Bonsoir tout le monde,

Et oui, c'est bien Sandrine que revoilà, les soucis loin derrière elle et le moral regonflé à bloc.

Vous avez été nombreux à me témoigner de votre soutien lors de la publication de ma note. A travers vos messages, j'ai réellement ressenti tout votre respect, votre compréhension et votre amour aussi. Et je n'aurais pas pu trouver meilleur réconfort pour faire face à cette période assez compliquée de ma vie, et ceci, même si je ne connais pas la plupart d'entre vous.

Merci infiniment pour votre gentillesse et votre patience.

Je pense que toute personne m'ayant écrit a reçu une réponse de ma part.

Merci aussi aux « sans-compte » pour qui, hélas, il m'était impossible de répondre directement :

P.G, C4valii4, Anaïs, June-en-juin, Julie27, kccb, kaay, Sandrine, Mélissa (si tu veux discuter plus amplement avec moi, tu peux m'envoyer un MP. Je serai ravie d'avoir de tes nouvelles.), Kadopilou, Lola, Death-eternity, kim, ocenanny, x-l-twilight-x, angel, Elisa, Fanny, Malula, Mary35410, Lyllou, globol-garden, Catherine, Ilonka, Emeline Sorensen, lele, TC, laccro, aulandra17, Sally, Ocania, Steephaniie, Fillingstar, PrincetonGirl818, twilight0507, Larsand, lolaaa, haley, Ilonka.

Et à acoco, qui a un compte mais qui n'a pas autorisé les messages privés.

Et puis plein de baisers à toi, Anne (Nane de Bruxelles). Merci pour ta disponibilité, ta gentillesse et tes mots rassurants.

Merci aussi à toi, So, ma béta, pour ta correction ultra rapide et tes suggestions plus que pertinentes. Gros bisous et encore bonnes vacances !

Les remerciements terminés, place au chapitre 16.

Bonne lecture ! )


Chapitre 16

Le plus grand bonheur après que d'aimer, c'est de confesser son amour.
André Gide

******TMA******

N'avez-vous jamais eu, un jour, cette étrange impression que les choses vous échappent, et de vous sentir impuissants face à ça ? Ne vous êtes-vous jamais sentis blessés qu'on vous mette à l'écart sans raison apparente alors que vous vous sentiez concernés ? Si vous avez un jour connu cette impuissance, je serai tout à fait en droit de comprendre votre peine.

******TMA******

Le lendemain matin de la soirée de charité, je me réveillai l'esprit embrumé, la tête douloureuse et le corps courbaturé. Il me fallut peu de temps pour réaliser le pourquoi de ces maux. Jessica, la danse avec James, la colère d'Edward… Tout me revint en mémoire de façon fulgurante. Lorsque je réalisai tout ceci, je sentis comme une petite culpabilité s'immiscer en moi. Qu'allait-il se passer pour nous après ce que nous avions fait ? Comment les gens percevraient-ils Edward après qu'ils eurent été témoins de sa colère excessive ? Allait-il être rejeté par sa famille ?...

Avais-je envie d'avoir toutes ces réponses pour le moment ? Non, pas vraiment. Égoïstement, je préférai rester au lit, dans cet espèce de cocon que nous avions créé, afin d'éviter les retombées de cette soirée catastrophique. Je fermai plus fortement les yeux et essayai de faire le vide en espérant, de ce fait, me rendormir et éloigner ces pensées accablantes de ma tête.

Cependant, une caresse sur ma joue, mon épaule, mon bras mit tous mes sens en éveil et toutes mes résolutions s'évanouirent. Des images de la nuit dernière affluèrent à ma mémoire et je me sentis rougir. Est-ce que cela faisait de moi une personne vile d'avoir éprouvé autant de plaisir dans la souffrance et la rudesse qu'Edward avait imposées à notre rapport ?

Même si mes paupières étaient encore lourdes de sommeil et de larmes que j'avais tant versées, je parvins tout de même à les ouvrir. Après m'être adaptée à la clarté de la pièce, je constatai qu'Edward n'était qu'à quelques centimètres de moi, le regard contrarié. Je lui souris, intimidée par son expression.

« Salut. », marmonnai-je, incertaine.

« Salut. », répondit-il d'une voix blanche.

Je le dévisageai quelques instants, essayant d'évaluer son humeur. Je perçus comme une certaine colère sous-jacente et de la peine aussi.

Je tendis une main vers lui et fus peinée lorsque son corps se crispa. Je fis abstraction de cette manifestation et posai ma main sur sa joue où une légère barbe commençait à être visible.

Je déglutis difficilement et fermai les yeux un moment. Je souhaitais juste ravaler mes larmes qui menaçaient de couler. Son attitude froide et une nouvelle fois incompréhensible en était la cause.

« Qu'as-tu Edward ? », lui demandai-je une fois que j'eus rouvert les yeux et rencontré les siens devenus insondables.

Pourquoi fallait-il qu'il y ait ce malaise ? Pourquoi mettait-il cette distance entre nous après ce que nous nous étions dit la nuit dernière. Peut-être regrettait-il de s'être autant abandonner ou peut-être était-il encore en colère par ce que j'avais fait ? Quoi qu'il en soit, une nouvelle fois, il m'égarait. En même temps, le corps groggy et l'esprit encore obscurci par la fatigue, il m'était impossible de réfléchir convenablement. Peut-être me faisais-je du souci pour rien. Peut-être que mon émotivité faussait mon jugement.

«Rien. », fit-il sèchement.

« Pourquoi… Pourquoi parais-tu si en colère ? », le questionnai-je de plus en plus paniquée à l'idée qu'il m'en veuille encore et qu'il me rejette.

Il ferma brièvement les yeux et fronça des sourcils.

« Je vais prendre une douche et aller dans mon bureau travailler. », éluda-t-il avant de se redresser et d'enfiler son boxer.

« Dois-tu vraiment travailler aujourd'hui ? », m'alarmai-je. « Nous sommes dimanche et je pensais que nous aurions pu profiter l'un de l'autre aujourd'hui. On pourrait peut-être même discuter. Tu sais de… de ce qui s'est passé hier soir. », continuai-je, incertaine.

Il fuit mon regard et porta son attention sur les peintures accrochées derrière moi tout en passant une main dans ses cheveux en bataille.

« Pas vraiment envie de discuter de ça aujourd'hui. », fit-il avec amertume.

« Je pensais que ça serait une bonne occasion de mettre les choses à plat, que tu saisisses enfin mes intentions. Je voudrais être honnête avec toi comme tu l'as été avec moi et que tu comprennes que si j'ai accepté cette carte c'est juste parce que… »

« Et bien, tu pensais mal. J'ai énormément de travail à rattraper et pas le temps pour des explications… quelles qu'elles soient. », me coupa-t-il, agacé, avant de se lever et partir dans la salle de bain sans un mot de plus et regard pour moi.

Quelques secondes plus tard alors que mes pensées étaient plus que confuses, j'entendis l'eau couler.

Peut-être était-ce naïf de ma part de penser qu'il accepterait que nous reparlions de la nuit dernière. Mais j'aurais voulu pouvoir expliquer mes intentions à propos de James, de cette carte que j'avais acceptée, pour que nous puissions tirer un trait définitif sur cet évènement regrettable.

Je devais toujours composer avec sa personnalité si alambiquée. Que faire avec un homme tel que lui ? Attendre qu'il se décide ? Ou prendre les devants et lui faire face directement, au risque de souffrir ?

Je m'étirai et grimaçai tant la douleur était intense par endroit. Réflexion faite, toutes les parties de mon corps étaient douloureuses.

Alors que je m'asseyais difficilement, Edward ressortit de la salle de bain, une serviette autour de la taille et se dirigea vers la penderie.

Je ne pus m'empêcher de me délecter du spectacle qu'il m'offrait. Quelques gouttelettes roulaient sur sa peau diaphane et j'aurais tellement aimé les lécher une à une pour les lui ôter.

Je me levai inéluctablement, envoutée par sa seule présence dans la pièce et vins me mettre derrière lui afin d'encercler sa taille de mes bras sans penser une seule seconde qu'il puisse me repousser.

Je le sentis tressaillir de surprise ce qui me fit raffermir ma prise de peur qu'il ne s'enfuit.

Je posai mes lèvres affamées sur son dos et inspirai profondément afin de jouir de son odeur capiteuse tandis que mes mains caressaient son ventre ferme.

« Tu sens si bon. », constatai-je.

Il saisit mes mains et les caressa délicatement. Puis soudainement, il les lâcha et se retourna pour me faire face. Je rencontrai fugacement son regard plein de regret avant qu'il ne me serre contre lui, son nez s'égarant dans ma chevelure.

Je ne pus m'empêcher de sourire contre son torse musclé, soulagée par cette démonstration d'affection qu'il me témoignait enfin.

Après d'appréciables minutes où nous restâmes enlacés, je levai la tête vers lui. Il me sourit timidement, et prise d'une envie impérieuse, je le pris par la nuque et l'embrassai avidement. Il grogna et mit ses deux mains dans ma chevelure avant de séparer ses lèvres des miennes. Lorsque ses yeux rencontrèrent les miens, j'y décelai ce feu étrange que je connaissais trop bien. Il menait une bataille intérieure, tiraillé entre l'envie de s'abandonner et de s'éloigner de moi.

Il ferma les yeux et posa son front contre le mien.

« Je dois vraiment aller travailler. », fit-il en posant sa bouche contre mes cheveux. « Profite de mon absence pour prendre un bain et te reposer un peu, d'accord ? »

N'ayant pas vraiment le choix, je hochai la tête.

Ses mains s'attardèrent sur mon visage et glissèrent le long de mes bras avant d'atteindre mes poignets. Il les saisit délicatement et les porta à ses lèvres avec une douceur infinie.

De son index, il dessina les meurtrissures qui s'étaient formées là et que je n'avais pas remarquées. Je tentai tant bien que mal de cacher ma surprise afin de ne pas l'accabler davantage.

« Je suis désolé. », souffla-t-il, abattu.

C'était donc ça. Son attitude se comprenait mieux à présent.

