Je poste le second chapitre aujourd'hui de peur de manquer de temps demain.
Bonne lecture. :)
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CHAPITRE SECOND
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Les Racines du Mal
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Septembre 96
« - Elle n'a rien dit depuis qu'elle est sortie de l'infirmerie. Elle semble être ailleurs. »
« - Je sais, Ron. J'irais lui parler. Si seulement je savais où elle se trouve. »
Harry lance un regard entendu et las à Ron. Ce dernier esquisse une moue dubitative. Hermione est sortie de l'infirmerie il y a trois jours et elle s'arrange pour être introuvable. C'est à peine s'ils la voyaient lors des repas. A vrai dire, ils ne la voient plus du tout. Elle passe juste comme un coup de vent dans la salle commune avant d'aller directement se coucher. Quelque chose l'a profondément touchée. Ron en est certain.
- Trois jours plus tôt
« - Mademoiselle Granger, je crois que vous êtes apte à quitter l'infirmerie. Votre nausée est passée ainsi que vos maux de tête. Il n'y a plus aucune raison pour que vous restiez ici. déclare madame Pomfresh avec bienveillance. D'autre part, monsieur Dumbledore m'avait demandé de l'informer de votre rétablissement. Il m'a demandé de vous dire qu'il vous attend dans son bureau. Le mot de passe est Nebula Somnia. »
Hermione est désemparée, elle jette un coup d'œil à sa montre. Il n'est que huit heures. L'impatience de Dumbledore ne fait que décupler son angoisse. Elle acquiesce cependant en silence et commence à préparer ses affaires. Cependant, l'infirmière lui intime d'arrêter en posant sa main froide sur son épaule.
« - Il vous attend, mademoiselle Granger. Vos affaires seront transportées dans votre dortoir, n'ayez crainte. »
« - Très bien… murmure-t-elle. Merci, madame Pomfresh. »
Hermione quitte alors le dortoir de l'infirmerie sous le regard suspicieux de l'infirmière. Lorsque les portes de la pièce se referment derrière elle, Hermione se sent soulagée de quitter cet endroit qu'elle n'a que trop vu. Elle voudrait prendre son temps, ne pas avoir à être confrontée au directeur. Mais ses jambes accélèrent toujours le rythme sous l'influence de cette angoisse qui grandit et qui grandit. Elle traverse les couloirs vides sans un bruit. Il n'y a que son cœur qui bat dans ses tempes et qui oppresse sa poitrine. Elle est à bout de souffle lorsqu'elle arrive devant la gargouille gardienne du bureau d'Albus.
La gargouille de pierre la surplombe, imposante et dominatrice. Hermione hésite quelques instants avant que le mot de passe ne glisse entre ses lèvres. Un craquement se fait entendre puis la gargouille menaçante pivote sur elle-même dévoilant un escalier de pierre. Le silence retombe finalement sur les épaules de l'adolescente, l'écrasant avec force. Elle esquisse un pas timide en direction de la première marche, puis elle cède à l'impatience. Elle se retrouve rapidement devant la porte de bois massif du bureau de Dumbledore. Elle s'apprête à frapper lorsque la porte s'ouvre, dévoilant le bureau d'Albus. L'homme est assis à son bureau, un ouvrage imposant sur son bureau de bois sombre. Il lui lance un regard chaleureux. Elle s'avance alors, l'estomac noué.
« - Bonjour, professeur. »
« - Fermez la porte derrière vous, mademoiselle Granger, puis venez prendre place. dit-il accompagnant ses mots d'un geste las de la main. »
Hermione s'exécute. La porte se referme dans un bruit mat de bois qui frotte contre la pierre. Elle traverse ensuite le bureau où flotte une odeur sucrée. De l'Hydromel peut-être ? Elle tire la chaise dans un raclement sourd puis prend place sur cette dernière. Ils s'observent quelques instants lui en songeant, elle en ayant des milliers de questions au bord des lèvres.
« - Je suis heureux que vous soyez rétablie. »
« - Merci professeur. Vous vouliez me voir ? dit-elle, feignant le détachement. »
« - En effet. Mademoiselle Granger, vous aurez bientôt dix-sept ans, c'est cela ? »
« - Oui, le dix-neuf de ce mois. »
« - Vous allez atteindre votre majorité magique. Cela implique de nombreuses responsabilités. Vous allez être confrontée à des choix. Des choix que vous et seulement vous serez apte à faire. »
« - J'ai peur de ne pas comprendre, professeur. dit-elle incrédule. »
« - Qui sont vos parents ? »
« - Louise et Jean Granger, monsieur. »
Albus se lève, songeur, laissant Hermione à ses réflexions. Elle boue de l'intérieur. Les questions du directeur ont allumé un feu en elle. Elle voudrait qu'il cesse de faire tant de mystères. Elle voudrait que la vérité arrive enfin. Il caresse sa barbe d'une main distraite il se dirige vers sa bibliothèque d'un pas lent. Il revient, quelques minutes plus tard, un manuscrit dans les mains. Il le pose sur le bureau et le feuillette machinalement, faisant voleter une épaisse couche de poussière qui s'échappe d'entre le pages jaunies et friables.
