Bonsoir tout le monde (s'il reste encore quelqu'un lol) !

Et non, vous ne rêvez pas ! Vous avez bien sous vos yeux le dernier chapitre de cette fiction.

J'en aurais mis du temps à le pondre. En plus d'une vie professionnelle et familiale chargée, je ne vous cache pas que j'ai eu une sacrée baisse de motivation. Pour tout vous dire, je l'avais fini il y a quelques mois, mais en le relisant, je ne le trouvais pas tip top. Alors je l'ai retravaillé en essayant de le rendre plus agréable à lire. J'espère qu'il vous plaira et surtout, qu'il sera à la hauteur de vos attentes.

Maintenant place aux remerciements. Un grand merci à Claire (aka la tornade lol) qui a eu la gentillesse de corriger ce chapitre. Merci également à Nadège (ma rebelle) pour son avis précieux. Et pour finir, merci à vous. Merci pour tous les messages que vous m'avez laissés. Vous avez toujours été respectueux et surtout très patients avec moi. Et si je peux vous poster ce chapitre ce soir, c'est principalement grâce à vos encouragements et votre enthousiasme malgré l'année d'attente.

Allez, trêve de blablas, place à la lecture.

Edit : ajout d'un petit résumé à la demande de certaines lectrices. Par contre, je n'ai pas résumé l'histoire depuis son commencement :

Malgré l'attachement réel qu'Edward a pour Bella, il décide du jour au lendemain de la quitter. Bella folle de chagrin tente de mettre fin à ses jours. Alice lui sauve la vie in extrémis. 6 mois se passent, Bella tente de reprendre sa vie en main grâce à une aide médicale et à ses amies : Alice et Rosalie (sœur et belle-sœur d'Edward). Un beau jour, alors que Bella s'y attend le moins, Edward vient lui rendre visite et lui déclare son amour et lui explique pourquoi il l'a quitté (Edward est schizophrène et n'était pas traité au moment où il a rompu). Il lui dit qu'il a eu peur de lui faire du mal sous l'emprise de la maladie et a pensé qu'il ne méritait pas son amour après tout ce qu'il lui a fait. Il lui explique aussi qu'il suit un traitement et se rend régulièrement chez son psychothérapeute. Il lui avoue qu'il a changé et s'est rendu compte de son erreur. Il veut que Bella lui revienne. Bella refuse dans un premier temps. Jusqu'au moment où Edward lui donne du temps pour réfléchir. Bella s'étant faite une raison depuis longtemps, se sent complètement perdue et ne sait que faire. Quelle décision va-t-elle prendre ?

Je ne suis pas douée pour faire des résumés, désolée s'il paraît confus.

Chapitre 21

« Le pardon est plus qu'un sentiment, c'est une force qui déclenche d'admirables effets. »

Marcelle Auclair

Je restai de longues secondes hébétée par ce qu'il venait de se passer, par tous ses aveux et bien plus encore par sa démonstration d'affection et le témoignage de son amour pour moi. Une partie de moi savait que c'était possible. Et même si plus d'une fois, j'avais songé à cette possibilité, j'avais encore du mal à réaliser que tout ceci était bel et bien réel. Plus aucune supposition n'était possible. J'avais enfin obtenu les réponses à mes questions les plus profondes.

Cependant, au lieu de ressentir un certain apaisement, l'amertume persistait en moi. Elle était grande et incroyablement pesante. Elle ne me quittait pas, comme si elle était enracinée en moi. J'étais bien consciente que beaucoup d'efforts de ma part seraient nécessaires pour m'en défaire. Il fallait juste que je trouve les moyens d'y parvenir.

Je peinai déjà à sortir la tête hors de l'eau. Je n'avais pas envie de revenir à la case départ, bien plus détruite qu'avant.

Je m'empoignai les cheveux et fixai la porte d'un air rêveur. De nouvelles questions venaient remplacer les anciennes, ne laissant aucun répit à mon esprit :

Comment avait-il pu laisser les choses aller aussi loin ? Comment, alors qu'il disait m'aimer depuis le début, avait-il pu me blesser autant ? Je savais que la maladie avait dicté sa conduite, mais je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il aurait pu agir avant. Avant qu'elle n'ait bouleversé nos vies de manière si fulgurante, si douloureuse. Avant que tout ceci n'aille aussi loin.

Il était clair que nous voyons les choses de manière différente lui et moi. Car si lui pensait que cette séparation nous avait été bénéfique, je ne pouvais m'empêcher de croire qu'elle avait engendré bien plus de tourments que de profits.

Il me laissait du temps pour réfléchir. Était-ce bien utile ? Est-ce que le temps serait suffisant pour me faire changer d'avis ? Je voulais avancer, oublier le passé. Et pour ma part, Edward faisait partie de lui. Un passé douloureux et difficile.

Je soupirai et sortis peu à peu de ma torpeur avant de regarder tout autour de moi. Il avait été là quelques instants plus tôt. Partout. Sur le canapé où j'étais encore assise, dans la cuisine, au milieu du salon… Je pouvais encore sentir son parfum qui persistait dans l'air. J'inspirai et profitai encore de cette odeur familière. Des images inondèrent mon cerveau. Ma peau s'électrisa pour un bref instant, alors que je revivais les moments où il m'avait touchée, effleurée, caressée. Ses gestes semblaient différents de ceux qu'il me donnait auparavant. J'avais l'impression qu'il n'y avait plus de retenue, que la douceur avait remplacé la possessivité qu'il me témoignait à travers eux. Son toucher tentait à me prouver qu'il me respectait, qu'il m'adorait, mais ses baisers, eux, étaient toujours de même intensité. Ma main vint frôler mes lèvres. Sa bouche avait comme laissé une empreinte sur la mienne. J'avais aimé comment ses lèvres s'étaient moulées parfaitement aux miennes. Comment cela semblait si naturel. J'avais bien failli me laisser totalement aller, m'abandonner dans ce tourbillon incroyable. Je me demandais encore comment j'avais trouvé la force de l'arrêter. Car si je devais être honnête avec moi-même, ça m'avait manqué. Cette sensation, cette fougue, je ne pensais pas un jour la ressentir à nouveau.

Mon cœur cogna dans ma poitrine à son évocation. L'attrait physique était fort et les sentiments que je ressentais pour lui l'étaient tout autant. Le temps n'arrivait pas à amoindrir cela. Je pouvais essayer de me convaincre du contraire, de l'occulter de mon esprit, je savais que je me fourvoyais.

Tout au fond de moi, j'avais espéré qu'un autre homme puisse le remplacer, me le faire oublier. Avec le temps, j'avais émis le souhait qu'il ne resterait de lui qu'un souvenir doux-amer. Mais après ce qui venait de se passer, mes convictions et mes espoirs avaient vite été balayés. Il serait le seul. A tout jamais… Je ne pouvais plus nier cette évidence.

Alors pourquoi n'arrivais-je pas à lui accorder cette chance qu'il désirait tant ? Je n'eus pas à chercher bien longtemps la réponse. Elle était assez évidente.

J'avais peur.

Peur d'un nouvel échec dont je ne me remettrais pas. Peur de lui. De cet homme que je connaissais peu finalement.

Quelque part, j'avais envie de lui faire mal. Qu'il comprenne la douleur, ma douleur. Qu'il la ressente.

J'avais un besoin impérieux de rester en contrôle de la situation et qu'il comprenne que ses excuses n'étaient pas suffisantes.

Je m'allongeai sur le sofa et posai un bras sur mes yeux. J'avais beau les cacher, le visage déterminé d'Edward flottait encore derrière mes paupières. Il me tourmentait. Même quand il n'était pas là. Il serait hypocrite de dire que ça n'arrivait jamais. Mais le fait de l'avoir revu, ici, à la maison, m'avait rappelé des petits détails que j'avais oubliés. Comme la cicatrice qui lui barrait l'arcade sourcilière, le petit grain de beauté qu'il avait sur la nuque… Telle une image floue qui serait redevenue nette. Des détails… Juste des détails… Mais alors une seule certitude restait même plusieurs années après, je me souviendrai toujours de son visage, de son regard, de la couleur singulière de ses cheveux… Il serait gravé à jamais dans ma mémoire.

J'ignorais l'heure qu'il était. J'avais passé une bonne partie de la matinée à me rappeler ses paroles. A revivre la douleur, l'espoir qu'il m'avait donné. Après des heures, je ne pouvais pas dire si j'étais plus fixée sur ce que je devais faire ou non. J'étais perdue. Mes désirs partaient dans tous les sens. Un argument propice pour lui était balayé par un autre défavorable. Et vice versa.

Je me frottai les yeux avec les paumes de mes mains. Mon cœur et mon corps étaient engourdis par la fatigue et les incertitudes. C'était un peu comme si je me noyais dans un brouillard épais et que je n'arrivais pas à trouver le chemin pour m'en sortir. J'avais besoin de faire un choix qui serait déterminant pour nous deux. Je savais que mes options étaient peu nombreuses. Et pour y voir plus clair je devais me confier, parler à quelqu'un qui connaissait Edward. J'étais étonnée de voir à quel point j'étais déterminée. Il y a peu de temps encore, j'aurais eu du mal à solliciter quelqu'un d'autre que ma psychothérapeute pour m'aider à prendre une décision.

Je me levai vers la petite commode où se trouvait mon sac à main et pris mon téléphone portable.

Je sélectionnai « Alice » dans mon répertoire et attendis le cœur battant qu'elle décroche. Après plusieurs sonneries, une voix mélodieuse me parvint. Mais il s'agissait seulement de la boite vocale m'invitant à lui laisser un message. J'hésitai à le faire. Puis sans que je m'en rende vraiment compte, les mots sortirent d'eux-mêmes :

« Alice… C'est moi, Bella. Euh… Eh bien, apparemment tu es occupée. J'espère que tout va comme tu veux… que ton projet avance comme tu le souhaites… »

Je me tus et lâchai un souffle sonore qui résonna dans le combiné. Puis je me repris et dis ce qui me semblait être le plus juste :

« J'aimerais tellement te voir, que tu sois là avec moi. J'aimerais te dire tant de choses… J'ai vraiment besoin de toi en ce moment, si tu savais. Je m'ennuie de toi, de Rosalie... »

J'avalai difficilement la boule qui s'était formée dans le fond de ma gorge.

