- J : mais où il a trouvé tout ce matos, cet enfoiré?

- S : dans les véhicules. Ils sont tous équipés et prêts à partir en mission. Rien que pour ça, il faut les empêcher d'agir. Nos véhicules sont absolument essentiels à notre survie.

- D : on peut au moins essayer de dégommer le T800 d'ici, ça fera toujours ça de moins.

Ils braquèrent tous leur arme vers lui et firent feu. Les douilles volaient dans tous les sens. Le T800 encaissa plusieurs balles mais eut le temps de se mettre à couvert d'un Humer blindé. Il avait lui aussi de puissantes armes et tira sur les soutiens de la passerelle. Soudain un second T800-101 émergea de derrière un hélico et se mit à accorder ses tirs avec ceux de son allié. Les humains durent rebrousser chemin pour se protéger dans le couloir qui donnait sur la vaste salle.

- D : putain, encore un? Mais d'où il sort celui-là? Et le T1000, il est où?

John réfléchit rapidement. Il connaissait trop cette technique pour se faire avoir.

- J : c'est l'un des deux, il veut semer la confusion pour faire diversion! Il s'est transformé en T800.

A force de faire converger leur tirs, les deux Terminators obtinrent un résultat. Le pilier qui retenait la grille où se trouvait Cameron céda et elle tomba de dix mètres pour s'écraser lourdement au fond. Elle put se relever mais sa hanche s'était démise si bien qu'elle boitait fortement. Sans craintes, elle s'approcha du premier T800 sous une pluie de balles avec un air décidé et sérieux, presque sauvage. Les autres profitèrent de cette diversion pour descendre le long escalier. Mais le second robot les accueillit. Ben lui vida un chargeur dessus, en pleine tête et vit qu'il absorbait les balles à la manière d'un projectile qui s'enfonce dans une flaque.

- J : c'est lui, c'est le T1000!

Ce dernier leur adressa plusieurs projections en forme de lames, longues et tranchantes. John tira une nouvelle balle explosive mais la machine anticipa et laissa la balle passer à travers elle par un trou qui se forma immédiatement sur la trajectoire. La balle alla se loger dans un mur qui explosa une seconde après l'impact.

Cameron sentant le danger pour les humains envoya le dernier T800 qui leur restait combattre le modèle 101, dont elle avait toutefois réussit à fausser une cellule optique en le visant au fusil d'assaut. Cameron reçut le tranchant d'une lame sur l'épaule, mit un genou à terre sous le choc mais riposta en enserrant le métal de ses deux mains, pivota et propulsa le T1000 contre un mur en béton.

Pendant ce temps, Kyle et Allison descendaient en courant et hurlant:

- K : c'est fait, c'est bon! Ça marche! C'est au fond, il faut l'amener là-bas!

- B : on se sépare. Kyle, Derek, Allison et Savannah, vous allez aider le T800 à en finir avec l'autre. Ensuite vous venez nous aider. John et Cameron, on essaye de le repousser.

- J : t'es marrant, toi. Et on fait quoi, on pousse?

- B : il faut utiliser ta dernière balle explosive. On n'a plus le droit à l'erreur, c'est le seul moyen.

John visa alors que le T1000 revenait sur eux. Il le laissa approcher pour être sûr de son coup, mais la machine eut le temps de se saisir de Cameron qu'elle entrava dans tous ces gestes par des liens métalliques qui s'enroulèrent partout autour d'elle.

John n'osait plus tirer et c'était précisément ce à quoi le T1000 s'attendait. De l'inquiétude que Cameron semblait avoir pour John, le T1000, très intelligent, avait soupçonné le lien qui existait entre eux. Il avait là une protection parfaite. Si John tirait, il risquait d'endommager définitivement Cameron. Ben le comprit et n'essaya pas de convaincre John de tirer.

Le T1000 recula lentement jusqu'au système d'actionnement de l'ascenseur géant. Il monta dans un véhicule, mais l'emprisonnement de Cameron et la force qu'elle développait pour se dégager ne permettait plus au T1000 de la retenir s'il voulait prendre la place du conducteur.

