Oulalah. Alors, pour commencer, je n'ai pas été très active la semaine dernière.
Mais j'ai eu un problème avec mon ordi. Enfin. La cata. x)
Donc, voilà le troisième chapitre avec un jour de retard.
Merci pour vos reviews. Je m'empresse de vous répondre.
Bonne lecture. :)
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CHAPITRE TROISIME
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La Couleur des Oiseaux
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Septembre 96
Compter les minutes. Les heures. Les jours. Sur la plage de galets du Lac Noir, elle observe les flots qui vont et qui viennent, murmurant doucement dans le vent. Assise, le regard vague et las. L'âme meurtrie et l'horizon pour seul confident. Elle s'est enfuie, ne voulant pas comprendre, ne voulant pas accepter la vérité qu'on cherche à lui imposer.
Les rivages du lac sont peu fréquentés en cette période de l'année. La fraîcheur du vent repousse les curieux. Hermione a trouvé un refuge, un abri, ici. Le seul endroit où elle déverse son incompréhension et sa haine. Elle sait qu'ici personne ne la trouvera. Ici, personne ne la cherchera. Elle se contente d'être un fantôme, une âme invisible. Dans les couloirs du château, la tête baissée, le regard vague, elle déambule comme un automate. Ici, elle se retrouve un peu.
Des oiseaux jaillissent de sa baguette alors qu'elle murmure un sort. Ils chantent en voletant autour d'elle, faisant danser leurs ailes aux plumes sombres. L'un d'entre eux se pose sur son épaule et reste muet quelques instants avant de chantonner de plus belle, rappelant à Hermione à quel point la magie peut-être belle. Le chant de l'oiseau l'apaise un peu. Bientôt, elle devra faire face. Elle ne peut pas fuir plus longtemps. Une semaine déjà…
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« - Hermione ? Je ne sais pas. Je ne lui ai pas parlé depuis… Depuis sa sortie de l'infirmerie. Je suis désolée, elle ne m'a rien dit, Ron. »
« - Mais Ginny, elle est ta meilleure amie. Quelque chose ne tourne pas rond. Elle t'a forcément confié quelque chose. »
« - Non, Ron. Je ne sais rien. Absolument rien. Je suis aussi perdue qu'Harry et toi. Elle assiste aux cours puis elle disparaît. Il faut qu'on lui parle, à tous prix. »
« - Facile à dire. Le soir, dans les dortoirs, tu dois bien la voir ? »
« - Elle s'arrange pour se coucher avant tout le monde. »
Ginny lance un regard désolé à son frère qui croise ses bras sur son torse, contrarié. Elle aimerait le rassurer, lui dire qu'il ne faut pas s'inquiéter. Mais Ginny à toutes les raisons de croire qu'il faut s'en faire pour Hermione. Et, en elle, elle a l'intime conviction que les choses ne feront que se dégrader.
« - Harry devrait savoir quoi faire. déclare finalement Ron. Harry sait toujours quoi faire. »
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Des bruits de pas surviennent dans son dos. Ils sont hésitants. Elle ne prend pas la peine de se retourner, ni même de se lever. Elle se contente de rester assise sur le sol, ses genoux repliés contre sa poitrine. Elle sent le malaise dans son dos et le silence pèse sur ses épaules. Finalement, la présence se rapproche et vient se laisser choir sur le sol à ses côtés.
« - Ils sont magnifiques. »
« - Vraiment ? murmure-t-elle sans détacher son regard de l'horizon. Ils sont si tristes, si sombres. Ils ont perdu leurs couleurs. »
« - Ils sont beaux parce qu'ils viennent de toi. »
« - Harry, pourquoi es-tu venu ? »
Hermione tourne finalement son regard vers lui. Il détourne ses yeux. Mais Hermione le sonde. Elle perçoit son inquiétude. Il tient sa baguette et, comme à son habitude lorsqu'il est nerveux, il lui fait battre un rythme hésitant sur le haut de son genou. Les sourcils froncés, le regard absent, il contemple le lointain. Hermione murmure et les oiseaux disparaissent, emportant avec eux la douce mélodie de leurs chants. Elle espère lui faire comprendre qu'elle attend une réponse. Elle le sent tendu sous son regard fixe.
« - Nous nous inquiétons… Je m'inquiète pour toi. Partout, on m'accable de questions te concernant et je n'ai pas de réponses. Peut-être que tu peux me les apporter. lâche-t-il finalement d'une traite. »
« - Il n'y a pas de réponses, Harry. J'ai conscience que j'ai une attitude étrange… »
« - Étrange ? Tu plaisantes ? dit-il vivement en la regardant enfin dans les yeux. Tu es devenue inabordable. Tu disparais, tout le temps. Que fuies-tu ? »
Hermione perçoit la colère et la frustration de son ami. Elle réalise qu'elle l'a blessé. Coupable, elle baisse la tête. Elle aurait voulu confesser son mal-être et la raison de son attitude. Mais elle ne peut pas. La force et le courage lui font défaut. En gardant ses pensées pour elle, elle espère aussi que rien de ce que Dumbledore lui a révélé ne soit vrai. Peut-être a-t-elle tout inventé après tout ? Alors elle préfère taire cette partie d'elle qui est plongée dans le brouillard. Une main chaude se pose sur son épaule. Elle relève la tête et pose son regard sur Harry qui s'excuse silencieusement. Lentement, elle bascule et vient poser sa tête contre son épaule. L'espace d'un instant, le vent ne la fait plus frissonner et elle retrouve un peu de chaleur auprès de lui.