Je dégageai l'une de mes mains et la portai à son visage.

« Ce n'est rien. Ce n'est même pas douloureux. », le rassurai-je. « Je mettrai un pull et on n'y verra rien. Ne t'en fais pas pour ça. »

Il expira fortement et embrassa délicatement mon cou là où il m'avait mordue, mes bras et mes poignets là où il m'avait enserrée, puis il s'agenouilla doucement et déposa des baisers délicats sur mes hanches marquées par ses mains. Je fermai les yeux et m'abandonnai à ses baisers emplis de tendresse.

Il leva la tête dans ma direction et la sollicitude et les remords que je vis dans ses yeux me bouleversèrent.

« Ce n'est rien. », lui répétai-je les larmes aux yeux.

Il se redressa en passant une main nerveusement dans ses cheveux et se détourna de moi afin de se rendre à la salle de bain. Il en revint avec un verre d'eau et deux comprimés blancs.

« Tiens, ça va te soulager. », dit-il en me tendant le verre d'eau et les médicaments qui se trouvaient dans le creux de sa main.

Je les avalai sous son regard inquiet et reposai le verre sur la table de chevet.

« Tu sais, je souhaite vraiment que l'on discute mais… mais j'ai peur de perdre le contrôle et te faire mal à nouveau. Il me faut juste un peu de temps, d'accord ? Je veux vraiment essayer de comprendre et d'arranger les choses. »

« Moi aussi. », fis-je avant de me blottir contre lui.

Maintenant, avec le recul, je pouvais parfaitement comprendre sa réserve. Je me résolus donc à attendre qu'il soit prêt et dans de meilleures dispositions. Et lorsque nous aurons arrangé les choses, tout ira mieux et nous pourrons aller de l'avant. L'espoir qui m'avait quittée, reprit place en moi et cette tension, quant à elle, me quitta.

Il posa un dernier baiser sur mon front et me sourit sincèrement. Il semblait moins tendu et ses épaules s'affaissèrent comme s'il s'était déchargé d'un poids.

Il prit ses vêtements et s'habilla à la hâte sous mon regard avide. J'admirai sa musculature parfaite, son torse quasiment imberbe, sa peau pâle, son visage concentré... Il était vraiment magnifique et j'eus encore du mal à réaliser qu'il était à moi, qu'il m'appartenait autant que je lui appartenais.

« Tu es vraiment beau. », déclarai-je en me mordillant les lèvres alors qu'il boutonnait son jeans.

Il me regarda, amusé par mes dires et caressa mon visage.

« Tu l'es bien plus. », fit-il avant d'atteindre la porte. « On se voit plus tard. »

« D'accord. », lui répondis-je encore étourdie par sa remarque et son toucher.

Et sans plus attendre, il ouvrit la porte et sortit.

Je restai plantée là, nue au milieu de la chambre, perdue dans mes songes.

Je ne voulais pas qu'il culpabilise le fait qu'il m'ait marquée. Il était en colère, possédé même, lorsque tout ceci s'était passé. J'aurais très bien pu le repousser et l'alerter si j'avais ressenti une quelconque douleur. C'est ce que j'avais d'ailleurs fait lorsqu'il m'avait mordue.

Pourtant, même si je raisonnais ainsi, une partie de mon cerveau me suggéra de ne pas en être si sûre. Sa colère était bien trop intense pour qu'il ait à ce moment là la maîtrise de ce qu'il faisait.

Je laissai de côtés mon raisonnement tortueux et pris la direction de la salle de bain.

Je fis couler l'eau. Et pendant que la baignoire se remplissait, je pris le temps de m'examiner d'un peu plus près. Et dès que je vis mon reflet dans le miroir, je compris alors pourquoi il semblait si désolé. Je portai une main à ma bouche tant les ecchymoses qui recouvraient mon corps étaient impressionnantes et nombreuses. Mais au-delà de ça, ce qui me choqua fut la marque qu'il m'avait laissée dans la chair fine de mon cou.

On pouvait distinctement voir la morsure. Elle était peu profonde et ne laisserait sans doute qu'une légère marque mais de voir cette couleur pourpre sur la blancheur de ma peau me laissa quelque peu consternée.

Je continuai mon inspection et remarquai les traces de doigts sur mes bras. J'avais senti sa force sur le moment mais j'étais loin d'imaginer que cela laisserait des stigmates aussi visibles.

Le constat était le même sur mes poignets et mes hanches. Je comprenais pourquoi ce malaise dans mon corps. Ces marques n'étaient pas si superficielles que ça. Et c'était sans doute ce que regrettait Edward… me voir souffrir par sa faute.

Je me détournai du miroir et me glissai, non sans difficulté, dans le bain chaud.

Rapidement il fit effet et je me sentis instantanément mieux et plus détendue.

Je fermai les yeux et tentai de faire le vide. Ne penser à rien, c'était tout ce dont j'avais besoin. Les problèmes pourraient être gérés plus tard.

Cela eut l'effet escompté puisque je m'endormis et me réveillai que bien plus tard dans une eau tiède, le corps et l'esprit bien plus légers.

Comme il me l'avait dit, Edward ne quitta pas le bureau de la journée. J'avais passé la majeure partie de l'après-midi à dormir, rattrapant ainsi le sommeil que j'avais en retard. Je devais dire que je me sentais épuisée autant émotionnellement que physiquement. M'être reposée avait contribué non seulement à récupérer mais aussi à m'éviter de me poser trop de questions.

Puis le soir venu, je préparai un dîner assez simple. Et au moment où je me détournai du plan de travail, Edward se matérialisa dans la cuisine, me surprenant alors que je tenais un plat de pâtes dans mes mains.

« Oh, tu m'as fait peur. Ça fait longtemps que tu es là ? », le questionnai-je en mettant l'une de mes mains sur ma poitrine.

« Non, juste une minute ou deux. », fit-il en haussant les épaules alors que ses mains étaient dans les poches de son jeans.

« Ça tombe bien que tu sois là, le dîner est prêt. »

Nous nous installâmes et mangeâmes dans un relatif silence.

« Tu as pu terminer ce que tu avais à faire ? », lui demandai-je tandis que je prenais une bouchée de mon plat.

« Oui. Mais je crains tout de même de devoir écourter mon congé et retourner dans ma société, à Chicago. Nous devons négocier un contrat important, et il serait préférable que je sois sur le terrain pour le préparer au mieux. »

« Oh ! », m'exclamai-je, aussi surprise qu'attristée.

« J'aurais préféré mille fois rester auprès de toi. », déclara-t-il en posant son regard plein de dévotion sur moi.

« Je n'en doute pas. », souris-je. « Et quand penses-tu t'y rendre ? »

« Sans doute mardi. J'ai rendez-vous avec ce client potentiel vendredi prochain. Je dois terminer le dossier le plus tôt possible. »

« Oui, je comprends. »

Cette annonce m'égara pour un instant et je me demandai ce qu'il en deviendrait de moi pendant qu'il serait parti. Alors que j'étais sur le point de lui poser la question, son téléphone portable se mit à sonner.

Il jeta un bref regard sur l'écran et ne prit pas la peine de décrocher.

« Tu ne réponds pas ? », m'enquis-je.

« Non, j'ai déjà eu ma dose de remontrances pour aujourd'hui. », déclara-t-il en émettant un petit rire sarcastique.

« Des remontrances ? Et qui t'en a fait ? »

« Alice entre autres. Elle m'a appelé cet après-midi. »

« Et que t'a-t-elle dit ? », demandai-je, aussi curieuse qu'inquiète.

Il me lorgna quelque peu surpris par ma question.

« Pas difficile à deviner. », fit-il, ironique.

Je me mis à rougir et continuai à manger sans grand appétit.

Oui, question stupide.

« D'ailleurs en parlant d'elle, elle viendra demain à la maison. Elle veut passer du temps avec toi. Je lui ai dit qu'il n'y avait aucun problème. Ai-je bien fait ? »

« Oh… Euh, oui. Oui, bien sûr. J'aime beaucoup passer du temps avec elle. »

« C'est ce que j'ai cru comprendre. », conclut-il en esquissant un léger sourire plus tendre cette fois. « Elle t'apprécie beaucoup, tu sais. »

Tout en jouant avec ma nourriture, je me demandai ce qu'avait bien pu lui dire Alice en dehors de ses reproches que je pouvais imaginer nombreux. Lui avait-elle dit ce qui s'était passé après notre départ ? Dans quel état était James ? Et qu'en était-il de son père ? Qu'allait-il faire ? Tout autant de questions que j'aurais aimé lui poser, mais que je m'efforçai de garder pour moi. Je profiterai de la venue d'Alice pour lui demander tout ce que j'avais envie de savoir.

Nous terminâmes le dîner en parlant de choses et d'autres mais je sentais bien qu'il était tendu et un peu ailleurs. Était-ce à cause de cet appel s'il se sentait de cette façon ou était-ce dû à son travail ?

Après avoir débarrassé la table et mis les assiettes dans le lave-vaisselle, il me prit par la main.

« Viens, on va aller regarder un film. Juste profiter d'être ensemble. »

Je lui souris et le suivis sans hésiter.

Nous passâmes le reste de la soirée dans les bras l'un de l'autre à nous cajoler sur le canapé et à regarder un vieux film comme n'importe quel couple. Et j'avais aimé ressentir cette normalité. Ma tête contre son torse, je fus bercée par le rythme de sa respiration tandis qu'il embrassait l'un de mes poignets endoloris et le caressait doucement avec son pouce.

Mon Dieu, qu'est ce que nous étions bien ! Il était facile d'oublier nos problèmes lorsque nous étions ainsi.

« Tu as encore mal ? », me demanda-t-il, me prenant au dépourvu.

Je me redressai pour mieux le regarder.

« Non. »

« Et ailleurs, est-ce encore douloureux ? »

« Non, non du tout. Tu sais, je n'ai jamais vraiment eu mal. », mentis-je. « Ce n'est que superficiel. Dans quelques jours, il n'y aura plus aucune trace. »

Il ne dit rien et continua à observer les meurtrissures de mon poignet avant de les effleurer délicatement de ses lèvres. Une chaleur exaltante partie de ce point sensible pour se propager dans tout le reste de mon corps. Je lâchai un gémissement de bien être.

