En fin de journée, ils atteignirent enfin la grotte que Sarah avait mentionnée. Le cœur battant, ils coururent jusqu'à l'entrée. Qu'allaient-ils découvrir? Les dispositifs d'EMP seraient-ils toujours là? Et Cameron?
John s'enfonça dans la pénombre. C'était une grotte profonde et vaste. Ses yeux s'habituèrent peu à peu à la faible lumière et il put distinguer au fond trois masses informes recouvertes de vieilles bâches qui semblaient avoir traversé le temps. Ils les découvrirent et trouvèrent les trois dispositifs assemblés. Chacun devait peser une quarantaine de kilos. Avec l'un deux, des notes détaillées pour leur fabrication, signées de la main du père d'Allison. Elle était émue de savoir qu'il avait tenu ces papiers dans ses mains, qu'il était venu dans cette grotte. Elle découvrit à la fin une note manuscrite de Sarah qu'elle remit à John. Le texte était court:
John, mon cœur se réjouit en écrivant ces mots car je sais que si tu les lis un jour, c'est que tu auras mis la main sur ma première lettre, quelqu'un de l'aura donnée. Et je sais donc que j'ai pu te dire l'essentiel. Maintenant il faut te mettre au travail. Tu trouveras Cameron dans un renfoncement de la roche à gauche de l'entrée.
Je t'embrasse et te souhaite bon courage pour la suite.
PS : si par malchance vous êtes une saloperie de machine, allez dire à Skynet qu'il peut aller se faire foutre !
Sarah
Bien que bouleversé par les mots de sa mère, John sentit l'excitation monter à l'idée de retrouver Cameron. Il était passé devant sans la voir. Il fit demi-tour pendant que les autres restaient examiner le matériel. Une petite saignée rocheuse dissimulait effectivement une forme indéfinissable sous une bâche identique à celles des EMP. Il s'empressa de la soulever et découvrit Cameron, inanimée, les yeux fermés, parfaitement cicatrisée depuis son attaque de la prison et en tout point identique à ses souvenirs.
Il sorti son couteau et pratiqua l'incision qu'il avait souvent eu à faire. Avec l'outil qu'il avait pris soin d'apporter dans son sac, il ôta la capsule et inséra la puce dans son emplacement. Il referma le tout et attendit très exactement 120 secondes. Le corps de Cameron sursauta légèrement puis elle ouvrit les yeux. John était dans son champ de vision. Elle leva la tête et parut étonnée. Elle regarda ses mains comme pour vérifier qu'elle avait bien réintégré son corps d'origine. Elle se releva et regarda autour d'elle. Sa main gauche tremblait toujours autant que quand ils avaient essayé de la réparer.
Au fond, Allison qui regardait la scène du coin de l'œil bondit en voyant cette créature se lever, son véritable clone en définitive. Elle se précipita vers elle. Ben la retint vigoureusement.
- B : attends, Allison. Tu auras tout le temps de la questionner plus tard. Laisse-les un instant. Je sais que ce n'est pas facile pour toi, mais… pour lui non plus. Ils ont besoin de se retrouver.
- A : lui oui. Mais elle, elle n'a aucun besoin, Ben. C'est une machine.
Ben la regarda intensément dans les yeux. Il avait un air sérieux, presque solennel. Elle comprit qu'il ne cèderait pas.
- B : Donne-leur un instant, Allison.
John ne savait que dire. Un peu maladroitement, il la prit dans ses bras et la serra. Cameron ne le repoussa pas mais ne réagit pas tout de suite. Comprenant l'émoi de John, elle finit par passer ses bras dans son dos.
John avait tellement rêvé ce moment depuis qu'ils étaient partis… il était un peu déçu du manque de spontanéité de Cameron… mais c'était Cameron, elle était comme ça.
- C : où sommes-nous, John? Pourquoi es-tu ici?
- J : je t'ai suivie, Cameron. Je t'ai suivie dans le futur. Maman t'a réparée… enfin ta peau, seulement. Et elle t'a caché ici pour que je te retrouve.
- C : Si tu as trouvé ma puce, tu as du trouver John Henry. Que s'est-il passé?