« Edward est venu me voir hier soir… Je… je suis perdue… complètement. Rappelle-moi quand tu peux. Tu me manques. »

Je mis fin à la communication et m'écroulai une nouvelle fois sur le petit canapé usé. Je laissai un message de même nature à Rosalie.

Mes yeux me brûlaient. J'avais envie de pleurer mais je me refusais de céder à ce besoin. Les larmes étaient pour moi synonyme de faiblesse. J'avais toujours eu du mal à maîtriser mes émotions, même si avec le temps j'avais réussi à les dompter. L'impression de régresser n'en était pas une, finalement. Et je n'aimais pas ça. Je voulais être forte comme je l'avais été ces derniers mois, même si je me sentais plus seule que jamais, à présent. Je ne voulais plus pleurer. J'avais déjà versé trop de larmes pour lui.

L'heure d'aller travailler arriva trop vite et ce fut en traînant des pieds que je me dirigeai vers le « The diner ». De loin, il me paraissait encore plus glauque que de près. La peinture délavée de la façade et le néon qu'il manquait à l'enseigne ne rendaient pas les lieux accueillants.

Je soupirai et me trainai tant bien que mal jusqu'à l'entrée où un Mike tout sourire m'attendait.

« Bonjour belle demoiselle ! », me salua-t-il en me tenant la porte.

« Salut Mike. »

J'esquissai un sourire mais je sentais qu'il n'était pas convaincant.

« Tu as mal dormi ? », fit-il en me scrutant du regard.

Je lâchai un petit rire nerveux.

Perspicace…

« Oui. Hum… J'ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil. Sans doute à cause de la pleine lune ou je ne sais quoi. »

Il me regarda quelques instants, songeur, avant de se reprendre.

« Bon, je connais un bon remède contre le manque de sommeil. »

« Laisse-moi trouver… »

Je posai un index sur mon menton, feignant de chercher.

« Rentrer chez moi et me recoucher ? »

« Oui, mais non. Je suis désolé de te dire que tu vas être obligée de te farcir mes blagues lourdingues et les clients méprisants. »

« Rien que de te l'entendre dire me donne envie de partir en courant. », dis-je d'un air désolé. « Quel est cet autre remède alors ? »

Il me regarda comme si cela paraissait évident. Mais je n'avais pas envie de chercher. J'avais déjà du mal à être sociable aujourd'hui.

« Du café ! », fit-il triomphalement. « Ceci dit, je ne suis pas sûr que le café de ce restau te soit d'un très grand secours. »

Je souris tout en allant derrière le comptoir afin de prendre mon tablier blanc.

« L'après-midi va être longue… », soupirai-je.

Mike s'adossa au bar avant de se pencher vers moi.

« Voyons le bon côté des choses, nous sommes ensemble, unis dans l'adversité. », fit-il en posant une tasse de café fumant en face de moi.

****TMA****

L'après-midi passa… lentement. Je n'étais pas très attentive et ne comptais plus les maladresses dont j'étais responsable. Mike avait été une bonne distraction. Il avait senti que j'avais besoin d'être déridée. Il ne connaissait pas la source de mes problèmes et pourtant c'était comme si parfois il arrivait à lire en moi. Je le surprenais souvent en train de me regarder. Il m'observait souvent, longuement. Au point que son insistance était gênante par moment. Mais je ne disais rien. Que pouvais-je bien dire de toute façon ?

Si au départ, l'envie de fuir cet endroit était grande, maintenant que l'heure de la fermeture approchait, je ne sentais plus cette urgence. Rentrer chez moi voulait dire me retrouver seule face à mes problèmes.

Après que les derniers clients eurent quittés le restau, je débarrassai leur table et la nettoyai.

« Encore dix minutes, Bella et tu seras enfin libre. », lança Mike de l'autre bout de la salle.

« Je compte chaque minute. », répondis-je.

Une fois ma tâche finie, j'ôtai mon tablier que je repliai minutieusement et pris mon sac à main. Comme je l'avais souvent fait au cours de la soirée, je jetai un œil à mon téléphone portable. Et le fond d'écran qu'il affichait avec rien d'autre dessus me fit mal au cœur. Alice et Rosalie ne m'avaient toujours pas rappelée. Je ne savais plus quoi faire ou quoi penser.

Encore plus morose qu'il y a quelques heures, je ramassai mon téléphone et m'apprêtai à sortir lorsque Mike m'interpella.

« Bella ! »

Je me tournai dans sa direction et le vis accourir. Une fois en face de moi, je le sentis nerveux.

« Je me demandais- même si je me doute déjà de ta réponse-… », commença-t-il en passant une main nerveusement dans ses cheveux ce qui ne manqua pas de me faire penser à Edward. Mais la comparaison s'arrêtait là.

« Si tu… Enfin… Si tu accepterais de boire un verre… avec… moi ? »

Je le regardai, interdite. J'aurais dû être habituée par son insistance, mais ça me faisait toujours bizarre. N'avait-il pas compris mon envie d'être seule ? N'avait-il pas vu à quel point j'étais de mauvaise compagnie ?

« Ça sera juste un verre. », se précipita-t-il de dire.

« Je sais mais je… »

Je baissai la tête et fermai les yeux. Le visage d'Edward apparut derrière mes paupières. Je les rouvris vite et les posai sur Mike. Son regard était suppliant et sincère. Je ne lui avais jamais donné une chance. Jamais. Comment pouvais-je savoir si j'étais capable d'être avec un autre homme si je n'essayais pas ? Peut-être serait-ce une façon pour moi d'y voir plus clair. De voir si j'étais capable de me sentir bien avec un autre voire même d'envisager une relation.

« S'il te plaît, Bella. Je ne sais plus quoi faire pour que tu acceptes. Je ne sais pas quelle idée tu te fais de moi, mais je te promets que je suis quelqu'un de sérieux… même si je ne le montre pas souvent. Je sais me tenir, tu sais. », dit-il en me prenant la main. « Je veux juste qu'on passe un bon moment ensemble, qu'on discute. J'aimerais apprendre à mieux te connaître. »

Me connaître ? Il serait vite déçu. Ma vie était on ne peut plus ennuyeuse. Je déglutis et ouvris la bouche prête à lui donner ma réponse lorsqu'il m'interrompit :

« Ecoute, si tu refuses et si tu veux que je te laisse tranquille, je le ferai. Je ne veux pas que tu te sentes mal à l'aise avec moi. Même si j'ai l'intime conviction qu'on pourrait vraiment bien s'entendre toi et moi. Sans forcément que ça n'aille plus loin. Tu vois ? »

J'ouvris une nouvelle fois la bouche mais, pour le coup, les mots me manquaient.

« Désolé, je suis maladroit et je dis n'importe quoi. », se reprit-il voyant mon trouble.

« Non. », fis-je à brûle pourpoint.

« Non ? », dit-il, déçu.

« Non. Non, tu ne dis pas n'importe quoi. Tu as raison. »

« J'ai raison ? A propos de quelle partie ? »

« Sur tout, en fait. Un verre n'a jamais fait de mal à personne. Et puis, je suis sûre de passer un moment agréable avec toi. Pourquoi me refuserai-je cela ? »

« C'est vrai, pourquoi ? Je suis la meilleure compagnie qui soit. Tu verras. »

Je lâchai un rire franc, sincère. Un rire libérateur. C'était dur de me l'avouer, mais Mike me faisait du bien. Son sourire et sa bonne humeur étaient appréciables surtout en ce moment. Et puis ce petit tête à tête aurait l'avantage de me libérer l'esprit.

***TMA***

La soirée fut agréable. J'avais vraiment passé un bon moment avec Mike. C'était un garçon charmant, intelligent et drôle. Et à ma plus grande surprise, le temps passa très vite. Ce fut seulement lorsqu'il me proposa de me raccompagner que je me rendis compte de l'heure tardive qu'il était.

« J'ai vraiment passé un bon moment. », fit Mike alors que nous arrivions à mon immeuble.

« Moi aussi. Je n'ai pas vu le temps passer. »

« Tu m'en vois ravi. », sourit-il.

Après ces banalités, nous restâmes silencieux de longues secondes. Le malaise prit le pas sur la jovialité que nous avions maintenue jusqu'à lors.

« Je vais être honnête avec toi, tu me plais beaucoup. », déclara-t-il soudain.

« Mike… »

Il leva une main pour m'arrêter.

« Attends, laisse-moi finir. »

Je refermai la bouche et attendis, fébrile. La soirée s'était bien passée. Pourquoi avais-je l'impression que mon jugement allait changer après les mots qu'il allait prononcer ?

« Tu me plais depuis que je t'ai rencontrée et j'ai toujours espéré qu'un jour ça serait réciproque. »

Alors qu'il parlait, il se rapprocha de moi. Mon cœur commença à s'emballer pour une raison que j'ignorais.

« Dis-moi, Bella… Sois franche avec moi. Est-ce que je te plais aussi ? Ne serait-ce qu'un tout petit peu ? Est-ce que mon programme de séduction a enfin marché ? », demanda-t-il simulant la timidité.

Il me prit la main et la serra. Sans doute pour m'orienter dans le choix de ma réponse.

Je ne dis rien. Parce que les mots ne voulaient pas sortir. Je ne savais vraiment pas quoi lui répondre. Je l'aimais beaucoup, mais étais-je attirée par lui ? Éprouvais-je pour lui plus que de l'amitié ? Plus je le regardais et plus je me rendais compte que la réponse n'était pas si évidente que ça.

Il profita de mon silence pour porter ma paume à sa bouche, puis de sa main libre, il me caressa les cheveux avant de la poser sur ma joue. Ensuite, il se pencha doucement vers mon visage. Je fermai instinctivement les yeux et attendis, sachant très bien ce qui allait se passer.

Je décidai de ne pas le repousser.