Il s'en détacha et fit ressortir de son corps deux bâtonnets qu'il brisa et fourra dans l'abdomen de Cameron en lui tranchant la peau. Il l'expulsa du côté passager et la fit tomber de l'autre côté du véhicule. John ne comprit pas pourquoi Cameron n'avait pas semblé se défendre dans le camion.

Il tira sa dernière balle explosive mais ne réussit qu'à traverser la vitre. Elle ressortit et explosa plus loin. Entre-temps, le T1000 avait envoyé une longue lame en direction de l'abdomen de Cameron, et infligea plusieurs chocs contre son squelette métallique pour générer des étincelles. La thermite reconstituée prit feu et Cameron eut juste le temps de se saisir de la substance, mais sa main fondit immédiatement et la thermite tomba à ses pieds.

Sa peau s'enflamma tout de suite et Cameron tomba à terre. La combustion dégageait une telle chaleur que la décomposition fut presque instantanée. Elle était suffisamment éloignée pour que le reste de son squelette en coltan résiste, mais il ne resta plus rien de sa peau quelques secondes plus tard.

John vit avec stupeur se relever un Terminator de petite taille, très semblable à un T800, mais aux dimensions réduites. Quelques pièces étaient différentes, mais son aspect tout aussi effrayant. John ouvrait de grands yeux, effaré et profondément choqué de voir Cameron, pour la première fois si semblable à n'importe quelle autre machine. Cameron tourna la tête vers lui et put lire l'expression de son visage.

Pendant ce temps, le monte-charge était arrivé à leur niveau et le T1000 avançait son camion. Ben se retournant vers les autres, voyant qu'ils étaient parvenus à mettre enfin HS ce maudit T800, cria:

- B : par ici, tirez sur le camion, il faut l'empêcher de foutre le camp.

Mais la voix de Cameron, plus métallique que d'habitude, retentit pour couvrir celle de tous les autres:

- C : NON! Au contraire, écartez-vous!

Et elle plongea sur John et Ben pour les plaquer au sol.

John comprit alors pourquoi elle ne s'était pas défendue dans le camion lorsque le T1000 lui avait fourré les deux constituants de thermite dans le corps. Cameron en avait profité pour placer sous son siège la pile atomique du Terminator dont elle s'était emparée. Elle avait eu le temps de l'abîmer suffisamment pour qu'elle devienne instable et le camion explosa dans une terrible déflagration, complètement disloqué. Le souffle projeta les véhicules à proximité contre les murs. Les humains furent jetés à terre.

Un petit champignon atomique s'éleva dans les hauteurs du conduit de l'ascenseur que le camion venait d'atteindre. Au centre des débris, une masse informe, brillante, gesticulait en de vagues mouvements dyscoordonnés. Quelle invraisemblable résistance y avait-il dans cette machine pour qu'elle puisse résister à une explosion nucléaire, si réduite soit-elle? Cameron reprit la parole:

- C : KYLE! Au transformateur, vite! Ouvre-le et dérive toute la puissance. Ne vous approchez pas du camion ni du T1000, il est très radioactif.

Cameron se dirigea vers la masse de métal qui cherchait à se redresser, mais la violence de l'explosion l'en rendait apparemment incapable. Il cherchait à adopter une forme stable sans y parvenir. Mais il pouvait être encore dangereux. Cameron s'en saisit et le T800 "rebelle" qui comprit que les humains ne pouvaient approcher du site de l'explosion vint l'aider. A eux deux, il traînèrent l'amas "bouillonnant" vers le transformateur. Kyle avait mis à jour les deux grosses cosses du panneau central et déclara qu'il y avait là toute la puissance possible.

- C : alors espérons que ça suffira.

Cameron souleva le T1000 du mieux qu'elle put avec une main en moins et l'approcha des cosses. Il eut sans doute encore assez de concentration pour sentir le danger et emprisonna les mains de Cameron dans le magma de son corps. Le T800 accrocha Cameron par le buste et tira violemment en arrière, ce qui fit lâcher prise au T1000. Le T800 prit la place de Cameron et sans se soucier de recevoir lui aussi la puissance de la décharge, le plaqua sur le tableau électrique.

