Bonsoir tout le monde !

J'ai plein de choses à vous dire. Comme d'habitude finalement. Lol

Tout d'abord, merci à Sandrine (ça ne s'invente pas) d'avoir écrit la 1000ème review de cette fic. Et merci également à tous ceux qui ont pris le temps de m'en faire. D'ailleurs, j'espère avoir répondu à tout le monde.

Je tenais aussi à remercier les sans compte.

Donc merci à :

Sandrine, j0hann-a, June-en-Juin, Fillingstar, Death-eternity, Houda, Soraya, Marie, Marion, Luna, Lucy, Creature67,x-l-twilight-x, LFX, Ocania, majea, PrincetonGirl818, Pixie Girl, laccro, PatiewSnow, couuline, aulandra17, Ilonka.

Toutes vos reviews m'ont beaucoup touché. Vraiment.

Et puis un gros câlin à ma béta, So, qui malgré le peu de jours de repos dont elle dispose, prend toujours le temps de me corriger. Merci infiniment ma belle pour ta disponibilité et ta rapidité !

J'ai encore des choses à vous dire. Je vous donne donc rendez-vous à la fin de ce chapitre. A tout de suite…

Chapitre 14

« On ne peut exprimer le trouble qu'apporta la jalousie dans un cœur où l'amour ne s'était pas encore déclaré. »
Zaïde
Madame de Lafayette

« Peux-tu lui demander de monter, s'il te plaît ? », murmurai-je en posant une main sur sa joue.

Edward m'analysa un instant. Je lui souris et le regardai intensément, avec dévotion en espérant qu'ainsi, il perçoive en moi ce sentiment nouveau qui m'avait envahi et qui m'était encore étranger il y a peu de temps de cela. Ce qu'il vit eut l'air de le convaincre puisqu'à son tour il me sourit et déposa un baiser franc sur mon front. Je fermai les yeux, appréciant le contact de ses lèvres sur ma peau. Je me rendis compte que chaque démonstration d'affection qu'il me donnait était comme une preuve supplémentaire de son attachement à moi. J'espérais même qu'elle signifiait bien plus que cela.

Après m'avoir prise dans ses bras, il s'éloigna de moi et se dirigea vers la porte qu'il ouvrit. Il s'apprêtait à partir quand soudain, il tourna sa tête dans ma direction et me regarda une dernière fois avec encore bien plus de force que quelques instants plus tôt. Si j'avais eu encore des doutes sur ses sentiments envers moi, à ce moment-là, ils s'étaient vite envolés tant l'intensité des émotions qu'il dégageait était à son summum. Aucune parole n'était nécessaire. Seuls ses yeux parlaient, et le trouble que cela m'apporta me fit presque pleurer.

Je me retins de me jeter dans ses bras et de lui dire à quel point je l'aimais. Je ne savais pas ce qui m'en empêchait. La peur sans doute. Même si le risque qu'il me dise que mon amour n'était pas réciproque et qu'il me rejette était minime. La personnalité d'Edward était telle que n'importe quelle réaction était possible car sa perception de l'amour n'était pas la même que la mienne. Edward était possessif envers moi. Je savais que le désir de possession était l'une des composantes de l'amour, mais lorsqu'il était essentiel et permanent, était-ce encore de l'amour dont il était question, n'était-ce pas plutôt de la peur ? Pour ma part, posséder, c'est ne pouvoir aimer qu'à portée de main et de regard. Sans l'impression de contrôler l'autre, la peur panique, irrépressible, peut se manifester brutalement. Et ça, Edward me l'avait déjà démontré plus d'une fois.

Par moment, j'étais bien consciente que je me torturais trop l'esprit. Surtout lorsqu'il s'agissait de lui. Il fallait que je trouve des excuses pour tout. J'avais des preuves plus que concrètes mais je ne pouvais m'empêcher de douter encore. J'avais trop peur d'être déçue. Mais au-delà de ça, je craignais de souffrir encore une fois.

Lorsqu'il fut parti, je me tournai vers la fenêtre et reportai mon attention sur la vue plus que magnifique que me donnait cet endroit de la maison. Après quelques minutes, je décidai d'aller m'assoir sur le lit en attendant qu'Alice vienne me rejoindre.

Car depuis quelques jours, si certaines choses avaient évolué entre Edward et moi, cela eut tout de même quelques petites conséquences. Rien de fâcheux, Edward estimait juste qu'il était temps pour moi de comprendre que je pouvais avoir confiance en lui comme lui avait confiance en moi. Et cela se traduisait par des petites initiatives qu'il prenait. Comme la fameuse fois où il crut bien faire en prenant la décision de nous rendre au bal de charité annuel. Je ne sais pas pourquoi Edward estima bon de faire ça. Peut-être pensait-il que la première fois que nous en avions discuté, je n'avais pas montré autant d'enthousiasme par pure politesse. Ou peut-être voulait-il me donner une chance de rencontrer son père ? Je préférais penser que c'était pour cette deuxième raison. Même si je n'aimais pas trop ce genre de manifestation, la perspective de le rencontrer éclipsait tout le reste.

Alors que j'étais toute à mes réflexions, quelqu'un toqua à la porte. Avant même que je ne puisse dire quoique ce soit, une tête apparut dans l'entrebâillement de la porte. Alice, un sourire jusqu'aux oreilles, se matérialisa.

« Hello Bella ! », s'exclama-t-elle en entrant dans la chambre les bras chargés de plusieurs vêtements couverts de housses de protection.

« Bonjour Alice. », fis-je à mon tour.

Je me levai et comme la dernière fois, elle m'étreignit chaleureusement, me surprenant encore une fois par son côté bienveillant. Mais bien vite, je me repris et la serrai à mon tour contre moi.

« Je suis tellement contente qu'Edward ait cédé. », dit-elle en s'éloignant de moi et en se précipitant vers les vêtements qu'elle avait posés sur le lit. « Je ne pensais pas qu'il abdiquerait aussi facilement. »

« Tu as dû trouver les mots justes, Alice. », concédai-je

« Non. », fit-elle en secouant la tête. « D'habitude c'est pas aussi simple, crois-moi. Je dois batailler ferme pour obtenir ce que je veux de lui. Je suis sûre que c'est grâce à toi s'il a accepté. Tu as un réel pouvoir sur lui, c'est plus qu'évident. »

Je rougis bien malgré moi face à ses dires.

Je pensais aux efforts qu'il voulait faire pour moi, à sa façon de se comporter autour de moi, à tout ce qu'il faisait pour me plaire. Je ne pouvais que constater l'évidence elle avait raison. Edward ferait tout pour me satisfaire afin que le mauvais de ce que nous avions vécu ne soit plus qu'un mauvais souvenir et me montrer ainsi qu'il pouvait être quelqu'un d'ordinaire.

« Je regrette seulement qu'on ne puisse pas faire les boutiques toi et moi. », se désola-t-elle tandis qu'elle sortait des robes plus merveilleuses les unes que les autres de leur housse. « Mai je ne pensais pas que le temps serait contre moi. J'ai tellement de choses à faire dans les prochains jours. C'est tout juste si j'ai trouvé le temps de venir aujourd'hui. »

« D'ailleurs, à ce propos, merci de t'être déplacée, Alice. »

« Oh, je t'en prie. », dit-elle en balayant l'air de la main. « Je suis vraiment contente que tu veuilles porter l'une de mes créations. »

« Je n'aurais pas voulu porter autre chose. Et puis honnêtement, c'est plutôt à moi d'être flattée d'en porter une. Surtout après les échos que j'ai eus sur ton défilé. Je suis tellement contente pour toi, Alice ! Tu le mérites vraiment. »

Elle sourit vivement et inclina légèrement la tête sur le côté.

