Bonsoir tout le monde !
Alors pour ne pas changer, je tenais à vous remercier pour vos reviews fabuleuses et pour vos critiques constructives. Je pense avoir répondu à tout le monde sauf pour les sans-compte. Je profite donc de ce chapitre pour le faire.
Merci à :
Jennifer, laccro, LFX, luna, Adara, Ocania, lilou, katsu, death-eternity, Tessa, Sabrinabella, lily, mery lina, Steephaniie, didi, marion, nana, mary35410, KIWIT, Aulandra17
Continuons les remerciements…
Merci So, ma béta, pour tes corrections et tes conseils avisés. Oh et merci d'avoir commenté ce chapitre. J'adore ! :D
Bon, je pense vous avoir tout dit…
Ah si, Tessa m'a posé une question au sujet de Bella. J'y répondrai à la fin de ce chapitre. D'ailleurs, si vous avez vous aussi des questions, n'hésitez pas. Je tâcherai d'y répondre.
Allez, je vous laisse lire.
On se retrouve plus bas. :D
Bonne lecture !
Chapitre 13
"Aime la vérité, mais pardonne à l'erreur."
Voltaire
Postée devant la fenêtre, les yeux rivés sur le monde extérieur, occultant tout le reste, j'observai les arbres bercés par le vent. C'était une chose que je faisais souvent lorsque j'avais besoin de faire le vide. Malgré cette distraction, j'avais tout de même du mal à ne penser à rien. Malmener encore et encore mon cerveau était devenu monnaie courante ces derniers temps. Surtout depuis qu'il m'avait tout dit. Depuis qu'il m'avait fait part de cette vérité. Celle que j'avais toujours voulu connaître. Celle qui m'avait hantée.
Je me demandais même si le fait de rester dans l'ignorance n'aurait sans doute pas été mieux. C'est vrai, finalement. Ne dit-on pas que l'ignorance est une bénédiction ? Dans mon cas, certainement. D'ailleurs, cette phrase prenait tout son sens, maintenant. Car si j'avais été gardée loin de ces secrets, ce qui s'était passé par la suite aurait sans doute été moins fâcheux. Je me serais bien gardée d'ouvrir la bouche et de raviver toute cette colère qu'Edward avait enfouie au plus profond de lui. Si j'avais su, j'aurais gardé ma langue et aurais accepté ce qu'il m'offrait sans arrière pensée. Oui mais je n'étais pas aussi raisonnable et réfléchie que je le pensais.
J'avais sans doute imaginé, à tort, que je pouvais à présent me permettre de dire plus facilement ce que je pensais. Ces derniers jours m'avaient fait oublier ce qu'Edward était réellement. Je pensais qu'il avait changé… Mais peut-on changer réellement sans aide, aucune, mise à part celle d'un proche et surtout aussi rapidement ? Notamment quand ce mal est si vif et omniprésent ?
J'avais toujours cru qu'un soutien affectif était le plus important pour guérir de n'importes quels maux. Il y a encore quelques jours de cela c'était ce que j'estimais être le plus important. Il était, certes, nécessaire mais somme toute pas suffisant.
Je savais que des crises seraient inévitables. Mais naïvement, je pensais qu'elles n'arriveraient pas aussi prématurément et ne seraient pas aussi lourdes de conséquence. Pas après ce que nous nous étions promis, pas après ce que nous avions partagé et vécu.
Il s'était excusé à plusieurs reprises, plus que nécessaire même. Mais j'étais encore méfiante.
Depuis lors, il faisait tout pour racheter ma confiance, me montrant par des gestes, des promesses éperdues qu'il tenait à moi plus que tout. Je savais qu'il n'avait pas voulu me blesser intentionnellement. Mais je ne pouvais pas m'empêcher d'imaginer ce qui pourrait arriver si cela se reproduisait un jour. Mais même en sachant cela, je n'arrivais pas à me raisonner. Je ne voulais pas l'abandonner. J'étais bien trop attachée à lui pour faire une chose pareille.
Un souffle chaud sur ma nuque m'indiqua qu'Edward se tenait juste derrière moi. Ses bras m'enlacèrent, tandis que son visage vint se nicher dans le creux de mon cou. Je fermai les yeux et retint ma respiration. Mon corps tremblait légèrement. Cependant, il ne frémissait plus seulement de désir et d'excitation comme cela m'était souvent arrivé à son contact. Maintenant, il tremblait également d'appréhension. Aussi subtil fut-il, je ne pensais pas que ce réflexe se reproduirait un jour. Et pourtant…
Le lendemain matin du dîner…
Je fus réveillée comme pratiquement chaque matin par les caresses exquises d'Edward.
Des caresses en entraînant d'autres, nous avions fini par faire l'amour.
Mais plus qu'avec désir, nous nous étions unis avec tous les sentiments que nous ressentions l'un pour l'autre. Je ne pouvais pas imaginer qu'Edward ne partage pas les mêmes émotions que moi. D'ailleurs ce que je voyais dans ses yeux était plutôt éloquent. J'avais l'impression que le regard qu'il me portait était semblable au mien.
Après cet intense moment, nous nous étions fait face et nous étions observés avec tendresse. J'appréciai la perfection de ses traits, sa musculature fine, ses yeux d'un vert de jade… Je ne me lasserai jamais de l'admirer. Il était beau et, maintenant, je pouvais dire qu'il était à moi.
Aucun mot ne fut échangé tandis que nous nous contemplâmes.
Ce silence les remplaçait. Nous ne ressentions pas le besoin de dire quoi que ce soit. Nos regards et nos sourires parlaient pour nous.
Cependant tout au fond de moi, je savais que ce moment de plénitude allait bientôt s'achever pour laisser place aux explications tant espérées.
C'était un peu comme si nous savions qu'il s'agissait du calme avant la tempête.
Il devait savoir que tout ce que j'attendais allait devoir être dit. Cette vérité que je voulais enfin connaître était devenue mon obsession de tous les instants. J'y pensais sans cesse. Je ne serai sereine et en paix avec moi-même seulement lorsque j'aurai connu la vérité.
J'étais persuadée que lui aussi se sentirait mieux après. Ça serait comme une délivrance en quelque sorte. Et seulement après cela, nous pourrions penser à un futur commun sans aucune ombre au tableau.
