Bonsoir tout le monde !
J'espère que vous allez bien !
Voici venu le moment que j'aime le plus, en dehors de l'écriture bien sûr. Celui de vous annoncer la mise en ligne d'un nouveau chapitre. *_*
J'espère sincèrement qu'il vous plaira.
Avant de vous laisser lire, je tenais à remercier plusieurs personnes. Vous, pour commencer. Vous m'avez une nouvelle fois gâtée avec plus de 100 reviews rien que pour le dernier chapitre. C'est juste incroyable ! Merci infiniment pour vos messages adorables, la joie que vous m'apportez à travers vos reviews.
Un énorme merci à ma bêta, So (Eiphose), qui pourrait se faire surnommer Lucky Luck tellement elle corrige vite. Tendres baisers à toi ma So et prends soin de toi.
Un coucou aux filles du groupe MSN : Lemon Addict' (Lou : J-85 *_*, ma jumelle, Anne, Jess, Lily, Charlotte, Sarah...). Vous me faites passer d'excellents moments les filles.
Voilà, je crois avoir remercié tout le monde.
Place à la lecture.
On se retrouve en bas. )
Chapitre 18
Crois-tu que la vie soit un passage d'une mort à l'autre ? Faut-il vraiment transiter par tant de morts pour arriver à vivre ?
[Fernand Ouellette]
« Plus haut papa ! Plus haut ! », criai-je à en perdre haleine.
« Accroche-toi bien princesse. », me prévint papa en me poussant avec force.
Des rires enfantins sortirent de ma bouche. J'adorais ce sentiment de liberté que j'éprouvais lorsque je faisais de la balançoire. J'avais l'impression de voler, d'être légère, que rien ne pouvait m'atteindre.
Le vent caressait ma peau, mes cheveux me fouettaient le visage, mon cœur se soulevait et mes fesses se décollaient légèrement du siège lorsque j'étais en l'air. Mais malgré toutes ces perceptions, je n'avais pas peur. Au contraire. J'avais le sentiment que je pouvais presque atteindre les nuages avec mes pieds. Et quand je fermais les yeux, toutes ces impressions étaient bien plus exacerbées. C'était magique…
J'avais cinq ans et je n'avais jamais semblé aussi heureuse qu'à cette période de ma vie, entourée de ma mère et de mon père.
« Encore plus haut papa ! Je veux toucher les nuages ! », ris-je.
« Doucement Charlie. », s'inquiéta ma mère alors qu'elle était allongée sur une chaise longue en train de lire et de profiter du soleil.
« Maman, tu as vu comment je vais haut ? », rigolai-je.
« Oui mon cœur, mais doucement quand même. »
« Allez, maman a raison. Et puis je crois que tu en as assez fait pour aujourd'hui, princesse. »
Il cessa de me pousser mais je ne bronchai pas; je me laissai balancer jusqu'à ce que la balançoire s'arrête d'elle-même et sautai dans les bras de papa.
Nous rejoignîmes maman. Je m'installai sur une petite couverture et jouai avec mes poupées tandis que mes parents discutaient gaiement de choses et d'autres. En fin d'après-midi, nous nous fîmes des câlins et ceci jusqu'à la tombée de la nuit. Ces instants de bonheur, de douceur volatile n'étaient pas rares à cette époque, mais j'avais tout de même su les apprécier. J'étais bien. Dans ma tête de petite fille, tout allait parfaitement bien. D'ailleurs, j'enviais la candeur que nous pouvions avoir à cet âge au point où notre seule préoccupation était de savoir si nous allions enfin posséder le jouet tant convoité que nous avions remarqué dans une vitrine d'un magasin.
Alors que je me trouvais dans les bras de papa et que maman me caressait les cheveux, ce dernier fit une déclaration étonnante.
« Vous comptez tellement pour moi, que je ne sais pas ce que je ferais sans vous »
Il nous prit cette fois toutes les deux dans ses bras et nous serra très fort contre lui.
Je savourai sa proximité et soupirai de bien-être. Mon cœur était rempli d'amour pour lui, pour ma mère.
Habituellement, il était plutôt discret sur ses sentiments. Peut-être que le moment s'y prêtait. Ce n'était donc pas juste une déclaration factice, c'était une déclaration profonde et sincère.
Une fois que papa nous ait relâchées, je regardais maman; elle nous observait avec tendresse. Et ce fut à cet instant que je ressentis toute l'envergure de son amour pour nous. Le moment était parfait et j'aurais aimé arrêter le temps pour que nous puissions en jouir encore et encore tous ensemble. Que ne ferai-je pas pour que mes parents soient toujours présents à mes côtés et m'accompagnent dans ma vie d'adulte si compliquée ? J'avais des raisons de leur en vouloir, surtout lorsque mon esprit me laissait entrevoir des bribes de mon passé si insouciant, dénué de souffrance, bien loin des moments récents.
Je fermai les yeux et laissai mon esprit s'imprégner de cet instant heureux.
Lorsque je les rouvris, tout avait changé. J'étais seule dans un lieu qui m'était nouveau, arpentant de longs couloirs aux murs blancs. Malgré l'inconnu, je n'étais pas paniquée, je me sentais étrangement bien. J'étais juste fascinée, curieuse d'être présente dans ce lieu si blanc et baigné de lumière. Je n'avais aucune difficulté à bouger, c'était comme si je flottais dans les airs. Je me déplaçais sans but, même si tout au fond de moi, je savais que c'était faux j'étais là pour une raison.
Au détour d'un couloir, je vis une forme féminine. Intriguée, je m'avançai, mais bien vite, mon corps se figea, je ne pouvais plus bouger. C'était comme si je n'avais plus d'emprise sur lui. Cependant, j'étais suffisamment près pour me rendre compte que cette femme si belle, en face de moi, était ma mère.
« Maman ? C'est bien toi ? »
Le sentiment était écrasant. L'émotion m'étreint fortement, presque douloureusement lorsque je réalisais que c'était bien elle.
« Oui mon cœur. Maman est là, n'aie pas peur. », me sourit-elle.
« Maman, tu me manques tellement. »
« Je suis là. Je serai toujours là pour toi, ne l'oublie jamais. »
Nous nous admirâmes longuement tandis que des larmes chaudes coulaient le long de mes joues.
« Pourquoi es-tu partie ? Tu me manques, maman. », sanglotai-je.
« Je suis désolée mon amour. Pardonne-moi. Je ne voulais pas te faire souffrir. Je t'aime. », dit-elle, son visage reflétant ce qu'elle disait. Elle rayonnait toujours de lumière mais d'amour aussi : d'un amour sincère et puissant.
« Moi aussi je t'aime. »
Bip… bip… bip…
Qu'est-ce que c'est ?
Je regardai tout autour de moi sans comprendre. Le son, venant de nulle part, était presque insupportable.
« Tu dois revenir, ils ont besoin de toi. », fit maman en me regardant avec bienveillance.
Revenir où ?
« Je t'en prie, Bella, je suis tellement désolée. Je ne voulais pas te faire ça, crois-moi.», continua-t-elle d'une voix rauque. « Prends ma main et reviens.»
Alors tout doucement, mon corps réagit, retrouvant la maîtrise qui l'avait quitté. Irrémédiablement, je m'avançai vers elle. Je fus frappée par sa beauté presque irréelle. Elle était étonnante, bien plus que dans mes souvenirs. Mais plus j'avançais, plus les traits de son visage changeaient. Et bien vite, je ne la reconnus plus.
« Maman ? »
« Je suis désolé, Bella. Je le suis tellement. Pardonne-moi. »
Je portai une main à ma bouche sous le choc. Ma mère n'était plus là, en face de moi. A la place, Edward, le visage déformé par la douleur et les yeux brillants, me regardait.