« C'est vrai. J'ai vraiment travaillé très dur pour en arriver là et de voir que la presse et les critiques de mode sont unanimes ça… ça a regonflé mon orgueil. », dit-elle, songeuse en posant un doigt sur son menton. « Oui, c'est carrément génial ! J'ai atteint un pallier supplémentaire. J'en ai encore pas mal d'autres à franchir, mais je ne désespère pas. Je sais qu'un jour je serai aussi connue que Karl Lagerfeld. »

« Tu y arriveras, je ne m'en fais pas pour toi. », fis-je en m'avançant vers les robes qu'Alice avait posées sur le lit. « Je suis très excitée à l'idée de porter l'une de tes robes. », déclarai-je en m'émerveillant devant elles.

« Attends de les essayer avant de dire ce genre de choses. », fit-elle, faussement gênée.

Je souris. J'aimais bien sa fausse modestie.

« Tu vas être magnifique ! », s'enflamma-t-elle soudainement, en tapant des mains et en sautillant sur place. « Je t'ai apporté mes préférées et certaines dans les tons qu'Edward voulait. »

« Edward t'a fait cette demande ? », demandai-je, surprise, mais ravie aussi, qu'il ait fait cette requête.

« Oui. Il trouve que le bleu est l'une des couleurs qui te va le mieux. Et je dois dire qu'avec ton teint, il a sûrement raison. » Déclara-t-elle en me désignant une robe bleue royal. « Nous avons plus qu'à l'essayer pour le confirmer. »

Je pris le vêtement et caressai le tissu soyeux.

« Allez, va vite l'enfiler ! », me poussa-t-elle jusqu'à la salle de bain.

Une fois enfermée à l'intérieur, j'ôtai mes vêtements et me vêtis soigneusement d'une somptueuse robe longue, très décolletée, avec une broderie argentée cousue sous la poitrine. Elle était très belle mais lorsque je me vis dans le miroir… Je ne sais pas… Je la trouvais trop « tape à l'œil », trop sensationnelle pour ce genre de manifestation. Je préférais ne pas me faire remarquer. C'est pourquoi, une robe plus discrète était ce qui me semblait être le plus adapté pour moi. Quelque chose de plus sobre, de plus simple peut-être. Comme j'aimais penser l'être. Quelque chose qui refléterait ma personnalité, me montrerait telle que j'étais.

« Alors ? Tu me montres ? » S'impatienta Alice.

Je soupirai et ouvris la porte.

Lorsqu'elle me vit, elle en resta bouche bée.

« Tu es superbe ! », s'extasia-t-elle. « Edward a raison, le bleu est définitivement la couleur qu'il te faut. »

Même si elle avait dit l'inverse, je n'aurais voulu pour rien au monde porter une autre couleur. S'il aimait le bleu, alors je choisirai un vêtement dans cette teinte.

« Je ne sais pas, Alice. Je la trouve jolie mais il y a quelque chose qui me gêne. », fis-je en me regardant dans le psyché. « J'aimerais quelque chose de plus simple. J'aimerais une tenue dans laquelle je me sente à l'aise. »

« Elle te va vraiment bien pourtant. Mais il n'y a pas de souci, si tu ne te sens pas à l'aise dedans, on va te trouver autre chose. J'en ai encore plein d'autres à te proposer. », me rassura-t-elle en m'en tendant une autre. « Ne perdons pas de temps et passons à la suivante. »

J'en essayai plusieurs plus belles les unes que les autres. Mais aucune ne trouvait grâce à mes yeux malgré les encouragements d'Alice.

Il ne me restait plus qu'une seule robe à essayer. Elle était mon dernier espoir.

Alice me la montra et je ne sus pas pourquoi mais j'étais convaincue que c'était ce que je voulais, celle qu'il me fallait. Maintenant, il ne me restait plus qu'à prier pour qu'elle m'aille.

Je me précipitai dans la salle de bain et la mis en toute hâte. Et par bonheur, elle m'alla parfaitement. Je me sentais bien en elle. La couleur qu'Edward voulait, un décolleté peu apparent, ma taille mise en valeur. Une magnifique robe bustier simple, sans broderie tape à l'œil. De la simplicité, tout ce que j'aimais.

Je courus presque en direction de la chambre tellement j'étais excitée à l'idée d'avoir trouvé ma tenue.

Lorsqu'Alice me vit, elle sourit. Et par ce simple sourire, je compris qu'elle approuvait mon choix.

« Elle a été faite pour toi. », constata-t-elle.

Je souris de contentement de l'entendre dire cela.

Vu ma taille moyenne, Alice concéda que c'était exactement le genre de robe qu'il me fallait. Cependant, elle dut procéder à quelques petites retouches pour qu'elle soit à la longueur parfaite.

Nous restâmes silencieuses quelques instants, chacune de nous deux absorbée par nos pensées. Ce qui était étonnant venant d'Alice, elle si loquace habituellement. Elle ne m'avait, jusqu'à maintenant, jamais habituée à ça. C'en était presque gênant.

Je la regardai faire. Elle était très habile et savait ce qu'elle faisait. J'étais certaine que le résultat final serait vraiment bien. J'espérais qu'Edward serait également charmé par ses talents de créatrice.

Je voulais vraiment que ça lui convienne, que mon choix de robe lui plaise. Je voulais voir dans ses yeux à quel point il me trouvait belle en elle.

Je me surpris à sourire. Je donnais beaucoup d'importance à ce qu'il pouvait penser.

Il était devenu mon monde.

Il était rare que je ne songe pas à lui. Il hantait véritablement toutes mes pensées, à chaque instant de la journée. Je ne pensais qu'à lui. Et quand je le faisais mon cœur se gonflait d'amour. Si je fermais les yeux et le visualisais, je ne voyais que son sourire, ses yeux envoutants, son corps puissant… Et si mon esprit pensait à lui de cette façon, mon corps et mon cœur s'enflammaient. Mais si j'allais au-delà de l'aspect physique, je ne voyais que l'être blessé, meurtri par le poids de la culpabilité. Un homme complexe, en somme, mais terriblement fascinant.

Je voulais l'aider. J'étais prête à tout pour ça. J'espérais être à la hauteur de cette tâche qui me semblait presque insurmontable, avoir les épaules assez solides pour tout assumer. J'osais croire qu'un jour nous trouverions une solution à son problème. Que j'arriverais à le persuader d'aller voir un spécialiste. J'avais foi en lui. Même si ça prendrait du temps et que le chemin pour y parvenir serait semé d'embuches, nous allions y arriver.

« Alice ? »

« Humm ? », fit-elle alors qu'elle avait une épingle entre ses lèvres.

« Je peux te poser une question ? »

Elle leva la tête dans ma direction et finalement se redressa.

« Bien sûr. », dit-elle après avoir enlevé l'épingle de sa bouche.

« Je repensais à la discussion que nous avions eu la dernière fois concernant Edward. »

« Oui… Et qu'aimerais-tu savoir ? » Me demanda-t-elle dans l'expectative.

« Je me demandais si… En fait je sais à quel point il a été difficile pour lui comme pour vous tous de surmonter la perte de votre mère. Et je me demandais si… si Edward avait été suivi médicalement après l'accident. »

Elle me regarda longuement et finalement se ragenouilla pour reprendre ce qu'elle était en train de faire.

« Il ne t'a rien dit ? », me demanda-t-elle.

« A vrai dire, rien à propos de ça. »

« Je ne pense pas que ça soit à moi de t'en parler. », dit-elle en levant les yeux vers moi. « C'est quelque chose de très personnel. Et peut-être a-t-il ses raisons pour ne pas l'avoir fait. »

« Oui, je comprends, Alice. Mais…euh… Disons qu'il se ferme dès que j'essaie de lui en parler. »

Soudainement le malaise s'installa entre nous. Et je m'en voulais d'en être la cause. Cependant, le désir d'obtenir certaines réponses à mes questions surpassait tout ça.