Je fermai les yeux et profitai encore et encore de cette sérénité. J'allais en profiter jusqu'à la dernière seconde s'il le fallait. Sachant que ce qui nous attendait pouvait engendrer l'incompréhension et peut-être même la souffrance.
Mon cœur battait à mesures régulières. Cependant lorsque sa main vint se poser sur mon visage, je ne pouvais l'empêcher de s'affoler. M'habituerai-je un jour de l'avoir si près de moi sans qu'il ne réagisse de la sorte ? Et quand bien même il ne s'habituerait pas, je ferai avec. Car cet affolement était tout bonnement divin et magique.
Lentement ses lèvres douces frôlèrent les miennes. Et bien vite, cette caresse devint un baiser plein de ferveur. Je me laissai porter par l'ivresse de cet instant et savourai sa délicieuse saveur.
Au moment où mon corps se fondit dans le sien, il se sépara légèrement de moi.
Nous étions tous les deux essoufflés par l'échange de ce baiser fiévreux. Il dégagea une mèche de mes cheveux et posa délicatement ses lèvres sur mon front.
« Je vais aller préparer le petit-déjeuner. », fit-il, sa bouche effleurant mon front. « Tu peux en profiter pour te doucher le temps que je le fasse. »
J'acquiesçai simplement.
Il s'éloigna de moi, me laissant dépourvue de toute chaleur.
Je fermai brièvement les yeux et lorsque je les rouvris, je le vis debout, dos à moi, en train de remettre son boxer. La vision de ses muscles tendus était un délice pour les yeux. J'avais cette envie irrésistible de le toucher et de me délecter de la délicatesse de sa peau.
Sentant sûrement mon regard sur lui, il se retourna, brisant ainsi mon fantasme. Visiblement se faire reluquer ne le gênait pas. Cela avait plutôt l'air de l'amuser. Il me fit ce petit sourire en coin que j'affectionnais tant et sortit.
Je me levai à mon tour et me dirigeai vers la commode afin de choisir des vêtements. J'hésitai sur ce que j'allais mettre. Depuis quelques jours, je m'efforçais de m'habiller de manière plus féminine. Je mettais des choses plus près du corps ou encore des jupes. Autant dire, un exploit pour moi qui préférais les jeans et les pulls amples.
Après avoir choisi ma tenue avec soin (une jupe et un chemisier), je me rendis dans la salle de bain.
J'ouvris les robinets de la douche, laissant l'eau chaude s'écouler doucement avant de me glisser sous le jet.
Je posai mes affaires et après avoir contrôlé la température de l'eau, je pénétrai dans la cabine. La sensation de l'eau sur ma peau était plus qu'agréable. Je savourai ce sentiment et levai mon visage pour pouvoir profiter au maximum du pouvoir relaxant de cette douche. Je restai un moment ainsi, les paupières closes.
Au moment où je voulus prendre le gel douche, je vis une main le saisir avant moi. Je sursautai de peur et me retournai pour faire face à Edward nu et magnifique en face de moi, les yeux noircis par un désir abyssal. (N/So : Punaise j'ai une de ces chaleurs après moi là, wow !)
Nous nous regardâmes longuement avec envie. Comment est-il possible que je ressente pour lui autant de désir que je n'en avais jamais eu auparavant ? Il n'y avait que lui pour me faire ressentir ça. C'était comme si je ne parvenais pas à être suffisamment rassasiée. J'en voulais toujours plus.
Il fit un pas et sans crier gare, colla son corps contre le mien. Ses lèvres s'écrasèrent sur ma bouche et, bien vite, sa langue en traça le contour pour ensuite venir se mêler à la mienne avec avidité.
Je pouvais sentir clairement son sexe palpitant contre mon ventre.
Lorsqu'il me plaqua contre l'un des murs, je pus sentir le froid du carrelage contre mon dos. Ce fut saisissant, mais cette incommodité ne dura qu'une fraction de seconde. (N/So : Tu viens de me perdre là tu le sais !)
« Tu es si belle. », dit-il avant de me mordiller brièvement la lèvre inférieure. « Je ne pourrai jamais te laisser partir. », souffla-t-il si bas que je doutais de ce qu'il avait dit. (N/So : Je te jure que si là elle a envie de partir je vais la gifler moi-même hein)
Cette dernière phrase me désarçonna, mais je ne préférais pas m'y attarder.
A la place, pour le rassurer, je le serrai dans mes bras et m'attelai à embrasser la peau douce et chaude de son cou.
Nous caressâmes toutes les parcelles du corps de l'autre tandis que nos bouches ne cessèrent de se sceller avec passion.
La douleur familière dans mon bas ventre venait s'ajouter à la myriade d'autres douleurs endurées à mon corps. Des douleurs divines que j'aimais ressentir.
Alors, je frottai mon sexe luisant contre l'une de ses cuisses pour la soulager et fourrageai avec empressement ses cheveux humides.
Il gémit et me souleva en me prenant par les fesses, impatient. J'encerclai sa taille de mes jambes. J'étais tellement excitée que je passai rapidement l'une de mes mains entre nous afin de prendre son sexe et de le diriger vers le mien. (N/So : Mayday maday on a perdu So. !)
Lorsqu'il fut en moi, une plainte mutuelle et sensuelle s'éleva. Je me sentais pleinement attachée à lui, maintenant.
Sa tête reposa contre la mienne tandis que ses yeux étaient fermement clos.
Après quelques secondes, il se mit à se mouvoir en moi. Ses coups étaient profonds et lents au début, mais bien vite ils devinrent précipités à l'image du désir qui nous submergeait.
Je m'accrochai désespérément à ses épaules solides, cherchant l'air qui commençait à me manquer.
« Oh Dieu, Bella ! », gémit-il entre deux coups de reins. « J'ai l'impression que rien ne sera jamais suffisant pour combler ce besoin que j'ai de toi. » (N/So : OMG c'est trop beau, je veux qu'on me dise pareil moiiiiiiiii !)
Tout ce qu'il disait était également tout ce que je ressentais envers lui. Cette passion dévorante, ce besoin constant de lui, cette volonté d'être en permanence au plus près de lui... Tout ceci était fort, si violent et tellement déroutant qu'il pouvait être presqu'effrayant et exaltant à la fois.