« Je m'en veux tellement, si tu savais. »
Je restais muette. Ma bouche refusait de s'ouvrir et de laisser sortir les mots que j'aurais tant voulus exprimer. Une multitude de sentiments se bousculaient en moi, sa présence me confondait.
« Me pardonneras-tu ? »
C'était étrange, ses paroles m'étaient familières mais je ne saurais dire pourquoi.
« Je t'en prie. Je t'en prie, Bella. Je t'en prie…. », répéta-t-il tel un mantra.
Je le jaugeai sans comprendre. Il semblait souffrir. Je ne voulais pas le voir comme ça même s'il m'avait blessée à plus d'un titre. Alors je m'approchai encore et tendis une main vers son visage crispé par la tristesse. Je voulais enlever toute trace de douleur et de culpabilité de ses traits si parfaits.
Je posai délicatement ma paume sur sa peau tiède et lorsque je le fis, il ferma les yeux et sourit doucement.
Bip… bip… bip…
J'enlevai ma main de son visage et, une nouvelle fois, regardai tout autour de moi.
« J'ai besoin de toi. Reviens. », me pria-t-il, me détournant de ce bruit étrange.
« Mais je suis là, Edward. », fis-je en le regardant avec incrédulité.
Il me prit soudainement la main et je sentis mon corps se plaquer contre le sien. Et tout à coup, la douleur était partie. C'était comme si mon corps revivait, je respirais pleinement, enfin. Je fermai les yeux, jouissant de ce sentiment de bien-être retrouvé. Je me blottis contre lui et me perdis dans sa chaleur.
« Promets-moi de ne plus jamais me quitter. », fis-je en l'enserrant plus fermement.
« Je te le promets. », s'engagea-t-il avec force. « Je ne pourrais jamais vivre sans toi. »
Il était revenu, il me voulait encore. Je souris bien malgré moi. Je me sentais bien, soulagée, tellement entière, un sentiment que je n'avais pas connu depuis longtemps.
Bip… bip… bip…
J'ouvris les yeux à ce son strident. Mais dès que mes yeux furent ouverts, je fus gênée par une clarté éblouissante. Je ne percevais plus rien, je n'avais plus aucun repère. Je savais juste qu'Edward était là, près de moi, que je le tenais avec force de peur qu'il ne parte aussi vite qu'il était apparu. Je voulais me raccrocher à une certaine réalité.
J'essayais de m'adapter à cette lumière aveuglante, effrayante. Mais il m'était difficile de la supporter. Alors, je refermai les yeux, très forts.
Cependant, à cette gêne, d'autres sensations se manifestèrent en moi. Bien vite, ma gorge me brûla, mon corps devint douloureux. Je lâchai prise et m'effondrai sur le sol froid.
« Edward… J'ai mal. Aide-moi. », gémis-je en enveloppant mon corps de mes bras.
« Il faut revenir. Reviens-moi. », fit-il en s'éloignant de moi tel un spectre.
« Non, Edward ! Attends ! », criai-je en tendant une main vers lui.
Mais mes tentatives étaient vaines.
Je voulais ramper vers lui afin de l'atteindre mais c'était trop tard, il était parti. Il m'avait une nouvelle fois quittée.
Je m'allongeai sur le sol et fermai les yeux tant la lumière était vive et insupportable. Je restais là, inerte et attendais. Et plus le temps passait et plus j'avais l'impression que mon corps devenait lourd. Bien vite, je fus dans l'incapacité d'émettre un mouvement. Pour la seconde fois, je n'avais aucune emprise sur mon corps. C'était comme si j'étais prise au piège dans ma propre enveloppe corporelle.
J'aurais dû être paniquée, effrayée même, mais étrangement, je n'éprouvais rien de tout cela. J'étais juste fatiguée et souhaitais dormir, me laisser emporter par ce sommeil bienfaiteur. Je savais qu'ainsi la douleur partirait.
Cependant, j'entendis une voix… Une voix douce, chaleureuse m'enveloppait. Même si elle était agréable, je réussis à percevoir en elle une tristesse, une angoisse, un profond désarroi.
Je n'arrivais toujours pas à bouger et encore moins à ouvrir les yeux malgré les encouragements qui me parvenaient.
« Je t'en prie, mon ange. Ouvre-les yeux pour moi. »
Mon esprit était trop assombri pour que je parvienne à tout saisir. Néanmoins, même si les sensations dans mon corps n'étaient que subtiles, je sentis une pression sur ma main et quelque chose de doux la toucher. C'était agréable. Tellement que je ne voulais pour rien au monde que cette impression disparaisse.
« Je ne voulais pas te faire ça. Je ne voulais pas que ça se passe ainsi, il faut me croire ma Bella, ma douce et belle Bella. Regarde ce que je t'ai fait. Tout ceci est de ma faute. »
J'aurais voulu en entendre davantage mais ma fatigue était telle que ma lutte était insignifiante et qu'inévitablement le sommeil m'atteignit sans mal.
***TMA***
Je clignai des yeux. J'avais beaucoup de difficulté à les garder ouverts. Je me sentais groggy, ma gorge me brûlait. C'était comme si des lames de rasoir y étaient coincées.
Je refermai les yeux et sentis les émotions que mon esprit avait invoquées s'attarder encore en moi. Les images me hantaient et j'eus du mal à me reconnecter avec la réalité.
Bip… bip… bip….
A ce bruit familier, je tournai la tête et vis les courbes de mon rythme cardiaque sur le monitoring. Je remarquais également un petit tuyau qui était relié de mon bras à un 'goutte à goutte'. Je voulus passer une main sur mon visage, mais un capteur posé sur mon doigt gênait mes mouvements. J'observai longuement ma main, mon esprit avait du mal à comprendre où je me trouvais et pourquoi.
Cependant, après quelques secondes, la brume de désespoir que mon subconscient avait causée se leva petit à petit et les évènements récents se précipitèrent à travers moi. Et malgré l'état dans lequel je me trouvais, les souvenirs douloureux semblaient persister et se rappeler à mon souvenir. A leur évocation, une décharge familière de souffrance s'infiltra dans tout mon être.
Maintenant, je savais pourquoi j'étais ici, ce que j'avais fait pour me retrouver dans ce lit d'hôpital.
J'essayais de bouger mais mon corps semblait peser des tonnes et ma tête me faisait atrocement mal. Alors que je voulais me redresser, un gémissement sortit de ma bouche tant les sensations sur mon corps étaient désagréables : mes membres d'avoir été si longtemps inertes étaient ankylosés.
« Bella ? », fit une voix familière.
Je tournai difficilement la tête pour voir qui se trouvait à mes côtés.
Alice, les yeux rougis et le teint blême m'observait de son fauteuil. Il lui fallut peu de temps pour bondir sur ses pieds, faisant tomber le magazine qu'elle lisait dans le processus, et me rejoindre.
« Tu es enfin réveillée ! Oh merci Seigneur ! », souffla-t-elle en prenant ma main libre.
J'essayais de déglutir mais ma gorge me brûlait tellement qu'il m'était difficile de le faire sans que je ne grimace de douleur. En plus de cela, ma bouche était sèche, tout comme mes lèvres.
« J'ai soif. », réussis-je à articuler d'une voix éraillée.
« Oh, bien sûr. Je vais te chercher un verre d'eau. », fit Alice en se précipitant vers un petit chariot où se trouvait une carafe pleine. Elle versa un peu d'eau dans un verre et m'aida en me redressant légèrement pour me permettre de boire.
Après avoir bu quelques gorgées, je me rallongeai contre l'oreiller mou. L'impression de tiraillement dans ma gorge s'était quelque peu dissipée.
« Depuis combien de temps suis-je ici ? », demandai-je difficilement.
« Deux jours. Ça fait deux jours que tu es ici. Ton état était préoccupant, on t'a mise en soins intensifs. »
Deux jours… Deux jours où nulle souffrance n'avait été ressentie, deux jours où mon esprit et mon cœur avaient été épargnés.
