Le lendemain, avant de partir, Allison discutait avec Ben qui lassait ses nouvelles chaussures, trouvées on ne savait où par une des machines de Weaver pendant la nuit. Le T800 venait de les lui apporter. Depuis son évasion, il était resté pieds nus avec sa tunique "d'hôpital" à moitié arrachée. Kyle lui avait donné la veille de quoi se vêtir. Il ne manquait plus que de quoi se chausser.

Debout, Allison regardait Ben pensive.

- A : tu as du souffrir le martyre pendant ta "transformation"… vivre l'enfer.

Ben sourit ironiquement.

- B : c'est le mot juste, Allison. L'enfer. Et bizarrement, le plus dur à supporter n'a pas été la torture physique mais les tentatives d'intrusion de la puce dans mon cerveau. J'ai vraiment cru que j'allais craquer.

- A : j'essaie d'imaginer, mais j'ai du mal.

- B : je ne pense pas qu'on puisse avant de l'avoir vraiment vécu… ce que je ne te souhaite pas.

- A : en tous cas, il y a quelques bénéfices. Tes plaies d'hier ne sont déjà plus visibles. Tu ressens toujours la douleur?

- B : oui, malheureusement. Me prendre une balle me fait aussi mal qu'avant mais psychologiquement c'est moins dur puisque je sais qu'il n'y paraîtra plus quelques minutes après. Alors d'une certaine manière, je crains moins la douleur.

- A : et au niveau cérébral, tu as parlé de deux implants hier. Le premier, le logement de la puce avec l'interface neuronale, mais le second, il sert à quoi?

- B : en fait je ne sais pas exactement s'il n'y en a que deux... Mais je pense que si. Il faudrait faire une radio. Le deuxième implant, à l'arrière de mon crâne doit servir de support à l'interface… pour décrypter des données ou reprogrammer une puce… je ne sais pas trop. Il y a aussi la vision de nuit… peut-être que cet implant sert à me donner une représentation mentale des images infra-rouges… mais dans ce cas, il est étrange que la position soit si éloignée du chiasma optique… vraiment je ne sais pas. Je ne fais que des suppositions. Si un jour nous nous sortons de cette guerre, j'aurai tout le temps de me pencher sur la question… ce qui m'intrigue le plus en revanche, c'est la durée de vie des nanomachines, donc leur source d'énergie. Comment mon organisme va-t-il les éliminer une fois qu'elles seront à plat? Le pourra-t-il vraiment? Et si non, ne seront-elles pas toxiques?

- A : peut-être ont-elles des batteries de très longue durée à l'image de celles des Terminators. Du coup elles te survivront et leur longévité ne sera pas un problème.

- B : nucléaire tu veux dire? Si miniaturisé… hum, je ne sais pas si c'est techniquement possible.

- A : tu ne pensais pas non plus possible l'existence d'une telle interface neuronale… et pourtant tu en as une parfaitement opérationnelle dans le crâne.

- B : mouais… le temps de ces questions viendra plus tard. Pour l'instant ça marche et c'est ça qui compte. Allez, tout l'monde, on accélère, il faut partir.

- K : à vos ordres, capitaine.

- B : ta gueule, Kyle.

- K : c'est chez Skynet qu'on apprend à parler comme ça? Pas très classe!

- B : c'est ça, allez. Armes au poing. On progresse comme pour un assaut. Nous aurons les machines de Weaver devant et derrière. Normalement tout ira bien. On en a pour deux heures maximum.

La troupe s'ébranla dans la ville en ruines. L'air était plus frais que d'habitude et le soleil brillait. Les humains, très sensibles au temps qu'il faisait retrouvaient un peu de moral. La terrible perte de Derek avait été un peu "compensée" dans leur tête, pour autant qu'on puisse parler ainsi, par le retour de Ben et les retrouvailles avec Savannah.

John marchait côte à côte avec Allison.

- A : je vous ai entendu cette nuit. Vous passez votre temps à vous chamailler tous les deux… et en même temps vous vous faites du souci l'un pour l'autre. Vous êtes mignons… mais c'est l'amour vache, un peu, non? Je n'envie pas vraiment votre relation finalement. C'est… compliqué.

