Voilà le premier chapitre de ma fic. Bonne lecture!
Il y a deux choses qui abrègent la vie: la folie et la méchanceté.
[ Baltasar Gracian Y Morales ]
"On ne peut pas sortir. Pas sans lampe.
-House... Ne dit pas ça. Il faut qu'on sorte !
-Qu'est-ce que tu veux que je te dise, Cuddy ? On ne sait pas où on va, je me fendu le crâne cent fois contre cette putain de roche, et... ouille !
-Ca va ?
-Question idiote."
Il posa sa main contre la paroi de la grotte, réfléchissant. Leurs chances de sortir étaient minces. Pas de lumière, pas d'eau, pas de nourriture. Un fou qui rôdait autour d'eux. Il avait bien son portable, mais il n'avait plus de batterie. Cette escapade dans cette grotte virait dangereusement à la traque.
Si je sors de là, pensa-t-il, si on sort de là... Je...
Il abandonna. Ils ne sortiraient probablement pas, de toute manière. Il entendit un troisième pas se joindre aux leurs, et il frissonna. Il saisit un morceau de roche qui se détachait sous sa main, et le serra fort. Il espérait avoir le temps de s'en servir à temps, si le besoin s'en faisait sentir.
Quelques jours plus tôt
« Laissez-moi deviner, Masters, fit House en ricanant tout en parcourant le dossier de son nouveau patient. C'est vous qui nous l'avez déniché, hein ? »
Elle eut l'air troublé.
« Comment vous avez...
-Oh, allez ! Huit ans ET orphelin ? Ca ne peut être que vous ! Vous allez nous tirer des larmes, vous savez ? »
Elle renifla, un peu vexée.
« Je pensais que le cas serait intéressant, déclara-t-elle, se drapant dans sa dignité.
-Pertes de poids significatives, vomissements inexpliqués, vertiges, pertes de conscience. Vous trouvez ça passionnant, vous ?
-Personne n'a trouvé de ce que souffrait ce gosse, intervint Taub.
-Ce qui ne prouve rien, la plupart de mes confrères étant des crétins finis.
-Ce pourrait être un cas d'anorexie, fit Foreman pensivement.
-Chez un gosse de huit ans ? objecta Chase. C'est un peu jeune !
-Il est orphelin, donc il est mal dans sa peau, il se fait vomir, d'où les pertes de poids, évanouissements et vertiges. »
House haussa les épaules. Ce cas promettait d'être bien peu passionnant.
« Allez parler au gosse, Masters. Avec votre tête d'adolescente tout juste dépucelée, il aura peut être envie de se confier à vous. Chase et Foreman, faites des examens toxicologiques, des fois qu'il aurait accidentellement bouffé le plant de cigüe qui pousse sous son lit. Taub, test pour les métaux lourds, au cas où l'idée lui serait venu de grignoter un tuyau en plomb. Allez, hors de ma vue ! »
House clopina jusqu'à son bureau et sentit la flemme s'abattre sur lui. Il se jeta dans son fauteuil avec un soupir de satisfaction, qui se changea en un grognement mécontent lorsque Cuddy pénétra dans son bureau.
« Je travaille ! lança-t-il, agacé.
-C'est ce que je vois, dit-elle avec ironie, l'observant somnoler les yeux à demi-fermés. Allez, ouvre les yeux !
-Si tu ne portes pas de haut suffisamment décolleté, je ne vois pas pourquoi j'ouvrirai les yeux, protesta-t-il.
-Je croyais que tu étais marié maintenant, répliqua-t-elle. Que penserait ton épouse si elle t'entendait ? »
House tressaillit et ouvrit les yeux.
« Parce que mariage et fidélité vont ensemble, maintenant ? dit-il avec mauvaise humeur. De toute façon, le mariage ne veut rien dire. »
Cuddy se demanda brièvement s'il parlait du mariage en général ou du sien.
« La directrice de l'orphelinat souhaiterait te parler, poursuivit-elle en ignorant sa remarque.
