- J : Cameron? Efficace la surveillance… qu'est-ce que tu regardes?
- C : les étoiles. J'essayais de trouver un sens à la vie des hommes, perdus dans cette immensité galactique.
- J : et tu as trouvé?
- C : non, mais je suppose que c'est hors de ma portée… je suis une machine.
John s'approcha et posa une main sur son épaule.
- J : arrête Cameron. Je regrette de t'avoir dit ça trop souvent. J'étais énervé mais tu sais que je ne le pense pas. Et ta question est hors de portée pour n'importe quel homme sur cette terre, alors ne sois pas trop frustrée de ne pas trouver de réponse.
- C : non, ne regrette pas. Tu avait raison, je suis une machine.
- J : tu es plus qu'une machine, Cameron. Tu me l'as prouvé tous les jours. Tu es toujours là pour moi, toujours prête à me défendre, à mettre ta vie en jeu… pour moi. Et moi je ne suis même pas capable de te le rendre, pas capable de comprendre que je peux t'aider moi aussi.
Cameron tourna la tête vers lui et le regarda intensément.
- C : tu n'as pas besoin de faire ça, John. Tu n'as pas à me protéger, c'est à moi de le faire.
- J : c'est ce que tu crois, ce dont tu es persuadée. Mais maintenant ça va changer. Je vais être là pour toi, et Ben aussi. Il te comprend mieux que moi, il peut t'aider.
- C : je n'ai pas besoin d'aide, John.
- J : je crois que si. Et pour commencer, il faudrait te réparer. Derek m'a parlé d'une ancienne usine de Skynet. Une chaîne de production de T800, près de la base du commandement. On pourra peut-être faire cesser ces tremblements et réparer ce qui a été endommagé à la prison.
- C : tu sais bien que mes tremblements ne sont pas dus à des problèmes mécaniques. Ce sont mes programmes. Il y a un conflit dont je n'arrive pas à trouver l'origine. Un problème de communication entre le hardware et le software. C'est ce qui m'a fait te construire ton pendentif, et placer une charge explosive à côté de ma puce. Ça peut revenir John. Je peux devenir dangereuse pour toi. Je pourrais te tuer.
Cameron avait baissé les yeux.
- J : tu penses bien que mon passage dans le temps ne m'a pas permis de le garder.
- C : tu l'avais sur toi juste avant?
- J : non, je l'ai jeté. Tu m'as donné une preuve de confiance en me donnant cet émetteur. J'ai voulu te la retourner en le jetant. J'ai confiance en toi Cameron. Je sais que tu ne te retourneras plus. Je voudrais juste… connaître la vérité…
Cameron éluda, comme à son habitude.
- C : tu es monté pour me dire ça?
- J : pas seulement, non. Ben voudrait que tu redescendes.
- C : pourquoi?
- J : tu verras. Il a de drôles d'idées mais il veut sincèrement t'aider. Jojo va prendre ta place.
Cameron accepta et ils redescendirent en croisant le T800 qui faisait chemin inverse.
- C : c'est idiot d'avoir jeté l'émetteur, John. Je ne partage pas ton avis, ça pourrait revenir. Mais je sens aussi que je devrais être touchée de ce geste, même si je ne l'approuve pas, en raison de sa symbolique.
John qui avait ouvert la bouche n'eut pas le temps de répondre. Cameron s'était retournée sur le passage du T800 pour l'observer, et enchaîna sans transition avec un autre sujet:
- C : je suis contente que tu aies réussi à reprogrammer ce Terminator. C'était la première fois pour toi.
John sourit et ne répondit pas. Enfin un mot gentil. Enfin un petit signe d'appréciation de sa part.
Arrivés en bas, Ben exposa à Cameron son idée du sommeil, sans pour autant parler encore de rêve.
- C : mais… John, explique lui. Tu sais bien que c'est impossible, je suis une machine.
- J : je t'ai demandé d'arrêter de dire ça, Cameron.
- B : je voudrais que tu essayes, Cameron. Couche-toi comme nous, ferme les yeux et ne pense plus à rien.
- C : tu veux que je me mette en veille?
- B : non! Non non. Je veux que tu restes consciente. Je veux que tu essayes de faire le vide dans ton esprit, que tu arrêtes de réfléchir.
- C : ce que tu dis n'a pas de sens pour moi.
- B : pas encore… mais sois patiente, ça en aura. Tu verras. Fais-moi confiance.
- C : je veux bien faire ce que tu dis car le T800 monte la garde à ma place, mais tu seras déçu. Il ne va rien se passer. Je ne peux pas dormir. C'est impossible.