Toutefois, au moment où ses lèvres se posèrent sur les miennes, je savais que c'était une erreur. La situation était bizarre. Sa bouche n'était pas aussi chaleureuse que celle d'Edward, ses mains n'étaient pas aussi aimantes que les siennes... Il n'était pas lui. Qui croyais-je berner ? J'aurais dû le savoir avant de l'avoir laissé faire. Je me sentais mal de lui avoir donné de faux espoirs alors que je savais que j'étais incapable d'éprouver de l'affection pour quelqu'un d'autre qu'Edward.

« Je suis désolée. Je suis désolée, je ne peux pas. », soufflai-je en le repoussant.

« Quoi ? Mais pourquoi ? », demanda-t-il, hébété.

Je posai mon front contre son torse afin de ne pas croiser son regard que je pouvais imaginer déçu.

« Je suis si repoussant que ça ? », relança-t-il sur le ton de la plaisanterie afin de détendre l'atmosphère et surtout cacher sa déception.

« Ce n'est pas de ta faute. Ce n'est pas à cause de toi. C'est moi. »

« Mais qu'est-ce que tu racontes ? Écoute… », commença-t-il en me prenant par les épaules. « Peut-être que ça va trop vite. Peut-être... peut-être que tu n'es pas encore prête à voir notre relation changer. Et en plus, je suis un hypocrite. Je t'ai dit que je ne tenterai rien et regarde ce que j'ai fait. C'est de ma faute, pas de la tienne. »

« Comment peux-tu être attiré par moi ? Je suis tellement pathétique ! »

« Pourquoi es-tu si dure avec toi-même ? »

« C'est juste la vérité. La pitoyable vérité. »

« Ce n'est pas comme ça que je te vois. »

Je me détachai de lui et reculai de quelques pas. Non pas que son toucher m'était désagréable, au contraire. Mais parce que je pensais ne pas mériter sa compassion et son réconfort.

« J'ai pas mal de problèmes à régler. Je ne suis pas prête à avoir une relation amoureuse pour le moment. »

« Je peux attendre… Je peux… »

« Ce n'est pas juste une question de temps. C'est compliqué. Ma vie est terriblement compliquée en ce moment et je n'ai pas envie d'impliquer quelqu'un. »

Je me frottai le visage de mes mains. Une furieuse envie de courir et de partir le plus loin possible afin de fuir cette conversation s'empara de moi. Mais je me retins. Il ne méritait pas ça.

« C'est à cause d'un homme ? », demanda-t-il à brûle pourpoint.

« Par-pardon ? », bégayai-je en le dévisageant.

La tête me tournait de plus en plus. J'avais peur. Peur qu'il découvre mon secret. Notre secret, celui d'Edward et moi. C'était stupide. Je n'étais pas rationnelle. Comment aurait-il pu savoir tout ça ?

« Eh relax. C'était juste une question. Mais vu ta réaction, je crois que j'ai vu juste. »

« Je ne vois pas de quoi tu parles. », dis-je feignant de ne pas comprendre.

« Au contraire, je pense que tu le sais. Je te sens troublée. »

Il avança doucement vers moi et tendit la main afin de toucher mon visage. Paralysée, je le laissai faire.

« Dis-moi si j'ai tort ou raison. »

Je ne lui répondis pas, mais mon silence était éloquent.

Il soupira alors qu'il me caressait la joue de son pouce dans un geste d'apaisement.

« Écoute, je ne sais pas ce que ce mec t'a fait ou ce qu'il te fait encore, mais j'ai le sentiment qu'il ne fait pas partie du moment le plus heureux de ta vie. Ai-je tort ? »

Une nouvelle fois, je me tus.

« Tu sais que tu peux compter sur moi. Je suis là si tu as besoin d'aide. »

« Ce n'est pas ce que tu crois. Il… »

Je m'interrompis. Il n'avait pas besoin de savoir.

« Il, quoi ? »

« Rien. », murmurai-je.

« Comment ça, rien ? Est-ce… Est-ce qu'il t'a fait du mal ? Est-ce qu'il t'a menacée ? »

« Non ! », m'indignai-je.

« Tu mens. Je suis sûr que tu mens. »

« Tu ne sais rien ! », fis-je durement en reculant une nouvelle fois. « Tu ne sais rien de lui ou de ma vie ! Rien ! »

« Bella ! », m'interpella-t-il alors que je me précipitais vers la porte tout en essayant désespérément de trouver les clefs dans le fond de mon sac.

« Bella, attends ! »

« Laisse-moi tranquille ! »

« Je veux juste comprendre ! »

« Il n'y a rien à comprendre ! Et de toute façon, ce ne sont pas tes affaires. »

J'ouvris la porte de l'immeuble, m'y engouffrai et courus sans me retourner, le cœur battant dans ma poitrine de façon douloureuse.

Le martèlement d'un poing qu'on cogne contre une vitre me parvint de façon lointaine.

Je montai les escaliers quatre à quatre en essayant de ne pas me laisser envahir par l'affolement. Mon côté parano avait peur que Mike fasse quelque chose de fou. Tout un tas de scénarios saugrenus s'immiscèrent dans mon cerveau. Je ne voulais pas qu'il fouille dans mes affaires. C'était sans doute une des raisons pour laquelle je ne pouvais et ne voulais pas m'attacher à lui.

Pourquoi cette soirée, qui avait si bien commencé, avait dû se terminer de cette façon ? Si seulement je l'avais empêché de m'embrasser, les choses auraient sûrement été différentes maintenant.

Lorsque j'arrivai à mon appartement, j'étais tellement bouleversée que je ne remarquai pas tout de suite l'énorme bouquet de fleurs posé sur le sol. Je crois que ce fut la première fois que j'en vis un aussi beau qui m'était destiné. Je m'agenouillai et d'une main tremblante, saisis la petite carte couleur ivoire qui y était cachée.

De mon pouce, je caressai les lettres manuscrites qui l'ornaient. L'écriture était belle, fine et masculine. Mon prénom y était écrit avec soin.

Je retournai le petit carton le cœur battant, ayant deviné qui en était le destinataire. Mon cœur se mit à battre encore plus fort après avoir lu les deux premiers mots. Et il cogna de façon agréable lorsque j'achevai ma lecture :

Mon amour,

Je m'étais juré de ne pas t'importuner, de te laisser tout l'espace dont tu as besoin pour réfléchir, mais je n'ai pas pu m'empêcher de t'envoyer ces fleurs. Ce bouquet est composé en autres d'héliotropes. Dans leur langage, elles veulent dire amour fou et éternel…

Tu habites mes pensées, tu es ma raison d'espérer. Ton absence est une pénitence.

Tu me manques.

Je t'aime.

Ton Edward.

Des papillons se logèrent dans mon ventre. Ce message ne me fit pas paniquer. Au contraire. Il avait même réussi à effriter un peu plus ma détermination et à me faire oublier pour un temps ce qui venait de se passer avec Mike. Ça faisait longtemps que je n'avais pas éprouvé cette certitude, cette confiance.

Ce petit message transpirait de sincérité. J'avais envie de le croire, j'avais plus que tout envie de céder, mais c'était comme si quelque chose me retenait encore, m'empêchait de prendre mon téléphone et de l'appeler, et je n'arrivais pas à trouver quoi.

***TMA***

Le lendemain, mon humeur était aussi maussade que le temps.

C'était ma journée de repos. Dieu soit loué ! Je n'aurais pas à me confronter à Mike.

Je cachai mon visage avec mes mains et soupirai de lassitude.

Pourquoi avait-il fallu qu'il m'embrasse ? Quel signe lui avais-je envoyé inconsciemment pour qu'il se sente assez à l'aise pour m'embrasser ? Pourquoi l'avais-je laissé faire ? Qu'est-ce qui m'avait pris de sortir avec lui ?

Tout autant de questions qui restaient et resteraient sans doute sans réponse pour la majorité d'entre elles.

L'ambiance allait être sympa au travail !

Comme si je n'avais pas assez de soucis…

Mes yeux se posèrent sur le bouquet qu'Edward m'avait offert. Il était devenu un rappel. A chaque fois que je posais mon regard dessus, je sentais mon estomac faire un saut périlleux. Il semblait vouloir me dire : « Ne m'oublie pas ». Même si je l'avais voulu, il m'aurait été difficile de faire autrement. Edward peuplait mes rêves et mes pensées constamment.

Après ma petite routine matinale, je pris un livre et tentai de rentrer dans l'histoire. Je me rendis vite compte que c'était peine perdue, que je n'arriverai à rien aujourd'hui. J'étais de mauvaise humeur et à fleur de peau. Je jetai dans un geste rageur le bouquin qui valsa de l'autre côté de la pièce. Me sentais-je mieux ? Pas vraiment.

Et comme pour amplifier mon sentiment de malaise et de stress, la sonnette de la porte d'entrée retentit, me faisant sursauter. Je retins ma respiration et priai intérieurement qu'il ne s'agisse pas de Mike ou même d'Edward. Ce n'était franchement pas le moment que l'un d'eux vienne et me perturbe plus encore.

Je me levai et franchis les quelques mètres qui me séparaient de la porte sur la pointe des pieds.

Je regardai dans le judas, essayant de faire le moins de bruit possible et relâchai mon souffle lorsque je vis qu'une belle surprise m'attendait derrière.

J'ouvris la porte d'entrée en toute hâte et me jetai littéralement sur Alice, ne lui laissant pas le temps de bouger ou de respirer.

« Surprise ! », fit-elle en rigolant en me serrant dans ses bras à son tour. « Eh bien, quel accueil ! »

« Tu m'as tellement manqué ! », déclarai-je, les larmes aux yeux.

« Je vois ça. A moi aussi, tu m'as manqué ! »

Je me séparai d'elle et plantai mes yeux dans les siens.

« Je t'ai appelée ! Je t'ai même laissée un message ! Pourquoi ne pas m'avoir rappelée ? », demandai-je sur un ton plein de reproches.

« Je me suis dit que le mieux était que je vienne directement te voir et te fasse une surprise. »

« Je croyais que tu étais trop occupée pour me rappeler. », avouai-je, masquant avec peine ma déception.

« Je ne te ferai jamais ça ! J'ai toujours du temps pour toi. Tu le sais ? »

Je lui souris tout en hochant la tête.

