici. », confessa-t-il tout ancrant ses prunelles dans les miennes un bref instant. « Je ne sais jamais comment ça va se passer. »

Je ne répondis pas immédiatement préférant m'atteler à enlever des bouloches fictives de mon manteau.

Et puis quand je ne parvins plus à me retenir, je fis part de ce que je ressentais.

« Tu sais, je t'ai beaucoup observé, ce soir. »

« Vraiment ? », fit-il, légèrement amusé.

« Oui et euh… et j'ai remarqué plusieurs choses dont certaines que je n'arrive pas à comprendre. »

Il se tendit, son amusement vite envolé et se redressa sur son siège.

« Comme ? », me demanda-t-il un peu trop sèchement.

« Et bien, je n'arrive pas à saisir quelle sorte de relation tu as avec tes proches. Je sais que le lien que tu as avec Alice est très fort. Mais qu'en est-il avec Emmett ? Je vous sens tellement à l'opposé et aucune complicité n'est visible. »

Son regard s'assombrit.

Visiblement, j'avais touché là où ça faisait mal. Il resta silencieux et devint agité. Le voir ainsi me fit sérieusement regretter d'avoir été aussi directe. Mon impertinence pouvait être mal prise.

« Avec Alice », commença-t-il au moment où je pensais qu'il allait une nouvelle fois éluder mes propos. « … nous avons toujours été très complices. Je suis là pour elle et elle est là pour moi en cas de problème. Le décès de notre mère n'a fait que renforcer ça. Avec Emmett c'est autre chose. Nous sommes si différents lui et moi. C'est comme ça, on ne peut rien y faire. Je ne dis pas qu'on ne s'entend pas, c'est juste… compliqué. Mais pour l'instant, je ne suis pas prêt à en parler. Peut-être une autre fois. »

« Oui bien sûr, quand tu veux. », me précipitai-je de dire.

« Merci. », souffla-t-il, visiblement soulagé.

Bien sur, je n'avais obtenu qu'une partie de ce que j'attendais mais les efforts qu'il faisait pour s'ouvrir à moi étaient considérables quand on y pensait. Pour le moment, je me satisfaisais de ce qu'il me donnait même si ses bribes de réponses étaient insuffisantes pour tout comprendre. J'ajoutais cette question avec les nombreuses autres que je devais lui poser.

« Je suis désolé que tu n'aies pas pu rencontrer mon père. », dit-il, véritablement déçu.

« Ce n'est pas grave, tu sais. J'aurai sûrement d'autres occasions de le voir. »

« Oui, certainement. », fit-il, préoccupé. « Mais bon en y réfléchissant ce n'est peut-être pas si mal que tu ne l'aies pas rencontré ce soir. D'ailleurs je me dis que de t'avoir présentée à ma famille sans avoir essayé d'arranger certaines choses avant, n'était franchement pas la meilleure idée du siècle. On ne peut pas dire que c'était un repas très convivial. Je suis vraiment désolé que tu aies dû assister à tout ça. », fit-il en me souriant avant de se concentrer à nouveau sur la route. Sourire qui aurait pu être sincère s'il avait atteint ses yeux.

Là, je ne pouvais qu'approuver ce qu'il disait. Maintenant, avec le recul, je pensais sincèrement que tout ceci avait été trop rapide. Je ne m'attendais vraiment pas à ça. La seule chose positive que je retenais de cette soirée était ma rencontre avec Alice. Jasper et Emmett m'avaient l'air très sympathique mais je n'avais pas eu le temps suffisant pour porter un jugement satisfaisant. Quant à Rosalie, je préférais ne pas y penser pour le moment.

Et puis il y avait le père d'Edward, grand absent de cette soirée, que j'aurais aimé rencontrer juste pour essayer de comprendre certaines choses. La raison de cet immense fossé qui semblait s'être formé entre Edward et son père était l'une d'entre elle. Je méconnaissais l'origine de toutes ces tensions même si j'en avais une vague idée. Cependant, la reconnaissance et l'estime étaient ce que semblait vouloir Edward de la part de son père. Cette frustration se traduisait par un ressentiment flagrant. Sinon pourquoi aurait-il voulu que je le rencontre.

Le silence s'abattit dans la voiture tandis que nous roulions. Je le scrutai du coin de l'œil. Une autre question me brûlait les lèvres depuis quelques minutes.

N'en avais-je pas eu assez pour aujourd'hui ? Certainement. Même plus que je n'aurais pu espérer. Mais rien ne semblait pouvoir freiner cette avidité.

« Pourquoi ne veux-tu pas que je sorte avec Alice ? », commençai-je. « Et puis c'est quoi ce bal ? Tu ne m'en avais pas parlé. », lui demandai-je à brûle pourpoint.