« - Tout ira bien. assure-t-elle. Je me suis égarée, l'espace d'un instant. Mais tout va bien. N'en parlons plus. dit-elle d'un ton qu'elle veut convainquant. »
« - Je vais te faire une confidence, Hermione. murmure-t-il à son oreille d'un ton fraternel et aimant. Depuis toujours, je suis fasciné par celle que tu es. Tu es obsédante de garder tes émotions enfouies en toi. Je me rends compte que tu ne t'es jamais effondrée et tu es celle sur qui l'on peut compter. poursuit-il à demi-mot dans son oreille. Je n'ai jamais eu l'occasion de te remercier d'avoir été là pour… il marque une pause, la gorge manifestement serrée. Pour l'enterrement de Sirius. Quoi qu'il advienne, je serais là. »
Hermione écoute paisiblement les mots de son ami, là, installée contre son épaule, le regard fixé sur le soleil qui décline lentement à l'horizon. Il la serre un peu plus contre lui, lui transmettant les mots qu'il ne peut plus prononcer. Elle se sent un peu mieux. Elle réalise qu'elle s'est éloignée de ce dont elle avait le plus besoin.
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Août 96
L'air est étouffant, suffoquant. Pourtant, le ciel est gris. La pluie menace de s'abattre d'un moment à l'autre sur le sol sec et craquelé de la cour du Terrier. L'agitation coutumière a laissé place à un silence aussi asphyxiant que l'air. Ce silence est partout. Il s'infiltre dans le moindre recoin. Il s'infiltre dans la maison, dans les chambres, dans les corps, dans les esprits.
Il se tient, seul, debout devant la fenêtre de la chambre de Ron. Le lit est défait et trempé de sueur. Un mince rayon de soleil vient éclairer son visage blafard révélant des cernes sous ses yeux. Elle reste quelques instants sur le pas de la porte, hésitante, à l'observer sans rien dire. Elle aussi a mal. Au fond d'elle, c'est un véritable déchirement de le voir ainsi accablé de chagrin. Il a perdu la seule véritable famille qui lui restait. Mais elle tient bon. Malgré elle. Malgré tout. Elle s'avance alors et il perçoit sa présence. Il se retourne pour lui faire face. Il est sur le point de s'effondrer, elle le voit dans ses yeux. Ce regard qu'il lui lance lui écorche la peau, lui brûle les os. Cependant, elle sait qu'elle ne perçoit qu'une partie de sa douleur. Il baisse la tête et elle se précipite vers lui, prête à le rattraper alors qu'il glisse au sol l'emportant dans sa chute.
« - Harry. murmure-t-elle alors qu'elle l'enlace et qu'elle le berce doucement. Ça va aller. Nous sommes là pour toi. Tu n'es pas seul. poursuit-elle alors qu'elle comprend qu'il verse des larmes silencieuses. »
« - Il n'y a même pas de corps. Juste un cercueil vide. Il ne méritait pas cela. »
« - Je sais, Harry. se contente-t-elle de répondre, démunie. Il n'aurait pas voulu que te voir ainsi. Harry… »
Il s'accroche furieusement à elle. Il la serre à l'en étouffer mais elle ne dit rien et accepte cette douleur qui s'infiltre partout en elle. Elle ne sait pas combien de temps ils restent ainsi enlacés au sol. Elle ne sait pas combien de temps il est resté là, à pleurer sur son épaule.
« - Harry, Hermione… »
Harry se détache un peu de Hermione. Cette dernière relève la tête et aperçoit Ron dans l'entrebâillement de la porte. Il les scrute d'un regard impuissant. Hermione sait que Ron est dépassé par les événements. Il lui a fait part de ses pensées, lui confiant qu'il se sentait incapable de supporter le chagrin de son meilleur ami. Elle ne peut pas lui reprocher cela, la mort leur était inconnue. Aujourd'hui, elle s'immisce violemment dans leurs vies.
« - Nous arrivons, Ron. Donne-nous quelques minutes. »
Il acquiesce et fait demi-tour. Hermione le suit du regard alors qu'il quitte la pièce, le visage fermé. Hermione s'écarte de Harry et le regarde quelques secondes en silence. Il ferme ses yeux et inspire profondément avant de se relever et d'aider Hermione à faire de même. Ses yeux sont rouges mais son visage retrouve un peu de force et de volonté.
« - Je sais que tu as raison, Hermione. J'ai juste besoin de temps. –sa voix se brise-. »
Du temps. Juste du temps.
Un petit chapitre centré sur la relation Harry/Hermione avec des moments privilégiés. Profitez-en, ça va pas durer... x) Je précise que je suis une folle du flashback. Il y en aura souvent, alors faites attention aux dates sinon vous serez vite perdus. :)
Mel'.
