Dites bonjour au quatrième chapitre. :)

J'en profites, entre deux analyses de textes, pour poster.

Eh oui ! Bac blanc me voilà. Dites-moi merde les enfants. x)

Passez un bon week-end et si vous êtes dans le même cas que moi, bonne chance.


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CHAPITRE QUATRIEME

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Paraître et Sombrer

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Septembre 96

Faire semblant était devenu une chose presque aisée. Depuis le jour où Harry était venu à sa rencontre, elle avait compris une chose essentielle : aux yeux de tous, elle était celle qui n'échouait jamais. Celle qui ne tombait jamais. Ils l'avaient tous placée si haut que la chute était interdite. Proscrite. Elle avait donc essayé de faire taire ses doutes, ses craintes. Mais elle le voyait dans leurs yeux, ils ne la croyaient pas. Ils voyaient clair dans son jeu. Mais ils ne disaient rien.

Et ses espoirs de retrouver un semblant de vie normale volèrent en éclat lorsqu'elle fut de nouveau convoquée dans le bureau de Dumbledore. Une convocation telle que celle-ci ne pouvait être déclinée, elle le savait. Mais sa force et son courage se dérobèrent lorsque le hibou lui porta la missive ce matin-là. Elle était attablée, flanquée de Ron et Ginny. Hermione lut la lettre, retenant le tremblement de ses mains tant bien que mal. Elle lança un regard autour d'elle et constata que l'on ne faisait pas attention à elle. Juste quelques lignes. Quelques lignes de trop.

« Mademoiselle Granger,

Votre désarroi est légitime. Je ne puis que compatir, cependant, il est important de reparler de certaines choses avant votre anniversaire qui approche à grands pas. Je vous attends dans mon bureau à dix-huit heures.

A. Dumbledore. »

Elle ne pouvait se dérober à cette convocation à son plus grand damne. Elle plia machinalement la lettre avant de la glisser dans son sac. Troublée, elle but une gorgée de jus de citrouille, le regard perdu quelque part sur le bois sombre de la table des Gryffondors. Lorsqu'elle releva les yeux, c'est le regard suspicieux de Harry qu'elle croisa.

« - Et toi Hermione ? lança subitement Ron. »

« - Quoi ? Comment ? dit-elle en se tournant vers lui se dérobant au regard de Harry. »

« - Je… Je me demandais si toi aussi tu aimais les Bizzar'Sisters. répéta-t-il. »

« - Pas tellement. dit-il. En fait, je ne les connais pas. poursuivit-elle après un temps de réflexion. »

« - Tu es sérieuse ? s'étouffa Ginny. Ils ont joué au bal de quatrième année. »

« - Ah, c'était donc eux. Je n'en ai qu'un vague souvenir. lança Hermione sans conviction. »

« - Hum… lâcha Ginny. Dis, tu as reçu une lettre, de qui c'était ? demanda-t-elle entre deux gorgées de jus de citrouille. »

« - Mes parents. répond-elle précipitamment. »

Ginny acquiesce et poursuit sa conversation avec Ron. Combien d'autres mensonges avant qu'elle ne craque ? Elle ne préfère pas y penser. Sa confrontation avec Dumbledore est bien plus angoissante. Elle ne veut pas entendre ce qu'il a à lui dire. Pour la première fois de sa vie, elle préfère l'ignorance à la vérité.

Lentement, la Grande Salle se vide petit à petit. Hermione jauge ses amis du regard. Ils se lèvent d'un seul mouvement et commencent à réunir leurs affaires. Affublée de son sac en bandoulière et flanquée de Ginny, de Ron et d'Harry, Hermione quitte la Grande Salle. Un peu en retrait, elle songe en gravissant les escaliers. C'est alors qu'une main lui agrippe doucement le bras pour la retenir. Elle fait alors face à Harry qui lui sourit.