« J'essaie juste de comprendre certaines choses, Alice. »

« Pour quelle raison ? Je veux dire, a-t-il fait quelque chose de mal ? T'a-t-il fait du mal ? », s'alarma-t-elle.

« Non, ce n'est pas ça. », mentis-je. « C'est juste son comportement qui m'inquiète de temps à autre, rien de plus. J'aimerais l'aider mais je ne sais pas quoi faire pour qu'il se sente mieux. J'ai pensé… Excuse-moi. Laisse tom… »

« Il a vu un spécialiste juste après l'accident. », me coupa-t-elle. « Mais il semblerait que ça n'ait pas suffi à résoudre ses problèmes. J'ai même l'impression que ça a empiré les choses. »

« Oh ! », fis-je surprise par son aveu.

« Mais bon… de toute façon, il a décidé de tout arrêter de lui-même. Les traitements, les consultations… Tout. Il nous a affirmé qu'il allait mieux même si nous ne sommes pas dupes et que nous nous sommes bien rendus compte que rien n'avait changé. Il nous a dit qu'il pouvait gérer seul et qu'il n'avait pas besoin de tout ça. »

Je hochai la tête dans la compréhension. Même si, encore une fois, beaucoup de choses m'échappaient. J'essayai de trouver un sens à tout ça, mais n'y parvins pas.

Pourquoi avoir fait ça ? Pourquoi avoir refusé cette main tendue ?

« Peut-être que le traitement n'était pas adapté. Ou que le spécialiste qu'il est allé voir ne lui convenait pas. Il n'a peut-être pas réussi à le mettre en confiance. », pensais-je tout haut.

« Peut-être. », dit-elle pensive. « Quoiqu'il en soit, nous avons déjà essayé de lui en parler à plusieurs reprises, mais il ne veut rien entendre. Peut-être que toi, tu y parviendras. »

Je l'espérais aussi. De tout cœur.

Elle termina sa tâche sans que l'une de nous deux ne reparle d'Edward.

« Bien. », déclara-t-elle. « J'en ai terminé avec ta robe. Maintenant, on va choisir les chaussures. » S'enthousiasma-t-elle.

J'avais oublié ce détail. J'espérais qu'elle ne me fasse pas la totale.

Mais malheureusement après les chaussures, nous choisîmes la pochette, la coiffure que je devrais porter ce soir-là et même le maquillage ! Aucun détail n'avait été mis de côté.

« Bon, je pense qu'on a tout. Je fais au plus vite pour les retouches et je te recontacte. Tu as un numéro de portable où je pourrais te joindre ? »

Le sang afflua à mon visage et sur l'instant, je me sentis bête de lui dire que je n'en avais pas. En fait, si, j'en avais un, mais il semblerait qu'Edward me l'ait pris. Et j'ignorai ce qu'il en avait fait.

« Et bien, je n'en ai pas. »

La bouche d'Alice forma un 'O' d'étonnement.

« Tu veux rire ? »

« Non. Je t'assure, je n'en ai pas. »

« Ok. Alors, si je veux te joindre, je dois passer par Edward ? Non, non, non… Il va falloir remédier à ça. »

« Tu sais, je peux très bien vivre sans. »

Après sa bouche, ce sont ses yeux qui exprimèrent le choc.

« Pas dans mon monde, Bella ! », s'indigna-t-elle. « Tu sais, maintenant, tu peux en avoir un, à petit forfait. Imagine que tu tombes en panne de voiture, un jour. Et bien, tu seras bien contente d'en avoir un. Et pour tes recherches d'emploi, c'est indispensable. »

« D'accord, d'accord… » Abdiquai-je en levant les mains en l'air. « J'essaierai de m'en acheter un dès que je peux. »

« Tu sais quoi, on va faire mieux que ça. Je vais t'en procurer un. Je connais quelqu'un qui a une boutique de téléphonie mobile. Je suis sûre qu'il m'en vendra un très sympa à bon prix. »

Je n'eus pas le temps de répliquer qu'elle me prit dans ses bras et sortit de la chambre précipitamment.

Je n'étais pas certaine que cette histoire de portable réjouisse Edward. D'ailleurs, je ne préférais pas lui en parler pour le moment. Surtout après tout ce que nous avions vécu ces derniers temps. J'étais trop fatiguée pour le défier, pour le moment.

Les jours nous séparant du gala de charité passèrent assez vite. Alice était revenue la veille de la soirée afin de me faire essayer la robe une dernière fois. Malgré le temps qui était contre elle, elle était parvenue à faire les ajustements. Je me demandais où elle trouvait toute cette énergie et surtout cette bonne humeur dont elle faisait preuve à chaque instant.

Après l'essayage, elle m'expliqua qu'elle repasserait le lendemain m'aider à m'habiller, à me maquiller et à me coiffer. J'eus beau lui dire que je pouvais me débrouiller seule, mais elle ne voulait rien entendre et me promit d'être là assez tôt pour que nous puissions disposer de tout le temps nécessaire afin d'être parfaites.

Edward m'avait demandé comment était ma robe et comme me l'avait ordonné Alice, je lui révélai seulement la couleur. Il semblait ravi que mon choix se porte sur le bleu. Je l'avais vu dans ses yeux et au léger sourire qui s'était dessiné sur ses lèvres.

Les derniers jours en sa compagnie furent calmes mais assez ennuyeux. Je commençais à tourner en rond, tel un lion en cage. J'en avais assez de faire tout le temps la même chose. J'avais lu beaucoup de livres, regardé la télévision un incalculable nombre d'heures, fait une multitude de pâtisseries... et pour mon plus grand dam, très peu de sorties.

Edward restait de nombreuses heures enfermé dans son bureau. Je m'étais alors demandée pourquoi il ne se rendait jamais dans la société où il travaillait avant que je ne fasse partie de sa vie. Je pensais qu'il serait plus pratique pour lui de faire de cette façon. Je lui en avais fait une fois la remarque. Il m'avait alors confié, qu'il s'était arrangé avec ses employés pour pouvoir bénéficier de quelques jours de repos. J'avais presque eu du mal à contenir mon hilarité en constatant que nous n'avions apparemment pas la même définition de ce mot. Me voyant pour le moins dubitative, il avait voulu se justifier en me révélant que même s'il avait délégué certaines affaires à quelques uns de ses subordonnés, d'autres ne pouvaient être traitées que par lui. Et que, certes, il travaillait toujours mais ce n'était rien de comparable aux horaires qu'il effectuait habituellement. Là, il pouvait se permettre d'écourter ses journées de travail pour mieux se consacrer à moi.

Je voyais bien qu'il faisait des efforts pour être présent, et ainsi me satisfaire. Mais était-ce suffisant pour briser cette monotonie pesante que je ressentais ? Non, hélas.

C'est pourquoi, cette soirée qui, au départ me rendait nerveuse et peu enthousiaste, s'avérait être presqu'une bénédiction pour moi. J'allais pouvoir sortir et peut-être même discuter avec des gens. Chose qui, quelques jours seulement auparavant, ne m'aurait en rien réjouie. Même si l'angoisse était toujours là, elle n'était plus aussi oppressante. On pouvait même dire que j'étais exaltée par la perspective de cette soirée.

Le samedi arriva donc. Et l'excitation prit le pas sur la nervosité.

Alice arriva très tôt le samedi. Elle prit soin de moi de la tête aux pieds. Gommage, masque, maquillage, coiffure… étaient entre autres choses ce qu'elle m'avait réservés.

Moi qui n'appréciais pas trop ce genre de futilité, je devais dire qu'à son contact je m'étonnais à aimer.