- J : c'est ce que je te dis depuis le début. Compliqué… beaucoup trop, même! Comme j'aimerais que ce soit plus simple. Parfois je suis fatigué et j'aimerais la sortir de ma tête. Et cette fois-ci je le pense vraiment, Allison. Ne me dis pas que tu n'en penses rien.

- A : je n'ai rien dit. Tu es un peu torturé comme garçon, non?

- J : c'est un peu dur à entendre venant d'une fille qui doit me prendre pour un ado caricatural, mais je suis bien forcé d'admettre que tu as raison. Je dois me forcer à simplifier mes relations avec elle. Et m'ouvrir aux autres.

Allison esquissa un sourire timide.

- A : aux autres? A qui tu penses?

- J : à vous tous… à toi… enfin, je veux dire…

- A : je crois qu'il vaut mieux que tu ne dises plus rien justement.

Allison tourna la tête vers lui et afficha un sourire plus franc, magnifique, plein de charme. John était subjugué par ce sourire, ces belles dents blanches, ces pommettes saillantes et délicates, le fin dessin de ses traits, le grain parfait de sa peau… elle devait être si douce. Il aurait donné n'importe quoi pour passer sa main sur une de ses joues. Mais il se força finalement à détourner la tête. Il craignait que l'insistance de son regard soit déplacée.

Il ferma les yeux un instant pour graver ce visage dans sa mémoire et le revoir à loisir, le détailler, admirer ces lèvres fines et discrètement pulpeuses à la fois, son menton franc, son nez fin et délicat, ses yeux noisette, doux et chaleureux, ses sourcils bien dessinés… il y avait dans son visage un mélange de noblesse - un port de tête presque altier - et une douceur infinie.

Un sifflement le tira de sa rêverie. Il entendit quelqu'un crier : "A COUVERT!"

A leur gauche, venant d'un immeuble encore debout, il vit une fine traînée blanche venir vers eux. Un missile ou une roquette.

Le projectile atteignit l'un des premiers Terminator qui vola en morceaux, mêlés de gravats de béton. Allison qui était à proximité en reçut un sur l'arcade sourcilière, ce qui la déséquilibra. John la retint de justesse par les épaules, alors qu'elle allait tomber de tout son long sur une armature pointue de fer rouillé ayant servi de structure métallique à une poutre de béton. Par réflexe, il la prit dans ses bras et l'entraîna dans un plongeon pour se camoufler derrière un muret. John se souvint que puisque JH les accompagnait, il ne pouvait plus surveiller les déploiements de troupe de Skynet. Ce confort n'était plus de mise, ce matin.

- J : mais c'est pas vrai, on peut pas faire deux pas sans se faire attaquer!

Tout à coup il réalisa ce qui venait de se produire: avec ce genre d'arme, un tir est précis. Et c'était un Terminator qui avait tout pris.

- J : NE RIPOSTEZ PAS! C'est sans doute des résistants. On approche de la base du commandement. Il faut leur faire comprendre qu'on ne cherche pas l'affrontement et que les machines sont avec nous.

Kyle un peu plus loin riposta:

- K : et comment on s'y prend selon toi, John? Dès qu'on lève la tête, on se reprend un pruneau.

- C : je vais y aller.

- B : non Cameron, c'est trop dangereux. La première machine a volé en éclats. Leurs armes sont puissantes. Tu n'es pas indestructible. Il faut réfléchir… on peut tenter le coup du drapeau blanc… on n'a rien à perdre.

- K : si, le drapeau blanc!

- B : c'est pas le meilleur moment pour déconner, Kyle. Trouve un tissu blanc, plutôt.

- K : oh! Tu m'appelles pas Pluto !

- B : Kyle, bon sang!

- K : ok, ok, le voilà ton tissu blanc. Un vieux T-shirt, tiens, ça fera l'affaire. L'humour c'est comme l'espoir mon pote. Quand y'en a plus, c'est la fin. Moi je trouve qu'il n'y a pas de moment pour déconner un peu. Même dans une situation critique.

- W : elle risque d'être plus critique que vous ne le croyez s'ils décident de continuer à nous pilonner à la roquette. Je peux faire écran.

Personne sauf John ne comprit vraiment ce que Weaver venait de proposer. Il lui répondit à part:

- J : surtout pas. Un nouveau modèle de machine pour eux… ils vont le prendre comme une menace supplémentaire. On n'a pas mieux que le drapeau blanc pour le moment.