« - Souviens-toi que je suis là, Hermione. »

« - Je sais, Harry. Merci. répond-elle. Mais tout va bien. poursuit-elle avec une once de culpabilité la parcourant toute entière. »

Ils restent quelques instants à s'observer puis Harry acquiesce silencieusement, délivrant le bras de son amie. Elle lui adresse un dernier regard avant de reprendre sa route vers la salle de Métamorphose. Il la suit longuement du regard, immobile dans les escaliers avant qu'elle ne disparaisse de son champ de vision. Il est désormais seul, Ron et Ginny s'étant dirigés vers la salle de Défense Contre les Forces du Mal. Harry fait alors demi-tour et s'apprête à se diriger vers les cachots. Arrivé devant les escaliers menant à la porte de la salle du professeur de potions, Harry jette un regard circulaire sur le couloir mal éclairé où il se trouve. Il va être en retard, il le devine car les couloirs sont presque vides. Machinalement, il fouille dans sa poche et en extrait un morceau de papier froissé.

Lors du petit-déjeuner, il avait suivit les faits et gestes d'Hermione. Il était loin d'être dupe. Il était tout à fait conscient qu'elle lui cachait quelque chose. Il était inquiet pour elle et il avait remarqué à quel point elle avait été troublée à la lecture de cette lettre. C'est pour cela qu'il la lui avait prise. Il était persuadé que cette lettre recelait une information essentielle à la compréhension du mal-être de sa meilleure amie. Cependant, une once de remord s'empara de lui alors qu'il s'apprêtait à défroisser le morceau de parchemin. Mais il céda et lut avec attention les mots destinés à Hermione.

Harry en était désormais certain, quelque chose d'important se tramait. Il observa pensivement le morceau de papier et fronça les sourcils. Il se sentait totalement impuissant et il n'avait aucune idée de la manière dont réagirait Hermione si elle apprenait qu'il venait de s'immiscer dans cette partie d'elle qu'elle ne semblait pas résolue à lui dévoiler. Mal, sûrement, se dit-il. Il réalisa qu'il n'aurait pas dû lire cette lettre. Mais le mal était fait. Il déciderait plus tard de l'attitude à adopter face à Hermione.

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Elle se tenait une nouvelle fois face à cette gargouille gigantesque. Hermione était presque écrasée par la prestance menaçante de cette figure de pierre. Elle soupira longuement. Elle se résigna cependant à prononcer le mot de passe. Elle jaugea les marches de pierre du regard avant de s'infiltrer dans le passage menant au bureau du directeur. Une fois devant la porte, elle dû réunir tout son courage pour trouver la force de frapper timidement contre la porte de bois. C'est hésitante et chancelante qu'elle pénétra dans le bureau d'Albus.

« - Bonsoir. se contente-t-il de dire depuis son siège. »

Les mots se coincent dans sa gorge. Les prunelles bleues d'Albus Dumbledore la fixent avec cette forme de bonté pure qui n'appartient qu'à lui. Derrière ses lunettes en demi-lune, il la scrute, il la sonde. Elle le sent et le malaise s'installe. L'envie soudaine de quitter la pièce en courant la prend. Mais ses jambes refusent d'opérer le moindre mouvement.

« - Il y a tellement de peur en vous, mademoiselle Granger. Mais vous êtes en sécurité ici, je suis là pour vous aider. »

Son ton est chaud et accueillant. Il croise ses mains devant son menton, les coudes posés sur le bureau. Hermione parvient enfin à esquisser un mouvement dans sa direction. Elle finit par s'asseoir, réalisant qu'elle aurait mieux fait de ne pas venir. Elle aurait pu fuir, une fois de plus. Mais tôt ou tard, la vérité l'aurait rattrapée. Elle aperçoit l'épais ouvrage qu'elle a tant maudit dans ses cauchemars.

« - Je dois être sûr que cette fois, vous ne vous enfuirez pas. Il en va de votre sécurité. »

Hermione voudrait répliquer et déverser toute sa colère. Comment ça, ma sécurité ? Je n'ai rien demandé. A personne. Gardez vos paroles vides de sens à mes yeux. Je ne veux pas de votre aide. Je n'en ai pas besoin. Les pensées se cognent dans son crâne mais c'est à l'âme qu'elle a mal. Elle garde le silence. Elle se raccroche à ce silence qui l'éloigne un peu plus de la vérité.