La pièce tomba instantanément dans l'obscurité et des éclairs jaillirent du transformateur avec une pluie d'étincelles. Le T800 était parcouru de véritables spasmes incontrôlés et rapides. Le T1000 fit jaillir une multitude de pointes, prit différentes formes, indéfinissables, avec une rapidité faramineuse, puis se raidit et se crispa en une masse sphérique parfaite. Les deux machines tombèrent à terre.

Ben et Cameron qui pouvaient voir malgré l'obscurité s'approchèrent avec prudence pour constater que la sphère était totalement solide et inerte. C'en était finit de la terrible machine. Le T800 à côté était lui aussi HS, les circuits complètement grillés.

Mais croyant le calme enfin revenu, ils entendirent tous le bruit d'une arme à feu derrière eux. Et aussitôt après un gros hélicoptère de transport de troupe sauta. L'explosion éblouit tout le monde, mais ils eurent le temps de voir avec horreur que Savannah qui se tenait à côté de l'hélico fut engloutie par le magma brûlant de l'explosion en pleine expansion.

Puis la boule de chaleur reprit une taille normale, cantonnée à la carcasse calcinée et délabrée de l'hélico, ce qui permit de découvrir Allison étendue sur le sol, un peu plus éloignée que Savannah du site de l'explosion. Elle était également inerte, face contre terre.

La déflagration avait été terrible et d'autant plus forte que le kérosène de l'appareil avait des propriétés explosives bien plus élevées que du gasoil, ou même que de l'essence.

Ben, avant de faire un bilan des blessures, se précipita vers le fond du grand garage, toujours plongé dans l'obscurité. Il avait compris qu'il ne pouvait y avoir qu'un seul responsable: ce coriace T800-101 que les autres avaient cru définitivement terrassé. Il avait du délibérément viser une des charges qu'il avait placée sous l'hélico.

Ben le repéra immédiatement, gesticulant et essayant de se mettre debout. La machine l'avait repéré également et le visa, mais elle n'avait qu'une arme de poing et Ben était maintenant, sauf en de rares endroits, aussi résistant aux armes classiques qu'un Terminator. Il encaissa les balles en plein front sans même chercher à les éviter en rentra de plein fouet en collision avec la machine.

Ce regard rouge macabre, ce crâne long et dur, ce rictus effrayant, ces dents visibles telles celles d'un tête de mort, les lambeaux de chairs qui épousaient encore son front et ses épaules… tout était effrayant chez ce Terminator, plus que jamais, mais Ben était avant tout galvanisé par la haine et la rage, ce qui décupla encore sa force et sa vitesse.

Toutes les souffrances accumulées lors de ces dernières heures ressortaient maintenant sous la forme d'une fureur incontrôlable dirigée contre la dernière machine. Ben était bien décidé à lui faire passer un très mauvais quart d'heure. Et ça se passerait sans arme. Il lui arracha son pistolet et le jeta hors de portée, puis lui décocha immédiatement un puissant crochet du poing gauche qui fit partir la tête du T800 en arrière. Il riposta de la même manière, avec un grand mouvement de bras que Ben reçu sur la pommette. Le choc fut si rude qu'il découvrit une zone de métal. Mais la machine n'eut pas le temps de ramener son bras vers son corps que Ben s'en saisissait déjà et le lui tordit en lui passant derrière le dos jusqu'à ce qu'il cède. De son autre bras le Terminator se saisit de Ben par le cou et le fit voler contre un véhicule.

Ben, fou de rage se releva aussitôt, prit son élan et sauta sur le robot, très haut, sur ses épaules et enserra sa tête avec ses cuisses, laissa son propre buste tomber en arrière, et dans un violent effort d'abdominaux, releva ses cuisses toujours serrées autour du robot pour l'éjecter en arrière. Le T800 alla s'encastrer dans la pare-brise d'une Jeep. Ben fut aussitôt sur lui, le tira par les jambes et sans lâcher prise, le fracassa plusieurs fois par terre dans de grands mouvements, tel un bûcheron en train de fendre des souches à la hache.

Ben hurlait et insultait la machine dont les yeux s'étaient éteints depuis quelques minutes déjà. Mais Ben déversait sa rage et son impuissance à avoir évité tous ces morts… et en particulier celle de Savannah, qui ne pouvait y avoir réchappé après cette violente explosion si proche d'elle… peut-être même Allison… aussi…?