Alice avait ordonné à Edward de nous laisser tranquilles. Elle voulait que ce soit une surprise. Il accepta sans broncher et s'enferma une nouvelle fois dans son bureau.

Je me demandais si cette pièce n'était pas également un endroit qui lui servait d'échappatoire.

Après avoir enfilé ma robe et mes chaussures, je fus fin prête.

Alice me regarda en souriant, visiblement ravie de ce qu'elle voyait.

« Tu es parfaite ! », déclara-t-elle en me jaugeant de la tête aux pieds. Je suis sûre qu'Edward appréciera. »

Je rougis bien malgré moi et me regardai dans le miroir.

C'était à peine si je pouvais me reconnaître. Le maquillage, la tenue et la coiffure faisaient leur petit effet, je devais bien l'admettre.

Alice se prépara à son tour et ressortit en un temps record de la salle de bain. Elle était vraiment belle avec sa robe rouge, ses cheveux savamment peignés et son maquillage parfait. En même temps, j'étais persuadée que peu importe ce qu'elle portait, elle serait toujours aussi sensationnelle.

Alors que nous faisions des petites retouches maquillages, nous entendîmes la sonnette de la porte d'entrée. Il s'agissait certainement de Jasper qui, comme convenu, devait venir chercher Alice pour se rendre au gala.

« Ah, ça doit être Jasper ! », fit-elle toute excitée. « Alors voilà ce qu'on va faire. Je descends la première. Attends cinq minutes avant de nous rejoindre. Je veux absolument voir la tête que fera Edward en te voyant. »

Je hochai la tête, un peu étourdie par ce qui allait arriver.

Elle me sourit et me prit dans ses bras afin de me rassurer.

« Tu es vraiment magnifique, Bella. Je n'ose pas imaginer le nombre de jalouses que tu vas faire ce soir. »

« Oh ça, je ne sais pas. Et puis peu importe, tout ce que je veux c'est que ça plaise à Edward. »

« J'en suis persuadée. Tu n'as aucun doute à avoir là-dessus, crois-moi. »

Je baissai la tête et ne pus m'empêcher de sourire en imaginant la tête que ferait Edward en me découvrant. J'avais vraiment hâte de le voir.

« Au fait, Alice, avant que tu ne partes. », l'interpelai-je alors qu'elle se dirigeait vers la porte.

« Oui ? », fit-elle en se tournant vers moi.

Je m'avançai vers elle et la pris dans mes bras.

« Merci, Alice. Merci pour tout. Pour la robe, pour t'être occupée de moi. Sincèrement, j'ai passé un agréable moment avec toi. »

« Moi aussi. J'espère qu'on aura encore plein d'autres moments comme celui-là. »

Après un dernier sourire d'encouragement, Alice s'éclipsa me laissant seule avec mes appréhensions.

Comment Edward allait-il réagir en me voyant ? Peut-être pas aussi bien qu'Alice et moi le pensions. Car plus je me regardais dans le miroir et plus je doutais des atouts physiques que je possédais et qu'Alice s'était évertuée à mettre en avant.

Je regardai la pendule jusqu'à ce que celle-ci m'indique que les cinq minutes d'attente exigées par Alice furent passées.

Je soufflai un bon coup et sortis de la chambre.

Arrivée en haut des marches, je pouvais voir Edward qui m'attendait aux pieds de celles-ci.

Et mon cœur, de le voir si beau dans son costume noir se mit à battre très fort dans ma poitrine.

Il était vraiment sublime. Et je remerciais encore plus intérieurement Alice de m'avoir aidée à me faire un tant soit peu jolie pour être à la hauteur de cet adonis.

Après ce qui me parut être une éternité, je croisai son regard. Je fus happée par ses yeux magnifiques. Et ce que j'y vis me désarçonna et me fit sentir fébrile. En eux, je pus y voir l'admiration, l'adoration et la fierté même. D'un simple regard, il avait réussi à me faire sentir belle et désirable.

Désirable, je pouvais imaginer que je l'étais à ses yeux. Mais belle, je n'avais jamais cru l'être. Même s'il me l'avait assuré plus d'une fois, j'avais toujours douté de la véracité de ses propos. Mais ses prunelles si expressives en cet instant réussirent finalement à m'en convaincre.

Je lui souris timidement et il en fit de même.

Après quelques secondes supplémentaires à s'observer, je me décidai à descendre les marches en tentant de ne pas tomber.

Je me retrouvai en bas des escaliers, face à lui, tétanisée par l'émotion.

Edward fit les pas restants qui nous séparaient et me prit dans ses bras avec force.

Il nicha son visage contre mon cou et inspira profondément.

« Tu es tellement belle, ma Bella. Je me demande si je dois te laisser sortir. J'ai bien peur que quelqu'un tombe sous ton charme et ne te prenne à moi. »

Ses paroles qui auraient pu me rassurer, me déconcertèrent bien au contraire. J'avais senti dans le ton de sa voix, une pointe d'inquiétude.

Il se dégagea légèrement de moi et me dévora une nouvelle fois du regard.

Ses yeux s'étaient assombris et devenaient pour le moins éloquents.

« Tu es vraiment la meilleure, Alice. Cette robe est… parfaite. »

« Et oui que veux-tu grand-frère, on a du talent ou on n'en a pas. »

Edward se tourna vers elle et émit un petit rire.

Surprise de voir que nous n'étions pas seuls, je me tournai à mon tour vers le couple que j'avais complètement occulté.

« Bon, ce n'est pas le tout, mais nous devons y aller. On part devant. Vous nous rejoignez là-bas. », fit Alice.

« Très bonne idée, Alice. A tout à l'heure. »

Alice et Jasper se dirigèrent rapidement vers la porte d'entrée. Et avant qu'elle se referme, je vis Alice faire un clin d'œil complice à Edward.

Une fois seuls, Edward me lâcha et s'éloigna de moi afin de prendre une boîte bleue qui se trouvait sur un meuble.

Il me fit à nouveau face et me la présenta. Je clignai des yeux à plusieurs reprises et la regardai attentivement sans vraiment comprendre. Elle était carrée et une inscription était visible sur le dessus… « Tiffany & Co ».

Ma main se porta instinctivement à ma bouche tant j'étais abasourdie.

Il ouvrit la boîte et ce que je vis à l'intérieur fit trembler mon corps d'émotion.

Une paire de boucles d'oreille ainsi qu'un collier en or blanc y étaient logés. Ils étaient magnifiques. Plusieurs aigues-marines et diamants habillaient le splendide collier. Alors qu'une unique pierre aigue-marine surmontait les boucles d'oreille.

Cette parure était tout simplement incroyable !

Après m'avoir laissée le temps d'admirer le collier, il l'ôta de son écrin et me demanda de me tourner.

Je m'exécutai et sentis ses mains s'affairer. Il plaça le collier autour de mon cou et le ferma.

Je posai une main tremblante sur celui-ci et souris, heureuse de ce présent.

Les mains d'Edward s'attardèrent sur mes épaules. Je pouvais sentir son souffle chaud contre mon cou. Des frissons de plaisirs me parcoururent l'échine, et pour un instant, je fermai les yeux et appréciai cette proximité.

« Ça te plaît ? », me demanda-t-il avant de déposer un baiser sur ma nuque.

« Oui. Beaucoup. Il est vraiment superbe. Merci Edward. », soufflai-je alors que je me retournai afin de lui faire face.

Il sourit vivement, visiblement satisfait de ma réaction et prit mon visage en coupe. Il frotta son nez au mien et posa enfin ses lèvres délicatement sur les miennes.