« - Vous ne pouvez plus vous terrer dans votre mutisme. Il faut que j'aie toute votre confiance. »

« - Comment pourrais-je vous l'accorder ? –elle a parlé trop vite, elle s'excuse du regard.

« - Votre réaction est des plus naturelles, rassurez-vous. Mais je vous assure que la menace ne vient pas de moi. »

« - Alors de qui ? réplique-t-elle. Je voudrais savoir. »

« - Vous le saurez en temps voulu. Mais ce soir, vous n'êtes pas prête. Pas encore. »

« - Alors que souhaitiez-vous me dire ? »

Il se plonge dans une réflexion profonde. Le regard vague, il fixe un point invisible par-dessus son épaule. Elle voudrait qu'il arrête de faire cela. La peur a laissé place à de la colère. Elle veut savoir, désormais. Elle veut mettre le doigt sur la vérité. Albus sort de sa léthargie en toussotant légèrement. Son visage s'anime de nouveau.

« - Vos parents ne sont pas Louise et Jean Granger. dit-il »

Elle avait déjà effleuré cette vérité du bout des doigts sans oser y toucher de peur de se brûler. Elle avait refusé d'y croire. Et aujourd'hui, elle ne peut plus nier. Sa gorge se contracte et elle devient douloureuse. Son estomac se crispe d'angoisse et de douleur. Pourtant, ces gens, si ce ne sont pas ses parents, elle les aime comme tels. Ils ont tout fait pour elle. Elle ne saurait les renier. Mais sa vie n'était qu'un mensonge, après tout.

« - Vous le saviez, depuis toujours ? N'est-ce pas ? »

« - Il y a des choses que l'on ne peut révéler que lorsque le moment est venu. »

« - Alors qui sont-ils ? Qui sont mes parents biologiques ? Pourquoi ne les ai-je jamais connus ? Pourquoi… »

Pourquoi m'avoir abandonnée ? Pourquoi m'avoir caché qui j'étais ? Pourquoi m'avoir laissée vivre une vie qui n'est pas la mienne ? Pourquoi m'avoir caché la vérité durant toutes ces années ? Pourquoi ?

« - Hermione, le temps n'est pas encore venu pour vous de tout savoir. poursuit-il. Il reste des parts d'obscurité dans votre histoire. Des points sombres que je ne puis vous révéler ce soir. »

« - Alors quoi ? Que suis-je apte à savoir ? »

« - Vous êtes la dernière descendante vivante de Morgane. Que vous le vouliez ou non, la prophétie vous concerne. Et tôt ou tard vous serez confrontée à votre propre puissance. Ne négligez pas mes paroles, Hermione. Vous devez me faire confiance et ne parler de ceci à personne. C'est votre secret. Un secret bien trop lourd pour être révélé. J'ai besoin que vous compreniez. C'est pour quoi je vous demande de passer dans mon bureau un soir par semaine, à partir de dix-huit heures. Je peux vous aider à comprendre. Mais cela n'est possible que si je peux vous faire confiance en retour. »

Hermione est stupéfaite. Les mots n'existent plus. Il n'y a plus que la révélation que vient de lui faire Dumbledore. Elle ne peut plus nier. Il semble si convaincu. Et Merlin seul sait qu'il ne se trompe jamais. Elle est plongée toute entière dans le néant le plus complet, là où elle ne sait plus qui elle est. Elle a le sentiment que le monde lui a menti pendant toutes ces années. Elle ne se sent plus à sa place. Mais elle n'a pas le choix. Elle est prise au piège.