« - Mademoiselle Granger, vous êtes une élève intelligente, brillante. Vous savez faire face au danger et dans n'importe quelle situation, vous savez garder votre sang-froid. Vous avez traversé un certain nombre d'épreuves. Ce que je m'apprête à vous dire n'est pas à prendre à la légère et tout devra rester dans ce bureau. Personne ne doit savoir ce que je m'apprête à vous dévoiler. »
« - Je ne dirais rien. souffle-t-elle, abasourdie. »
« - Connaissez-vous Merlin ? »
« - Comme tout le monde, je suppose. C'est une légende, comme le roi Arthur. »
« - Une légende ? dit-il en riant doucement. C'est loin d'être une légende. Il était le plus grand sorcier de son temps. Arthur, Camelot, Merlin, Morgane, tous ont existé. Seulement, les moldus ont fait des récits de l'époque un mythe. Ils étaient incapables de comprendre la magie, ils ont donc essayé d'expliquer l'inexplicable. De là découle l'histoire que nous connaissons aujourd'hui. poursuit-il. Or l'histoire, la véritable histoire, se trouve ici, dans ces pages. dit-il en désignant l'ouvrage devant lui. »
« - Que suis-je censée comprendre ? »
Albus délaisse l'ouvrage et se lève à nouveau. Cette fois-ci, il disparaît du champ de vision d'Hermione. Il revient, un objet enveloppé dans un drap de velours rouge. Il dépose l'objet rond sur le bureau en prenant soin qu'il reste enveloppé dans le tissu. Il s'assoit de nouveau. Ils restent tous deux à toiser l'objet. Hermione est sur le point d'exploser sous l'effet de l'angoisse qui fait rage au fond de son ventre.
« - Il y a des choses qui ne peuvent être dites et que l'on doit comprendre par soi-même, mademoiselle Granger. Vous avez le choix, celui de découvrir une part de vérité, ou celui de partir. L'important est de faire ce qui vous semble être juste. »
« - Que se passera-t-il ensuite ? »
« - Tout découlera de vos choix. Ne l'oubliez pas. Personne ne peut savoir l'avenir avec certitude. Il y a des centaines de possibilités. Des centaines de choix. Le seul véritable avenir qui compte est celui que vous choisirez. »
« - De quoi s'agit-il ? demande-t-elle en désignant l'objet du regard. »
« - Un prophétie. »
« - Ma prophétie ? »
Albus ne répond pas, il se contente de s'enfoncer dans son siège et d'attendre. Hermione ne comprend plus la situation. Tout lui échappe. Elle se sent désemparée. Quelque chose de plus fort qu'elle pèse sur ses épaules. Elle se rend compte avec amertume qu'elle ne tient plus vraiment à avoir de réponses. Elle se souvient de la prophétie de Harry, découverte quelques mois auparavant, et les choses qui ont découlé de cette prophétie. La mort. Elle est terrifiée. Que se passera-t-il une fois que la prophétie aura été prononcée ? Doucement, elle s'empare de l'objet. Elle fait glisser le tissu qui tombe sur le bureau dans un bruit mat, dévoilant une sphère lumineuse emplie d'un liquide bleu. Dans ses mains, le verre est froid. Elle frissonne à ce contact glacé.
« La dixième descendante du Mal décidera du sort du monde, cédant à la tentation du Pouvoir et de l'Illusion. »
Ces mots sont dénués de sens aux yeux d'Hermione. Elle cherche l'évidence dans ces paroles. Mais rien ne prend forme dans son esprit. Il ne s'agit que d'une immense farce à laquelle on l'a mêlée. Cette prophétie ne peut pas la concerner. Elle dépose l'objet sur le tissu et s'écarte presque brusquement de ce dernier. Elle lance un regard incrédule à Albus. Elle ne comprend pas.
« - En quoi cela me concerne-t-il ? La dixième descendante du Mal ? dit-elle précipitamment. »
« - Les réponses sont ici. répond-il en fermant le livre avant de le faire glisser jusqu'à elle. »
« La Généalogie du Chaos : Histoires et Vies des Descendants Maudits. ». Les mots étaient écrits en lettres dorées abîmées par le temps et l'usure. Sur la couverture, qui était cornée aux coins, se trouvait un arbre visiblement dessiné à la main. Un arbre dont les branches avaient perdu leurs feuilles. Un arbre nu à l'allure morte et fragile. Un arbre malade. Elle resta un moment interdite devant l'ouvrage lourd d'histoire. Elle ne devrait pas prêter attention à tout cela. Mais elle ouvre le livre.