Il sentit une main rigide sur son épaule, se retourna et vit avec stupeur une autre paire d'yeux rouges, mais la taille plus modeste lui fit prendre conscience qu'il ne pouvait s'agir que de Cameron. Elle lui dit doucement:

- C : il est terminé, Ben. Tu peux le lâcher.

Un peu hagard, Ben tourna la tête vers la machine, complètement "désossée" et regarda dans le vague; puis la lâcha. Il vit au loin, près de la carcasse calcinée de l'hélico toujours en flamme, seule source de lumière du garage, Derek penché sur le corps de Savannah.

Cameron et Ben s'approchèrent. Derek releva la tête et la remua en signe de négation. Il avait deux doigts sur sa carotide. Le visage de Savannah était à peu près épargné, l'explosion l'avait surprise de dos. Ben la redressa et vit des lésions profondes partout sur le crâne et le long du dos. Des morceaux de métal provenant de l'hélico l'avaient tailladée de partout. Il n'y avait pas le moindre doute… et pas le moindre espoir.

Plus loin, Kyle et John étaient penchés sur le corps d'Allison.

- J : elle respire. BEN, ALLISON RESPIRE! Qu'est-ce qu'il faut faire?

Ben accourut. Derek arriva à son tour mais Cameron resta dans la pénombre.

- B : on la ramène en haut immédiatement. Kyle, il faut que tu te débrouilles pour redonner du jus à la base. Mais d'abord tu aides John à remonter le corps de Savannah. Cameron, tu… Cameron?

- C : je suis là.

Cameron semblait hésiter à s'exposer à la lumière des flammes.

- B : tu vas m'aider à ramener Allison. Il faut la bouger le moins possible et faire très attention. On est les seuls à y voir correctement. Derek, tu vas prévenir les autres qu'ils peuvent sortir de l'abri. Et tu leur demandes de l'aide pour venir éteindre l'incendie ici. Il va falloir aussi retirer les charges des véhicules piégés et ventiler le garage au maximum pour évacuer le gros de la radioactivité. Allez, on bouge. Plus personne ne rentre ici sans combinaison anti-radiation.

Chacun exécuta les ordres, incapable de penser ou de réfléchir et bien content que quelqu'un puisse garder la tête assez froide pour leur indiquer quoi faire. Ils n'avaient pas vu que Ben avait lui aussi "craqué" quelques minutes plus tôt en s'acharnant sur le modèle 101. Après tout il était humain lui aussi. Mais il avait retrouvé la maîtrise de ses émotions rapidement et voyait maintenant les choses avec lucidité.

Les pertes avaient été lourdes, mais il fallait se concentrer sur ceux qui pouvaient être sauvés et Allison en faisait partie. Il devait faire tout ce qu'il pouvait. Il y avait ici une infirmerie bien plus équipée que dans leur base.

Bien qu'il ait parfaitement considéré John capable de l'aider à transporter Allison, même dans la quasi-obscurité, il avait volontairement demandé de l'aide à Cameron de façon à l'occuper, ou plutôt à l'isoler des autres et surtout de John. Il avait parfaitement senti le malaise, et bizarrement il le sentait plus intense encore du côté de Cameron qui agissait comme si elle avait voulu disparaître.

John, lui, avait pour le moment l'attention accaparée par l'état d'Allison et de toute façon, il ne le voulait pas dans ses pattes pendant qu'il tenterait tout ce qu'il pourrait. Ils étaient presque arrivés à l'infirmerie. Dans le long couloir, Ben eut le temps de détailler Cameron avec le peu de nuances de couleurs que permettait sa vision infra-rouge. Mais il voyait parfaitement. Et il comprenait le choc que cela avait pu être pour John. Cameron, face à lui, marchant à reculons et portant les pieds d'Allison n'était ni plus ni moins qu'un Terminator. C'était comme s'il le réalisait vraiment pour la première fois. Ce corps métallique, puissant, totalement inexpressif - si ce n'est qu'il faisait froid dans le dos - avec ses yeux rouges et cet éternel rictus diabolique… ce squelette entièrement robotisé, ces membres aux mécaniques solides et sophistiquées, le lourd blindage de métal au centre du thorax, les vertèbres en coltan, les multiples vérins un peu partout sur le corps, à la place des muscles… mais Ben était capable de voir au-delà des apparences et il savait que dans cette tête synthétique, il y avait toujours Cameron, cette énigme, cette fantastique entité, si complexe… et si triste.