« Nous n'allons rien faire ce soir. », soupira-t-il à regret en ancrant ses iris dans les miens. Regret qui devait aussi se lire sur mon visage. Il ne pouvait pas me toucher et m'embrasser de façon si sensuelle et qu'il ne se passe rien par la suite.

« Ce n'est que partie remise. », me rassura-t-il en voyant ma déception. « Tu sais bien que je ne peux pas me passer de ton corps pour bien longtemps. Et lorsque nous le referons, je serai bien plus délicat que je ne l'aurai jamais été. Je chérirai chaque partie de ton corps magnifique et te ferai l'amour comme nous ne l'avons jamais fait. »

Je me mordis la lèvre inférieure, émue par ses belles paroles. Je l'aimais tellement que ça me faisait presque mal, que j'étouffais presque sous le poids de mes sentiments. Et pourtant, je ne voulais pour rien au monde que ça cesse.

Je me penchai vers lui afin de déposer un baiser sur la commissure de ses lèvres. Son regard s'assombrit et sa bouche s'entrouvrit.

« J'ai hâte d'être à ce moment. », fis-je en déposant un dernier baiser avant de me repositionner.

Cette nuit-là, il me tint dans ses bras puissants sans discontinuité. Nous n'avions pas fait l'amour, mais d'être aussi proche de lui m'avait procuré une véritable consolation, un repos intérieur, un baume pour mon cœur qui avait était si fragilisé ces derniers temps.

******TMA******

Le lendemain, je préparai du café en attendant Alice. Elle vint à l'heure que m'avait indiquée Edward. Son enthousiasme n'était pas aussi débordant qu'habituellement et je savais que la discussion que nous allions avoir serait sérieuse et dénuée de superficialité. Nous nous installâmes et commençâmes à converser de choses et d'autres, jusqu'au moment, où inévitablement, le sujet tant redouté arriva.

« Et toi, comment vas-tu après tout ce qui s'est passé ? Je ne peux pas encore croire que tout ceci s'est produit. », fit-elle en secouant la tête de désolation.

« Oui, je vais bien… Tu sais, il ne faut pas blâmer Edward. Ça serait plutôt à moi à qui il faudrait en vouloir. Quelque part, c'est un peu de ma faute tout ça. »

« De ta faute ? Ai-je bien entendu ? Mais te rends-tu compte de l'énormité que tu viens de dire ? Pourquoi serait-ce de ta faute ? Tu n'as rien fait de mal, Bella. », s'alarma-t-elle.

Je me repositionnai sur ma chaise mal à l'aise. Je savais qu'elle ne comprendrait pas.

« Je n'aurais pas dû danser avec James, c'était une erreur de ma part. »

« Tu ne faisais que danser avec lui. Il n'y avait pas de quoi en faire un scandale. On ne tabasse pas un mec pour une raison aussi stupide. D'ailleurs, je lui ai bien fait comprendre lorsque je l'ai eu au téléphone. D'après papa, James est vraiment dans un piteux état. »

« A ce point ? », m'inquiétai-je en me rongeant les ongles.

Mais bien sûr qu'il était mal-en-point. Je n'étais pas aveugle, j'avais bien vu ce qu'il lui avait fait. J'aurais seulement voulu que la réalité soit tout autre.

« Oui. Il a le nez cassé, des hématomes partout sur le visage et c'est à peine s'il peut ouvrir les yeux. »

« Je suis tellement désolée. », m'excusai-je, bourrée de remords.

« Pourquoi t'excuses-tu ? », s'agaça-t-elle. « Ce n'est pas à toi de culpabiliser. »

Je soupirai et triturai mes doigts nerveusement.

« J'ai voulu le rendre jaloux. Tout ceci est entièrement de ma faute. Si je lui avais fait un peu plus confiance et si je n'avais pas été jalouse moi-même, rien de tout ceci ne ce serait passé. »

« Oh Bella ! Tu pourrais trouver toutes les excuses du monde à Edward, que ça ne changerait pas au fait qu'il ait passé à tabac un mec pour une raison aussi insignifiante. Sa réaction n'était pas saine. Et puis si je me souviens bien, il était parti avec son ex, te laissant en plan. Ce que tu as fait, je l'aurais sans doute fait aussi. Quoi que, réflexion faite, je pense que je les aurais poursuivis et que je leur aurais arraché les yeux. Ça m'aurait donné plus de satisfaction. »

Je pouffai de rire lorsque je m'imaginais la scène.

« C'est vrai que de m'avoir laissée seule pour aller discuter avec cette fille m'a… blessée ? Humiliée ? Vexée ? Peut-être un condensé des trois. », réfléchis-je.

« Ça c'est normal. Par contre, ce qu'il a fait, ça, ce n'était pas une réaction normale. »

Je soupirai et roulai des yeux face à son insistance.

« James n'est pas non plus innocent dans cette histoire. », le défendis-je.

« Oh pitié, Bella ! »

« Non, c'est vrai ! Il a provoqué Edward. Il a tout fait pour attiser sa colère. »

« Tu es amoureuse. Tu ne vois pas les choses comme moi je les vois. J'adore mon frère mais ce n'est pas pour autant que je cautionne tout ce qu'il fait. Le voir dans cet état m'a vraiment fait peur. J'ai même craint pour toi, pour ta sécurité. Je me demandais même si je ne devais pas venir te chercher. Il était tellement hors de contrôle. Je crois que je ne l'avais jamais vu comme ça et c'était… effrayant. J'ai peur qu'un jour il fasse bien pire et qu'il s'en prenne véritablement à toi. »

Je me levai d'un bond et me dirigeai vers les placards afin de prendre des tasses pour le café.

« Un café ? », lui demandai-je afin d'éviter ce sujet épineux.

« Oui, volontiers. Avec tous ces soucis, je dors très mal en ce moment. Et puis j'ai encore pas mal de pain sur la planche avec le nouveau défilé que je dois préparer. Sais-tu qu'une partie des bénéfices ira directement à l'association que défend mon père ? C'était la moindre des choses que de faire ça pour une si noble cause. »

Je ne l'écoutai que d'une oreille et me hissai pour atteindre l'étagère où se trouvaient les tasses et en pris deux.

« Oh mon Dieu ! Mais qu'est-ce que c'est que ça ? », s'alarma soudainement Alice.

Sous l'effet de la surprise, je lâchai les tasses des mains qui se fracassèrent au sol en mille morceaux.

Je la regardai, stupéfaite et vis son regard posé sur mes hanches.

Je tirai vite sur mon pull afin de soustraire les marques laissées sur mon corps à sa vue. Mais il semblait qu'il était trop tard. En quelques enjambés, elle se mit en face de moi et souleva brusquement mon pull.

« Mais qui… Est-ce Edward qui t'a fait ça ? »

« Non ! Bien sûr que non ! Il ne me ferait jamais de mal ! J'ai… j'ai juste trébuché dans les escaliers et maladroite comme je suis, je suis tombée et les ai dévalée. Mais je vais bien. Il y a eu plus de peur que de mal. », me défendis-je tout en ramassant les morceaux éparpillés au sol afin d'éviter son regard soupçonneux.

« Tu es une très mauvais menteuse Bella. Tu crois sérieusement que je vais gober ça ? »

« Crois ce que tu veux. Mais je te dis seulement la vérité. », lui affirmai-je en essayant d'esquisser un sourire rassurant.

« Bella, il faut que tu me fasses confiance. Je pourrai t'aider si tu me disais ce qui s'est réellement passé.

« Je. T'ai. Dit. La. Vérité. », fis-je en insistant sur chaque mot. « Le sujet est clos. Peut-on parler d'autre chose, s'il te plaît ? »

Elle m'examina longuement, les bras croisés et les lèvres pincées.

« Je ne peux pas, désolée. »

« Alors… Alors, tu peux t'en aller d'ici. », déclarai-je en colère et vexée qu'elle remette en cause mes explications.

Je m'en voulais d'être si dure, surtout envers Alice. Mais je ne la laisserai pas gâcher ce que je m'évertuais à obtenir. Je ne voulais plus qu'on me parle de ces fichus stigmates. Il n'avait pas fait ça pour me faire du mal. Il n'était pas lui-même lorsqu'il m'avait fait ça.

Elle ouvrit la bouche à plusieurs reprises et finalement tourna les talons et, contre toute attente, alors que je pensais qu'elle allait s'en aller, elle se rassit.

« Très bien, parlons d'autre chose. », se résigna-t-elle, les lèvres pincées.

Je savais bien que têtue comme elle était, elle ne lâcherait pas si facilement l'affaire. J'appréhendais le fait qu'elle en parle à Edward ou à quelqu'un d'autre. Que lui dirait-il si tel était le cas ? Je devais peut-être être honnête avec elle ou plutôt édulcorer ce qui s'était passé pour l'empêcher de s'occuper de ce qui ne la regardait pas.

Je finis de mettre les morceaux de porcelaine à la poubelle et, en faisant attention cette fois, je pris deux autres tasses. Je lui servis du café et en fis de même pour moi.

J'en pris une gorgée et gardai ma tasse entre les mains afin de garder une certaine contenance et fixai la table tout en évitant soigneusement ses yeux perçants.

« Je suis désolée. », m'excusai-je. « Écoute, je ne veux pas me fâcher avec toi. Seulement, je ne veux pas que tu te fasses de fausses idées à propos d'Edward. Et crois-moi, je suis vraiment très maladroite. »

Je levai la tête et vis le visage fermé d'Alice.

« Tu dois me croire. », la suppliai-je presque.

« Très bien. Je ne t'ennuie plus avec ça. », dit-elle avant de boire une gorgée de son café fumant.