Ben fixa Cameron sans rien dire, le regard doux et autoritaire en même temps. Un mélange paradoxal. Mais qui sembla avoir un effet sur Cameron, qui se coucha sur le matelas qu'il lui avait préparé.
La nuit se passa sans incident. Cameron ne parvenait pas à faire le vide dans sa tête. Elle réfléchissait, analysait tout ce qu'elle avait entendu dans la journée. Elle savait bien que le seul moyen de ne penser à rien était de se mettre en veille ou de se désactiver. Elle se mit à échafauder plusieurs scénario des jours à venir, évaluant la probabilité de chacun, et ne se rendit pas compte que certaines projections de l'avenir échappaient peu à peu à son contrôle, à sa conscience. Pour elle tout était maîtrisé, mais les choses devenaient un peu floues. Elle sentait que son attention était amoindrie, sans comprendre pourquoi.
Le jour se leva et le petit groupe s'éveilla après une nuit réparatrice. Cameron, voyant les autres se relever fit de même, parfaitement opérationnelle, le visage impassible, à l'inverse de ses compagnons qui avaient du mal à émerger.
Kyle, Derek et Allison s'étonnèrent de constater que Cameron avait "dormi" avec eux. Derek, encore une fois, reprocha discrètement à Ben d'en faire trop.
- D : donc au final, tu es en train de me dire que tu soupçonnes Cameron d'avoir un sub-conscient? C'est bien ça?
- B : je n'aurais pas dit mieux, Derek. C'est tout à fait ça.
- K : Pour une fois, je suis d'accord avec mon frangin, Ben. Tu pousses, là. C'est une machine. Ne l'oublie pas.
- B : ah? Alors pourquoi est-ce que vous dites tous "elle" en la désignant? Pourquoi pas "ça" ou "cette chose"… hein?
- K : … je suppose… parce qu'elle ressemble à Allison et qu'il ne nous viendrait pas à l'idée de la désigner autrement.
- B : vous êtes sûr qu'il n'y a que ça? Regarde, tu viens de dire "la désigner".
La journée se déroula calmement. John et Derek s'affairaient toujours sur la conception d'un poste radio émetteur-récepteur. Ils leur fallait trouver le moyen de diffuser des ondes de très basses fréquences. Des ondes que personne n'utilisait plus et surtout pas les machines. Derek avait du mal à travailler à cause de la douleur de sa blessure, mais surtout à cause du handicap que cela impliquait. Il avait perdu beaucoup d'agilité. Les mouvements de sa main étaient imprécis, manquaient de force. Certains mouvements de doigts n'étaient même plus possibles. Il faisait de son mieux pour garder son calme et ne pas céder à la colère. Un mouvement d'humeur aurait pu réduire à néant tout le travail qu'ils avaient accompli. A la mi-journée, John, appliqué et le regard fatigué par la concentration sur de petits élément électroniques s'écria:
- J : bon, ça y est. Notre émetteur doit marcher, maintenant.
- A : sur le canal que JH avait prévu pour nous avertir?
- J : oui, normalement on peut émettre et les ondes devraient facilement traverser les montagnes pour atteindre Los Angeles. On est pas très loin à vol d'oiseau finalement.
- D : OK, il faut qu'on réfléchisse. On dit quoi exactement? Et surtout, on devrait se préparer à déguerpir rapidement si notre émission est repérée.
- K : tu oublies de prier pour que le message ne soit pas intercepté.
- J : ça je ne pense pas. On va émettre vite et espérer qu'ils n'enregistrent pas systématiquement toutes les ondes. Le risque majeur, c'est qu'ils identifient l'origine de l'émission.
- D : c'est bien ce que je dis, il faut se préparer à lever le camp, dès qu'on aura émis.
- B : je suis d'accord. Inutile de prendre des risques.
John réfléchit donc avec les autres au message qu'il devait transmettre. Il espérait que JH serait à l'écoute et pourrait dialoguer rapidement avec eux. Enfin prêts, ils remontèrent à la surface pour émettre correctement. Chacun avait son sac sur le dos, prêt à quitter les lieux. John appuya sur le bouton du micro:
- J : John Henry, Catherine Weaver, ici John Connor. Me recevez-vous?
….
A part quelques grésillements, aucune réponse. John répéta son message. Ils attendirent 2 longues minutes. Tous les visages, à l'exception de celui de Cameron, étaient anxieux et crispés. Derek, Kyle, Allison et Ben regardaient nerveusement le ciel et les rues désertes. Le crépitement augmenta et une voix se fit finalement entendre. C'était sans nul doute celle de JH.