« Nous étions tellement inquiets. », dit-elle alors que sa lèvre inférieure tremblait.
Je détournai mon regard d'elle et essayai vainement de chasser les images de mon acte désespéré.
Je ne savais pas si le fait d'être encore en vie était une bénédiction pour moi, si je devais m'en réjouir ou en vouloir à Alice de m'avoir sauvée.
Ce que j'avais fait, seule ma tristesse me l'avait dicté. J'avais préféré en finir avec la vie plutôt que de l'affronter. Et bizarrement, même si j'avais agi impulsivement, il semblerait qu'aucun regret ne m'assaille à l'heure actuelle.
Pourtant, en y réfléchissant, j'avais fait exactement ce que j'avais reproché à ma mère : j'avais baissé les bras et choisi la facilité. Au fond, je n'étais pas mieux qu'elle.
« Bella… », commença Alice.
Mes pensées sombres dévièrent et me ramenèrent à Alice; Alice qui avait été témoin de ce moment morbide. Dans une certaine mesure, je m'en voulais. Elle avait tenu ma vie entre ses mains. Et quelle indignité que d'imposer ça à quelqu'un.
Je tournai la tête dans sa direction et posai sur elle un regard interrogateur.
« Je… je suis tellement heureuse que tu sois de retour parmi nous. », me sourit-elle maladroitement.
Elle resta silencieuse un moment. Tout comme moi. Car chaque mot que je tentais de prononcer me donner beaucoup de difficulté.
Cependant, je sentais que le silence, qu'elle tentait de maintenir, était fragile. Ses yeux avaient tellement de questions en eux. Je savais qu'incessamment sous peu, elle me demanderait la raison de ma défaite.
« Pourquoi ? », s'enquit-elle, tout comme je l'avais prévu. « Je veux dire… pourquoi ne pas m'avoir appelée lorsque tu t'es sentie si mal au point de faire… l'impensable ? »
Je fermai les yeux un instant. J'étais encore très fatiguée et je me demandais si je serais capable de tenir une conversation surtout quand celle-ci ne présageait que souffrance et justification.
Je réfléchis quelques instants à ce que j'allais lui dire.
Devais-je être honnête ou devais-je inventer un mensonge pour ne pas affronter une réalité qui m'était douloureuse ?
« Je n'ai franchement pas envie d'en parler maintenant. Je suis vraiment fatiguée, Alice. », éludai-je.
« As-tu pensé une seule seconde aux gens qui tiennent à toi, à la souffrance qu'ils ont endurée te sachant entre la vie et la mort ? », dit-elle malgré ce que je venais de dire.
Les gens… Quels gens ? J'étais seule. Une chaleur désagréable traversa mon corps lorsque je réalisais ceci.
« Je n'ai personne, Alice. A qui aurais-je bien pu manquer ? Dis-le-moi. »
« A moi ! », s'indigna-t-elle les larmes aux yeux. « Je suis là moi et je serai toujours présente à tes côtés. Et quoi que tu puisses en penser, mon frère aussi se soucie de toi. »
Je fuis son regard et fermai les yeux. Une douleur aigue se manifesta dans mon cœur à l'évocation d'Edward.
Qu'en savait-elle de toute façon ? J'étais persuadée qu'elle ne connaissait qu'une partie infime de notre histoire. Et la préoccupation d'Edward à mon égard était sûrement due à la culpabilité qu'il ressentait, rien de plus. Il se fichait bien de moi. La preuve, il m'avait chassée de chez lui et n'avait jamais essayé de me recontacter.
« Bella… J'aimerais tellement que tu me laisses t'aider. J'ai… »
Un sanglot sortit de sa bouche mais bien vite, elle se reprit.
« J'ai eu tellement peur. Tu n'imagines même pas ce que j'ai ressenti lorsque je t'ai vue si pâle et inerte. J'ai cru que tu étais… morte. », fit-elle en essayant de ne pas laisser transparaître son chagrin. Cependant, des larmes traitresses dévalèrent ses joues mais elle ne fit rien pour les chasser.
« Alice… », murmurai-je en tendant une main vers elle afin de la poser sur sa joue humide. Mes déplacements étaient tellement lents, si difficiles, que ce ne fut pas sans mal que je parvins à lui caresser la peau rougie de sa joue. « Je suis désolée. », soupirai-je.
« Je m'en veux. Tellement. », renifla-t-elle.
« Pourquoi t'en veux-tu ? », demandai-je.
« Je m'en veux, parce que j'aurais dû insister et venir te voir. Je n'aurais pas dû t'écouter et te laisser seule. J'aurais dû être présente à tes côtés pour te soutenir. »
Je soupirai et ancrai mes yeux dans les siens.
« Ça n'aurait rien changé. J'ai… j'ai tellement de douleur en moi que… », m'interrompis-je avant que le chagrin ne me gagne. « C'est bien plus compliqué que ça Alice. », me repris-je avec difficulté.
« J'aimerais tellement que tu me parles, j'aimerais pouvoir soulager ta souffrance. Mais tu ne me dis rien et je me sens tellement inutile. »
J'aimerais tellement tout te dire Alice, mais je ne peux pas.
« Oh Alice… Je suis… tellement fatiguée. S'il te plait… Pouvons-nous en parler plus tard ? »
Elle prit ma main et posa ses lèvres sur mes phalanges avant de hocher la tête.
Elle cessa donc ses questions, comprenant enfin que je n'avais pas besoin d'un interrogatoire alors que je peinais à retrouver la maîtrise de mon corps et de mon esprit.
Le silence retomba ainsi. Un silence propice au recueillement.
Tout en maintenant ma main dans la sienne, elle posa ses coudes sur le lit. Elle me jaugea longuement, alors que moi je luttais contre le sommeil.
« Tu devrais dormir. », me sourit-elle. « Je serai là à ton réveil. », me promit-elle.
Je lui souris à mon tour. Face à sa douceur, à sa présence à mes côtés, alors que j'avais été si injuste avec elle, j'avais l'irrémédiable envie de pleurer. Toutefois avant que les larmes ne me submergent, je fermai les yeux afin de les maintenir et essayai de faire le vide. Mais l'état de faiblesse dans lequel je me trouvais ne faisait qu'attiser cette envie.
« Je vais aller prévenir papa et Edward que tu es réveillée. », dit-elle.
Je la sentis lâcher ma main et entendis ses pas s'éloigner.
Le temps que l'information face son chemin dans mon esprit si embrumé, je ne réalisais pas tout de suite ce qu'elle venait de dire.
J'ouvris les yeux et la regardai. Avais-je seulement bien entendu ?
« Que viens-tu de dire ? », lui demandai-je, un peu plus alerte que quelques instants plus tôt.
« Oh… Euh… Et bien, je t'ai dit que j'allais prévenir papa que tu étais réveillée. », répondit-elle légèrement mal à l'aise.
« Il me semble que tu as dit que tu allais prévenir… Edward aussi. », dis-je la gorge nouée par l'appréhension.
Elle soupira et fuit mon regard.
« Je veux que tu me dises la vérité Alice. »
« Lorsque je te disais que je n'étais pas la seule à me préoccuper de toi, ce n'était pas des paroles en l'air. », commença-t-elle en me regardant cette fois. « Edward est resté tout le temps à tes côtés, tu sais. Il était anéanti et… »
« Quoi il est venu ? », m'enquis-je avec véhémence.
« Oui et… il est encore là. Il est parti se chercher un café. En tout cas, il va être tellement soulagé et heureux de savoir que tu es enfin réveillée. »
« Non ! Je ne veux pas qu'il soit ici ! Je ne veux pas le voir…. Je … S'il te plaît Alice. Je ne veux pas… Je ne suis pas prête. », paniquai-je.