« Je te remercie. »

J'espérais sincèrement qu'elle ne me parle plus jamais de ce sujet qui fâche. Ce qui s'était réellement passé entre Edward et moi devait justement rester entre lui et moi. Je savais qu'il regrettait ce qu'il m'avait fait et je lui avais pardonné, d'ailleurs je ne lui en avais jamais vraiment voulu. Et puis, je savais qu'il ne recommencerait plus. En tout cas, je ferai tout pour ne plus attiser sa jalousie. J'avais compris comment il fonctionnait maintenant.

Nous restâmes silencieuses de longues minutes à siroter notre café. Et ce silence n'était en rien salutaire. J'avais vraiment envie d'abréger ce trouble qui s'était installé dans la pièce.

« Avant que nous partions, Edward et moi, ce soir-là, j'ai vu que Rosalie et Jessica discutaient entre elles et je me demandais si elles étaient amies. », m'enquis-je abruptement.

Alice écarquilla les yeux sous l'effet de la surprise et, après s'être reprise, répondit :

« Oui effectivement, elles le sont. », confirma-t-elle, songeuse. « Maintenant, tu comprends pourquoi Rosalie est si pleine d'amertume. C'est aussi en partie à cause de ce qu'Edward a fait à Jessica qu'elle est si dure envers lui. »

« Ah, en effet, je comprends mieux certaines choses maintenant. », fis-je d'une voix à peine audible. « Ne sais-tu rien d'autre à propos de cette liaison. », continuai-je avec appréhension.

« Rien d'autre que tu ne sais déjà. Ils sont sortis ensemble quelques mois et Edward a mis un terme à cette relation de façon assez soudaine, il y a à peine trois ou quatre mois peut-être. »

Trois ou quatre mois… ça correspondait au moment où je m'étais installée à Chicago. L'avait-il quittée pour moi ? Cette pensée me réchauffa le cœur.

« Bon, parlons d'autres choses. », s'anima-t-elle subitement ce qui mit un terme à mon raisonnement. « J'ai un cadeau pour toi. »

« Un cadeau ? Pour quelle raison ? »

« Allez, tiens ouvre-le. Tu verras. », fit-elle en me tendant un petit paquet doré qu'elle venait de sortir de son sac.

« Non mais vraiment, il ne fallait pas, Alice. Ça me gêne. »

« Roh, ne dis pas de bêtises et ouvre-le avant de te sentir gênée. »

J'enlevai le papier avec délicatesse, ce qui agaça Alice au plus haut point.

« Tu peux le déchirer si tu veux. »

Je fis comme elle me dit, et déchirai le papier doré. Une fois, libérée de son emballage, j'ouvris la boîte et blanchis lorsque je vis un portable à l'intérieur.

« Quoi, Tu ne l'aimes pas ? », s'inquiéta Alice.

« Bien sûr que si. Je suis un peu embarrassée que tu m'offres ceci alors que je n'ai rien à te donner en retour. »

« Je te l'avais promis, tu t'en souviens ? »

« Il est très beau, il me plaît beaucoup. Merci Alice. », la remerciai-je en me levant afin de l'étreindre.

« Oh, je t'en prie, ce n'est rien, vraiment. Le fait même que ce cadeau te plaise fait mon bonheur. », rit-elle en me serrant contre elle à son tour. « Alors tu verras, je t'ai déjà mis quelques numéros. Le mien, bien sûr. Celui d'Edward, de Jasper, d'Emmett et je me suis permise de mettre aussi celui de mon père et de Rosalie. Ça pourra peut-être te servir, on ne sait jamais. »

Pas sûr que j'utilisasse celui de Rosalie. Mais ne voulant pas la peiner, je ne dis rien et mis rapidement le portable dans ma poche. J'avais peur qu'Edward vienne à l'improviste et me voit en possession d'un téléphone. C'était vraiment la dernière chose que je souhaitais. Qui sait comment il réagirait ?

« Bon, je vais devoir y aller. »

« Déjà ? », lui demandai-je véritablement déçue qu'elle parte déjà.

« Oui, le boulot n'attend pas. Mais si tu veux, on peut sortir ensemble demain. »

« Sortir ? Demain ? Euh… Je ne suis pas sûre que demain je puisse. Tu sais quoi ? Je t'appelle et on essaiera de trouver un jour qui nous convienne à toutes les deux. »

« Oui, si tu veux. Ça serait vraiment sympa qu'on puisse profiter d'une journée entre filles. »

« Oui, j'ai vraiment hâte. », confirmai-je en essayant de paraître aussi enthousiaste que possible.

Maintenant, ne manquait plus qu'à convaincre Edward. Tâche ô combien difficile qui m'attendait. Si j'avais le choix, je préférerais attendre quelques jours pour lui en parler. Nous avions déjà tant de choses à résoudre.

Le reste de l'après-midi ressembla étrangement à celui de la veille. Edward et moi passions une soirée tranquille ensemble. Il m'avait même parlé un peu de sa mère. J'avais vraiment apprécié qu'il se confie à moi. Et puis tout comme la nuit précédente, nous ne fîmes pas l'amour. Mais au lieu de me blesser, ce refus me prouvait juste qu'il se souciait de moi. Il aurait très bien pu agir de façon égoïste et ne penser qu'à ses désirs. Non, au lieu de cela, il m'avait une nouvelle fois prise dans ses bras et caressée avec respect. Nous nous étions endormis facilement et j'accueillis cette nuit sans rêve avec félicité.

******TMA******

Tout comme me l'avait annoncé Edward, le mardi annonçait comme un changement significatif dans notre routine. Il repartit au travail non sans m'avoir embrassée, puis laissée seule avec-moi-même dans cette si grande demeure. Car sans me le dire vraiment, j'avais bien compris qu'il préférait que je reste à la maison.

Je fis toutes les choses que je faisais habituellement, espérant que le temps passe assez vite pour que je puisse enfin le revoir.

En fin d'après-midi, je m'assis sur le canapé en attendant impatiemment qu'il arrive. Je commençai à m'ennuyer ferme. Les loisirs que je pratiquais jusqu'à lors devenaient presque des corvées. Il m'était de plus en plus ardu de trouver une distraction dans ce que je faisais.

Alors je repensais à Alice, à sa proposition de sortir. Il ne fallait pas se leurrer, Edward ne verrait pas d'un bon œil cette liberté que je souhaitais. C'était à moi de le convaincre de ma bonne foi. Même si nous n'avions pas encore mis les choses à plat, je devais lui prouver qu'il pouvait avoir confiance en moi.

A 19 heures, Edward rentra enfin et bizarrement mon cœur battit plus fort. Une multitude de sentiments s'entrechoquaient en moi : l'appréhension, l'excitation et l'impatience.

Après un temps où je pensais qu'il viendrait directement me voir, la déception prit le pas sur tout le reste.

Je me levai vivement du canapé dans lequel j'étais installé et pris la direction du bureau où j'étais sûre qu'il serait.

Une fois arrivée, je frappai à la porte et attendis. Froidement, il me dit d'entrer.

Doucement et avec appréhension, j'ouvris la porte et pénétrai dans la pièce. Il était en train de regarder par la fenêtre et ne prit pas la peine de se retourner vers moi alors que je n'étais qu'à quelques mètres de lui.

Un silence pesant s'installa. Et je ne savais pas quoi dire ou quoi faire pour le briser. J'avais peur que quoi que je dise, sa mauvaise humeur apparente empire.

« Tu voulais quelque chose ? », lança-t-il soudainement en se tournant enfin vers moi.

Et voir son visage si fatigué me donna une bonne idée de la journée difficile qu'il avait certainement eue.

« Je voulais juste te voir et savoir comment s'était passée ta journée. », dis-je en m'avançant doucement vers lui.

Une lueur de tristesse à peine visible passa dans ses yeux verts.

« On peut dire qu'elle a été harassante à tous points de vue et je suis bien content qu'elle soit enfin terminée. », soupira-t-il.

Je le sentis s'adoucir et profitai pour l'encourager à se confier.

« Tu veux en parler ? »

« Non. Je ne veux pas t'ennuyer avec mes problèmes. », fit-il en passant une main sur son visage avec lassitude.

« Ça ne me dérange pas. Et puis dans un couple, on doit savoir s'écouter. »

A l'énoncé du mot 'couple', je vis son visage changer d'expression. Et un étrange pressentiment s'empara de moi. C'était comme si la source de son épuisement n'était pas seulement due à son travail. C'était comme si quelque chose d'autre en était la cause.

« Je le sais. », dit-il simplement me faisant comprendre qu'il ne le ferait pas.

Très bien, n'insistons pas.

J'aurais dû être habituée à son mutisme, et pourtant j'avais de plus en plus de mal à composer avec.

« Je suis désolé de te demander ça, mais pourrais-tu me laisser seul un moment ? », me demanda-t-il en s'asseyant et en reposant sa tête dans ses mains.

« Tu es sûr que ça va aller ? », m'enquis-je, inquiète par son attitude étrange.

« Oui. S'il te plaît, peux-tu juste… », fit-il, de plus en plus agacé, en me désignant la porte. « J'ai encore des petites choses à régler. »

« Euh… oui. Bien sûr… Je vais aller préparer le dîner. », bredouillai-je au bord des larmes.

Sans plus attendre, de peur de pleurer devant lui, je fis demi-tour et sortis. Une fois la porte fermée, je m'adossai à elle et tentai de ne pas me laisser envahir par des suppositions éhontées.

Qu'avait-il bien pu se passer pour qu'il soit si différent de l'homme avec qui je m'étais levée ce matin ?

Il m'avait parlé si froidement… Comme si j'étais peu de chose à ses yeux.

Ô comme j'aurais aimé qu'il se confie à moi, qu'il ait suffisamment foi en moi pour me mettre dans la confidence. Que devais-je faire pour qu'il partage avec moi ses secrets, mêmes les plus sombres ?

Quelques heures plus tard, ne le voyant pas venir, je me résolus à manger seule. Il ne s'était pas montré de la soirée et j'avais respecté son choix même si cela me faisait mal. Il m'était difficile de subir ce rejet sans ne pouvoir rien faire.