Elle feuillette quelques pages avant qu'un portrait immobile ne se présente à elle. C'est une femme à l'allure froide et aristocratique. Ses cheveux sont noirs, aussi sombres que la nuit. Elle fixe un point imaginaire par-dessus l'épaule d'Hermione. Son regard et perçant, d'un vert émeraude abyssal dans lequel on se perd aisément. Elle a la froideur de la mort ancrée dans ses traits et l'obscurité des ténèbres dans les yeux. Hermione frissonne. Son regard se pose alors sur l'annotation de l'auteur en dessous du portrait : « Morgane Pendragon. »
« - Elle a réellement existé ? »
« - Bien sûr. »
« - Qui était-elle ? »
« - Une très grande sorcière dotée de pouvoirs qui surpassaient ceux de Merlin. Elle a failli mené Camelot à sa perte avant d'être capturée puis brûlée vive. »
« - C'est atroce. Pourquoi avoir choisi un tel destin ? »
« - Elle était la fille légitime d'Uther Pendragon. Elle était l'héritière du trône du royaume de son père. Trône qu'occupa Arthur, le bâtard d'Uther, après avoir conquit le cœur du peuple. Elle ne pouvait accepter une telle chose. Mais elle était également opprimée quant à sa condition de sorcière. Ses pouvoirs grandissaient et il était pratiquement impossible pour elle de garder de l'affection pour ce père qui s'était dédié corps et âme à une guerre contre les sorciers. L'affection s'est transformée en une haine profonde. Elle n'a plus eu à l'esprit que de s'asseoir sur le trône pour faire régner la magie. Mais pas n'importe quelle magie. De la magie noire, puissante, dévastatrice. Quand elle a failli à prendre le trône, elle a juré de se venger un jour de ceux qui l'avaient persécutée elle et les siens. »
« - Merlin nous en garde, elle a échoué. »
« - Non, mademoiselle Granger. Ce que l'histoire ignore, c'est qu'elle avait un enfant. Son nom est Mordred, fils qu'elle a conçu avec Alistair, un puissant druide adepte de magie noire, lui aussi. »
Hermione tourna alors les pages avec précaution, apparu alors le portrait de Mordred. Ses traits sont juvéniles. Ses cheveux bruns forment des boucles délicates qui encadrent son visage fin. Ses yeux sont dénués de noirceur. Sa jeunesse lui offre une forme de pureté. Une forme de bonté. Puis elle tourne encore les pages du manuscrit. Un nouveau portrait se présente à elle. Une femme, cette fois-ci, blonde aux yeux couleur d'azur.
« - Marie-Ann du Kent ? »
« - La fille de Mordred, descendante directe de Morgane. »
« - Vous voulez dire que la descendance de Morgane a prospéré ? »
« - Oui. A travers les siècles, les dignes héritiers de Morgane ont perpétué sa lignée. Mais ils ont tous très mal fini. La magie noire les a rendu fous et obsédés de pouvoir. Tous. Et, aujourd'hui, sa descendance perdure encore. »
« - La prophétie… Moi ? »
Hermione referme brusquement le manuscrit, effrayée. C'est comme si tout s'était subitement éclairé. Comme si l'obscurité s'était dissipée. Mais elle ne peut pas croire cela. Ses parents sont des non-magiciens. C'est impossible. Son cœur s'emballe, elle est sur le point de vomir.
« - Hermione, reprenez vos esprits. déclara doucement Albus. »
« - C'est une erreur. bafouille-t-elle. »
« - Écoutez-moi, la trace magique qui vous protège disparaîtra bientôt et le sang qui coule dans vos veines réveillera la part de Morgane en vous. »
« - Mais c'est impossible. Mes parents sont des non-magiciens. Je ne peux pas être celle que vous cherchez. Vous mentez. »
Elle se lève subitement, titubante et se précipite hors du bureau de Dumbledore avant qu'il ne puisse la rattraper. Cette vérité est absurde. Il ne peut s'agir que d'un odieux mensonge. Elle dévale les escaliers et s'élance dans les couloirs à en perdre haleine, à en perdre l'esprit. Elle veut oublier ce qui vient de se produire. Elle veut oublier les mensonges. Tout, absolument tout. Jusqu'à sa propre identité. Alors elle court, sans savoir où aller. Elle veut juste oublier.
Ca fait beaucoup de chose à encaisser pour cette pauvre Hermione qui refuse de croire ce qu'elle est en train de vivre. Alors, des idées quant à la suite ? N'hésitez pas à me faire part de vos avis. ;)
Mel'.