« Mais… », fit-elle tout en m'observant tristement. »
« S'il te plait Alice. S'il te plait. Je ne peux pas… Je… », bredouillai-je.
« D'accord, d'accord. », dit-elle en revenant vers moi avant de poser une main douce et réconfortante sur ma joue afin de m'apaiser.
« Je comprends. Je vais juste l'informer de ton état et lui dire de rentrer chez lui. Ça te va ? »
Je hochai vivement la tête. Mon cœur battait à cent à l'heure. La machine qui relevait mon rythme cardiaque s'était emballée.
J'inspirai et expirai un bon coup afin de ma calmer. J'avais tellement de sentiments contradictoires en moi. Pour l'heure, l'angoisse et la peur semblaient être les sentiments les plus dominants.
« Qui lui a dit que j'étais ici ? »
« C'est moi. Mais il faut me comprendre, j'étais tellement paniquée… Je ne savais pas quoi faire. Je ne sais pas si tu as de la famille, des amis que j'aurais pu appeler. C'était trop pour moi. Et puis je savais qu'il aurait aimé savoir. S'il te plaît, Bella, ne m'en veux pas. »
Je ne dis rien. Mon état perturbé m'empêchait d'avoir un jugement honnête. Je ne savais pas si je devais lui en vouloir ou non.
Elle continua à me caresser les cheveux jusqu'à ce que je me sois calmée.
« Ça va aller ? », s'inquiéta-t-elle.
Je hochai une nouvelle fois la tête, incapable de répondre. C'était comme si les mots étaient coincés dans ma gorge.
« J'ignore sincèrement ce qu'il s'est passé entre vous deux, ce qu'il a pu te faire, mais je veux juste que tu saches qu'il s'en veut terriblement et qu'il était très préoccupé par ton état. »
« Je m'en moque, je ne le veux pas ici. », fis-je durement cette fois tandis que la colère remplaçait petit à petit l'état fébrile dans lequel je me trouvais. Je ne me sentais pas prête à lui faire face : face à sa pitié, à ses regrets, à sa culpabilité.
« S'il te plaît, Alice, dis-lui de partir. », la priai-je.
« D'accord. Je te promets de le faire. », dit-elle à regret. « Maintenant, dors. », ajouta-t-elle avant de poser un baiser sur mon front.
Malgré ses mots rassurants, j'eus du mal à retrouver un semblant de maîtrise. J'essayais de reprendre contenance mais les mots d'Alice résonnaient inlassablement en moi.
Il s'en voulait.
Même si j'aurais préféré le contraire, ces simples mots réussirent à m'atteindre. Cependant, je ne voulais pas de sa pitié. Je voulais autre chose qu'il ne pourrait jamais me donner : son amour. Je voulais qu'il soit préoccupé par moi parce qu'il m'aimait et non pas parce qu'il culpabilisait.
Il m'avait quittée, il ne voulait plus de moi, il ne m'aimait pas.
Malgré mon état perturbé, je trouvai finalement le sommeil.
***TMA***
« Tu ne m'empêcheras pas de la voir ! »
« Elle ne veut pas te voir. Elle est bouleversée, ça ne serait pas une bonne idée. »
J'ouvris difficilement les yeux. J'étais quelque peu désorientée.
« Je veux la voir ! Un point c'est tout ! », cria quelqu'un.
Mais petit à petit, ce quelqu'un fut reconnaissable. Je savais qui c'était.
Edward était ici, à quelques mètres de moi.
Je pouvais sentir mon cœur battre de façon démesurée contre ma poitrine et mon corps trembler.
« Elle ne le souhaite pas, respecte au moins sa volonté. »
« Qui me dit que tu n'as pas inventé tout ça pour que je ne puisse pas la voir, pour me punir ? »
« Pourquoi penses-tu que j'aurais fait une chose pareille ? Après tout ce qu'on a vécu ces dernières heures. »
« Alors explique-moi pourquoi tu m'empêches de la voir, putain ! »
« Je te l'ai déjà dit mais il semblerait que cette information ait du mal à atteindre ton cerveau, Edward. », répondit-elle. « Ecoute, elle est encore déboussolée et fatiguée, laisse lui du temps. »
« Que se passe-t-il ? », fit une voix que je reconnus comme le père d'Alice et d'Edward.
« Alice m'empêche de voir Bella. »
« Elle doit avoir ses raisons. », rétorqua le docteur Cullen.
« Je lui ai expliqué que Bella ne voulait pas le voir mais il ne veut rien entendre. »
Il y eut un silence. Un silence qui allait être vite brisé, je le sentais.
« Oh et puis merde ! », cria-t-il en tapant dans un mur.
Je hoquetai sous la virulence du coup et mis une main devant ma bouche dans l'expectative.
« Edward, calme-toi. Nous sommes dans un hôpital ! », réprimanda le docteur Cullen.
« J'en ai rien à faire ! Et puis tout ça, c'est de ta faute ! »
« Tu racontes n'importe quoi, Edward. Tu devrais aller faire un tour et te calmer sinon je vais être dans l'obligation d'appeler la sécurité. », le menaça-t-il.
« Va te faire voir ! », lança haineusement Edward.
J'entendis des pas s'éloigner hâtivement, Alice interpeler Edward et puis… le calme.
Après un temps assez court, le docteur Cullen frappa doucement à la porte et entra en esquissant un sourire professionnel mais néanmoins crispé.
« Comment vous sentez-vous ? », s'enquit-il.
Je clignai des yeux et me repris malgré la surprise de le voir ici, dans ma chambre, après ce qu'il venait de se passer.
« Hormis le fait que mon ventre et ma gorge me font souffrir et que je sois encore fatiguée, je pense que je peux dire que… que ça peut aller. », murmurai-je.
Il hocha la tête et me regarda longuement avant de prendre mon dossier qui se trouvait près de mon lit.
« Je vois. », commença-t-il tout en analysant les données qui étaient inscrites sur une feuille blanche. « Vos dernières analyses sont plutôt rassurantes. Mais il est probable que vous soyez encore sensible quelques jours, ce qui est normal après ce vous avez subi. », dit-il avec un sourire compatissant. « Comme vous étiez inconsciente au moment où on vous a transporté ici, on a dû procéder à une intubation trachéale pour éviter tout reflux et donc inondation des voies aériennes. »
J'opinai lentement de la tête. Toutes ces informations ressemblaient à du chinois pour moi. Etait-ce dû à mon état perturbé ou ce à quoi je venais d'assister ? Je n'en savais rien. Ma seule certitude était, qu'à l'heure actuelle, j'étais véritablement perdue.
Il accrocha mon dossier à la barre du lit et y posa ses mains. Il resta silencieux, en évitant soigneusement de rencontrer mon regard.
Il semblait légèrement ailleurs.
Cependant, après de longues secondes, il posa ses yeux reflétant une certaine lassitude sur moi. Et je remarquai à ce moment là que je n'avais plus en face de moi le médecin professionnel qui était entré quelques instants plus tôt dans ma chambre mais un homme accablé par la fatigue et les soucis.
« Puis-je m'assoir ? », me demanda-t-il finalement.
J'acquiesçai et il s'assit sur le fauteuil où s'était trouvée Alice quelques minutes avant.
Il était clair que s'il se trouvait ici, ce n'était pas réellement pour prendre de mes nouvelles ou pour me tenir compagnie. Son attitude me montrait qu'il désirait parler. Et même si je savais que les minutes qui allaient suivre seraient sans doute déterminantes, pour je ne sais quelle raison, et difficiles, je ne pouvais éviter ce dialogue.
Néanmoins, je regrettais que notre véritable première conversation se déroule dans la chambre froide d'un hôpital. J'aurais tant souhaité que les choses se passent différemment.
« Je suppose que vous avez entendu ce qu'il vient de se passer dans le couloir. »
« Oui. », réussis-je à dire.