Le soir venu, je m'étais couchée seule, résignée, dans le lit immense de notre chambre. Je l'avais attendu, espérant pouvoir m'endormir dans ses bras comme j'avais coutume de faire. Hélas, il ne vint pas. Et ce qui me parut encore plus étrange, c'est que lorsqu'il vint enfin, il ne me serra pas contre lui comme il le faisait chaque nuit. Sans bruit, il s'était couché dos à moi. Je m'étais sentie démunie de tout et n'avais pas osé me blottir contre lui.

« La patience est mère de toutes les vertus. », me dis-je.

J'attendrai qu'il vienne à moi et qu'il se confie. Je savais comment il était lorsqu'il était contrarié. Je ne désirais pas le repousser dans ses derniers retranchements, ce n'était certainement pas la bonne façon de faire avec lui. Même si c'était une sottise de supporter ce que je ne pouvais pas endurer.

******TMA******

Le lendemain ressemblait étrangement au jour précédent. A la seule différence, que lorsque je m'étais réveillée, il était déjà parti. J'étais déçue. J'aurais tant souhaité qu'à travers un baiser, il fasse partir tous mes doutes.

Il semblait que la souffrance et l'ennui faisaient partis intégrantes de ma vie, maintenant. Et je n'étais pas sûre de pouvoir subir une nouvelle fois une journée aussi morose et de sombrer dans la platitude au risque de devenir folle. J'espérais que le soir venu, lorsqu'il serait rentré, son humeur aurait changé et que je pourrais discuter de la possibilité de sortir avec Alice. Et pour ça, il allait falloir que je trouve des arguments de choc.

Il était rentré pour l'heure du dîner et au lieu de m'éviter, cette fois il était venu me voir dans la cuisine.

« Bonjour. », lui fis-je en lui souriant sincèrement.

« Bonjour. », me répondit-il en s'approchant de moi et en déposant un baiser aussi léger qu'une plume sur mon front.

Désireuse de plus, je ne le laissai pas s'écarter de moi et le pris dans mes bras. Sentir sa chaleur fut bien plus appréciable que n'importe quel remède contre l'anxiété. Il posa délicatement ses mains sur ma chevelure et posa un second baiser furtif sur eux.

« Tu as passé une bonne journée ? », lui demandai-je avec bien plus d'appréhension cette fois.

« Oui. Même si j'ai connu des jours meilleurs.», fit-il en s'écartant de moi.

Nous nous assîmes et commençâmes à manger. Et ne pouvant me retenir davantage, je lui révélai mes craintes.

« Je me fais du souci pour toi. », murmurai-je.

Il leva la tête dans ma direction quelque peu décontenancé.

« Et pourquoi donc ? »

« Et bien, peut-être parce que je te sens lointain depuis hier. »

« Tu n'as pas besoin de t'en faire. Je vais bien. Juste des soucis avec le travail, rien de plus. », fit-il sur la défensive.

« D'accord, je disais juste ça comme ça. », me défendis-je en levant les épaules et en regardant mon assiette.

Des soucis avec le travail ? Vraiment ? Pourquoi avais-je du mal à y croire ?

« J'ai quelque chose à te demander. »

C'était le moment ou jamais, son humeur était bien meilleure que la veille. Que la réponse soit positive ou négative, au moins je serai fixée.

« Oui ? », m'invita-t-il à poursuivre.

« Alice m'a proposé de sortir un après-midi avec elle. », commençai-je bien moins sûre de moi tout d'un coup. « Et je sais ce que tu vas me dire et les raisons qui te pousseront à me l'interdire mais je n'en peux plus d'être ici. J'ai vraiment besoin de changer d'air… De plus, je ne sors pas avec n'importe qui mais avec ta sœur. Et puis si je refuse une nouvelle fois son invitation, elle va commencer à se poser des questions. », débitai-je d'une voix tremblotante tout en jouant avec ma serviette.

Dans l'attente d'une réponse, quelle qu'elle soit, je fermai les yeux. Et puis sentant son regard posé sur moi, je les rouvris et le jaugeai avec appréhension, m'attendant à tout : à de la colère ou à de l'agacement mais certainement pas à ce calme qui émanait de lui en ce moment-même.

« Oui, tu as raison. », répondit-il sans sourciller.

Je le regardai comme pour être certaine que je n'avais pas eu une hallucination auditive.

« Quoi ? »

« Je t'ai dit que tu avais raison. », répéta-t-il très calmement.

Acceptait-il vraiment et aussi facilement ? J'aurais pensé batailler ferme avant de finalement obtenir une réponse négative. Au lieu de ça, il acceptait… Dans un autre contexte j'aurais pu me réjouir de la confiance qu'il me portait mais étrangement, je ne ressentais aucune satisfaction d'avoir obtenu son accord.

Où était donc passé cet Edward qui peinait à me faire confiance ? Qui me cédait très peu de liberté ?

« Viens, je vais te monter comment fonctionne l'alarme. », me proposa-t-il sans plus attendre alors qu'il s'essuyait la bouche avec sa serviette.

Telle une automate, je me levai et le suivis. Il me donna le code et m'expliqua le fonctionnement du système de sécurité. Rien en lui me montra s'il faisait ceci sous une espèce de contrainte ou par acquit de conscience.

Maintenant en possession de toutes ces données, je réalisai que ma liberté pouvait m'être retrouvée. Et cette évidence ne me donna pas la joie escomptée. Bien au contraire. Et ce fut troublant de comprendre que ma liberté ne valait rien si c'était pour passer ma vie loin d'Edward.

Ce constat ne fit que renforcer un peu plus ce que je pensais : je ne voulais pas partir. Cette notion de liberté avait évolué au fil du temps.

« Pourquoi acceptes-tu de faire ça ? », demandai-je encore sonnée par la facilité avec laquelle il m'avait cédé.

« Accepter quoi ? »

« De me laisser sortir sans toi ? »

« Je ne vois pas ce qui m'en empêcherait, maintenant. Et je comprends tout à fait que tu veuilles passer du temps en dehors de cette maison. », déclara-t-il, le visage ne reflétant aucune émotion.

« Et bien, je pensais qu'après ce qu'il s'était passé avec Ja… »

« Et bien, non. », me coupa-t-il. « As-tu d'autres questions concernant le système de sécurité ? »

Je secouai la tête incapable de prononcer une parole.

« Très bien, je vais aller travailler encore une heure ou deux. », dit-il avant de tourner les talons et de partir.

******TMA******

Comme convenu, Alice était venue me chercher et, elle et moi, étions sorties ensemble. J'avais accepté sans broncher d'aller faire du shopping. Mais une fois dans le centre commercial, je m'étais sentie légèrement oppressée et assurément pas à ma place. Je savais ce qu'il me manquait pour que je me sente mieux : Edward. Il avait ce côté lénifiant qu'il me fallait pour me sentir bien. Sans compter qu'avec ce qu'il s'était passé la veille, j'étais loin de la sérénité. J'avais encore du mal à réaliser qu'Edward m'ait accordé la permission de sortir aussi facilement. C'était comme si j'étais devenue moins importante à ses yeux. Une boule d'angoisse s'était formée dans ma gorge depuis lors et tous mes arguments fallacieux ne m'avaient pas permis de me l'enlever.

Alice ne semblait pas s'être aperçue de mon état ou si elle s'en était rendue compte, elle n'avait rien fait pour le montrer.

Après avoir fait plusieurs magasins, nous fîmes une pause à la terrasse d'un café et j'en profitai pour lui poser les questions qui me brûlaient les lèvres. Je n'y allai pas par quatre chemins et me lançai afin de soulager en moi cette volonté de connaître la vérité, de soulager ce trouble qui ne me quittait plus depuis deux jours.

« Alice ? »

« Mmmm ? », fit-elle alors qu'elle était en train de siroter son jus de fruits.

« Je me demandais… Est-ce que ton père a reparlé à Edward depuis samedi dernier ? »

Elle me regarda suspicieusement.

« Depuis le bal ? »

« Oui. »

« Edward ne t'a rien dit ? »

« Non, quoi ? », m'étonnai-je.

Elle fronça les sourcils et finalement se pencha en avant.

« Papa a vu Edward mardi dernier. »

Mardi dernier… Le jour où il devait retourner travailler dans sa société.

Je commençai à comprendre certaines choses. Il m'avait dit qu'il devait retourner à Chicago pour le travail mais peut-être s'agissait-il d'une fausse excuse pour m'écarter de ses problèmes. Je devais respecter ça et ne pas me mêler d'un problème qui m'échappait. S'il voulait rencontrer son père afin d'arranger certaines choses, je ne pouvais qu'approuver même si l'impression de pas avoir été mise dans la confidence était offensante.

« Il a certainement omis de me le dire. », grimaçai-je. « Et alors comment ça s'est passé ? »

« Je ne sais pas grand chose. Papa ne s'est pas trop étendu sur le sujet quand je l'ai interrogé. Je sais juste qu'il lui a fait son sermon. Edward s'est défendu, comme tu peux l'imaginer, mais finalement s'est excusé d'avoir agi aussi impulsivement. »

« Et c'est tout ? », m'étonnai-je.

« Non pas tout à fait. Papa lui a fait savoir que James allait porter plainte si Edward ne lui faisait pas un joli chèque pour compenser les dommages qu'il a subis. », continua-t-elle en se penchant un peu plus vers moi de peur que quelqu'un ne l'entende.

« Et il a accepté ? »

« Oui. Mais on ne peut pas dire qu'il ait eu vraiment le choix. Avec un tel bagage surtout devant témoins, sa carrière aurait pu être détruite. »

Je réfléchis à ce qu'elle venait de me révéler et commençai à comprendre le pourquoi de l'attitude plus qu'étrange d'Edward.

J'imaginais bien à quel point il lui avait été difficile de céder face aux menaces de James. Mais ceci n'expliquait pas pourquoi il était si distant avec moi. Rien qu'en songeant à cela, je sentis comme une douleur vive dans ma poitrine. Et je voulais absolument que cela cesse et retrouver Edward tel que je le connaissais avant tout ça, lorsqu'il me faisait me sentir importante, voire indispensable.