« Jouis pour moi, mon cœur. Fais-le pour moi, s'il te plaît. », souffla-t-il contre mon cou. (N/So : Tout ce que tu veux BB !)
Ses paroles… C'est tout ce qu'il me fallut pour trouver ma libération.
Alors après quelques va-et-vient supplémentaires, mon vagin se contracta et je me laissai porter par la jouissance et criai librement en enfonçant mes ongles dans la peau opaline de ses épaules.
Mes lèvres intercalées entre les siennes, je glissai un souffle chaud libérateur, semblable à une plainte violente.
Il grogna férocement et à son tour, cria mon prénom.
Ses mouvements ralentirent et finalement, cessèrent.
Il me maintint longuement dans ses bras. Lui comme moi ne voulions pas nous séparer. Parce que nous savions que la réalité allait nous rattraper et que nous devrions y faire face.
Nous étions dans notre cocon et rien ne semblait pouvoir perturber cette quiétude pas même le bruit de l'eau qui coulait.
« Bella ? », souffla Edward à mon oreille.
Je levai la tête et me rendit compte que nous étions entourés de vapeur. Et cela rendait le lieu surréaliste. Mes yeux se posèrent sur Edward. Il ressemblait à une apparition céleste, à un ange… à mon ange.
Je pris son visage entre mes mains et l'embrassai avec tout ce que j'avais. Il passa une main dans mes cheveux et se donna autant que je me donnai.
A bout de souffle, il déposa plusieurs baisers sur le haut de ma poitrine haletante.
Après s'y être attardé quelques instants, ses prunelles rencontrèrent les miennes. Et mes yeux brillants se noyaient totalement dans les siens à présent, si bien que je ne voyais aucun moyen de m'en détacher.
« Il est temps, maintenant. »
J'hochai la tête, encore étourdie, essayant de trouver un sens à ses paroles.
Il est temps… Mais pour quoi au juste ?
A son regard triste, je sus immédiatement ce dont il s'agissait.
Il était temps de tout se dire, de tout dévoiler pour que tous ces secrets ne nous empêchent plus de devenir ce que nous voulions être, pour que notre histoire devienne enfin possible.
Il me posa doucement au sol sans pour autant me libérer.
Je caressai son dos, la cambrure de ses reins alors que son corps était toujours parcouru de tremblements.
« Ça va ? », lui demandai-je, fébrile.
« Oui, je vais bien. », murmura-t-il en évitant mes yeux.
Cependant, les tremblements que je perçus dans sa voix me troublèrent.
« Tu en es sûr ? », insistai-je.
Et pour seule réponse, il acquiesça et posa un petit baiser sur mes lèvres.
Je ne rajoutai rien de plus et continuai à frôler sa peau humide et chaude du bout des doigts.
Après de longues minutes à rester dans les bras l'un de l'autre et à se cajoler, nous nous décidâmes à nous laver.
Chacun s'occupa du corps de l'autre sans un mot. Il me lava les cheveux avec minutie et prit soin de mon corps, en n'omettant pas de temps à autre de déposer un baiser sur un sein, une épaule, mon ventre, mes lèvres… Toutes ses marques d'affection à mon encontre furent encore plus exacerbées qu'à l'accoutumé. Je me sentais heureuse et en même temps légèrement troublée par ce changement significatif dans notre relation. C'était assez étrange comme sentiment mais très agréable tout de même.
Après quoi, nous sortîmes de la salle de bain, fin prêts. Puis nous allâmes dans la cuisine toujours dans ce silence pesant et maladroit.
J'avais vraiment hâte que tout soit dit et que ce malaise disparaisse pour de bon.
Comment pouvait-on être si mal à l'aise après ce que nous avions vécu ?
A peine, fût-on arrivé aux abords de la cuisine, que les effluves de nourriture et de café chaud me chatouillèrent les narines et me donnèrent faim.
« Ça m'a l'air vraiment très appétissant. », fis-je en souriant afin de détendre l'atmosphère.
Il répondit par un léger rictus et se dirigea vers le comptoir, là où toutes les choses qu'il avait cuisinées étaient.
Il mit un peu de nourriture dans chaque assiette et les posa sur la table.
Je m'installais tandis qu'il versait un peu de café dans deux tasses.
Nous mangeâmes silencieusement. Je tentai de temps à autre de le dérider en mettant en avant ses talents de cuisinier. Il me remercia timidement mais n'ajouta rien de plus.
Il semblait que son esprit était ailleurs et qu'il m'avait quittée depuis que nous avions fait l'amour dans la douche.
Finalement, son mutisme ne fit qu'amplifier mes craintes. Pourtant, je ne pensais pas qu'elles étaient aussi persistantes. Je savais à quoi m'en tenir même si la vérité pouvait être effrayante et douloureuse à entendre, même si elle pouvait avoir des conséquences regrettables. C'était en quelque sorte, un mal pour un bien.
Et quand bien même elle l'était, j'étais trop désireuse de la connaître. L'envie était indéniablement bien plus forte que la raison. Je voulais prendre ce risque pour être en phase avec moi-même.
« Edward ? », murmurai-je.
« Hum ? », fit-il en levant enfin les yeux de son assiette.
« Pouvons-nous discuter… maintenant ? », lui demandai-je, incertaine.
Il soupira et ferma les yeux.
« Je veux savoir. Tu sais qu'il le faut. »
Il se frotta les yeux avec les paumes de ses mains. Son visage montrait une grande lassitude et une pointe d'irritation. A le voir ainsi, j'aurais presque abandonné toute discussion. Cependant, je me repris et ne me laissais pas attendrir. Tout ceci était bien trop important pour être ignoré.
« Tu veux vraiment en discuter maintenant ? », fit-il en rouvrant ses yeux, plantant ainsi ses iris dans les miens. « Je ne suis pas vraiment bon pour ça, tu le sais. Et puis qu'est-ce que ça changera ? On souffrira juste un peu plus et c'est tout. »
Qu'est-ce ça changera ? Je n'en croyais pas mes oreilles !