-Orphelinat ? répéta House sans comprendre.
-Ton patient. L'orphelin. Il n'a pas été adopté, il vit toujours à l'orphelinat.
-Ha, oui, mon patient... Je la verrai quand j'aurai un instant de libre dans mon emploi du temps. »
Cuddy fronça les sourcils.
« Maintenant, House, ordonna-t-elle, ou je veillerai personnellement à ce que tu effectues toutes tes heures de consultations.
-Démon ! lui lança-t-il. »
Elle lui jeta un regard noir et sourit dès qu'elle eut tourné les talons. Les choses revenaient à la normale entre House et elle. C'était une bonne chose du moins l'espérait-elle.
XXX
House eut beau traîner autant qu'il le pouvait dans les couloirs de l'hôpital, il arriva moins d'une demi-heure plus tard à la chambre de son patient. Il aperçut vaguement la silhouette frêle de l'enfant couché sur son lit avant qu'une imposante matrone se campe devant lui en lui bouchant la vue.
« C'pas trop tôt, grogna la créature.
-Et vous êtes ? s'enquit House froidement.
-Elisabeth Starks. Je dirige l'orphelinat où vit Tom Sawyer.
-Qui ?
-Votre patient, là, fit-elle en désignant l'enfant de son doigt boudiné.
-Tom Sawyer, vraiment ? »
L'imposante femme se renfrogna.
« C'est cette abrutie de Gisela Thompson qui lui a donné son nom, grogna-t-elle (et on pouvait déduire ses sentiments à l'égard de cette Gisela au ton de sa voix). Elle lit beaucoup trop, à mon avis.
-De quoi vouliez-vous me parler ? enchaîna House, pressé de retrouver la quiétude de son bureau.
-Du petit Tommy, vous vous doutez bien.
-Oui, alors ? »
Elisabeth Starks se pencha vers lui avec un air de conspiratrice.
« Il est fou. »
House attendit une suite qui ne vint pas.
« Ok, compris ! Je l'attacherais à son lit bonne journée !
-Dr House, je suis sérieuse. Le petit a un grain ! Il raconte à qui veut l'entendre que son père va venir le chercher bientôt ! Mais son père l'a abandonné, alors pourquoi voudrait-il le récupérer ? Et lors de l'aquarium des orphelins, il a été affreux ! Il montrait les dents, grognait, bavait, s'arrachait les cheveux !
-Hé, ho, on se calme ! L'aquarium des orphelins ... ?
-Lorsqu'un couple veut adopter un enfant, on regroupe tous les orphelins dans une seule pièce, pour qu'ils puissent choisir, expliqua-t-elle froidement.
-Comme des poissons dans un aquarium, j'ai compris l'idée Quand a-t-il commencé à parler de son père ?
-Il y a... à peu près cinq mois. Mais ce sont des mensonges, Dr House !
-Cinq mois... C'est-à-dire à l'époque où Tom a commencé à développer ses symptômes. »
Elisabeth Starks prit l'air étonné.
« Tiens, c'est bien vrai ! Vous avez raison !
-Ce père, je suppose que vous n'avez pas son nom ?
-Eh ! Quand ils abandonnent leurs gosses, ils laissent pas d'adresse non plus ! »
Il fronça les sourcils, son cerveau fonctionnant à plein régime. Il sentit la main grasse d'Elisabeth lui tapoter l'épaule.
« Vous savez, entre nous, je ne pense pas que Tommy va guérir. Il est faible, et puis... Une fois qu'un poisson commence à dépérir, il n'y a rien à faire pour le sauver. »
House serra les dents et résista à la tentation de lui enfoncer une arête bien pointue dans la gorge.
"Vous savez, entre nous, répliqua-t-il seulement, c'est pareil avec les vaches..."
Sans se soucier de savoir si elle avait compris sa remarque, il pénétra dans la chambre et verrouilla la porte derrière lui.
TBC .
Alors? :)