- J : c'est à toi de me dire, Cameron. Tu étais dans sa tête, c'est toi qui as tout vu.
- C : non, je ne sais rien. John Henry n'a pas souhaité me laisser de mémoire des récents évènements. Je détecte une intrusion de mes fichiers, mais c'était à sens unique. Je ne sais pas ce qui est arrivé.
- J : alors de quoi tu souviens-tu?
- C : d'avoir trouvé John Henry et de lui avoir proposé ma puce. Je n'ai pas de souvenirs plus récents. Il a accepté et l'a prise. C'est tout.
- J : c'est tout? Tu ne sais rien de plus? C'est pas vrai, je vais devoir tout te raconter.
Et il lui dit comment il était arrivé ici avec Weaver, ce qui s'était passé depuis dans la base, ses découvertes, la lettre de sa mère…
- J : mais je ne comprends pas. Pourquoi lui avoir donné ta puce s'il n'en a rien fait?
- C : il n'en a pas rien fait John, il a utilisé mes données pour apprendre à te connaître. Je peux voir quels fichiers il a ouvert. Tout ce qui te concernait a été consulté. Je pense qu'il voulait savoir si Weaver et lui pouvaient te faire confiance.
- J : Cameron… je veux savoir. Pourquoi tu es partie? Pourquoi tu m'as quitté? Je veux savoir, tu dois me le dire.
- C : c'est très simple, John, je suis partie pour lui permettre de s'en aller.
- J : ? je ne comprends pas.
- C : John Henry était prisonnier du sous-sol de Zeira-Corp. Le corps de Cromartie n'était qu'une interface. Son IA était encore dans le TURK et les organes électroniques que les ingénieurs de Weaver avaient greffés autour. Il ne pouvait pas se déplacer. Sans le cordon d'alimentation, le corps du triple 8 lui était inutile.
- J : alors raconte-moi, Cameron! Raconte-moi tout depuis qu'Ellison est venu te porter ce message: "Voulez-vous vous joindre à nous?". Tu savais, n'est-ce pas? Weaver me l'a dit. Inutile de me mentir, Cameron, j'en ai marre! Je t'ai bien vu réagir à ce moment-là. Tu n'étais pas comme d'habitude, tu étais tracassée.
- C : ah bon, je croyais que je ne pouvais pas puisque je suis une machine? C'est toi qui me l'a dit, non? Je ne peux pas éprouver d'émotions, tu te rappelles?
- J : arrête, Cameron, j'ai pas envie de jouer.
- C : je ne joue pas, John. Tu espères tellement que je puisse éprouver des sentiments humains que tu m'en veux finalement quand tu crois que je n'en éprouve aucun.
- J : et alors, tu en éprouves?
- C : …
- J : tu vois, tu recommences déjà faire la mystérieuse… bon, continue.
- C : si Weaver te l'a dit, je n'ai rien à ajouter, si?
- J : bien-sûr que si ! Qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête à ce moment? C'est là que tu as décidé de partir?
- C : J'ai compris qui était Weaver, oui, et j'ai surtout compris que cette IA, ce John Henry dont Savannah venait de nous parler, était l'arme contre Skynet que le T1000 était venu créer dans le passé. Et quand elle nous a parlé de ce cordon, j'ai compris qu'il était bloqué. Or Kaliba se rapprochait de plus en plus de nous et d'eux, puisqu'ils avaient essayé de s'en prendre à Savannah. J'ai compris ce que Weaver essayait de faire. J'ai vu le potentiel d'une telle arme contre Skynet et j'ai décidé de lui donner la seule chose que je pouvais lui donner: la mobilité. Il n'aurait pas fallu longtemps à Kaliba pour retrouver sa piste et le détruire.
- J : ça tu peux dire! Ils ont envoyé un drone nous tuer au moment même où tu "discutais" avec JH au sous-sol.
- C : j'ai proposé à JH te transférer son IA dans ma puce. Comme je te l'ai dit, je suis différente. Ma puce est différente de celle d'un triple 8. Elle est plus évoluée. Je pensais qu'elle serait un bon support pour son IA. Je craignais que cela écrase ma propre programmation, mais on dirait que non. Il y avait de la place pour deux. JH s'est servi de mes programmes de base pour évoluer et faire fonctionner son endosquelette. Il n'avait plus besoin d'être connecté au cordon. D'ailleurs, comment se fait-il que tu aies ma puce? JH est désactivé?