Ben leva avec précaution au-dessus du muret le bout de tissu accroché à un bâton mais il se le fit trouer aussitôt.

- K : ils ont un problème avec les codes de couleur?

- A : ils doivent trouver le piège un peu gros. Ils nous prennent pour un groupe de machines… certains avec une peau synthétique.

- B : il faut qu'on agisse vite. Je vais les contourner et les prendre à revers.

- W : tout seul? Vous n'y arriverez jamais, c'est de la folie.

- A : je suis d'accord, Ben. Ils ont l'air lourdement armés.

- B : désolé de dire ça, Allison, mais c'est moi qui décide maintenant. Et je suis le plus rapide. Cameron, Weaver, JH et les autres machines, vous allez me couvrir. Vous êtes à peu près à l'épreuve des balles… mais pas des roquettes, souvenez-vous en. Pour partir sur le côté, je vais devoir me mettre à découvert. Quand je vous donne le signal, vous vous levez et vous arrosez la zone d'où viennent les tirs.

- J : ils risquent de toucher des résistants.

- B : tant pis. On n'a plus le temps. Il faut qu'on rentre dans la base maintenant. Le plus vite possible. On ne doit pas leur laisser le temps d'appeler des renforts, sinon ce sera la boucherie… et pour rien. On est obligé de sacrifier quelques vies. C'est dur mais il n'y a pas d'autres solutions.

Il avait parlé sur un ton autoritaire et assuré. Il était évident qu'il était habitué à commander et ces aptitudes reprenaient naturellement le dessus en situation délicate. Il laissa son fusil d'assaut à une machine et se contenta d'une arme de poing, plus pratique pour filer discrètement entre les ruines. Assis dos au muret, il vérifia son chargeur, en glissa un second sous sa ceinture et arma son pistolet.

- B : go!

Ben fit les premiers mètres courbé en deux puis se releva complètement lorsqu'il n'y eut plus de muret protecteur, et se mit à courir le plus vite possible, alors que toutes les machines se levèrent ensemble pour mitrailler l'immeuble d'où était partie la roquette.

Cette diversion permit à Ben de contourner rapidement le pâté d'immeubles et de rejoindre par derrière celui qui l'intéressait.

Pendant ce temps, John était en train de soigner Allison qui avait le visage en sang, l'œil inondé par la plaie sur son arcade sourcilière. Les humains avaient profité de la diversion des machines pour reculer un peu et trouver un abri plus sûr. Sa blessure n'était pas trop grave mais impressionnante à cause de la quantité de sang qui coulait. A cet endroit, la peau est très vascularisée. Il fit de son mieux pour appuyer sur la plaie et stopper l'hémorragie. Il s'appliqua ensuite à nettoyer son œil plein de sang et le reste de son visage.

- A : sans toi, je ne serais plus là, bêtement empalée sur des tiges de fer. Quelle fin lamentable… Merci John.

Elle avait dit cela en lui bloquant la main qui lui épongeait le front, et en le regardant intensément. John fut troublé par ce regard profond. Il avait même l'impression de ne plus entendre le vacarme des armes à quelques mètres. Comme si le temps s'était arrêté quelques secondes.

De l'autre côté de la rue, Ben avait déjà monté trois étages, aussi silencieux, souple et rapide qu'un félin. Il s'arrêta et écouta, aux aguets, prêt à bondir. Il entendit nettement le bruit caractéristique d'une recharge d'arme lourde, peut-être le lance-roquette. Il fallait agir avant qu'ils n'aient le temps de tirer. Il entra dans une vaste pièce dont la fenêtre donnait sur le groupe de machines en contre-bas. Il y avait trois hommes. L'un d'entre eux était en train de riposter à la mitrailleuse tandis que les deux autres étaient effectivement en train d'armer un lance-roquette.