« De rien, mon cœur. », fit-il après voir mit fin au baiser. « Je suis heureux qu'il te plaise. Je te laisse le soin de mettre les boucles d'oreille. », dit-il en désignant les bijoux qui étaient toujours posés dans leur écrin.

Je les pris et les mis. Une fois fait, je regardai le rendu dans un miroir et gloussai involontairement en voyant les pierres briller à la lumière artificielle du rez-de-chaussée.

Habituellement, je n'aimais pas recevoir de cadeaux. Non pas qu'ils ne me plaisaient pas, c'était plutôt l'argent que les gens dépensaient pour moi qui me gênait.

Mais cette fois-ci, ce fut différent. C'était sans doute le premier cadeau personnel qu'Edward me faisait. Et bizarrement ou pas, j'y attachai une grande importance. C'était comme si j'avais un bout de lui avec moi.

« Mais j'y pense. Comment as-tu fait pour te procurer ces bijoux ? Tu n'as jamais quitté la maison de la semaine sauf pour aller te promener avec moi. », constatai-je en me tournant pour le regarder.

« Ça, c'est mon secret. », fit-il en faisant son sourire en coin.

« Ton secret ? », demandai-je, intriguée.

« Oui. », dit-il simplement en mettant ses mains dans les poches de son pantalon.

Je n'insistai pas. Et après un dernier regard dans la glace, je fis demi-tour et m'approchai d'Edward.

« Si tu es prête, nous pouvons y aller. »

J'acquiesçai et lui pris la main qu'il me tendit. Nous nous dirigeâmes vers la porte. Mais avant même que nous ayons pu l'atteindre, il s'arrêta, puis soudainement, posa ses mains de part et d'autre de mon visage et s'attaqua à mes lèvres. Sa férocité me prit au dépourvu. Mais bien vite, je me laissai porter par cette frénésie qui m'était familière. Et lorsque sa langue quémanda l'entrée de ma bouche, je la lui accordai avec plaisir. Nous nous embrassâmes toujours avec ardeur tandis que ses mains étaient partout sur moi. Je pouvais sentir après chaque passage qu'il faisait avec elles comme une chaleur persistante sur ma peau.

Je ne pus m'empêcher de gémir tant ses gestes étaient précis et sensuels sur mon corps.

Il broya ses hanches contre moi et je pus sentir nettement son désir. Et ce fait même me fit oublier où nous étions et ce que nous devions faire. Je me laissai porter par la passion dévorante qui nous consumait, sans aucun scrupule.

D'ailleurs ma soif de lui était telle que j'agrippai ses cheveux et me rapprochai encore plus de lui, si cela fut possible. Il gémit à son tour et finalement, à mon grand désarroi, rompit le baiser.

Un seul mot aurait pu définir ce que je ressentais à ce moment précis : la frustration. Elle était là, altérée par l'absence de sa bouche si douce sur la mienne. Elle avait pris possession de mon esprit et de mon corps lésés de ne pas avoir obtenu assez de lui.

Je sentis ses lèvres s'attarder dans le creux de mon cou. Sa respiration était laborieuse. Même si je ne le voyais pas clairement, je pouvais ressentir cette frustration de même envergure que la mienne. Et ne pas me savoir seule dans cet état fut en quelque sorte une petite consolation.

« Nous devons vraiment y aller. Sinon, j'ai bien peur de ne plus pouvoir me contrôler. Il faut dire que cette robe est une vraie tentation… Finalement, je ne sais pas si je dois remercier Alice. », fit-il en rigolant légèrement et en me serrant un peu plus fort dans ses bras.

Je partageai son hilarité et étreignis sa taille.

« Ce soir, lorsque nous serons revenus, tu pourras faire en sorte que cette robe ne soit plus un problème. », dis-je lascivement.

Le ton que j'avais emprunté pour dire ceci m'était totalement étranger. Mon audace me surpris, moi qui habituellement étais si peu démonstrative. Edward avait sur moi plus d'effet que je ne le pensais.

D'ailleurs, ce dernier eut du mal à dissimuler la surprise et l'amusement que mes dires lui provoquèrent.

« Je l'espère bien, mon cœur. Il me tarde d'être à ce soir, dans notre lit, pour que nous puissions finir ce que nous avons commencé. » fit-il, les yeux pétillants.

Mon audace partit aussi vite qu'elle était venue. A la place, mes joues se teintèrent de rose montrant ainsi ce que la gêne avait occasionné.

Il rit et déposa un léger baiser sur ma joue.

« J'adore ces petites rougeurs sur toi. », confia-t-il en caressant ma pommette du bout des doigts. « Et je ne me gênerai pas de te redire, encore et encore, ce genre de choses rien que pour les revoir. », fit-il malicieusement.

Il m'embrassa une dernière fois chastement, puis nous sortîmes de la maison et prîmes sa voiture.

Le trajet fut assez court et ce fut donc rapidement que nous arrivâmes devant un grand bâtiment. Plusieurs voitures étaient stationnées devant celui-ci. Apparemment, ce genre de manifestation était très populaire. D'ailleurs, plus j'observais les véhicules amassés les uns à côté des autres plus l'angoisse montait en moi. Même si peu de temps auparavant, je n'avais pas encore ressenti toute cette pression, maintenant elle était là, bien présente en moi.

Je soufflai un bon coup et essayai de ne pas y penser. Après tout, vu le monde qu'il allait y avoir, nous arriverions bien à nous noyer dans la masse.

Edward sortit de la voiture et vint m'ouvrir la portière. Il me tendit la main que je saisis et m'aida à m'extirper du véhicule.

Je réajustai le châle que j'avais apporté et fus bien contente de l'avoir fait, du reste. Le froid mordant en ce mois d'octobre promettait un hiver glacial.

Après qu'Edward eut verrouillé la voiture, il me prit par la taille et nous guida vers l'édifice.

Lorsque nous y parvînmes, un homme nous accueillit et prit nos affaires. Je gardai précieusement la pochette qu'Alice m'avait conseillé de garder. Elle trouvait que c'était un accessoire indispensable même si elle ne servait pas à grand-chose juste à donner une certaine contenance en plus d'une touche de classe.

Quand ceci fut fait, nous continuâmes notre chemin et arrivâmes devant une grande porte. Un autre homme nous l'ouvrit et nous laissa pénétrer dans l'immense salle où une foule impressionnante se trouvait.

Je regardai Edward et le vit passer à plusieurs reprises une main dans ses cheveux. Il me regarda et me sourit, essayant ainsi de me rassurer.

« Tout va bien se passer. », dit-il.

Je me demandais s'il ne disait pas ça plus pour lui-même que pour moi.

Une fois à l'intérieur, plusieurs personnes nous regardèrent comme si nous étions des bêtes curieuses. Des chuchotements nous parvinrent de là où nous nous trouvions. C'était une impression étrange, très déstabilisante, oppressante même. Peut-être que cette sensation était due à mon enfermement forcé et à l'absence d'échanges humains. Quoiqu'il en soit, une espèce de claustrophobie latente qui m'était inconnue jusqu'alors se révéla à moi. J'inspirai et expirai à plusieurs reprises afin de me reprendre. Je ne voulais pas avoir une crise de panique et me faire remarquer encore plus. Je me persuadai qu'une fois l'effet de curiosité passé, ces personnes, si inquisitrices, se lasseraient.

Je ne savais pas si je devais être rassurée ou non mais en observant Edward, je remarquai qu'il était à peu près dans le même état que moi. Il avait une façon bien à lui de montrer ce stress qui visiblement le rongeait. Dans ces moments là, il aimait me serrer contre lui et prendre ma main. D'ailleurs ma main dans la sienne commençait à être douloureuse d'être si comprimée. Ce simple geste qui se voulait apaisant ne l'était plus vraiment.