« - Je ne dirais rien. Personne ne me croirait. »

« - Hermione, il faut que vous compreniez que j'agis en votre faveur. J'essaie de vous aider. Je serai là lorsque vous ressentirez le besoin de parler. »

« - Je crois que je vous suis reconnaissante. »

Ils restent silencieux quelques instants, puis Dumbledore la congédie. Elle se lève, tel un automate, le regard vide. Elle ne sait plus où elle en est. Elle est parfaitement incapable de penser quoique ce soit concernant cette situation. C'est arrivé vite, trop vite. Elle s'est prise la plus belle gifle de toute son existence. Quelques mots ont suffis à détruire ce en quoi elle croyait. Elle sort du bureau sans un mot et dévale les escaliers. Elle voudrait ne plus jamais revenir ici. Plus jamais. Elle ne sent même pas les larmes qui dévalent ses joues et qui viennent mourir à la commissure de ses lèvres. Y a-t-il seulement une chose de vraie la concernant ? Pourquoi avoir choisi de lui révéler cela maintenant ? Elle aurait préféré ne pas savoir.

Elle avait tant lutté, là, assise sur ce siège. Elle avait tant lutté contre ses propres émotions. Hésitant entre les pleurs et les cris. Entre le silence et le bruit. Elle marche, tantôt rapidement, tantôt lentement. Elle manque de trébucher à plusieurs reprises. Cela avait été si facile d'avoir l'air insensible. De même avoir l'air reconnaissante. Reconnaissante ? Mais de quoi ? De lui avoir caché la vérité ? De lui avoir menti ? De l'avoir trompée ? C'est de ça, dont elle devrait être reconnaissante ? Reconnaissante d'une vie de mensonges et d'illusions. Pourtant, ils avaient l'air si sincères. Si fiers d'elle. Ils ont toujours tout fait pour elle. Ses parents. Aujourd'hui, elle ne sait plus ce qu'elle doit croire et ce qu'elle doit fuir. Peut-être que c'est elle qu'elle doit fuir, en fin de compte.

« - Hermione ? Hé, Hermione ! »

On l'appelle. Ce nom, elle ne sait plus si c'est le sien. Elle ne réagit pas et continue d'avancer, elle déambule dans les couloirs depuis si longtemps maintenant. Sans but, elle a marché pour oublier. Mais toujours, cette voix qui l'appelle et qui cherche à attirer son attention. Elle voudrait faire taire cette voix. Une main attrape son poignet et l'arrête dans sa course folle. Elle est sur le point de s'écrouler quand on la retient de justesse. Elle est en larmes. Elle est en morceaux.

« - Hermione, c'est moi. murmure-t-on à son oreille. C'est moi, Harry. Calme-toi. poursuit-il alors qu'elle déverse son chagrin nichée dans son cou. Ça va aller. »

Elle a le sentiment qu'il l'apaise un peu. Parce qu'il n'y a que lui pour la réconforter. Il n'y a que lui pour recoller les morceaux épars de son âme. Elle se raccroche à lui, de peur de sombrer et de finir par se noyer. Elle ne veut pas sombrer. Elle pleure, contre son épaule. Parce qu'il n'y a que lui qui puisse comprendre en silence. Il n'y a que lui qui puisse comprendre sans poser la moindre question. Il accepte cette douleur sans broncher. Il est ce pilier dont elle a besoin, là, maintenant. L'ami, le frère, l'espoir, la lumière. Celui qu'elle délaisse malgré elle. Tôt ou tard, les questions viendront, mais elle ne pourra pas lui répondre.

Dans une semaine, elle aura dix-sept ans. Dix-sept ans d'existence et d'ignorance. Dix-sept ans.


Hermione est tourmentée, Hermion est perdue. Rien de très joyeux, en somme. Mais tadam ! Harry est là pour ramasser les pots cassés. Mais est-ce que cela va durer ? Bon, je file lire Macbeth. Et puis après je pars m'enterrer sous mes analyses de textes. x) Bisous.

Mel'.

PS: Je répondrais aux reviews laissées sur Espoirs demain soir, ou lundi. Et puis, Don-Jul, j'essaierais de lire tes dernières mises à jour d'ici demain. ;)