Ben fut repéré et il comprit instantanément qu'il venait de commettre une erreur. Dans la pénombre de la pièce, ses yeux luisaient de cette lumière verte et il sut qu'il serait immanquablement pris pour une machine d'un nouveau genre. Un homme leva son arme vers lui mais il ne fut pas assez rapide. Dans un élan presque invisible tant sa vitesse était incroyable, Ben lui envoya un coup sec dans la gorge pour lui couper le souffle. Tout se déroula ensuite en quelques secondes. Le soldat à la mitrailleuse avait pivoté son arme lourde dans sa direction et s'apprêtait à tirer alors que le troisième homme, ignorant volontairement la présence de Ben se concentra sur son tir et visa de son lance-roquette le groupe de robots de l'autre côté de la rue, comme s'il avait à tout prix voulu accomplir sa mission avant de se faire tuer. Ben plongea sur le côté pour éviter la première salve et dans sa chute, bras tendus, il tira une balle dans le pied de l'homme au lance-roquette. Fou de douleur, il lâcha son arme et Ben, déjà sur lui, décocha un coup de genou en pleine tête pour l'assommer. Le mitrailleur n'arrivait pas à suivre les rapides mouvements de Ben et lorsqu'il ajusta enfin sa cible, Ben sauta devant le canon de l'arme, effectua un retournement rapide dans les airs et retomba derrière le soldat pour lui enserrer le cou avec son bras et lui faire lâcher son arme. Ben balança le lance-roquette et la mitrailleuse par l'ouverture et cria que la zone était sécurisée.

Profitant de cette pause, le premier homme qui avait retrouvé son souffle se redressa, récupéra son arme et mit une balle dans la tête de Ben. Celui-ce se retourna, l'air sévère, fondit sur l'homme et d'un coup de pied, lui fit lâcher son arme. Il le saisit d'une main à la gorge et le plaqua contre un mur, le soulevant d'un seul bras. Son regard dur et cette lumière verte qui filtrait à travers ses yeux terrifièrent l'homme qui crut que ses derniers instants étaient arrivés.

Pourtant Ben se radoucit et le posa à terre. Il ouvrit la bouche pour la première fois, en le fixant, mais s'adressait aux trois hommes. Il dit d'une voix forte.

- B : je sais ce que vous pensez. De la lumière sous les yeux… un balle dans la tête et toujours debout. Mais si j'avais été une machine de Skynet, vous seriez déjà tous morts. Dites-moi, avez-vous déjà vu une machine loger une balle dans un pied plutôt que dans une tête?

- Soldat 1 : qui êtes-vous?

- B : Benjamin Saint-Clair. Je suis un résistant comme vous, mais vous ne m'avez pas laissé le choix. Je suis médecin dans l'unité du sergent Reese.

- Soldat 2 : c'est quoi ces conneries! Et les machines dehors, c'est des résistants, aussi?

- B : tout juste. Et on va vous le prouver rapidement.

Cameron venait d'entrer dans la pièce. Comme Ben, elle avait reçu des projectiles. Une balle dans l'épaule qui avait entaillé ses vêtements et sa peau ainsi qu'une autre dans la tempe. A cet endroit, on voyait nettement le Coltan apparaître et une lueur rouge filtrer du bord de l'arcade orbitaire. Son œil était intact mais la partie latérale de sa paupière avait été arrachée. Malgré la pénombre, les trois hommes virent parfaitement qu'il s'agissait d'un Terminator, d'une taille et d'un modèle qu'ils n'avaient jamais vu auparavant.

- B : Cameron, occupe-toi du blessé. Il faut lui retirer sa chaussure et vérifier qu'aucun gros tronc artériel n'est touché.

- Soldat 3 : mais qui êtes-vous, nom de Dieu! Un homme ou une machine?

- B : entre les deux. Un cyborg. Mais sans doute plus proche d'un homme. J'ai été modifié dans une base de recherche de Skynet. Mon squelette est métallique et j'ai des cellules infra-rouge sous les yeux. Nous sommes avec un groupe de machines rebelles. Elles sont de notre côté. Nous cherchons à entrer en relation avec le colonel Carlton. On doit le voir de toute urgence.

- S1 : on ne vous fera jamais confiance à l'entrée de la base. Vous ne passerez pas. Surtout pas avec des machines. Ce que vous nous racontez est impossible. Vous n'êtes qu'un groupe d'infiltration.

- S : je peux très facilement te prouver le contraire, Tom.

Savannah venait d'entrer. Elle connaissait très bien ces trois hommes puisqu'elle était leur supérieur.

- S2 : lieutenant Benson?… vous… vous êtes avec eux?