- J : non, Weaver et lui ont réussi à transformer une autre puce pour la rendre capable de recevoir son IA. Ne me demande pas comment, j'en sais rien du tout. Il ont du prendre modèle sur la tienne. Mais en quoi es-tu si sûre que JH soit une si grande arme contre Skynet?
- C : avant de me déconnecter, il m'a dit qu'il pensait être capable de s'infiltrer dans son réseau sans se faire repérer, et surtout, sans se faire détruire ou reprogrammer.
- J : oui, c'est ce qu'ils m'ont dit aussi. Mais finalement, il ne peut pas détruire Skynet.
- C : mais vous si, si j'ai bien compris l'idée de ta mère. Et vous ne pourrez pas le faire sans lui. Skynet vous empêchera de progresser. Il vous mettra des bâtons dans les roues. Le projet ne peut pas aboutir sans connaître ses intentions. Avec John Henry, vous pourrez anticiper ses attaques. Vous êtes complémentaires.
- J : "vous", toujours "vous"… et toi là-dedans? Tu n'es nulle part? Qui es-tu exactement, Cameron?
- C : je ne comprends, pas. Que veux-tu dire, John?
- J : il y a quelque-chose que je ne comprends pas dans ce que tu viens de dire. Tu as "décidé" de donner une mobilité à JH? Et ta programmation alors? Et ta mission? Tu t'en souviens? Me protéger, ça te dit quelque-chose?
- C : …
John laissa tomber ses bras en signe de découragement puis se passa les mains sur la figure.
- J : il y a encore des choses que tu ne comprends pas avec les humains, Cameron. Tu ne comprends pas comment on fonctionne. Tu ne comprends pas comment je fonctionne. J'ai besoin de savoir, tu entends? J'en ai marre que tu me caches des choses. Je suis venu ici pour toi, Cameron. Tu comprends ce que ça veut dire? Pour toi! Est-ce que tu réalises ce que ça signifie?
- C : calmes-toi, John, tu t'énerves. Toi non plus tu ne me comprends pas.
- J : oui, je m'énerve! Et alors? J'ai traversé le temps pour toi, Cameron, pour te retrouver! Je pensais que ça allait changer… et tu restes là, toujours aussi secrète, enfermée dans ton mutisme. Ne me fais pas croire que tu n'es qu'une machine, Cameron. Il se passe des choses en toi, je le sais. Je le sens. Mais j'ai l'impression que tu ne me fais pas vraiment confiance. Tu me caches trop de choses et je ne le supporte plus. Je veux savoir qui tu es, d'où tu viens, pourquoi tu ressembles tant à Allison, pourquoi tu es entrée dans ma vie en 99, quelles étaient tes véritables missions? J'ai l'impression que ma tête va exploser, tu comprends?
John avait des larmes de colère dans les yeux. Il s'était mis à crier. Les autres ne pouvaient plus faire semblant de s'intéresser aux EMP ou regarder ailleurs. Ils avaient tous les yeux braqués sur John. Personne ne pouvait ignorer ce qui se passait, maintenant. Allison était effondrée de voir la passion débordante, quoique frustrée, qu'il y avait en John pour cette machine.
Cameron le fixait sans broncher, les yeux grand ouverts, comme d'habitude, la tête légèrement penchée sur le côté comme quand elle essayait de comprendre quelque chose, avec cet air mi-crédule, mi-intrigué, assez peu expressif au final.
John en eut assez et sortit de la grotte.
- K : reviens, John. C'est dangereux dehors! Tu n'as pas d'arme, tu vas te faire repérer.
- C : il a raison, John. Tu dois rester à l'abri. Tu n'es pas en sécurité dehors.
John se retourna précipitamment vers elle, furieux, hors de lui:
- J : je croyais qu'on était en sécurité nulle part? Je t'emmerde, Cameron. Tu me fais chier! OK?