« Qu'est-ce que ça changera ? Sérieusement, Edward ? Je ne peux pas croire que tu me poses cette question. », fis-je, décontenancée. « Tu ne peux pas me laisser dans l'ignorance. J'ai besoin de savoir. Tu peux le comprendre, non ? Et qu'on en parle maintenant ou plus tard, ne changera en rien à ce qui doit être dit. Ça ne sert à rien de reculer. Autant le faire maintenant. », fis-je, au bord du désespoir.
La nervosité dont il était victime était de plus en plus visible. Ses mains étaient fermement cramponnées à ses cheveux et, de temps à autre, il passait l'une d'entre elles sur sa nuque.
« Quand je t'aurai tout dit, tu me verras sûrement comme un… comme autrefois. », se reprit-il.
Je le regardai une nouvelle fois abasourdie.
Je ne savais pas comment j'allais réagir lorsqu'il m'aurait tout dit. J'osais espérer que cela ne changerait rien. Que cette relation que nous entamions, aussi fragile soit-elle, n'en pâtirait pas.
« Comme tu l'as si bien dit, le pire est derrière nous. Et si nous voulons avancer, nous devons être honnête l'un envers l'autre et tout se dire. Je te promets que tout ce que tu me révéleras ne changera rien. Je t'ai montré plus d'une fois que tu pouvais avoir confiance en moi. »
« C'est ce que tu dis, maintenant parce que tu ignores tout, mais une fois que tu sauras, tu changeras probablement d'avis. »
« Oh, Edward… Pourquoi réagis-tu toujours comme ça ? Pourquoi faut-il que tu doutes en permanence ? Tu m'as promis que j'obtiendrai la vérité, tu t'en souviens ? Et plus vite tu me la diras et plus vite nous pourrons passer à autre chose. C'est important pour moi comme pour toi. Même si on ne peut plus revenir en arrière et que le m… », fis-je avant de m'interrompre.
« Le mal est fait ? Tu sais, tu peux le dire. », fit-il, acerbe. « C'est la stricte vérité. La sordide et triste vérité. »
Je ne dis rien et, à mon tour, baissai les yeux.
Il ne put s'empêcher d'émettre un petit rire sans joie face à mon silence probant.
Pourquoi était-il toujours obligé d'être si cynique lorsque nous devions discuter ? Toute forme de communication était difficile lorsqu'il était ainsi. J'avais l'impression que par moment, il tendait le bâton pour se faire battre.
« Je suis désolé. Je ne voulais pas être si désagréable. », s'excusa-t-il en me voyant apparemment si touchée.
Il baissa la tête et ses mains ne cessèrent d'empoigner ses cheveux.
Les secondes, les minutes passèrent… sans un bruit. J'attendais patiemment qu'il dise ou face quelque chose. Je voulais que le dialogue soit établi de sa propre initiative pour une fois. Forcer les choses ne semblaient pas fonctionner lorsqu'il était si stressé et incertain.
« Tu as raison. Il est temps que j'assume ce que j'ai fait. Nous n'avons pas d'autre choix que d'en passer par-là. », fit-il finalement.
« Tout à fait. », fis-je, en secouant la tête vivement, décontenancée par ses dires.
« C'est vraiment ce que tu veux ? »
« Oui, c'est ce que je veux. », me précipitai-je d'affirmer.
Il inspira et expira profondément et se racla la gorge.
« Tu sais que cela peut changer beaucoup de choses. Veux-tu vraiment prendre ce risque ? », me demanda-t-il dans l'espoir que je dise non. (N/So : Punaise elle a dit oui alors vas-y balance moi j'en peux plus d'attendre !)
« Oui. », fis-je, catégorique.
« Alors… allons-y. », concéda-t-il en soupirant, vaincu. « Par quoi commencer… »
Tout d'un coup, ma bouche devint sèche et mon cœur tambourina dans ma poitrine.
Je réalisai qu'enfin j'allais connaître toute la vérité. Le commencement de toute cette histoire. Et cela était terrifiant et exaltant en même temps.
Je tendis la main et pris l'une des siennes qu'il avait enfin posé sur la table.
« Edward… Tu sais ce que je veux savoir… par-dessus tout. »
« Oui. », fit-il en fuyant toujours mon regard. « Tu veux savoir pourquoi je t'ai… je t'ai fait ça. », dit-il en soufflant le dernier le mot.
« Oui. Pourquoi avoir fait ça et… pourquoi moi ? »
Il exhala et enleva sa main tremblante de la mienne.
Je fus peinée par ce geste. J'avais envie plus que tout de le toucher alors qu'il allait me faire toutes ces révélations. J'avais besoin de m'accrocher à lui pour faire face à la réalité qui allait m'éclater à la figure. Alors je fis la chose qui me semblait le plus naturel qui soit, je la lui repris afin de rétablir cette connexion que j'avais tant besoin.
A peine l'eussé-je touché qu'il se raidit.
« S'il te plaît, ne l'enlève pas. », murmurai-je.
Il me regarda, hagard et finalement abandonna sa main dans la mienne, en esquissant un léger sourire.
« Comme tu le sais… », commença-t-il. « …j'ai un travail très prenant qui demande beaucoup de concentration, de vigilance et de disponibilité. Et ceci, chaque jour de la semaine. S'il y a un problème c'est moi qu'on appelle. Si un client est mécontent, c'est moi qui dois gérer le conflit. Je dois avouer que parfois c'est assez usant. Mais c'est ce que j'ai toujours voulu faire. Et paradoxalement, c'est aussi ça qui me plaît… Toutes ces responsabilités m'évitent de laisser mon esprit vagabonder, mes pensées de s'égarer vers une réalité que je veux fuir. », dit-il avant de s'interrompre un moment. « Un jour alors que je revenais du bureau, après une journée épuisante… », reprit-il. « …je n'avais qu'une seule envie celle de me détendre et de penser à autres choses qu'aux chiffres que nous devions faire dans la journée. C'est pourquoi, lorsque j'en ai l'occasion, au lieu d'aller boire un verre comme beaucoup le feraient, je préfère aller me vider la tête en allant au cinéma ou dans un musée… Comme tu le sais, j'apprécie énormément l'art. Et il semblerait qu'il n'y ait que ça qui m'apaise. », dit-il en regardant nos mains jointes.