J'étais tellement heureuse qu'elle soit ici, chez moi. J'allais profiter de chaque minute de sa présence. Dommage que Rosalie n'ait pas pu venir. Ça faisait tellement longtemps que nous nous n'étions pas retrouvées toutes les trois, ensemble.

« As-tu des nouvelles de Rosalie ? Car moi, ça fait un moment que je n'en ai pas eu. »

« A ce propos… », dit-elle en se tournant vers la porte d'entrée où apparut une Rosalie tout sourire.

« Oh ! », criai-je littéralement. « La petite cachotière ! Toi aussi ? »

« Tadam ! », déclara-t-elle en prenant la pose tel un mannequin.

Je lui infligeai le même traitement qu'à Alice en la serrant très fort dans mes bras et ne pus cette fois, retenir mes larmes.

« Moi qui pensais que cette journée serait un enfer ! »

« Tu ne pensais tout de même pas qu'on allait te laisser tomber ? », fit Rosalie en fronçant les sourcils, offensée que j'ai pu même y songer.

Je haussai les épaules, ne sachant que dire et les invitai à s'assoir.

Après un bon café et quelques banalités sur le travail, nous entrâmes dans le vif du sujet.

« Alors comme ça Edward est venu te voir ? », s'enquit Alice.

« Tu n'étais pas au courant ? Il ne t'a rien dit ? », demandai-je.

« Je n'en savais rien avant que tu me le dises. », dit-elle, véritablement surprise. « D'ailleurs, comment ça s'est passé ? »

« Pas si mal quand on y pense. »

« Qu'est-ce qu'il te voulait ? », s'enquit Rosalie.

Ainsi je leur racontai tout : son état d'ébriété, ses aveux, notre baiser, sa requête…. Et plus les mots sortaient de ma bouche, mieux je me sentais. J'avais enfin partagé cette histoire qui m'oppressait, tel un poids lourd sur ma poitrine. Elles allaient enfin pouvoir m'aider.

« Qu'est-ce que tu comptes faire ? », me questionna Rosalie.

« Honnêtement, je n'en sais rien. »

« L'aimes-tu encore ? », me demanda Alice.

« Je pensais qu'avec le temps, mes sentiments seraient moins forts, et en fait… ce n'est pas le cas. Je crois que je n'aimerai jamais quelqu'un comme je l'aime. Et c'est effrayant. C'est même déprimant quand on y pense. »

« Qu'est-ce qui te retient alors ? »

« Le doute. », soupirai-je.

« C'est compréhensible. », approuva Rosalie.

« Je sais ce que tu attends de nous. », déclara Alice. « Mais sache qu'il nous est très difficile de te dire quoi faire en toute objectivité. Nous pouvons seulement te conseiller de laisser parler ton cœur. Il saura te guider et te faire faire le bon choix. Ne pense plus au passé. Profite, vis, Bella. Si ce n'est pas avec Edward, alors ce sera avec quelqu'un d'autre. », me conseilla Alice. « J'aime beaucoup mon frère et je sais que ses sentiments envers toi sont sincères. Mais si tu vis toujours dans l'angoisse qu'il te quitte et que ça te fait autant souffrir, peut-être que tu devrais ne plus te poser de questions et définitivement tourner la page. Seulement, si tu veux mon avis, je crois que tu passes à côté de quelque chose de merveilleux. »

Je voulais tellement la croire. Si seulement je pouvais avoir une machine à voyager dans le temps et en avoir la confirmation.

« C'est bien beau tout ça, Alice. Mais il y a quand même des paramètres à prendre en compte. Bella doit avant tout se poser les bonnes questions. », fit Rosalie.

« M'interroger sur quoi exactement ? »

« T'interroger sur... Euh…», chercha-t-elle en passant une main dans sa chevelure magnifique. « Sur la confiance que tu lui portes, son tempérament, sa possessivité, sa maladie … Tiens, un exemple concret : comment réagirais-tu si un jour il rechute et perd son sang-froid ? C'est tout cela que tu dois considérer avant de t'engager dans cette relation. Je peux te paraître un peu brutale dans mes propos, mais je veux seulement que tu réalises ce qui t'attend. Il y aura forcément des hauts et des bas. Il faudra faire preuve de patience, de tolérance, faire des sacrifices. Il n'est pas guéri, tu sais. Il prend un traitement, il est suivi, mais tu dois comprendre que cette maladie ne se guérit pas. Il est possible qu'un jour il fasse une crise à cause d'une trop forte émotion ou d'une contrariété. Il faudra être très vigilante là-dessus. Es-tu prête pour ça ? Penses-tu avoir les épaules assez solides ? »

« Je ne sais pas… », avouai-je. « Il y a quelques mois, je t'aurais dit oui sans hésiter. Là, je suis complètement paumée, débordée par cette situation. J'ai du mal à me projeter. Mais je sais que tu as raison, je dois prendre toutes ces choses en compte. »

« Raison, raison… Il ne faut pas exagérer non plus. Pourquoi tout dramatiser ? », commença Alice en roulant des yeux. « C'est vrai quoi, soyons honnêtes. Il a quand même beaucoup changé. C'est une autre personne maintenant. Je ne suis pas là pour te dire quoi faire ou te pousser dans ses bras, Bella. », continua-t-elle en me prenant les mains. « Il faut que tu comprennes que même s'il est malade, il a fait beaucoup d'efforts pour s'en sortir. Et tout ça pour sa famille… pour toi surtout. Et ce serait bien plus facile pour lui de supporter tout ça avec toi à ses côtés. Puis, il ne faut pas voir tout en noir. La probabilité pour qu'il fasse une crise n'est pas si importante que ça. S'il suit son traitement et se rend à ses séances, tout devrait bien se passer. »

« Oui, bien sûr. », reconnut Rosalie en levant les yeux au ciel à son tour. « Mais il vaut mieux qu'elle sache où elle met les pieds. C'est une éventualité qu'il ne faut pas négliger. »

Elles avaient chacune des arguments solides mais qui ne me rendaient pas la tâche plus facile.

« Tu sais. », fit Alice. « Je ne compte plus le nombre de fois où il m'a demandé de tes nouvelles. Je lui ai toujours dit la vérité mais je ne suis jamais rentrée dans les détails. J'ai sans doute estimé qu'il était responsable de tout ça et je voulais le faire réagir d'une certaine manière. Et puis c'était aussi une façon de le 'punir', avoua-t-elle en mimant les guillemets avec ses doigts. « Je voulais qu'il réalise ce qu'il avait fait. Mais plus que tout, je voulais te protéger. T'éloigner de tous ses problèmes. Tu avais déjà les tiens à régler, je ne voulais pas t'en imposer d'autres. Je me disais que si vous vous aimiez vraiment, vous sauriez vous retrouver. Et maintenant que tu vas mieux et qu'il va mieux, je crois que c'est le bon moment pour cela. »

Est-ce que nous nous aimions vraiment ? Ou plutôt m'aimait-il vraiment ? Est-ce que l'amour que je lui portais était assez fort pour que je lui pardonne, pour que j'oublie tout ?

« Comment voyais-tu ton avenir avant tout ça ? », me demanda Rosalie.

Je réfléchis à la question et la réalité me frappa de plein fouet.

« Je n'arrivais pas à m'en imaginer un. Je vivais au jour le jour, c'était plus facile. »

« Et maintenant ? »

« Maintenant… Maintenant je réalise que ma vie est plutôt morose sans lui. Il me manque, je ne l'ai jamais nié. Mais comme je pensais ne plus jamais le revoir, je m'étais faite une raison. Je sais que je vais mieux. Je vais vraiment mieux, mais il me manque quelque chose ou plutôt quelqu'un pour que je me sente entière. Je le sais. Je sais que c'est lui. »

« Alors, fonce ! », dirent-elles en chœur.

« Si ça pouvait être aussi simple. »

« Tu sais ce que je crois ? Je crois que vous avez-vous besoin de discuter. Beaucoup de choses ont sûrement besoin d'être dites. Ça te ferait sûrement du bien d'éclaircir certains points avant d'envisager quoi que ce soit. Nous pourrions t'aider mais je pense qu'Edward serait le plus à même de te donner les réponses aux questions auxquelles tu attends. », déclara Alice.

Rosalie hocha la tête. Elles étaient au moins d'accord sur une chose.

« On a déjà discuté. », soupirai-je.

« Vous ne vous êtes peut-être pas tout dit. Il ne peut pas regagner ta confiance en quelques jours et il en est sûrement conscient. Il faut juste que tu lui donnes l'occasion de te prouver de sa bonne foi. »

« Je sais. », concédai-je.

« Prends le temps de réfléchir. C'est une décision que tu dois prendre seule. Nous savons par quoi tu es passée et nous respecterons ton choix. Nous serons toujours là pour toi, quoi que tu fasses, quoi que tu décides. »

« J'ai peur. »

« De quoi ? », demanda Alice.

« Qu'il recommence. Qu'il me quitte. »

Qu'il me hante bien plus, voulus-je ajouter.

« J'ai tellement peur que tout mon monde s'effondre une nouvelle fois, d'être déçue et surtout de ne pas réussir à me relever s'il décidait de me quitter. Je ne pourrai pas supporter un nouvel échec. »

« Je ne crois pas qu'il ferait une telle chose. Il tient tellement à toi, Bella. Et tu ne sais sûrement pas à quel point. Crois en toi, crois en lui et surtout en vous. Ne dit-on pas qu'il vaut mieux avoir des remords que des regrets ? », dit Alice tout en me caressant les cheveux avec affection.

***TMA***

Après leur départ, je restai de longues minutes, des heures peut-être à contempler mon avenir. Il pouvait être totalement différent selon ce que j'allais faire.

Parfois, j'aimerais avoir le pouvoir de changer le passé mais cela voudrait aussi dire modifier les belles choses qui m'étaient arrivées, même si j'avais l'impression que les mauvais moments étaient plus nombreux que les bons.

Oh seigneur, comme il était difficile de prendre une décision et surtout la bonne.

Je songeai à tout ce que mes amies m'avaient dit et ne négligeai aucune de mes options. Leurs paroles avaient été sages et justes. Elles avaient réussi à m'apaiser et me faire réaliser que l'immense amour que j'éprouvais pour cet homme brisé avait remplacé la colère qui rongeait mes entrailles depuis qu'il était venu chez moi. Pourtant, l'orgueil me rappela parfaitement ce qu'il m'avait fait subir. Je préférais l'ignorer.