- S : et je m'en porte garante. Aussi bizarre que ça puisse vous paraître, ces machines sont de notre côté.

- S3 : et qu'est-ce qui nous dit que vous n'êtes pas vous-même une machine à l'image de Mary Benson? Vous avez disparu depuis plusieurs jours et vous réapparaissez maintenant, saine et sauve, sans le moindre trauma apparent… avec un groupe de Terminators… et vous voudriez qu'on vous croie? Si vous êtes vraiment le Lieutenant Benson, vous savez qu'on ne peut pas vous faire confiance et qu'on ne vous laissera pas entrer dans la base. On ne vous donnera jamais les codes.

- S : tu oublies que je les connais, ces codes. C'est moi qui les ai créés.

Kyle, John et Allison arrivèrent à leur tour.

- K : on se connaît depuis longtemps, Tom. Et vous aussi les gars, Ed et Mike. On a fait des opérations ensemble. Et vous avez connu Allison vous aussi, il y a quelques années. Que peut-on faire pour vous convaincre?

- T : Allison, hein? Et votre poupée tueuse qui s'occupe de Mike, elle vient d'où? Bizarre cette ressemblance avec Allison. Qui nous dit que vous n'êtes pas tous des machines? Vous voulez nous convaincre… bien, il y a un moyen.

Tom avait dit cela avec un air menaçant en s'approchant d'Allison. John, comprenant ce qui allait se passer, s'interposa entre elle et le soldat au moment où celui-ci sortit un couteau à cran d'arrêt de sa poche. John braqua son arme devant la tête du soldat.

- J : n'y pense même pas! Tu tentes le moindre truc contre Allison et je te tue.

L'homme recula.

Allison était profondément touchée mais sa nature combative et forte prit le dessus.

- A : non, John, il a raison. Mais ça ne sera pas la peine de m'entailler. J'ai déjà une belle plaie. Vous voulez voir de l'os Messieurs? Alors approchez.

Tom et Ed se rapprochèrent sous les regards suspicieux de John, Ben et Kyle qui les tenaient en joue au cas où l'un d'eux aurait voulu s'en prendre à elle.

Avec un geste qui impressionna beaucoup John, Allison enleva le pansement qu'il venait de lui poser, et avec ses ongles, écarta les berges de sa plaie dans une grimace de douleur. Cameron s'était relevée et braquait une torche sur la plaie d'Allison. Il était particulièrement insolite que ce soit justement elle qui aida Allison à prouver qu'elle était humaine. Les deux hommes furent bien contraints d'admettre qu'il n'y avait pas de métal sous sa peau et qu'Allison était bien celle qu'elle affirmait être.

La tension relâchée, l'assistance retrouva un peu de calme et les armes tombèrent. Cameron dit à Ben que la blessure au pied de Mike n'avait pas lésé d'artère mais que plusieurs os étaient broyés. Ben alla examiner la blessure.

- B : je suis désolé, je n'avais pas le choix. Vous risquiez de blesser ou tuer trop de monde avec votre arme. Vous avez un petit bloc opératoire à la base. On s'y rend et je ferai ce que je peux. Pour le moment, je vais retirer la balle, la douleur sera plus supportable sans.

L'un des soldats fit remarquer que sur la première ligne, il y avait essentiellement des machines et qu'on ne pouvait pas parler de "tuer"… cela valait-il une balle dans le pied? Ben éluda rapidement afin ne pas laisser s'installer de polémique préjudiciable pour leur mission, en prétextant que des humains se trouvaient directement derrière et qu'une roquette pouvait faire de sérieux dégâts.

Il n'avait pas le temps de convaincre qui que ce soit de la valeur de certaines de ces "machines", en particulier celle de Cameron… qu'il trouvait d'ailleurs plus distante que jamais… presque triste si elle avait pu connaître ce sentiment.

Depuis qu'il avait retrouvé son groupe, il avait trouvé Cameron changée. Que s'était-il passé dans les montagnes? Que pouvait-il bien se passer dans sa tête? Il se promit de prendre le temps de discuter avec elle dès qu'un temps mort se présenterait. Cameron était un vrai mystère pour lui. Il voulait… l'aider. De quelle manière, dans quel but, il n'en savait rien. Il savait juste qu'il devait le faire.