- JH : nous te recevons, John. Que se passe-t-il? Nous n'avons pas pu vous joindre il y a plusieurs jours pour vous prévenir d'une attaque.
- J : je sais, radio sabotée. C'est long à expliquer, on vous racontera plus tard. On est à Palmdale. Il faut faire vite, on risque d'être repérés.
- JH : je vous préviendrai, je suis connecté en permanence.
- J : ok, nous avons trouvé la grotte et les dispositifs. Ils n'ont pas l'air d'avoir souffert du temps et les plans étaient là aussi. Cameron les a mémorisés. On ne peut pas transporter les EMP, c'est trop risqué. Il faut qu'on revienne mais la montagne doit encore grouiller de machines. On a besoin que tu nous guides.
- JH : d'accord, John, vous ne devriez pas vous faire repérer si vous ne faites que recevoir. En revanche, je vais devoir me déplacer sinon c'est moi qui vais me faire repérer…
John Henry fut interrompu et Weaver prit la parole.
- W : nous pourrons te guider, John, mais ce n'est pas infaillible. Il faut que tu nous donnes les plans. On doit commencer dès maintenant à trouver un moyen de diffuser ces informations à la résistance, partout sur la planète.
- J : ah oui? Et comment je vous les donne? En les récitant? Ça va prendre des heures. On va se faire repérer. Non, il faut absolument traverser.
- W : très bien, John. Mais sans coordonnées GPS, nous ne pourrons suivre votre progression. La seule solution c'est d'estimer grossièrement vos déplacements et de vous donner les informations relatives à tous les secteurs que vous devrez traverser. On va faire ce qu'on peut. Restez en veille en permanence.
Derek prit alors le micro.
- D : il faut un point de ralliement. On ne peut plus se fier à notre base. On doit la considérer comme compromise. Il y a peut-être d'autres traîtres et…
- JH : attention, vous avez été repérés. Un HK-Aerial sera sur vous dans 3 minutes. Les Terminators de la ville convergent vers vous.
- J : on reste en réception seulement. Rendez-vous à l'ancienne chaîne de montage des T800 à côté du commandement de Los Angeles.
John rangea rapidement la radio dans son sac et garda une oreillette qu'il avait pensé à installer pour recevoir les instructions de JH. Ils partirent rapidement. A peine avaient-ils fait quelques pas qu'ils entendirent au loin les puissants réacteurs du HK-Aerial qui venait sur eux.
- K : et merde! On a pas ce qu'il faut pour en venir à bout. Il nous faudrait un canon à plasma.
- T800 : ce n'est pas un problème. Les machines qui convergent vers nous en ont sûrement. En retirant mon treillis, je peux encore parfaitement me faire passer pour un soldat de Skynet. Je peux me débrouiller pour trouver un canon à plasma.
- J : OK, on se retrouve en bordure de la ville à côté du lac qu'on a aperçu en arrivant. On sera planqué. On te guettera.
Sur ce, ils se séparèrent rapidement et le petit groupe courut à travers les ruines en essayant de suivre les instructions de JH pour ne pas se faire repérer. Le T800 resta en retrait pour attendre ses congénères et mimer leur mouvement de recherche. Le HK-Aerial survolait maintenant le ville de Palmdale. Le T800 fut rejoint par deux T700. Ils étaient plus difficiles à abattre que les T600 car la faille dans la nuque avait été corrigée sur ces modèles. Et les T700 étaient plus grand et plus fort qu'un T800. Mais aussi moins solides. Par chance, l'un d'eux avait sur lui un lourd canon à plasma.
Sans échange de parole, Jojo fut incorporé à la patrouille.
Au moment où les deux T700 entrèrent dans la maison que John et ses compagnons venaient de quitter, le T800 arracha brusquement le canon des bras de son propriétaire. Il tira et abattit le premier robot. Mais le second ne lui laissa pas le temps de se retourner et lui administra un rafale de mitrailleuse lourde à bout portant. Le T800, déjà très endommagé fut projeté à plusieurs mètres. Le T700 continua à tirer en pleine tête. Il brisa l'optique gauche de Jojo qui eut du mal à ajuster son tir. Il visa la tête mais sa cellule de ciblage était trop déréglée. Avec une seule optique, déjà en mauvais état, il n'avait plus notion de profondeur de champ. Le tir pulvérisa pourtant le bras qui supportait la mitrailleuse. Mais aussitôt, le T700 bondit sur lui pour lui arracher son arme. Ils étaient à peu près à égalité, sans arme, un seul bras valide chacun. Le T700 plus fort, mais le T800 plus robuste… quoi que… avec ce qu'il avait déjà encaissé…
Le T700 lui saisit le cou et le fit voler sur un mur en béton qu'il traversa violemment.