Je savais que tout résidait sur mon pardon. Si je lui pardonnais alors tout serait plus clair, tout irait mieux pour nous deux.

Le pardon… c'était sûrement ce qu'il cherchait pour soulager sa conscience. Notre éventuelle relation n'était peut-être qu'un prétexte après tout.

Je me racontai des mensonges, j'en étais bien consciente. Tout ça dans l'unique but de me donner des excuses pour ne pas retourner avec lui.

Notre passé ne devait pas entacher notre futur.

Alice et Rosalie avaient toutes les deux raison. Je devais arrêter de m'égarer et faire ce qui était le mieux pour moi.

Cette clarté me donna une toute nouvelle perspective sur ma situation actuelle.

Je savais ce que je devais faire, même si je n'étais pas encore totalement convaincue qu'il s'agissait de la bonne décision. Mais dans la vie, il fallait faire des choix qu'ils soient bons ou mauvais et les assumer. Je ne pouvais plus faire attendre Edward. Notre avenir dépendait de cette réponse.

Oui, je devais et pouvais le faire.

Nous nous sentirons mieux après, me dis-je.

Oublier le passé, les erreurs et avancer.

Ce fut dans cette perspective que je me levai et pris mon téléphone avant de composer son numéro de téléphone d'une main tremblante.

POV Edward

Sept jours sans nouvelle d'elle. Sept jours à se torturer les méninges. Sept jours à avoir le cœur qui cogne douloureusement dans la poitrine à la moindre sonnerie que le téléphone émettait. Sept jours terriblement longs et difficiles. C'était comme si le temps se moquait de moi. Qu'il se jouait de moi pour me punir du mal que j'avais fait.

J'avais conscience de mériter bien plus. Bien plus que cette attente interminable. C'était certainement un avant-goût de ce que je ressentirai si Bella me disait ne plus vouloir de moi.

Mes erreurs d'hier et d'aujourd'hui me poursuivraient toute ma vie, tel un fardeau. Que je le veuille ou non. Malgré tout, je voulais que Bella me pardonne comme ma famille l'avait fait. Je n'étais pas sans ignorer que cette action noble demandait beaucoup d'efforts, surtout au vu de ce que j'avais fait. Mais tout au fond de moi, j'espérais qu'elle m'aime assez pour y parvenir.

On peut pardonner, mais pouvons-nous seulement oublier ?

C'est pourquoi, la partie rationnelle de moi-même comprenait sa position, comprendrait même son refus de nous donner une seconde chance. Mais l'autre partie, la plus grande, la partie égoïste voulait qu'elle passe outre tout ça pour que nous puissions nous aimer comme nous aurions dû le faire au commencement de notre histoire. Sans souffrance, sans barrière, sans ma folie.

Je savais que j'avais gâché beaucoup de choses. D'ailleurs pas un jour ne passait sans que je ne me les remémore. C'était une façon pour moi de me fustiger et de réaliser ce que j'avais peut-être perdu.

Ma Bella…

Quoi qu'elle décide, quoi qu'elle fasse, elle sera toujours ma Bella. Synonyme de douceur et de bonté. Mon amour, mon idéal.

Je l'aimais tellement… Tellement que j'étais prêt à tout pour la récupérer. Je n'avais peur de rien… seulement de la perdre. Et c'était une chose que j'avais du mal à imaginer. D'ailleurs mon cœur saignait rien que d'y penser.

Ma vie serait bien morne et vide sans elle. Ces derniers mois m'avaient déjà montré ce qu'elle pouvait être, même si l'espoir m'avait aidé à avancer. J'avais fait tous ces efforts pour elle et pour ma famille. J'avais voulu m'en sortir pour eux. J'avais tenu bon pour eux. La vision de son visage avait été un leitmotiv, la reconquérir en avait été un autre. Que deviendrai-je si elle ne voulait plus de moi ? Je n'osais même pas l'imaginer.

La revoir avait été encore meilleur que l'entendre. Elle était toujours aussi belle et bien plus épanouie qu'avant. J'avais eu peur que ce connard ait contribuée à son bien-être. La souffrance… Cette souffrance que j'avais ressentie en la voyant avec lui m'avait brûlé les veines, et cette colère violente que je croyais disparue avait bien failli ressurgir et me faire faire des choses insensées que j'aurais sûrement regrettées plus tard.

Elle était à moi.

Je savais que c'était faux mais je ne pouvais m'empêcher de le penser. Chaque fibre de mon être était imprégnée d'elle et en était persuadée. Sa voix douce emplissait encore mes oreilles.

Lorsque je l'avais embrassée, j'avais eu l'impression de revivre et de me sentir enfin entier.

Elle s'était laissée faire, elle avait aimé ça. Je l'avais vu dans son regard. Ses yeux étaient brillants d'amour. J'avais réussi à la faire douter alors qu'elle était si convaincue que sa vie serait mieux sans moi. Comment pouvait-elle penser ça ? Je ne pouvais pas la croire. Elle voulait être avec moi. Elle m'aimait encore, je le savais. Je l'avais ressenti.

Elle était différente, maintenant. Je pouvais voir dans son regard, dans sa façon d'être à quel point elle avait changé et était devenue plus forte.

Je souhaitais savoir ce qu'elle avait fait depuis notre séparation, et surtout si elle pensait à moi autant que je pensais à elle. J'étais resté de nombreuses nuits éveillé à me poser toutes ces questions. Je voulais qu'elle ne pense qu'à moi. Je savais que j'étais un homme égoïste et possessif, mais je me sentais incapable d'agir différemment. J'avais évolué sur bien des points mais ces traits de caractère là ne changeraient jamais.

Tout comme ma patience…

Car plus les jours passaient et plus elle s'amenuisait. J'étais comme un lion en cage. Son silence était une véritable torture. Je me retenais de ne pas aller chez elle et de la supplier une nouvelle fois. Mais ma raison me rappelait à l'ordre. Je devais lui prouver que j'étais bien plus raisonnable qu'avant. Aussi, je ne voulais pas lui donner l'occasion de prendre la mauvaise décision.

Au moment où je m'y attendais le moins, le téléphone se mit à sonner. Je décrochai sans regarder qui était l'appelant. Cela m'éviterait d'être déçu si ce n'était pas Bella.

« Allô ? », fis-je, fébrile lorsque personne ne parla.

« Edward ? C'est Bella. », dit-elle enfin de sa voix douce et hésitante. Sa voix que je pouvais reconnaître entre mille.

Ma respiration devint vite lourde lorsque je réalisais que c'était elle, ma merveilleuse Bella.

« Mon amour… », ne pus-je m'empêcher de dire. Je souris, soulagé qu'elle m'appelle enfin.

Elle ne dit rien pendant un moment, et je regrettais presque d'avoir prononcé ces mots.

Je ne voulais pas l'effrayer.

Bella, parle-moi, me dis-je.

Ce silence me tuait. Seul son souffle me prouvait qu'elle était encore là.

Et quand enfin elle parla, je fermai les yeux tellement la peur et l'appréhension étaient grandes. Les mots qui allaient suivre pouvaient me remplir de joie ou complètement m'anéantir. Était-elle consciente du pouvoir qu'elle détenait ? Que mon bonheur ne dépendait que d'elle ?

« J'aimerais… j'aimerais te parler. Pourrais-tu me retrouver au musée de la photographie ? »

Elle voulait me parler… C'était bon signe ça, non ?

Mon corps tremblait sous l'effet de l'euphorie qui me gagnait.

Elle voulait me voir, me parler ! Au musée !

Au musée ?!

« Au musée ? Tu es sûre ? », m'étonnai-je, le moment de liesse momentanément oublié après avoir réalisé l'endroit où elle voulait que nous nous rencontrions.

Était-ce un bon présage ou tout le contraire ? Cet endroit était lié à de bons comme à de mauvais souvenirs. Et si elle voulait boucler la boucle mettre un terme à notre histoire dans ce lieu où tout avait commencé ?

Tout s'embrouilla dans ma tête. J'étais confus et nerveux.

Je secouai la tête et me ressaisis.

Elle voulait que nous discutions… C'était ça le principal.

Et au bout du compte, je me fichais pas mal qu'elle veuille le faire là-bas ou ailleurs. La voir et l'entendre étaient tout ce qui comptait. Si ça devait mal se passer, j'aviserai et trouverai les mots pour la convaincre. J'étais sûr de moi et je savais ce que je voulais.

Et je la voulais.

« Oui. Aujourd'hui, à 16h. Tu y seras ? »

« Bien sûr que j'y serai. »

Ça fait des jours que j'attends de te voir, voulus-je ajouter.

« Très bien. A cet après-midi. », fit-elle un peu sèchement.

Le ton de sa voix me faisait peur. Mais ça ne voulait rien dire, n'est-ce pas ? Bien sûr que ça ne voulait rien dire ! Elle était sans doute un peu nerveuse. Oui, c'était sans doute ça.

« J'ai hâte de… »

Elle raccrocha avant même que je n'eus le temps d'ajouter quoi que ce soit d'autre.

Pour le coup, je n'étais plus sûr de rien, et mes peurs que j'avais réussies à chasser le temps de la communication revinrent avec force.

***TMA***

A 16h pile, j'entrai dans le musée d'un pas hésitant et les mains moites. Je la vis tout de suite, elle était de profil. Ses magnifiques cheveux bouclés tombaient en cascade sur son dos. Elle portait un jeans et un pull bleu marine en laine. Son manteau était négligemment posé à côté d'elle.

Elle était resplendissante comme toujours.

Je pris le temps de l'admirer à son insu. Je pouvais retarder l'inévitable quelques minutes encore, mais à quoi bon ? Je devais faire face à sa décision.

Fiodor Dostoïevski disait « Vivre sans espoir, c'est cesser de vivre. »

Je me sentais vivant à l'heure actuelle, mais pour combien de temps encore ?

Je soufflai pour évacuer le stress.