« Ce soir-là, j'avais décidé d'aller au musée de la photographie de Chicago. Je trouve que c'est un endroit fascinant et qui laisse une grande place à l'imagination. »
« Attends, le MoCP* ? », demandai-je, surprise en mettant ma main libre devant ma bouche.
Je m'étais toujours demandée où il m'avait vue la première fois. Maintenant, c'était chose faite. Et il est sûr que je n'aurais jamais pensé à cet endroit.
« Oui, celui-ci. », soupira-t-il. « Au moment où j'y ai pénétré, je t'ai vue, là, assise sur un banc en train de regarder des photographies. Tu semblais perdue dans tes pensées, imperturbable à tout ce qui t'entourait… », fit-il en souriant légèrement. « Je me souviens de ce que j'ai pensé en te voyant, de ce que j'ai ressenti. Tu étais comme… une apparition divine avec tes cheveux lâchés, qui tombaient en cascade sur tes épaules. C'était comme si les gens qui étaient présents autour de nous n'existaient plus. Je ne voyais que toi. Il n'y avait que toi et personne d'autre qui comptait. Je ne sais pas exactement ce qui m'a attiré en toi, et peu importe finalement. Par contre, ce dont je suis sûr c'est que j'étais irrémédiablement fasciné par toi. Je ne pouvais rien faire d'autre que de te regarder. Cependant, je me sentais honteux de le faire avec autant de témoins autour de nous. C'est pourquoi j'ai préféré me cacher afin de t'admirer sans que toi ou n'importe qui d'autre ne se rende compte de ma présence. », raconta-t-il d'une voix que je reconnus à peine. « Tu étais si belle, si vulnérable. Je n'avais qu'une envie, celle de te protéger… de te posséder… Je venais chaque jour dans l'espoir de te voir. Des fois, j'étais chanceux, d'autres fois je l'étais moins. C'est pourquoi, bientôt, cela ne suffit plus. Je te voulais coûte que coûte. Tu étais devenue mon obsession. Je te voulais à mes côtés chaque jour. Et pour t'avoir, j'étais prêt à tout. A prendre des risques inconcidérés. Rien ne semblait pouvoir amoindrir la détermination que j'avais... Et c'est comme ça que tout à commencer. », dit-il en caressant machinalement le dos de ma main avec son pouce.
C'était étrange ce sentiment que je ressentais en l'écoutant. J'avais l'impression d'être étrangère à tout ça. C'était comme s'il parlait de quelqu'un d'autre et non de moi. J'avais encore du mal à tout assimiler. Cela était semblable à un rêve. La seule chose qui me prouvait que tout ceci était réel, fut sa main dans la mienne.
Je n'avais même pas levé les yeux vers lui durant son récit. J'étais trop prise par ce qu'il me disait.
Alors que je digérai ceci, j'osai enfin un regard dans sa direction. Ses yeux étaient perdus, dans le vague. Il semblait ne plus être avec moi. Peut-être était-il reparti dans le passé.
« Après plusieurs jours de réflexion... », reprit-il. « …j'ai su ce que je devais faire. Mon plan était bien défini dans ma tête. Je devais en connaître le plus possible sur toi avant d'entreprendre quoique ce soit. Alors j'ai engagé un détective privé. En moins d'un mois, je connaissais tout de ta vie. De ton enfance à ta vie d'adulte. Ton passé douloureux, semblable au mien. Ces similitudes n'ont fait que renforcer ce que je pensais, tu étais faite pour moi. Nous allions nous comprendre et nous soulager de nos peines. »
Je déglutis péniblement. J'avais quelques théories sur la façon dont il s'y était pris pour m'avoir mais entendre la sombre et vile vérité sortir de sa bouche était un véritable choc.
« Qu'avais-je de plus que les autres, Edward ? Pourquoi moi ? Il y a des tas de filles bien plus jolies que moi. Je ne comprends pas. Tout ceci me semble insensé. »
« Parce que tu ne te vois pas comme moi je te vois. Tu es bien plus belle que toutes ces allumeuses à mes yeux. Tu es douce, tellement étonnante et… Parfaite tout simplement. Je ne pensais jamais trouver quelqu'un comme toi. C'était une chance inespérée que de t'avoir découverte et l'occasion de t'avoir enfin était trop belle pour la laisser passer. »
Mon corps tout d'un coup fut secoué par de violents tremblements et ma main dans la sienne devint moite. Une larme glissa sur ma joue. Je la chassai rageusement avant qu'Edward ne s'en rende compte.
Je lui avais dit que rien ne pouvait bouleverser ce que nous avions construit, et pourtant plus il parlait et plus les fondations que nous avions bâties s'effondraient les unes après les autres sans que je ne puisse faire quoique ce soit.
« Et euh… Quand as-tu décidé de… Tu sais… de m'enlever. », dis-je d'une voix tremblotante.
Il sursauta légèrement à l'énoncer de ce dernier mot. Nerveusement, il se pinça l'arrête du nez tout en continuant à fuir mon regard.
« Un soir, je t'ai suivie. Tu es allée à un de ces rendez-vous, pour un travail et puis comme souvent, tu es allée au musée. Je t'ai observée de loin, comme à mon habitude. Tu étais superbe. Je me demandais si tu ne l'étais pas encore plus que la dernière fois que je t'avais vue. Cependant, j'avais constaté qu'au fil du temps, une certaine tristesse avait envahi ton regard. Ce constat ne faisait que consolider ce que je pensais. Tu avais besoin de moi, de ma protection… Je voulais te redonner le sourire qui t'avait quitté. »
Un hoquet involontaire sortit de ma bouche. Il avait raison la réalité était difficile à entendre. Son discours sibyllin n'avait en rien de rassurant. Je ne croyais pas que cela allait m'atteindre autant. Je pensais m'y être bien préparée. Pas suffisamment apparemment.
Néanmoins, malgré ma confusion, des choses m'échappaient.
« Edward… Je suis un peu perdue là. Je veux dire… Pourquoi ne pas avoir essayé de venir me parler ? Je… Tu as choisi quelque chose de très… radical. D'autres choix auraient certainement étaient plus… judicieux. », fis-je en essayant d'être la plus délicate possible.