Il resta un moment silencieux. L'atmosphère conditionnée par le silence était pesante. Mais je ne jugeai pas nécessaire de dire quoi que ce soit pour la rendre plus amicale. Je le regardai du coin de l'œil et attendis qu'il dise ou fasse quelque chose. La situation était délicate, pour lui comme pour moi.
« Je suis désolé. », fit-il finalement.
J'ouvris les yeux et croisai son regard empli de regret.
Je le jaugeai sans comprendre. Pourquoi s'excusait-il ?
« Je suis désolé pour tellement de raisons. », reprit-il. « Je ne pensais pas que les choses se passeraient de cette façon. J'aurais du agir bien avant. J'aurais dû faire le nécessaire avant que les choses ne deviennent incontrôlables. »
Il soupira et passa une main dans ses cheveux avant de baisser la tête.
« Je ne comprends pas. », dis-je, perdue par sa confession.
Il leva les yeux vers moi et me lança un regard plein de sympathie, et je crois bien que ce fut la première fois que je vis une telle chaleur dans ses yeux.
« Il éprouve pour vous bien plus que vous ne pouvez le penser, vous savez. »
Ses paroles, tout en me rendant confuse, me firent mal. J'émis de sérieux doutes sur le soit disant attachement d'Edward à mon égard. Il m'avait bien fait comprendre que je ne représentais pas grand-chose pour lui. Je n'étais juste qu'un passe temps. D'ailleurs, de son propre aveu, il ne m'aimait pas.
« Mais ce qu'il est, fait qu'il agit de façon démesurée parfois. »
« Ce qu'il est ? »
Il me sourit tristement.
« Depuis le décès de… sa mère, Esmée... »
Je perçus un léger tremblement dans sa voix à l'énoncé du nom de sa défunte épouse.
« …il agit bizarrement. Vous devez l'avoir remarqué. »
Je restai silencieuse et le laissai poursuivre.
« Nous avions pensé au début qu'il souffrait d'une dépression post traumatique mais il s'est avéré que nous nous sommes trompés. Il nous a fallu du temps pour comprendre -surement trop- mais nous pensons qu'il est atteint d'une maladie mentale bien plus grave que la dépression. Une maladie qui peut changer totalement sa personnalité au point que, de temps à autre, il nous est difficile de le reconnaître. Parfois, cette maladie est très difficile à diagnostiquer tant et si bien qu'il faut du temps pour s'en rendre compte lorsqu'une personne en est atteinte. »
Tout ceci, je le savais déjà. Je savais qu'une dépression ne pouvait pas faire agir les gens qui en étaient atteints de cette façon. Je me demandais comment un médecin tel que lui ne l'avait pas remarqué avant.
Il se tut quelques secondes et ferma brièvement les yeux avant de porter son attention sur ses mains.
« Et même maintenant, alors que plus aucun doute n'est permis, il refuse de se faire aider. D'ailleurs, s'il s'évertue à repousser tout diagnostic fiable et traitement, son cas risque de s'aggraver. Il lui arrive souvent, d'être atteint de paranoïa, d'avoir des excès de colère, de perdre le contrôle, de ne plus être lui-même… Vous avez pu en être témoin à la soirée de charité. Sa colère, ce soir là, n'était pas une colère saine. Il était violent et je crois ne l'avoir jamais vu ainsi. Et je sais qu'il pourrait faire pire dans un futur proche s'il ne fait rien. »
Un autre silence s'installa. Ce genre de silence qui vous met mal à l'aise, et auquel on aimerait mettre fin.
« Je me demandais si… s'il avait déjà été violent avec vous. »
Je me figeai et fermai les yeux. La crainte, l'angoisse coulaient dans mes veines telles une lave incandescente. J'avais peur qu'il lise en moi, qu'il voie sur mon visage la vérité.
Car oui, il avait été violent avec moi. Il avait même été plus que ça, et je savais de quoi il était capable. Je souhaitais tellement tout lui révéler mais j'avais peur de dire le mot de trop, qu'on le condamne à cause de quelque chose que j'aurais dit alors que ma seule volonté était qu'il soit aidé. Et quand bien même il m'avait fait du mal, je n'avais pas cet esprit revanchard. Et au-delà de tout, je l'aimais. Je ne pourrais jamais l'incriminer. C'est pourquoi je ne dis rien. Personne ne devait savoir. Je devais garder ce secret inavouable.
« J'ignore tout de votre passé, de l'ampleur de votre souffrance, mais… je pense que toute souffrance peut être apaisée. Il suffit de faire confiance aux gens. On peut vous aider Bella, comme on peut aider Edward. Ça prendra certainement du temps mais rien n'est perdu. Vous pourriez être enfin heureux, vous comme lui, si vous nous permettiez de vous aider. En ce qui concerne Edward, je pense qu'il a juste besoin qu'une personne à laquelle il tient lui dise les choses, qu'elle le confronte à la réalité. »
Des larmes silencieuses dévalèrent mes joues. J'étais perdue et j'ignorais ce que je devais faire ou ce que je devais croire. Etait-il possible qu'il y ait pour lui comme pour moi une issue favorable ? Et si tel était le cas, étais-je la personne la plus à même de le raisonner ? Mais pour bien des raisons, je ne voulais plus être en contact avec lui. J'étais bien trop en colère contre lui pour faire cette démarche. Et puis, il avait été clair à ce sujet : il voulait que je vive ma vie sans lui. Je devais m'y conformer même si ma volonté était toute autre.
« Je ne pense pas être cette personne, je suis désolée. »
« Vous vous trompez. Il suffirait de lui parler. Je suis sur qu'il vous écouterez et que… »
« J'ai déjà essayé. », le coupai-je avec véhémence. « Mais je ne pense pas avoir assez de pouvoir pour le faire changer d'avis. »
« Je sais que vous lui avez fait du bien, que vous lui avez apporté plus d'aide que toute notre famille réunie. »
« Pas suffisamment apparemment. Il m'a rejetée, il ne veut plus de moi. Je ne compte plus pour lui. Alors… je ne suis pas sûre qu'il m'écoute. »
« C'est faux. », déclara-t-il, déterminé. « Je suis persuadé du contraire. Je pense que s'il a voulu mettre fin à votre histoire c'est tout simplement parce qu'il voulait vous protéger de lui, de ce qu'il est. Je ne vois pas d'autres explications. »
Je l'écoutais mais je n'arrivais pas à aller dans son sens. J'étais résolue à ne plus faire partie de sa vie.
« Je pense qu'il est conscient de son état. Mais… j'ignore pourquoi il refuse de se faire aider. Il suffirait juste de quelques mots venant de votre part pour le faire changer d'avis. »
D'une main tremblante, je chassais les larmes qui coulaient et essayais de retenir mes plaintes. Je ne voulais pas qu'il me voie comme ça, mais je n'avais plus la force de me contenir. Alors, je me laissais aller et fis ressortir toute cette peine que j'avais en moi, qui me rongeait de l'intérieur.
Il se leva et s'assit près de moi.
« Je suis sincèrement désolé. », fit-il en posant une main réconfortante sur mes cheveux. « Je n'aurais pas du insister. Ce n'était pas le bon moment… »
« Je ne veux pas lui parler. Je … je… ne peux pas. », sanglotai-je.
« Ce n'est pas grave. », dit-il d'une voix douce. « Ce n'est pas grave. Je ne vous force pas. Je sais à quel point vous êtes fragile en ce moment. J'ai été maladroit de vous demander ça maintenant. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Je suis tellement désespéré pour mon fils que… que je manque de tact. »
Il continua à me caresser les cheveux comme un père l'aurait fait à sa fille et ceci jusqu'à ce que mes larmes se tarissent.