Et il partit. Kyle essaya de courir après lui mais Ben le retint.
- B : je sais que c'est dangereux, mais il fera attention. Laisse-le, il a besoin d'être seul.
Ben s'avança vers Cameron et lui tendit la main.
- B : bon, dans ce climat doux et amical, je pense qu'on peut enfin faire les présentations. Je m'appelle Ben, soldat de la résistance, et voici…
- C : tu es le seul que je ne connaissais pas. Je connais déjà tous les autres.
- K : quoi? Ravi d'être aussi populaire, mais moi je n'ai pas ce plaisir.
- C : je vous connais dans un futur alternatif. J'ai connu chacun d'entre vous.
- A : et bien je serais justement curieuse de savoir dans quelles circonstances, mademoiselle la copie!
Allison s'était à son tour avancée devant Cameron qui la dévisageait. Elle avait une impression désagréable.
- C : je ne crois pas que cela avancera les choses. Nous devrions réfléchir au moyen de déplacer ces dispositifs.
- D : oui, ben après manger! Moi ça va mieux, mais je crève de faim. Tu peux te joindre à nous. On a déjà un de tes potes à nos côtés. Il s'appelle Jojo.
- C : c'est John qui a reprogrammé ce triple 8?
- B : oui. Ça t'étonne?
- C : non. Là d'où je viens, il adore faire ça. Il en a reprogrammé des dizaines. Mais là, c'est la première fois qu'il le fait. Je suis fière de lui.
- B : tu es fière de lui? Que veux-tu dire?
- C : ce que ça veut dire, je suis fière de voir ce qu'il a réussi à faire tout seul.
- B : oui, mais ce n'était pas ma question. Comment définis-tu le concept de fierté?
- D : eh, Ben! Tu vas pas commencer à psychanalyser un robot? T'as pas plus urgent à faire?
- B : je cause avec mademoiselle, tu permets? C'est passionnant, au contraire.
- B : je vais poser ma question autrement. Ce que John a fait, tu l'en savais capable. Mais tu le vois le faire pour la première fois, c'est ça?
- C : oui.
- B : bon, alors pourquoi dis-tu maintenant que tu es fière de lui? Tu savais qu'il saurait le faire. Que ressens-tu? Tu es heureuse qu'il ait réussi?
- C : oui, je crois. Je le vois évoluer vers le John que j'ai connu.
- B : c'est ça qui te rend heureuse? Tu as l'impression de le retrouver? Il t'a manqué alors?
- C : … je ne sais pas.
- K : fous-lui la paix, Ben. Viens manger. Tu t'amuseras plus tard. Cameron, je ne te propose pas de corned-beef?
Il avait dit ça en rigolant, mais à sa grande surprise, Cameron vint s'asseoir à côté de lui, lui saisit sa fourchette et avala une grande bouchée de son repas. Kyle resta médusé, la bouche ouverte, l'air idiot.
- K : nom d'une bite! Une machine qui bouffe maintenant!
Cameron reproduisait presque à l'identique la surprise qu'elle avait fait à John, au tout début, dans la station service en mangeant une chips. On aurait dit qu'elle s'amusait de son petit effet et avait un très léger sourire aux lèvres, quasi imperceptible. Mais Ben qui ne la quittait pas des yeux et analysait ses moindres gestes, ses moindres paroles, le remarqua. Cameron sentit tous les yeux se braquer sur elle. Et comme un grand vide s'installait, elle comprit qu'il leur fallait une explication.
- C : je peux manger. Et boire aussi. En petites quantités. C'est à cause de ma peau. C'est une peau plus évoluée que celles de la gamme T800. Elle se régénère plus vite et sur de plus grandes surfaces. J'ai besoin d'aliments, en très faible quantité, pour maintenir sa texture et ses propriété. Comme vous.
- D : mais pour ça, il te faut un système digestif.
- C : j'en ai un. Il est très petit et rudimentaire, sous mon thorax. Il est ensuite relié à un système régulateur qui distribue à la peau tous les éléments essentiels. Ça fait 18 ans que je n'ai rien bu ni mangé. Il faut que je boive un peu maintenant.
Elle attrapa une gourde et but une gorgée. Kyle osa la question que tout le monde se posait.