En fin d'après-midi, alors que j'étais dans le bureau d'Edward afin de choisir un livre, mon regard fut attiré par un post-it jaune posé sur son bureau. Habituellement, je ne fouinais pas dans ses affaires. J'étais respectueuse de son espace de travail. Cependant, j'avais terriblement envie de voir ce qu'il cachait. Peut-être le fait d'être dans l'inconnu, dans ce doute permanent, me poussait à agir de la sorte.

Je m'approchai avec hésitation vers le bureau tout en regardant par-dessus mon épaule et me penchai afin de lire ce qui était écrit sur le bout de papier coloré.

Je reconnus instantanément l'écriture fine et distinguée d'Edward. Il y avait peu de choses inscrites dessus mais suffisamment pour m'intriguer : le nom d'une agence immobilière ainsi que son adresse.

Des pas provenant du couloir m'avertirent qu'Edward était rentré. Sans plus attendre, je courus vers la bibliothèque, pris un livre avant de refermer le porte dernière moi et de me précipitai dans notre chambre.

Peu de temps après, j'entendis la porte du bureau claquer.

Il était moins une.

La nuit suivante, j'eus beaucoup de mal à m'endormir. Je repensai à cette adresse d'agence immobilière et me posai une multitude de questions. J'étais tellement parano que je voyais en chaque chose des indices pouvant m'expliquer le comportement plus qu'énigmatique d'Edward. Je pourrais lui demander le pourquoi de ce post-It mais j'avais peur qu'il se braque et qu'il me dise de me mêler de mes affaires. Je n'arrivais pas encore totalement à faire abstraction de son comportement qui pouvait à tout moment changer et devenir explosif.

Il était deux heures du matin lorsque je regardai le radio réveil. Et comme souvent ces derniers temps, il n'était pas là, à mes côtés. Et cette fois, au lieu de rester à ne rien faire, je voulais prendre les devants et aller voir ce qu'il pouvait bien faire à une heure aussi tardive.

Je me levai et, vêtue seulement de ma chemise de nuit blanche, je sortis de la chambre. A pas de loup, je m'aventurai dans le long couloir de l'étage et empruntai les escaliers. Une musique douce parvint jusqu'à moi. Une musique mélancolique qui fit naître sur mon corps des milliers de frissons. Comme envoutée par cette mélodie, je finis par descendre les marches et mes pieds m'amenèrent vers le séjour où se trouvait Edward jouant du piano.

Il était de dos à moi, tête baissée et n'avait pas remarqué ma présence. Je mourais d'envie de le rejoindre, mais au lieu de cela, je restai là où j'étais et appréciai ce don dont il était doté.

En temps normal, il jouait peu. Et lorsqu'il le faisait, c'était souvent lorsqu'il était égaré, replié sur lui-même, il semblait que son piano l'aidait à retrouver une certaine quiétude. J'espérais juste que cette nuit n'allait pas déroger à la règle.

Après quelques minutes, il s'arrêta saisit un verre qui était sur le piano et prit une gorgée d'un liquide ambré.

« Je ne peux pas ! », l'entendis-je dire alors qu'il se tirait les cheveux.

« Si, tu dois le faire. Tu sais que tu n'as pas d'autres choix, Edward. », continua-t-il.

« Il y a sûrement une autre solution. », gémit-il en se prenant la tête dans ses mains.

« Non, il n'y en a pas d'autre. », fit-il plus durement.

« Edward ? », l'interpelai-je sans plus attendre, réellement inquiète et effrayée par son monologue.

Il se tourna vers moi et me regarda les yeux écarquillés et apeurés.

« Que fais-tu ici ? », me demanda-t-il sèchement.

« Je n'arrivais pas à dormir. », l'informai-je en m'avançant vers lui lentement.

« Ça fait longtemps que tu es là ? »

« Non. Juste quelques minutes. », murmurai-je.

« Tu ne devrais pas être ici. Va te recoucher, il est tard. », m'ordonna-t-il.

Je ne l'écoutai pas et arrivée à sa proximité, je le pris dans mes bras. Et même si je le sentis se tendre lorsque je le fis, je restai dans cette position. J'avais besoin de sentir sa chaleur, son odeur, sa douceur… J'avais été trop de fois privée d'elles. Et lorsqu'il posa sa tête contre mon ventre avec un soupir de contentement, un léger sourire de satisfaction se dessina sur mes lèvres.

Je le maintins contre moi de longues minutes et lui caressai les cheveux afin de l'apaiser d'une souffrance dont je connaissais peu de choses finalement. Il soupira d'aise et ferma les yeux.

« Je suis inquiète pour toi Edward. », soufflai-je les mots avant même que je réalise ce que je voulais dire.

Il se raidit une nouvelle fois et s'écarta de moi avant de se mettre debout.

« Il ne faut pas. », fit-il désemparé.

« Si. Sinon qui serai-je pour ne pas voir que tu as des problèmes ? Tu es si différent depuis plusieurs jours. Je souffre de te voir ainsi. »

Il fronça les sourcils comme s'il avait mal de m'entendre dire ça.

« Je ne veux pas que tu ressentes ça. », dit-il d'une voix emplie de douceur et de peine mêlées, tout en plaçant vivement une main sur mon visage. Main qui, en une fraction de seconde, retomba le long de son corps.

« Écoute, va te recoucher, il est tard. On en reparlera demain. », lança-t-il, toute douceur dans la voix disparue.

« Arrête de faire ça, de toujours éviter le dialogue. », fis-je plus exaspérée qu'en colère. « J'ai respecté le fait que tu ne veuilles pas me parler. Mais ça dure depuis trop de temps pour que je continue à faire comme si de rien n'était. »

Il me jaugea longuement, sa bouche s'ouvrant à plusieurs reprises sans qu'aucun mot n'en sorte. Et comme toujours, il fuit devant les problèmes, ne m'accordant aucune explication. Il passa devant moi, m'effleurant au passage et prit la direction de la porte, mais avant qu'il ne sorte je voulais qu'il entende ce que j'avais à lui dire depuis plusieurs jours.

« Tu me manques, Edward. », murmurai-je avec des sanglots dans la voix.

Il arrêta sa marche, mais au lieu de revenir dans mes bras comme je l'espérais, il poursuivit son chemin et sortit.

Je m'assis sur le banc du piano et sanglotai. Je ne comprenais pas, j'étais perdue. Qu'avais-je fait pour qu'il me repousse, qu'il ne me fasse pas assez confiance ?

Abandonnée au milieu du salon, je ne pus m'empêcher de repenser à comment les choses avaient changé considérablement ces derniers jours. Notre relation, déjà si fragile, semblait s'être effritée en si peu de temps. Et au lieu de lui reprocher entièrement la situation dans laquelle nous nous trouvions, je me mis à me blâmer.

Avais-je essayé de freiner l'inévitable ?

Sans doute pas suffisamment. Si j'avais au moins essayé, je ne ressentirais pas cette culpabilité grandissante.

Même si plusieurs indications m'avaient permis de réaliser que quelque chose n'allait pas, je n'avais rien fait pour améliorer les choses.

J'aurais dû être plus pugnace, ne rien laisser passer, prendre des risques. J'étais persuadée que si je l'avais fait, le contexte dans lequel nous nous trouvions n'aurait pas pu être pire.

Je haïssais le fait qu'il ne se confie pas à moi, qu'il ne me révèle pas la raison exacte de son malaise.

Car de ne pas connaître la cause véritable de ce changement significatif était très frustrante et effrayante. Mais le pire dans tout ça, c'était qu'aucune explication logique ne pouvait me prouver que cette situation n'était que passagère et aucunement désespérée.

J'aurais dû agir avant qu'il ne soit trop tard. J'avais été confiante. Peut-être trop…

Une heure plus tard, le cœur lourd et inconsciente de ce qui m'entourait, je regagnai la chambre. Je n'avais plus la force à l'heure actuelle de le chercher et de le faire parler. Alors une fois dans la chambre, je m'allongeai sur le lit et les yeux grands ouverts, j'admirai le plafond blanc. Le sommeil ne vint pas et j'aurais préféré qu'il en fût tout autrement. Je n'aurais pas eu à subir les pensées que mon cerveau m'imposait et me serais, pour quelques heures, éloignée de cette turpitude.

Je tentai de retenir les larmes qui se formaient dans mes yeux et me mordis la lèvre inférieure pour ne pas craquer. Il fallait que je sois forte et que je ne baisse pas les bras. Il m'aimait, je le savais. Ses yeux ne pouvaient pas mentir à ce sujet. Du temps… lui laisser encore du temps.

Je tournai la tête dans la direction de la fenêtre et remarquai que la lune était pleine et brillait fortement. Immobile, seuls mes doigts jouant avec une boucle de mes cheveux, je continuai à examiner cet astre des nuits, aux effets changeants, telle une lumière dans l'immensité ténébreuse. Prise dans ma contemplation, je n'avais pas remarqué qu'Edward était présent dans la chambre. C'est seulement le poids d'un corps qui se déplace sur le matelas et le bruit des draps que l'on réajuste qui m'extirpèrent soudainement de mes pensées lointaines.

Edward était enfin venu se coucher. Je jetai un regard sur le réveil digital qui était en face de moi et ne pus retenir un soupir d'épuisement en constatant l'heure tardive qu'il affichait.

Finalement, les larmes que j'avais tenté de contenir glissèrent le long de mes joues. Il fallait que tout ceci s'arrête. Je ne pouvais plus supporter cette distance qu'il voulait tant mettre entre nous. A défaut de parler, je voulais qu'il me prouve à travers son corps qu'il m'aimait comme je le pensais. Alors, mettant mes incertitudes de côté, je me tournai vers lui. Je pris un instant pour l'admirer à son insu. Il était sur le dos, les paupières closes, et malgré la pénombre, je remarquai les cernes qui se marquaient un peu plus chaque jour. Sa respiration était régulière. J'ignorai s'il dormait ou non, mais cela m'importait peu finalement. Je le voulais, maintenant. Et je me moquai bien de ses réticences ou de sa fatigue.

Lentement, je dirigeai ma main vers ses lèvres parfaites et du bout des doigts, je les lui caressai. Le sursaut que son corps fit lorsque mes doigts les touchèrent me fit bondir à mon tour.