« Un psychologue va venir vous voir, c'est la procédure. », fit-il au bout de plusieurs minutes. « Ne rejetez pas cette main tendue, Bella. Quant à moi, je vais tout faire pour aider Edward et ce, même s'il refuse. Il est temps pour lui d'être sérieusement pris en main. Je l'ai trop souvent laissé faire ce qu'il voulait mais ça va changer maintenant. », sourit-il tristement. « Il doit se rendre compte de ce qu'il est devenu et du mal qu'il fait, même si depuis quelques jours il commence à en prendre conscience. »
Je hochai la tête, bien trop sonnée pour dire quoi que ce soit. Je devrais probablement me réjouir de cette nouvelle mais une partie de moi savait que le chemin serait long et douloureux pour Edward avant de parvenir à guérir, tout comme le mien. Et quelque part, j'aurais tant souhaitée être la personne qui l'aurait soulagé de ses maux, mais la force me manquait à présent. Je n'avais plus envie de me battre pour lui, de me confronter à lui, pas après ce qu'il m'avait fait ressentir.
« Je vais vous laisser vous reposer. »
Il se leva et se dirigea vers la porte mais avant de quitter la pièce, il se tourna vers moi.
« Je souhaite de tout cœur que vous alliez de l'avant et que vous trouviez le bonheur, Bella. Je suis sûr que vous allez vous en sortir. En tout cas, si vous avez besoin de parler, de vous confier, vous pouvez compter sur moi. »
J'opinai juste de la tête en réponse.
« Pensez-y. », ajouta-t-il avant de me sourire et de quitter la pièce, me laissant dans un état léthargique.
***TMA***
Plusieurs minutes s'étaient écoulées depuis que la psychologue était venue me voir. Je n'avais pas été très loquace. Je n'avais rien dit sur le pourquoi de ma tentative de suicide. Elle avait essayé infructueusement de me faire parler, en me disant que ça me ferait du bien et qu'elle pouvait m'aider. J'avais ignoré ses appels du pied et m'étais enlisée dans le silence. Voyant qu'elle n'obtiendrait rien de moi, elle m'avait alors laissée les coordonnés d'un spécialiste et était partie. J'imaginais que ce genre de situation était son lot quotidien et que c'était pour cette raison qu'elle était restée si patiente et altruiste à mon égard.
Je regardais la fenêtre sans vraiment observer quelque chose de précis. J'avais juste besoin de poser mon regard sur un décor, un objet pour me détourner de mes pensées obscures.
Légèrement absente, je n'avais pas entendu la porte s'ouvrir mais grâce au parfum distinct qui me parvint, je savais que c'était lui.
Je vis son reflet dans la vitre de la fenêtre. Sous l'effet de la panique, le souffle commença à me manquer et le sang à pulser à vive allure dans mes tempes.
Je me tournai vivement dans sa direction et pour la première fois depuis des jours, je croisai son regard. Mais cette fois-ci au lieu d'être froid et décidé, il était abattu, éreinté et désolé.
« Bella… », commença-t-il en s'avançant lentement vers le lit. Ses pas étaient délibérément lents et mesurés. Il devait voir dans mon regard une certaine frayeur pour être si hésitant.
« Que fais-tu ici ? », le questionnai-je froidement.
Il ferma les yeux et lorsqu'il les rouvrit, je vis en eux un certain harassement.
« Je voulais voir comment tu allais. », dit-il avec douceur. « Alice m'a dit que tu étais réveillée. Je me suis tellement fait de soucis pour toi. »
C'était étrange, le ton de sa voix m'était tellement méconnaissable, bien loin de celui auquel il m'avait habituée. Je n'avais qu'en mémoire sa froideur et son mépris à mon encontre lors de ce jour maudit, et, à présent, j'étais confuse par tant d'affabilité.
Alors que j'étais accaparée par mes réflexions, il en profita pour prendre la chaise qui était à mes côtés et s'assoir.
Je posai mes yeux sur lui. Et le voir si proche de moi me déstabilisa.
Il semblait fatigué, épuisé même. Ses traits étaient tirés, des cernes s'étaient dessinés sous ses yeux magnifiques et ses cheveux étaient plus en bataille qu'à l'accoutumé. Mais malgré tout, il était toujours étonnamment beau. Il arrivait toujours à me subjuguer par sa beauté hypnotique.
« Bella, je te demande pardon. », souffla-t-il en prenant sans hésitation l'une de mes mains posée sur le lit.
La sensation de ma main dans la sienne réveilla en moi un feu étrange, quelque chose de familier mais néanmoins pénible. Comme une brûlure, quelque chose que je voulais fuir désormais.
J'ôtai vivement ma main de la sienne même si mon corps avait voulu résister pour un court instant.
Face à mon geste, il baissa la tête et souffla de déception.
A quoi s'attendait-il après tout ce qu'il m'avait fait subir ?
Il releva la tête et me regarda. Ses yeux étaient si tristes. Je ne l'avais jamais senti aussi vulnérable qu'à cet instant. Il aurait été facile de me laisser attendrir par tant de peine mais je ne voulais pas me laisser émouvoir, je voulais être forte face lui.
« Que fais-tu ici ? », lui demandai-je sèchement.
Il écarquilla les yeux, peut-être choqué par ma froideur.
« Je voulais voir comment tu te sentais. »
« Comme tu peux le voir je vais bien. Maintenant que tu l'as vu par toi-même, tu peux t'en aller. »
« Bella… »
« Je ne vois pas pourquoi tu es ici. », sifflai-je les lèvres tremblantes.
« Si tu as peur que je révèle à la police ce que tu m'as fait, sois tranquille, je ne dirai rien. », le coupai-je pour couper court à ses regrets que je ne souhaitais pas entendre.
« Mais tu ne comprends pas… »
« Effectivement, je ne comprends pas et pour l'heure, je n'ai franchement pas envie de comprendre tes états d'âme, Edward. Maintenant, si tu veux bien, j'aimerais que tu me laisses, je suis fatiguée. »
Il ne bougea pas.
Je fermai les yeux, n'espérant qu'une chose, qu'il parte. Mais lorsque je les rouvris, il était toujours là, à m'observer.
« Tu sais Bella, si j'ai fait tout ça, c'est seulement pour te protéger. », confessa-t-il les yeux brillants.
Ses paroles firent écho dans mon esprit, fortes et claires, et je ne pus empêcher un petit rire sournois sortir de ma bouche.
« Pour me protéger ? Il aurait peut-être fallu y penser avant; avant que je ne tombe amoureuse de toi. Tu ne crois pas ? »
Il ferma les yeux à son tour tandis que sa mâchoire se crispait.
« Et puis je ne t'avais rien demandé, il me semble ! C'est toi et toi seul qui est responsable de tout ça. », ajoutai-je.
Il passa une main dans ses cheveux et inspira profondément.
« Pourquoi ? T'acharnes-tu à me faire souffrir ? », gémis-je. « Pourquoi faut-il toujours que tu me fasses souffrir ? »
Un sentiment de culpabilité et de peine dominait ses traits mais quelque chose de volatile, léger, à peine perceptible traversa également son regard.
« Je suis tellement fatiguée de ressentir tout ça. Je veux que tu partes, que tu me laisses tranquille. Je ne veux pas de ta pitié ! Va-t-en ! », pleurai-je en encerclant mon corps de mes bras. « S'il te plait ! »
Contre toutes attentes, alors que je pensais qu'il allait s'en aller, je sentis ses bras puissants m'enlacer.
« S'il te plait, Bella. », souffla-t-il alors que je sursautais à son contact.
J'aurais très bien pu le repousser mais cette fois-ci, je ne le fis pas. Egoïstement, je voulais profiter encore de son toucher. Juste une dernière fois. Même si le sentiment de ses bras autour de moi ne faisait que raviver la douleur, me rappelant ce que j'avais perdu.
Il me berça en silence et me laissa pleurer longuement tandis que mon nez, collé contre son torse, me permettait de profiter de son odeur rassurante.