Il se releva mais son adversaire était déjà sur lui. Il lui adressa un puissant coup de poing qui encastra à nouveau Jojo dans un mur. Il s'effondra. Il était à terre lorsque le T700 s'apprêtait à remettre ça. Mais au moment où il se pencha pour le saisir par un pied, le T800 releva brusquement ses jambes pour enserrer la tête du T700 entre ses cuisses. Ce dernier tomba sur lui et Jojo força avec le seul bras qui lui restait pour arracher la tête du robot. Mais il était plus résistant que prévu et le T700 réussit à saisir une jambe de son assaillant et à la lui arracher. Dès lors, le T800 eut du mal à maintenir le T700 immobile. Il fallait en finir tout de suite. Il réajusta son bras autour du coup du T700, lui saisit le menton, et en prenant appuis sur son unique jambe, mit toutes ses forces dans une ultime torsion de la tête et finit par la lui arracher.
Il rampa alors vers l'entrée de la maison où le canon était tombé. Il prit l'arme et se coucha sur le dos en visant le ciel, prêt à tirer au passage du HK-Aerial. Il n'eut pas à patienter longtemps. Quelques secondes plus tard, celui-ci survola le pâté de maison. Le T800 essaya d'ajuster son tir et manqua sa cible de peu. Sa vision était trop endommagée. Il n'eut pas le temps de recommencer. Il savait qu'il s'était condamné. Le vaisseau répondit immédiatement en tirant avec ses puissants canons et fit voler en éclats le valeureux et premier Terminator de la résistance qui venait d'échouer dans sa dernière mission.
Ignorant ces derniers évènements, le petit groupe d'humains avait réussi à rejoindre les limites de la ville et attendait le T800 à l'abri d'une ruine acceptable. Il faisait une chaleur écrasante. Palmdale était construite dans le désert de Mojaves, l'un des plus chauds au monde. Et même s'ils n'étaient pas à la saison la plus chaude, le moindre geste les faisait dégouliner de sueur. JH, n'ayant aucun moyen de suivre leur progression tant qu'ils ne s'étaient pas fait repérer par les machines, continuait à décrire tous les mouvements de troupe du secteur. John, agacé, coupa le son.
- C : on ne peut pas attendre indéfiniment ici. Ils vont finir par nous trouver.
- A : oui mais tant que le HK-Aerial rôde, on ne peut pas rejoindre la forêt au pied des montagnes. Il y a une trop grande zone découverte d'ici là.
- C : tu as raison, Allison, mais rester ici va devenir tout aussi dangereux.
Voir Cameron et Allison discuter était un spectacle tout à fait étonnant. John, comme les autres d'ailleurs, n'arrivait pas à s'habituer à cette situation bizarre. A la surprise de John, Allison s'adressait à Cameron sur un ton neutre, sans animosité décelable.
- A : alors que proposes-tu?
- C : on peut essayer de traverser cette zone en rampant sous les hautes herbes du lac. Au bout on sera presque à la lisière de la forêt.
- D : ramper dans la vase pendant au moins cinq bornes? Avec nos sac et nos armes? Tu rigoles? Y'a que Ben et toi qui y arriverez!
- K : je crois pas qu'on ait beaucoup d'autre choix, Derek. Le T800 a du échouer. Ça fait trop longtemps maintenant. On a entendu le HK-Aerial tirer tout à l'heure. Si Jojo était sous ces tirs, il n'a pas pu s'en sortir. Il faut qu'on se débrouille tout seuls.
- D : ça promet! On va bien s'marrer, je sens!
- B : au moins, on pourra se rafraîchir. Faut le voir comme un bain.
Cameron alla observer derrière eux pour ne pas se faire surprendre par une troupe juste au moment où ils seraient à découvert. A son signal, ils coururent tous vers le lac. John avait eu le temps d'emballer de façon un peu plus étanche son poste radio mais il espérait ne pas avoir besoin de s'immerger complètement.
Ils sautèrent dans 30 centimètres d'eau et se camouflèrent immédiatement sous les longues herbes de la berge retombant dans le lac. La progression était longue et laborieuse. La chaleur, plus que tout, était difficile à supporter. L'eau ne les rafraîchissait que peu, il n'y avait pas le moindre souffle sur la rive. L'atmosphère était lourde, écrasante. La vase les ralentissait terriblement. Ils avançaient au mieux penchés en avant, les jambes arquées; au pire à quatre pattes. Lorsqu'ils relevaient la tête et qu'ils apercevaient la distance à parcourir, ils avaient l'impression de faire du sur-place.