Ses yeux assombris par la pénombre se posèrent sur moi et me firent frémir. Mon cœur battait la chamade et ma respiration était haletante. Je me demandais si la surprise me faisait agir de la sorte ou si c'était le regard qu'il posait sur moi.

Après de longues secondes où nous restâmes silencieux, je posai une main sur son visage et doucement, je m'avançai vers lui en fermant les yeux. Je priai très fort pour qu'il ne me rejette pas, qu'il ne me trouve pas une excuse pour cesser cette connexion que j'essayais d'établir.

A mon plus grand soulagement, il ne le fit pas. Alors délicatement, je posai ma bouche insatiable sur la sienne. Et tout aussi subtilement, je frôlai, puis remuai mes lèvres contre les siennes. Dans un premier temps, il répondit timidement à mon baiser mais bien vite, il empoigna mes cheveux afin que mon corps soit collé tout contre le sien. Une plainte sortit de ma bouche. Une plainte reflétant une frustration qui m'avait quittée, un soulagement à peine dissimulé, une délivrance que je ressentais.

Encouragée par ses actions, j'approfondis le baiser, insérant ma langue entre ses lèvres entrouvertes. Bien vite, je rencontrai la sienne qui cherchait avidement la mienne. Je pus tout en caressant sa langue savourer son goût unique qui m'avait tant manqué. Nous gémîmes à l'unisson lorsque nos corps aussi nécessiteux l'un que l'autre accueillirent avec allégresse les caresses que nous nous donnions. Mes doigts cherchèrent désespérément sa peau et trouvèrent ce qu'elles voulaient si impatiemment sous le tee-shirt qu'il portait. Mes gestes étaient délibérément pondérés. J'essayai tant bien que mal de refréner cette ardeur et émotion qui me submergeaient de peur qu'il ne prenne la fuite.

Désireuse de plus de contact, je lui ôtai son tee-shirt et le balançai à travers la pièce. J'en fis de même avec ma chemise de nuit. Libérés de nos vêtements, je pus jouir à ma guise de son corps tonique, de sa peau si douce. Je passai mes mains sur son torse et y laissai s'attarder mes ongles. Il frémit et souffla.

Je me dirigeai vers le bas du corps en accordant une attention particulière à chaque partie. Sous l'effet de mes baisers brûlants, je l'entendis haleter. Un sourire se dessina tout naturellement sur mes lèvres. Qu'il le veuille ou non, son corps aimait ce que je lui faisais. Délibérément, je contournai la partie sensible de son anatomie pour remonter avec une lenteur non feinte vers sa poitrine. Je goûtai avec avidité et sans relâche cette zone que je chérissais. Ses mains toujours dans mes cheveux, je le sentis raffermir sa prise lorsque je mordillai l'un de ses tétons. Même si son esprit avait voulu mettre fin à cet échange, son corps, lui, me priait de continuer.

Il se redressa, fébrile et caressa avec le dos de sa main l'une de mes joues. Nos yeux brillants se rencontrèrent. Hypnotisés l'un par l'autre, nous nous contemplâmes avec respect et nostalgie.

Plus le temps passait et plus la tension montait. Je voulais m'abandonner dans ses bras, qu'il me fasse sentir vivante, qu'il m'enlève cette douleur qui s'était construite avec le temps.

« S'il te plaît, Edward. S'il te plaît… J'ai besoin de toi. J'ai besoin de me sentir proche de toi. », le priai-je, désespérée.

Et juste comme ça, je l'entendis émettre ce gémissement de désuétude, d'abandon absolu et juste comme ça, il prit mon visage entre ses deux mains et m'embrassa d'une lenteur presque dolente. Tel l'hédoniste, je prenais tout ce qu'il me donnait, faisant fi de mon chagrin. L'obscurité, masquant nos pensées et nos sentiments, nous permettait de nous abandonner plus facilement.

Mettant fin à notre baiser, je le poussai et il retomba contre les oreillers. La vue de lui, ainsi, allongé, les yeux mi-clos, me fit me sentir encore plus avide. Je reculai un peu et lui ôtai son boxer. Il souleva son bassin afin de me permettre de le faire. Libéré de ce carcan, son sexe se dressa devant moi, dur et imposant.

Je me redressai légèrement et enlevai précipitamment ma culotte. Je voulais absolument le sentir en moi, qu'il me possède enfin. Une fois complètement nue, je pris son sexe gorgé de sang et me positionnai de sorte qu'il se trouve à mon entrée. Avec une infinie douceur, je m'empalai sur sa longueur centimètre par centimètre. Je fermai les yeux et me délectai de la sensation, de la plénitude que son sexe me procurait. Impatiente, j'abaissai mes hanches brusquement, me trouvant, ainsi, totalement remplie. Le sentiment de l'avoir totalement en moi était indescriptible. Haletants, nous restions, lui et moi, quelques secondes inertes, juste assez pour apprécier cette communion corporelle.

Mes mains à plat sur son torse, je commençai à déplacer lentement mes hanches. Je basculai ma tête en arrière sous l'effet du désir qui devenait de plus en plus envahissant. La lenteur que j'imposais à mon rythme était un véritable supplice. J'avais envie de plus, de bien plus. Mon corps était rempli de picotements tant il était désireux. Je voulais ses mains sur moi, sa langue et sa bouche partout sur mon corps, pour qu'ainsi il me témoigne de sa ferveur.

« Touche-moi. », soufflai-je en lui prenant l'une de ses mains et en la plaçant sur ma poitrine.

Faisant preuve d'une timidité qui ne lui ressemblait pas, il erra sa main de ma poitrine à mon épaule, de mon épaule à mon bras laissant comme une brûlure dans son sillage.

Même si j'étais submergée par mon propre plaisir, une partie de moi savait que notre échange n'avait rien avoir avec ce qu'il était habituellement.

Alors que je rivai mon regard dans le sien, je vis que la lueur qui brillait habituellement dans ses yeux était différente. Elle était légère, à peine perceptible mais je la connaissais assez pour l'avoir remarquée. Ses yeux n'étaient pas le seul indicateur d'un changement. Ses gestes n'étaient pas aussi naturels qu'à l'ordinaire et son corps semblait vouloir résister. Et il m'était pénible de reconnaître qu'Edward se sentait acculé.

Car, même si à aucun moment il ne semblait souffrir, je pouvais sentir qu'il restait tendu, ne s'abandonnant pas complètement, en lutte constante avec lui-même, avec ce fantôme invisible que je ne pouvais voir. J'enfouis ma tête, haletante, dans le creux de sa nuque et l'embrassai juste en dessous de l'oreille avant de murmurer des mots rassurants dans un souffle hachuré.

N'arrivant pas à cesser ce flot de paroles qui émanait de ma bouche, voulant inconsciemment me décharger de toute cette confusion, je lui avouai également à quel point il m'avait manqué et ce besoin constant que j'avais de lui. Puis je lui confessai comment je me sentais lorsqu'il s'éloignait de moi, l'intensité de la douleur que m'avait procurée son silence mais aussi la profondeur de ma solitude et de mon désarroi lorsqu'il n'était pas là.

Pour seule réponse, il m'étreignit plus fermement, presque douloureusement, et émit un son plaintif étouffé dans ma chevelure.

Il était évident, pour moi, que ce qu'il m'avait fait endurer sciemment ces derniers temps l'avait fait souffrir tout autant, et j'aurais aimé comprendre ce qui l'avait poussé à agir de la sorte.

Après un long moment où nous restâmes enlacés, seuls nos souffles haletants et désespérés perceptibles à mes oreilles bourdonnantes, je me redressai et fermai les yeux savourant la toute puissance de mon amour pour cet homme si particulier. Alors que je bougeais à nouveau mes hanches, une larme glissa sur ma joue rougie, pour mourir sur son torse solide. Jamais je n'avais ressenti une sensation aussi brutale. J'avais le sentiment de lui faire l'amour avec mon cœur douloureux, ce palpitant qui semblait jeter son dernier souffle dans cette danse de nos bassins enflammés. C'était comme si mon cœur allait se décoller de ma poitrine tant les émotions que je ressentais étaient écrasantes.

Ce fut ainsi, alors que je me mouvais sur lui à un rythme de plus en plus soutenu, mes paumes contre sa poitrine, perdue dans mon propre plaisir, dans son parfum, dans le sentiment distinct de sa douceur, que je lui murmurai ces mots qu'ils m'avaient été si difficiles d'énoncer, qu'ils m'avaient été douloureux d'admettre et que j'avais tant de fois craints d'exprimer de peur d'être rejetée, mais qui m'avaient toutefois libérée au moment où je les lui avais dits…

« Je t'aime, Edward. Je t'aime tellement. », soufflai-je, ancrant mon regard brûlant de larmes contenues dans le sien.

Ses yeux s'écarquillèrent tandis que ses mouvements et ses caresses cessèrent brièvement. Perdu entre le désir et l'incompréhension que mes révélations lui suscitèrent, il m'examina comme si j'étais une étrangère à ses yeux. Bien vite, assimilant mes paroles, il ferma les yeux et inspira profondément. Une certaine souffrance déformait ses traits habituellement si parfaits. Je ne parvenais pas à savoir ce qu'il ressentait à cet instant précis. Mais lorsqu'il rouvrit les yeux, il me fallut alors peu de temps pour comprendre, pour définir, enfin, ce trouble qui semblait l'avoir atteint.

Je le sentis perdu, quelque part dans les ténèbres, effrayé par ma déclaration. La peur avait remplacé pour un bref instant le désir qu'il éprouvait.

Dans mon idéal, j'avais imaginé que ma déclaration ferait écho. Au lieu de cela, au lieu d'éprouver cette allégresse, son silence et son regard égaré furent comme un coup de poignard en plein cœur. Ce moment qui aurait du être heureux ne l'était pas. J'aurais voulu me satisfaire dans ses mots d'amour, qu'il me retourne ses belles paroles que je désespérais d'entendre un jour.