« J'aimerais te haïr mais je n'y arrive pas. », réussis-je à dire après un moment.
Il resserra la prise qu'il avait sur moi et nicha son visage dans ma chevelure.
« Mais tu as raison. Nous ne pouvons plus être ensemble. Je ne veux plus souffrir. Je n'arrive plus à gérer toutes ces choses : ton passé, tes problèmes. Je suis fatiguée de tout ça. », abdiquai-je.
Je fus soudainement saisie par une détermination étonnante. Je voulais l'oublier, vivre ma vie, que mon esprit soit apaisé.
« Je veux juste t'oublier. Je veux me libérer de toi, même si cela va être dur. », déclarai-je avec un calme qui m'étonnait moi-même.
Je le sentis légèrement tressaillir et son cœur battre un peu plus vite.
Il posa ses lèvres pleines sur mes cheveux et d'une main frôla mon visage.
« Tu as raison. », admit-il. « Je ne veux plus te faire souffrir. J'aimerais tellement que tu sois heureuse. Et ce bonheur, je ne peux te l'apporter. »
J'étais confuse et déçue aussi. Je ne savais pas ce que j'espérais. Peut-être qu'il me convainc du contraire, qu'il me dise qu'il ne pouvait pas vivre sans moi, qu'il m'aimait, qu'on trouverait une solution. Mais tout ceci n'était que pure chimère, je le savais.
« Je veux que tu t'en ailles. », soufflai-je, les larmes ruisselant sur mes joues.
Il ne bougea pas.
Je commençai à m'agiter afin de me libérer de son étreinte.
« Je t'ai dit de t'en aller. », répétai-je avec plus de force cette fois.
Il me libéra et me regarda, hagard.
« Va-t-en ! », hurlai-je de plus belle, en m'empoignant les cheveux et en fermant les yeux afin de chasser de ma tête ses yeux fiévreux de douleur et de désespoir. Une douleur qui ne reflétait que la mienne, j'en étais certaine.
Je le sentis s'éloigner lentement.
« J'aimerais tellement que tu me pardonnes. », murmura-t-il, la voix étranglée par l'émotion. « Peut-être… peut-être qu'avec le temps tu y parviendras. »
J'ignorais pourquoi il voulait mon pardon et finalement, je m'en moquais. J'étais trop prise par la colère et la déception.
J'entendis des pas lents s'éloigner de moi. Je préférais porter mon attention sur la fenêtre, même si la noirceur de la nuit m'empêchait de me focaliser sur quelque chose de tangible afin de me distraire, elle m'empêchait au moins de faire face à la vision de cet homme que j'aimais et qui m'avait tant de fois faite souffrir.
Mais paradoxalement, j'avais l'envie puissante de me tourner vers lui, de le regarder une dernière fois. Je serrai les poings déterminée à ne pas céder à cette force étrange.
Et ce fut comme ça qu'il partit, me laissant encore plus tourmentée qu'avant qu'il ne vienne. Même si maintenant, mes pensées étaient bien plus claires.
« Je te souhaite de trouver le bonheur aussi, Edward. », fis-je alors qu'il était déjà parti.
Une page s'était définitivement tournée. Du moins, c'était ce que j'espérais.
J'avais d'ailleurs fait un pacte avec moi-même : ne plus penser à lui, l'oublier. Mais je savais que ma volonté serait faible et que le temps était mon seul ami.
Car pendant les jours qui suivirent, je ne faisais que penser à ma souffrance, à lui, à notre amour perdu, à mes rêves qui ne se réaliseraient jamais.
Et en plus de tout ce qu'il m'avait fait endurer, je lui en voulais de m'avoir fait espérer, de m'avoir fait croire que le bonheur pouvait exister.
***TMA***
Au bout de quelques jours, les médecins jugèrent bon de me laisser partir. Alice ne m'avait pas laissé le choix et avait ordonné que je vienne vivre quelques temps chez elle et Jasper.
J'avais contesté cette décision, mais Alice était quelqu'un de très déterminée. Elle m'avait dit qu'elle avait appris de ses erreurs. Alors, j'avais accepté. Quelque part, j'en étais heureuse. Ma guérison en serait certainement plus facile.
Les jours passèrent lentement…
Je pleurais encore. Beaucoup. Je me disais que pour chaque lame que je versais un peu de ma peine s'en allait. Oui, pour me réconforter, je me disais que c'était la façon pour moi de m'en libérer. Bien sûr, je le cachais à Alice. Je ne voulais pas qu'elle s'inquiète outre mesure et qu'elle contrôle encore un peu plus mes faits et gestes.
Elle orchestrait déjà mes journées alors j'essayais de ne pas lui donner une occasion supplémentaire de régir ma vie même si c'était pour mon bien.
Elle avait établi pour moi un emploi du temps auquel je me conformais. Mes journées étaient remplies de conversations minutieusement choisies, de comédies regardées à la télé et, à l'occasion, de balades faites dans un petit parc.
Le soir venu, seule dans mon lit, je laissais mon esprit vagabonder et repensais à ce qu'il m'avait dit. Ses derniers mots me hantaient encore et il m'était difficile de m'en défaire. Puis je m'interrogeais sur mon devenir, mon avenir incertain…
Je contemplais l'avenir avec appréhension. Pour bien des raisons, j'avais peur. Je ne savais pas vraiment ce qu'il me réservait, ce que j'allais devenir. Chaque matin, je me levais avec cette boule au ventre, ne sachant pas comment faire pour trouver la force de sortir de mon lit et agir comme une personne normale. Car j'étais tout sauf une personne normale. Je faisais juste semblant. J'avais cette douleur enfouie en moi. Et je n'étais pas sans ignorer que le seul moyen pour moi de l'évacuer était de me faire aider.
J'avais gardé les coordonnés de cette psychothérapeute. Il fallait juste que je me décide, que je trouve le bon moment pour faire cette démarche. Il me manquait sans doute l'envie. Ou était-ce la peur qu'on me considère plus anormale que je ne le pensais. Ou alors la honte d'un passé tourmenté.
J'étais sur le canapé, à regarder la télévision sans réellement me concentrer sur le programme qui passait. Jasper était, quant à lui, assis à mes côtés et riait de ce qu'il voyait sur l'écran. Nous étions enfermés dans cette espèce d'habitude rassurante. Tous les soirs, nous avions établi ce petit rituel : regarder la télévision, manger, regarder la télévision et aller se coucher. Cependant ce soir, dans l'esprit d'Alice, tout ceci allait devoir changer.
En effet en la voyant entrer, d'un pas déterminé, dans la pièce avec un sourire immense plâtré sur son visage, je savais qu'elle avait des projets en tête.
« Qu'as-tu ?, lui demandai-je avec appréhension et méfiance.
Elle tapa des mains et sautilla avant de s'installer entre Jasper et moi sur le canapé.
« Ce soir, on sort ! », s'enthousiasma-t-elle.
Je commençais à m'agiter et à me sentir nauséeuse. Outre, le fait d'aller dans ce petit parc, l'idée de sortir me rendait presque malade et nerveuse.
« Ça va te changer les idées. », fit-elle voyant mon trouble. « Ça sera une soirée entre filles. Juste toi, Rosalie et moi. »
Rosalie ? C'était sans doute la dernière personne avec qui j'avais envie de passer une soirée en ce moment. Rien qu'à l'évocation de son nom, des images peu agréables affluèrent à ma mémoire.
« Non merci, ça sera sans moi. », dis-je en essayant d'esquisser un sourire rassurant.
Elle me fit une moue boudeuse afin d'essayer de m'attendrir.
« Je ne suis pas d'humeur ce soir. Mais une autre fois, peut-être. », ajoutai-je en essayant de contenir mon irritation.