Il sursauta légèrement, décontenancé par mes questions.

« Et bien, je pense que… qu'il me faut un peu de temps, Bella. Il m'en faut un peu pour… »

« Pour me faire entièrement confiance et croire en ma sincérité ? »

Il ouvrit plusieurs fois la bouche sans qu'aucun son n'en sorte.

« Oui. », avoua-t-il finalement. « Je ne sais pas quelle est l'origine exacte de la panique que tu as eu tout à l'heure mais je ne suis pas naïf, Bella. Je sais ce qui t'a trottée dans la tête. Nous avons un long chemin à parcourir avant que nous puissions nous faire entièrement confiance. »

Ces propos furent comme un coup de poignard en plein cœur. Je ne devais pas être blessée, je n'avais pas le droit de l'être. Il n'avait pas été dupe et avait tout compris. Compris mes doutes, mes incertitudes…

Finalement il avait raison, nous avions besoin de temps pour être apprivoisés et croire en l'autre. Nous devions progresser pas à pas. Aujourd'hui, nous en avions franchi un sacrément énorme même si, il est vrai, j'avais failli tout compromettre.

« Ne sois pas déçue, mon cœur. Il faut me comprendre. D'ailleurs j'ai encore du mal à réaliser que tu sois encore avec moi malgré tout. Je me sens tellement chanceux. », fit-il. « Sais-tu à quel point tu me rends heureux ? »

J'haussai les épaules, incertaine.

« Et bien alors, je te le dis : Tu me rends heureux et fier. »

Mon cœur se gonfla instantanément. Je le rendais heureux et fier malgré ce que j'avais fait.

Sa main se posa sur ma cuisse et y resta pour le reste du trajet. De sa paume, il émanait une telle chaleur réconfortante que je me sentis instantanément rassurée.

« Et pour ce qui est de ce bal, je ne t'en ai pas parlée pour la simple et bonne raison, que je ne comptais pas y aller. Mais si tu veux vraiment que nous y allions… »

« Je n'ai jamais été vraiment à l'aise dans ce genre de soirées. Non pas que j'ai l'habitude d'y aller, ça non. Disons que les soirées où on doit porter de beaux vêtements et voir tout un tas de gens ne sont pas ma tasse de thé. »

Il sourit.

« Alice va être déçue. Mais si tu le veux bien, nous en reparlerons plus tard. Tu as l'air épuisée. Profite de la route pour te reposer. »

« Mais j'avais d'autres questions à te poser. », protestai-je.

Il soupira.

« On aura tout le temps pour ça lorsqu'on rentrera à la maison. »

« Si tu veux. », cédai-je.

« Repose-toi, maintenant. »

Je fermai les yeux, appréciant le contact de sa paume sur ma cuisse, et posai ma main sur la sienne.

Lorsque je les rouvris, je le vis m'observer intensément.

« Quoi ? », demandai-je.

« J'étais en train de réaliser quelque chose. »

« Ah oui et quoi ? »

« J'ai le sentiment que le pire est derrière nous, maintenant… Et que le meilleur reste à venir. », déclara-t-il, confiant. « Nous avons passé un cap. », continua-t-il en portant ma main à ses lèvres.

J'hochai lentement la tête dans l'affirmative.

Même si je voulais y croire, une partie de moi savait que nous n'avions pas le droit d'en être si sûrs.

J'ignorais ce que le futur nous prévoyait mais mon instinct me mettait en garde. Cette boule au fond de mon estomac était encore là, comme un rappel constant de la fragilité de notre relation. Il manquait plusieurs choses pour que nous puissions avancer et consolider tout ça : l'honnêteté et la confiance absolue en l'autre. Un long travail allait sans doute être nécessaire pour y parvenir.

A un feu de signalisation, il se pencha vers moi et m'embrassa tendrement. Ce baiser simple et doux était comme une promesse. La promesse d'un avenir meilleur que nous allions partager.


Qui veut taper ou torturer (c'est au choix) Rosalie ? Moi, moi, moi ! J'espère que vous avez apprécié ce chapitre. Aimé ou pas, dites-le moi.

Pour terminer, voici la liste des fics que j'aime lire en ce moment :

Catching Spiders » by lambcullen (fic en anglais)

The Misapprehension of Bella Swan » by hunterhunting (fic en anglais)

The University of Edward Masen » by SebastienRobichaud (fic en anglais)

The Education of Professor Cullen » by sheviking (fic en anglais)

High Anxiety » by EdwardsBloodType (fic en anglais)

The Screamers FR » traduite par magicvanille

Tu es libre cette nuit ? » traduite par Myanna

J'en ai plein d'autres à vous proposer. Je les listerai dans le prochain chapitre.

Merci de m'avoir lue.

A très bientôt !

Sandrine