Pour le détendre, je lui caressai le bras. Il me regarda, interdit, un instant et puis finalement, se pencha vers moi afin de déposer un baiser sur mon front.

Sa main se détendit quelque peu. Ce qui soulagea la mienne par la même occasion.

Finalement, je pouvais comprendre son malaise. Depuis combien de temps ne s'était-il pas montré en public ? J'imaginais que depuis le décès de sa mère, il vivait plutôt reclus chez lui afin, sans doute, d'éviter ce genre de tourment.

Après plusieurs minutes où nous étions restés dans un coin afin d'éviter les regards interrogateurs que les gens nous portaient, Alice vint nous rejoindre accompagnée d'un bel homme blond, âgé d'une quarantaine d'années.

« Ah, vous voilà. On vous cherchait partout. », fit une Alice légèrement stressée.

« Nous étions juste ici, Alice. Nous n'étions pas n'importe où. », répliqua Edward. « Bonsoir, papa. », enchaîna-t-il en se tournant vers l'homme blond.

Papa ?

« Bonsoir, Edward. Je suis ravi que tu sois venu. », fit-il en souriant visiblement heureux de le voir.

Edward hocha simplement la tête. Un silence pesant s'en suivit. Le remarquant, Alice s'empressa de le briser.

« Papa, je suppose que tu ne connais pas l'amie d'Edward. », fit remarquer gentiment Alice.

« Oh, euh non… En effet…Tu me présentes à ton amie, Edward ? »

« Bien sûr. », fit-il, dubitatif. « Même si ceci aurait pu être fait si tu avais eu l'amabilité de te joindre à nous lorsque nous sommes venus à la maison. »

« Bonsoir. Je m'appelle Bella. Je suis enchantée de vous rencontrer Monsieur Cullen. », fis-je afin de couper court à la conversation qui commençait à prendre une drôle de tournure.

Il ouvrit plusieurs fois la bouche, prêt à répondre à Edward, mais se ravisa et me sourit sincèrement en me tendant la main que je pris volontiers.

« Bonsoir, Bella. Je suis désolé de ne pas avoir pu être présent la dernière fois. »

Edward rit sarcastiquement et secoua la tête.

« Pourquoi ris-tu ? Je suis en train de présenter des excuses. »

« Mais bien sûr… »

« Bon, stop maintenant ! », intervint Alice. « Arrêtez de vous donner en spectacle. Les gens commencent à se retourner sur nous. »

Les deux hommes regardèrent Alice, décontenancés.

« De toute façon, je devais y aller. Je dois rejoindre certains de mes collègues. », déclara-t-il. « J'étais ravi de faire votre connaissance, Bella. J'espère vous revoir bientôt. »

« Je l'espère aussi. »

Avant de s'éclipser, il me prit la main et déposa un baiser sur celle-ci.

Cette brève rencontre me laissa un goût amer et quelque peu frustrée. Elle ne m'avait pas permis de me faire une idée précise du personnage.

« Je suis désolé. », soupira Edward.

J'allais lui demander pour quelle raison mais la venue de Rosalie et Emmett m'en empêcha.

Après s'être salués un peu maladroitement et échangés quelques paroles de circonstances, ils partirent à leur tour saluer d'autres convives avec Alice à leurs talons.

Quant à nous, nous restâmes dans notre coin. Certaines personnes vinrent échanger quelques banalités avec Edward. J'aimais voir la fierté dans ses yeux lorsqu'il me présentait à ces gens. J'étais devenue officiellement sa petite amie. Et je pouvais difficilement contenir mon contentement quand j'entendais ces mots sortir de sa bouche.

Cependant, dès qu'un inconnu se plaçait trop près de nous, Edward me collait encore plus à lui, ne laissant entre nous que très peu d'espace.

Je me demandais pourquoi il agissait ainsi. Probablement pour montrer aux gens que je lui appartenais. Ou par crainte que je fasse une gaffe. Même si cette dernière supposition me semblait peu probable

« Ça va, tu passes une bonne soirée ? », me demanda-t-il au bout d'un moment en frôlant ses lèvres contre le lobe de mon oreille.

Je frissonnai et fermai brièvement les yeux.

« Oui, très bonne. Merci. »

Ce n'était qu'un demi-mensonge. Je ne m'amusais pas vraiment mais je ne subissais pas la soirée non plus. Et puis honnêtement, voir Edward si à l'aise de converser avec certains hommes d'affaires et le voir débattre sur certains sujets qu'il affectionnait était captivant.

Au moment où Edward commença à parler politique, je décrochai et profitai de ce moment pour observer plus attentivement les gens. Je balayai la salle du regard et contemplai des personnes qui dansaient sur la piste de danse qui se trouvait non loin d'où nous nous trouvions. La fête battait son plein. De petits groupes s'étaient formés un peu partout dans la salle. Tout le monde avait l'air extatique et semblait profiter véritablement de la soirée.

Cependant, une jeune femme brune, isolée dans un coin au fond de la salle, attira mon attention. Personne n'avait l'air de se préoccuper d'elle. A part quelques hommes qui la regardaient avec envie. Elle affichait un regard triste et plein de colère aussi. J'aurais pu compatir si seulement ce regard ne m'était destiné.

D'ailleurs, depuis que je l'avais remarquée et démasquée, elle n'avait cessé de me dévisager et ne semblait pas ennuyée de s'être fait prendre.

Néanmoins, son animosité à mon égard m'intriguait. Je me demandais pourquoi elle vouait envers moi autant de rancœur alors que je ne la connaissais même pas.

« Edward ? », fis-je en tirant légèrement sur sa veste. « Tu connais cette femme, là-bas ? »

Il cessa de discuter avec l'homme qui se trouvait à ses côtés et posa ses yeux sur moi avec étonnement, puis vers la personne que je désignais.

Je remarquai tout de suite que quelque chose n'allait pas. Sa mâchoire crispée et sa respiration saccadée étaient révélateurs du trouble qui l'avait submergé.

« Edward ? », l'interpelai-je.

« Euh, oui ? », me regarda-t-il, nerveux.

« Qui est cette femme ? », insistai-je.

Il se pinça l'arrête du nez et ferma les yeux quelques instants.

« Tu vas bien ? », m'inquiétai-je en posant une main sur son bras.

« Oui. Euh… Je peux te laisser une minute ? Alice est là-bas près du buffet. Tu devrais aller la rejoindre. »

« Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Où est-ce que tu vas ? », débitai-je, abasourdie par son attitude.

« Je dois aller voir quelqu'un. Je n'en ai pas pour très longtemps, je te le promets. », fit-il en effleurant sa bouche contre la mienne.

« C'est cette femme que tu vas voir ? »

« Va voir Alice et reste avec elle, s'il te plaît. », éluda-t-il.

« Très bien. »

« Tu me le promets ? »

« Oui. Je te le promets. »

« Reste avec elle et attends-moi. Je reviens. »

Il prit mon visage en coupe et posa furtivement ses lèvres sur les miennes.

Il me regarda une dernière fois et avec hésitation, s'éloigna de moi, s'étant excusé au préalable auprès de l'homme avec qui il discutait.

Je ne vis pas où il se dirigeait exactement. Des gens qui se trouvaient là m'en empêchaient.

Je soupirai, pas très rassurée et décidai d'obéir en allant vers le buffet près duquel Alice se trouvait. Je me devais de lui faire confiance même si le voir si nerveux avait éveillé en moi des soupçons.

« Et bien, où est Edward ? », me demanda-t-elle, visiblement étonnée de me voir seule.

« Il est parti voir quelqu'un. », l'informai-je.

« Et il t'a laissée toute seule ? Ça ne lui ressemble pas, pourtant. », se moqua-t-elle gentiment.

Je grimaçai, ne sachant pas si je devais rire ou pleurer.