« Allez Bella ! », insista-t-elle. « Viens avec nous, ça te changera les idées. »
« Je n'en ai pas envie. Pas ce soir. »
« Tu ne vas pas rester éternellement cloitrée ici. Il faut que tu sortes, que tu voies du monde, que tu vives tout simplement. »
Je soupirai et essayai de cacher mon exaspération.
Elle ne pouvait pas comprendre. Personne ne pouvait comprendre.
« J'ai juste besoin de me reposer. J'ai mal dormi la nuit dernière. »
« Arrête de vouloir toujours trouver des excuses. »
Elle souffla à son tour.
« Je ne sais plus quoi faire Bella. J'aimerais tellement que tu te sentes mieux. »
« Mais c'est le cas. », mentis-je. « Je me sens mieux un peu plus chaque jour. »
« Tu mens. », s'emporta-t-elle.
« Alice… Je… je veux juste que tu me laisses un peu de temps. Tout ce dont j'ai envie pour le moment c'est de me retrouver un peu seule. J'ai vraiment besoin de ça. »
Je croisai ses yeux et vis la peur en eux; elle craignait que je fasse une bêtise, que je récidive.
Jasper avait remarqué le malaise qui avait envahi la pièce et essaya de la rassurer comme il le put.
« Ne t'en fais pas mon amour, je resterai avec Bella et lui tiendrai compagnie. Si ça ne te gêne pas Bella, bien sûr. »
« Oh non, du tout. », m'empressai-je de dire.
Je n'aimais pas me sentir comme une petite fille que l'on garde, mais avais-je franchement le choix ? Je préférais cette condition que d'aller à cette soirée entre filles.
Alice nous observa tour à tour et finalement céda.
« Très bien. Mais je veux que tu me promettes une chose. »
« Vas-y je t'écoute. »
« Promets-moi que la semaine prochaine tu m'accompagneras. »
Même si ça me coûtait et même si je savais qu'il me serait difficile de trouver la force de sortir, de me divertir, je n'avais d'autre choix que d'accepter son exigence sous peine de harcèlement de sa part.
« Très bien, je te le promets. Maintenant, tu devrais y aller, sinon tu vas finir par être en retard. », lui souris-je en essayant d'alléger l'atmosphère pesant.
Elle se leva comme si elle y était contrainte, prit son sac et, avant de partir, vint embrasser Jasper avant de lui souffler quelque chose à l'oreille. J'imaginais que ces quelques mots murmurés m'étaient destinés mais je ne dis rien.
Après s'être détachée de Jasper, elle vint vers moi et me serra fortement dans ses bras. Jasper, quant à lui, s'éclipsa dans la cuisine.
« Repose-toi, hein ? »
« Oui, je vais sans doute regarder un peu la télé et aller me coucher tôt. », fis-je en essayant de paraître rassurante.
Elle me regarda encore une fois avec ce regard inquisiteur auquel elle m'avait habitué depuis quelques jours et souffla avant de reposer son sac sur le meuble.
« Finalement, je vais rester avec toi. »
« Non, tu vas aller à cette soirée. », dis-je avec plus de détermination cette fois.
Je pris son sac et le lui tendis.
« Va t'amuser. »
« Oui mais toi… »
« Je vais bien. Je suis juste fatiguée. »
Elle fronça les sourcils alors qu'elle semblait réfléchir.
« J'ai juste besoin d'un peu de temps pour moi. Tu comprends ? »
Ses épaules s'affaissèrent et ses yeux reflétèrent un certain regret.
« Je suis désolée. Je veux juste bien faire et il s'avère que je fais tout le contraire. Je suis trop envahissante, n'est-ce pas ? »
« Ne dis pas de bêtises. Tu m'aides beaucoup. », la rassurai-je en la prenant dans mes bras et en frottant son dos en signe de réconfort.
Elle se détacha de moi et me sourit tristement.
« J'y vais alors. », fit-elle en me désignant la porte. C'était plus une question qu'une confirmation mais je ne relevai pas et la laissai se diriger vers la porte d'entrée. « De toute façon, je ne rentrerai pas trop tard et si tu as un souci, tu m'appelles ? »
« Je le ferai. »
« Ok. », souffla-t-elle avant de me faire un petit geste de la main en signe d'au revoir.
Une fois qu'elle fut partie, je préparai le dîner pour Jasper et moi. M'occuper les mains me permettait par la même occasion de m'occuper l'esprit.
Je nous fis des steaks avec des pommes rissolées. Je mangeai peu mais c'était à chaque fois un peu plus que le repas précédent.
Nous passâmes la soirée dans le salon à regarder la télévision et à parler un peu. Jasper n'était pas quelqu'un de bavard et je réalisais que j'aimais ça. Il était vraiment gentil et avait ce côté apaisant qui me faisait du bien.
Il partit se coucher assez tôt. Et contrairement à ce que j'avais cru, il me fit confiance et me laissa l'espace dont j'avais besoin.
Vers 23 heures, malgré mon état de fatigue, je n'éprouvais pas le besoin d'aller dormir. Et puis je savais que si j'allais au lit maintenant, je ne ferais que ressasser. C'est pourquoi, je décidai de prendre un livre qui se trouvait sur une étagère. Je choisis délibérément un bouquin sans aucune trame dramatique.
Alors que j'étais plongée dans ma lecture, le téléphone se mit à sonner ce qui me fit sursauter.
Je regardai longuement le téléphone et plusieurs questions me passèrent par la tête. Dans un premier temps, je me demandais qui pouvait bien appeler à une heure aussi tardive et dans un second temps, si je devais répondre. Peut-être qu'il s'agissait d'Alice après tout. Finalement, je choisis de ne pas décrocher le téléphone, en me disant que si c'était urgent la personne rappellerait.
Au bout de plusieurs sonneries, le répondeur s'enclencha et les paroles, qui succédèrent à ceux du message d'accueil, me firent rater un battement. Je sentis encore cette nervosité, cette émotion forte faire son chemin à travers moi.
« Alice, c'est Edward… Je… »
J'arrêtai de respirer et mis une main devant ma bouche. C'était idiot, mais j'avais l'impression que si je faisais un seul bruit, il saurait que j'étais là.
Je l'entendis soupirer fortement dans le combiné.
« Je ne vais pas bien. J'ai… j'ai besoin d'aide… Rappelle-moi. », fit-il si bas que j'eus du mal à saisir le sens de ses propos.
Nous sommes proches de la fin, et je ne vous cache pas que mettre un terme à cette fiction va m'être difficile. Cependant, pour prolonger le plaisir, j'aimerais écrire quelques chapitres du POV d'Edward. Et pour ça, j'ai besoin de vous. Ça me ferait plaisir de savoir quels chapitres vous aimeriez avoir de son point de vue. Je suis à votre écoute, alors n'hésitez pas. )
Instant pub (jingle. lol) :
Avec ma jumelle, Anne, nous avons écrit un OS. Si vous avez besoin de vous divertir ou si vous êtes en manque de lemon, cet OS est pour vous. Il s'appelle « Canard, pianos et baie vitrée ». Tout un programme, croyez moi. lol Nous avons pris beaucoup de plaisir à l'écrire, j'espère que vous en aurez autant à le lire. Voici le lien où vous pouvez la trouver :
http : / / www . fanfiction . net / s / 6859493 / 1 / Canard_pianos_et_baie_vitree
(N'oubliez pas d'enlever les espaces.)
Si vous ne parvenez pas à la trouver, le lien est sur mon profil. D'ailleurs, je pense que c'est plus simple de cette façon.
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A Quiet Fire de Magnolia822
Beautiful Savage de readingmama
We Were Here de lola-pops
Quand Ma Vie A Basculé de potine
Un jour, une rencontre, un vœu, un destin de Linali05
Je pense vous avoir tout dit.
Je vous embrasse bien fort.
Et surtout, prenez soin de vous.
Sandrine