« C'était juste une question de temps avant que quelqu'un ne te prenne à moi. Tous ces hommes ne cessaient de te regarder et tu ne les voyais pas. Je devais arrêter ça à tout prix. Je n'avais plus de temps à perdre. »
« Tu ne réponds pas à ma question, Edward. Pourquoi ne pas être venu me parler ? », fis-je, légèrement exaspérée.
« J'avais tellement peur que tu me rejettes, que je ne trouve pas grâce à tes yeux. Alors j'ai préféré la solution radicale que tu sois… à moi, rien qu'à moi. J'avais espéré qu'avec le temps, tu t'attacherais. Et ce que nous sommes devenus aujourd'hui est bien plus que je ne pouvais espérer. »
Des larmes me montaient aux yeux. Parce que de toute évidence, la vérité sortant de sa bouche était vraiment absurde. Cela avait eu le don de m'ôter tout ce brouillard qui m'avait obscurcie la vue depuis le début. J'y voyais plus clair maintenant.
Il était atteint par... la folie, ça ne pouvait pas être autrement. Il avait besoin d'aide. Autre que la mienne. Une aide médicale. Comment avais-je pu penser l'aider seule ? J'étais inconsciente. Aveuglée par ma passion, par sa détresse. Comment avais-je pu ne pas considérer son mal comme il se devait.
Et comment se faisait-il que personne n'ait rien vu et n'ait rien fait ? Il avait un problème d'ordre médical et personne n'avait rien remarqué.
Mais toi non plus, Bella !
Si. Moi, je savais qu'il n'allait pas bien, qu'il avait besoin d'aide. Je n'avais juste pas su définir ce qu'il avait avec exactitude. Je savais qu'il avait des problèmes mais pas aussi profonds.
Cependant, une partie de mon cerveau, la partie rationnelle, me rappela ce que m'avait dit Alice, qu'ils avaient essayé de l'aider. Mais pourquoi aurait-il refusé cette main tendue ? Pourquoi vouloir rester enliser dans cette instabilité ?
« Edward… », commençai-je en essayant de camoufler mes sanglots. « Tu as besoin… d'aide… Mais pas seulement la mienne… »
« Mais qu'est-ce que tu racontes, Bella ? », dit-il, exaspéré. « Personne ne peut m'aider comme toi tu peux le faire. », fit-il plus calmement en resserrant la prise qu'il avait sur ma main.
Non. Je n'étais pas une aide suffisante malgré ce qu'il pouvait penser.
« Non, pas de cette façon. », m'alarmai-je. « Il faut que tu ailles voir un spécialiste. Tu le sais. Tu sais que ce que tu as fait n'est pas normal et que, par moment, ton comportement ne l'est pas non plus. »
A peine avais-je prononcé ces derniers mots qu'il leva vivement la tête, cligna des yeux à quelques reprises et ancra ses yeux dans les miens, confus.
Il me regarda longuement, et plus il me regardait, et plus son visage se déformait par la colère.
Je ne reconnaissais plus l'homme avec qui je m'étais réveillée il y a peine quelques heures de cela. L'homme que j'avais en face de moi était terrifiant. L'Edward que je redoutais semblait être de retour.
Après un temps qui me parut incroyablement long, il se leva d'un bond, en renversant sa chaise au passage.
« Finalement, tu ne vaux pas mieux qu'eux. Ils… Ils m'avaient pourtant prévenu. J'aurais dû les écouter. J'aurais dû savoir que je ne pouvais pas te faire confiance. », cria-t-il. « Je n'ai pas besoin de ça, tu m'entends ! Je n'en ai pas besoin ! Si tu ne veux pas m'aider, alors très bien. Tu peux dégager, j'en ai rien à faire. Je te rends ta liberté. C'est ce que tu voulais, non ? »
Je sentis une douleur dans ma poitrine. Même si quelque part, je savais que sa colère n'était pas rationnelle, ce rejet était cruel et incompréhensible.
Comment pouvait-on passer d'un état émotionnel à un autre aussi brusquement ?
Rapidement, il sortit de la cuisine. Je décidai de le suivre parce que je ne pouvais pas laisser les choses telles qu'elles étaient.
« Edward, attends ! », criai-je.
D'un pas vif, il se rendit dans son bureau. Violemment, il claqua la porte que je rouvris.
Il se trouvait au milieu de la pièce, essoufflé. Lançant tout ce qui se trouvait sur son passage à travers la pièce.
« Tu m'avais dit que ça ne changerait rien ! Tu m'as menti ! », cria-t-il.
Je m'approchai prudemment de lui et lui saisit le bras.
« Edward, je… »
« Lâche-moi ! », hurla-t-il.
Dans un reflexe d'auto-protection, il se dégagea de ma prise. Et dans ce geste désespéré de se libérer, sa main vint claquer durement contre ma joue. Sous la violence du choc, je me retrouvai au sol, interloquée.
Je reculai le plus rapidement possible afin d'être loin de lui. Je n'avais pas pu empêcher mon corps d'agir ainsi. De vieux souvenirs en étaient assurément à l'origine.
Il me regarda avec horreur, figé, ses traits déformés par la douleur.
Puis après quelques secondes qui me parurent être une éternité, il vint précipitamment s'agenouiller à mes côtés et tenta de me prendre dans ses bras.
Tétanisée, je le laissai faire, tandis que les larmes inondaient mes joues.
« Oh, je suis tellement désolé. Bella… Ma Bella… Mon amour. Pardonne-moi. Je ne voulais pas. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Tu sais que je ne te ferai jamais de mal, n'est-ce pas ? Oh, ne pleure pas mon cœur. »
Il avait beau dire ça, il m'avait déjà pourtant fait du mal. Il semblait qu'il ait déjà oublié.
« Parle-moi. Dis-moi que tu me pardonnes. J'ai tellement besoin de toi. Tu es mon avenir comme moi je suis le tien. », continua-t-il à débiter avec incohérence.
Il prit mon visage entre ses mains et le parsema de baisers qui se voulaient réconfortants.
Malgré cela, je sentis ma joue me tirailler de plus belle. J'avais vraiment besoin de soulager cette douleur physique, mais émotionnelle aussi.