Malgré cela, j'avais l'impression que mon palpitant allait finir par exploser. Il ne suffisait que de quelques secondes pour que mon sort soit scellé et c'était terrifiant.

Mais je me dis que des options s'offraient à moi si sa réponse n'était pas celle que j'attendais. Je n'avais plus de fierté lorsqu'il s'agissait d'elle. Je la supplierai, me mettrai à genoux s'il le fallait.

J'avançai tout en la fixant. Je ne la lâchai pas des yeux. Elle était tellement belle, imperturbable, ignorant tout ce qui se passait autour d'elle. Son regard se portait sur une photo qui se trouvait en face d'elle. Elle semblait intriguée, captivée même, comme si elle représentait quelque chose à ses yeux.

« Bella ? », fis-je une fois à ses côtés.

Elle tourna vivement la tête dans ma direction et esquissa un léger sourire. C'était déjà une bonne chose. J'oubliai pour un temps le ton légèrement froid du coup de fil, et m'accrochai à ce sourire.

« Ça fait longtemps que tu attends ? », lui demandai-je après de longues secondes embarrassantes à se jauger sans rien se dire.

« Non. Non, je viens d'arriver. Assieds-toi, je t'en prie. », m'invita-t-elle en se poussant pour me laisser de la place… Trop de place.

Une fois assis, je me raclai la gorge plus pour me donner une contenance que par nécessité.

Je me tournai vers elle. Son regard se reporta sur la photo. Elle m'évitait.

Ça, ce n'était pas bon.

« As-tu eu le bouquet de fleurs que j'ai déposé devant ta porte ? », m'enquis-je pour attirer son attention et pour entamer la conversation.

« Oui. Elles sont très belles, je te remercie. »

« As-tu lu le mot qui les accompagnait ? »

Je n'avais pas pu m'empêcher de lui prouver à travers ces fleurs tout l'amour que je lui portais. J'espérais qu'elle l'ait interprété de la bonne façon.

« Oui. », souffla-t-elle.

« Chaque mot était sincère. »

Elle hocha légèrement la tête en réponse.

De longues secondes passèrent encore. Cette fois, je ne dis rien. A quoi ça servirait de la pousser si ce n'est de la faire fuir ?

Elle me parlera quand elle sera prête, me dis-je.

En attendant, je la regardai sans vergogne et profitai de sa présence.

Elle m'avait tellement manquée.

« J'ai réalisé une chose ces derniers jours. », commença-t-elle enfin, toujours en fixant droit devant elle. « J'ai réalisé que… que l'amour que j'éprouve pour toi ne diminuerait jamais, même avec le temps. Je me suis aussi rendue compte que je ne serai jamais complètement heureuse malgré tous les traitements, les psychothérapies, mes efforts. Et tu sais pourquoi ? »

Je secouai la tête tout en retenant mon souffle.

« Parce qu'il y aura toujours une part de moi qui ne sera à jamais à toi. Quoi que je fasse, quoi que je puisse entreprendre, je ne pourrai jamais lutter contre mes sentiments. Je devrais ressentir de la haine envers toi après tout ce que tu m'as fait, mais je me sens totalement incapable d'une telle chose. Et Dieu seul sait que j'ai essayé. » Elle marqua une pause. Elle semblait perdue dans ses pensées.

« Je ne veux plus souffrir. », reprit-elle. « Je ne pourrai pas supporter que tu me rejettes une nouvelle fois. »

« Je te promets que ça n'arrivera plus. C'est fini tout ça. Je suis un autre homme. », me hâtai-je de dire afin de la tranquilliser.

Encore une fois, elle ne réagit pas à mes paroles.

Il fallait que je la rassure, que je sois bien plus convaincant.

« Bella ? »

Elle me regarda enfin. Je me perdis dans ses prunelles un instant avant d'essayer de lire en elle. Et comme je l'avais pensé, je n'y vis rien de plus que de l'incertitude. Elle ne me croyait pas encore.

« Je t'aime. », soufflai-je afin d'ôter ce sentiment d'elle.

Elle déglutit difficilement et resta silencieuse.

« Me pardonnes-tu ? », lui demandai-je.

Je voulais l'entendre dire pour que nous puissions aller enfin de l'avant.

Elle me sourit timidement, ses yeux ne quittant jamais les miens. L'incertitude y avait été remplacée par autre chose de bien plus dévastateur : La tristesse. Une immense tristesse.

« Si c'est qu'il faut que tu entendes pour te sentir mieux, alors oui, je t'accorde mon pardon. »

Plus je la regardais plus mes convictions s'effondraient.

Avais-je mal interprété ses paroles un instant plus tôt ?

La joie, l'espoir furent remplacés par la panique…

Une peur panique s'engouffra en moi, passant par tous les pores de ma peau. Ses mots ne me rassurèrent pas, ils me terrifièrent, me glacèrent.

« Je ne veux plus souffrir. Je ne pourrai pas supporter que tu me rejettes une nouvelle fois. »

Me disait-elle au revoir ?

« Bella, s'il te plaît », la suppliai-je. Ce fut à peine si je me rendis compte des mots que je venais de prononcer tellement j'étais effrayé par ce qu'elle sous-entendait. « Qu'essaies-tu de me dire ? »

Elle s'ouvrait enfin à moi et ses yeux devinrent plus expressifs encore. J'y vis tant de choses qui me bouleversèrent. Je savais que je l'avais faite souffrir mais je ne savais sans doute pas à quel point. Et sa peine m'atteignit tel un coup de poing.

Elle tendit une main vers mon visage. Je retins mon souffle. Je n'osai pas bouger de peur qu'elle freine son geste. Je voulais qu'elle me touche. Je voulais sa peau contre la mienne. Un contact, quel qu'il soit pour me montrer que tout allait bien.

Ses yeux sombres et intenses étaient braqués dans les miens. Et cette main… Cette main s'avançait graduellement vers mon visage pour finalement tomber mollement sur sa cuisse.

Je lâchai un gémissement étouffé par mon poing et fermai les yeux.

Quand je les rouvris, son expression était tout autre. Elle était triste mais pas seulement pour elle, mais pour moi aussi.

« Je suis désolée. », fit-elle d'une voix à peine audible.

Désolée ? Pour quoi ? Pour ne plus pouvoir me toucher sans être effrayée ou dégoûtée ? Pour nous refuser un avenir commun ? Qu'elle qu'en fut la cause, je n'aimais pas cette phrase qui raisonnait en moi telle une fatalité.

Je me surpris à avoir envie de pleurer, de crier, de tout casser. J'avais besoin de me libérer de cette rage.

La frustration, ou sans doute le désespoir de la perdre et de ne plus jamais pouvoir la toucher de nouveau, guida ma main vers la sienne avant de la saisir fermement.

Ses yeux s'écarquillèrent, sa main tremblait tout comme son corps. Je ne lui laissai pas le temps de réfléchir et posai sa paume tout contre ma joue.

Elle se raidit mais très vite cette tension la quitta.

« Je ne veux pas que tu aies peur de moi. Si tu as envie de me toucher, fais-le. »

Je tournai le visage vers sa paume et l'embrassai.

« J'ai besoin… J'ai besoin de ça, Bella. »

Je l'embrassai une nouvelle fois et réitérai mes paroles. Mais cette fois-ci avec encore plus de force pour qu'elle puisse y voir la vérité en eux.

« Je t'aime. »

Elle essuya d'une main ses larmes et inspira profondément afin de se reprendre.

« Je t'aime aussi. », dit-elle enfin.

« C'est tout ce qui compte. », fis-je, véritablement soulagé.

« Mais… Mais l'amour ne suffit pas toujours. »

« Pourquoi tu dis ça ? Pourquoi tu t'entêtes ? Pourquoi tu ne lâches pas prise, Bella ? »

« Je suis désolée… »

« Non ! »

« Il faut que je parte. », déclara-t-elle soudainement tout en essayant d'enlever sa main de ma prise.

« Non, non, non ! », fis-je avec désespoir.

« Ça ne pourra pas marcher entre nous. Il y a eu tellement de… souffrance. »

Aveuglé par l'inquiétude et le désespoir, je tentai néanmoins de comprendre.

« Non, Bella. Ne fais pas ça ! »

Elle se leva sans prendre en considération mes suppliques.

« C'est ma décision. J'ai beaucoup réfléchi et… »

« Arrête ! Ne dis pas ça ! Ne fais pas ça ! Je sais que ce n'est pas ce que tu veux ! »

« Qu'est-ce que tu en sais ? Comment peux-tu savoir ce dont j'ai besoin ? »

« Je le sais…. Je le sens. Tes yeux, tes gestes ne peuvent pas mentir. »

Désespéré ! J'étais complètement désespéré !

J'avais tellement envie de la prendre dans mes bras, et qu'elle cède enfin.

Je fermai les poings pour éviter toutes tentations. Elle ne voulait pas que je la touche mais je pouvais toujours lui parler. Elle était encore là à m'écouter, je devais tout faire pour lui faire changer d'avis.

« Qu'est-ce que je vais devenir sans toi ? »

Un rire sans joie sortit de sa bouche tandis qu'elle secouait la tête, chagrinée.

« C'est exactement ce que je t'ai dit lorsque tu as mis un terme à notre relation. Tu t'en souviens ? Et j'ai eu beau te supplier, ça n'a rien changer. Pourquoi te donnerai-je ce que tu n'as jamais voulu me céder ? »

« Tu veux me punir ? C'est ça ? Très bien ! Fais-le, mais pas comme ça… », fis-je la gorge serrée. « Pas comme ça… J'ai besoin de toi. »

Les larmes commencèrent à me brûler les yeux. Je sentais la colère, la frustration, la douleur prendre possession de mon corps à me mesure que je la sentais s'éloigner.

Elle évita mon regard et se retourna subitement pour se diriger vers la sortie.

Je lui attrapai le poignet avant qu'elle ne fasse un pas de plus. Je ne me posai plus la question de savoir si elle voulait que je la touche ou non. Je m'en fichais maintenant. Il fallait que je tente le tout pour le tout.

« Ne complique pas les choses. C'est déjà assez dur comme ça. », pleura-t-elle.

« Alors ne fais pas ça. Je sais que ce n'est pas ce que tu désires. »

« Qu'est-ce que je veux alors ? », lança-t-elle exaspérée.

