Chapitre 5 : Ardeur

Merlin pensait être soulagé de retrouver son lit pour la nuit, mais ce fut bien pire. Une fois seul avec ses réflexions, sans rien pour le distraire, son subconscient lui rappela ce qu'il avait nié toute la journée. À savoir que ce qu'il avait vu ne l'avait pas laissé complètement indifférent. Il tenta de se trouver des excuses, accusant les hormones, même s'il commençait à être trop vieux pour ce genre de divagations. Le jeune homme avait toujours été du genre « plaisir des yeux ». N'étant pas, d'après lui, spécialement attirant et ayant peur sans cesse que l'on découvre ses pouvoirs, il était toujours resté consciencieusement loin des histoires de cœurs. Se contentant donc de regarder. Cela ne faisait pas pour autant de lui quelqu'un de prude. Il avait lui aussi ses fantasmes, ses envies, mais ne cherchait jamais à les concrétiser par peur de finir sur un bûcher et, s'il était honnête avec lui-même, aussi par peur de ne pas plaire. Il n'avait certainement pas le physique d'un chevalier et sa maladresse ne jouait pas non plus en sa faveur, de son point de vue. Depuis qu'il vivait à Camelot, la seule fois où il s'était laissé aller, c'était avec Freya et vu qu'il l'avait en quelque sorte perdu, ça l'avait conforté dans le fait que son style de vie n'était pas en accord avec les choses de l'amour. Il y avait donc provisoirement renoncé, attendant ces jours meilleurs où il pourrait enfin être totalement lui-même. Mais l'incident de ce matin lui rappelait cruellement sa solitude. Il avait Gaïus, mais son mentor n'était ni un bel apollon, ni une jolie fille. Il y avait bien eu Gwen au départ, mais elle avait pris ses distances avec lui depuis. Et même si son voyeurisme avait failli lui coûter cher et qu'il ne devait son salut qu'au fait qu'Arthur et lui étaient quitte à présent, il ne pouvait nier avoir envie de recommencer. Sans se faire prendre cette fois. Il avait bien conscience que ce qu'il voulait était mal, que si le Prince savait que son valet avait se genre de pensées à son égard, il en serait offensé. Mais ce n'était pas spécialement Arthur. Merlin avait toujours admiré les belles personnes. Homme ou femme. Et le blond était indéniablement beau. Enfin, si on oubliait son arrogance et sa supériorité. Mais ça, le sorcier savait que ce n'était que la partie immergée de la personnalité complexe du Prince. Qu'au fond, il avait un cœur pur et une âme sensible à la souffrance de son peuple. Ce qui le rendait encore plus désirable à ses yeux. Il avait déjà vu Arthur nu à plusieurs reprises, quand il l'aidait à s'habiller ou quand il lui préparait son bain, mais ce n'était pas comparable à ce matin pour deux raisons. La première était qu'il ne laissait jamais son regard s'attarder aussi longtemps d'habitude, trop occupé par ce qu'il faisait. La deuxième était que jamais au grand jamais, auparavant, Arthur n'avait été dans cet « état » devant lui. Bien sûr, Merlin n'était pas né d'hier et à lui aussi ça lui arrivé certains matins. Souvent même, pour être honnête, mais le voir sur quelqu'un d'autre était tout à fait différent. À cette pensée, les images de la matinée, gravées dans sa rétine, envahirent son esprit. Et son corps le trahit. Rendu au fait qu'il ne trouverait pas le sommeil tant qu'il n'aurait pas réglé ce problème, il ferma les yeux, s'installa plus confortablement et envoya son drap au loin. Il fit doucement courir ses mains sur son torse, prenant son temps. L'une d'elles descendit plus bas, tandis que l'autre continua à agacer ses tétons sensibles. La température, déjà presque insupportable sembla augmenter, si c'était possible. Mais le jeune homme, perdu dans ses pensées, n'y prêta pas attention. Après avoir tourné quelques minutes autour du pot, exacerbant sa sensibilité, il empoigna fermement son érection et amorça un lent mouvement de va-et-vient. Un gémissement s'échappa de ses lèvres qu'il mordit jusqu'au sang pour faire le moins de bruit possible. Accélérant ses gestes, relativement pressé d'en finir tout à coup, c'est étrangement l'image des yeux céruléens d'Arthur qui eut raison de lui. Il vint dans un râle étouffé, se cambrant soudainement sur le matelas. Il retomba comme un pantin désarticulé, attendant que son rythme cardiaque revienne à la normale. Puis s'essuya sommairement avec un de ses chandails sales qui trainé là, se tourna sur le ventre puisque c'était comme ça qu'il dormait le mieux et sombra dans les limbes.