Nous échangeâmes quelques banalités sur la soirée. Elle me raconta quelques ragots sur certains invités… J'essayai de m'y intéresser, mais je devais bien reconnaître qu'il m'était impossible de penser à autre chose qu'à lui.

« Je suis vraiment contente qu'Edward ait décidé de venir. Le fait qu'il soit ici montre à quel point il veut faire des efforts même s'il ne veut pas encore l'admettre. »

« Oui. Je pense que tu as raison. », fis-je songeuse.

Un silence confortable s'installa entre nous. C'est pourquoi, lorsqu'Alice reprit la parole, je sursautai.

« C'est avec elle qu'il est parti discuter ? », s'indigna-t-elle.

« Qui ça ? », demandai-je, intriguée.

Je regardai dans la même direction qu'Alice et vis Edward en pleine discussion avec la femme que j'avais vue un peu plus tôt m'observer.

Et le fait de les voir ensemble insuffla en moi une montée de colère et de jalousie.

Il m'avait laissée pour aller discuter avec cette femme ! Mais pourquoi ? Qui était-elle ? Que voulait-elle ?

Tout un tas de questions et de réflexions plus incohérentes les unes que les autres avaient envahi mon cerveau déjà bien accaparé par d'autres soucis.

« C'est qui ? », demandai-je un peu trop sèchement à Alice.

« C'est… Oh, je ne sais pas si je dois te le dire. »

« Allez, Alice. Dis-le-moi. De toute façon, je saurai bien assez tôt de qui il s'agit. », insistai-je.

Elle soupira et puis finalement, abdiqua.

« C'est… Jessica, son… ex. », dit-elle tout bas.

« Son… ex ? », réussis-je difficilement à articuler. « Oh et bien, elle est… très… belle. », admis-je, maintenant que je la voyais plus clairement.

Elle était plus que belle. Elle était très voluptueuse même. Ce que je n'étais pas. Rien ne nous rapprochait physiquement à part notre couleur de cheveux.

Pour le coup, je me trouvais insignifiante à côté d'elle. Même avec ma magnifique robe, ma belle coiffure et mon maquillage parfait, je ne faisais pas le poids face à cette bombe.

« Oui mais elle n'a rien dans la tête. Ne t'en fait pas, Bella. Tu vaux bien mieux qu'elle. Et puis ils ne sont pas restés ensemble très longtemps. Leur histoire n'était pas sérieuse. »

Elle aurait pu me trouver plein d'arguments que rien n'aurait pu diminuer mon inquiétude.

La perfide jalousie était bien en place.

Des images déplaisantes d'eux inondèrent mon cerveau. Je les imaginais ensemble dans un lit, enlacés, en train de s'embrasser. Lui en train de la caresser, de lui chuchoter des mots doux à l'oreille comme il le faisait avec moi. Et ces représentations furtives me donnèrent envie de vomir.

Je les regardai toujours, n'arrivant pas à me soustraire à cette vision d'eux. Les voir si proches, se parler presque dans le creux de l'oreille me nouait l'estomac. Je devais être maso ou quelque chose comme ça pour m'infliger ça.

Alice me réconforta gentiment avant de devoir me laisser pour aller voir certains invités importants.

Et dans ce court laps de temps, où Alice m'avait parlé, Edward et la belle brune étaient partis.

Les doutes, la peur, la jalousie faisaient rage en moi.

Je restai plantée là, près du buffet, plus angoissée que jamais. Je lorgnai la porte par laquelle je pensais qu'ils s'étaient éclipsés.

J'aurais pu aller vérifier par moi-même. Mais je préférais rester là où je me trouvais, bien sagement. Je ne savais pas de quoi j'étais capable à l'heure actuelle. Et ce n'était sûrement pas le moment de faire d'esclandre.

« Lui faire confiance. Après tout, c'est toi qu'il a choisi et personne d'autre. », me répétai-je inlassablement pour me convaincre que mon attitude était ridicule.

C'est à ce moment précis que je me rendis compte que je n'avais jamais aimé quelqu'un aussi fort qu'Edward, avec cette déraison. Je n'avais jamais rien senti de semblable pour personne d'autre. Je n'avais jamais connu cette jalousie dévastatrice. Même envers mon ex-fiancé. Et pourtant, j'aurais été en droit de l'être vu ce qu'il m'avait fait. J'avais certes ressenti de la peine, de la rancœur mais rien de comparable avec ce que je ressentais actuellement.

Au bout d'un moment, j'abandonnai mes tortures mentales et me pris un verre qui se trouvait sur l'une des nombreuses tables.

Je bus d'une traite le champagne frais, espérant un quelconque soulagement. Mais celui-ci ne vint pas, hélas.

Je pris un petit toast et croquai dedans. Je le mangeai sans appétit, trop préoccupée par les visions qui envahissaient mon cerveau de l'homme que j'aimais avec cette pétasse brune.

Après avoir avalé la dernière bouchée de mon canapé, je me retournai pour faire face aux gens qui discutaient et qui dansaient.

Alors que je rongeais mon frein, une personne proche de moi m'interpela.

Je tournai la tête dans sa direction et le regardai, interrogative. Un homme aux cheveux courts et blonds et au regard bleu azur me dévisageait, l'air amusé.

« Pardon, vous me parliez ? », demandai-je, surprise.

« Oui, mais… je vous dérange peut-être. », hésita-t-il.

« Oh non, ne vous en faites pas. J'étais juste en train de… réfléchir. »

Me faire du mal, plutôt.

« Tant mieux alors. » », sourit-il. « Je vous observe depuis un petit moment et comme vous sembliez vous ennuyer, je me suis permis de venir vous voir, en espérant parvenir à vous distraire. »

« Qu'est-ce-qui vous fait croire ça ? », l'interrogeai-je, contrariée.

« Je ne sais pas… Peut-être à cause de votre regard. »

« Mon regard ? »

« Oui. Je le trouve… mélancolique. », fit-il en plantant ses yeux dans les miens.

Je ne savais pas que j'étais un véritable livre ouvert et que j'avais, sans le vouloir, affiché ma peine aux yeux de tous.

« Ai-je vu juste ? », fit-il voyant que je ne répondais pas.

« Non. Je vais parfaitement bien, je vous remercie. », fis-je, légèrement gênée ou agacée qu'il m'ait démasquée. Je ne savais plus très bien.

« Vraiment ? »

Je clignai des yeux à plusieurs reprises, interloquée par son aplomb.

« Je vous trouve bien curieux. On se connaît à peine et... »

« Oh, désolé. », fit-il en levant les mains en signe de paix. « C'est juste que vous m'intriguez beaucoup. »

Je fuis son regard, confuse, une nouvelle fois et regardai par-dessus son épaule pour voir si Edward n'était pas dans les parages. Cette perspective me rendait malade. Ma jalousie à côté de la sienne ne serait sûrement pas comparable s'il me voyait converser avec un interlocuteur masculin.

« Ce n'est pas grave. », soupirai-je, lassée.

« Je suis rassuré alors. », fit-il en me révélant ses belles dents blanches. « Oh mais, je manque à tous mes devoirs. Je viens de me rendre compte que je ne m'étais pas encore présenté. Je m'appelle James. »

« Moi, c'est Isabella mais on m'appelle Bella, la plupart du temps. »

« Bella ? Je suis enchanté de faire votre connaissance Bella. »

Il me prit la main et posa un léger baiser sur elle.

Embarrassée, je retirai vite ma main de la sienne et fixai la foule devant moi, évitant ainsi de le regarder. Peut-être quand me voyant si peu loquace, il se découragerait et cesserait de vouloir poursuivre cette discussion.