« Etre avec moi. »

Elle me foudroya du regard tout en dégageant son poignet de ma main ferme.

« Tu voulais une réponse de ma part… Quelle qu'elle soit. Je te l'ai donnée. Accepte-la. »

« Non… »

Elle recula tout en me regardant comme si elle avait peur que je lui saute dessus.

« Je te souhaite d'être heureux. Prends soin de toi. »

« Comment veux-tu que je sois heureux sans toi ? »

Un sourire triste se dessina sur ses lèvres.

« Tu y arriveras. Avec le temps, tu y arriveras. »

Sans un mot de plus, elle se détourna et partit, me laissant aussi anéanti qu'il y a quelques mois. Soudain, plus rien ne semblait important. J'étais vide, avec un cœur en mille morceaux.

« Bella, attends ! »

Malgré mon discours minutieusement préparé, rien ne sortit. J'avais envisagé toutes les possibilités, mais rien ne m'avait préparé à ça.

Je fis un pas, deux pas puis, au lieu de courir après elle, je me rassis sans cesser de regarder la sortie en espérant par je ne sais quel miracle qu'elle réapparaîtrait.

Ce miracle ne vint pas.

Elle était partie. Elle avait pris sa décision. Elle ne voulait pas de moi. J'avais changé mais ce n'était pas suffisant pour lui donner confiance et qu'elle me revienne.

Je sentais les regards des visiteurs mais je m'en fichais. Ils pouvaient penser ce qu'ils voulaient. A ce stade peu m'importaient.

Je restai assis, hagard sur le banc. Je n'arrivais pas à détacher mes yeux de cette photographie ; l'image d'un couple amoureux que Bella avait admirée quelques minutes plus tôt. A quoi avait-elle pensé à ce moment-là alors qu'elle était assise à ma place ? Qu'avait-elle ressenti ? Réfléchissait-elle à ce qu'elle allait me dire ? Ou savait-elle déjà les paroles qu'elle allait prononcer, ceux qui me broieraient le cœur ?

Soudain, je pris conscience du monde qui m'entourait. Beaucoup de visiteurs étaient présents au musée aujourd'hui. Des hommes d'affaires, des touristes, des enfants avec leur maître d'école, toutes les classes sociales m'entouraient… Et pourtant personne ne semblait se rendre compte de l'intensité de ma douleur.

Je me frottai les bras. Malgré la chaleur de la pièce, la chair de poule avait parsemé ma peau.

A la fermeture du musée, un membre du personnel me demanda gentiment de partir. Je me ressaisis le temps de regarder l'heure. 19H ! J'étais resté plus de 3 heures assis, là. Je me levai et sortis, abattu, avant de regagner ma voiture d'un pas lent. Une fois à l'intérieur de l'habitacle, je reposai ma tête contre l'appui-tête. Je fermai très forts les yeux et y enfonçai les poings.

Je n'y arriverai pas ! Je n'y arriverai pas ! Je n'y arriverai pas !

Finalement, je lâchai prise. Je n'avais plus la force de contenir ma tristesse. Les larmes coulèrent, mouillant mes poings toujours enfoncés dans mes orbites. J'avais mal !

La douleur s'était propagée dans tout mon être avant d'atteindre son but : le cœur.

Comment allais-je faire pour vivre sans elle ? Elle avait été celle pour qui j'avais voulu me battre et guérir. Durant ces derniers mois, je n'avais pensé qu'à elle. Qu'au bien qu'elle m'avait fait et qu'elle me ferait encore lorsque j'irai mieux. Sans ça, je ne me serais pas donné toute cette peine. Je n'aurais pas eu assez de volonté pour surmonter tout ça et m'en sortir. Elle avait été ma motivation. Son visage avait été mon encouragement.

L'issue de cette rencontre n'avait vraiment pas été celle que j'avais espérée.

Maintenant qu'elle avait brisé tous mes espoirs, je n'avais plus rien à me raccrocher. Plus rien à part ma tristesse. J'étais mort à l'intérieur.

Les yeux embués, je décidai qu'il était temps de rentrer et m'engageai dans le trafic dense de Chicago dans un état second.

***TMA***

Ma maison était grande, elle était belle, elle avait été décorée avec soin. Des peintures et des meubles de valeur y avaient été placés avec goût. Et pourtant elle me semblait vide, sans âme. La seule chose qui m'avait fait l'aimer était le fait que Bella y avait vécu. Elle avait été dans chacune des pièces, elle avait foulé le tapis de la salle à manger, elle s'était assise à l'endroit où j'étais installé à l'instant même, elle s'était allongée dans mon lit... Des souvenirs… c'était tout ce qui me restait d'elle. Des souvenirs et des vêtements que je lui avais offerts, qu'elle avait laissés et qu'elle ne remettrait plus jamais. J'avais la furieuse envie de les brûler, de tout brûler pour qu'il ne reste plus rien de cette maison que je détestais à présent pour me faire penser à elle. Si je fermais les yeux, je la voyais partout.

Avant, je ne pensais pas comme ça. Je me raccrochai à la moindre chose qui me liait à elle. Comment ne pas se souvenir de la fois où je m'étais endormi seul pour la première fois depuis des semaines dans le lit où nous avions fait l'amour quelques heures plus tôt ? Je me souviens encore avoir enfoui mon visage dans son oreiller et avoir eu l'illusion qu'elle était encore ici. J'avais mis du temps avant de me décider à changer les draps. Je l'avais seulement fait parce que son odeur s'était estompée avec le temps.

Je soupirai et gémis. Je portai une main à mon cœur, comme si en faisant cela, j'allais pouvoir le calmer et faire taire la douleur.

J'avais mal, mal à l'intérieur.

Elle avait eu à elle toute seule la capacité à me faire mal.

Mes réflexions furent interrompues par la sonnerie de mon portable.

Je me précipitai dessus, ayant l'espoir inouï que l'appelant serait Bella.

Mon enthousiasme retomba aussi vite qu'il était venu lorsque je vis le prénom de ma chère sœur s'afficher.

J'hésitais à répondre. J'avais besoin d'être seul. Puis je me ravisai. J'avais trop souvent fui et ignoré les autres, surtout ceux qui comptaient pour moi.

« Allô. »

« Edward, c'est Alice. Comment vas-tu ? », me demanda-t-elle, inconsciente de mon mal-être.

Soit elle me posait cette question par politesse, soit elle n'était pas encore au courant de notre situation à Bella et à moi.

« Elle ne t'a pas appelée ? »

Inutile de préciser de qui je parlais.

« Non. Je n'arrive pas à la joindre. Son portable est éteint. »

L'appréhension me saisit brutalement.

« Comment ça éteint ? »

« Elle est sans doute occupée ou ne veut pas être dérangée. »

Oui, c'était sûrement ça. Après ce que nous venions de vivre c'était compréhensible. Il fallait que j'arrête de paniquer pour un rien.

« Edward, tu es encore là ? », s'alarma-elle alors que j'étais encore tout à mes réflexions.

« Oui. Oui, je suis là. »

« Au son de ta voix, je n'ai pas l'impression que votre rencontre se soit bien passée. »

« Pas vraiment, non. », concédai-je, les yeux me brûlant encore à cette évocation.

« Je suis sincèrement désolée. »

« Pas autant que moi. »

« Je ne pensais pas qu'elle ferait ça. Mais il ne faut pas lui en vouloir, Edward. Elle est encore fragile. Peut-être qu'avec le temps… »

« Je ne crois pas, non. Et puis je ne lui en veux pas. Enfin pas tellement. », dis-je en soupirant de dépit. « C'est plutôt à moi que j'en veux. Si je n'avais pas fait tout ça, si je n'avais pas agi comme un connard, nous serions ensemble en ce moment-même. »

« Arrête de te blâmer. On en a déjà parlé. Tu n'étais pas vraiment toi à l'époque. »

Oui, mais tu ne sais pas tout…, eussé-je envie de lui dire.

« Ouais. Mais bon… Je ne peux m'empêcher de ressasser, c'est plus fort que moi. »

« Ecoute, Je peux venir te voir si tu veux. »

« Euh… Sans vouloir être impoli, petite sœur, je préférerais rester seul. J'ai besoin de prendre du recul sur tout ça, de faire le point. »

« Tu es sûr ? »

« Certain. »

« Tu sais où me joindre si tu as besoin de moi. »

« Je sais et je t'en remercie. »

« N'hésite pas à m'appeler si tu as besoin de parler. »

« Je le ferai, promis. »

« Je t'aime, Edward. »

« Moi aussi je t'aime, petite sœur. »

« J'ai confiance en toi. Je sais que tu arriveras à surmonter tout ça. »

« Je l'espère. »

Après avoir raccroché, Je m'installai sur le sofa. Là où Bella et moi avions passé tant d'agréables moments. Le sentiment de perte était d'autant plus écrasant maintenant.

Arrête de penser à de telles choses !, me sermonnai-je. Tu es maso ou quoi ?

J'aurais bien eu besoin d'un verre à cet instant précis. Mais je m'étais juré de ne pas retomber dans le piège de l'alcool depuis le jour où je m'étais retrouvé chez Bella avec une sacrée gueule de bois. Un verre n'avait jamais fait de mal à personne. Seulement, je savais pertinemment que je n'arriverais pas à m'arrêter à un seul. Je craignais que les spectres de mon passé ressurgissent sous l'effet de l'alcool. Et puis, c'était trop facile.

A la place, je m'allongeai sur le sofa, en espérant m'endormir très vite. Peut-être qu'en me réveillant, je me rendrai compte que tout ceci n'était qu'un cauchemar.

Ce fut ainsi avec cet espoir insensé, ce sentiment de vide et de perte, qui m'était familier depuis longtemps, que je m'endormis.

***TMA***

Je me réveillai en sursaut au son de la sonnette d'entrée. Désorienté, je me redressai avec difficulté.

La sonnette insistait, et je fulminai contre elle.

Alice !

Que n'avait-elle pas compris dans mes paroles ? Je lui avais pourtant gentiment demandé de me laisser seul !