« Edward, tu cesseras donc jamais de faire du mal. Tu n'en fais pas seulement à moi, mais à toi-même aussi. »
Il me regarda, interdit.
« Non, non, ne dis pas ça. J'essaierai de faire mieux. Je veux vraiment y arriver, tu sais. J'essaie de me maîtriser mais c'est si difficile. C'est une lutte permanente avec moi-même. »
« Alors… laisse-toi aider. »
« Non, je suis désolé, mais je ne peux pas. », fit-il, les yeux larmoyants.
« Mais pourquoi ? », murmurai-je.
« Je ne veux pas qu'ils… qu'ils me fassent du mal. »
« Mais qu'est-ce qui te fait dire ça ? »
Soudainement, il se leva.
« Je vais aller chercher de la glace pour ta joue. Si on ne fait rien maintenant, tu auras probablement une marque. », fit-il, abattu.
Il tourna les talons et sortit sans que je n'aie pu ajouter quoique ce soit.
Pour une raison quelconque, son comportement apathique maintenant me gênait encore plus que l'hostilité ouverte qu'il avait montrée.
Hébétée, je restai sur le sol et essayai de réfléchir et de comprendre convenablement mais n'y parvins pas.
Tout s'était passé si vite.
Je ne savais pas quoi faire pour le convaincre. Je me sentais tellement inutile et démunie de tout. En l'espace de quelques minutes, mon monde s'était effondré. Juste parce que j'avais été trop directe.
Tout ceci était de ma faute. Si je ne lui avais pas dit toutes ces choses, nous n'en serions pas là, à présent.
Il revint quelques instants plus tard avec une poche de glace. Il s'agenouilla et posa délicatement la poche sur ma joue endolorie.
Je le regardai et ne pus m'empêcher de le voir si perdu, défait, cassé. Et le voyant de cette façon, mon cœur me fit mal.
Si quelqu'un m'avait demandée ce que je pensais à ce moment, je ne serais pas en mesure de répondre.
J'étais en plein conflit avec moi-même. Je n'arrivais pas être cohérente surtout en le voyant ainsi, si dévasté, désolé…
Finalement, je ne savais plus trop ce qui était normal et ce qui ne l'était pas. Je n'arrivais plus à faire la part des choses après tout ce qui c'était passé. C'était trop pour moi.
« Je ne laisserai plus ce genre de chose arriver. Je t'en fais le serment. », murmura-t-il en posant doucement ses lèvres sur ma joue enflée.
Je sursautai de douleur mais de peur aussi.
« S'il te plaît, dis-moi que tu me pardonnes. »
Je le regardai une nouvelle fois et fut touchée par ce que je vis.
Je n'étais plus capable de garder mes pensées inquiétantes dans mon esprit. Je voyais juste le visage d'Edward hanté par la douleur.
Je pouvais sentir son affliction comme si c'était la mienne.
Alors naturellement, j'hochai la tête.
Je ne savais pas si ce geste violent était volontaire ou pas. J'étais trop confuse pour m'en rendre compte. Mais de voir toute cette peine dans ses yeux n'était qu'une raison supplémentaire pour lui pardonner.
Visiblement, le soulagement le gagna. Il me sourit et me serra très fort contre lui.
« Merci, merci, merci… », répéta-t-il inlassablement. « Que ferai-je si je ne t'avais pas ? Tu es tout pour moi. »
Il y avait tellement de choses que j'aurais voulu dire à ce moment-là, mais mon esprit était rempli d'un tourbillon d'émotions contradictoires, qui m'empêchait de penser justement.
Nous restâmes ainsi, sur le sol froid de son bureau. Je ne sais pas ce que nous attendions, ce qui allait se passer par la suite. J'étais perdue, complètement. Cependant, un éclair de lucidité me vint. Même si je désespérais qu'il abdique enfin.
« Edward, tu veux le meilleur pour nous deux, n'est-ce pas ? »
Il me dévisagea, pas sûr de ce qu'il devait dire.
« Oui, bien sûr. », fit-il enfin.
« Va voir un médecin et parle-lui de ton problème. »
« Non ! Tout mais pas ça. », dit-il en essayant de contenir son irritation évidente.
« Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour moi. Tu ne peux pas rester comme ça, Edward. Tu as besoin d'aide. »
« Non, je refuse. »
Je soupirai, ne sachant plus quoi dire pour le convaincre.
« Je pensais que tu tenais à moi. Visiblement, j'avais tort. »
Il exhala et me regarda intensément.
« Tu sais bien que c'est faux. », fit-il, outré.
« Alors prouve-le moi. Fais-le. »
« Non. Je n'ai pas besoin de ça. J'ai juste besoin de toi. Je vais beaucoup mieux depuis quelques jours et ce, depuis que tu es là. Tu es mon remède. », dit-il en m'étreignant. « Je n'ai besoin de rien d'autre. »
Lentement, je posai ma main sur sa tête et caressai ses cheveux soyeux.
« Veux-tu que nous parlons de ce problème ? »
Je le sentis se raidir dans mes bras.
« Non. S'il te plaît, n'en parlons plus. », souffla-t-il. « Par contre, si une autre crise se déclare, je te promets de faire quelque chose, d'accord ? »
Que pouvais-je répondre à ça ? Je savais bien que cette promesse ne pourrait jamais être tenue. Il ne s'agissait que d'une pure chimère faite pour m'embobiner.
« Je serai toujours là pour toi. Mais honnêtement… Edward, tu recommenceras. »
Il ne dit rien. A la place, il resserra la prise qu'il avait sur moi.
Le trop plein d'émotions eut raison de moi. J'en avais assez de lutter contre tout ça alors je lâchai prise et pleurai. Je pleurai pour lui, pour moi…
Le temps s'était écoulé ainsi sans que l'un de nous ne fasse un geste pour se détacher de l'autre. Je ne me rappelle plus de ce qui s'est passé après ça. Je me souviens juste que les jours qui suivirent me semblèrent longs et que le malaise que j'avais eu ce jour là ne m'avait jamais quittée. Ce marasme semblait s'être imprégné dans chaque fibre de mon être.
Néanmoins, un sentiment bien plus fort était venu se mêler à lui.