Au lieu de me laisser atteindre par ces élucubrations dues à mon état fébrile, je tentai de chasser de mon esprit ses yeux apeurés et continuai à me mouvoir sur lui, essayant de lui prouver ainsi l'envergure de mon amour pour lui. Je fermai fortement les yeux lorsqu'il leva ses hanches au même moment où je m'abaissai une fois de plus sur lui. Un gémissement mutuel nous échappa. J'accélérai la cadence afin d'atteindre cette délivrance que nous recherchions et voulions tant. Il me maintint plus fermement par la taille et m'aida à maintenir le rythme plus qu'effréné de notre danse sensuelle. Sans doute libéré de je ne sais quel entrave, il se laissa enfin aller.

Les yeux fermés, je savourai le plaisir qui s'insinuait en moi par vague. Je savais que bientôt –bien trop tôt sans doute– ma libération se propagerait en moi.

Le sentant sûrement, Edward se redressa et prit mon visage en coupe et m'embrassa avec empressement. Notre baiser était à l'image de ce que nous ressentions. Aucun mot ne pouvait exprimer ce que nous éprouvions.

Voulant le voir, voir son visage si expressif, j'ouvris les yeux et croisai son regard. Alors que nous bougions sensuellement, ses iris dans les miens, je me laissai happer par eux, afin d'atteindre les profondeurs de son âme abîmée. Je voulais garder pour toujours en mémoire ce visage si parfait.

Impatient d'être maître de la situation, Edward me bascula sur le lit tout en réussissant à rester en moi. Il entremêla nos doigts et nicha son visage dans mon cou.

Dans cette position, ses coups étaient bien plus forts, bien plus soutenus. Je me délectai de ce qu'il me faisait. Je savais qu'au plus profond de moi, je ne pourrais jamais m'abandonner avec un autre comme je m'abandonnais avec lui et ne donnerais pas autant à un autre homme que ce que je lui offrais.

Alors qu'il continuait à aller et venir entre mes cuisses, je crus percevoir un sanglot étouffé émanant de lui. Incertaine, je passai une main qui se voulait réconfortante dans sa chevelure en bataille. Ses lèvres se posèrent sur mon cou et un autre soupir me parvint.

Il se dégagea de cet endroit salutaire et posa ses lèvres brulantes sur les miennes. Son baiser exprimait bien plus qu'il ne l'aurait sans doute voulu. Il avait besoin de moi à cet instant, même si je méconnaissais la raison. Je me sentais désirée, convoitée et rien que ce fait rendait l'instant sensuel et électrique.

Je suffoquai, éperdue me jetant dans ce précipice aveuglément.

Nos gémissements s'expulsaient avec difficulté tant notre rythme était primal.

« J'aime tellement te sentir en moi Edward. », gémis-je tout contre son cou.

« Oh, Bella. », haleta-t-il.

Si je pensais que notre cadence ne pouvait être plus soutenue, il s'avérait que j'étais loin, bien loin de mes espérances. Mes paroles eurent un certain effet sur lui puisqu'il décupla le côté sauvage que notre étreinte avait pris. Et l'effet fut immédiat. Je m'accrochai à lui, à bout de souffle alors que je ressentais tout un mélange de sentiments aussi forts les uns que les autres.

Ce que j'éprouvais était trop indicible pour être décrit. Je laissai sortir un son rauque de ma gorge alors qu'un plaisir intense s'abattait en moi. Plaisir que je ne pouvais maîtriser. Alors je décidai de me laisser volontiers inonder par cette déferlante de bonheur absolu, cette apogée évanescent qui dévore tout. Le cri de volupté qui sortit de ma gorge était à l'image de mon cœur défaillant, et, pour bien des raisons, cette douce agonie était supportable même si elle était d'une puissance rare.

Alors que j'essayais de me reprendre, de refaire surface, la respiration plus que saccadée, je m'accrochai à lui.

Je baignais dans la rémanence de mon orgasme et en savourais chaque seconde.

Après avoir parsemé plusieurs baisers contre mon cou, ses lèvres suivirent un chemin fictif vers ma poitrine, mon ventre, mes hanches… La sensation de ses cheveux combinée à la douceur de ses lèvres donna à ma peau la chair de poule. Un nouveau frisson de désir me prit au dépourvu. Je ne pensais pas qu'après cet échange plus qu'intense, mon corps en redemanderait encore.

Il déposa encore plusieurs baisers à différents endroit, sur ma peau échauffée, et finalement, s'allongea à mes côtés.

Après de longues secondes où je me trouvais dans un état second, je levai mon visage juste assez pour percevoir une goutte de sueur perler sur sa poitrine. Alors je me penchai et léchai avec un certain plaisir cette texture salée. Puis ma langue prit le chemin de son cou pour terminer sur sa bouche. Le bout de sa langue sortit et salua la mienne. Et bien vite, nous nous embrassâmes, nos langues tourbillonnant lascivement l'une autour de l'autre. A bout de souffle, je quittai à regret sa bouche et vins me blottir contre son torse tandis qu'il me serrait dans ses bras. Nous restâmes longuement ainsi, peau contre peau, pris par nos propres pensées discordantes. Et j'aurais tant aimé connaître la nature des siennes.

Je tournai légèrement la tête et vis à travers les rideaux que l'aube pointait le bout de son nez.

Et même si j'étais épuisée, je peinai à trouver le sommeil. Ce poids que je ressentais était toujours là. Il ne m'avait pas quittée. Même après ce que nous venions de partager, l'angoisse était toujours aussi persistante.

Mais en y réfléchissant d'un peu plus près, je me demandais si j'avais seulement ressenti un jour une certaine légèreté en moi, ce confort que tout couple pouvait ressentir lorsque l'homme et la femme étaient ensemble. Et aussi difficile que de l'admettre, je me rendis compte que jamais je n'avais éprouvé cela.

Des larmes silencieuses roulèrent sur mes joues pour finir leur course dans le creux de mon cou.

Comme pour me réconforter, il enfouit son visage dans ma chevelure et tout en la caressant, il déclara une chose qui me donna l'infime espoir que j'attendais depuis si longtemps.

« Me pardonneras-tu seulement un jour ? »

Une réponse, une seule possible pour moi à cet instant précis… un baiser là où était placé son cœur comme pour lui montrer que je lui accordais mon pardon.

******TMA******

Il était tard lorsque je me réveillai, et je ne fus pas surprise de trouver le lit vide. Un certain spleen me submergea. J'aurais tant voulu qu'il soit présent à mes côtés ce matin, comme pour me faire oublier toutes ces fois où je m'étais retrouvée seule et comme pour me confirmer que tout allait bien entre nous maintenant.

Je me levai, le cœur lourd et me dirigeai directement vers la salle de bain. Après une douche rapide, j'enfilai un jean et un pull noir.

Une fois prête, j'allai à la cuisine, espérant y trouver Edward. Mais lorsque j'y arrivai, il n'y était pas.

Me fuyait-il encore ? Même après la nuit dernière, j'avais comme cette impression que rien n'avait changé.

Je lâchai un soupire de lassitude. Mais au lieu de me laisser abattre à cause de suppositions hâtives, je décidai d'aller voir dans son bureau s'il ne s'y trouvait pas. Et s'il n'y était pas, là, je pourrais m'inquiéter.

Arrivée à proximité du bureau, je tendis l'oreille mais ne perçus rien. Alors je toquai à la porte en espérant obtenir une réponse.

Après de longues secondes, je posai ma tête contre le bois de la porte et me mordis la lèvre pour ne pas pleurer.

Il était parti et me fuyait encore. Mais pourquoi ? Qu'avais-je fait ? Il avait pourtant l'air désolé la nuit dernière. Il m'avait même demandé de lui pardonner.

J'inspirai profondément et commençai à m'éloigner lorsque j'entendis faiblement Edward me donnant la permission d'entrer.

Un sourire franc fendit mon visage tant j'étais soulagée. Il n'était pas parti. Il était là, à la maison. Nous étions biens. Tout irait bien maintenant.

J'étais légèrement euphorique car pour la première fois depuis longtemps, je ressentais une petite paix intérieure.

J'ouvris en toute hâte la porte et pénétrai dans la pièce. Edward était assis, là, à son bureau, en train de lire quelque chose. Je me précipitai vers lui et prise d'un élan d'amour, je m'assis sur ses genoux et l'étreignis avec force.

« Pourquoi ne m'as-tu pas réveillée ? Il est tard. », fis-je en nichant mon visage contre son cou.

Trop absorbée par son odeur, par la douceur des ses cheveux contre ma joue, je ne me rendis pas compte immédiatement que quelque chose n'allait pas. Et si j'avais été plus attentive, je m'en serais sans doute rendue compte avant même de m'être jetée dans ses bras. Oui, si j'avais été plus vigilante… Je n'aurais jamais ressenti ce rejet, cette froideur qui s'était emparée de lui… une nouvelle fois.

Il me prit par les épaules et m'écarta de lui de sorte que ses yeux rencontrent les miens. Et après un temps qui me sembla interminable, il sortit de sa bouche ces mots qui ne présageaient rien de bon.

« Assis-toi, il faut que je te parle. C'est important. »


Bon… Voilà, voilà… J'espère que ce chapitre a été à la hauteur de vos espérances. Aimé ou pas, faites le moi savoir grâce à une petite review. J'attends vos avis avec impatience. Un petit mot, une phrase, un roman… tout me va. lol

Une dernière chose à vous dire avant que vous ne vous précipitiez sur la petite bulle jaune pour me reviewer lol. Je vous avais déjà parlé d'une fiction qui s'appelle « Contre tous préjugés » que je devais co-écrire avec Laura. Et bien, les choses ont changé. Je l'écrirai seule désormais. Vous pourrez d'ailleurs lire le prologue ainsi que le chapitre 1 de cette fiction en allant sur le lien suivant (ne pas n'oublier pas d'enlever les espaces) :

http : / / www . fanfiction . net / s / 6544589 / 1 / Contre_tous_prejuges

ou alors, en allant dans mes histoires.

Je serai heureuse que vous me disiez ce que vous en avez pensé.

Merci de m'avoir lu.

Je vous embrasse bien fort.

Et surtout, prenez soin de vous.