Je me mis debout avec peine. Une migraine me martelait le crâne. Peut-être que l'alcool n'aurait pas été aussi néfaste que ça finalement.

D'un pas peu sûr et les yeux embués de sommeil, je me dirigeai vers la porte d'entrée tout en pestant.

« N'insiste pas, Alice. Je t'ai dit que je voulais être seul. Pourquoi faut-il toujours que… »

Le reste des mots restèrent bloqués dans ma gorge lorsque j'ouvris la porte et découvris mon visiteur.

Ou devrais-je dire ma visiteuse.

Je devais sûrement être en train de rêver ou halluciner. Ce n'était pas possible…

Nulle d'Alice devant moi, juste une apparition divine.

Bella… Ma Bella…

Que faisait mon ange ici ?

« Bella ?! Mais que… »

« Je ne peux pas ! », lança-t-elle, paniquée, les yeux écarquillés et brillants de larmes. « Ce n'est pas ce que je veux ! »

Je la dévisageai sans comprendre. Je réalisai soudain à quel point elle avait l'air bouleversé. Son corps vibrait d'une énergie surprenante, mélange de peur et de désespoir. Ses yeux... Mon Dieu, ses yeux étaient si tristes.

« Je ne peux pas faire ça ! J'en suis incapable… J'ai besoin… »

Sa phrase resta inachevée. Je mourais de savoir ce qu'elle sous entendait par là. Quel était cette nécessité qui la mettait dans un tel état.

J'avais le fol espoir que c'était de moi dont elle avait besoin. Un espoir qui passa aussi vite qu'il était venu. Je ne pouvais pas me permettre d'espérer ce que je ne pouvais plus avoir. Elle m'avait bien fait comprendre que je ne faisais plus partie de sa vie, qu'elle ne voulait plus de moi.

« Parle-moi, Bella. Qu'est-ce qui se passe ? Que veux-tu ? », ne pus-je m'empêcher de lui demander. « Tu m'inquiètes ! »

Je ne supportais plus ces longs silences qui me laissaient dans l'incertitude la plus totale.

Sa respiration était haletante. Son corps tremblait de plus belle. Elle serra les poings comme si elle tentait de se contenir, de refréner ses émotions.

« J'ai besoin de… j'ai besoin de toi. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça ! »

Je lâchai un souffle. Et par cette action j'eus l'impression que ma peine s'échappait en même temps de mon être.

N'y tenant plus, je fis les quelques pas qui nous séparaient l'un de l'autre. Une fois face à elle, je plongeai mon regard dans le sien.

« Qu'as-tu dit ? »

J'avais très bien entendu mais je voulais l'entendre encore et encore et encore… à l'infini.

Sa lèvre inférieure trembla mais ses yeux ne cillèrent pas un seul instant.

« J'ai dit que j'avais besoin de toi, que je ne pouvais pas vivre sans toi, que… »

Je ne la laissai pas finir. A la place, je serrai son petit corps contre le mien. Elle en fit de même. Quelle félicité que de sentir ses bras m'enlacer avec autant de force.

Le temps sembla s'être arrêté. J'inspirai son odeur et réalisai que ce n'était pas un rêve, qu'elle était belle et bien là, dans mes bras, m'étreignant avec… amour.

Je m'écartai d'elle à regret, juste un peu pour voir ses yeux. Ils étaient humides. Mais ils n'étaient plus tristes à présents.

Je posai délicatement une main contre sa joue, de peur de l'effrayer et qu'elle s'échappe, et de mon pouce, je lui essuyai les larmes. Elle tourna son visage et embrassa ma paume tout comme je l'avais fait pour elle quelques heures plus tôt. Sous l'effet du bonheur qui me gagnait, je fermai les yeux et me retins de pleurer à mon tour.

Lorsque je les rouvris, un sourire doux m'apparut. Elle était tellement belle. Ma Bella était venue et voulait être avec moi.

« Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? », ne pus-je m'empêcher de lui demander.

Elle baissa la tête quelques instants comme si elle avait besoin de ces secondes pour rassembler ses pensées.

« Je l'ai toujours su. J'ai toujours su que je ne pouvais pas vivre sans toi, c'était là, au fond de moi. Mon cœur le savait depuis longtemps, ma tête a mis plus de temps à le comprendre. J'ai longtemps cru que ça serait une erreur. Que je souffrirais. Mais j'ai réalisé que ma peine serait bien plus grande si mon futur n'était pas lié au tien. Le temps est trop précieux pour que nous le gaspillions à être malheureux, non ? »

« Je ne peux qu'être d'accord avec toi. », rigolai-je en lui embrassant le front. « Je suis tellement heureux que tu sois revenue sur ta décision. »

« Je suis quelqu'un de borné, je l'admets. », consentit-elle, quelque peu gênée, ce qui la rendait attendrissante.

Son visage redevint grave.

« J'ai réalisé l'erreur que j'avais faite dès que je suis sortie du musée. C'était comme si on m'avait ôté un bandeau des yeux et que tout devenait plus clair. La colère et la peur ont obscurci mon jugement. Je ne pouvais pas croire que tu aies changé. Puis j'ai repensé à ce que m'ont dit Alice et Rosalie, à ce que tu m'as montré de toi, le nouveau toi. Et j'ai compris que tu m'aimais vraiment. Alors oui, je veux prendre ce risque. Je veux qu'on se donne cette chance. Je veux que nous soyons heureux… ensemble. »

« Si tu savais à quel point tes mots me rendent heureux. », lui avouai-je, le cœur et la tête bien plus légers.

J'étais passé par tous les états en seulement quelques heures. Bizarrement, j'avais presque oublié les moments difficiles. Et maintenant, je voulais suspendre le temps pour retenir celui-ci le plus longtemps possible.

« Imaginer que je ne te reverrai plus était trop dur à supporter. Alors j'ai pris un taxi et je suis venue ici. J'avais peur que tu me dises que c'était trop tard. »

« Il n'aurait jamais été trop tard. S'il avait fallu que je t'attende toute ma vie, je l'aurais fait. »

Elle porta une main à ma joue et, cette fois, elle me la caressa sans hésiter. Je fermai les yeux et soupirai d'aise.

« Je te promets que tu ne le regretteras pas. », lui promis-je en lui embrassant la joue, le cou avec une infinie tendresse. « Je te le promets, je te le promets, je te le promets… », lui répétai-je inlassablement, le visage enfoui dans le creux de son épaule.

Elle lâcha un petit rire. Un petit rire cristallin qui emplit mon cœur d'amour, de joie et d'espoir.

N'y tenant plus, je lui pris le visage entre mes mains et approchai mes lèvres des siennes. Je commençai par les lui effleurer pour lui laisser l'occasion de me stopper.

A mon plus grand soulagement, elle ne le fit pas.

Alors ma bouche devint pressante, exigeante, amoureuse. Ma langue audacieuse se fraya un chemin dans sa bouche et vint taquiner la sienne. Je gémis quand nos langues se trouvèrent, se savourèrent, se caressèrent. Il n'y avait pas d'urgence dans ce baiser, juste de l'espoir, mais surtout… de l'amour.

Le baiser se termina bien trop rapidement à mon goût. J'aurais aimé ne pas avoir besoin de respirer, de me nourrir, ne vivre qu'avec ses baisers.

Je posai mon front contre le sien, le sourire ne quittant pas mes lèvres.

« Dieu, comme je t'aime. »

« Moi aussi. », souffla-t-elle timidement.

Un autre rire de bonheur jaillit de ma bouche. Je la serrai une nouvelle fois contre moi, empoignant gentiment ses cheveux magnifiques.

« Dis-le moi. », lui demandai-je.

« Je t'aime. »

Ses mots d'amour raisonnèrent en moi telle une mélodie. Une mélodie dont je ne pourrais jamais me lasser.

« Encore ! »

Elle rit à son tour.

« Je t'aime. »

Quand je pense que j'avais été prêt à sacrifier mon propre bonheur pour la protéger de moi-même… Quand je pense que j'avais failli passer à côté de cette félicité qu'elle était prête à me donner… Je n'osais même pas imaginer comment serait devenue ma vie. J'en avais eu un aperçu et ça m'avait suffi à comprendre.

Après un second baiser, je me rendis compte que nous étions toujours sur le perron de la maison et qu'une légère pluie commençait à tomber. Je la pris par la taille et la collai contre moi avant de pénétrer à l'intérieur de la demeure.

Je fermai la porte d'entrée. Et en faisant ceci, j'eus l'impression que je laissais derrière nous tous les soucis que nous avions rencontrés ces derniers mois.

Elle se colla à moi, m'enveloppant de la chaleur de son corps et posa sa bouche tout contre mon cou. Un frisson délicieux parcourut mon corps de part en part.

« Rends-moi heureuse, Edward. Je suis prête à l'être, maintenant. », susurra-t-elle à mon oreille tel un secret.

« Je te promets de le faire chaque jour. »

Je caressai sa joue et ancrai mon regard empli d'amour dans le sien. Mon toucher était doux, mettant plus de poids à cette promesse.

« Il est temps d'être heureux… »

« Ensemble. »

« Ensemble. », répétai-je, les yeux remplis de larmes, mais de bonheur cette fois.

« Il faudra qu'on parle. Je veux connaître le véritable Edward. Et je veux que tu réapprennes à me connaître aussi. J'ai changé. Cette histoire m'a changée. »

Je ne pus que hocher la tête, un sourire niais collé aux lèvres.

« Je veux qu'on prenne le temps de se redécouvrir. »

Prendre le temps, ne pas précipiter les choses, juste profiter d'être ensemble, se redécouvrir... C'était bien plus que je ne pouvais espérer.

« On fera tout ce que tu voudras, mon amour. », lui promis-je. « Tout ce que tu voudras. »

FIN

Alors, alors ? Je stresse comme une malade. J'ai très peur de ce que vous allez me dire. Sinon, avez-vous aimé le POV Edward ? Je ne devais pas en faire un au départ, puis finalement, j'ai trouvé qu'il apportait vraiment quelque chose à ce chapitre. Aimé ou pas, dites le moi à travers une review.

Encore un petit épilogue et cette histoire sera terminée.

Je vous embrasse bien fort.

Prenez soin de vous.

Sandrine