Il le sentait, maintenant plus que jamais. Il savait que Cameron était triste, profondément triste et il voulait l'aider. Pour le moment, il le savait et elle aussi, il fallait mieux l'isoler de la vue de John.

Une fois dans l'infirmerie, Ben fit de son mieux pour examiner Allison en vision nocturne mais il lui fallait de la vraie lumière. Il prit pouls et tension en attendant que Kyle réussisse à rétablir le courant. Les constantes d'Allison étaient satisfaisantes, mais sa respiration était saccadée. Et elle était toujours inconsciente. Ben entendit des pas dans le couloir et un faisceau lumineux. Cameron se précipita vers une autre porte et quitta la pièce sans avoir rien dit depuis plusieurs minutes. John entra avec une petite torche électrique.

- J : comment va-t-elle?

- B : stable pour l'instant mais je ne peux rien faire sans courant. Ce qui ne veut pas dire qu'elle est sauvée. Avec un choc sans gravité, elle aurait repris conscience depuis un moment déjà. Du coup j'ai peur qu'elle ait un trauma… d'ailleurs, toi aussi… j'avais oublié! Je t'avais demandé de…

Ben n'insista pas et ne termina pas sa phrase. Reprocher à John de ne pas être resté à l'infirmerie, c'était lui reprocher d'avoir entraîné Savannah dans la bataille… et donc d'avoir causé sa perte.

Mais John comprit tout de suite ce que Ben pensait.

- J : j'aurais du rester, oui. Je sais. Mais je ne pouvais pas savoir ce qui allait se passer et je ne pouvais pas rester les bras croisés, en sachant que vous étiez en train de vous faire dégommer par ces saloperies. Je pense que je suis plus désolé que personne de la perte de Savannah. Je l'ai connue petite, tu sais… mais si c'était à refaire, je le referais.

- B : ce n'est pas ta faute, John. Crois-moi. C'est celle de ce robot indestructible. Jamais vu ça… Bon, allonge-toi aussi à côté. Je voudrais te faire passer quelques petits tests neurologiques. Des tests réflexe pour savoir si tu vas bien et si je peux écarter pour le moment un hématome sous-dural. Je n'ai pas besoin d'instruments pour ça. Allons-y.

Ben demanda à John d'exécuter des mouvements précis mais simples, tapota par endroits et percuta d'autres zones pendant quelques minutes. Il conclut que John réagissait normalement à toutes ses manœuvres et que s'il y avait hématome, il devrait se résorber de lui-même. Une surveillance quotidienne de quelques jours serait quand-même nécessaire. Puis il dirigea son attention sur Allison un peu après que le courant fut rétabli.

Ben profita de l'équipement radiologique pour faire un cliché cérébral d'Allison et s'assurer qu'aucune structure osseuse n'avait été touchée. Il ne trouva rien et fut partiellement soulagé.

- B : si elle se réveille dans les prochaines heures, ce sera bon signe et on pourra conclure à un trauma d'intensité modérée.

- J : Sinon?

- B : … sinon… il faut prier. Je ne suis pas chirurgien et je ne sais pas si quelqu'un dans la base s'y entend en neurochirurgie. S'il faut drainer un hématome sous-dural, je ne sais pas si on saura le faire… Reste avec elle, John. Je passerai régulièrement. Il faut… prier maintenant. Et y croire.

- J : tu y crois, toi? Tu es croyant?

- B : oui, j'y crois. Je crois à un Dieu unique. J'ai été élevé dans une famille catholique. Et quand je suis devenu adulte… et bien… j'ai décidé que l'histoire de Jésus en valait bien une autre et que l'exemple de sa vie était une bonne ligne de conduite à quoi se rattacher dans les moments difficiles… alors oui, je pense que prier n'est pas complètement superflu, surtout quand on ne peut rien faire d'autre.
Je vais aider Kyle et Derek. Il faut qu'on voie qui est le plus gradé dans la base pour reprendre les commandes. Y'a pas mal de ménage à faire… et il va falloir organiser des funérailles…