Apparemment, cela n'eut pas l'effet escompté. Il continua à me parler de choses et d'autres. Il s'avérait être assez bavard, mais je devais bien avouer qu'il était charmant. Charmant peut-être mais rien de plus. Il n'avait pas le quart du charisme d'Edward. Edward que je désespérais de revoir. Je trouvais que le temps, depuis qu'il était parti, s'égrenait trop lentement. Et plus le temps passait et plus l'inquiétude montait.

« Je travaille dans les affaires. Il fut un temps où je travaillais avec un ami mais nos chemins se sont séparés. Nous n'avions pas les mêmes ambitions, je crois. »

« Ah oui ? Mon ami a également son entreprise. » Confiai-je.

Je ne sus pas pourquoi je lui parlais de lui. Peut-être pour lui faire comprendre que je n'étais pas libre. Car plus nous discutions et plus il envahissait mon espace vitale. Et le peu d'écart qu'il restait entre nous me mit mal à l'aise.

« Votre ami ? Vous êtes venue accompagnée ? » Tiqua-t-il.

« Oui. Mais il a dû s'absenter quelques minutes. D'ailleurs, je pense qu'il ne devrait plus tarder à arriver, maintenant. »

« Quel chanceux ! Et comment s'appelle-t-il ? Peut-être que je le connais. »

« Edward. Edward Cullen. », fis-je avec fierté.

Son regard s'illumina à l'énoncé de ce nom.

« Cullen ? Vraiment, hein ? »

« Euh… oui. Vous le connaissez ? »

« On peut le dire, oui. », fit-il en souriant vivement.

Nous restâmes un moment silencieux. Je voulais lui poser des questions au sujet d'Edward mais avant que je ne puisse le faire, il m'invita à danser.

Je refusai poliment. Je ne voulais pas qu'Edward nous surprenne. Et puis honnêtement, je n'avais pas envie de danser. Ce n'était pas quelque chose que j'aimais faire. J'étais tellement maladroite, que je lui écrabouillerais sûrement les pieds à plusieurs reprises. Je doutais qu'il arrive à marcher après ça.

Il sembla déçu, mais n'insista pas.

Il finit la coupe qu'il tenait dans ses mains et la posa sur une table. Après quoi, il fouilla dans l'une des poches de sa veste et en ressortit une carte.

« Je vais vous laisser. Mais avant que je ne m'en aille, j'aimerais vous donner mes coordonnées. Vous en faites ce que vous en voulez, bien sûr. Mais j'aimerais beaucoup avoir l'occasion de discuter à nouveau avec vous. »

J'hésitai un long moment et finalement, la pris. Je la mis vite dans ma pochette comme si ce simple bout de papier était une preuve préjudiciable. Ma crainte était qu'Edward sache ce que j'avais fait. Même si pour certains, parler à un étranger n'était pas un acte nuisible en soit, pour d'autres, cela pouvait semblait douteux. D'ailleurs, comme pour confirmer mes pensées, des regards inquisiteurs s'attardèrent sur nous.

Je n'avais pas pris la carte en pensant à mal ou en ayant des désirs autres que de connaître la vérité. J'aspirais, si l'occasion se présenter, à apprendre un maximum de choses sur celui que j'aimais. Et pouvoir discuter avec James était une occasion que je ne pouvais pas manquer.

Après avoir réussi plus ou moins à me déculpabiliser, je regardai une nouvelle fois vers la porte. Et ce que je vis me fit, pour quelques secondes, haleter d'effroi.

Edward était en train de réajuster sa cravate tandis que la fameuse Jessica replaçait quelques mèches qui s'étaient échappées de son chignon.

J'avais envie de pleurer. Un sanglot que je ne réussis pas à contenir s'échappa même de ma bouche. J'étais déçue et blessée. Aucun mot n'était assez fort pour exprimer ce que je ressentais. Toutes mes espérances s'envolèrent juste comme ça, en un claquement de doigts. Je me sentais gourde d'avoir pensé que j'étais la seule qui comptait pour lui. Sans doute, s'était-il rendu compte que cette autre femme valait bien mieux que moi. Elle avait peut-être réussi à lui ouvrir les yeux. Ou alors la lassitude avait pris le dessus et il ne voulait déjà plus de moi. Connaissant l'esprit trouble d'Edward, tout était possible.

Au fond de moi, je savais que je n'étais pas rationnelle. Mais je ne pouvais m'empêcher de penser au pire. Surtout en les voyants ainsi.

Ma première réaction fut d'aller les voir et de leur jeter un verre à la figure. Mais bien vite, une autre idée s'imposa à moi. Bien plus cruelle. Je savais ce qui pouvait le faire souffrir, s'il tenait à moi comme je l'espérais. C'était risqué. Mais pour l'heure, mes pensées étaient incohérentes. J'étais prête à tout pour voir dans ses yeux cette colère, cette possessivité qui m'avait, pourtant, plus d'une fois alarmée. Je voulais qu'il souffre comme moi je souffrais de le voir si proche d'une autre.

« James. », l'appelai-je.

Il se retourna vers moi, plein d'espoir.

« Oui ? »

« Finalement, j'ai changé d'avis. J'aimerais beaucoup danser avec vous. Si vous êtes toujours d'accord, bien sûr. »

Sur le moment, il parut surpris mais une fois l'étonnement passé, il me sourit et revint vers moi. Il plaça une main dans le bas de mon dos et nous guida vers la petite scène où plusieurs autres personnes dansaient déjà.

Il posa ses mains sur mes hanches tandis que je plaçai les miennes sur ses épaules.

Nous commençâmes à danser. Le corps tremblant et le cœur battant, je jetai furtivement des regards vers Edward qui visiblement cherchait quelqu'un. Et je pouvais très bien imaginer qui.

Je voyais, au fur et à mesure que le temps passait, que son visage commençait à se crisper. Et bizarrement, au lieu d'être effrayée, je jubilais de l'intérieur.

Je fus tellement distraite par Edward, que je ne m'étais pas rendue compte que James avait collé son corps au mien plus que les convenances nous le permettait.

Je le sentis même inhaler mes cheveux. Et ce simple fait me fit prendre conscience que j'avais véritablement fait une erreur en lui ayant accordé cette danse.

Ce pressentiment se confirma lorsque je vis les yeux d'Edward braqués sur moi. Et cela faisait bien longtemps que je n'y avais pas vu autant de colère et de haine.

J'oubliai vite Jessica et James. Je ne pensai qu'à moi. Qu'à mon inconscience de m'être si facilement mise en danger et d'avoir oublié la véritable nature d'Edward. Car dans son regard assombri, ce qui j'y vis me fit réaliser que sa jalousie n'était pas de la même intensité que la mienne et que je l'avais sous estimée. Elle était bien plus féroce et puissante. Elle était telle que je commençais à craindre pour ma vie et celle de James.


*Part se cacher pour ne pas croiser des regards assassins* lol Je sais, cette fin est quelque peu... Comment dire ?... Sadique ? lol

Encore deux autres petites choses à vous dire.

Je voulais vous signaler que j'ai mis sur mon profil des liens afin de vous donner un aperçu de ce que portent Bella et Edward au gala de charité.

Pour terminer, je souhaitais vous informer que j'ai commencé à écrire une fiction qui s'appelle « Contre tous préjugés ». Le prologue est d'ores et déjà en ligne. Vous avez plusieurs possibilités pour pouvoir le lire.

Soit en copiant l'adresse suivante (sans oublier d'enlever les espaces) :

http : / / www . fanfiction . net / s / 6544589 / 1 / Contre_tous_prejuges

Soit en allant sur mon profil, dans mes histoires.

Ce projet me tient vraiment à cœur. C'est pourquoi, j'espère que vous l'apprécierez et que vous serez nombreux à me donner votre avis.

En attendant, bonne fin de week-end. Gros bisous. A très vite.