John se retourna pour voir si tout le monde suivait. Allison était derrière lui. Elle lui adressa un sourire. Ce si beau sourire, avec ses fines pommettes saillantes, ses dents blanches… C'était ce sourire que John appréciait par-dessus tout chez Allison. Il lui chamboulait la tête. Malgré la présence de Cameron, il comprit qu'il avait toujours des sentiments pour Allison. Des sentiments puissants. Il lui répondit avec la même expression de gentillesse, comme pour dire "tiens bon". Cet échange lui redonna du courage. Il était impressionné par l'endurance de la jeune-femme. Elle ne se plaignait jamais. Elle était forte et encaissait tout sans broncher. Allison était une personne admirable, et il ne s'étonnait pas de s'être lié d'amitié avec elle dans un futur alternatif, comme Cameron le lui avait confié… il se laissa penser qu'il y avait peut-être même eu plus que de l'amitié. Cette idée le troubla.
Ils mirent deux longues heures à parcourir moins de cinq kilomètres. Et il restait encore une zone découverte de 600 mètres avant d'atteindre la forêt. Ils se relevèrent tous, ankylosés et courbaturés par cette progression difficile et entamèrent en courant les derniers mètres. Mais sur cette zone plate, sans végétation ni le moindre relief, le HK-Aerial qui survolait la ville non loin de là et scannait tout à la recherche du moindre mouvement les détecta immédiatement. Au même moment, JH les avertit dans l'oreillette de John, mais il était trop tard. Ils devaient courir sans se retourner. La machine fit rugir ses réacteurs et fonça vers eux. Cameron s'en rendit compte et voulu tout faire pour protéger la retraite des autres. A mi-parcours, elle mit un genou à terre et visa l'engin avec le fusil mitrailleur le plus puissant qu'ils avaient. Grâce à sa vision performante, elle zooma et visa en priorité les canons plasma de la machine. Elle mit deux coups au but et rendit inutilisables ces armes redoutables. Mais l'aéronef était lourdement armé et embarquait aussi des armes plus conventionnelles. Les pétarades de mitrailleuses lourdes retentirent. Cameron fit un plongeon sur le côté et évita la première salve. John se retourna pour voir ce qui se passait mais Ben le força à continuer. Il fit lui-même demi-tour au moment où Cameron essuyait une seconde rafale. Son arme était complètement inefficace sur le blindage de la machine. Elle reçu une balle de gros calibre dans le front qui l'abattit immédiatement.
Les autres arrivaient à la lisière de la forêt. Ils étaient sauvés. Ben profita d'une manœuvre du HK-Aerial qui les avait dépassés et décrivait un virage pour revenir vers eux, pour arriver sur Cameron allongée, inanimée.
- B : nom de Dieu, pourvu qu'elle ne soit qu'assommée.
Il la chargea sur son dos et se mit à courir. Il devait rester encore 150 mètres. Il était assez étonné par son poids. Elle pesait plus lourd qu'une femme de son gabarit, plus lourd qu'Allison en somme, mais nettement moins que ce à quoi il s'était attendu pour un Terminator, même pour un petit modèle. Cameron était vraiment différente des autres, à de multiples points de vue.
Au bout d'une minute de course éreintante, alors qu'il touchait au but et avait miraculeusement slalomé à travers les tirs ennemis, il reçu une balle dans le mollet, puis une autre dans la cuisse. Il s'effondra violemment à terre et Cameron qu'il portait retomba lourdement sur la tête de Ben en l'assommant.
John, Allison, Kyle et Derek assistaient à la scène protégés par les premiers arbres, invisibles mais impuissants.
A leur grand étonnement, le HK-Aerial fit mine de se poser. Au même moment, Cameron rebootait son système et se ranima. Elle comprit facilement ce qui s'était passé et inversa les rôles: elle mit Ben sur son dos et repartit en direction du bois. L'aéronef qui volait alors à très basse altitude sorti un bras articulé du ventre de son fuselage, passa au-dessus d'eux et attrapa une jambe de Ben. Il fut arraché aux bras de Cameron qui resta impuissante devant ce rapt. Les autres, qui avaient au départ arrosé le vaisseau de leurs tirs n'osaient plus maintenant continuer, de peur de toucher Ben, réveillé de son inconscience par la douleur quand le bras robotisé s'était refermé juste sur le mollet qui avait reçu une balle et qui était en partie déchiqueté. L'engin prit de l'altitude et partit rapidement, emportant avec lui l'un des plus courageux résistants.