Un sentiment qui avait outrepassé ce malaise constant. Un sentiment bien plus fort qui s'était peu à peu manifesté en moi. Il était tellement évident, clair, limpide maintenant que j'y pensais. Comment n'avais-je pas pu le voir avant ?
L'amour…
Je l'aimais.
J'aimais tout de lui. Le bon comme le mauvais. Toutes les facettes de sa personnalité particulière.
C'était peut-être le déclic qu'il me fallait. Si j'acceptais ce qu'il m'avait fait et qu'il me ferait peut-être encore, alors l'amour que je lui portais était sans doute bien plus supérieur à ce que je pensais.
Peut-être m'aimait-il aussi. C'est ce que j'aimais à penser. Même si ses sentiments étaient faussés par sa nature instable. Mais il semblait que cet amour était malsain et qu'à long terme, il pouvait nous détruire.
Et pourtant, aussi difficile que cela serait, je ne voulais pas l'abandonner. Parce que même si je n'étais pas objective, j'avais envie de croire que l'amour serait plus fort que tout.
Vivre sans lui était inconcevable. Il était la seule personne qu'il me restait maintenant. Je ne savais pas combien de temps j'allais pouvoir endurer tout ça, mais peu importe, je tiendrai le coup pour lui, pour moi, pour l'amour inconditionnel que j'avais pour cet être fragile. Edward était devenu indispensable à ma vie. Aussi indispensable que l'air pour respirer.
Aussi longtemps qu'il voudrait de moi, je serai là, à ses côtés.
« Tu viens ? Alice t'attend. », fit Edward me ramenant au moment présent.
J'acquiesçai et tournai la tête dans sa direction.
Ses lèvres se posèrent sur les miennes tendrement. Et par ce simple baiser, j'oubliai pour un bref instant les mauvais moments et ne pensai qu'à l'homme que j'aimais.
L'ignorance n'est-elle pas plus belle à la vérité
L'ignorance n'est-elle pas plus belle à la vérité
N'évite-t-elle pas de se sentir écorché
L'ignorance est bien plus douce
Même si, persiste le doute
Savoir le pire n'est pas le meilleur moyen de se reconstruire
Juste le meilleur moyen de salir les doux souvenirs
Je préfère l'ignorance
Et te garder là
Tout près de mon cœur...
Et penser que notre histoire fut la plus belle
Ne rien salir... ne rien regretter
S'en aller... pouvoir regarder derrière
Et se dire
Comme c'était doux
Ne rien regretter... ne rien salir
Te garder tout près de mon cœur
Avec tous nos moments de bonheur
Même si mon cœur est tout écorché
Même si j'en crève de cette pensée
Je te garde là... tout près de mon cœur
Et fermer une parenthèse
Fermer notre parenthèse
Et intact tout garder
Là tout près de mon cœur
Lau.
Poème trouvé sur www . poeme – France . com
* http : / / www . mocp . org /
Alors ça vous a plus ? *se cache derrière son écran, craintive* lol Je vous avouerai que ce chapitre a été difficile à écrire (j'ai l'impression de toujours dire ça. lol Mais là, il l'a été plus particulièrement.) Pas facile avec la psychologie complexe de ces deux personnages.
Je pense que certaines me demanderont pourquoi Bella et Edward n'ont pas parlé lorsqu'ils sont rentrés de leur dîner *se racle la gorge* puisque c'est ce qui était censé se passer logiquement. Disons qu'ils avaient d'autres activités beaucoup plus… comment dire… importantes à faire avant de discuter. Si vous voyez ce que je veux dire. *rougis fortement*
Maintenant, réponse à la question de Tessa qui me demandait pourquoi Bella était aussi indulgente et aussi éprise de son kidnappeur. Je ne pense pas révéler grand-chose en disant qu'elle « pourrait » (mais là c'est plus qu'une supposition) être atteinte du syndrome de Stockholm.
Petit rappel de ce que c'est :
Le syndrome de Stockholm est un phénomène psychique caractérisé par un sentiment de confiance, parfois même de sympathie, que développe une victime de prise d'otages envers ses ravisseurs. Ce sentiment peut aussi apparaître chez le ravisseur qui se laissera influencer par la victime.
Ce phénomène serait dû à l'intimité créée par un lieu partagé pendant une longue période. L'intimité permet un rapprochement dans un sens ou dans l'autre (le bien ou le mal).
La capacité des ravisseurs à justifier leur acte et aucune manifestation de haine de leur part envers leurs victimes favorisent le dialogue en créant un climat de confiance. La volonté de survivre, consciemment ou non, peut aussi justifier une victime à être sympathique à leur cause ou du moins aux ravisseurs.
La violence conjugale ou les mauvais traitements infligés aux enfants peuvent aussi déclencher chez certaines victimes le syndrome de Stockholm.
Informations trouvées sur : http : / / www . pause . pquebec . com / sujet / syndrome - de - stockholm . htm
Je voulais ajouter une chose pour compléter cela et qui pourrait peut-être vous éclairer davantage. Le fait que Bella ait perdu ses parents et qu'elle n'ait absolument aucune attache affective (pas d'amis, de petit ami), n'a fait qu'accélérer ce processus.
Bien sûr, je ne suis pas experte en la matière. Gardez en tête qu'il s'agit d'une fiction.
J'espère avoir répondu à ta question Tessa. Je suis sûre que cette explication en a éclairé plus d'une (enfin je l'espère lol).
Passons aux fics que j'affectionne et que je vous conseille :
Mourir par amour» by Mzlle-Moon
Stolen» by Ptite Vampire
MON MAITRE, MON AMOUR» by chouchoumag
Passing By» by LiLi26
L'éducation sexuelle de Bella Swan» by Lolita-nie-en-bloc
The Blizzard» by sheviking (fic en anglais)
First Edition» by lambcullen (fic en anglais)
Edward Wallbanger» by feathersmmmm (fic en anglais)
Félicitations à celles qui sont allées au bout de cette note. Lol
Bonnes vacances à celles qui ont la chance de l'être (je fais partie de ces chanceuses *tape des mains, excitée à l'idée de partir en vacances samedi *)
A bientôt…
Je vous embrasse
Sandrine