- K : et… pour l'élimination?
- C : par la peau aussi. Les quantités ingérées sont tellement minimes que des échanges se font avec l'air à travers les pores, de façon très lente.
Derek, chez qui le naturel méfiant revenait au galop, eut froid dans le dos après les explications de Cameron.
- D : une parfaite petite machine à s'infiltrer, on dirait. Plus vivante que notre ami Jojo, plus humaine par une peau parfaite, tu manges, tu bois, tu dors aussi?
Cameron qui avait bien senti le changement de ton comprit le danger de l'insinuation de Derek. Après tout elle le connaissait bien et son antipathie n'était pas nouvelle pour elle. Elle répondit donc sèchement à Derek pour mettre fin à la discussion et désamorcer le conflit naissant.
- C : si j'étais en mission d'infiltration, j'aurais atteint mon objectif. Les bombes électromagnétiques sont dans mon dos, les instruction pour leur montage aussi. Il ne me resterait plus qu'à tout détruire et à vous tuer. Et nous n'aurions pas cette discussion… n'est-ce pas?
- K : aaah! Elle marque un point, là Derek. T'es obligé de le reconnaître.
Derek, boudeur, baissa la tête mais avec un petit sourire en coin. Cameron le vit. Ce Derek-là était peut-être un peu plus aimable que celui qu'elle connaissait?
Ben qui avait suivi la scène avec attention était fasciné. Il comprenait de mieux en mieux les sentiments ambigus de John. Cette Cameron était un vrai mystère. Elle avait mit fin de façon adroite et intelligente aux insinuations de Derek. Elle avait senti le danger. Quelle machine pouvait faire une chose pareille?
Il devait reconnaître qu'il n'avait pas souvent eu à faire à un Terminator infiltré, avec sa peau humaine, ni qu'il avait eu beaucoup de conversation avec eux. Mais il en avait rencontré tout de même et aucun n'était capable d'une telle performance comportementale. Il était devant une machine ultra-perfectionnée. Ou… ou bien plus qu'une machine… Oui, en moins d'une demi-heure, il en avait déjà assez vu pour se faire une opinion, une certitude même. Cameron n'était pas qu'une machine. Elle était beaucoup plus!
Elle se remit debout et sortit. Ben la rattrapa et lui demanda de rester.
- C : il faut que je le rejoigne. Je n'aime pas le savoir dehors. Il a besoin de moi.
- B : oui, il a besoin de toi. Mais pour le moment il a besoin d'être seul. S'il n'est pas rentré pour la nuit, je partirai avec toi à sa recherche. Il faut le laisser encore un peu.
- C : je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi. Je ne te connais pas. Et tu n'es pas en mesure de me retenir.
Elle se retourna et repartit. Ben lui attrapa le bras.
- B : c'est vrai je n'ai pas d'ordre à te donner mais c'est une demande insistante. Et je te demande de l'examiner à nouveau.
Cameron lui fit face et s'avança très près de son visage, les sourcils froncés, l'air menaçant.
- B : je n'ai pas peur de toi. Ta force physique ne fait pas tout. Et tu ne me feras pas de mal parce que j'ai confiance en ta clairvoyance. John m'a longuement parlé de toi. Une nuit entière. Je sais qu'il t'a appris certaines choses. Je sais que tu ne les as pas toujours respectées, mais je sais aussi que tu veux essayer. Tu es sur la bonne voie pour apprendre la valeur d'une vie. Ne gâche pas ça.
- C : je connais John.
- B : oui, mais je le connais mieux que toi. Tu as encore des progrès à faire. Tu n'arrives pas encore à tout déchiffrer en lui. Je peux t'apprendre. Et tu sauras. Mais tu dois me faire confiance.
Cameron eut un moment de réflexion. Elle ne savait pas qui était cet étrange personnage mais il lui proposait une aide sincère. Personne ne lui avait jamais proposé de l'aide. Elle ne sut pas trop ce qui se passa en elle, mais elle fut tentée de le croire, de lui faire confiance. Il avait l'air de se soucier vraiment de John, et de tous les autres. Elle accepta et rejoignit le petit groupe.
